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  • il y a 2 mois
Ce mardi 1er septembre, Samy Chaar, chef économiste chez Lombard Odier & Cie, a abordé la montée de l'inflation dans la zone euro à 3,3 % en août et les raisons de la hausse des rendements souverains mondiaux, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:03Et puisqu'on est aux Etats-Unis, on y reste avec l'enquête JOLS sur le marché de l'emploi.
00:07On aura plein de chiffres de l'emploi cette semaine jusqu'au rapport sur l'emploi vendredi.
00:10Samy Char est avec nous, Lombard Rodier et compagnie.
00:11Bonjour Samy.
00:13Avant de parler de taux obligataires quand même dans un instant, parce qu'on n'a pas le choix,
00:16c'est quand même le mouvement du moment.
00:17L'enquête JOLS a été publiée sur l'emploi aux Etats-Unis.
00:20Que nous dit cette enquête de la dynamique du marché du travail ?
00:24C'est un peu le rapport qu'il nous fallait pour éviter une pression additionnelle sur les taux longs finalement.
00:29puisque c'est un rapport d'une grande stabilité qui n'est ni trop chaud ni trop froid.
00:34Il n'y a pas tellement de création de postes, mais enfin il n'y a pas de licenciement non
00:38plus.
00:38Il y a eu peu de démissions.
00:40Donc voilà, c'est un rapport de l'emploi finalement qui ne montre pas une grande vélocité,
00:45qui montre plutôt une grande stabilité et encore une fois d'un marché de l'emploi qui semble être à
00:50l'équilibre.
00:51Donc c'est un marché de l'emploi qui est moins à même de mettre une pression sur les taux
00:55longs.
00:55Et donc on voit à travers ce que vous nous dites que le sujet du moment,
00:57ce n'est pas complètement l'emploi, c'est vraiment l'inflation.
00:59Pour le coup, ce qu'en feront les banquiers centraux, on a le chiffre d'inflation de la zone euro
01:02qui a été publié justement ce matin pour le mois d'août,
01:05qui accélère et qui franchit allègrement la barre des 3% cette inflation.
01:09Vous regardez vraiment l'inflation globale, Guillaume, évidemment, qui prend en compte les prix de l'énergie.
01:14Si on regarde l'inflation retraitée des prix de l'énergie ou l'inflation des services,
01:19l'inflation sous-jacente, eh bien en réalité le signal est plutôt favorable.
01:23On continue de voir une forme de décru de l'inflation en Europe, comme d'ailleurs c'est le cas
01:29aux États-Unis.
01:30Mais enfin c'est vraiment l'énergie qui est en train de mettre une pression sur ces indicateurs-là.
01:35Donc l'inflation est très très concentrée sur ce secteur d'énergie et on sait très bien pourquoi.
01:39Il y a encore cette problématique au Moyen-Orient.
01:41Mais enfin quand on regarde tout le reste de l'économie,
01:43il n'y a pas vraiment de pression inflationniste dans le système,
01:46ni dans les salaires, ni dans les marchés de l'emploi comme vient de nous le donner l'indicateur du
01:50jour.
01:50C'est la même chose aux États-Unis qu'en Europe.
01:53Donc au fond il n'y a pas tellement de raisons de s'inquiéter de l'inflation non plus,
01:56si ce n'est de l'inflation du côté de l'énergie.
01:59Samy, je voudrais poser une question tout à fait basique.
02:03Bon, l'inflation monte, une banque centrale monte ses taux.
02:06Est-ce que forcément ça marche ?
02:10C'est une très bonne question.
02:11Si on monte les taux une fois ou deux,
02:14franchement l'impact sur l'inflation et sur la croissance va être tout à fait bénin.
02:17On va plutôt parler d'un signal en quelque sorte.
02:19C'est pour maintenir les anticipations d'inflation le plus ancrées possible.
02:24Si vous voulez vraiment avoir un impact sur l'inflation ou sur la croissance,
02:28il faut monter les taux de 100 points de base, 150 points de base.
02:31Et ce n'est pas ce qu'on est en train de voir ici.
02:33Donc on voit bien que c'est plus une question de communication, de fonction de réaction,
02:38d'éviter finalement les erreurs qu'on a pu avoir dans le passé avec une réaction trop lente.
02:43Mais au fond, ce n'est pas que ça va changer les perspectives énormément.
02:46Et encore une fois, ce n'est pas tous les sous-jacents de l'inflation qui montent.
02:50C'est uniquement concentré dans l'énergie.
02:53Dans d'autres temps, la Banque centrale aurait aussi pu regarder au travers.
02:57Mais enfin, il s'est produit 2022.
02:59Et comme 2022 est vu comme étant une erreur de diagnostic de la part des banques centrales,
03:02les banques centrales ne peuvent pas se permettre d'une deuxième erreur de diagnostic.
03:06Et donc, elles réagissent quand même à ce choc énergétique.
03:08Donc le marché anticipe de plus en plus des hausses de taux.
03:10Désormais, il anticipe, il probabilise à 65% une hausse de taux de la Fed dès ce mois de septembre.
03:15Donc ça devient l'hypothèse majoritaire.
03:17La BCE aussi, la BOGE, la Banque du Japon devrait relever ces taux.
03:19Et on a des marchés obligataires du coup qui se tendent.
03:22On a un strike aujourd'hui même.
03:23Le 10 ans japonais est un peu haut de 30 ans.
03:26Le 10 ans allemand est un peu haut de 2011.
03:27Le 10 ans français est un peu haut de 2008.
03:29Qui paiera ces hausses de taux à la fin ?
03:31Est-ce que c'est le consommateur avec des États qui en viendraient à taxer davantage les consommateurs ?
03:35Est-ce que c'est les États qui vont finir par moins dépenser
03:37compte tenu de l'impact de ces taux sur leur service de la dette ?
03:40Est-ce que l'IA nous sauvera grâce au gain de productivité ?
03:43Comment vous voyez tout cela déboucher, Samy ?
03:46Oui, je pense qu'il y aura deux payeurs.
03:48D'abord, c'est la croissance nominale qui va payer les taux.
03:51On parle beaucoup du risque fiscal, on parle du risque énergétique.
03:55Mais la raison principale pour laquelle les taux sont à ces niveaux aujourd'hui,
03:59c'est qu'on se sort de cette stagnation séculaire
04:01qu'ont été les 10-15 ans de l'après-grande crise financière et de l'après-crise souveraine.
04:06On retrouve des hauts niveaux de croissance nominale.
04:09La croissance nominale aujourd'hui aux États-Unis est à 6,5.
04:11Lorsqu'on prend encore une fois cette croissance composée de la croissance réelle et de l'inflation,
04:16on est à 6,5.
04:17Donc évidemment, la courbe des taux ne va pas se traiter à 2 ou 3 %.
04:20Elle va forcément coller un petit peu à cette performance économique.
04:23C'est pareil en Europe.
04:24Il y a quand même de la croissance.
04:26C'est ça qui va d'abord payer pour les hausses de taux.
04:29Et c'est ça qui fait que les taux sont finalement là où ils sont.
04:31Et puis, il ne faut pas oublier que quand même, il y a de l'épargne privée dans le système.
04:34Mais ça aussi, ça permet de stabiliser un peu la situation.
04:37Les comptes courants sont à l'équilibre ou en excédent.
04:41Les comptes courants, vous savez, c'est ce qui prend en compte le secteur privé et le secteur public.
04:45On a globalement des balances des paiements qui sont à l'équilibre.
04:48Donc il y a ces deux éléments-là qui permettent quand même d'éviter une crise de taux.
04:53– Oui, en attendant, le 30 ans américain est toujours au-dessus des 5%.
04:57C'est la première fois depuis 2006 que la dette américaine à 30 ans est au-dessus de 5%
05:02pendant aussi longtemps, sur un laps de temps comme celui-ci.
05:05En l'occurrence, 55 jours maintenant depuis le 1er janvier.
05:08Donc voilà, c'est quand même un mouvement qu'on va continuer de suivre et de traquer bien évidemment.
05:12Merci beaucoup Samy de nous avoir accompagné.
05:13Samy Char pour Lombard et compagnie.
05:15– Merci.

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