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  • il y a 9 heures
Ce mardi 13 octobre, Samy Chaar, chef économiste chez Lombard Odier & Cie, a abordé la solidité de l'ancrage des anticipations d'inflation aux États-Unis, la position de la Chine, qui talonne les États-Unis dans la course à l'intelligence artificielle, la réduction de la probabilité d'une hausse des taux de la Fed en octobre, ainsi que le relèvement des prévisions de croissance du FMI pour la zone euro, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00L'FM Bourse, l'éco du monde.
00:04Alors, on a des propos intéressants aujourd'hui.
00:06Christopher Waller, c'est un membre très influent de la réserve fédérale américaine.
00:10Kevin Walsh l'écoute d'ailleurs, Christopher Waller.
00:13Et donc, ses propos qui datent de ce matin sont assez instructifs
00:16et sans doute très écoutés aujourd'hui par le marché.
00:18Samy Char va nous les décrypter. Bonjour Samy, ravi de vous retrouver.
00:21Je suis le chef économie chez Lombard-Rodier et compagnie.
00:23Pour Christopher Waller, la hausse des taux américains, très spectaculaire,
00:27tient plus de la croissance, des perspectives de croissance de cette économie américaine
00:31que des risques liés à l'inflation.
00:33Donc, une hausse des taux, finalement, qui serait symptôme de quelque chose d'assez positif.
00:38Est-ce que vous partagez son point de vue ?
00:40Oui, absolument.
00:42Après, la raison pour laquelle il dit ça, c'est que les anticipations d'inflation par les marchés
00:46n'ont effectivement pas bougé.
00:47Donc, ça vient d'autre part.
00:48Mais ceci dit, je suis tout à fait d'accord, on va dire à 60% que c'est le
00:53cycle,
00:54la forte croissance nominale qui a entraîné les taux d'intérêt plus haut.
00:57Mais il y a quand même 40% d'éléments un peu plus négatifs qui rentrent dans l'équation.
01:02Typiquement, un conflit non résolu au Moyen-Orient avec un prix du pétrole qui a monté.
01:06Ce n'est pas forcément que ça fait bouger les anticipations d'inflation,
01:09mais ça fait monter la prime de risque que demandent les investisseurs
01:12pour acquérir ces papiers souverains.
01:16Et donc, il y a quand même ces éléments-là.
01:18Beaucoup d'émissions aussi dans le marché obligataire par les grandes entreprises de la tech.
01:22Donc, on va dire, à 60%, 70%, on est d'accord avec Waller,
01:27c'est vraiment le cycle qui pousse ces taux à la hausse.
01:30Mais il y a quand même des éléments contraignants qui viennent aussi justifier cette hausse.
01:34La réalité fiscale en est un autre.
01:37Donc, voilà, il a été un petit peu restrictif dans son jugement, je trouve.
01:40Ce qui est intéressant aussi dans ce qu'a dit ce matin Christopher Waller,
01:42c'est l'avenir tel que l'IA va contribuer à le dessiner.
01:46L'IA, dit Christopher Waller, pourrait créer de grands écarts de productivité entre les pays
01:51dans les prochaines années, de grands écarts de productivité.
01:53Il y en avait déjà, mais sans doute de plus grands écarts, il y a l'IA.
01:55Dans ce cas, comment ça se traduirait et comment les banques centrales réagiraient, d'après vous ?
02:00Alors, il a tout à fait raison et j'ajouterai un élément très important,
02:03c'est des grands écarts entre les pays, entre les zones,
02:05mais surtout de grands écarts entre les secteurs.
02:07Aujourd'hui, là où vous avez le plus d'adoption de l'intelligence artificielle,
02:12c'est dans les secteurs de la technologie, dans les secteurs de la finance
02:15et dans le secteur des services.
02:17Et dans ces segments-là, on voit des gains de productivité
02:20et donc on a un peu tout le mérite d'une révolution industrielle, c'est super.
02:25Par contre, dans tous les autres segments de l'économie,
02:27on ne voit pas d'adoption de l'intelligence artificielle,
02:30on ne voit pas ces gains de productivité.
02:32Et donc, il y a ces espèces de divergences qui se créent entre les économies,
02:35mais aussi au sein des économies, entre les secteurs.
02:38Et ça, évidemment, ça rend la vie très très compliquée pour les banques centrales,
02:41parce que vous allez devoir gérer des espèces d'inégalités sectorielles
02:45dans votre propre économie.
02:46Certains secteurs qui ne font pas bien, certains secteurs qui font super bien,
02:49et vous devez gérer ça avec un seul taux d'intérêt.
02:52Et donc, évidemment, que ça rajoute de la difficulté,
02:55mais c'est quelque chose à prendre en compte.
02:56Et il ajoute, pour conclure sur les propos de Christopher Waller,
02:59encore une fois, c'est presque le numéro 2 de la Fed,
03:01pour exagérer un peu les choses, c'est vrai,
03:03mais enfin, voilà, l'une des voix les plus écoutées,
03:05il affirme que Donald Trump, vous nous direz ce que vous en pensez,
03:07Donald Trump n'a jusqu'ici pas remis en cause,
03:10pas réussi à mettre à mal l'indépendance de la Fed.
03:12Est-ce que vous êtes d'accord, après 5 mois,
03:15ou quasiment 5 mois de mandat de la part de Kevin Walsh,
03:17l'indépendance de la Fed est jusqu'ici préservée ?
03:20Ah oui, Kevin Walsh et la Fed ont quand même monté l'étau en septembre,
03:24qui était la dernière réunion de la Banque centrale américaine avant les élections.
03:28Et donc, très clairement, on peut quand même dire
03:29que là, il y a une indépendance de pensée et une indépendance d'action.
03:33Quand même, personne ne s'attendait à ce que la Fed monte l'étau
03:35juste avant les élections.
03:36En tout cas, c'est quand même une forme de pied de nez à Donald Trump.
03:40Et je dirais que ce qui a préservé l'indépendance de la Fed,
03:42c'est la manière dont elle opère, avec ce board.
03:46Donc, c'est 12 personnes qui prennent la décision.
03:49Le gouverneur, K. Walsh, en a qu'une.
03:51Et je dirais qu'il y a une dernière chose quand même,
03:52c'est que Trump n'a pas eu le temps de vraiment redessiner ce groupe de 12 personnes.
03:58Il a nommé 3-4 personnes dans ce board.
04:01Mais enfin, il aurait fallu qu'il en nomme 3-4 de plus.
04:03Il n'a pas eu le temps.
04:04Les élections de mi-mandat vont probablement, qu'il va perdre,
04:07ne vont probablement pas lui permettre de redessiner davantage ce board.
04:10Donc, il me semble que l'indépendance de la Fed, là, est assez acquise.
04:14Samy, on va revenir juste sur les prévisions du FMI,
04:17les prévisions de croissance.
04:19Ça ne va plutôt pas trop mal sur l'ensemble de la zone euro, à 1,1%.
04:24Alors, pour la France, c'est la douche froide.
04:27Le FMI ne prévoit que 0,4% le fil du trait.
04:31Et oui, c'est un peu dur, effectivement, pour le cas français.
04:34Pour le reste, ça ne va plutôt pas mal.
04:35Bon, c'est un petit peu enteriner la réalité du consensus.
04:40C'est-à-dire que la croissance a été revue à la hausse, c'est bien.
04:42L'inflation a été aussi revue un peu à la hausse.
04:44Ça veut dire qu'on a une croissance nominale qui est quand même assez solide.
04:48Donc, je dirais que, d'une manière générale, ça fait référence à la première chose qu'on a discuté,
04:53c'est-à-dire un cycle qui est quand même vigoureux.
04:55Il y a des exceptions, évidemment.
04:58Et malheureusement pour la France, une des exceptions, c'est la France,
05:01parce que la charge d'intérêt commence à être élevée.
05:04Vous savez que la France a une croissance aujourd'hui autour de 3%.
05:07L'OAT est plutôt autour des 5%.
05:10Et donc, évidemment, on a une base de coûts qui commence à dépasser la base de gains en France.
05:15Et forcément, ça va se payer.
05:16Alors, je dirais que la France a toujours son destin entre ses mains.
05:19Il y a encore la possibilité de passer un budget.
05:21Il y a quand même une maturité sur la dette française qui est longue.
05:25Il y a toujours la BCE.
05:27Il y a toujours un secteur privé en France qui va quand même bien.
05:29Les entreprises, les ménages et les banques.
05:31Donc, je dirais que la France a toujours son destin entre ses mains.
05:34Mais effectivement, c'est un peu le canard boiteux de cette révision des perspectives économiques du FMI.
05:40Effectivement, le 10 ans français est à 4,85 cet après-midi.
05:43Merci beaucoup de nous avoir accompagné.
05:44Samy Charles, le barodier et compagnie.

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