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  • il y a 6 heures
Ce jeudi 25 juin, Gilles Moëc, chef économiste du Groupe AXA, a abordé l'accélération de l'inflation aux États-Unis en ami, la mise en place d'un nouveau régime sur le marché des changes en faveur du dollar, la baisse du prix du pétrole, et la crise politique au Royaume-Uni, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, l'éco du monde.
00:03Gilles Mott nous rejoint pour le groupe AXA, chef économiste du groupe AXA.
00:07Bonjour Gilles, on est ravis de vous retrouver.
00:09On a des chiffres macroéconomiques américains plutôt pas mal encore aujourd'hui, Gilles,
00:13à savoir l'inflation quand même au plus haut depuis 2023, mais conforme aux attentes.
00:16Et puis la croissance américaine, elle est révisée à la hausse pour le premier trimestre.
00:20Elle est révisée à la hausse et semble-t-il, ça provient d'une nouvelle révision de l'investissement
00:27qui est, ça se confirme de trimestre en trimestre, qui est vraiment le moteur de la croissance américaine en ce
00:33moment,
00:34plus que la consommation, même si le dernier chiffre qu'on a eu pour le mois de mai est plutôt
00:38rassurant.
00:40On en arrive à une concentration de la croissance américaine qui est quand même impressionnante.
00:45J'en faisais quelques calculs à l'instant.
00:48Aujourd'hui, les composantes liées à la tech représentent à peu près deux tiers de l'investissement privé américain hors
00:56logement.
00:56Les deux tiers.
00:58Et voilà, on a eu la confirmation de ce moteur qui ne s'arrête pas.
01:04Ça, ça ne viendra pas calmer les ardeurs de la Fed, à mon avis, d'autant plus que, comme vous
01:09l'avez dit,
01:10sur l'inflation, les nouvelles continuent à être problématiques.
01:14C'est pour l'instant, en grande partie toujours, en tout cas sur l'épisode le plus récent, l'impact
01:20quasi direct de la crise dans le Golfe,
01:23puisqu'on a eu une augmentation supplémentaire des tarifs aériens.
01:27Ça a sans doute se calmer dans les mois qui viennent.
01:29Mais je répète ça à chaque fois, le problème américain, c'est que l'inflation était déjà trop élevée avant
01:34la crise du Golfe.
01:35Elle le restera sans doute après.
01:37– Gilles, parallèlement, les effets de change sont extrêmement puissants en ce moment en faveur du dollar.
01:41On a une vraie remontée du dollar depuis quelques jours, vraiment spectaculaire.
01:44Il y a un peu plus d'un mois, l'euro valait 1,19$ quasiment.
01:47Là, on est sous le dollar 14.
01:49À quoi est-ce que vous l'attribuez ?
01:50Est-ce que c'est un nouveau régime sur le marché d'échange qui se met en place en faveur,
01:53cette fois, du dollar ?
01:54– Oui, je pense qu'en fait, l'un des facteurs principaux, c'est la réassurance sur la Fed,
02:02avec un discours de Kevin Walsh qui est quand même assez largement différent de celui qu'il avait tenu
02:08lors de sa campagne d'investiture, entre guillemets.
02:11Donc on est rassuré sur la capacité à la volonté de la Fed à tenir l'objectif sur l'inflation
02:18et donc potentiellement à maintenir des taux d'intérêt, un différentiel de taux avec le reste du monde assez élevé.
02:24Et puis en même temps, on vient de le rappeler, on a une croissance américaine qui s'apporte très bien.
02:28Donc on a des moteurs assez habituels de la vigueur du dollar, différentiel de croissance positif,
02:35en tout cas vis-à-vis de l'Europe et du Japon, différentiel de taux qui continue aussi
02:39à aller dans le bon sens.
02:41Je pense que quand même, il reste une espèce d'inquiétude résiduelle sur le dollar
02:46autour de la volatilité politique de la Maison-Blanche.
02:51Mais c'est vrai qu'on est plutôt dans une phase de dollar fort.
02:54Et pour moi, l'événement central, c'était vraiment le discours de Kevin Walsh
02:58lors de sa première présidence du FOMC.
03:00Oui, qu'on a beaucoup expliqué et analysé, bien sûr, depuis.
03:03C'était la semaine dernière.
03:05Wall Street, les États-Unis, on a beaucoup parlé de la force du dollar, du rebond du dollar
03:09il y a un instant.
03:10Et parallèlement, l'Europe aussi en hausse sur les marchés, à la faveur cette fois
03:13de la baisse des cours du pétrole.
03:14Assez nette, cette baisse des cours.
03:16Au point de tout à l'heure, le Brent, Gilles, est passé sous ses niveaux de début de la guerre.
03:19On a retrouvé les cours d'avant-guerre en Iran sur le pétrole.
03:23Oui, ça va très vite.
03:25Je pense que ce qui est vraiment intéressant, c'est qu'il y a une espèce d'immunisation du marché
03:32vis-à-vis du bruit politique, du bruit autour des négociations.
03:38Ça m'a beaucoup frappé, c'est le fait que, alors qu'on a eu, entre guillemets, un mauvais week
03:42-end
03:42de ce côté-là, avec l'annonce d'une refermeture par l'Iran, une escalade, en tout cas verbale,
03:49entre Washington et Téhéran, à la réouverture dimanche soir, il s'était quasiment rien passé.
03:55Et ça, je pense que c'est vraiment le signe d'un marché qui a décidé, entre guillemets,
03:59et c'est à mon avis assez rationnel, que comme ce fameux mémorandum entre l'Iran et les États-Unis
04:06est quand même, je pense, assez favorable aux intérêts iraniens, il n'y a finalement
04:11pas grand intérêt pour Téhéran de faire remonter la pression, en tout cas de manière
04:16forte, dans les semaines qui viennent.
04:18Donc ça, ça se traduit par cette détente assez rapide des prix.
04:22C'est peut-être aussi un mouvement un tout petit peu exagéré, je pense qu'on aura
04:25d'autres moments de bruit, et puis il y a une vraie question qui se posera lorsqu'on
04:29sera sorti de la fameuse phase des 60 jours, mais voilà, je pense que c'est le résultat
04:34de l'analyse assez froide du MOI.
04:36Et pour l'économie européenne, cette baisse des cours du pétrole, c'est vraiment une
04:40manne, une aubaine importante, ça va changer la dynamique de croissance ou pas tant que ça ?
04:45Non, c'est effectivement absolument important, avec le bémol que la croissance européenne
04:50ne se portait pas extraordinairement bien avant la crise du Golfe, donc on ne peut pas
04:55non plus s'attendre à un redémarrage nécessairement sur les chapeaux de roue.
04:58Il faut vérifier ce qui se passe sur le gaz.
05:01Là, on a besoin d'un peu plus de réassurance du côté du Qatar et de sa vitesse de reconstruction,
05:08des champs qui avaient été très abîmés pendant les opérations militaires.
05:12Mais oui, c'est évidemment une très bonne nouvelle, je répète ça partout et tout le temps,
05:16l'Europe paye, expédie vers le reste du monde tous les ans entre 2 et 3% de son PIB
05:22pour
05:22payer ses factures pétrolières et gazières.
05:25Donc toute baisse du pétrole et du prix du gaz a un effet absolument significatif sur la
05:30conjoncture européenne.
05:32Gilles, comme le savent nos auditeurs réguliers, vous êtes basé à Londres.
05:36On sort du dixième anniversaire du Brexit, Keir Starmer sur le départ, on sent le pays
05:43économiquement avec un sentiment un petit peu inquiet, avec un petit peu d'appréhension.
05:50Comment vous sentez un petit peu l'état d'esprit des agents économiques britanniques ?
05:55Je pense que ce qui pèse énormément sur l'humeur, alors que les chiffres macro ne sont
06:01pas catastrophiques, on a une croissance faible, mais une croissance, il n'y a pas de
06:05risque de récession à court terme en tout cas, les chiffres budgétaires britanniques
06:10sont plutôt meilleurs que les chiffres français par exemple, mais on a une vague à l'âme
06:15qui, à mon sens, tient beaucoup à l'absence de narratif, pour utiliser un mot qu'on utilise
06:21beaucoup aujourd'hui, c'est-à-dire que ce qu'il manque c'est une stratégie.
06:24C'est un pays qui avait une stratégie assez claire lorsqu'elle était dans l'Union
06:28européenne, depuis le Brexit, c'est un pays qui a fait plusieurs tentatives, qui a
06:33expérimenté beaucoup, sans qu'on sache véritablement quel est le modèle de croissance
06:38finalement, qui est maintenant recherché.
06:41Et comme on a eu en même temps, et on a vu encore une fois la semaine dernière, une
06:44volatilité incroyable de leadership politique, ce récit fédérateur manque encore.
06:54Donc ce n'est pas tant, encore une fois, la conjoncture qui est médiocre, mais plutôt
06:57moins médiocre que ce continent, mais c'est l'absence de cadre, de perspectives qui pèse
07:02beaucoup, Gilles Moec avec nous, chef économiste du groupe AXA.
07:05Merci beaucoup Gilles de nous avoir accompagné.
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