00:01BFM Bourse, l'éco du monde.
00:04Il y a une bonne nouvelle aujourd'hui quand même en Europe, une de plus sur l'inflation.
00:07Hier on avait eu la bonne surprise de l'inflation qui ralentit en France ou encore en Allemagne.
00:11Là c'est sur l'ensemble de la zone euro, le chiffre ralentit par rapport au mois de mai.
00:14Au mois de juin l'inflation certes, et pas encore dans les objectifs de la BCE, mais quand même ralentit
00:17à 2,8%.
00:18Michel Rouimi nous rejoint pour l'Evy Capital Partners. Bonjour Michel.
00:21Bonjour Guillaume.
00:22D'ailleurs Christy Lagarde s'exprime cet après-midi sur le sujet à l'occasion du forum de Sintra.
00:27Comment vous regardez ce chiffre d'inflation ? Est-ce que vous pensez que ce chiffre,
00:31et la tendance peut-être au retournement à la baisse de l'inflation,
00:33pourrait aider la BCE à retenir son bras, à ne plus relever ses taux pour la suite ?
00:39Pas trop. En fait le chiffre c'est vrai qu'il est plus favorable que celui qui était attendu,
00:43mais je dirais que cette baisse suggère que la désinflation ne repose plus uniquement sur l'énergie
00:51et que s'étend progressivement aux services et à l'alimentation.
00:55Et donc pour la BCE, cette bonne nouvelle, c'est un motif de soulagement après le relèvement de juin,
01:01mais ce n'est pas une victoire parce que le fait que la pression inflationniste s'atténue plus rapidement que
01:06prévu
01:07réduit certes la probabilité d'un nouveau durcissement monétaire à très court terme,
01:12mais il est prématuré de parler de victoire parce que l'inflation reste supérieure à 2%
01:17et les risques géopolitiques n'ont pas disparu et continuent, on va dire, d'alimenter une certaine incertitude.
01:22Donc pour moi, ce qu'on peut dire c'est que la BCE peut désormais adopter, on va dire, une
01:27posture d'attente,
01:28mais son action sera vraisemblablement guidée par les données.
01:32– Christine Lagarde cet après-midi s'exprime, donc voici ses derniers propos, je vous les livre.
01:37Elle estime que les risques dans la zone euro quant à l'inflation et à la croissance,
01:42ces risques sont en train de diminuer, ils sont moins prononcés,
01:44tant en termes de perspectives d'inflation qu'en termes de perspectives de croissance,
01:48des risques moins prononcés.
01:49Ça plaide pour quoi ça quand même, Michel ? Ça plaide pour des statu quo désormais ?
01:52– Oui, en fait, Christine Lagarde avait déjà dit avant le début de ce forum
01:58qu'elle faisait une approche réunion par réunion, qu'il n'y avait pas de forward guidance,
02:05qu'en gros il n'y avait pas d'engagement anticipé, et surtout dans un environnement vraiment incertain.
02:10Et ça rejoignait un peu ce qu'avait fait plus ou moins avec Kevin Walsh,
02:14en disant où il y avait certes une priorité pour la stabilité des prix,
02:18et on va dire, je dirais, il n'y avait pas de forward guidance.
02:21Donc en fait, le point commun qu'on peut trouver aussi bien qu'entre Christine Lagarde et Kevin Walsh,
02:28et en même temps même, ça confirme un peu ce discours,
02:32c'est qu'il y a une convergence vers une même doctrine de dépendance des hauts données,
02:36plutôt qu'un, je dirais, une forward guidance.
02:39Donc en fait, on est très sensible, du moins au niveau des banques centrales, au niveau des données,
02:45et donc on ajustera la position.
02:47Il n'y a pas de, je dirais, de position de pré-engagement,
02:51ce qui veut dire qu'on va assister à beaucoup d'incertitudes, et donc un peu plus de relativité.
02:55Elle ajoute juste, on n'est pas dans la stagflation.
02:58Voilà ce qu'ajoute Christine Lagarde en plus de ses propos.
03:00On est vraiment en train de suivre en direct les propos des différents banquiers centraux,
03:03puis Kevin Walsh aussi vient de s'exprimer à Sintra,
03:06en confirmant qu'il ne donnerait plus de forward guidance au marché.
03:09On en parlera dans la suite de BFM Bourse.
03:10Antoine.
03:10Bon, maintenant, même s'il n'y a plus de forward guidance, il reste des fondamentaux économiques.
03:15Et on a eu quand même quelques indicateurs intéressants pour l'économie américaine,
03:18à savoir l'ISM manufacturier, l'indice des directeurs d'achat,
03:22et puis l'ADP, l'enquête américaine sur l'emploi privé.
03:27Qu'est-ce que nous disent ces chiffres, Michel ?
03:31Bonjour Antoine.
03:32En fait, l'enquête ADP a envoyé un premier signal de ralentissement du marché du travail,
03:39mais ça ne change pas la trajectoire de la politique monétaire,
03:43mais ça constitue un premier signal, on va dire, encourageant.
03:46Et ça veut dire que le marché du travail perd progressivement de sa surchauffe,
03:51mais si cette tendance est confirmée par les chiffres officiels de l'emploi,
03:54eh bien, ça confortera que l'idée est que la Fédérale Réserve peut rester patiente
04:01avant toute nouvelle décision sur les taux.
04:04Quant à l'indice ISM, je dirais qu'il est plus faible depuis plusieurs mois,
04:10mais il nous donne plusieurs informations.
04:12La première des choses, c'est qu'il confirme que les industriels américains
04:16continuent de réduire leurs effectifs, c'est-à-dire qu'ils privilégient plutôt
04:20les gains de productivité que les embauches.
04:23Deuxième chose, que ce chiffre contraste avec la résilience du marché du travail américain
04:28et ça veut dire que l'industrie ne représente qu'environ 8% de l'emploi américain.
04:34Et donc, c'est ça qui est aussi important.
04:35Et puis, troisième chose, ce n'est pas un signal suffisant, je dirais,
04:41pour infléchir la politique monétaire américaine.
04:43Il faudra attendre vraisemblablement le rapport officiel de l'emploi.
04:47Merci. Michel Rumi, avec nous, Lévy Capital Partners.
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