00:00Et l'une des particularités de cette journée, c'est aussi une grande violence en direction des forces de l
00:05'ordre.
00:05C'est un point sur lequel le ministre de l'Intérieur a insisté ce soir.
00:09Illustration avec ces images, c'est un gendarme qui est blessé par un projectile incendiaire dans les rues de Paris.
00:17Regardez et ensuite on va décrypter avec Demi Crisé.
00:36Et ce gendarme en question, il a accepté de témoigner, de se confier aux équipes de BFMTV.
00:42Écoutez, il raconte exactement comment la scène s'est déroulée.
00:46Alors sur cette phase-là, l'escadron est positionné globalement sur la zone d'arrivée de la manifestation, à proximité
00:52de la porte de Charenton.
00:53L'unité tient différentes rues adjacentes à l'arrivée de manière à filtrer et diriger de manière la plus fluide
01:00possible l'ensemble des participants à la manifestation
01:02en les en mettant à regagner les voies de métro qui sont ouvertes ou les orienter dans les bonnes directions.
01:10Et à ce moment-là, un certain groupe très hostile, plusieurs centaines, se regroupe progressivement et prend à partie l
01:17'une des positions tenues par les militaires de l'unité.
01:20Alors effectivement, on est clairement assaillis et ça arrive vraiment de manière très spontanée et très brutale.
01:27Il n'y a pas de montée en intensité. Les choses sont très rapides.
01:30Différents projectiles, bouteilles de verre, pavés, parfois avec certains morceaux de verre, du cocktail Molotov, de l'incendiaire, de l
01:37'explosif
01:38ou encore du mortier d'artifice ou autres engins explosants parmi le feu sur la ligne de contact.
01:47Ce qu'on comprend très vite, c'est qu'il va falloir réagir forcément face à l'adversité pour pouvoir
01:52défendre déjà nos positions
01:53et défendre nos gendarmes qui sont forcément pris pour cibles sur une haute intensité.
01:59Alors la sensation, elle est particulière puisque je commande l'unité et je veux forcément d'une, remplir ma mission
02:04certes,
02:04mais le faire avec des militaires qui vont pouvoir être non blessés et rentrer avec tout le monde sain et
02:09sauf le soir.
02:10Donc on met en œuvre ce qu'on sait faire, qu'on travaille, j'allais dire, quasiment quotidiennement
02:14avec la discipline de l'unité et de toutes les unités pour réagir face à ça.
02:19Donc avec un emploi qui est immédiat de nos moyens lacrymogènes, tant à main que à fusil.
02:25Au-delà de ça aussi de moyens un petit peu explosifs pour permettre de reprendre de la distanciation avec l
02:29'adversaire,
02:30mais qui revenait finalement à l'assaut de manière très régulière.
02:33Donc en combinant le mouvement et le feu pour essayer à chaque fois de reprendre la distanciation
02:37et surtout tenir notre position et de défendre notre position.
02:41On a reçu plusieurs engins incendiaires assez conséquents, avec des flammes quand même hautes et persistantes,
02:45tant au niveau du sol qu'au niveau des militaires, parce que malheureusement plusieurs ont été touchés, dont moi.
02:50Et la sensation de brûlure, elle est immédiate, elle est intense et elle s'intensifie dans le temps parce qu
02:55'elle est durable,
02:56parce qu'on n'arrive pas à l'arrêter et de par son contenu, elle est compliquée à faire cesser.
03:01Donc la brûlure, on a le temps de la sentir monter, on a le temps de sentir que l'équipement
03:06commence à être atteint
03:07et à sentir que la chair commence à piquer, si ce n'est vraiment brûler.
03:13Ce que je vois de mes yeux, personne n'est capable d'identifier vraiment d'où vient précisément chaque projectile,
03:18mais c'est une hostilité qui est clairement féroce, puisqu'on a vraiment face à nous un boulevard rempli d
03:25'individus
03:25qui ne sont clairement pas du manifestant pacifique et qui nous prennent à partir de part et d'autre en
03:29frontale, sur les latéraux,
03:30et y compris lorsque l'on prend de l'air et qu'on essaye de gagner de cet espace pour
03:34regagner une certaine distanciation avec eux,
03:36on est repris à partir quasi immédiatement et ça en continue pendant de nombreuses et nombreuses minutes.
03:41Pour être tout à fait franc, je ne l'ai pas vu arriver, c'est tout ce qui rend la
03:45chose encore plus vicieuse,
03:46à traiter et d'essayer de s'en protéger.
03:49Je ne la vois pas pour deux raisons.
03:50La première, c'est qu'en commandant une unité, on ne peut pas voir les yeux partout et on garde
03:54surtout des yeux sur ces militaires et sur ces hommes pour les commander.
03:58Et la deuxième raison, c'est que la pluie étant incessante et nombreuse des différents types de projectiles,
04:03on n'a forcément pas l'œil sur tout ce qui arrive des angles morts ou de la 3D.
04:08Je ne le vois pas, je le ressens d'abord.
04:10Je le ressens puisque faisant mouvement à ce moment-là, je n'ai pas vu le projectile forcément me toucher
04:15ou du moins s'éparpiller sur moi et voir ma jambe en feu.
04:21J'en prends conscience au moment où je ressens ces premières douleurs.
04:24Et là, c'est déjà compliqué puisque le feu monte quand même très haut jusqu'au niveau du bassin avec
04:28des flammes
04:28et on est plusieurs, moi-même comme des camarades, à essayer d'arrêter le feu, ce qui est compliqué.
04:34Et c'est là où on a vraiment le temps de sentir la douleur monter.
04:36La situation a été quand même particulièrement intense
04:39et l'hostilité réelle.
04:44Forcément, se voir victime de jets de projectiles,
04:48ce n'est clairement pas quelque chose que j'ai l'habitude de voir
04:50parce que je n'ai pas forcément l'habitude d'aller regarder ce genre de vidéos.
04:54Ce que vous me montrez me surprend par l'intensité
04:57qu'en fait je revis à froid deux heures après
05:00et me permet quand même de comprendre qu'on a peut-être frôlé aussi un peu la catastrophe.
05:03On a peut-être frôlé la catastrophe.
05:05Témoignage recueilli par les équipes de BFM TV
05:07grâce au service police-justice aussi de BFM TV que vous représentez ce soir, Hélène Lecomte.
05:12Bonsoir Hélène.
05:13On a une photo que nous a envoyée ce gendarme de sa blessure.
05:18On va la regarder.
05:19On la voit ici, cette blessure.
05:22Et ce qu'a provoqué ce projectile incendiaire sur son meulet,
05:26c'est particulièrement impressionnant ce qu'on voit et ce qu'on entend aussi au travers de ce témoignage.
05:31Oui, on entend son témoignage disant
05:34« Je ne l'ai pas vu venir, mais j'ai senti tout de suite » sans forcément réaliser.
05:39Et il dit aussi qu'il ne réalise vraiment que lorsqu'on lui montre les images de ce qui s
05:44'est passé.
05:44Ce gendarme, Laurent Nunez l'évoque d'ailleurs tout à l'heure, il a fait un point, une conférence de
05:50presse,
05:50et il a parlé de ce gendarme victime d'un jet de cocktail Molotov, ce gendarme mobile qui a été
05:54blessé.
05:55Et on a un bilan ce soir, notamment du nombre de contrôles qui ont été réalisés et du nombre d
06:00'interpellations.
06:01Mais dans ce bilan, parmi les forces de l'ordre, effectivement cinq blessés, quatre policiers, un gendarme.
06:06Et parmi eux, trois d'entre eux qui ont été brûlés par le jet d'un cocktail Molotov, comme ce
06:12gendarme.
06:12Et on a vu d'autres images aussi aujourd'hui de cocktails Molotov visant notamment une compagnie d'intervention.
06:19Une image assez impressionnante sur laquelle on voit ce cocktail Molotov exploser
06:23et prendre feu au pied d'un bouclier et quasiment embraser l'un de ces policiers
06:28qui recule et qui est récupéré par ceux qui sont avec lui.
06:33Donc effectivement, cela fait partie des images qui marqueront cette journée
06:39et qui ont donc en effet été évoquées par le ministre de l'Intérieur.
06:41Effectivement, dernier chiffre important, plus de 5000 contrôles, 79 interpellations,
06:47cinq blessés dont trois brûlés et dispositif de contrôle de zone
06:50qui est maintenu avec une situation calme ce soir à ce sade dans l'agglomération parisienne.
06:58Le nombre d'interpellations est plus important, 565 à 20 heures sur l'ensemble du territoire.
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