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Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00On va retrouver Jérémy Normand, il est dans les Hauts-de-Seine, il est à une station-service de Clichy
00:04avec des Français qui, bien sûr, s'arrêtent à la pompe, font leur plein, n'en reviennent toujours pas de
00:09payer aussi cher, mon cher Jérémy.
00:14Oui, absolument. Et on en est venu à leur demander, en fait, à partir de quel prix les usagers, les
00:20automobilistes renonceront à utiliser leur voiture.
00:22Et nos échanges avec eux achoppent tous sur le même montant symbolique, celui des 3 euros le litre de diesel,
00:29par exemple, qui paraissait de la science-fiction encore il y a quelques semaines, mais qui semble de plus en
00:33plus réaliste.
00:34Il faut dire qu'ici, on est dans une station totale où les prix, certes, sont plafonnés, vous le savez
00:38désormais, mais ailleurs, à Paris, pas très loin d'ici, il y a des stations où les prix s'envolent,
00:42atteignant 2,50, voire 2,80 le litre de diesel.
00:45Et donc, cette barre symbolique des 3 euros, elle n'est plus impossible, en tout cas, elle est très conscientisée
00:50par les automobilistes qui nous disent qu'à partir de ce prix-là, pour certains,
00:53eh bien, ils renonceront leur voiture, ils enfoncheront leur vélo, quitte à faire 30 km, c'est comme le disait
00:58l'un d'entre eux il y a un instant, pour aller au travail, mais ça deviendra vraiment trop.
01:01D'autres nous disent en avoir besoin vraiment pour travailler, ne pas avoir d'alternative, et donc, eh bien, quel
01:05que soit le montant du prix de l'essence, ils continueront d'utiliser leur voiture, vaille que vaille.
01:09On pourrait d'ailleurs se poser la question autrement, puisqu'ici, on est Paris, vous savez, les Parisiens ont leur
01:12réputation d'être assez pressés.
01:14Eh bien, là, vous voyez, il y a un petit embouteillage, parce qu'évidemment, tout le monde se rue dans
01:16les stations totales où les prix sont plafonnés.
01:18Donc, on pourrait se poser la question, dans ce sens-là, à partir de quelle durée d'attente les Parisiens
01:23renonceront à utiliser leur voiture.
01:24Un dernier élément, on leur a demandé aussi ce qu'ils attendaient de la prise de parole d'Emmanuel Macron
01:28ce soir.
01:29Faut-il que le président annonce une baisse des taxes pour baisser le prix à la pompe et coter leur
01:33réponse ?
01:35J'espère que le président pourra mettre des lois en place pour pouvoir baisser les taxes sur les prix de
01:40l'essence,
01:41parce que ça va nous soulager pour nous qui prenons la voiture tous les jours.
01:44Je pense que ce sera un bon coup de pouce qu'on pourrait avoir.
01:47Il faut que les gens, ils se rendent compte de la situation géopolitique réelle et qu'ils ne vivent pas
01:52dans la fiction.
01:54Ce n'est pas l'État, ça va creuser le déficit et donc ça sera une très mauvaise mesure.
02:00Et oui, même sur la marche à suivre, les Français ne sont pas toujours d'accord,
02:03conscients pour certains qu'effectivement une baisse des taxes serait un manque à gagner colossal pour l'État
02:08et qu'en cette période où le déficit est si important, ce serait mauvais pour les comptes publics.
02:13Jérémie Normand, Loïc Albert à Clichy dans les Hauts-de-Seine.
02:16Alors, on va regarder maintenant avec Raphaël Grabli.
02:19Dans l'effet Grabli, justement, si le scénario des 3 euros litres, bonjour Raphaël, il est plausible.
02:25Là, on est à 2,40 euros le litre de gazole ou gasoil.
02:28Exactement. Et ce scénario à 3 euros le litre, il y a des politiques qui l'évoquaient,
02:33notamment depuis quelques semaines, à l'image de Jordan Bardella,
02:36le président du Rassemblement National, qui semblait presque jouer à se faire peur.
02:39C'était sur ce plateau même, jeudi dernier. Écoutez-le.
02:42Je dis une chose. Si on arrive à 3 euros le plein dans quelques jours,
02:46ce que je ne souhaite pas, mais ce que je redoute, et qu'on ne baisse pas la fiscalité,
02:51alors c'est l'économie française qu'on va mettre à l'arrêt.
02:53C'est soit on baisse la fiscalité, soit l'économie française va être à l'arrêt dans quelques jours,
02:59parce qu'à 3 euros le litre, madame, il y a des millions de Français
03:02qui ne pourront plus mettre de carburant dans leur voiture
03:04et qui ne pourront plus se rendre au travail.
03:07Alors, Jordan Bardella, il n'est pas le seul.
03:09Il y a Jean-Luc Mélenchon aussi, le leader LFI, qui évoquait ce scénario 3 jours plus tôt.
03:15Il faisait notamment référence à certaines stations-service
03:17où le litre de gazole frôlait déjà les 3 euros.
03:20Sauf que ces stations-service, à 3 euros le litre, elles pourraient être bien plus nombreuses.
03:24Pour comprendre, en fait, il faut se tourner vers les États-Unis.
03:27Donald Trump, qui est en pleine campagne de mi-mandat,
03:29elle est mi-terms, et comme les Français,
03:31les Américains en ont marre de payer leur diesel toujours plus cher.
03:35Alors, pour faire baisser les prix et accessoirement faire remonter sa popularité
03:39qui est en chute libre, Donald Trump a évoqué une possibilité,
03:42empêcher ou limiter les exportations américaines vers des pays étrangers.
03:47– Mais du coup, on se demande, est-ce que ça pourrait avoir un impact concret chez nous ?
03:50– Je vais vous montrer un chiffre pour le comprendre.
03:521,6 million de barils, c'est la quantité de gazole exportée par les États-Unis.
03:58Chaque jour, en fait, les États-Unis, c'est tout simplement le premier exportateur au monde
04:02et désormais le premier fournisseur de gazole de l'Europe.
04:06Pour les pays de l'Union européenne, la moitié du gazole importé dans l'Union européenne
04:10au mois d'août venait des États-Unis.
04:12Si Donald Trump coupe le robinet, le prix du gazole devrait clairement grimper,
04:15notamment en France, où les raffineries ont largement fermé ces dernières décennies
04:20et où on ne produit que la moitié, 50% du gazole dont on a besoin pour faire rouler nos
04:24voitures.
04:25Et puis la question, c'est désormais, jusqu'où ça peut monter ?
04:27La semaine dernière, avant même les menaces de Donald Trump,
04:30Philippe Casbas, le patron de l'UFI par le lobby des industries pétrolières de France,
04:35évoquait justement le sérieux d'une hypothèse d'un litre de gazole à 3 euros.
04:39Et vous allez voir que sa réponse n'est pas forcément rassurante.
04:43Dans les semaines qui viennent, probablement irréaliste.
04:46Si le conflit devait perdurer et devait s'éterniser au-delà des mi-terme,
04:52plus rien n'est invraisemblable.
04:55Merci Raphaël Grabli.
04:56Pierre Arnaud, bonsoir.
04:57Il faut qu'on soit au sérieux, cette menace de Donald Trump ?
05:01Alors la menace est sur la table, le président l'a évoquée.
05:04En même temps, on sent bien, Olivier, qu'elle divise au sein de l'administration américaine.
05:08La Maison-Blanche n'a pas confirmé des informations parues dans la presse
05:11selon lesquelles il y avait un plan déjà préparé, déjà élaboré par les services américains
05:16pour mettre en place cet embargo sur les exportations pour une période de 90 jours.
05:21Et le ministre de l'Énergie, donc le ministre de Donald Trump,
05:24a dit que pour l'instant il n'en était pas question.
05:27Néanmoins, le président l'a évoqué.
05:30Il est soutenu dans cette démarche par quelques élus républicains du Congrès.
05:34Et vous savez bien sûr, Olivier, qu'il est en campagne.
05:37Donald Trump, il est désormais à moins de six semaines de ses élections à mi-mandat.
05:40Il franchit des records d'impopularité.
05:43Il les franchit essentiellement en raison des prix des carburants aux États-Unis.
05:48Donc si on lui apporte la preuve que le fait de consacrer les stocks au marché intérieur
05:54permettrait de faire baisser les prix,
05:55c'est une tentation à laquelle il serait susceptible de céder.
05:58Priorité aux Américains.
05:59Martial You, bonsoir.
06:00Vous êtes éditorialiste économie RTL.
06:02Vous avez écrit les dindons, comment on veut les classes moyennes.
06:05Les classes moyennes, elles souffrent en ce moment.
06:06Alors mettons de côté quand même les menaces de Donald Trump
06:09parce que déjà on est à 2,41 euros pour le diesel
06:13avec un cours du Brent qui ne cesse de monter.
06:16On a dépassé les 106 euros.
06:19Quand on disait 3 euros le litre,
06:21on ne croyait pas, on disait mais non.
06:23Là, on s'y approche quand même.
06:24On s'en approche, il n'y a rien qui pour l'instant ralentit la hausse du baril
06:30puisque chaque jour qui passe, le détroit d'Ormouz est toujours fermé
06:34ou en tout cas extrêmement filtré.
06:36On voit qu'il y a celui de Babel Mandel qui lui aussi complique.
06:39C'est-à-dire que là, rien qu'avec ces deux détroits,
06:41vous avez 30% des hydrocarbures, du gaz et du pétrole
06:44qui ne circulent plus normalement.
06:45Donc ça pose un problème mondial.
06:47Et puis c'est vrai que là, Donald Trump,
06:49il apporte une nouvelle pièce dans le jeu de l'offre et de la demande.
06:52C'est-à-dire que ce qui est terrible pour nous, Français et Européens,
06:56en réalité, c'est que les crises qui s'accumulent démontrent nos dépendances.
07:00On a commencé à acheter du diesel chez les Russes.
07:04Il y a eu l'Ukraine.
07:05On s'est dit qu'on se détourne des Russes,
07:07donc on passe sur le Golfe qui va nous fournir du gazole.
07:09On en importe un litre sur deux du gazole.
07:12Donc évidemment, on est très dépendants.
07:14Donc on passe au Golfe.
07:15Il y a l'Iran.
07:15Donc on se rabat sur les États-Unis
07:18qui aujourd'hui sont nos premiers fournisseurs.
07:20Donc si Donald Trump coupe le robinet,
07:22effectivement, ça spécule à la hausse
07:24et ça crée un choc de demande et donc une hausse des prix.
07:27Il faut rappeler que 46% des voitures,
07:30c'est du diesel en France.
07:32C'est encore important.
07:33C'est plus de 18 millions de véhicules.
07:34Alors même si ça baisse,
07:35c'est encore la motorisation la plus représentée.
07:38C'est souvent d'ailleurs des véhicules qui ont un certain âge.
07:41C'est souvent quand même une population assez défavorisée
07:44qui roule au diesel.
07:45Donc la plus impactée par cette hausse.
07:47C'est-à-dire qu'il y a deux raisons.
07:48La première, c'est l'âge moyen du parc automobile en France
07:51qui ne cesse de vieillir.
07:52Il est de 13 ans.
07:53Donc effectivement, vous avez, il y a 13 ans,
07:55beaucoup, beaucoup plus de diesel que l'essence qui a été vendue.
07:58Ensuite, il y a 13 ans,
07:59on mettait des bonus pour ceux qui achetaient des voitures diesel,
08:03précisément parce qu'elles émettaient moins de CO2,
08:05donc elles étaient bonusées.
08:06Donc ça a boosté les ventes de diesel.
08:09Et là, aujourd'hui, on leur dit, c'est pas bon pour la planète,
08:12il faut sortir à la rigueur les diesels.
08:14Mais les gens roulent encore avec ces voitures-là, évidemment,
08:17et c'est ce qui les impacte durement.
08:19Réléric Plan est avec nous également,
08:21délégué général de la Fédération française des combustibles.
08:23Cette menace américaine, on coupe les exportations de diesel,
08:27ça ne va pas arranger nos affaires ?
08:30Alors d'abord, je voudrais confirmer les chiffres.
08:32Très clairement, aujourd'hui, vous avez 14 millions de mètres cubes
08:35de gasoil qui sont utilisés par des automobilistes,
08:38à comparer à 15 millions de mètres cubes d'essence.
08:42Vous voyez, donc les proportions sont à peu près équivalentes.
08:44Le reste sont des usages professionnels sur les poids lourds, etc.,
08:48qui en consomment à peu près 22 millions de mètres cubes.
08:51Ça veut dire qu'on a besoin de 36 millions de mètres cubes de gasoil,
08:55à la fois pour les particuliers, à la fois pour le secteur professionnel.
08:58Le gazoil est plus cher, nettement plus cher, que l'essence en ce moment à la pompe.
09:02Oui, alors effectivement, ça s'est inversé du fait de ces crises,
09:06essentiellement parce que les capacités de raffinage ont été impactées par les conflits,
09:11les deux, et que de ce fait, le gasoil qui a été le produit raffiné le plus impacté
09:18par ses réductions de capacité de raffinage.
09:21Maintenant, je ne suis évidemment pas spécialiste du marché américain,
09:24j'ai juste une observation à faire, car les marchés pétroliers,
09:29alors je ne regarde jamais le baril,
09:30mais toujours les cotations des produits finis, notamment du gasoil,
09:33dont nous parlons, et ça, ces marchés, il y a plusieurs places de cotation,
09:38et il y a bien sûr une place de cotation aux États-Unis.
09:41Donc garder son gasoil, parce qu'effectivement, les Américains ont baissé leurs stocks
09:44pour faire face à la crise, les stocks outils ont été diminués,
09:49il y a peut-être une volonté de les reconstituer.
09:50Toujours est-il que garder son gasoil aux États-Unis,
09:52je ne vois pas en quoi ça va faire baisser les cotations des marchés,
09:56donc satisfaire l'automobiliste américain.
09:58Ça aura un petit impact, certainement, sur le marché des New Yorkais,
10:01mais ce n'est pas de nature à revenir à avancer.
10:03– Ce n'est pas forcément la bonne stratégie.
10:05– Ce n'est pas de nature à...
10:06Bon, toujours est-il que s'il y avait des mesures totales ou partielles là-dessus,
10:10l'Europe serait dans un embarras.
10:11– Mais les gens qui nous regardent, hormis la menace américaine,
10:15Frédéric Plann, est-ce qu'il y a un moment ou un autre
10:17où on risque, avant la fin de l'année, de payer le gasoil 3 euros ?
10:22– Vous y croyez ?
10:22– Ou les carburants, est-ce que vous y croyez ?
10:25– Silence.
10:27– Non, non, je...
10:28– Non, c'est juste que vous en pensez,
10:31parce que vous regardez les cotations,
10:33vous connaissez le marché, vous voyez la situation.
10:34– À titre personnel, j'ai du mal à y croire,
10:36mais en même temps, on est dans une situation...
10:38C'est une crise très particulière, je veux dire,
10:40je n'en ai jamais connu comme ça et j'en ai suivi plusieurs.
10:42Elle dure depuis très longtemps,
10:43elle impacte plusieurs zones géographiques importantes
10:46en termes de production et de raffinage.
10:48Donc, voilà.
10:49Maintenant, ce qu'on observe sur le marché européen des cotations,
10:54sur le gasoil, qui est le produit le plus haut, etc.,
10:56c'est qu'en fait, il a augmenté de plus de 100%,
10:59là où le baril n'avait augmenté que de 50%,
11:01et franchement, il se tient depuis plusieurs semaines,
11:04malgré toutes les annonces, sur un plateau très haut.
11:06Il est à peu près à 1 500 dollars par mètre cube.
11:15Parfois, il descend à 1 400, enfin, vous voyez, c'est un yo-yo permanent.
11:20Et nous voyons... Enfin, je veux dire, les annonces n'ont jamais été aussi anxiogènes.
11:24Or, les marchés vivent de ça.
11:25Et donc, je me dis, si les marchés ont encaissé autant d'annonces anxiogènes
11:29et restent sur ce plafond-là, il faudrait vraiment qu'il y ait une restriction physique des produits
11:33pour, cette fois-ci, entrer dans un sort de...
11:36Que représente, Isfugé Bonsoir, la consommation de carburant sur le budget d'un ménage ?
11:42Alors, c'est là où je veux faire un petit peu le râleur de service, un petit peu exprès,
11:46un petit peu provoquant, on va dire.
11:48Ce n'est que 3,5% de la consommation des ménages.
11:51En moyenne ?
11:52Alors, c'est la moyenne, exactement, vous avez 100% raison.
11:55Et la moyenne est la forme la plus élaborée du mensonge, ce que je dis à chaque fois.
11:58Parce que 3,5%, il ne faut d'abord pas oublier que dans tous les ménages,
12:02il y a 20% des ménages qui n'ont pas de voiture.
12:05Donc, effectivement, dans ces cas-là, ça monte le ratio.
12:07Notamment dans les grandes villes.
12:08Notamment dans les grandes villes.
12:09Et effectivement, pas de voiture, vous avez effectivement la consommation
12:12de ceux qui sont en banlieue lointaine ou dans la ruralité,
12:15ce n'est pas la même consommation d'essence qu'un Parisien qui ne quitte jamais le périphérique.
12:20Mais ce n'est que 3,5%.
12:22Donc, vous prenez par exemple l'immobilier, votre logement, avec le gaz et l'électricité,
12:27c'est 30%.
12:29Vous prenez l'alimentation...
12:30L'électricité, le gaz, ça aussi, ça augmente.
12:31Ça aussi, ça augmente.
12:33Vous prenez l'alimentation, c'est 12,5%.
12:35Ça, c'est la première chose que j'avais envie de dire.
12:37Et une deuxième chose, j'ai regardé également les chiffres de l'INSEE.
12:39Ces dix dernières années, il y a eu six années d'augmentation du pouvoir d'achat des Français.
12:44La meilleure année, ça a été 2021 de 2,8%.
12:48Mais ça, quand vous le dites, personne ne vous croit.
12:49Mais les Français ne le croient pas.
12:51Donc, même quand il y avait une hausse, les Français ne le croyaient pas.
12:55Là, je pense qu'on aura la quatrième année de baisse du pouvoir d'achat.
12:59À peu près de 0,5 à 0,7.
13:01Donc, vous pensez bien que quand il y avait des hausses, les Français se plaignaient.
13:05Maintenant qu'il y a des baisses, ils vont vraiment resméter.
13:07Mais justement, vous dites, parce que c'est l'état de votre livre, Martial,
13:10comment on vole les classes moyennes.
13:11Pourquoi est-ce qu'elles...
13:12Où est-ce qu'elles sont volées, les classes moyennes, aujourd'hui ?
13:14Et par qui ? Et comment ?
13:15Parce qu'on le voit à chaque fois, et on le voit encore maintenant,
13:19lorsqu'il y a une crise, il y a en général des mesures qui sont prises par les différents gouvernements,
13:24qui, en général, aident plutôt les bas revenus.
13:27Donc, ce ne sont plus les classes moyennes, c'est vraiment les gens les plus démunis, les décrocheurs.
13:31Et les classes moyennes sont toujours celles qui sont juste au-dessus de la barre.
13:35Aujourd'hui, ça va être le retraité qui est à 2 000 euros, un peu plus.
13:39Ça va être celui qui gagne, là aussi, 1 800, 1 900, et qui est au-dessus des aides.
13:43Donc, ces gens-là échappent aux aides ?
13:45Ces gens-là échappent, mais ils paient leurs impôts,
13:47ils paient, évidemment, le gazole au prix,
13:49et donc, il y a ce sentiment, surtout, de décrochage.
13:52Je prends un exemple à chaque fois, parce que je trouve que c'est le plus parlant,
13:55c'est celui des enseignants.
13:56Les enseignants, ils gagnaient à peu près l'équivalent de 3 SMIC,
14:00lorsqu'on était en 1980.
14:01Aujourd'hui, ils sont à 1,3 SMIC.
14:04Donc, leur pouvoir d'achat, année après année, n'a fait que s'effriter.
14:07Donc, évidemment, il y a ce sentiment d'injustice,
14:10et dès qu'il y a une crise, c'est eux qui sont obligés
14:12de piocher dans leur épargne,
14:13et souvent, ils sont précisément,
14:16elles sont les classes moyennes,
14:17ils sont les dindons, dans ces zones périphériques.
14:20Mais c'est cette classe moyenne qui est le cœur
14:21de la consommation française, en plus.
14:24Mais c'est celle qui s'appauvrit, et c'est pour ça aussi
14:25que, du coup, notre croissance global...
14:27Oui, parce qu'elle est essentiellement basée sur la consommation.
14:29Absolument, c'est un des deux moteurs,
14:30et si la croissance portée par les classes moyennes a lenti...
14:32Oui, mais du coup, alors ça, ça plaît pour une baisse des taxes.
14:35Pardon, mais...
14:36Alors, c'est vrai que le gouvernement n'a pas les moyens,
14:38mais en Allemagne, Merz, il a tout de suite rectifié,
14:41et il baisse les taxes.
14:42Si on veut maintenir un peu de pouvoir d'achat
14:45et un peu de carburant économique, quoi.
14:47Tout d'abord, en dix années,
14:49enfin, les produits pétroliers, les carburants,
14:51ça a toujours été une sorte de vache à lait
14:52pour les finances publiques.
14:53C'est vrai.
14:54Et quand les prix sont admissibles, assez bas,
14:57la fiscalité progresse.
14:58Si vous prenez la fiscalité et la parafiscalité,
15:01on va y venir, c'est-à-dire qu'il n'y a pas que l'Axis et la TVA,
15:03il y a bien d'autres choses qui se rajoutent.
15:04En dix ans, ça a progressé de plus de 30%.
15:07Or, ça ne touche pas, effectivement,
15:09comme vous l'avez dit,
15:10le Parisien et son transport en commun.
15:12Ça touche une catégorie de population
15:14qui est une catégorie de population
15:15qui est dans les zones plutôt excentrées,
15:17on va le dire comme ça, rurales, etc.
15:19Et donc, cet accroissement fiscal de facilité
15:22qui se fait sur un produit de grande consommation
15:24touche d'abord les populations
15:26qui en ont le plus besoin, par évidence.
15:28C'est peut-être un peu ça, l'inéquité des choses.
15:30Alors maintenant...
15:31Alors aussi, on a fait ça pour changer le comportement
15:34des automobiles, puisqu'on veut électrifier
15:36le parc automobile.
15:37C'est toujours l'argument qu'on nous sort.
15:39C'est aussi, à un moment donné...
15:40D'ailleurs, on voit que les ventes
15:42de voitures électriques progressent
15:45dans cette crise.
15:46Certains disent qu'il faut aller vers l'électrique
15:47quand on a les moyens.
15:48Si je peux me permettre,
15:50ça n'a rien à voir avec le débat fiscal.
15:52Le jour où tout le monde sera en voiture électrique,
15:53la fiscalité portera sur l'électricité.
15:55Certains pays ont commencé de le faire.
15:56Ce sont des taxes au kilomètre
15:58et non plus au kilowattheure,
15:59mais peu importe.
16:00Ce qui est aujourd'hui prélevé
16:02sur les hydrocarbures
16:03sera prélevé sur l'électricité.
16:05Et il y aura le même sujet.
16:07Des gens excentrés qui ont besoin
16:08de mobilité plus importante
16:10et qui paieront plus de taxes.
16:12Maintenant, vous posez une question,
16:13je vais y répondre, j'ai été long.
16:15L'État n'a plus les moyens,
16:16il le dit, il le redit.
16:17Il y a pourtant quelque chose,
16:19et les professionnels l'ont fait valoir,
16:21que l'État ne perçoit pas.
16:23C'est ce qu'on appelle
16:24les certificats d'économie d'énergie.
16:25Alors, on dirait,
16:26ce n'est pas la panacée.
16:27C'est 17 centimes.
16:27Ce n'est pas la panacée,
16:30mais en fait, c'est une réalité.
16:32Les suspendre,
16:33ça n'est pas renoncer,
16:34ce n'est pas les arrêter.
16:35Ce n'est pas de l'argent en moins pour l'État.
16:36Ce n'est pas de l'argent en moins pour l'État.
16:37Ça diffère un peu certains dossiers.
16:40Et encore, les dossiers se montrent.
16:41Ce qui diffère, c'est le financement.
16:44C'est la seule voie
16:45qui pourrait ne pas affecter l'État.
16:46Ça ferait 17 centimes de mois ?
16:48C'est ce que les professionnels calculent.
16:50Alors, c'est variable.
16:51Là-dessus, il y a deux choses.
16:52C'est-à-dire que 17 centimes,
16:53si vous regardez ce que le prix de l'essence
16:56ou du gazole
16:56ont pris depuis le 1er septembre,
16:58depuis le début de ce mois,
16:59c'est à peu près ça.
17:00C'est-à-dire qu'en gros,
17:01vous êtes à peu près à 15 centimes de plus
17:03par rapport à il y a un mois.
17:04Donc, on ne va pas le voir.
17:05On n'aura plus cette taxe-là,
17:08mais on n'aura pas vu
17:08une grosse différence au niveau du plein.
17:10Et puis surtout,
17:12ces certificats, cette taxe-là,
17:14elle est censée financer notamment
17:15le bonus social
17:17pour ceux qui vont pouvoir s'offrir
17:20une location de véhicules électriques.
17:22Donc, on marche un peu...
17:23On voit qu'il y a plein de contradictions.
17:26Il n'y a plein de contradictions.
17:27Je vais quand même remettre les choses
17:29un peu au milieu.
17:30Ce que les C2E financent,
17:32ça ne va pas sur la mobilité.
17:34L'automobiliste paye,
17:35notamment par ArcelorMittal, par exemple,
17:37à être financé par les C2E
17:38pris sur l'automobiliste.
17:39Oui, là, ce n'est pas du tout la mobilité.
17:41C'est le même paradoxe.
17:42Mais le chemin de financement,
17:43logiquement, du leasing social
17:44présenté par le gouvernement,
17:45c'est les C2E.
17:47Les C2E, c'est 9 milliards d'euros par an.
17:509 milliards d'euros par an.
17:52Le leasing social,
17:53dites-moi combien c'est.
17:54Beaucoup moins.
17:56Non, juste une petite anecdote
17:58sur l'impact sur la consommation
18:00dans la grande distribution.
18:01Les hypermarchés, historiquement,
18:03on fait de l'essence, du carburant,
18:05c'est un appel pour faire venir.
18:18C'est un produit d'appel.
18:20Et donc, ça peut être inquiétant à terme
18:21parce que c'est tout type de trafic.
18:23S'il y a un pétrolier,
18:24et c'est une bonne nouvelle pour les Français,
18:26je ne m'en plains pas du tout,
18:28et moins cher que les autres,
18:29ces enseignes-là, ça devient...
18:31D'ailleurs, les distributeurs râlent.
18:33Ben oui.
18:34Régulièrement sur le frontière.
18:35Serge Papin est le ministre du commerce,
18:37de l'artisanat et du pouvoir d'achat.
18:39C'est son intitulé exact.
18:40C'est le dernier mot, oui.
18:41Il était l'invité d'Apolline de Malherbe
18:44hier sur BFM TV et RMC.
18:46Et la question lui était posée,
18:47M. le ministre,
18:48l'essence à 3 euros.
18:49Qu'est-ce que vous en pensez ?
18:51Rien n'indique,
18:52contrairement à ce qui se dit ici ou là,
18:54que le gasoil, un jour,
18:55va coûter 3 euros.
18:56Parce que ça, je l'entends ici ou là,
18:59rien n'indique ça.
19:00Pour l'instant, il est à 2,25
19:02chez le distributeur le moins cher.
19:04Voilà.
19:04Et je pense que ça va rester comme ça.
19:06Ça va rester comme ça.
19:08Il prend un risque ?
19:09Oui.
19:10Oui.
19:11On ne connaît pas la fin de l'histoire.
19:13En même temps,
19:13est-ce que c'est pas le rôle du ministre
19:14de Pacheco à l'artiste ?
19:16Lui, il parle de Total.
19:17Ça l'arrange quelque part
19:19parce qu'effectivement,
19:19c'est plafonné.
19:20Mais c'est aussi ce qui,
19:21lorsqu'on donne les chiffres en moyenne,
19:23aujourd'hui, on dit,
19:24voilà, le gazole est à 2,41.
19:26Ça intègre aussi les prix chez Total
19:28qui font baisser cette moyenne.
19:30Donc, lorsque vous n'allez pas chez Total,
19:31c'est plus cher.
19:32Donc, moi, le ministre me paraît
19:34un peu audacieux.
19:35La situation, du point de vue du consommateur,
19:38semble se tendre très sévèrement.
19:40Je vais vous dire pourquoi.
19:41Oui, parce que ça dure.
19:42On a beaucoup de témoignages
19:43de gérants de station-service
19:44qui sont indépendants,
19:46mais qui ont des panneaux de son Total,
19:48bénéficient du plafonnement de prix
19:50et ont de plus en plus de clients.
19:52Et à tel point que la voirie,
19:54dans certains endroits,
19:55est toujours encombrée
19:56avec des problèmes de sécurité.
19:58D'ailleurs, nous avons des files d'attente.
19:59À l'intérieur, des files d'attente.
20:00Et ça, on ne le voyait pas...
20:01Il n'y a pas de l'approvisionnement le week-end.
20:03On ne le voyait pas il y a encore 2-3 semaines.
20:05Ça augmente considérablement
20:07avec des ruptures d'approvisionnement
20:08de ces stations-là
20:09qui sont de plus en plus fréquentes.
20:11Donc, la tension monte.
20:14Merci, messieurs.