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Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Priorité au direct, on va écouter madame la ministre de la Mer qui est au Groix du Roi où elle
00:04a rencontré les salariés d'une coopérative agricole, madame Catherine Chabot.
00:07Elle va répondre bien sûr à la colère des pêcheurs.
00:09Vous êtes en direct madame la ministre ?
00:14Oui, ce n'est donc Bernard.
00:17Qu'est-ce que vous donnez cette rencontre avec les pêcheurs aujourd'hui ?
00:20Il était pour moi essentiel de venir ici pour toucher du doigt, c'est ce que je leur ai dit
00:25jeudi soir,
00:26pour bien comprendre en fait toute l'accumulation des difficultés qu'ils avaient.
00:32Qu'est-ce que ça a donné ? C'était encore une fois une discussion qui a balayé beaucoup de
00:37sujets
00:37parce que je vous l'ai dit, la problématique des aides carburants ou du prix du carburant,
00:45ce n'est bien évidemment pas le seul sujet qui les inquiète, c'est vraiment la goutte qui a fait
00:49déborder le vase.
00:50Je pense que c'était essentiel d'échanger.
00:53J'ai d'abord été à Sète, puis maintenant ici au Gros-du-Roi.
00:58J'ai pu aller voir la problématique des mailles des chaluts rencontrées par les chalutiers
01:05puisque pour préserver la ressource, on a demandé aux pêcheurs d'augmenter la maille des filets.
01:11Ça a de l'impact direct sur le chiffre d'affaires des pêcheurs.
01:18J'ai pu échanger aussi avec les marins.
01:21Je pense que l'une des grandes préoccupations à la fois des patrons et de toute la communauté des pêcheurs
01:28et de tous les représentants locaux, c'est de pouvoir continuer à avoir des marins qui partent en mer.
01:34Ils ont du mal à recruter et leurs marins aujourd'hui s'inquiètent pour leur avenir.
01:37Et moi, je le comprends, mais éminemment, c'est bien évidemment.
01:42Il a fallu, et je pense qu'on est dans une phase où on est en train ensemble de construire
01:47une espèce de plan de sauvegarde de la pêche en Méditerranée.
01:51Et il était nécessaire qu'on reballait, d'une part, la contribution importante que l'État apporte
01:59pour aider les marins pêcheurs à traverser cette crise qu'on n'a pas décidée.
02:06Je veux dire, ce n'est pas nous qui avons bloqué le détroit d'Hormuz.
02:08Donc l'État a mis en place depuis le début, et continuera de le faire, une aide carburant
02:15qui est là aussi pour soutenir les entreprises de pêche et les aider à reprendre la mer.
02:19On a mis du temps à mettre en route la versement de cette aide, et elle se poursuit.
02:26avril-mer a été versé, juin-juillet-août, l'ouverture du guichet, c'est cette semaine.
02:33Les règlements, ça va être dans les 15 jours.
02:35On va avoir aussi, et pour la suite, et on a une garantie de suivre les coûts du carburant
02:41d'ici la fin de l'année.
02:43Tout ça, plus, alors, dans cette période compliquée, c'est que les caisses et les trésoreries
02:50des professionnels se sont vidées.
02:54Dans le même temps, les mesures de gestion de ce plan Westmed ont fait qu'ils ont constaté,
03:01je vous l'ai dit, jusqu'à 30% de réduction de leur chiffre d'affaires.
03:06Donc on est en fait à marée basse aujourd'hui, et le gouvernement a pris, c'est pour ça qu
03:10'on a
03:11pris la mesure d'un prêt à taux zéro, qui leur permet, parce que d'ici la fin de l
03:17'année,
03:17bien évidemment, ils ont touché toutes ces aides et ces soutiens.
03:20On leur a mis ce prêt à taux zéro, il faut qu'ils s'en emparent absolument pour traverser
03:25cette période.
03:26Et puis, on a regardé l'avenir, parce que ce plan Westmed, il n'est pas adapté.
03:30Donc on a des rendez-vous avec eux, on a des rendez-vous aussi avec la région, etc.,
03:37et avec la Commission européenne.
03:39Ce mercredi, j'ai un comité, ta région, et on va mettre le sujet...
03:42Voilà, on vient d'écouter Mme la ministre Catherine Chavot, qui est la ministre en charge
03:46de la mer, qui continue d'expliquer le dispositif qu'elle veut mettre en place pour soutenir
03:49les marins-pêcheurs.
03:51Déjà, il y a une chose, elle assure aux marins-pêcheurs qu'ils toucheront les aides
03:54sous 15 jours.
03:55Il y a une accélération, le versement des aides se poursuit, c'est ce qu'elle leur assure.
03:59On est en pleine crise des carburants.
04:01Bonsoir Olivier Truchot.
04:02Bonsoir Alain Marchand.
04:02Il y a certes la colère des marins-pêcheurs, mais plus globalement, aujourd'hui, ce sont
04:06les Français qui souffrent, parce que les prix sont toujours aussi hauts, ils s'adaptent.
04:11Pour certains Français, même, ils renoncent à une partie de leur travail.
04:14On aura tout à l'heure le témoignage d'une infirmière qui fait le tri dans ses patients.
04:18C'est-à-dire qu'elle ne va pas voir ceux qui sont le plus éloignés, parce que sinon,
04:21elle travaille à perte.
04:22Elle se concentre sur ceux qui sont au plus près.
04:25Alors, pour voir justement où on en est en ce qui concerne les prix des carburants,
04:30c'est Kevin Drouan qui est avec nous.
04:31Il est à Schiltigam, dans le Haut-Rhin, dans l'est de la France, parce que c'est
04:35l'est qui est le plus impacté aujourd'hui par les pénuries.
04:41Kevin.
04:43Effectivement, et c'est ce qu'on voit juste ici derrière moi.
04:45Regardez cette station, elle est fermée depuis ce matin.
04:48Il n'y a plus de 100 plombs 98, plus de 100 plombs 95, plus de diesel.
04:52Il ne reste plus que du GPL, juste ici.
04:54Et ça ne se bouscule pas forcément en portion pour venir faire le plein de ce carburant
04:57qui est assez peu utilisé en France.
04:59Et l'Alsa, c'est effectivement la région la plus touchée, avec une pompe sur quatre
05:03ici en difficulté dans la région.
05:05Alors, il y a malgré tout quelques conducteurs qui viennent ici sans prêter attention
05:09au panneau qui indique l'absence de carburant.
05:11Ils ont parfois fait plusieurs stations qui étaient elles-mêmes vides.
05:15Ils sont parfois dans la réserve.
05:16Et faire le plein, pas cher en tout cas, puisqu'évidemment, ce sont davantage les stations
05:20totales qui sont concernées par ces ruptures.
05:22Faire le plein, pas cher, est devenu très compliqué.
05:24Écoutez-les.
05:27Faire comme tout le monde, chercher de l'essence, on va faire le tour.
05:30Gaspiller encore plus d'essence pour en trouver.
05:32Sans panne de tout, que ce soit l'essence, diesel, il n'y a plus rien pour eux.
05:35C'est compliqué.
05:36On n'attend plus que le voyant s'allume.
05:39Là, je vais chercher la plus proche et puis on verra ce qu'il y a.
05:43Là, on fait un peu.
05:44Par contre, j'en mettrais peut-être un peu moins.
05:47Alors, dans cette station, aucune idée de la part de la gestion de la prochaine livraison.
05:53Elle n'aura pas lieu aujourd'hui, peut-être demain ou dans la semaine.
05:55La situation est particulièrement compliquée ici dans la région alysacienne,
05:59puisque, en temps normal, le carburant est approvisionné ici par le Rhin sur de grandes barges
06:04qui sont aujourd'hui trop lourdes pour naviguer sur ce fleuve dont le niveau est désormais trop bas à cause
06:10de la sécheresse.
06:10Ce sont donc toute une batterie de camions-citernes qui descendent du nord de l'Allemagne,
06:16dans la région de Cologne jusqu'ici, pour venir approvisionner les stations.
06:19Ça prend évidemment beaucoup plus de temps, ce système de rotation,
06:23puisque les camions sont évidemment beaucoup moins capacitaires que les barges.
06:27Donc, une station sur quatre ici, en difficulté en Alsace,
06:30c'est-à-dire des stations dans lesquelles il manque au moins un carburant.
06:33Kévin Drouin avec Inès Bachmeyer à Schiltigheim dans le Rhin pour BFM TV.
06:38Alain Duhamel, bonsoir.
06:39Le gouvernement, qui organise plusieurs réunions aujourd'hui,
06:43évoque de nouvelles aides pour les Français qui travaillent,
06:46donc des aides toujours ciblées, un paquet d'aides qui devrait être annoncée
06:50dans les prochaines heures, dans les prochains jours.
06:53Il y a urgence ?
06:54Oui, il y a urgence.
06:56On voit bien qu'il y a urgence à la fois pour approvisionner,
07:01puisqu'il y a des endroits qui ne le seront pas,
07:03et le risque est que ça augmente,
07:05et puis pour aider ceux qui sont prioritaires,
07:07ceux qui sont, comme on dit, les gros rouleurs.
07:10Évidemment, ceux-là, ils ont besoin qu'on les aide dans des cas comme ça.
07:14C'est un mauvais système d'être obligé d'en arriver là.
07:18Le problème, c'est qu'on oublie toujours des gens quand on veut faire des aides ciblées.
07:22Alors, on aide les agriculteurs, le BTP, les pêcheurs.
07:25Les infirmières.
07:27Le problème, c'est que les taxis n'ont pas vraiment d'aide.
07:30Oui, oui.
07:30Et puis il y a des Français qui, tous les jours, prennent leur voiture.
07:33Alors, ils ne sont pas forcément arrangés dans une catégorie.
07:35Non, mais on sait très bien que c'est d'ailleurs pour ça que c'est difficile à gérer.
07:38C'est difficile à gérer matériellement,
07:40mais c'est difficile à gérer aussi psychologiquement, donc politiquement.
07:44C'est vrai que ceux qui ressentent le besoin d'être aidés
07:48sont infiniment plus nombreux que ceux qui sont réellement aidés.
07:52Alors, il y a des professions qui sont considérées légitimement comme prioritaires,
07:57mais il y a beaucoup de gens qui sont simplement impactés
07:59et qui, eux, aimeraient qu'il y ait une forme d'aide.
08:03Bon, alors il faut dire qu'à la fois, ça se comprend très bien et ça tombe très mal.
08:08Ça se comprend très bien parce que quand on a des difficultés à payer l'essence plus chère,
08:12évidemment, c'est un problème.
08:14Et ça tombe très mal parce que l'État n'a pas d'argent.
08:17C'est-à-dire qu'on va les aider,
08:20mais on va les aider en creusant les déficits un peu plus.
08:22On ne peut pas faire autrement.
08:23Alors, c'est ce qu'on ne comprend pas, notamment certains comme au Parti communiste,
08:27à Lyon-des-Fontaines, parce que vous continuez à dire qu'il faut aider, aider, aider.
08:30Mais vous avez vu l'État de nos finances publiques, on ne peut pas baisser les taxes,
08:32on ne peut pas bloquer parce que ça veut dire qu'il faudrait que l'État compense le blocage des
08:36prix.
08:37Il faut être réaliste, pragmatique.
08:39Parce que dans l'opposition, on fait beaucoup de propositions, mais c'est bon, c'est facile.
08:43Bonsoir à tous et toutes.
08:44D'abord, il faut être très pragmatique.
08:46Et de manière très pragmatique, en fait, en réalité,
08:48c'est que si on ne vient pas en aide aux Français très rapidement,
08:51on va être au bord d'une récession économique.
08:53Et la récession économique coûtera infiniment plus cher
08:56que les ailes que nous pouvons mettre en place.
08:58Il y a des mesures d'urgence à mettre en place, notamment la baisse de la TVA.
09:01Les pays voisins de la France l'ont fait.
09:03Je pense à l'Espagne, par exemple, où le prix du litre d'essence est au plus bas,
09:07je crois, à l'échelle européenne, quasiment en dessous de 2 euros le litre de gazole.
09:12Donc, on peut baisser la TVA, notamment passer à 5 sacs.
09:15Moi, je pense qu'aujourd'hui, l'essence est un produit de première nécessité.
09:18Donc, il faut pouvoir baisser la TVA qui est aujourd'hui profondément injuste.
09:22Et encore une fois, les aides ciblées...
09:24– Vous avez calculé combien ça coûterait aux finances publiques de la TVA ?
09:28– Oui, entre 10 et 15 milliards de manque à gagner pour l'État.
09:30C'est ce qui est aujourd'hui estimé.
09:32Et en même temps, c'est une mesure nécessaire.
09:34– Ce qui ne pose pas de problème en Espagne, mais qui en pose plus en France.
09:38– Comment ?
09:38– Ce qui ne pose pas de problème en Espagne, qui a des finances en assez bon état.
09:42– Et qui a une croissance de la 2,5.
09:43– Mais nous, ce n'est pas le cas.
09:45– Oui, mais quand on aura justement une croissance peut-être négative,
09:50et donc une récession, la question des finances se posera encore plus fortement.
09:54Encore une fois, c'est une mesure aujourd'hui de bon sens.
09:55On a des Français qui ne pourront pas aller travailler
09:57s'ils ne sont pas en capacité de remplir leur plan de laissance.
10:00– Vous baissez les taxes, vous aidez aussi les plus aisés comme les plus précaires.
10:02– Oui, mais aujourd'hui, ce que je vois, c'est qu'il y a surtout énormément de trous dans
10:04la raquette
10:05et qu'on a beaucoup de gens qui vont travailler, qui ne peuvent plus à travailler,
10:07qui se posent la question même d'aller travailler.
10:08Moi, je pense aussi au personnel hospitalier, je pense aux enseignants
10:11qui font 15, 20 kilomètres par jour.
10:13Eh bien, aller-retour, en fait, ça fait un plein par semaine.
10:15Et s'ils ne sont pas en capacité de remplir leur voiture,
10:17ça va poser de grandes difficultés à l'État.
10:19– Du côté du candidat Gabriel Attal, on est pour les aides ciblées,
10:23donc un peu ce que décide de faire le gouvernement, Adoulaye Kanté, bonsoir.
10:27– Bonsoir.
10:27– Mais des aides ciblées plus fortes, plus massives ?
10:29– Effectivement, comme disait mon contradicteur,
10:32il explique qu'il faut évidemment aider les gens qui utilisent leur voiture,
10:36donc le principe des grands rouleurs.
10:37Donc le gouvernement a mis en place un système pour permettre à des gens
10:40qui roulent beaucoup comme les infirmiers ou comme des médecins, etc.
10:43Et ça, je pense que c'est une mesure de bon sens.
10:45Mais on dit qu'il faut baisser les taxes.
10:48Et j'ai envie de dire, mais qui paye aussi de l'autre côté ?
10:50Parce que plus vous baissez les taxes, de l'autre côté,
10:52il y a des gens qui vont payer.
10:53Quand on prend l'exemple, vous parlez de l'Espagne ou en Italie
10:55ou d'autres pays européens.
10:57Eux, ils ont la capacité de le faire parce qu'ils ont assaini leur économie.
11:00Nous, on n'est pas en capacité de le faire.
11:02– C'est dommage parce que c'est vous qui étiez au pouvoir pendant 10 ans.
11:04– Mais aujourd'hui, en fait, si vous voulez,
11:06quand on était au pouvoir, je veux bien, en 2017, je n'étais pas là.
11:08Mais par contre, quand aujourd'hui, on voit le creux de la dette actuellement,
11:12excusez-moi, il y a des conflits qui sont arrivés,
11:14comme la guerre en Ukraine.
11:15Là, ce qui se passe au Détro-Normus…
11:16– Ça vaut aussi pour l'Espagne et l'Italie.
11:18– Mais les conséquences en Iran valent aussi pour tous nos voisins en guerre.
11:21– Il y a eu le Covid aussi, derrière de quoi qu'il en coûte,
11:22n'a pas été fait en Espagne.
11:23Pour autant, ils ont fait en sorte d'assainir leur économie.
11:25Et aujourd'hui, maintenant, quand on voit les aides qui ont été mises en place,
11:28moi, je trouve que ça va dans le bon sens.
11:29Il faut aller encore plus loin parce que, notamment les aides ciblées,
11:32comme, vous l'avez dit, des médecins ou des infirmiers
11:35qui doivent prendre leur voiture pour aller voir des patients,
11:36c'est sûr là-dessus qu'il faut aller.
11:38– On va justement continuer de regarder ce qui se passe
11:40dans les stations essence.
11:41Aux stations essence, on va retrouver Jérémy Normand.
11:44Il est dans les Hauts-de-Seine.
11:45Et quand on regarde le panorama des enseignes qui sont le plus impactées,
11:49ce sont les stations totales qui sont le plus à sec.
11:53Jérémy.
11:55– Oui, et les automobilistes qui, à l'instant, vous le voyez,
11:58s'engagent ici pensant pouvoir faire le plein
12:01pour un peu moins cher et qui, en fait, ne s'arrêtent pas
12:04comme moi m'a dit et qui on discutait à l'instant
12:06parce que cette station, elle ne propose plus aujourd'hui
12:08de sans-plans 95 ni de sans-plans 98.
12:11Prise d'assaut du fait du plafonnement des prix.
12:13On est ici à 1,99€ pour le sans-plans 95.
12:17Et évidemment, ça attire de nombreux automobilistes
12:20et ça engendre des ruptures de stock.
12:22Encore une voiture en direct qui, pareil, poursuit son chemin
12:25voyant sur le panneau qu'il n'y a plus de sans-plans 95
12:28ni de sans-plans 98.
12:30Effectivement, il y a aujourd'hui environ 17% des stations-services de France
12:33qui connaissent des ruptures d'approvisionnement
12:35et 9 sur 10 sont des stations Total Énergie.
12:38On est avec un autre automobiliste pris au piège, j'allais dire,
12:41Hichem, qui a bien voulu nous attendre un petit peu.
12:42Effectivement, vous êtes venu ici pensant faire votre plein
12:45pour moins cher.
12:46Et puis, pas de bol, vous n'êtes pas le seul à avoir eu cette idée-là.
12:49– Franchement, c'est incroyable.
12:52On essaie de faire un peu le tour dans toutes les stations-services.
12:56Bon, heureusement, voilà, on a Total Access, qui est le moins cher.
13:00Donc forcément, tout le monde se...
13:02– Ce n'est plus une option aujourd'hui de chercher la moins chère.
13:04Ça devient indispensable.
13:06On ne peut plus faire le plein à 2,41, le litre de gasoil, pardon ?
13:11– Je suis à deux doigts de fermer ma boîte à cause de ça.
13:13– Une boîte de transport, vous me disiez.
13:15Une entreprise de transport et ça se ressent vraiment à la fin du mois ?
13:18– Franchement, c'est incroyable.
13:19À la limite, on ne voit plus.
13:21Je ne vois plus mon salaire comme avant, déjà.
13:24– Ça représente combien qu'on comprenne un peu concrètement ?
13:26En plus que ce que vous devez dépenser chaque mois ?
13:29– Déjà, à la base, en carburant par mois, j'en ai pour...
13:34Dans ma boîte de transport, j'en ai pour 3,500, 4,000 euros de gasoil.
13:38Mais là, on peut rajouter 1,000 euros de plus pour le mois.
13:43– Merci beaucoup, Hichem, pour votre témoignage.
13:45Je regardais en même temps que vous me répondiez votre niveau d'essence,
13:48voir si ça va être compliqué pour vous.
13:49Vous avez juste ce qu'il faut pour reprendre la route et chercher une prochaine station ?
13:53– Non, il en reste un petit peu, toujours, mais j'anticipe.
13:56– Dès que vous voyez une totale, vous vous arrêtez.
13:59C'est ce que font beaucoup d'automobilistes.
14:01Merci, Hichem.
14:01Et c'est ce qui aussi participe à ces ruptures de stock sur les stations totales.
14:05Effectivement, le réflexe qui est en train de devenir la norme pour les automobilistes
14:09à chaque fois qu'il y a une station totale où les prix sont plafonnés,
14:11s'arrêter pour faire le plein et ne pas risquer de devoir s'arrêter dans des stations
14:14où les prix peuvent parfois atteindre des records et frôler les 3,0 litres.
14:18– Merci, Jérémy Normand.
14:19Donc, on dirait de cette station totale qui est à sec.
14:21– Ryan Nezard, bonsoir, vous êtes professeur des universités en finances publiques,
14:25vous avez été conseiller ministériel, vous avez travaillé à Bercy.
14:29On voit bien que ces dispositifs qui vont être élargis, abondés,
14:34c'est ce que va annoncer le gouvernement dans quelques heures,
14:38ça a déjà été le cas pour les marins pêchers,
14:39mais on voit bien que tout ça est contraint par l'état des finances publiques.
14:41En fait, le gouvernement est un peu coincé.
14:43– Bonsoir, vos invités ont raison sur un point,
14:47c'est que les pays qui autour de nous aujourd'hui sont en train d'adopter des baisses de taxes,
14:51l'Allemagne avec un chancelier qui a annoncé à partir du mois d'octobre
14:54une baisse de 17 centimes le litre des taxes à la fois la taxe carbone et la TVA,
14:59l'Espagne, ça a été rappelé, dans lesquels le prix aujourd'hui est un peu en dessous de 2 euros
15:04le litre,
15:05ce sont des pays qui ont fait des mesures d'économie durant la décennie 2010 essentiellement
15:09et qui donc sont beaucoup moins endettés que la France et ont des marges d'économie.
15:12Donc, ce qu'essaye de faire le gouvernement, de ce que j'en comprends,
15:15c'est de jouer avec ces marges de manœuvre en essayant de cibler le plus possible
15:18sur les publics qui en ont vraiment besoin.
15:20Là où je nuancerai quand même ce qui a été dit, c'est que l'aide, par exemple,
15:24le chèque de 100 euros pour les gros rouleurs qui a été annoncé au mois de mai.
15:27Qui n'est pas demandé par tout le monde, d'ailleurs.
15:28Non seulement il n'est pas demandé par tout le monde,
15:30vous avez à peu près 3 millions de personnes éligibles, seulement la moitié qui l'ont demandé.
15:33Donc, je pense que déjà, le premier effort qu'on devrait conduire,
15:36c'est d'aller en automatisant, en envoyant des courriers,
15:39mais aller vers les personnes qui ne l'ont pas demandé.
15:40Et puis la deuxième chose, je comprends que ça a été esquissé par Roland Lescure,
15:43le ministre de l'économie ce matin, c'est peut-être d'augmenter,
15:46de reconduire cette aide, parce que les 100 euros ont été calibrés
15:50pour les premiers mois de l'année.
15:51C'est-à-dire que là, on est dans cette crise depuis le mois de mars.
15:54On ne le touche qu'une fois, c'est un chèque de 100 euros.
15:56Exactement, c'est unique.
15:58Et donc, c'est vrai que ça ne couvre pas le surcoût sur l'ensemble de l'année.
16:01J'entends aussi l'argument de M. Desfontaines,
16:03c'est-à-dire que là, on risque de rentrer en récession.
16:05C'est-à-dire qu'on voit bien qu'Amel, il gère une entreprise de transport,
16:10il ne travaille plus vraiment.
16:11Donc, ça veut dire que c'est de l'activité économique en moins.
16:15Est-ce qu'il ne serait pas plus judicieux, justement,
16:18d'aider cette activité économique,
16:19quitte à, effectivement, peut-être dépenser quelques milliards,
16:23mais maintenir un niveau de croissance suffisant ?
16:25Est-ce qu'on ne va pas être perdant sur les deux tableaux, en fait ?
16:27Vous avez complètement raison.
16:29La récession, aujourd'hui, c'est un risque pour la France.
16:30La France, d'ailleurs, était en croissance négative au premier trimestre.
16:33Donc, c'est aujourd'hui une situation économique qui est difficile pour tout le monde.
16:37Il faut aider les professionnels.
16:39Mais, je pense, moi, j'ai juste une nuance sur la baisse des taxes généralisées.
16:42On l'a fait en 2022, souvenez-vous.
16:44C'était, alors, ce n'est pas une baisse de taxes.
16:46C'était la ristourne carburant.
16:47Ça avait coûté 8 milliards d'euros.
16:49Et à l'époque, c'était 15 à 30 centimes de baisse le litre.
16:52Et, en fait, l'INSEE avait fait une étude
16:54et ça avait profité trois fois plus aux ménages les plus aisés.
16:57Donc, on voit bien que les aides généralisées,
17:00objectivement, budgétairement, ne peuvent pas vraiment se les permettre.
17:02Et, par ailleurs, ce n'est pas forcément les plus justes socialement.
17:05Donc, rester dans la logique d'accompagnement, d'être ciblé,
17:08à mon avis, d'un point de vue économique, ce n'est pas une mauvaise logique.
17:10À condition que ce soit plus pratique de les coucher aussi.
17:12Mais il faut élargir.
17:12Parce que c'est souvent des usines à gaz administratives.
17:15Mais c'est pour ça que je pense qu'il faut automatiser les choses.
17:17Je vous donne juste deux, trois autres exemples de choses qui sont possibles,
17:20qu'on peut mettre aujourd'hui sur la table dans le débat public.
17:22Il y a la question des marges.
17:24Non pas des marges des distributeurs, parce qu'elles sont très faibles.
17:26Des raffineurs.
17:26Des marges des raffineurs, qui ont été multipliées par sept,
17:29entre le mois de janvier et le mois de septembre.
17:31La plupart.
17:32Mais vous en avez en France.
17:33Vous avez des raffineries quand même en France.
17:34Et par ailleurs, vous en avez en Europe.
17:36Bercy a demandé à la Commission européenne une enquête sur les marges,
17:38au mois d'avril dernier, pour regarder si ce ne sont pas des marges.
17:42Certains parlent de super profit, ça c'est une expression politique.
17:44Mais en tout cas, si ce ne sont pas des marges qui sont aujourd'hui trop élevées.
17:47La Commission européenne a refusé d'ouvrir cette enquête.
17:50Ça ne veut pas dire que la France ne peut pas agir seule.
17:52Donc peut-être que sur ce plan, on peut regarder s'il ne faut pas encadrer
17:55les marges des raffineurs, ça peut être peut-être une dizaine de centimes
17:58le litre de baisse pour les Français à la pompe.
18:01Et de la même manière, vous avez d'autres aides au-delà du chèque Gros Rouleurs.
18:05Par exemple, je citerai juste cet exemple, sur l'impôt sur le revenu,
18:08vous avez ce qu'on appelle l'indemnité kilométrique,
18:10qui permet aux gens qui déclarent au réel leurs frais de carburant,
18:13c'est le cas j'imagine pour Monsieur qui a une activité libérale,
18:16qui permet à ses foyers d'avoir une baisse d'impôt sur le revenu
18:20pour compenser leurs charges liées aux carburants.
18:22L'indemnité kilométrique n'a pas été revalorisée depuis 2023.
18:25Et donc, pourrait tout à fait être imaginé dans le prochain budget,
18:28je comprends que ce n'est pas dans le texte du gouvernement,
18:30mais j'imagine qu'il y aura des amendements pour modifier le texte en ce sens.
18:34Donc en tout cas, il y a des aides, sans rentrer dans une logique généralisée,
18:37qu'on peut certainement amplifier.
18:39Pendant que nous discutons, vous voyez le prix du baril faire le yo-yo,
18:42un petit peu au-dessus des 100 dollars, un petit peu en dessous,
18:46dans tous les cas, il reste assez haut.
18:48La crise, cette crise du baril de pétrole, elle est mondiale.
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