00:00C'est Georges Fornet qui est avec moi ce matin, bonjour.
00:02Bonjour.
00:02PDG de Cobuzz, plateforme de streaming musicale française.
00:06J'aimerais bien que vous nous rappeliez rapidement ce que c'est que l'histoire de Cobuzz.
00:10Cobuzz a été fondée il y a une vingtaine d'années déjà.
00:13Elle a eu des difficultés, elle a été reprise à la barre du tribunal en 2015 par l'actionnaire actuel.
00:18Et on l'a relancée, moi je suis arrivé en 2019 pour la relancer.
00:23Alors en face de vous, il y a Spotify, il y a Deezer.
00:27Alors évidemment, ça peut paraître fou de lancer une plateforme française.
00:32Comment vous vous différenciez justement ?
00:34C'est tout l'enjeu, c'est que justement pour survivre, il faut se différencier.
00:39On mise sur la qualité, on propose une qualité qui s'appelle la haute résolution.
00:42Qualité de son.
00:43Qualité d'enregistrement des studios professionnels que ne propose pas Deezer ni Spotify.
00:48Et puis on a une équipe éditoriale, donc on a plus de 700 000 articles sur la musique.
00:55On écrit, donc vous avez toutes les informations que vous voulez sur les artistes, les pistes, les albums, etc.
01:02Donc c'est un contenu de qualité, en plus de cette plateforme, vous avez une sorte de média qui accompagne
01:06?
01:07Voilà, on est un peu un média aussi.
01:08On a une vingtaine de journalistes qui écrivent sur la musique chaque semaine.
01:13Et puis on essaye de vous faire découvrir la musique différemment.
01:16C'est-à-dire qu'on vous propose, les artistes, on a 100 millions de titres comme tout le monde,
01:20mais chaque semaine, notre rédacteur en chef, avec l'équipe, vous propose de faire découvrir des artistes.
01:25Donc une approche différenciée de la musique.
01:26Vous dénichez les talents.
01:28On essaye.
01:28C'est une mission que vous vous donnez.
01:30C'est une des problématiques, vous savez, c'est d'émerger.
01:32Quand vous avez 100 millions de titres, faire émerger de jeunes artistes, c'est un gros problème.
01:36Votre chiffre d'affaires a bondi de 45% en 2025.
01:39Forte hausse du nombre d'abonnés.
01:41Et une percée aux Etats-Unis.
01:44Un acteur, petit acteur français par rapport aux géants, qui fait une percée aux Etats-Unis.
01:49Oui, on fait plus de 80% de notre chiffre d'affaires à l'étranger maintenant.
01:51Et les Etats-Unis, c'est plus de 30%.
01:54Entre autres, parce qu'on a quatre types de clientèles.
01:58Les audiophiles, ceux qui sont sensibles à la qualité sonore, dont je vous parlais, la meilleure qualité.
02:02Les mélomanes, ce sont les gens qui jouent de la musique par eux-mêmes,
02:04qui sont dans l'industrie et qui ont une sensibilité particulière avec la musique.
02:08Les comptes juste, les gens sensibles aux valeurs, notamment la rémunération des artistes.
02:13Moi, j'ai insisté pour que tous les employés soient actionnaires.
02:16Tous les gens chez nous peuvent bénéficier du succès de l'entreprise,
02:20quels qu'ils soient, à partir du moment où ils sont employés.
02:22Et ce sont des actions gratuites.
02:23Il y a zéro risque.
02:24Vous les avez, elles ne coûtent rien, vous restez dans la société, vous ne pouvez que gagner.
02:27Et puis toutes les valeurs ESG classiques que l'on connaît.
02:31Et les collecteurs, ce qu'on appelle les gens qui collectent.
02:34Nous, on est les seuls à proposer l'achat définitif de musique dans la meilleure qualité.
02:39La rémunération des artistes, vous dites que vous y tenez beaucoup.
02:43Vous les rémunérez combien de plus par rapport aux autres plateformes ?
02:46Alors, on ne rémunère pas en direct.
02:47Personne ne rémunère en direct.
02:49Nous, on génère le pot, c'est-à-dire les revenus que l'on verse aux maisons de disques.
02:52Et ce sont les maisons de disques qui ont des accords avec les artistes.
02:56Mais nous, on génère six fois la moyenne du marché en termes de revenus ARPU, average revenue per user, le
03:01revenu moyen par utilisateur.
03:03Donc, de facto, on génère plus d'argent par abonné que les autres.
03:07En termes de proportion, vous avez, et comme vous dénichez des talents, vous avez des articles qui sont plutôt issus
03:14d'Europe, issus de France.
03:16Il y a une volonté de ça ou pas réellement ?
03:18Vous savez, la musique est locale dans chaque pays.
03:20Si vous êtes au Brésil, la musique brésilienne, c'est très locale la musique.
03:24Mais on distribue tous les artistes et évidemment, on promeut les artistes français à l'étranger.
03:30Je parlais de votre percée aux États-Unis tout à l'heure.
03:32Il y a d'autres pays que vous visez ?
03:33Alors, on cherche les zones de croissance.
03:35Il faut pêcher là où sont les poissons, en général.
03:39Donc, entre autres, l'Amérique latine, le Brésil, le Mexique ont une croissance de plus de 20%.
03:43Et l'Asie qui va pousser beaucoup.
03:45Déjà, la Chine pousse beaucoup.
03:46C'est le deuxième pour le marché du streaming payant.
03:48Et ça sera largement devant tous les autres pays dans les années qui viennent.
03:52Ce sont des zones de forte croissance sur lesquelles il faut être absolument.
03:56Moi, quand je suis arrivé, la France faisait 60% du gil d'affaires.
03:59Aujourd'hui, elle fait moins de 20%.
04:01Très important d'être diversifié.
04:02Le marché français, c'est 3-4% du marché mondial.
04:05On ne peut pas compter que sur le marché français pour croître.
04:07On parle beaucoup des titres générés par l'intelligence artificielle sur les géants, notamment.
04:13Vous, comment vous gérez ces titres-là et l'intelligence artificielle ?
04:17Comment elle va, finalement, vous aider à la croissance dans les années qui viennent ?
04:21Aujourd'hui, elle nous pollue beaucoup.
04:23Parce qu'on reçoit énormément de titres qui sont de la fraude.
04:27Mais ça va à l'encontre de ce que vous faites à la base.
04:29Tout à fait.
04:29C'est-à-dire que vous avez des gens qui génèrent de la musique artificielle
04:33pour prendre une partie du gâteau et enlever une partie des recettes qui doit aller aux artistes.
04:38Donc nous, notre slogan, entre autres, c'est « Music for human by human », c'est « Pour les
04:43humains, par les humains ».
04:44Toutes nos playlists sont faites par des humains.
04:46Je vous ai parlé de journalistes, etc.
04:48Il n'y a pas d'algorithmes, on en utilise un peu, mais qui font qu'on génère de la
04:52musique automatique
04:53et qu'on risque de se retrouver avec la musique générée par l'IA dans ce qu'on propose.
04:57Et on met en place aussi un système d'identification.
05:01Ceci dit, ça devrait être fait par l'industrie.
05:03Ceux qui nous fournissent la musique ne devraient pas nous fournir ces titres, malheureusement.
05:07Pour l'instant, l'organisation est un peu déficiente de ce côté-là, mais j'espère bien que ça va
05:11progresser.
05:12En tout cas, nous, on s'équipe d'un outil pour détecter la musique l'IA.
05:16Merci beaucoup, Georges Fournet, d'être venu me voir sur la matinale de l'économie PDG de Cobuzz avec moi.