Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 mois
Georges Fornay, PDG de Qobuz, était l'invité de Sandra Gandoin dans French Tech, ce jeudi 30 juillet. Il s'est penché sur l'essor de Qobuz et sur les éléments qui font sa singularité face aux autres plateformes de streaming, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00C'est Georges Fornet qui est avec moi ce matin, bonjour.
00:02Bonjour.
00:02PDG de Cobuzz, plateforme de streaming musicale française.
00:06J'aimerais bien que vous nous rappeliez rapidement ce que c'est que l'histoire de Cobuzz.
00:10Cobuzz a été fondée il y a une vingtaine d'années déjà.
00:13Elle a eu des difficultés, elle a été reprise à la barre du tribunal en 2015 par l'actionnaire actuel.
00:18Et on l'a relancée, moi je suis arrivé en 2019 pour la relancer.
00:23Alors en face de vous, il y a Spotify, il y a Deezer.
00:27Alors évidemment, ça peut paraître fou de lancer une plateforme française.
00:32Comment vous vous différenciez justement ?
00:34C'est tout l'enjeu, c'est que justement pour survivre, il faut se différencier.
00:39On mise sur la qualité, on propose une qualité qui s'appelle la haute résolution.
00:42Qualité de son.
00:43Qualité d'enregistrement des studios professionnels que ne propose pas Deezer ni Spotify.
00:48Et puis on a une équipe éditoriale, donc on a plus de 700 000 articles sur la musique.
00:55On écrit, donc vous avez toutes les informations que vous voulez sur les artistes, les pistes, les albums, etc.
01:02Donc c'est un contenu de qualité, en plus de cette plateforme, vous avez une sorte de média qui accompagne
01:06?
01:07Voilà, on est un peu un média aussi.
01:08On a une vingtaine de journalistes qui écrivent sur la musique chaque semaine.
01:13Et puis on essaye de vous faire découvrir la musique différemment.
01:16C'est-à-dire qu'on vous propose, les artistes, on a 100 millions de titres comme tout le monde,
01:20mais chaque semaine, notre rédacteur en chef, avec l'équipe, vous propose de faire découvrir des artistes.
01:25Donc une approche différenciée de la musique.
01:26Vous dénichez les talents.
01:28On essaye.
01:28C'est une mission que vous vous donnez.
01:30C'est une des problématiques, vous savez, c'est d'émerger.
01:32Quand vous avez 100 millions de titres, faire émerger de jeunes artistes, c'est un gros problème.
01:36Votre chiffre d'affaires a bondi de 45% en 2025.
01:39Forte hausse du nombre d'abonnés.
01:41Et une percée aux Etats-Unis.
01:44Un acteur, petit acteur français par rapport aux géants, qui fait une percée aux Etats-Unis.
01:49Oui, on fait plus de 80% de notre chiffre d'affaires à l'étranger maintenant.
01:51Et les Etats-Unis, c'est plus de 30%.
01:54Entre autres, parce qu'on a quatre types de clientèles.
01:58Les audiophiles, ceux qui sont sensibles à la qualité sonore, dont je vous parlais, la meilleure qualité.
02:02Les mélomanes, ce sont les gens qui jouent de la musique par eux-mêmes,
02:04qui sont dans l'industrie et qui ont une sensibilité particulière avec la musique.
02:08Les comptes juste, les gens sensibles aux valeurs, notamment la rémunération des artistes.
02:13Moi, j'ai insisté pour que tous les employés soient actionnaires.
02:16Tous les gens chez nous peuvent bénéficier du succès de l'entreprise,
02:20quels qu'ils soient, à partir du moment où ils sont employés.
02:22Et ce sont des actions gratuites.
02:23Il y a zéro risque.
02:24Vous les avez, elles ne coûtent rien, vous restez dans la société, vous ne pouvez que gagner.
02:27Et puis toutes les valeurs ESG classiques que l'on connaît.
02:31Et les collecteurs, ce qu'on appelle les gens qui collectent.
02:34Nous, on est les seuls à proposer l'achat définitif de musique dans la meilleure qualité.
02:39La rémunération des artistes, vous dites que vous y tenez beaucoup.
02:43Vous les rémunérez combien de plus par rapport aux autres plateformes ?
02:46Alors, on ne rémunère pas en direct.
02:47Personne ne rémunère en direct.
02:49Nous, on génère le pot, c'est-à-dire les revenus que l'on verse aux maisons de disques.
02:52Et ce sont les maisons de disques qui ont des accords avec les artistes.
02:56Mais nous, on génère six fois la moyenne du marché en termes de revenus ARPU, average revenue per user, le
03:01revenu moyen par utilisateur.
03:03Donc, de facto, on génère plus d'argent par abonné que les autres.
03:07En termes de proportion, vous avez, et comme vous dénichez des talents, vous avez des articles qui sont plutôt issus
03:14d'Europe, issus de France.
03:16Il y a une volonté de ça ou pas réellement ?
03:18Vous savez, la musique est locale dans chaque pays.
03:20Si vous êtes au Brésil, la musique brésilienne, c'est très locale la musique.
03:24Mais on distribue tous les artistes et évidemment, on promeut les artistes français à l'étranger.
03:30Je parlais de votre percée aux États-Unis tout à l'heure.
03:32Il y a d'autres pays que vous visez ?
03:33Alors, on cherche les zones de croissance.
03:35Il faut pêcher là où sont les poissons, en général.
03:39Donc, entre autres, l'Amérique latine, le Brésil, le Mexique ont une croissance de plus de 20%.
03:43Et l'Asie qui va pousser beaucoup.
03:45Déjà, la Chine pousse beaucoup.
03:46C'est le deuxième pour le marché du streaming payant.
03:48Et ça sera largement devant tous les autres pays dans les années qui viennent.
03:52Ce sont des zones de forte croissance sur lesquelles il faut être absolument.
03:56Moi, quand je suis arrivé, la France faisait 60% du gil d'affaires.
03:59Aujourd'hui, elle fait moins de 20%.
04:01Très important d'être diversifié.
04:02Le marché français, c'est 3-4% du marché mondial.
04:05On ne peut pas compter que sur le marché français pour croître.
04:07On parle beaucoup des titres générés par l'intelligence artificielle sur les géants, notamment.
04:13Vous, comment vous gérez ces titres-là et l'intelligence artificielle ?
04:17Comment elle va, finalement, vous aider à la croissance dans les années qui viennent ?
04:21Aujourd'hui, elle nous pollue beaucoup.
04:23Parce qu'on reçoit énormément de titres qui sont de la fraude.
04:27Mais ça va à l'encontre de ce que vous faites à la base.
04:29Tout à fait.
04:29C'est-à-dire que vous avez des gens qui génèrent de la musique artificielle
04:33pour prendre une partie du gâteau et enlever une partie des recettes qui doit aller aux artistes.
04:38Donc nous, notre slogan, entre autres, c'est « Music for human by human », c'est « Pour les
04:43humains, par les humains ».
04:44Toutes nos playlists sont faites par des humains.
04:46Je vous ai parlé de journalistes, etc.
04:48Il n'y a pas d'algorithmes, on en utilise un peu, mais qui font qu'on génère de la
04:52musique automatique
04:53et qu'on risque de se retrouver avec la musique générée par l'IA dans ce qu'on propose.
04:57Et on met en place aussi un système d'identification.
05:01Ceci dit, ça devrait être fait par l'industrie.
05:03Ceux qui nous fournissent la musique ne devraient pas nous fournir ces titres, malheureusement.
05:07Pour l'instant, l'organisation est un peu déficiente de ce côté-là, mais j'espère bien que ça va
05:11progresser.
05:12En tout cas, nous, on s'équipe d'un outil pour détecter la musique l'IA.
05:16Merci beaucoup, Georges Fournet, d'être venu me voir sur la matinale de l'économie PDG de Cobuzz avec moi.

Recommandations