00:00Et oui le GPS, on en a encore parlé avec une pépite il y a quelques jours, ça marche très
00:06bien,
00:06mais dès qu'il y a des murs ça devient beaucoup plus compliqué de vous géolocaliser.
00:09Notre invité ce matin c'est Antoine Carabin, bonjour, vous êtes cofondateur et directeur des nouvelles technologies chez WER
00:15et vous ça c'est votre travail d'aller voir directement derrière les murs où se trouvent les objets ou
00:19les humains.
00:20Vous êtes une start-up montpellierenne, alors comment ça marche ?
00:23Vous utilisez des ondes basse fréquence couplées à une modulation innovante.
00:28Qu'est-ce que vous voyez qu'on ne voit pas avec un GPS classique ?
00:30Tout à fait, alors WER en effet c'est la seule solution au monde qui est capable de localiser à
00:35l'intérieur des bâtiments,
00:36dans les sous-sols, dans les souterrains, dans le métro, etc.
00:40C'est capable de localiser des objets ou des personnes avec une précision métrique.
00:44A l'extérieur le GPS comme vous le disiez fonctionne très bien, on l'utilise tous sur notre téléphone, il
00:49n'y a pas de problème.
00:50Par contre dès qu'on est à l'intérieur et finalement c'est là où se trouve 90% de
00:54l'activité humaine,
00:55le GPS ne fonctionne plus, pourquoi ? Parce que les ondes transmises par les satellites GPS
00:59ne sont pas capables de pénétrer le béton, le toit, les murs et les différents obstacles.
01:03Alors que WER est la seule technologie qui utilise des ondes qui sont capables de traverser les murs.
01:0850 mètres de béton vous pouvez...
01:09C'est ça, jusqu'à 50 mètres de béton en effet.
01:12Et grâce à ça on est capable non seulement de localiser en intérieur, dans les tunnels, dans les entrepôts, etc.
01:17Mais surtout d'avoir une infrastructure hyper légère, c'est-à-dire qu'on est capable de traquer une zone
01:21immense
01:22avec seulement 4 antennes pour des zones de plusieurs kilomètres carrés.
01:25Mais il faut quand même placer des antennes du coup sur les bâtiments, ça ne fonctionne pas avec pour le
01:29coup les satellites comme le GPS classique ?
01:31Aujourd'hui c'est des antennes sur les bâtiments en effet.
01:33Aujourd'hui un déploiement typique, on installe 4 antennes par exemple pour couvrir un CHU, un hôpital de plusieurs dizaines
01:41d'hectares.
01:41On installe 4 antennes au chaque coin de l'hôpital et toute la zone comprise à l'intérieur des antennes
01:46est couverte automatiquement.
01:48Et on va suivre quoi ? Alors par exemple à l'intérieur d'un hôpital, puisqu'on prend ce cas
01:51d'usage, c'est quoi ?
01:52C'est les personnels, c'est la circulation des objets ? Qu'est-ce qu'on suit exactement ? Un
01:56brancard ?
01:57Oui c'est ça, exactement.
01:59OUIR adresse en réalité des enjeux critiques dans trois secteurs clés.
02:02Il y a la santé avec l'hôpital, il y a la sécurité et l'industrie.
02:06Pour reprendre l'exemple de l'hôpital, les soignants passent un temps infini à traquer des brancards,
02:11des fauteuils roulants dans l'hôpital.
02:12Un hôpital, ça a 5, 6 étages, 3, 4 niveaux de sous-sol.
02:16Et OUIR est capable de localiser avec une précision métrique chacun de ces objets.
02:19Un fauteuil roulant, un brancard.
02:21Et ça permet de gagner énormément de temps pour les soignants,
02:24pour l'accorder finalement à ce qui compte vraiment les patients.
02:26Et le patient, justement, est-ce qu'on peut imaginer un monde
02:28où il aurait justement accès via une application, j'imagine, à OUIR ?
02:32Et donc je pourrais me guider à l'intérieur d'un bâtiment,
02:35comme je le fais aujourd'hui dans la rue, donc avec les flèches qui s'affichent.
02:37Ah bah là, vous êtes au troisième étage, là, il faut prendre l'ascenseur,
02:40et c'est la deuxième porte, ce qu'on ne peut absolument pas faire aujourd'hui,
02:42ce qui est très compliqué, évidemment, en intérieur.
02:44Exactement, c'est exactement ça, Anthony.
02:46Aujourd'hui, notamment dans l'industrie 4.0, on a beaucoup les jumeaux numériques.
02:50Un jumeau numérique, c'est quand une entreprise, une usine se construit,
02:53ou les usines existantes, elles installent ce jumeau numérique.
02:56C'est simplement un plan en trois dimensions de l'usine,
02:58une sorte de maquette numérique.
03:00Sauf qu'aujourd'hui, ça sert à optimiser des flux de personnes, d'objets, etc.
03:06Par contre, il n'y a aucun moyen d'afficher un petit point bleu,
03:09qui serait l'équivalent dans Google Maps, d'un objet, d'une plateforme, d'un container qui se déplacerait.
03:14Et oui, relabriquement, quand dans ce use case, est capable, en positionnant un tracker sur un objet,
03:20de le situer dans ce plan numérique, et ça donne vie, finalement, à cette maquette qui est assez statique.
03:24Mais pour développer tout ça, vous avez besoin de satellites,
03:25et c'est ce que vous allez faire avec SpaceX.
03:27Vous venez de lever 8,5 millions d'euros, alors ça ne va peut-être pas forcément suffire,
03:31mais en fait, à la fin, vous êtes une space tech.
03:34Exactement. En fait, c'est une très bonne transition.
03:36C'est qu'aujourd'hui, on installe des antennes, donc comme je disais, 4 antennes pour couvrir une zone de
03:401 km²,
03:41mais l'ambition de Weir, c'est d'arrêter ces déploiements terrestres et de passer à l'échelle supérieure.
03:44Et l'échelle supérieure, finalement, c'est le spatial.
03:46C'est les satellites, avec la démocratisation du coût de lancement des satellites en orbite basse,
03:51ça devient complètement accessible pour une start-up avec les ambitions de Weir.
03:55Donc l'objectif, maintenant, c'est de ne plus avoir d'infrastructures terrestres,
03:58d'envoyer une constellation de satellites en orbite basse qui auront une couverture mondiale de toute la planète
04:02et on pourra ainsi traquer n'importe quel endroit à l'intérieur comme à l'extérieur sur la planète avec
04:07la technologie.
04:07Si vous y arrivez, c'est ce que je dis souvent, mais si vous arrivez à faire ça,
04:10c'est-à-dire à traquer n'importe quel intérieur de n'importe quel bâtiment
04:13depuis une puce qu'on peut installer sur son téléphone et qui est relié à des satellites,
04:16il faut aller voir Google ou il faut aller voir Apple, là vous allez vous vendre pour des milliards
04:19parce que c'est la technologie, je pense qu'ils essayent de mettre en place depuis des années sans y
04:23arriver pour l'instant.
04:23Oui, oui, tout à fait. Alors c'est, en toute transparence, c'est complètement dans les plans,
04:27dans notre ambition d'aller voir Apple d'ici 2030, 2032 pour être intégré dans l'iPhone.
04:31Pour ça, ça passe alors premièrement par le déploiement de cette constellation de satellites.
04:35Donc dans la roadmap, le premier satellite, ce qu'on appelle l'IoV, l'In-Orbit Validation,
04:39est tiré en février 2027.
04:41Donc ça, ce sera notre premier satellite qui servira de démonstration du modèle spatial de Weir
04:46et servira de premier satellite, finalement, la future constellation de 60 satellites.
04:50Et la deuxième étape, c'est qu'il faut miniaturiser le récepteur.
04:53Aujourd'hui, le récepteur, il fait 5 cm par 5 cm à peu près.
04:56C'est gros pour un smartphone.
04:57Exactement.
04:58Ça adresse très bien les marchés B2B, les forces de défense, de sécurité, l'industrie.
05:03On place un tracker de 5 cm sur un container, il n'y a aucun problème.
05:07Par contre, évidemment, pour être intégré dans un téléphone, dans un GPS Garmin,
05:12des trackers plus sportifs, professionnels par exemple, il faut absolument être miniaturisé.
05:17Donc on lance le programme d'ici la fin de l'année, fin 2026,
05:20un programme de miniaturisation pour réduire le récepteur de 5 cm actuel dans un ASIC.
05:25Donc un ASIC, c'est un composant électronique, c'est les petits carrés noirs que vous avez typiquement sur votre
05:29smartphone
05:30et qui fera 8 mm par 8 mm.
05:32Merci beaucoup Antoine Carabin d'être venu ce matin pour nous parler de Weir.
05:35Je crois que c'était Weir, moi, comme O, je vous ai dit, tiens, il y a deux E en
05:39fait.
05:39Donc c'est Weir, il est 8h20.
Commentaires