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  • il y a 2 minutes
Tous les matins à 7h42, l'invité qui fait l'actualité. Un acteur incontournable, un expert renseigné... 10 minutes d'interview sans concession avec Apolline de Malherbe et les témoignages des auditeurs de RMC au 3216.

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Transcription
00:02R.M.C. jusqu'à 9h. Apolline Matin. Sébastien Krebs.
00:09Bon réveil, vous êtes sur R.M.C. Il est 7h45. Le tourisme à l'arrêt. Toute l'économie de
00:14la Gironde impactée. Les réponses de l'État sont-elles suffisantes ?
00:19Le ministre de l'Industrie Sébastien Martin était ici même hier pour annoncer la réponse de l'État. Deux invités
00:25ce matin pour lui répondre. Bonjour Patrick Seguin.
00:28Merci d'être avec nous. Vous présidez la Chambre de Commerce et d'Industrie de Bordeaux-Gironde. Restez avec nous.
00:33D'abord un témoignage avec vous Thierry Leblanc.
00:36Bonjour. Vous êtes propriétaire d'un restaurant au Cap Ferré qui s'appelle le Warf et propriétaire aussi d'une
00:42cave à vin.
00:43Pour vous, tout s'est arrêté depuis l'évacuation. Où en êtes-vous ce matin ? Vous avez des salariés,
00:49ils sont au chômage partiel, c'est ça ?
00:52Exactement. Là, on a des salariés qui sont en chômage partiel et on n'a pas de visibilité sur une
00:58date d'euro prise en tous les cas.
00:59Ça fait maintenant presque une semaine que tout est à l'arrêt pour vous. Est-ce que vous avez déjà
01:04chiffré les pertes que ça peut représenter ?
01:06Alors, on n'a pas chiffré exactement les pertes. On sait qu'elles seront très importantes. D'abord parce que
01:11les saisons sont excessivement courtes.
01:14On fait notre saison, la pleine saison, la haute saison est à peu près du 20 juillet à fin août,
01:20qui représente à peu près 40% de notre chiffre d'affaires.
01:23Donc, vous imaginez ce que ça peut représenter sur un compte de résultats. Et ce qui est d'autant plus
01:30déplorable, c'est qu'il y a tout un travail en amont
01:32qui est réalisé pour faire ces saisons qui ne sont pas perceptibles à l'instant T. Donc, c'est ça
01:38qui est compliqué à chiffrer aujourd'hui.
01:40Il y a cette prise en charge par l'État du chômage partiel. Ça va suffire à sauver votre entreprise
01:44?
01:46C'est une bonne chose et heureusement qu'on a ça, mais ça ne suffira pas. Pourquoi ?
01:51Parce que les enjeux sont très importants. Les investissements pour faire une saison sont très importants.
01:59Et le chômage partiel n'est qu'une réponse partielle à notre problématique aujourd'hui.
02:04Qu'est-ce que vous attendez ? De quoi avez-vous besoin aujourd'hui ?
02:08On a besoin d'aide de l'État, ça c'est sûr, si on veut que nos établissements perdurent.
02:14En tous les cas, je pense qu'on peut imaginer aussi, comme on a pu l'avoir avec le Covid,
02:19la Covid, c'est-à-dire un PGE parce qu'on a fait des investissements.
02:24Un prêt garanti par l'État ?
02:26Par exemple, ça pourrait être le cas parce qu'on a acheté du stock.
02:28Par exemple, dans la cave à vin, vous achetez du stock pour la saison.
02:31Et ce stock, vous n'allez pas pouvoir l'écouler parce que ça représente des quantités assez importantes sur une
02:37période.
02:38C'est-à-dire que même si ça rouvrait dans les quelques jours qui viennent,
02:41en espérant que ce feu qui est stabilisé soit finalement fixé,
02:45que vous êtes en capacité de retourner ouvrir votre boutique,
02:51vous ne récupérez pas ce chiffre ?
02:54Il y aura forcément un impact.
02:56Exactement, parce qu'on est une activité où le chiffre d'affaires n'est pas reportable.
02:59C'est-à-dire que ce qui est perdu est perdu.
03:02Les gens ne vont pas venir manger deux fois plus au restaurant.
03:05Ils ne vont pas acheter deux fois plus de bouteilles de vin ou d'alcool.
03:09Quand vous avez un chantier dans le bâtiment, c'est reportable.
03:12Là, ce n'est pas reportable, donc c'est une perte sèche.
03:14Merci pour votre témoignage ce matin.
03:16Thierry Leblanc, propriétaire du restaurant Le Warf au Cap Ferré.
03:19On est donc avec Patrick Seguin qui préside la Chambre de commerce et d'industrie.
03:23Le gouvernement, Patrick Seguin, a chiffré à 13 000 entreprises impactées dans la zone.
03:28Vous, vous dites que finalement c'est beaucoup plus.
03:30Vous dites que ça va jusqu'à 200 000 emplois qui sont impactés en Gironde, c'est ça ?
03:35Oui, tout à fait.
03:36On a calculé sur notre plateforme de la cellule de crise,
03:41où nous avons un numéro vert pour que toutes les entreprises,
03:44quelle que soit leur taille, puissent appeler.
03:45C'est le 30-06.
03:47Et sur ce 30-06, on a calculé avec l'ensemble des professions,
03:52l'impact correspond à 39 000 entreprises impactées directement ou indirectement.
03:59En fait, il faut faire attention à ce que les entreprises qui sont impactées directement,
04:03c'est celles qui ont été évacuées.
04:05Donc là, elles ne peuvent pas travailler et leurs collaborateurs doivent rester à la maison.
04:09Et puis, il y a les entreprises qui travaillent en sous-traitant, en co-traitant, en fournisseur, etc.
04:13pour ces mêmes entreprises qui, eux aussi, sont arrêtées, même s'ils ne sont pas évacués.
04:18Et donc, le calcul sur l'économie gérante, c'est 39 000 entreprises impactées
04:24et 200 000 emplois directement ou indirectement impactés.
04:28Aujourd'hui, les mesures annoncées par le gouvernement, et notamment le chômage partiel,
04:32ce chômage partiel, il est ouvert uniquement aux entreprises qui sont dans la zone évacuée
04:36ou également au-delà ?
04:38On pense par exemple au secteur du tourisme qui va souffrir même au-delà de la zone évacuée.
04:43Alors, effectivement, le chômage partiel, c'est de toute façon quelque chose qui existait déjà,
04:51donc il est mis en réplication.
04:53Ça concerne aussi les entreprises qui ne sont pas directement évacuées,
04:58mais qui doivent faire une déclaration.
05:00Et on les aide pour ça, pour leur personnel qui ne peut pas forcément travailler.
05:05Mais je rappelle que cette procédure prend en charge une partie des salaires,
05:11mais comme le disait Thierry tout à l'heure, ça ne prend pas en compte la perte d'exploitation.
05:16Et pour certaines entreprises, il y a des charges à payer à la fin du mois
05:20et il n'y a pas de chiffre d'affaires en face.
05:22Alors, il y a aussi des reports de charges qui sont évoqués par le gouvernement.
05:26Une nouvelle réunion est organisée demain à Bercy.
05:29Quelle réponse vous attendez encore de la part du gouvernement ?
05:34Eh bien, écoutez, ce que l'on attend, c'est ce qui a été évoqué justement tout à l'heure,
05:40qui est une bonne idée, je pense, c'est qu'est-ce qu'on peut réfléchir à un PGE incendie,
05:44parce que le PGE du Covid avait bien marché.
05:48Je rappelle que très peu de PGE n'ont pas été remboursés, c'est moins de 1%.
05:55Donc, les PGE ont fait leur effet lors du Covid.
06:00C'est pré-garanti par l'État qui avait été mis en place pendant le Covid.
06:04Est-ce que les assureurs ont aussi un rôle à jouer là-dedans ?
06:07Est-ce qu'il peut y avoir une prise en charge pour les pertes d'exploitation dont vous parliez ?
06:11Oui, tout à fait. Alors, tout dépend des contrats.
06:13Il y a des contrats d'assurance qui intègrent les pertes d'exploitation,
06:17mais il y en a d'autres qui n'ont pas d'assurance perte d'exploitation.
06:20Donc, l'assureur n'est pas obligé, s'il n'y a pas de contrat,
06:24de rembourser ou de participer.
06:27Et là, on demande une solidarité également au niveau des assureurs.
06:32Et j'espère que toutes les compagnies feront un effort pour les entreprises
06:37qui n'ont pas forcément de conditions favorables dans leur contrat.
06:42Est-ce que vous vous dites qu'il y aura forcément de la casse à la fin au sein du
06:46monde économique ?
06:47C'est un tsunami inimaginable.
06:52Il y a encore quelques jours avant le 22 juillet.
06:55Et donc, quand on va sur le terrain, et j'y vais tous les jours,
06:59parce qu'on participe aussi pour faire des pare-feux avec la DFCI et le G10,
07:07sur le terrain, quand on est sur place,
07:10on n'imagine pas ce que ça représente dans les villages et les villes.
07:13Un tsunami, vous nous dites ce matin, Patrick Seguin.
07:16Merci d'avoir été en direct avec nous, président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Bordeaux.
07:21Et puis, je vous rappelle cette opération spéciale ce matin,
07:25RMC qui bouscule ses programmes jusqu'à midi.
07:28Standard ouvert, antenne ouverte, le 32-16,
07:30pour que vous puissiez témoigner justement,
07:32si vous êtes chef d'entreprise impacté de près ou de loin par ces incendies.
07:37Parce qu'on l'a compris, c'est bien en dehors de la zone
07:39que beaucoup d'entreprises sont impactées.
07:41Si au contraire, vous voulez donner un coup de main,
07:44on fait aussi le jeu de la solidarité ce matin sur RMC.
07:47On vous attend au 32-16 et sur le WhatsApp RMC 06 12 424 424,
07:51antenne ouverte jusqu'à midi, il est 7h53.
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