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  • il y a 5 jours
Tous les matins à 7h42, l'invité qui fait l'actualité. Un acteur incontournable, un expert renseigné... 10 minutes d'interview sans concession avec Apolline de Malherbe et les témoignages des auditeurs de RMC au 3216.

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Transcription
00:00Les incendies ont aussi des conséquences économiques, ce sont des milliers d'entreprises qui sont ce matin en danger.
00:06Bonjour Sébastien Martin, vous êtes le ministre de l'Industrie, merci d'être avec nous.
00:10Vous avez participé hier à une réunion de crise à Bercy avec les acteurs économiques.
00:15Bercy qui chiffre à 13 000 le nombre d'entreprises situées dans les zones évacuées en Gironde
00:20et qui donc ne peuvent plus avoir d'activité aujourd'hui.
00:23Que va faire l'État pour limiter la casse ?
00:25Je me permettrais déjà avant d'avoir une pensée parce qu'hier soir un pompier est décédé dans les bouches
00:30du Rhône
00:31et tout ça quand même, on rappelle qu'on est face à un incendie majeur
00:34et je pense qu'il est important d'avoir une pensée pour le pompier qui est décédé hier
00:38et après deux autres décès la semaine dernière en Gironde.
00:42Face à ce combat, les soldats du feu sont en première ligne et je voulais le dire.
00:46Hier effectivement, autour de Roland Lescure, nous avons réuni d'abord le matin une première réunion avec les entreprises locales
00:54et puis ensuite en début d'après-midi, une réunion avec l'ensemble des fédérations.
00:59Vous avez vu que ça a amené le ministre à faire un certain nombre d'annonces,
01:03notamment en matière de prise en charge par les assureurs,
01:07cette fois-ci des questions de relogement et des questions de conditions dans lesquelles on peut déposer les dossiers de
01:12sinistre.
01:12Puis l'après-midi, il s'agissait beaucoup d'écouter les préoccupations du monde économique.
01:18Le monde économique aujourd'hui, d'abord, est extrêmement calme et mobilisé, je tiens à le préciser,
01:25et veut avoir plus d'explications sur comment on a recours au chômage partiel,
01:30quel est le numéro, vers qui s'adresser.
01:32On est dans des conditions très pratico-pratiques pour le moment
01:35et d'ailleurs d'ici cette fin de semaine, on doit se revoir pour essayer de répondre à cette question.
01:38Alors qu'est-ce que vous dites ce matin à ces chefs d'entreprise,
01:41peut-être ces artisans qui sont dans cette zone-là, qui ne peuvent pas avoir d'activité ?
01:45Il y a le tourisme qui est complètement à l'arrêt, il y a forcément les activités comme le BTP.
01:50Qu'est-ce que vous leur dites ? Vers qui se tourner si ils ont leur entreprise complètement bloquée
01:54parce que les salariés ne peuvent pas venir ou parce que tout simplement la zone est interdite ?
01:57En Gironde, la Chambre de commerce a mis en place un numéro unique
02:03que les entreprises peuvent contacter pour pouvoir avoir des renseignements.
02:08Il y a aussi auprès des URSAF un numéro unique qui est en ligne,
02:12tout est sur le site de la préfecture de Gironde,
02:13qui vous permet d'avoir les réponses à toutes les questions que vous vous posez.
02:19Je leur dis que l'État sera à leur côté,
02:21que pour le moment nous examinons l'ensemble des demandes qui peuvent remonter sur le terrain,
02:27que depuis ce week-end en fait, la préfète a indiqué que les salariés ne pouvaient pas retourner
02:32dans les communes dans lesquelles il a été demandé d'évacuer
02:34et que la situation est évaluée au jour le jour,
02:37bien évidemment en se disant qu'on souhaite que cela dure le moins longtemps possible,
02:41mais la priorité pour que cela dure le moins longtemps, c'est de se fixer sur les conditions
02:45pour calmer cet incendie et l'arrêter le plus vite possible.
02:49Donc toutes ces entreprises auront accès au chômage partiel ?
02:51Tout à fait, ça a été tout à fait annoncé.
02:54Le chômage partiel, c'est au niveau du SMIC, en fait, l'État prend en charge 100% du salaire
02:59et jusqu'à 60% quand vous montez dans les grilles de rémunération.
03:04Et là, c'est un partage entre l'entreprise et l'État.
03:08Est-ce qu'on a une idée du nombre de salariés qui pourraient être concernés par ce chômage partiel
03:11et combien ça peut coûter à l'État ?
03:13Écoutez, on dit qu'aujourd'hui, il y a 130 000 salariés qui ne peuvent plus retourner travailler,
03:20auxquels il faut qu'on regarde parce qu'il y a aussi un certain nombre, par exemple,
03:24de salariés qui sont dans des entreprises qui ne sont pas forcément dans la zone qui est fermée,
03:30mais qui ont été délogés, qui sont dans des conditions, en gros, soit ils dorment encore dans un gymnase
03:35ou ont dû partir à plusieurs kilomètres de la famille, est-ce qu'ils peuvent retourner chez eux ?
03:40Il y a la question aussi que se pose un certain nombre d'entreprises,
03:42est-ce que je peux mettre mes salariés au travail parce qu'on a un niveau de pollution de l
03:47'air
03:47qui est supérieur à ce qu'il était ?
03:49Donc il y a un certain nombre de questions qu'il faut qu'on soulève
03:51et c'est l'objet de la réunion de jeudi, donc c'est après-demain,
03:54au cours de laquelle on pourra apporter des réponses encore plus précises aux entreprises.
03:58Est-ce que ça va suffire ?
03:59L'UDEP qui représente beaucoup d'artisans demande à pouvoir obtenir des reports de paiement
04:05de différentes charges, fiscales ou sociales, est-ce que c'est possible ?
04:08Bien sûr, on est tout à fait ouverts à des mesures qu'on va appeler de trésorerie d'une manière
04:11générale
04:12pour permettre des reports de charges, des reports de cotisations.
04:16Tout ça, il faut se rapprocher des services,
04:18les directions départementales de l'emploi et du travail, les dettes,
04:21qui sont présentes sur le territoire.
04:24Je pense que ce qui est urgent pour le moment,
04:27c'est aussi de ne pas engorger dans les premiers jours ces services-là
04:31et services de l'État qui sont focalisés sur la coordination de la lutte contre le feu.
04:35Mais bien évidemment, nos services en département,
04:38les services à Bercy pour les fédérations professionnelles,
04:41sont à la disposition des organisations professionnelles pour travailler ces questions-là.
04:45Vous avez rencontré les assureurs, vous le disiez hier,
04:47est-ce qu'ils vont jouer le jeu ?
04:49Écoutez, pour l'instant déjà, ils ont joué le jeu sur les particuliers,
04:53puisqu'ils ont annoncé sur le relogement et sur les délais pour déclarer les sinistres.
04:59Non, vous avez cinq jours pour déclarer un sinistre.
05:01Là, les assureurs ont indiqué que vous aviez jusqu'au 31 août pour déclarer un sinistre.
05:06Si vous êtes par exemple une des victimes des 200 et quelques maisons,
05:10d'un peu plus de 200 maisons qui ont été touchées par l'incendie,
05:13vous avez jusqu'au 31 août et c'est bien légitime, vous n'avez plus rien pour pouvoir faire vos
05:18dépôts.
05:18Et pour les entreprises qui ont des fortes pertes en ce moment, qui ont dû fermer boutique ?
05:22Chaque entreprise doit regarder ce qui est prévu dans son contrat,
05:25se rapprocher de son assureur.
05:27Nous, de la même manière à Bercy, nous allons travailler avec les assureurs
05:30pour voir s'il n'y a pas moyen quand même de regarder exactement,
05:34au regard de la situation exceptionnelle,
05:36quelles sont les conditions exceptionnelles que les assureurs pourraient apporter.
05:38Il faut s'attendre à ce qu'il y ait de la casse parmi ces entreprises ?
05:41Des liquidations en cascade dans les mois qui viennent ?
05:43Je ne sais pas.
05:44Moi, je ne vais pas...
05:45Vous savez, on a une situation qui est déjà suffisamment difficile.
05:48On ne va pas rajouter de la catastrophe à la catastrophe.
05:52C'est le risque.
05:52Bien sûr que c'est le risque.
05:54Quand vous avez des entreprises qui, en pleine saison touristique,
05:57attendent énormément de l'afflux de touristes,
06:00que vous avez les campings qui ont évacué 40 000 personnes,
06:04des campings ont été évacués en plein cœur de la saison.
06:07C'est pour ça que les mesures de chômage partiel sont importantes,
06:09parce que ça vous enlève quand même toutes les charges salariales.
06:12Mais ça ne vous fait pas rentrer d'argent.
06:15Il faudra qu'on regarde les choses calmement, posément.
06:18Mais pour le moment, on répond à la crise.
06:20Sébastien Martin, je voudrais qu'on dise un mot d'un autre dossier
06:22que vous suivez de très près à Bercy.
06:24C'est celui de Fibre Excellence,
06:25le dernier fabricant de pâte à papier en France.
06:28670 salariés.
06:30Hier, le tribunal de commerce a rejeté l'unique offre de reprise
06:32qui avait été présentée par Mathieu Pigasse.
06:34Mais dites examiner une offre de dernière minute
06:37qui pourrait sauver l'un des deux sites, celui de Saint-Gaudens.
06:39Est-ce qu'il y a espoir ce matin ?
06:41Est-ce que cette offre vous paraît sérieuse, crédible ?
06:44D'abord, elle émane d'un industriel, un vrai,
06:48qui aura l'occasion, je pense, de s'exprimer.
06:51Donc, ce n'est pas à moi de le faire.
06:51On ne sait pas qui encore a déposé cette offre.
06:53On sait, il suffit de vous rendre sur le site du tribunal des affaires économiques.
07:01Et je pense que l'identité de ce porteur de projet
07:04est un grand industriel français que je tiens à saluer d'ailleurs
07:08parce qu'en France, il a fait énormément d'investissements
07:11ces dernières années.
07:13Il y a une réunion, j'ai convoqué une réunion
07:16à l'issue de cette émission en fin de matinée
07:20entre les services du Conseil régional d'Occitanie,
07:22parce que c'est le Conseil régional d'Occitanie
07:24qui a eu les contacts avec cet industriel,
07:26les équipes de Bercy, pardon,
07:28pour voir comment on peut consolider cette offre.
07:32Moi, je veux dire que...
07:32Est-ce que l'État peut mettre au pot ?
07:33L'État peut accompagner une offre sérieuse.
07:37Je le dis d'ailleurs parce que j'ai entendu beaucoup de choses
07:38sur l'offre de M. Pigasse,
07:40comme quoi l'État...
07:41Ça fait des mois que l'État a indiqué à tout le monde
07:44les conditions d'accompagnement.
07:46Sur le prix de l'électricité, plus 20%.
07:48Sur la hausse en fourniture de bois,
07:49de la part de l'ONF, plus 50%.
07:52Sur l'accompagnement au quota carbone européen également.
07:56M. Pigasse, il a regardé à côté,
07:57il n'a pas voulu prendre cette réponse-là.
07:59Et à la fin, il s'étonne que son offre soit tirée au cebat.
08:01Et maintenant, on va regarder devant...
08:04Il y a encore des emplois à sauver.
08:05Il y a encore des emplois à sauver.
08:07Et je peux vous dire qu'on va se battre pour sauver ces emplois.
08:09Merci. Merci d'être venu ce matin.
08:10Sébastien Martin, ministre de l'Industrie,
08:13ce matin sur RMC.
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