- il y a 17 heures
Tous les matins à 7h42, l'invité qui fait l'actualité. Un acteur incontournable, un expert renseigné... 10 minutes d'interview sans concession avec Apolline de Malherbe et les témoignages des auditeurs de RMC au 3216.
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00:00Il est 7h41 sur RMC, et si le métier de prof faisait à nouveau rêver ?
00:06C'est ce qui ressort des chiffres du concours de profs que vous nous dévoyez ce matin en exclusivité sur
00:10RMC.
00:11Edouard Geffray, bonjour.
00:12Vous êtes le ministre de l'éducation nationale.
00:15Retour en grâce, les résultats du concours des professeurs cette année montrent qu'il y a eu davantage de candidats.
00:22Et combien d'admis ?
00:24Alors, il y a eu 24 000 et demi contre 16 000 l'année dernière.
00:27Il y avait plus de place au concours.
00:29Mais ce qui est intéressant, c'est qu'alors qu'on avait 40% de place en plus, on a
00:32eu 49% de lauréats en plus.
00:35Donc pour la première fois, je vous donne un exemple, les concours de recrutement de professeurs des écoles de Créteil
00:39et de Mayotte,
00:40pour la première fois depuis des années, on fait le plein cette année.
00:43On est à 100% dans nos concours Créteil-Mayotte, là où on était à 90, 85, 92.
00:50Donc c'est une bonne nouvelle, et ça veut dire qu'on reprend des couleurs.
00:53C'est une bonne nouvelle pour le métier de prof, c'est une bonne nouvelle pour les élèves.
00:56Est-ce que vous pouvez nous affirmer ce matin, Edouard Jeffrey, qu'il y aura bel et bien un prof
01:00devant chaque élève à la rentrée ?
01:01C'est devenu presque un marronnier, comme on dit dans notre métier.
01:04C'est-à-dire que chaque année, désormais, c'est cette angoisse des parents de se dire que peut-être
01:09qu'il n'y aura pas suffisamment de profs pour faire face aux élèves.
01:12Est-ce qu'à la rentrée, oui ou non, il y aura assez de profs ?
01:14Alors, il y aura assez de professeurs pour le système éducatif, voilà.
01:18Après ça, c'est toujours pareil, garantir que tel ou tel professeur n'est pas absent et bien remplacé dans
01:23les deux heures, etc.
01:24Ce serait mentir que de le dire, mais en tout cas, nous aurons assez de professeurs cette année.
01:28Alors, il y a eu plus de candidats et plus d'admis, puisque vous aviez ouvert à davantage de places.
01:33Est-ce que ça veut aussi dire que le concours a été un peu bradé ?
01:37Ah non, alors justement, la bonne nouvelle, c'est que non seulement on a plus d'admis, mais que globalement,
01:42les moyennes obtenues, quasiment dans toutes les épreuves, ont augmenté.
01:46Et vous voyez, si je vous prends par exemple les mathématiques, les mathématiques ont été à 74% de satisfaction
01:51en dernière, donc on avait 25% de postes non pourvus.
01:53On est remonté à 93%.
01:55Physique, pareil, 74-98%.
01:57Donc, on a quand même des bonnes nouvelles et avec des moyennes qui ont globalement augmenté.
02:01Comment vous expliquez ça ? C'est-à-dire que les modalités du concours ont changé ?
02:06Est-ce que la rémunération, qu'est-ce qui fait qu'à nouveau c'est attractif ?
02:10Alors, comme vous le savez, on a deux concours qui sont ouverts cette année.
02:12Un en L3, en fin de licence 3, un en fin de master 2.
02:16Les deux ont été donc pourvus dans des conditions très satisfaisantes.
02:19Ce qui est intéressant, c'est que le nouveau concours en fin de L3 attire, puisque nos lauréats vont faire
02:24leur master en étant rémunérés.
02:261400 euros nettes la première année en M1, 1800 euros nettes en M2.
02:29Et ça, ça attire.
02:30Et en fait, ça rétroagit sur l'ensemble de la boucle.
02:33Puis quand on regarde dans Parcoursup, on a créé cette année des licences de professeurs à des ailes
02:37qui vont donc préparer nos étudiants à passer ce concours de L3.
02:40Et on a eu dix candidats pour une place.
02:42Dix candidats pour une place.
02:43Ça veut dire que dès la terminale, vous avez eu des candidats en fait,
02:46qui sont déjà en train d'avoir, de dire qu'ils ont envie de devenir profs.
02:50En moyenne, dix vœux pour une place.
02:51Alors, il y a encore quand même, visiblement, quelques complications ou dysfonctionnements.
02:55C'est ce que vous vouliez dire d'ailleurs, je crois.
02:58Roni, vous êtes en direct avec nous des Deux-Sèvres.
03:00Vous êtes à Nior, bonjour.
03:02Oui, bonjour.
03:02Et vous êtes enseignante sans classe depuis cinq ans.
03:07Alors, on parle des élèves qui n'ont pas de profs.
03:09Mais vous, vous êtes une prof sans élèves.
03:11Alors, je suis un prof.
03:12Un prof, pardon.
03:14Mais oui, en effet, là, je dis avec le sourire, mais ce n'est pas vraiment le cas.
03:18Moi, je suis enseignant, donc titulaire.
03:20J'ai eu mon concours il y a une dizaine d'années.
03:21Très bien.
03:22Et à la suite des naissances de mes enfants, je me suis mis en disponibilité.
03:27Les enfants ayant grandi, j'ai souhaité réintégrer l'éducation nationale depuis maintenant trois ans.
03:33Mais chaque année, j'ai porte-close.
03:35C'est-à-dire que mon département auquel j'appartiens me laisse quitter le département.
03:40Mais mon département d'accueil ne souhaite pas me voir intégrer ces effectifs.
03:44Mais quels sont les arguments qui vous sont opposés ?
03:47C'est là où c'est un peu compliqué.
03:49On n'a pas d'arguments qui nous sont avancés.
03:52La confidentialité, le manque d'interlocuteur.
03:55On n'a pas d'informations sur le contrat du corps.
03:57Mais vous êtes rémunéré, Rony ?
04:00Ah ben non.
04:01C'est ça.
04:02Donc là, vous êtes sorti.
04:03Vous étiez sorti.
04:04Vous étiez en disponibilité.
04:05Donc, vous étiez sorti des effectifs.
04:08Exactement.
04:09Est-ce qu'il y a des réponses à apporter sur ce point-là ?
04:12Ou c'est un dossier trop complexe pour vous ?
04:13En l'occurrence, ça ne vous dérange pas.
04:15Je prendrai juste le nom de votre interlocuteur.
04:17Très bien.
04:17Pour regarder cette situation.
04:18Rony, si ça vous va, on fait ça ?
04:20Oui, ça me va.
04:21Effectivement, ça, c'est une personne qui est sortie du système négatif.
04:23Il est ce qu'on appelle en disponibilité.
04:25C'est-à-dire qu'il a demandé à être, si je puis dire, en parenthèse.
04:28Entre parenthèses.
04:28Et il revient.
04:29Et donc, parfois, il peut y avoir des petits blocages.
04:31Mais ça, pour le coup, je vais regarder.
04:32C'est un peu dommage de se passer de quelqu'un.
04:34Exactement.
04:34Et ensuite, c'est la question, effectivement, de si on sort,
04:36comment est-ce qu'on fait pour revenir ?
04:38Un mot aussi du BAC, Edouard Jeffrey.
04:4185,5% de taux de réussite.
04:47Ça veut dire que vous aviez dit, normalement, que ça devait être plus dur.
04:49Ça ne l'a pas été.
04:49Alors, deux choses.
04:50D'abord, ça baisse un petit peu.
04:52Zéro, légèrement.
04:53Là, vous nous parlez de l'épaisseur du trait, quand même.
04:55Oui, 0,5%.
04:56Mais c'est la première fois depuis au moins cinq ans que ça baisse.
04:59Je le signale, quand même.
05:00C'est quand même marrant, pardon,
05:01mais c'est la première fois qu'un ministre de l'Éducation se félicite que ça baisse.
05:06C'est-à-dire que ce soit plus exigeant.
05:08Non, je ne m'en réjouis pas, mais je le constate.
05:09D'accord.
05:10Et deuxième chose, on avait effectivement durci les règles,
05:13notamment sur ce qu'on appelle les points juristes.
05:14Vous savez, c'est le système qui faisait qu'on rattrapait une personne
05:16quand il y avait sept vignes pour l'amener à huit.
05:18Et puis après, on la rattrape encore pour l'amener à dix.
05:20Ça, on y avait mis fin.
05:21Donc, très clairement, il y a un effet.
05:23Ensuite, il y avait effectivement,
05:24moi, je souhaitais un durcissement des consignes,
05:26notamment sur le niveau d'expression.
05:28Voilà, l'orthographe, la grammaire, la syntaxe.
05:31Il y a eu un certain nombre d'articles
05:32qui ont montré que c'était, j'allais dire,
05:34plus ou moins, que ça avait plus ou moins imprégné les esprits.
05:39Et ça ne m'étonne pas,
05:40parce que ce sont des enjeux culturels de long terme.
05:42Mais ça n'est pas sûr qu'on va retravailler calmement
05:44quand on aura tous les résultats.
05:46Je voudrais également que l'on puisse accueillir Hélène
05:49qui nous appelle du Canet.
05:50Bonjour Hélène.
05:51Bonjour.
05:52Vous êtes infirmière
05:53et vous vouliez parler de la question du recrutement
05:55des étudiants, futurs profs.
05:58Oui, parce que c'est le cas de ma fille
06:01qui est en Master 2.
06:02Donc, elle a passé le concours ouvert au L3.
06:08Comme elle est obligée de travailler à côté
06:10parce qu'il n'y a pas de rémunération sur les études,
06:13elle n'a pas réussi son concours
06:15et son année est un peu compliquée à gérer.
06:20Et il se trouve que sur Nantes, en Master 2,
06:23il n'y a plus d'alternance,
06:24c'est du nouveau programme,
06:27alors que cette alternance est proposée quand même
06:32sur d'autres facultés.
06:35Donc, il y a une inégalité dans le recrutement.
06:39Une alternance pour devenir prof ?
06:41Pour devenir professeur des écoles.
06:44Cette inégalité territoriale,
06:46Edouard Jeffrey, vous en aviez conscience ?
06:47Alors, oui.
06:48Je ne suis pas sûr d'avoir bien compris la situation
06:50parce que Madame dit que ça fait à la fois un Master,
06:51mais qu'elle est en Master.
06:52Donc, il faudra juste qu'on regarde ça de près.
06:54Mais en tout cas, ce qui est vrai,
06:56c'est que selon les universités,
06:57vous avez plus ou moins d'abord de postes ouverts au Master.
07:00C'est normal.
07:02Et mécaniquement, il peut y avoir ou pas de l'alternance.
07:05Mais ça, c'est une question un peu d'opportunité locale.
07:07Vous l'encouragez, l'alternance ?
07:08C'est une manière d'apprendre ?
07:10En réalité, bientôt, on n'en aura plus besoin.
07:11Parce que comme on recrute les étudiants en L3,
07:13ils vont directement être dans un système de quasi-alternance
07:16pendant leur Master,
07:17puisqu'ils vont être rémunérés et qu'ils vont être prêts.
07:19Et que ce sera un Master déjà professionnalisant.
07:21Donc là, en fait, on est sur les élèves
07:23qui sont un peu dans une situation de transition.
07:25Mais on va regarder un petit peu ça de près.
07:27Mais en tout cas, je ne suis pas forcément surpris
07:29qu'effectivement, il y ait ce phénomène.
07:32On a parlé à l'instant de la demande que vous aviez formulée
07:36d'être plus exigeant sur la syntaxe, l'expression, l'orthographe.
07:39Il y a une autre demande qui a été formulée,
07:42qui est de demander aux établissements scolaires
07:43d'organiser une cérémonie
07:45pour commémorer l'armistice du 11 novembre.
07:47Semble-t-il, un certain nombre de professeurs
07:50disent que c'est une militarisation de l'école.
07:53Qu'est-ce que vous leur répondez ?
07:54Écoutez, pardon, mais je ne vois pas ce qu'il y a
07:57de militarisation à célébrer la journée nationale
08:00et de la victoire et de la paix.
08:02C'est la journée, en effet, de la victoire et de la paix.
08:05Et de la paix, voilà.
08:06Et c'est la victoire, c'est la journée au cours desquelles
08:08on rend hommage à tous les morts pour la France.
08:10Vous savez, moi, je pense que c'est important
08:11de savoir où on habite.
08:13On a une histoire commune
08:15qui dépasse les histoires singulières
08:16des différents Français.
08:18On a une histoire commune
08:19qui est un lègue
08:20et qu'on se doit de transmettre
08:21si on veut construire un destin commun.
08:23Et ce que le président de la République a décidé,
08:25effectivement, ça a été dit il y a déjà plusieurs mois,
08:27c'est qu'il souhaitait que le 11 novembre
08:30puisse aussi être commémoré dans l'établissement.
08:32Alors pas le 11, ce sera le 10 ou le 12,
08:34sur un jour ouvrable.
08:35Mais parce qu'il faut rappeler aux élèves
08:37d'où ils viennent, collectivement,
08:39d'où nous venons collectivement,
08:40pour savoir où nous allons collectivement.
08:41Donc vous ne céderez pas là-dessus ?
08:43Non, mais parce qu'il n'y a pas de raison
08:44ni de céder ni de quoi que ce soit.
08:45Il faut là aussi prendre les choses avec sérénité.
08:47Une fois encore, on a une histoire commune
08:49qui dépasse l'histoire singulière
08:51de chacun d'entre nous.
08:52Qu'on soit arrivé en France il y a deux jours
08:53que nos ancêtres aient fait la Première Guerre mondiale,
08:55c'est pareil.
08:56C'est notre lait commun,
08:57parce qu'il y a des hommes et des femmes
08:58qui se sont battus pour qu'on soit libre.
09:00Leur rendre hommage sans souvenir
09:01et savoir le prix de la liberté,
09:03ce n'est pas de l'imitérisation,
09:04c'est du bon sens.
09:05Merci beaucoup, Edouard Jeffrey,
09:06d'avoir répondu à mes questions.
09:09Ministre de l'Éducation nationale,
09:11et vous nous dites donc en exclusivité sur RMC ce matin
09:15que le nombre de recrutements
09:16est en hausse cette année au concours d'enseignement,
09:19plus ?
09:20Plus 50%.
09:21Plus 50%.
09:22Sous-titrage Société Radio-Canada
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