00:00Good Morning Market, le club de la bourse.
00:02Le club de la bourse dans Good Morning Market avec Christian Parizeau, économiste et conseiller auprès d'Aurel BGC qui
00:08est en direct avec nous
00:09et Béatrice Guetsch, directrice de la recherche et de l'innovation chez Swiss Life, Facet Manager.
00:14Merci d'être avec nous ce matin dans la matinale de l'économie.
00:17On regarde beaucoup le pétrole en ce moment Nicolas, les niveaux du pétrole et la situation en plus qui s
00:26'ajoute au détroit de Babel Mandeb, Christian Parizeau.
00:29Les marchés restent étonnamment calmes.
00:34Oui, alors c'est vrai que c'est compliqué pour le pétrole parce que le gros problème qu'on a
00:38avec le pétrole, c'est que si on réouvre le détroit d'Hermouz,
00:42immédiatement on va se retrouver avec une offre largement excédentaire et donc l'équilibre est difficile à trouver aujourd'hui
00:50sur les cours du pétrole
00:51parce que d'un côté on pourrait se dire que la situation actuelle ça empire, mais on n'est pas
00:56face à une demande de pétrole qui explose
00:58parce qu'on a vu que les statistiques en Chine, notamment premier consommateur de pétrole mondial, n'étaient pas exceptionnelles
01:04et on voit que la croissance chinoise reste faible.
01:06Et puis de l'autre, à l'inverse, on voit que la situation peut très vite basculer dans un sens
01:12ou dans l'autre
01:13parce que si on réouvre le détroit d'Hermouz, on va se retrouver avec quelque part des stocks flottants
01:18qui vont être libérés et qui vont à ce moment-là alimenter les cours du pétrole, le marché du pétrole.
01:24Donc on a des investisseurs qui pourraient jouer très fortement la hausse des cours du pétrole
01:28mais qui sont toujours sur cette idée que si on réouvre, si la situation venait à s'améliorer brutalement,
01:34si on faisait un cessez-le-feu immédiatement, on aurait un marché, une offre qui serait à très court terme
01:39excédentaire.
01:40Donc on a le choix, est-ce qu'on joue véritablement une situation qui s'aggrave avec des tensions sur
01:46les stocks
01:46et avec un vrai problème d'une offre qui est inférieure à la demande ?
01:51Et dans ce cas-là, oui, les cours du pétrole pourraient aller à 120 dollars, 150 dollars
01:54mais d'un autre côté, si la situation s'améliore, si demain on arrête le conflit,
01:59on est tout de suite sur des cours du pétrole qui vont redescendre.
02:02Donc on est dans une sorte d'ajustement des cours qui est très progressif finalement.
02:06Plus ça dure longtemps, plus il y a des tensions sur les stocks, plus les cours du pétrole vont monter
02:11mais on n'est pas sur une réaction aussi brutale qu'on était en droit d'attendre
02:14vu la situation qu'on a actuellement.
02:17Donc on est sur des investisseurs qui progressivement tiennent compte de la situation,
02:20des impacts que ça peut avoir sur les stocks
02:22mais qui n'ajustent pas brutalement les cours, aussi brutalement qu'on était en droit d'attendre
02:26au regard de la situation au Moyen-Orient.
02:28Méatrice Gage, vous en pensez quoi ?
02:30Oui, effectivement, je pense que les investisseurs et les marchés sont en train de s'adapter
02:35et en revanche, ce qu'il faut ajouter, c'est que c'est surtout la volatilité des cours qui est
02:38importante.
02:39Donc évidemment, on a parlé d'ajustement en termes d'offres et de demandes.
02:43À ceci près que la Chine a moins consommé mais la Chine a aussi quand même beaucoup de réserves.
02:47Donc ça, c'est la première remarque.
02:49Deuxième remarque, c'est vrai qu'on est aussi un peu attentistes mais aussi très vigilants
02:54à partir du moment où on sait que quand on parle de volatilité,
02:58c'est effectivement l'écart-type par rapport au prix moyen, deux fois l'écart-type,
03:02qui fait qu'en cas de rebond massif, on sait très bien que les marchés vont dégainer finalement
03:10et qu'on va avoir une formation de correlation flash sur tous les types de marchés,
03:15actions, taux, pour reprendre ce que disait Christian.
03:18Certes, il y a un ajustement mais quand on regarde rétrospectivement ce qui se passe,
03:23le marché pense quand même qu'en tous les cas, il peut y avoir un effet d'une hausse des
03:30prix de l'énergie
03:30sur une potentielle inflation plus durable.
03:34C'est en tous les cas ce que suggèrent l'étholon a priori.
03:37Donc extrême vigilance.
03:39Autre thématique sur les marchés, peut-être avec vous Béatrice Gage, la tech.
03:43Alors on en parle effectivement depuis longtemps.
03:45On en parle plus récemment en lien avec l'impact de cette course à l'intelligence artificielle
03:50sur un certain nombre de secteurs, notamment les semi-conducteurs,
03:52si je regarde les performances en bourse depuis plusieurs mois qui fonctionnent très bien,
03:57mais où il y a un certain nombre de questionnements, notamment la semaine dernière,
04:00on a vu que les deux indices phares, que ce soit le SOX ou l'indice Philadelphia,
04:03plutôt concentré sur les Etats-Unis, perdaient 10%.
04:05Comment est-ce que vous, vous l'analysez, cette tendance tech au global ?
04:10Vous la regardez plutôt du point de vue des data centers que des semi-conducteurs à proprement parler ?
04:14Est-ce que les questionnements sont les mêmes selon vous ?
04:18Alors je pense qu'on arrive à une phase de marché où finalement les questions existentielles sont légitimes.
04:23Elles étaient déjà existentielles en 2025.
04:25Elles le sont encore plus aujourd'hui parce que finalement on est un peu dans cette situation de permacrise
04:30au-delà des valeurs tech.
04:32Et effectivement il peut y avoir un nouveau choc exogène qui ferait qu'à partir du moment où il y
04:37aura un impact sur la croissance,
04:39on pourrait avoir cet effet finalement, j'allais dire attendu, et déceptif sur certaines valeurs.
04:48Alors évidemment moi, effectivement pardon, moi j'approche ça plutôt par les data centers.
04:53Et en fait ce qui est intéressant de voir, parce qu'en général quand on parle de tech,
04:56on parle d'hyperscalers, on parle de semi-conducteurs,
04:59donc on voit bien qu'on est sur des marchés très spécifiques, très spécialisés.
05:04Évidemment il faut des semi-conducteurs pour les hyperscalers, pour les data centers,
05:09mais quand on regarde finalement une forme de corrélation entre les marchés actions
05:14et les marchés plutôt sphères de l'économie réelle, les data centers,
05:18et aussi par exemple les grandes foncières américaines qui sont les RIT, spécialisées dans les data centers,
05:24l'année dernière quand il y avait eu ces questions existentielles,
05:27finalement le marché avait beaucoup corrigé.
05:31Et paradoxalement, alors que les valeurs tech performaient relativement bien,
05:37celles des data centers étaient sous-performantes,
05:41elles étaient relativement négatives pour 2025,
05:43et en fait on avait pensé qu'il y a une forme de correction,
05:46puisqu'en fait le marché s'adapte, et ce qu'on voit aujourd'hui en 2026,
05:50c'est que les investissements ont bien repris, ils ont certes ralenti par rapport au niveau passé,
05:56mais encore une fois en termes de construction sur les data centers,
06:00en particulier aux Etats-Unis, finalement on est, le marché tente à penser qu'a priori,
06:08selon le type de data center, qu'il soit métropolitain, urbain ou pas,
06:13selon le type de locataire sur ces data centers,
06:15à priori on a encore un message relativement positif,
06:19parce qu'il y a le phénomène d'écosystème de la tech,
06:22et donc dans cet écosystème, finalement on a des acteurs qui sont aussi très différenciés.
06:26Donc pour revenir à un portefeuille par exemple d'actions,
06:28on peut aussi avoir un effet d'allocation, un effet plutôt tactique,
06:32sur les sommets conducteurs, mais pas que, entre guillemets.
06:35Toute dernière question Nicolas.
06:37Peut-être pour Christian Parizeau, même question,
06:38puis j'aborderai plutôt la réunion de politique monétaire de la BCE
06:41dans la deuxième partie dans Good Morning Market.
06:43Christian Parizeau, sur cette thématique semi-conducteur,
06:45on voit quand même des questionnements sur les marchés aussi,
06:47en provenance de ce qui vient de Chine.
06:48Est-ce qu'on remet en cause le scénario central de grands hyperscalers,
06:53avec des investissements absolument massifs,
06:55qui viennent irriguer tout un pan de l'économie,
06:56ou est-ce qu'on se rend compte qu'avec DeepSeek ou Moonshot,
06:59il y a possibilité de faire tout aussi bien,
07:01avec beaucoup moins d'investissements,
07:03et du coup moins de ruissellement d'investissements
07:07sur une chaîne de valeur aux Etats-Unis ?
07:11En un mot, c'est risque.
07:13C'est le mot risque qu'il faut retenir.
07:14C'est-à-dire que jusqu'à présent, on était sur l'idée
07:16qu'investir dans l'IA, c'était sans risque.
07:20Et là, on commence à intégrer des risques.
07:22Alors, on intègre des risques technologiques,
07:25et là, c'est ce que nous renvoient un peu les sociétés au niveau de la Chine.
07:29C'est-à-dire qu'on peut faire des modèles,
07:31des modèles assez performants, qui consomment moins d'énergie,
07:36et ça montre surtout que pour les OpenAI, pour les Anthropix,
07:40les barrières à l'entrée sur les modèles d'intelligence artificielle
07:43ne sont pas si élevées que ça,
07:45puisqu'on a aujourd'hui des modèles open source,
07:47et ça permet à la Chine d'avoir des concurrents très importants.
07:50Alors certes, vous n'aurez pas la même performance
07:52que le meilleur modèle d'OpenAI ou d'Anthropix,
07:56mais c'est peut-être suffisant pour vos besoins,
07:58pour faire un résumé de mail,
07:59vous n'avez pas besoin de la dernière technologie.
08:02Donc, d'une part, on s'aperçoit qu'il y a une partie de l'intelligence artificielle,
08:06ces modèles LLM, vont être des modèles très concurrentiels
08:09sur lesquels on peut zapper un jour sur l'autre,
08:13en fonction du cours, en fonction,
08:14donc ça sera un marché très concurrentiel.
08:16Donc ça casse un peu une partie de cette image.
08:18Après, on a les hyperscalers,
08:19les hyperscalers, eux, ils investissent, ils sont là,
08:21ils mettent de l'argent sur la table,
08:23parce qu'ils veulent construire ces datacenters,
08:24mais on a aujourd'hui deux risques.
08:27D'une part, le problème de l'électricité,
08:29ce n'est pas la production d'électricité qui pose problème,
08:31c'est le raccordement entre les centrales et les datacenters,
08:34et ça, ça pourrait ralentir les projets.
08:37Donc ça, c'est un premier point.
08:38Et puis, deuxième point qui pose naturellement problème,
08:41c'est finalement, est-ce qu'on ne va pas surinvestir dans ces datacenters ?
08:45Donc ça, c'est une deuxième source de risques
08:47que doivent aujourd'hui intégrer les marchés
08:49avec une inflation du coût de ces datacenters,
08:52puisqu'on a vu que les prix des mémoires explosaient.
08:54Donc on est sur peut-être des business models qui seront là,
08:57qui seront peut-être rentables,
08:58mais on ne sait pas trop quelle est la rentabilité.
09:00Et finalement, cette inflation dans les composants électroniques
09:04peut remettre en cause le retour sur l'investissement.
09:06Donc risque aussi sur les hyperscalers.
09:08Et puis, vous allez me dire, il vous reste les mémoires,
09:11tous ceux qui produisent des capacités de calcul,
09:14eux, ils ont au moins l'investissement de ces hyperscalers,
09:16mais on s'aperçoit que finalement,
09:18il y a un gros débat pour savoir
09:19combien de temps va durer cette phase d'expansion,
09:23est-ce que finalement, on ne va pas avoir une concurrence
09:25qui va être de plus en plus forte ?
09:26Et puis, on voit que de plus en plus,
09:27on essaye de développer les propres modèles.
09:29On voit qu'on a aujourd'hui des hyperscalers
09:32qui développent leurs propres puces.
09:33Donc aujourd'hui, on ne délaisse pas la thématique de l'IA,
09:37mais on est en train d'essayer de hiérarchiser le risque.
09:40Et on voit que ça fait des soubresauts sur les marchés.
09:42Et on voit aujourd'hui qu'on n'est plus prêt à investir n'importe comment
09:45et à des niveaux de valorisation très élevés.
09:47Donc ça va faire que cet été,
09:49on va avoir beaucoup de volatilité autour de cette thématique.
09:52Le club de la bourse continue avec Good Morning Market dans un instant.
09:55Merci Christian Parizeau, économiste et conseiller auprès d'Orel BGC.
09:58Béatrice Gage, directrice de la recherche et de l'innovation
10:01chez Swiss Life, à cet manager d'être venu ce matin.
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