00:00Good Morning Market, le club de la bourse.
00:02Le club de la bourse, on va vers Good Morning Market tout à l'heure avec Nicolas Pagnéz.
00:06Et nous recevons en attendant Jean-François Robin, chef économiste de Natixi, CIB et Loïc BQ,
00:11gérant diversifié et allocation d'actifs chez Siena.
00:14Merci d'être avec nous ce matin.
00:16Sitôt, messieurs, on va peut-être commencer Nicolas par le pétrole.
00:2090 dollars ce matin, les marchés qui restent optimistes.
00:24En tout cas, c'est assez stable pour le moment, Jean-François.
00:27Oui, on voit bien une assez faible réaction finalement à ce qui se passe.
00:30Là, on a une vraie escalade et surtout, on ne voit pas trop...
00:32Neuvième jour de conflit.
00:33Neuvième jour de conflit, de reprise du conflit.
00:36Et puis, on ne voit pas trop de sorties, en fait.
00:37C'est ça ce qui peut inquiéter.
00:39Mais on voit bien que les marchés, en tout cas pétroliers, réagissent assez peu.
00:42Alors, ils réagissent assez peu parce qu'on a vu que dès qu'il y avait un cessez-le-feu,
00:46et il y aura un cessez-le-feu à un moment ou un autre,
00:49on rebasculait très très vite dans la situation qui prévalait avant le conflit,
00:51c'est-à-dire de trop de pétrole par rapport à la consommation.
00:54On voit aussi qu'il y a beaucoup de manières d'éviter finalement le Détroit.
00:59Je pense notamment à la baisse de la consommation, notamment en Asie,
01:01notamment les Chinois, avec le boom des voitures électriques.
01:04On parle de plus de 2 millions de barils de consommation.
01:06On ne voit pas les Chinois, à part qu'ils ont un peu reconstitué leur stock
01:09dès que ça s'est revenu à la normale,
01:10mais ils ne reconsomment pas autant de pétrole qu'avant,
01:13alors qu'on a vu dans les chiffres chinois que c'est bien l'industrie qui marche,
01:16pas la consommation.
01:17Donc, il y a vraiment un changement de mix énergétique qui est en train de se passer en Chine.
01:20Et puis, on voit d'autres pays comme les Émirats,
01:23comme surtout, par exemple, l'Irak.
01:24Qui est le deuxième plus gros producteur de l'OPEP.
01:264,5 millions de barils qui ont été exportés.
01:28Comment ils font ? Par des camions.
01:31Alors, c'est impressionnant parce qu'ils passent par la Syrie avec des chaînes de camions.
01:35Sachant, voilà, on est un tanker, c'est 300 000, ça fait jusqu'à 700 000 barils.
01:40Voilà, un camion, c'est 2 tonnes.
01:42Donc, il faut des...
01:43Mais quand même, ils annoncent qu'ils ont réussi à 4,5 millions de barils.
01:46Donc, je ne dis pas que c'est un retour anormal,
01:47mais l'Arabie saoudite, les Émirats, l'Irak sont à 85% de leurs exportations qui prévalaient avant.
01:53Donc, finalement, le détroit d'Hormuz, on s'organise à faire 100.
01:56En moins de 3 mois.
01:57En 3 mois, à peu près.
01:58Avec quand même une question.
01:59On est à 90 dollars.
02:00Alors, c'est vrai que ça ne réagit pas autant que ça devrait,
02:02mais ça monte progressivement.
02:03Est-ce que chaque jour de conflit supplémentaire
02:05ne vient pas rajouter quand même un peu de fébrilité
02:07sur les marchés, sur les cours du pétrole ?
02:09Peut-être, Loïc, pour continuer ?
02:10Oui, si, justement, ça commence à redevenir compliqué.
02:13Parce que là, si on nous replonge dans un choc stagflationniste,
02:16c'est-à-dire avec moins de croissance, mais plus d'inflation,
02:18du fait de la rehausse du prix du baril de pétrole,
02:22finalement, tout ce qu'on a anticipé,
02:23toutes les bonnes nouvelles qui ont été anticipées au mois de juin,
02:25on va plutôt faire un retour en arrière.
02:27Et je trouve que les marchés sont, pour l'instant, plutôt complaisants.
02:30Parce que là, le baril qui revient à 90 dollars,
02:32on a repris quasiment 15% depuis les plus bas.
02:36Donc ça, ça redevient compliqué.
02:38Parce que ça veut dire quoi ?
02:39Plus d'inflation ?
02:40Peut-être plus de remontée des taux des banques centrales,
02:43notamment la Banque centrale européenne.
02:44Peut-être remontée des taux de la Banque centrale américaine.
02:47Même pour sa prochaine réunion de politique monétaire
02:49dans quelques jours, pour la BCE,
02:50ça pourrait influer directement cette remontée des coûts du pétrole ?
02:53Alors là, c'est peut-être un peu trop tôt.
02:54Je pense qu'il ne se passera rien cette semaine au niveau de la BCE
02:57comme la semaine prochaine au niveau de la Fed.
03:00Mais ça peut expliquer en partie,
03:01vous en parliez tout à l'heure,
03:03d'une correction, en tout cas, sur la valeur technologique.
03:05Il faut savoir que si la Fed remonte ses taux d'intérêt,
03:08c'est moins bon pour les valeurs technologiques
03:10qui, finalement, financent leur croissance via l'endettement.
03:13J'allais parler des semi-conducteurs,
03:14mais Jean-François, effectivement,
03:15qu'est-ce que vous attendez des deux réunions baissées cette semaine
03:18et faites la semaine prochaine ?
03:19Statut quo sur les deux.
03:20En même temps, ce serait plutôt bon signe que la BCE monte ses taux
03:23parce qu'on se souvient qu'ils avaient monté les taux
03:24juste avant qu'il y ait eu un cessez-le-feu
03:25et que le prix du payeur du patril s'écroule.
03:28Et tout de suite, l'inflation, on a vu,
03:29l'inflation qui est repassée sous les 2% très nettement en France,
03:32qui a rebaissé plus fort qu'entendu en Allemagne.
03:34Donc, on sait bien que le moment où il y a un cessez-le-feu,
03:37et encore une fois, on ne sait pas quand,
03:38mais on sait qu'il y en aura un,
03:40on verra les prix de l'énergie se repartir très fortement à la baisse.
03:43On est tout de suite reparti.
03:45On peut viser les 60 dollars à un moment ou un autre en 2027.
03:49Ça veut dire que les profils d'inflation rebaisseront très, très vite.
03:51Donc, la BCE, à mes yeux, n'a aucun intérêt aujourd'hui à le faire.
03:54On est dans une telle incertitude.
03:56Pour l'instant, les marchés ne l'intègrent pas cette semaine.
03:59Nous non plus, on pense que s'il y a un risque,
04:01c'est plutôt en septembre.
04:01Mais encore une fois, nous, on pense que c'est plutôt le statu quo
04:03qui va prévaloir.
04:04Mais également pour la Fed,
04:05parce que là aussi, on voit que les prix à la consommation
04:07ont rebaissé pour la première fois la semaine dernière
04:10depuis plusieurs mois.
04:11Et donc, on a une transmission assez rapide.
04:14Mais comme on le disait, on est dans une telle incertitude.
04:15On voit les prix du galon qui remontent aux États-Unis,
04:17qui repassent au-dessus des 5.
04:19On voit les tensions sur le diesel qui reviennent ici ou là.
04:21Parce que, comme l'était dit précédemment,
04:23évidemment, plus ça dure, moins on a de stock.
04:26Même si on prend de moins en moins ces voitures,
04:28on a vu un record de fréquentation du TGV en Chine notamment.
04:33Et on revoit la même chose en Europe
04:35avec la baisse des passages dans les péages,
04:37la baisse de la consommation dans les stations-service.
04:40On voit ça directement dès que les prix remontent.
04:42Même si on a ça, ça veut dire que moins on a de stock
04:44et plus ça dure.
04:45Et plus on aura quand même de la transmission
04:47dans les prix de l'énergie agricole, etc.
04:49Un mot peut-être sur les semi-conducteurs.
04:50La semaine dernière, les semi-conducteurs au global
04:53ont signé leur pire performance hebdomadaire
04:55depuis Libération Day.
04:57Le hic BQ, quand on voit que des valeurs comme Micron
05:00qui font moins 30% sur un mois,
05:02Sandisk qui font moins 40% sur un mois,
05:05qu'on explique ça par des sorties de stratégies de hedge funds,
05:08notamment de stratégies Momentum,
05:10est-ce que ça veut dire que c'est la fin de la spéculation,
05:12si je peux m'exprimer ainsi,
05:14sur la thématique semi-conducteurs ?
05:15Alors la fin de la spéculation, je ne sais pas,
05:17mais en tout cas, il est plutôt logique.
05:18Quand je voyais ces valeurs-là qui gagnaient 10 à 15% par jour,
05:21donc à un moment, c'est un peu normal que ça se calme,
05:24notamment parce qu'on arrive dans la période estivale
05:26qui va être un peu moins liquide.
05:27Et on attend surtout les publications des résultats
05:29du deuxième trimestre.
05:31Donc je pense que c'est une logique des investisseurs
05:35de prendre quelques profits avant ces publications de résultats.
05:38Et parce qu'on le redisait il y a deux secondes,
05:40on revient dans de l'incertitude,
05:42avec peut-être un choc stagflationniste un peu plus important,
05:45et avec des hausses de taux d'intérêt du fait de la hausse de l'inflation.
05:48Donc je pense que c'est en toute logique,
05:49il est normal que l'ensemble des investisseurs
05:51commencent à prendre leur profit sur ces valeurs-là.
05:52Mais ce n'est pas la fin.
05:53Non, non, c'est un cycle qui va durer un peu plus longtemps
05:56que 6 à 9 mois.
05:58Donc non, c'est une prise de profit logique.
06:00Est-ce qu'il n'y a pas, Jean-François Robin,
06:02un questionnement sur ce qui vient de Chine quand même ?
06:04Parce que toute la thématique, elle vient quand même du fait
06:05que des hyperscalers investissent énormément
06:07et alimentent toute une chaîne de valeurs,
06:09notamment des data centers, des commandes de puces.
06:11Et puis on a vu DeepSync, on a vu Moonshot,
06:13il y a quelques jours, qui montrent,
06:14qui sont capables de faire des modèles d'IA
06:16tout aussi performants qu'en tropiques,
06:17mais beaucoup moins chers.
06:18Est-ce qu'il n'y a pas une remise en cause peut-être
06:20de la nécessité d'investir autant
06:22pour atteindre les mêmes niveaux de performance
06:24que ce que les hyperscalers américains font aujourd'hui ?
06:27Alors, de remarque, je pense que le sell-off,
06:30la correction qu'on voit sur les marchés,
06:31elle est assez globale quand on voit SpaceX
06:34qui a lâché 1 000 milliards de valorisation.
06:36Donc il y a un truc autour de la tech qui, on voit,
06:39on voit le Cospi qui a perdu 25%,
06:41le Nasdaq qui a corrigé un petit peu
06:43également dans moindre mesure.
06:45Donc un, il y a quand même une espèce de prise de profit
06:47sur ce qui a beaucoup monté dans une période d'incertitude
06:49qui revient liée à la guerre.
06:50Deux, sur les semi-conducteurs,
06:52on est typiquement dans ce qui se passe
06:53dans tous les cycles d'innovation,
06:55à chaque cycle d'innovation,
06:57il y a une révolution ou pas,
06:58là en l'occurrence c'est probablement une révolution,
07:00il n'y a pas trop de débat là-dessus,
07:01mais comme dans toutes les révolutions,
07:03que ce soit l'électricité de la voiture,
07:04le téléphone, l'Internet, etc.,
07:06il y a du surinvestissement et de la surcapacité.
07:09Et donc là, on est en train de questionner ça
07:11quand même de façon plus structurelle
07:13sur les besoins d'investissement,
07:15sur le nombre de data centers qu'on fait,
07:16les investissements dans les puces
07:17et sur le coût, sur la monétisation de tout ça.
07:20Il n'y aura pas que des gagnants,
07:21il y aura aussi des perdants.
07:22Et donc ce moment deep-six,
07:23ce moment moonshot,
07:25il est que, évidemment,
07:25quand vous êtes le leader de l'innovation,
07:28à un moment, vous faites de telles marges
07:29que vous attirez de la compétition
07:30qui fait la même chose en moins cher.
07:32C'est précisément ce qu'il y a en train de faire
07:33et ce que font toujours très bien les Chinois.
07:36Donc, on a une espèce de questionnement
07:37sur combien on arrivera à monétiser
07:39et finalement,
07:39est-ce qu'il y aura autant de gagnants que ça ?
07:41Et est-ce que ça vaut si cher que ça
07:42des entreprises qui vont avoir
07:43beaucoup plus de mal peut-être que prévu
07:45à faire payer quelque chose,
07:47sachant que 80% des usages,
07:49on n'a pas forcément besoin du Fable 5, etc.
07:53Encore une fois,
07:53j'invite tout le monde à utiliser Vibes
07:54plutôt qu'autre chose,
07:55ça marche très très bien.
07:56Merci beaucoup,
07:57messieurs Jean-François Robin,
07:58chef économiste de Natix,
08:00Cistia,
08:00IBI et Loïc BQ,
08:01gérant diversifié
08:02et allocation d'actifs chez Siena
08:03d'être venu dans le club de la Bourse
08:05ce matin.
08:06Sous-titrage Société Radio-Canada
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