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  • il y a 6 minutes
Retrouvez le club de la Bourse du jeudi 23 juillet dans l'émission Good Morning Market. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Le club de la bourse.
00:01Le club de la bourse, et ça a déjà commencé à débriefer sur ce plateau avec Thibaut Prébé, économiste indépendant.
00:06Bonjour Thibaut.
00:07Bonjour.
00:07Et Romain Aumont.
00:08Bonjour Romain, macroéconomiste et stratégiste Natixis Investment Managers.
00:13Les résultats d'Alphabet, on a effectivement commencé par 512 milliards de dollars de profit net au deuxième trimestre.
00:22Chiffre jamais égalé, Etienne Braque.
00:23Oui, jamais égalé, grâce à des participations dans SpaceX, dans Anthropique.
00:27Comme au premier trimestre, vous avez beaucoup d'exceptionnels.
00:30Quand vous regardez le résultat opérationnel qui retire ses participations, on a quand même 40 milliards de profits en l
00:35'espace de trois mois contre 31 il y a un an.
00:39Et c'est le cloud qui tire encore et toujours la croissance, bien au-delà des attentes.
00:43Chiffre d'affaires de Google Cloud, 82%.
00:45Les analystes s'attendaient à 64.
00:47Donc on est quand même largement au-delà des attentes.
00:50Thibaut, un commentaire sur ces chiffres faramineux.
00:52Oui, c'est des chiffres d'ailleurs que le marché n'a pas apprécié, puisque le titre baisse après heure.
00:56Le grand narratif, il est très simple.
00:57C'est de se dire qu'en fait, maintenant, tout le monde a basculé.
01:00Au premier trimestre, on disait qu'il y a de la super croissance.
01:02Il y a des résultats exceptionnels, bouqués, qui sont géniaux.
01:04Sauf que c'est sur des titres, on le voit avec la dynamique de SpaceX, qui n'ont quand même
01:06pas une tête géniale.
01:08Donc si on revient sur le reste, déjà la croissance était plus basse qu'attendue si on enlève du résultat
01:12de ça.
01:13Et puis le sujet, en fait, c'est un sujet de cash.
01:15C'est-à-dire qu'on est des sociétés qui généraient, il y a deux trimestres encore, 25 milliards de
01:18générations de cash par trimestre.
01:20Là, on est à moins 5, c'est la première fois.
01:22Dans le même temps, il nous annonce 200 milliards de dépenses, ce qu'on appelle les capex, sur l'année,
01:29ce qui est complètement délirant.
01:31Et si ça, c'est de l'investissement, ça génère beaucoup de résultats derrière, c'est super.
01:34Si c'est de la course à l'IA sans rentabilité, c'est de la perte.
01:37Et donc, en fait, le marché est à un moment où il a un peu peur.
01:39Parce qu'il se dit, en fait, la boîte, elle cartonnait, ça déroulait.
01:42Avec ce virage, c'est casse-gueule.
01:43En même temps, Alphabet est sans doute le seul qui n'a pas le choix, puisque, comme vous le savez,
01:46c'est le moteur Google,
01:47que de plus en plus de gens commencent à délaisser les moteurs de recherche pour faire leurs recherches sur l
01:50'IA.
01:50Donc, ils ne peuvent pas se permettre d'être absents de ça.
01:53Mais voilà, la grande interrogation sera celle-là.
01:54Et puis, il y a un truc qui commence à buzzer un peu, c'est que tout le monde fait
01:57quand même remarquer que le cash flow qui était créé par ces entreprises servait à racheter leurs propres actions,
02:01ce qu'ils ne font plus.
02:02Donc, ça fait des acheteurs en moins.
02:03Et que dans le même temps, en fait, ces actions servaient à payer des gens en nature.
02:06Et donc, en fait, il y avait des dizaines de milliards donnés par les GAFAM aux salariés pour les payer
02:09dans cette course à l'IA.
02:11Ce qui veut dire qu'en fait, quand il y a de moins en moins de cash et que ce
02:13cash, il sert à racheter des actions qui sont en fait du salaire déguisé,
02:15il n'y a plus vraiment de génération de cash.
02:16Donc, on rentre dans une ère du risque pour essayer de générer des super profits IA.
02:20On y arrivera ou pas, on ne sait pas.
02:22Mais voilà, on est dans une situation où il y a une notion de risque qui est arrivée, qui n
02:26'existait pas avant sur ce type d'entreprise,
02:27pour le meilleur ou pour le pire.
02:28Mais en tout cas, c'est une nouvelle donne que le marché aime un peu moins.
02:31Etienne ?
02:31En tout cas, le titre gagne 8% depuis le début de l'année.
02:34Donc, ce n'est pas trop mal par rapport à Microsoft ou par rapport à d'autres GAFAM.
02:38Romain Aumont, ça confirme aujourd'hui une thèse sur laquelle il faut rester aujourd'hui investi sur ces valeurs de
02:43croissance,
02:44qui ont quand même des croissances époustouflantes.
02:47On peut, en effet, voir ça comme un signal négatif, ce free cash flow.
02:51Mais nous, la manière dont on appréhende la réalité au sein de Natix ICM,
02:56c'est de se dire que globalement, on a un effort d'investissement qui est absolument massif.
02:59Et que cet investissement, qui ne cesse d'accélérer finalement,
03:02les chiffres de Google le montrent encore, sont en train de tirer finalement la croissance future.
03:07Et nous, on considère que c'est encore une fois un choc de productivité qui va être ultra positif,
03:11qu'on est en effet dans une période de transition où le marché peut avoir peur,
03:14où il y a une certaine frilosité qui commence à apparaître,
03:17confère finalement la réaction de marché qu'on a observée après les annonces.
03:21Néanmoins, derrière, pour nous, c'est de la croissance
03:24et ça va être des gains de productivité qui vont percoler ensuite à travers la cote.
03:28Donc, ça justifie l'idée qu'on est à l'orée encore de cette révolution technologique et industrielle
03:33et que globalement, on va avoir de la croissance future,
03:37notamment la croissance bénéficiaire,
03:38qui commencera à intervenir, on va dire, d'ici le second semestre 2027, début 2028.
03:43Ces milliards d'investissements, ils profitent notamment à beaucoup d'acteurs
03:46dans cette chaîne des data centers.
03:49On l'a encore vu avec STM ce matin qui revoit là où c'est profit.
03:51Vous, ça vous laisse beaucoup plus sceptique, Thibaut Prébé ?
03:54Je ne veux pas que je sois sceptique, je trouve ça super,
03:55je ne sais juste pas qui va capter la valeur.
03:57Je me demande si on n'est pas dans ce qu'on appelle un moment free télécom.
03:59Vous savez, quand free arrive, les opérateurs de télécommunications gagnent tous beaucoup d'argent,
04:03ce n'est pas efficace et les prix sont très élevés.
04:05Et à un moment donné, et on peut le voir aussi avec l'arrivée, par exemple, de l'IA,
04:08où beaucoup de gens disent que ça devient trop cher
04:09et c'est la Chine qui tire les prix vers le bas,
04:11si on a une super concurrence et que tout le monde investit à mort,
04:13le service augmente beaucoup, le prix de ce service peut même baisser,
04:16mais si le gagnant, c'est le consommateur,
04:18ce n'est pas forcément le producteur du service,
04:20exactement ce qu'on a eu sur les télécommunications françaises.
04:22Donc la question qu'il faut se poser, c'est qu'il y a un gain,
04:24ce que moi j'appellerais du progrès,
04:25c'est-à-dire qu'on ressort de l'innovation pour revenir vers le progrès,
04:27c'est extrêmement positif.
04:28Est-ce que c'est les opérateurs IA qui vont capter ça ?
04:31Est-ce que c'est les truelles,
04:33c'est-à-dire les opérateurs soit de l'énergie, soit des data centers ?
04:36Ce n'est pas très clair,
04:37mais ce que je dis en tout cas,
04:38c'est que quand vous mettez 200 milliards sur une année,
04:40ce qui est par rapport à ce que vous générez énorme,
04:41il y a toujours une probabilité que ça ne génère pas la rentabilité faite
04:44et que le marché ne donne pas beaucoup de matière pour se tromper.
04:48Donc je dis, c'est une opportunité, c'est aussi un risque,
04:51et je pense que ce risque est peut-être un peu sous-estimé,
04:54mais je pense que de toute façon,
04:55ce sera favorable aux consommateurs.
04:56Donc l'idée de la productivité, elle est réelle,
04:58mais l'idée que la productivité de l'économie génère des résultats en masse
05:01pour les hyperscaleurs,
05:03ce n'est pas une évidence totale,
05:04il faudra le vérifier sur pièce.
05:06On parle de la réunion de la BCE qui a lieu tout à l'heure, Etienne ?
05:09Oui, avec une réunion qui est attendue au tournant,
05:12même si la BCE ne devrait pas remonter ses taux,
05:14mais si la Garde, bien sûr, sera interrogée
05:16sur une éventuelle hausse de taux à partir du mois de septembre,
05:20dans le sens où ce fameux baril de pétrole à 95 dollars
05:24remet en avant les pressions inflationnistes
05:26qui avaient été quelque peu délaissées
05:28fin juin, début juillet.
05:29Et dans un contexte aussi où le 10 ans français affolait,
05:32les 4% il y a, est-ce que c'est affolant,
05:35cette bascule vers les 4% ?
05:37C'était 3,99, Thibaut Prébet.
05:39Oui, c'est affolant, en fait, c'est ça qui est dramatique,
05:41c'est que ce n'est pas affolant,
05:42c'est-à-dire que comme rien n'est jamais affolant
05:43parce qu'on a beaucoup d'épargne,
05:45que finalement on arrive toujours à se financer,
05:46tout le monde s'en fout.
05:47Donc en fait, quelque part, si c'était un peu affolant,
05:49on ferait quelque chose.
05:49Mais là, on a un des taux qui augmente tout le temps,
05:51on va faire tranquillement nos 6 de déficit,
05:53tout le monde s'en fout.
05:54C'est-à-dire qu'on a une croissance nominale
05:55qui va atteindre les 3%.
05:57Donc il faudrait, au voisinage de 100% de dette sur PIB,
06:00avoir 3 de déficit pour stabiliser notre dette.
06:02On va faire un gros écart, tout le monde s'en fout.
06:05Alors ceci étant dit, c'est vrai qu'on a moins de pression
06:07pour la BCE, puisque un moment,
06:09elle a monté ses taux juste avant que le détroit d'Ormus s'ouvre,
06:11donc elle allait se passer un peu, entre guillemets,
06:12passer mon expression pour une conne,
06:13et puis là, que ça s'est un peu refermé,
06:16c'est plus confortable.
06:16Elle va pouvoir dire, on va voir, en fait, c'est une évolution.
06:19C'est-à-dire qu'à un moment, le détroit était ouvert,
06:20ensuite il était fermé,
06:21ensuite c'est le droit de Schrödinger,
06:22c'est-à-dire que Trump disait qu'il était ouvert,
06:23l'Iran disait qu'il était fermé,
06:24et maintenant c'est l'intermittent du détroit
06:26qui est ouvert un jour, fermé l'autre.
06:27Ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui,
06:28on va avoir une séance d'attente
06:29qui ne va pas être très intéressante,
06:31mais le sujet de la dette, c'est un gros sujet
06:33dont je pense, malgré tout, qu'on ne va pas s'emparer.
06:35Dans vos scénarios chez Natixis,
06:37d'autres hausses de taux vous semblent-elles plausibles ?
06:40Alors, nous sommes toujours dans une sorte de contingence
06:43vis-à-vis de l'environnement géopolitique.
06:46Nous, on partait du principe
06:47qu'une seule hausse pouvait suffire
06:48dans la mesure où c'était un pur choc exogène
06:50et que globalement, on n'allait pas avoir
06:52de transmission de l'inflation énergétique
06:54dans l'inflation cœur, les services, les biens manufacturés.
06:57Maintenant, avec la réaccélération des prix du pétrole,
06:59il n'en demeure pas moins que le marché anticipe maintenant
07:01deux hausses d'ici le premier trimestre 2027,
07:05deux hausses de 25 points de base.
07:06Nous, on considère que potentiellement,
07:08elle pourrait s'arrêter là
07:09à mesure que les bonnes nouvelles s'amoncellent sur le Détroit.
07:11Ce n'est pas le cas.
07:12On a une Banque centrale européenne
07:14qui court derrière l'histoire, on va dire,
07:15et qui essaie à tout prix de défendre sa crédibilité
07:18alors même que les anticipations d'inflation de marché
07:20restent quand même très stables,
07:22surtout sur la partie longue de la courbe.
07:23Qu'est-ce que ça signifie ?
07:24Eh bien, la crédibilité de la Banque centrale européenne
07:27n'est pas entachée.
07:28Néanmoins, on a une Christine Lagarde
07:29qui est en train de s'enferrer finalement
07:30dans une sorte de dogmatisme.
07:32La Banque centrale européenne considère que
07:34c'est un choc sur lequel elle peut avoir un impact
07:37et une pression si elle augmente ses taux.
07:40Et on considère que globalement,
07:41il y a encore un risque de faire une erreur
07:43de politique monétaire en septembre pour la BCE.
07:46L'analyse était une hausse de taux,
07:48ça passe au mois de juin.
07:4925 points de base, c'est symbolique.
07:51Bon, ça peut s'absorber facilement.
07:53Si on a une autre au mois de septembre,
07:54ça sera plus compliqué pour les souverains,
07:57mais également pour les entreprises,
07:58pour les ménages au moment ?
07:59On commence à voir dans les enquêtes
08:01d'accès au financement des entreprises
08:02un resserrement des conditions financières.
08:04Nécessairement, on a eu une augmentation des taux,
08:05que ce soit sur la partie longue,
08:06que ce soit sur la partie courte.
08:08Et globalement, la croissance en zone euro
08:10n'a pas besoin à l'heure actuelle
08:11d'avoir une pression négative sur la demande.
08:14Et qu'est-ce qui est en train de se passer ?
08:15Eh bien, la Banque centrale européenne
08:17est en train de s'enferrer sur cette contrainte,
08:19sur la demande, alors même qu'on a des enjeux
08:21d'investissement dans la transition,
08:23dans la souveraineté militaire et technologique.
08:25Et à partir de là, on peut continuer
08:28à voir se matérialiser une dichotomie
08:29entre les États-Unis,
08:31où on a une réserve fédérale
08:31qui a quand même une posture politique
08:34monétaire assez neutre,
08:35et finalement, la zone euro,
08:36qui, comme d'habitude,
08:37a une Banque centrale européenne
08:38qui est restrictive.
08:40Et ça, ce n'est pas nécessairement positif
08:42pour les trajectoires de croissance.
08:44Merci.
08:45Merci, messieurs.
08:46Thibaut Prébet, économiste indépendant
08:47et Romain Haumont, macroéconomiste
08:49et stratégiste chez Natixist Investment Manager.
08:52Merci, messieurs.
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