- il y a 9 heures
Chaque week-end, l’émission pilotée par Dominique Rizet, consultant police/justice BFMTV, et Pauline Revenaz, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.
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00:02Générique
00:09Bonjour à tous, nous sommes dimanche, il est 13h, bienvenue dans notre émission Affaires suivantes.
00:13Ravie de vous retrouver avec mon complice Dominique Risse.
00:15Bonjour Pauline, bonjour à tous.
00:16Au programme cette semaine, qui a tué Robert Boulin, ministre du Travail, retrouvé mort au pied d'un étang en
00:211979.
00:23C'est ce que tente de comprendre la justice 47 ans après les faits.
00:26Trois juges du pôle Colcase de Nanterre ont été désignés pour enquêter sur l'une des plus grandes énigmes judiciaires
00:32de la Vème République.
00:34Le soulagement immense de Dany Leprince qui a vu sa condamnation annulée.
00:39La cour de révision donne son feu vert pour un nouveau procès dans quelques mois à Angers
00:43où on rejugera le quadruple meurtre de Thornier-Surduet dans la Sarthe.
00:48Comment expliquer, décrypter cette décision rarissime ?
00:51C'est la 13ème fois seulement depuis 1945 qu'on révise un procès.
00:56Qui a commis cette tuerie familiale ?
00:58Connaîtra-t-on à jour la vérité ?
01:00Dany Leprince sera avec nous.
01:01Il y aura aussi ses avocats, l'avocate de sa nièce, Solène, et ils seront avec nous dans un instant.
01:07Restez avec nous, affaire suivante, c'est tout de suite.
01:11C'est l'une des plus grandes énigmes politico-judiciaires de la Vème République.
01:16L'affaire Boulin, du nom de ce ministre du Travail, juste derrière moi, retrouvé sans vie au bord d'un
01:21étang le 30 octobre 1979.
01:23Officiellement, un suicide.
01:25Mais ça bouge au Paul Colcase de Nanterre.
01:27D'abord le rappel des faits avec Pierre-Louis Bousset.
01:33Ministre à sept reprises, trois fois secrétaire d'Etat, et une arrivée à Matignon qui semble lui tendre les bras.
01:38En 1979, Robert Boulin suit une brillante trajectoire politique vers les plus hauts échelons du pouvoir.
01:45Une carrière des honneurs qui s'achève brutalement le 30 octobre.
01:49Son corps est découvert au petit matin près de cet étang des Yvelines.
01:53Dans la voiture de Robert Boulin, divers écrits et lettres sont retrouvés.
01:58J'ai décidé de me noyer dans un lac de la forêt de Rambouillet où j'aimais faire du cheval.
02:03Les différentes versions des faits se contredisent.
02:05Certains témoignages affirment que Robert Boulin a été retrouvé à la tête immergée dans les 60 cm d'eau de
02:10cet étang.
02:11Pour d'autres, son corps faisait face à la berge, là où était gare et son véhicule.
02:16Au moment de sa mort, le ministre était la cible d'attaques et de rumeurs sur l'acquisition d'un
02:21terrain à Ramatuel.
02:22Des accusations auxquelles le premier ministre de l'époque, Raymond Barr, fait allusion au lendemain du drame.
02:28Dans cette épreuve qui est tragique pour le gouvernement,
02:34vous dire de méditer sur ce que peuvent être les conséquences de certaines ignominies et d'une grande bassesse.
02:46La justice conclut finalement un suicide par noyade après ingestion de barbeturique.
02:50Mais pour la famille de Robert Boulin, il s'agit là d'un assassinat politique
02:54et pointe la responsabilité du service d'ordre du RPR, le parti gaulliste à cette époque.
03:00Quand on regarde le dossier, rien ne tient rationnellement.
03:03On ne peut pas dire qu'il a marché 6 mètres dans la vase alors qu'il n'y a
03:06pas de vase aux chaussures,
03:08qu'il est mort sur le ventre alors qu'il a scientifiquement s'est prouvé qu'il est mort sur
03:13le dos.
03:1446 ans après les faits, les investigations redémarrent.
03:17Le Paul Colquais de Lanterre a désigné trois juges d'instruction pour reprendre en main le dossier.
03:23Alors j'accueille sur ce plateau Maître Marine Alali, avocate de la famille Boulin.
03:27Merci Maître d'être avec nous.
03:28J'accueille également Dominique Labarrière, journaliste et auteur de « Quand la politique tue ».
03:32Aux éditions La Table Ronde et mon petit doigt me chuchote que vous préparez un nouveau livre pour la rentrée.
03:37Merci d'être avec nous.
03:38Merci votre petit doigt, dit vrai.
03:39Et général Daouz, qu'on ne présente plus, ancien patron de l'IRCGN qui est avec nous.
03:44Dominique, écoutez, trois juges d'instruction désignés par le Paul Colquais de Lanterre.
03:49Trois juges.
03:50Pour faire quoi ? Pour chercher quoi ?
03:53Et Maître Alali, je me tourne vers vous.
03:54Est-ce que la famille y croit encore ? Est-ce que c'est une étape essentielle pour elle ?
03:58Bien sûr que la famille y croit encore et le dossier est à l'endroit, il doit être.
04:02Déjà, la saisine du Paul Colquais, ce qui est hyper important à comprendre, c'est qu'il y a un
04:06peu une reconnaissance d'État qu'on est face à un crime.
04:09Parce que ce pôle ne se saisit que de matière criminelle, que de meurtre.
04:13Si on avait encore un doute sur le suicide aujourd'hui, le pôle aurait refusé sa saisine.
04:17Donc pour la famille, c'est une première reconnaissance officielle de l'État que leur père, parce que nous on
04:23représente Fabien de Boulin, sa fille, s'est fait tuer.
04:26Donc c'est un énorme pas pour le dossier.
04:28Et ensuite, bien sûr, on croit en la technicité du pôle et de ses moyens techniques et scientifiques pour avancer
04:36dans l'enquête.
04:37Vous qui le savez, Maître, est-ce qu'il existe encore des scellés, des objets qu'on peut exploiter techniquement
04:42?
04:42On a l'ancien patron de l'IRCG ici.
04:44Alors malheureusement, les scellés ont été détruites ou perdues, volatilisées dans ce dossier.
04:50Ça fait partie des choses extrêmement curieuses et inexpliquées, notamment les poumons, par exemple, de Robert Blanc qui ont disparu.
04:56C'est quand même totalement absurde qu'on puisse perdre des éléments du corps juste après une autopsie.
05:02Mais on pense qu'il y a la possibilité de faire de nouveaux angles d'investigation pour pouvoir faire des
05:06scellés,
05:06notamment directement sur le corps, qui pourraient peut-être faire avancer l'enquête.
05:09Et d'autres choses, ça ce sont les organes de l'ancien ministre,
05:13mais la voiture, les vêtements qu'il portait, est-ce qu'il y a des choses ?
05:16Tout a été détruit.
05:18Tout.
05:18Alors on va y revenir justement avec le général Aos.
05:21Venez avec moi, général, on va essayer de rappeler à nos téléspectateurs les circonstances de la mort de Robert Boulin.
05:25On l'a dit, il a été retrouvé sans vie au bord de cet étang dans la forêt de Rambouillet.
05:29Qu'est-ce qu'elle dit, cette photo, mon général ?
05:31Alors cette photo nous dit que nous sommes en 1979, c'est une évidence.
05:35Mais en 1979, la police technique et scientifique, elle est, je dirais, presque assez balbutiement.
05:40C'est-à-dire qu'on a, autant il y a des laboratoires, mais qui sont en difficulté,
05:44les cellules de la gendarmerie n'existent pas.
05:46Et le traitement de la scène de crime ne se fait que par des policiers,
05:50ou quand l'IG arrive, quelques policiers spécialisés.
05:53Mais ça se limite à quoi ?
05:55D'abord, il n'y a pas de tenue, de protection, il n'y a pas de gants, il n
05:59'y a pas de surchaussures, il n'y a rien.
06:00Il n'y a pas de térimètre de sécurité ?
06:02Il n'y a pas aucun, comme vous le dites, exactement.
06:04C'est-à-dire qu'on a immédiatement une scène de crime ou une scène de découverte
06:11qui est massacrée dans le sens où tout est piétiné, tout est touché.
06:16Elle est souillée dès le départ.
06:17Elle est souillée, contaminée dès le départ.
06:19Donc, cependant, on a quelques éléments.
06:22Des éléments intéressants.
06:23D'abord, on s'aperçoit qu'il y a deux types d'unités.
06:27Il y a la gendarmerie et il y a la police nationale
06:30qui fait que pendant un moment, ça va se regarder en chaîne de fusil.
06:33Et on va perdre du temps.
06:35Commencer les constatations qui ne voudront pas être retenues par les autres
06:38qui va générer des versions contradictoires.
06:42Deuxième photo qu'on va analyser avec vous.
06:44La dépouille de Robert Boulin.
06:46Il y a des stigmates qui peuvent orienter l'enquête
06:49et visiblement, à l'époque, ça n'a pas été fait ou ça n'a pas été correctement fait.
06:53Tout à fait.
06:54Alors, il y a un ensemble.
06:55Il y a des pas qui vont de la voiture à l'étang
06:59et des pas qui reviennent boueux de l'étang vers la voiture et tout autour.
07:04Alors que Robert Boulin est trouvé dans l'étang.
07:08Deux versions.
07:09Il est, pour les uns, comme on l'a dit, le corps tourné, la tête légèrement tournée
07:15vers la voiture, vers la berge.
07:17Pas dans la position d'un noyer qui est allongé face vers le fond de l'eau.
07:23Et il y a les témoins qui sont là.
07:28Neuf, on a leur déclaration qui dit que les pompiers l'ont sorti délicatement
07:33face vers le ciel et l'ont déposé sur la berge.
07:36Et on voit plusieurs choses.
07:37D'abord, ce qui frappe les pompiers et aussi un médecin urgentiste
07:41qui accompagnait les pompiers, c'est le trauma facial.
07:45Alors, on ne le voit pas sur cette photo parce qu'on a décidé de flotter le visage,
07:48mais il est huméfié.
07:49Il est huméfié.
07:50Il y a des traces de sang qui sortent du nez, etc.
07:54Ce qui l'avait étonné, c'est la position, puisqu'il avait vu la position du corps
07:57dans l'étang en disant, des noyés, j'en ai fait dans ma carrière.
08:03Je n'ai jamais vu un noyer qui avait une telle position anormale pour un noyer.
08:07Après, on verra les autopsies.
08:10Et il y a le poignet droit où on a ici à peu près une trace de ligature à son
08:18poignet.
08:18Ça veut dire quoi ? Des liens ?
08:19Des liens. Ça sera confirmé par l'autopsie de 1983, comme quoi il y avait bien une trace de liens.
08:25Donc, on voit déjà qu'il y a beaucoup de choses qui ne vont pas au milieu de ce chaos.
08:31Et sur la voiture, il faut savoir qu'il y a un certain nombre de prélèvements qui n'ont pas
08:37été faits,
08:37des révélations d'empreintes digitales pour des prétextes qui ne sont pas scientifiquement bons,
08:41même pour 79, qui ont été mis de côté.
08:45Merci beaucoup, Général.
08:46Alors, Dominique Labarrière, quel manquement d'enquête au départ ?
08:49Parce qu'on a parlé effectivement de l'autopsie, on a parlé de visage tuméfié,
08:53et puis on a parlé de ces traces sur la voiture qui ne sont pas relevées.
08:56Oui, alors, le Général, vous avez raison, il y a tout un tas de manquements.
09:00Ça a été mal exploité, mal fait.
09:02Mais il y a une explication toute simple, toute simple, qui est humaine.
09:07C'est que quand vous avez toute la hiérarchie, du plus haut au plus bas,
09:10et là on est très haut, c'est la présidente de la République, c'est le cabinet du Premier ministre,
09:14c'est le ministre de l'Intérieur, c'est le garde des Sceaux, c'est le procureur général,
09:18qui dès la matinée disent « c'est un suicide », ça devient la vérité officielle.
09:23Alors les subalternes qui sont chargées du boulot ne vont pas se défoncer,
09:26ne vont pas faire preuve d'un zèle extraordinaire,
09:29au risque de tomber sur quelque chose qui pourrait compromettre cette belle vérité.
09:33Personne ne veut perdre son job, personne ne veut voir musiller sa carrière.
09:37Alors c'est humain, ce n'est pas glorieux, mais c'est humain.
09:40Donc quand on trouve des viscères ou des choses qui peuvent, on évacue, on évacue.
09:46Et pourquoi ça a été possible ? Parce qu'on a commis une erreur dès le début.
09:50– Et là, il y a probablement une manipulation politique du garde des Sceaux,
09:53Alain Perfit à l'époque, c'est que dans ce cas-là,
09:56on doit immédiatement désigner un juge d'instruction.
09:58– Ce qui n'a pas été fait.
09:59– Un personnage de cette importance politique,
10:02dans un endroit aussi improbable que celui-ci,
10:04dans des constitutions aussi troubles,
10:06on doit faire une véritable instruction, nommée un… voilà.
10:10– Alors, moi je suis bien votre raisonnement Dominique,
10:13mais si ça se passe comme ça, ça veut dire que dès le départ on dit
10:17c'est un suicide, circuler, il n'y a rien à voir,
10:19circuler les enquêteurs, mais c'est-à-dire quand même
10:21que plusieurs personnes sont au courant.
10:23Ça voudrait dire que ceux qui ont redonné sa mort, sa mise à mort,
10:28qui seraient des gens proches du sac, du service d'action civique,
10:30mais des personnes dans le gouvernement,
10:32jusqu'à des informations qui seraient données au procureur de Versailles,
10:36pour lui dire qu'on s'était, on ne dit rien,
10:38ça fait quand même beaucoup de monde dans la combine.
10:40– Dominique Frise, on trouve ça dans d'autres dossiers.
10:42Il y a un moment où…
10:44– Je ne dis pas que ça n'a pas existé, je vous pose la question.
10:46– Il y a la faiblesse humaine fait qu'il n'y a même pas besoin
10:49de donner de consignes, si vous voulez.
10:51C'est comme ça.
10:53Et puis, encore une fois, la vérité est tombée là, ça y est,
10:58donc on ne veut plus bouger, et alors personne ne bouge.
11:01Par exemple, si c'était une affaire uniquement politique
11:03pour la nomination de Robert Boulin à Matignon,
11:07Giscard et le clan Giscard se seraient remués.
11:09Mais c'est-à-dire qu'il gêne tout le monde, Robert Boulin,
11:12il a sorti des dossiers de son ministère en début d'après-midi,
11:16me semble-t-il.
11:17Là-dedans, il y a le fameux dossier ELF.
11:19– Et est-ce que les dossiers ont été retrouvés ?
11:20– Ben non, je ne pense pas, à ma connaissance non.
11:23À ma connaissance non.
11:24– Mettre à la vie ?
11:24– Non, il a été vu chez lui avec des dossiers
11:26qu'il aurait ramenés de son ministère,
11:28et ça n'a pas été retrouvé chez lui.
11:29Mais il y a tout un tas de choses qui n'ont pas été retrouvées chez lui,
11:31et d'autres choses qu'on trouve qui apparemment n'y étaient pas au début.
11:34– Dont la fameuse lettre ?
11:35D'où les fameuses lettres, oui, des brouillons, des papiers déchirés.
11:39En fait, il y a des choses incohérentes qui laissent penser,
11:43et la seule solution rationnelle qui existe,
11:45est de dire qu'il y a une mise en scène pour justifier le suicide
11:49après le décès de Robert Boulin.
11:50– Mais qui peut encore parler, plus de 45 ans après les faits ?
11:54Alors, Didier Sebon, avec qui vous travaillez,
11:55avait expliqué qu'il a reçu dans son cabinet un homme
11:58qui dit savoir qui a tué ou qui était commanditaire,
12:03est-ce qu'il y a une piste chaude,
12:05même si c'est le Paul Colquais qui a été saisi ?
12:07Vous voyez ce que je veux dire ?
12:08Est-ce qu'il y a vraiment une possibilité de tirer des fils
12:10encore aujourd'hui, 47 ans après ?
12:12– Oui, bien sûr, il y a encore des témoins vivants, quand même,
12:14de cette époque, même si, évidemment, certains sont morts.
12:17Et en ce moment, les enquêteurs qui sont saisis du dossier
12:20continuent les auditions et les investigations, bien sûr.
12:23Donc, il y a encore des gens qui peuvent savoir des choses,
12:25et mis bout à bout, qui peuvent nous donner une vérité.
12:28Et il y a aussi encore des choses de police scientifique
12:30à notre sens qui sont possibles.
12:31On demande depuis maintenant quelques mois
12:34l'exhumation du corps pour pouvoir confirmer
12:36ou infirmer cette thèse de la noyade.
12:38Que ce soit l'un ou l'autre, pour nous,
12:40on n'a pas de préférence.
12:41Une noyade peut être un maintien de la tête sous l'eau
12:43et aussi totalement criminel.
12:45Nous, on n'exclut pas totalement, peut-être,
12:47cette thèse de la noyade, mais dans tous les cas,
12:49elle colle avec une théorie criminelle
12:51du fait des coups portés à la tête.
12:54Et ça, c'est des choses complètement certaines.
12:56Une des dernières révélations qui avaient été faites,
12:57c'est cette voiture qui passait,
12:59qu'un voisin avait vue avec plusieurs personnes dedans.
13:01Deux personnes avec Robert Boulin, c'est ça ?
13:03Un voisin, enfin oui, de quelqu'un de la ville à côté,
13:06voit la voiture passer, exactement,
13:08et de là où les lettres auraient été postées,
13:10voit trois personnes dans la voiture,
13:12dont Robert Boulin qui le reconnaît,
13:14et deux autres personnes qui sont aujourd'hui non identifiées.
13:16Et ce témoin, voilà, il s'est manifesté
13:18il n'y a pas si longtemps que ça,
13:19au vu de l'ancienneté des faits,
13:20et sa parole est totalement crédible et désintéressée.
13:23Donc il y a de l'espoir.
13:24Non seulement crédible, mais vérifiable,
13:25c'est-à-dire qu'ils ne se croisent pas les voitures,
13:27ils sont bloqués dans une petite rue de Montfort-la-Maurie,
13:30et ils doivent attendre,
13:32et donc il a le temps d'observer les personnes.
13:34Il voit que Robert Boulin n'est pas le conducteur,
13:37mais le passager,
13:38et qu'il y a un conducteur et un type derrière.
13:40On sait qu'il allait voir des gens, en fait,
13:41donc de toute manière,
13:42qui et avec qui il avait rendez-vous,
13:44ça, personne ne le sait aujourd'hui.
13:45Est-ce que vous demandez toujours
13:46la déclassification des dossiers des services secrets ?
13:49Parce qu'il y a tout un pan qui nous échappe,
13:50on sait que la CIA a un rapport sur Robert Boulin
13:53et qu'on n'y a pas accès.
13:54Bien sûr, les services secrets français,
13:56voire également américains,
13:58on sait que des fichiers ont été faits à l'époque,
14:00des investigations parallèles par les différents services,
14:03et il y a de manière certaine
14:05des éléments intéressants à l'enquête aujourd'hui.
14:08Malheureusement, aujourd'hui,
14:09on n'a pas eu ce droit à des classifications.
14:12Donc soit on attend les 50 ans,
14:13maintenant c'est très bientôt,
14:14donc de toute manière,
14:15il y aura une ouverture de certains dossiers.
14:17Nous, ce qu'on demande aujourd'hui,
14:18mais on le demande de manière officielle
14:19au ministre de l'Intérieur,
14:21c'est d'accepter la déclassification finalement
14:23que trois ans avant la date légale
14:26pour qu'on puisse y avoir accès.
14:28Et s'il n'y a rien à cacher,
14:30on ne trouvera rien de gênant dedans.
14:32Maître, quand on arrive au pôle à Nanterre,
14:34avec les magistrats du pôle des affaires non-élucidées,
14:37on arrive avec un dossier.
14:39Eux vous appellent en vous disant
14:40on reprend cette affaire,
14:41vous êtes les avocats de la famille Boulin,
14:43venez nous voir,
14:44et vous arrivez avec toutes vos investigations,
14:46vous leur dites, nous, entre-temps,
14:48on a fait tout ça ?
14:48Donc, ces trois magistrats
14:49vont nous recevoir la semaine prochaine.
14:51Déjà, on a pris date,
14:52on va se rendre avec Fabienne Boulin
14:55au tribunal judiciaire de Nanterre
14:57pour les rencontrer, sa fille.
14:58Et avec ça, nous,
14:59on a toutes nos demandes
15:00et notre étude du dossier, bien sûr.
15:02Et le but de ce rendez-vous,
15:03c'est réciproque,
15:04c'est-à-dire qu'ils nous disent
15:05ce qu'ils comptent faire aujourd'hui.
15:07Et nous, on va, si vous voulez,
15:09expliquer nos demandes,
15:10pourquoi on veut que ces aides d'investigation
15:12soient faites.
15:13et ils vont nous répondre
15:14sur est-ce qu'ils vont les ordonner ou pas.
15:17Et on a des recours, évidemment,
15:19si certaines choses ne sont pas...
15:21Dominique, oui.
15:21Alors, il y a une énigme dans l'énigme.
15:23C'est pourquoi tant de gens
15:25et d'horizons tellement différents
15:26ont cru si longtemps au suicide.
15:28Ils ne sont pas tous pourris,
15:29qu'ils ont de bonne foi.
15:30C'est-à-dire qu'il y a,
15:31dans ce qu'on nous a présenté
15:32comme la préparation,
15:36le travestissement du crime en suicide
15:37est tellement sophistiqué.
15:39C'est très sophistiqué.
15:40On nous présente que des lettres
15:42ont pu être écrites
15:43sur la machine personnelle
15:44de Robert Boulin,
15:46qu'une équipe aurait cambriolé
15:48la poste de Montfort-Lamory
15:50pour substituer le courrier
15:52déposé par Robert Boulin
15:53pour mettre le faux
15:54fait par les futurs assassins.
15:58Le courrier dans lequel il précise
16:00ce qu'on a vu tout à l'heure,
16:02je vais mettre fin à mes jours
16:04à tel endroit de la forêt de Rambouillet.
16:06Il faut que les assassins connaissent ce détail.
16:08Là où j'aimais faire du cheval,
16:09voilà, 15 ans,
16:11et qu'ils étaient justes utiles.
16:13C'est pour ça que Jean-François Kahn
16:14ne croyait pas
16:15ou Van Rindbeek.
16:17Le juge Van Rindbeek.
16:18Et quand vous dites
16:19qu'une équipe aurait cambriolé la poste,
16:22ce n'est pas difficile à vérifier.
16:23La poste a été cambriolé ?
16:24La poste de Montfort-Lamory ?
16:25On ne sait pas.
16:26Ça n'a même pas été vérifié ?
16:27Oui, parce qu'on ne sait pas.
16:28On sait que le courrier,
16:30vous me corrigerez,
16:31si je dis une bêtise,
16:32on sait que l'employé des postes
16:34s'est rappelé du dépôt du courrier
16:36de Robert Boulin
16:37parce qu'il n'était pas assez affranchi,
16:38ses lettres.
16:39Ses courriers n'étaient pas assez affranchis.
16:41Donc, c'était des courriers
16:42relativement pesants.
16:43Voilà.
16:43C'est ce qu'on sait.
16:45Après, tout le reste,
16:46comme je vous le disais tout à l'heure,
16:48une fois qu'on fait tomber une certitude,
16:50c'est extrêmement difficile.
16:51Vous savez, mon général,
16:53dès qu'une enquête commence mal,
16:55c'est fichu.
16:56Alors, saura-t-on jamais un jour
16:58la vérité mettre à la lit ?
16:59Est-ce que vous avez bon espoir
17:00avec les progrès techniques et scientifiques ?
17:02Oui, bien sûr.
17:02On a espoir d'avancer.
17:03Déjà, de démontrer de manière certaine
17:05et d'enlever tout doute du suicide.
17:08On est bien face à un crime.
17:10Et ensuite, une fois qu'on a établi ça...
17:12Parce que c'est le point de départ, en fait.
17:13On n'a pas travaillé.
17:14On n'a jamais trouvé.
17:15Pourquoi ?
17:15Parce qu'on est resté sur le suicide.
17:16Exactement.
17:17Donc, une fois que ça s'est levé
17:18de manière rationnelle et définitive,
17:19on peut passer à autre chose
17:20et enfin mettre tous les moyens
17:22pour trouver qui a exécuté M. Boulin.
17:25Et en plus, de toute manière,
17:26il y a des commanditaires,
17:28il y a des hommes de main.
17:28Enfin, c'est...
17:29L'histoire n'est pas terminée.
17:31Exactement.
17:31Merci à tous de vos lumières.
17:32Merci d'être venus avec nous.
17:33Dans quelques minutes,
17:35affaire suivante revient.
17:36Nous allons évoquer le V de la victoire
17:37formé par Dany Leprince
17:38car la cour de révision
17:39a décidé d'ordonner un nouveau procès.
17:41Écoutez-le.
17:43Le combat continue
17:45et je suis déterminé
17:47non seulement pour le procès en révision
17:49mais également pour la vérité
17:52qui doit éclater.
17:57Je suis un peu ému.
17:58Mais bon, en tous les cas,
18:00il faut que la vérité éclate.
18:02Bienvenue dans Affaire suivante.
18:04Si vous nous rejoignez,
18:05Dany Leprince aura droit
18:06à un nouveau procès,
18:07sans doute dans quelques mois,
18:08à Angers,
18:09comme l'autorise la cour de révision.
18:1030 ans de bataille judiciaire,
18:12un quadruple meurtre
18:12toujours irrésolu
18:14qui a coûté la vie
18:15à son frère,
18:16sa belle-sœur
18:16et deux de ses nièces.
18:18J'accueille Dany Leprince.
18:19Merci d'être avec nous.
18:20J'accueille vos avocats
18:21à vos côtés,
18:22Maître Olivier Maurice,
18:23Maître Missiva
18:24Chermac-Fellono
18:25et à nos côtés aussi,
18:27j'accueille Maître
18:27Myriam Keladi-Reynard,
18:30avocate de Solène,
18:32la nièce rescapée
18:33de Dany Leprince,
18:34rescapée de ce quadruple meurtre.
18:35Merci à tous
18:36d'être présents aujourd'hui.
18:38Simplement pour ceux
18:39qui sont nés
18:39après l'affaire
18:40de Tourigny-Surdevé.
18:42Je vous propose d'abord
18:42un rappel des faits
18:43avec Pierre Lebousset.
18:46Dany Leprince,
18:47condamné à la perpétuité
18:49pour le meurtre
18:49en 1994
18:51de son frère Christian,
18:53de sa belle-sœur Brigitte
18:55et de ses deux nièces,
18:56Audrey et Sandra,
18:587 et 10 ans,
18:59dans la maison
18:59voisine de la sienne.
19:02Toute la famille,
19:03à l'exception
19:04de la cadette,
19:05Solène,
19:06deux ans,
19:07a été retrouvée morte.
19:10assassinée avec cette arme,
19:12une feuille de bouchée,
19:13habituellement rangée
19:14dans un tiroir
19:15chez Dany
19:15et sa femme,
19:16Martine Leprince.
19:19Une tuerie
19:20et un coupable
19:21tout trouvé.
19:22Dany Leprince,
19:2337 ans,
19:24à l'époque des fées.
19:25Sa femme et sa fille
19:26l'accusent.
19:27Le procureur, lui,
19:28avance un mobile,
19:30indifférent financier
19:31entre les deux frères.
19:33des raisons peut-être
19:36d'intérêt
19:37ou de jalousie,
19:38enfin,
19:39les vieilles motivations
19:40qui font malheureusement
19:41parfois,
19:42dans le mauvais sens,
19:43marcher le monde.
19:44En garde à vue,
19:46Dany Leprince
19:46reconnaît avoir tué Christian
19:48avant de se rétracter
19:50dans la foulée.
19:51Des aveux
19:52qui n'ont aucune valeur
19:53selon son avocat
19:55de l'époque.
19:55Il dénonce
19:56un manque de preuves.
19:58Aucune trace matérielle,
19:59il n'y avait pas
20:01d'empreinte digitale,
20:02il n'y avait pas
20:02de trace ADN,
20:03il n'y avait pas
20:03de trace de pas,
20:04il n'y avait pas
20:05de trace palmaire,
20:06il n'y avait rien.
20:09Dany Leprince
20:10est-il condamné à tort ?
20:12Un long parcours judiciaire,
20:14mais pour lui
20:14qui se dit innocent,
20:16des questions
20:17qui restent en suspens.
20:18Et notamment le rôle
20:20qu'a joué sa femme
20:20de l'époque,
20:21Martine,
20:22dans cette affaire.
20:23Au cours de l'enquête,
20:25à plusieurs reprises,
20:26elle change de version.
20:28Assure ne plus
20:28se souvenir
20:29du déroulé exact
20:30de la soirée du meurtre.
20:32Selon des expertises,
20:34elle aurait pu simuler
20:35ces pertes de mémoire.
20:38Dany Leprince,
20:39qui sera donc jugée
20:40à nouveau,
20:41la date de son procès
20:43n'a pas encore
20:44été dévoilée.
20:47Alors Dany Leprince,
20:49merci d'être avec nous,
20:50merci de revenir.
20:51Vous étiez là
20:51dès jeudi
20:52sur ce même plateau
20:53et jeudi,
20:54je me souviens,
20:55on vous a senti sonner
20:56sans trop pouvoir réaliser
20:57ce qui allait se passer
20:58pour vous.
20:59Trois jours après,
21:00comment est-ce que vous vous sentez ?
21:01Est-ce que vous vous réalisez
21:02un peu plus ?
21:03Je me sens un peu mieux
21:04mais je suis quand même
21:06un petit peu sonné.
21:08C'est quand même
21:09quelque chose d'extraordinaire
21:10et exceptionnel.
21:12une procédure de révision
21:13c'est déjà un marathon
21:15et c'est un travail
21:17énorme de mes avocats.
21:20Donc il ne faut pas l'oublier.
21:22Ça ne se fait pas comme ça
21:23une procédure de révision
21:24c'est plus qu'un marathon.
21:26C'est un truc de fou.
21:29Quels sont les sentiments
21:30qui vous traversent
21:31pour bien essayer
21:31de comprendre
21:32ce qui se passe
21:32dans votre tête ?
21:34Je n'ai pas encore
21:36tout réalisé,
21:37mesuré.
21:38Je connais l'importance
21:40de cette décision.
21:42Mais c'est encore
21:43il faut que je me retire
21:45de Paris
21:46pour mesurer pleinement.
21:48Prendre du champ.
21:48Oui.
21:51Alors on va revire
21:52sur cette décision.
21:53Dominique.
21:54La décision a été cassée
21:55elle n'existe plus.
21:56Donc vous êtes innocent.
21:59C'est énorme.
22:00Ça change quoi
22:00dans votre cerveau ?
22:02Pas grand chose
22:03parce qu'il y a encore
22:03des échanges à venir
22:04et donc il ne faut pas
22:06les galvauder.
22:07Il faut y penser.
22:08Il faut se préparer.
22:10Il n'y a pas que moi
22:11il y a aussi la vérité
22:12de l'affaire
22:13et il faut savoir
22:14qui a massacré ma famille.
22:17C'est très important.
22:19Alors on va revenir
22:20justement sur la motivation
22:21de la Cour de révision
22:22et il y a deux éléments nouveaux
22:23qui sont venus fragiliser
22:24le dossier.
22:25Solène et son instrumentalisation
22:28et puis les multiples versions
22:30et les pertes de mémoire
22:30de Martine Kompas
22:31on y reviendra.
22:32Mais avec vous
22:32Maître Myriam Kéladi-Rénard
22:34comment est-ce que votre cliente
22:35Solène
22:35elle a vécu
22:36et elle a éprouvé
22:37cette journée ?
22:38Alors elle n'était pas
22:38à l'audience jeudi
22:39mais je sais que quand
22:40elle est venue témoigner
22:41il y a quelques mois déjà
22:42ça avait fait
22:44ses mots avaient énormément
22:45pesé dans cette salle
22:46d'audience.
22:47Qu'est-ce que vous pouvez
22:48nous dire sur elle aujourd'hui ?
22:49Pour elle aujourd'hui
22:50l'enquête peut enfin commencer
22:51parce que ça fait 30 ans
22:53qu'elle essaye de se construire
22:54sans souvenir
22:55sans histoire
22:57et sans aucune possibilité
22:59de rechercher la vérité
23:01puisque cette condamnation
23:02de Daniel Le Prince
23:03faisait obstacle
23:03à toute recherche
23:04de la vérité.
23:05et pour autant
23:06les questionnements
23:07qu'elle avait
23:08demeurent
23:09et la taraude
23:10puisque
23:10elle est la seule
23:12rescapée
23:12d'un massacre
23:13elle n'a pas de réponse
23:15à ses questions
23:16et à chaque fois
23:17qu'elle veut avancer
23:18dans ses questionnements
23:19il lui est retorqué
23:21que l'enquête
23:21est terminée.
23:22Donc c'est pour elle
23:23un pas énorme
23:24il faut voir
23:25que depuis 30 ans
23:26elle essaye de se construire
23:28avec quelque chose
23:29et avec cette parole
23:31qu'on lui a
23:32fabriquée
23:33finalement totalement fabriquée
23:35ce sont quand même
23:36les propos d'un bambin
23:37qui n'avait pas la parole
23:38à cette époque-là.
23:39C'est une personne
23:40aujourd'hui Solène Le Prince
23:41et qui l'a dit à la cour
23:43et que moi je peux vous le redire
23:45qui n'a aucun choc
23:47psychotraumatique
23:48qui s'est développé
23:49d'un point de vue
23:50psycho-affectif
23:51et surtout psychologique
23:54totalement normal.
23:55Donc traduction
23:55elle ne se souvient de rien.
23:57Ah mais c'est même pas traduction
23:58c'est une affirmation.
24:00Non mais pour noter les spectateurs
24:02je me permets moi-même
24:04de vous le dire
24:04c'est une affirmation
24:06elle ne se souvient de rien
24:07et surtout
24:08elle refuse
24:09qu'on lui prête
24:10les souvenirs
24:11qu'elle aurait pu avoir
24:12à cet âge-là.
24:13On va peut-être préciser
24:14que c'est sa nounou
24:15qui va déclarer
24:17des choses
24:17la petite a deux ans
24:18derrière une porte
24:19dans sa chambre
24:20elle a grandi depuis
24:21donc finalement
24:22vous vous retrouvez
24:23dans le même camp
24:24Solène qui veut connaître
24:25la vérité sur la mort
24:25de ses parents
24:26et de ses deux sœurs
24:27vous qui voulez connaître
24:28la vérité sur la mort
24:29de votre frère
24:29belle-sœur
24:30et comment est-ce que
24:31vous avez pris contact
24:32Solène et vous ?
24:33Parce que quand vous partez
24:34elle a
24:34quand vous partez en détention
24:36elle a deux ans
24:39comment ça s'est passé
24:40vous êtes sorti
24:41de détention
24:42et ensuite vous vous êtes
24:42retrouvé dans le même combat
24:43vous vous êtes rencontré
24:44vous vous êtes retrouvé
24:45comment ça s'est passé ?
24:46Je ne rentrerai pas
24:47Maître, vous pouvez nous répondre ?
24:49Je n'ai jamais rencontré
24:50Solène Leprince
24:52mais votre question
24:53est intéressante
24:55mais très franchement
24:56parce que ma femme
24:57c'est le même combat
24:58elle ne présente aucun intérêt
24:59par rapport à ce qu'a rendu
25:00la cour de révision
25:01mais voyez-vous
25:02parce que d'abord
25:03la cour de révision
25:04la cour de révision
25:05n'a pas cassé
25:07cette décision
25:08la cour de révision
25:09a annulé
25:10une condamnation
25:11ce qui est totalement différent
25:13et beaucoup plus puissant
25:14en réalité
25:15Solène Leprince
25:16ce qu'elle veut
25:16c'est surtout
25:17comprendre les mensonges
25:19qui sont évidents
25:21de Martine Compin
25:22et ces mensonges-là
25:24ce n'est pas
25:25Dany Leprince
25:26qui a une explication
25:27à lui donner
25:28puisque Dany Leprince
25:29ne sait rien
25:30de tout cela
25:31et c'est ce qu'a indiqué
25:32voyez-vous
25:33la cour de révision
25:34et qui me semble
25:34très importante
25:35c'est que
25:35en fait
25:38Martine Compin
25:38elle a menti
25:40en toute connaissance
25:41de cause
25:41elle a simulé
25:43c'est ce que dit
25:44effectivement
25:45le mot simulation
25:45ayant simulé
25:47c'est considérable
25:48ça signifie
25:49que celle
25:50qui est l'accusatrice
25:51principale
25:53de Dany Leprince
25:54a simulé
25:55et l'autre
25:57témoin
25:58principal
25:59de ce meurtre
26:00aurait été
26:01une petite fille
26:02de 25 mois
26:03qu'on a fait parler
26:04puisque
26:04la seule
26:06qui aurait vu
26:06les crimes
26:07concernant la belle-sœur
26:09et les deux enfants
26:10c'est Solène
26:11il n'y a rien d'autre
26:11je souhaiterais
26:14ajouter quelque chose
26:14pour répondre
26:15à cette question
26:16d'éventuelle prise
26:17de contact
26:18pour finalement
26:18se rejoindre
26:19sur ce combat
26:19ça ne s'est pas
26:20du tout passé
26:21comme ça
26:21parce que
26:21d'un point de vue
26:22juridique
26:22Solène Leprince
26:23a un statut
26:24qui est le statut
26:25de partie civile
26:26ce statut
26:27a fait qu'elle a été
26:28informée
26:29de la procédure
26:30de révision
26:31et qu'elle a pu
26:33elle-même
26:33participer
26:34à cette procédure
26:35et c'est dans ce cadre-là
26:36qu'elle a souhaité
26:37effectivement
26:38faire connaître
26:39sa volonté
26:40elle
26:41de participer
26:42à cette procédure
26:43de révision
26:43pour les raisons
26:44que vous avez
26:45énumérées
26:45que vous avez rappelées
26:46à savoir
26:47et je pense que c'est
26:48extrêmement important
26:48même pour les téléspectateurs
26:49qu'elle refuse
26:51de devenir
26:52et d'être
26:53le témoin clé
26:54qu'elle a été
26:54dans ce dossier
26:55c'est comme ça
26:56finalement
26:56qu'elle est en fait
26:57intervenue à la procédure
26:59et non pas par une prise
27:00de contact
27:01mais plus par la procédure
27:02elle-même
27:02qui le permettait
27:03très bien
27:03alors à l'origine
27:04d'Annie Leprince
27:05et il faut revenir
27:05je pense au tout début
27:06en garde à vue
27:07au tout début
27:08tout début de l'affaire
27:09vous avez avoué
27:10avant de vous rétracter
27:11mais moi j'aimerais comprendre
27:12et que vous nous le racontiez
27:13avec vos mots
27:14dans quelles conditions
27:15se sont déroulés
27:16ces aveux
27:17tout d'abord
27:18quand j'apprends
27:19le drame
27:22qui s'est déroulé
27:23dans notre famille
27:26moi je suis
27:26je suis abattu
27:28et évidemment
27:29jusqu'à la garde à vue
27:31je ne vais pas dormir
27:32de la nuit
27:33c'est quand même pas rien
27:35en plus de ça
27:36je ne sais pas
27:36ce qui s'est passé
27:37personne n'a rien entendu
27:38moi personnellement
27:39je n'ai rien entendu
27:40et donc on se retrouve
27:41on se retrouve
27:42en garde à vue
27:45et donc moi j'arrive
27:46en garde à vue
27:47je suis déjà
27:48crevé
27:49crevé
27:50épuisé
27:50épuisé
27:50et ça les gendarmes
27:52ils le savent
27:53ils le savent très bien
27:54bon je vais vous passer
27:55les premières heures
27:55de garde à vue
27:56parce que c'est
27:59ça ne se raconte pas
28:00enfin bref
28:01mais c'est vers la fin
28:02de la garde à vue
28:02où il y a une
28:04bonne dizaine de gendarmes
28:05qui viennent autour de moi
28:06qui viennent me dire
28:07il faut que tu avoues
28:11ta femme
28:12t'as vu courir
28:12après ton frère
28:13avec une feuille de boucher
28:15et le gendarme
28:17qui me dit ça
28:17c'est le gendarme
28:18qui s'occupe
28:19de la garde à vue
28:19de mon ex-femme
28:21pour arrêter
28:23de raconter
28:24n'importe quoi
28:25parce qu'il se consulte
28:27normalement
28:27il n'y aurait pas
28:28mais il se consulte
28:29et donc
28:30moi je demande
28:31ce qui se passe
28:32et puis après
28:33j'entends des cris
28:35des cris
28:36des cris
28:37de femmes
28:38de jeunes filles
28:39enfin je ne sais pas trop
28:41parce que moi je ne sais plus
28:41si c'est jour
28:42nuit
28:43je n'en sais rien
28:43dans les bureaux
28:44de la gendarmerie
28:45dans les bureaux
28:45de la gendarmerie
28:46parce qu'on ne sort pas
28:48et quand on nous parle
28:50de pause
28:50en garde à vue
28:51ça c'est du pipeau
28:54ça n'existe pas ça
28:56et donc
28:57j'entends ces cris
28:59je me demande
28:59ce qui se passe
29:01et là il y a un gendarme
29:02qui vient me voir
29:02il me dit
29:03c'est des cris
29:04de ta fille
29:06enculés
29:06qui sont là
29:09alors moi je ne comprends
29:09plus rien
29:10je prends peur
29:11pour ma fille
29:13et donc
29:13je vais répéter
29:14je ne veux pas
29:16tout raconter
29:17je vais répéter
29:17les dires
29:18de l'enquêteur
29:19et je peux citer
29:20son nom
29:21c'est Père Drillot
29:22le gendarme Père Drillot
29:24un enquêteur
29:25votre fille à l'époque
29:26elle a quel âge
29:27pardon ?
29:27elle a 16 ans
29:29elle n'a même pas 16 ans
29:31et donc
29:33la garde à vue
29:33se termine comme ça
29:34mais ils ne me posent pas
29:35de questions pour les autres
29:35ils s'en foutent
29:37il faut un aveu
29:39et donc
29:40ce n'est que
29:41quelques jours plus tard
29:42le 29 septembre 94
29:44si mes souvenirs sont bons
29:46je
29:47j'étais déjà revenu
29:48sur mes aveux
29:49lors de la première reconstitution
29:51et là
29:52elle me dit
29:52la juge
29:53je vais vous reconvoquer
29:54rapidement
29:55et ainsi de suite
29:56et donc
29:56je lui parle de ça
29:57pendant l'audition
29:59et elle me dit
30:01ah mais c'est pas
30:02c'est pas votre fille
30:03que vous avez entendue
30:04puisqu'elle était entendue
30:05à ce moment là
30:06à Conly
30:06à 40 kilomètres du Mans
30:08donc géographiquement
30:09elle ne pouvait pas être
30:10dans les mêmes locaux
30:11donc c'était qui ?
30:12et c'était une femme gendarme
30:14qu'ils avaient fait crier
30:15les enquêteurs
30:17pour la faire passer
30:18pour ma fille
30:18alors évidemment
30:19quand je raconte ça
30:20on me prend pour un cinglé
30:22mais c'est une réalité
30:23alors moi
30:24je vais faire une petite parenthèse
30:26j'en avais parlé à un journaliste
30:28de West France
30:29j'ai dit
30:30ça serait bien de raconter
30:31un peu ce que j'ai vécu
30:32en garde à vue
30:33en garde à vue
30:34ah ben non
30:35je ne peux pas faire ça
30:36mais j'ai dit
30:37si c'est un gendarme
30:38qui vous le dit
30:38vous allez le faire
30:39et là il ne m'a pas répondu
30:41ce qui est vrai
30:41c'est que quand vous avez fait
30:42un coup
30:43eux vous avez fait
30:44enfin les gendarmes
30:44vous avez fait un coup tordu
30:45parce qu'à la garde à vue
30:47c'est là que j'ai découvert
30:48que ça pouvait exister
30:49c'est pas une garde à vue
30:50à 6h du matin
30:51je crois que c'était
30:51un mercredi soir
30:52moi j'y étais
30:52quand ils viennent vous chercher
30:53je suis là
30:54je suis dans la cour de votre maison
30:56et ils viennent vous chercher
30:57à 20h45
30:59c'est-à-dire que
30:59quand la garde à vue commence
31:00c'est pas une garde à vue du matin
31:01quand on vient chercher quelqu'un
31:02à 6h du matin
31:03il sort du lit
31:03il est frais
31:04à minuit
31:05il n'a pas su une journée complète
31:08il est fatigué
31:09mais il est minuit
31:09quand on vient chercher quelqu'un
31:11à 20h45
31:12qu'on le colle en garde à vue
31:14à 6h du matin
31:15ça ne fait que 9h
31:15qu'il est en garde à vue
31:16mais il est 6h du matin
31:18et il est déjà fracassé
31:19et ce que raconte Danny Leprince
31:20sur la fin de la garde à vue
31:22je crois
31:23sauf erreur de ma part
31:24qu'on est à la 46ème heure
31:25exactement
31:26donc
31:27vous imaginez le soir
31:2846ème heure
31:28c'est-à-dire que vous n'avez pas dormi
31:30moi je n'ai pas dormi
31:31depuis le lundi
31:33depuis le lundi matin
31:358h30
31:35au moment où on découvre le corps
31:36et il n'est pas assisté
31:38par un avocat
31:39autre temps
31:40autre pratique
31:41de garde à vue
31:41à l'époque
31:44il n'y a pas de présence d'avocat
31:45vous êtes en horaire décalé
31:46et en plus vous êtes en horaire décalé
31:47donc en fait vous n'avez pas dormi
31:48depuis 2 jours
31:49avant d'arriver en garde à vue
31:50c'est horrible
31:52ce qu'ils ont fait c'est dégueulasse
31:53parce que finalement
31:53c'est vraiment une femme gendarme
31:55qui a crié
31:56et ça c'est odieux
31:59alors par ailleurs
32:00il n'y a pas mal
32:00alors c'est la raison pour laquelle
32:01que par la suite
32:03ils vont s'amuser
32:04ils vont bricoler
32:04ils vont essayer de faire entrer
32:05des ronds dans les carrés
32:06que ce soit les enquêteurs
32:07voire la juge
32:08et peut-être le proc
32:09pour décaler
32:11l'heure des crimes
32:12anti-daté alors
32:16décaler l'heure des crimes
32:18non simplement
32:19avoir une piste
32:21très rapidement
32:21c'est celle
32:23de Daniel Le Prince
32:23on va rien chercher d'autre
32:25si vous voulez
32:27c'est
32:27la vision tunnel
32:29ce que l'on appelle
32:30en matière
32:31criminelle
32:32la vision tunnel
32:33c'est à dire que
32:34on a quelqu'un
32:35qui passe des aveux
32:37d'ailleurs partiels
32:37puisque vous savez que
32:39l'arrêt qui va saisir
32:40la cour d'assises
32:41dit qu'il a avoué
32:42les quatre crimes
32:43ce qu'il faut
32:45et puis
32:45à partir de l'instant
32:47où il y a ces aveux
32:48on se dit
32:49on a un coupable
32:51potentiel
32:51et puis on fonce
32:53et tout est orienté
32:54comme cela
32:54et c'est pour cela
32:55que vous voyez
32:56aujourd'hui
32:57la décision qui est rendue
32:58par la cour de révision
32:59qui est une décision
33:00historique
33:00exceptionnelle
33:01c'est à dire que
33:02ce qu'a rendu
33:04comme décision
33:04la cour de révision
33:07c'est une véritable
33:09oeuvre judiciaire
33:10il faut comprendre cela
33:11c'est rarissime
33:13et en même temps
33:14c'est aux magistrats
33:16puisqu'ils sont 13
33:16ils savent que derrière
33:18il y a le spectre
33:20de l'erreur judiciaire
33:21qui pointe
33:22ils en ont parfaitement
33:23conscience
33:24et c'est pour cela
33:26que j'ai dit
33:28en sortant de cette audience
33:30que Martine Compin
33:31donc l'ex-femme
33:33de Dany le Prince
33:34avait du souci à se faire
33:36elle a vraiment
33:37du souci à se faire
33:38pourquoi ?
33:39parce que
33:40si ça n'est pas
33:42Dany le Prince
33:43c'est bien quelqu'un
33:45et quel est l'intérêt
33:47pour Martine Compin
33:49d'avoir simulé
33:50d'avoir accusé
33:52son mari
33:52d'une manière
33:53tellement fausse
33:54et mensongère
33:55si ce n'est
33:57pour masquer
33:58ses potentielles responsabilités
34:00alors aujourd'hui
34:01on le rappelle
34:01elle est témoin assisté
34:02mais moi ce que je voudrais
34:03comprendre c'est quoi la suite
34:05parce qu'une fois
34:06la révision passée
34:06et ce procès
34:07qu'on attend dans quelques mois
34:08est-ce que Martine Compin
34:09peut être inquiétée
34:10d'une manière ou d'une autre ?
34:12oui évidemment
34:12elle peut tout à fait
34:13là comme vous l'avez rappelé
34:15actuellement
34:15elle est placée sous le statut
34:16de témoin assisté
34:17dans le cas d'une instruction
34:18ouverte au Mans
34:20mais une fois
34:21maintenant la condamnation
34:22de Dany le Prince
34:23est annulée
34:24on peut tout à fait envisager
34:25une mise en examen
34:25de Martine Compin
34:27c'est la configuration
34:28allez-y mettre
34:29je fais quelque chose
34:30pour compléter les propos
34:31de Sylvain Chermac-Félone
34:32dans le cadre
34:33de cette instruction au Mans
34:34le procureur avait demandé
34:35la mise en examen
34:36de Martine Compin
34:38ça a été refusé
34:39par l'une instruction
34:39il y a eu appel
34:41de cette ordonnance
34:42de refus
34:43et puis finalement
34:44le parquet général
34:45s'en est remis
34:47à la décision
34:48de la joue d'instruction
34:49et n'a pas poursuivi
34:50cette demande
34:50de mise en examen
34:51il se trouve que j'y étais
34:52puisque je représentais
34:53Solène Le Prince
34:54nous avons très longuement plaidé
34:55Martine Compin
34:56était présente
34:57assistée de ses avocats
34:59et l'arrêt de la chambre
35:00de l'instruction
35:00qui a été rendue
35:01a repris
35:02d'une part
35:03les simulations
35:04et les multiples
35:05contre-vérités
35:06de Martine Compin
35:07mais surtout
35:08ce qui est très intéressant
35:09c'est que cet arrêt
35:10rappelle que
35:11tous les éléments
35:12qui ont pu être
35:13relevés à l'encontre
35:15de Martine Compin
35:16et qui auraient pu
35:17fonder
35:18ou en tout cas
35:18être considérés
35:19comme des indices graves
35:20ou concordants
35:21ne pouvaient l'être
35:22en l'espèce
35:23en raison
35:24de la condamnation définitive
35:26de Dany Le Prince
35:27aujourd'hui
35:28tout cela c'est faux
35:28aujourd'hui la voix s'ouvre
35:29aujourd'hui la voix s'ouvre
35:30et on est dans une configuration
35:32qui rappelle
35:32l'affaire Dils
35:33Patrick Dils
35:34condamné
35:34rejugé
35:35condamné
35:36mais bon
35:37acquitté finalement
35:38et
35:39Patrick Dils
35:40est innocent
35:40c'est votre cas
35:41jusqu'ici
35:42et ensuite
35:43on va faire un procès
35:44Francis Holmes
35:44ce qui veut dire que
35:45si Martine Compin
35:46comparaît un jour
35:47on reviendra à la chercher
35:49en lui disant
35:49madame
35:49on a des raisons de penser
35:51que vous n'avez pas dit
35:52toute la vérité
35:53qu'on vous soupçonne de
35:54point de suspension
35:55parce que
35:56je ne veux surtout pas
35:57m'engager dans quelque chose
35:58de
35:58et
36:00je veux dire
36:00c'est comme ça
36:01que ça doit se passer
36:02normalement
36:02vous savez
36:03en plus ce qui est quand même
36:04terrible
36:04il faut s'en souvenir
36:05parce que c'est un peu
36:06lointain maintenant
36:06mais
36:07Patrick Dils
36:08il a été
36:10acquitté
36:10en 2002
36:12et Francis Holmes
36:14dans un premier temps
36:15il bénéficie d'une ordonnance
36:17de non-lieu
36:18en 2007
36:20et il ne sera
36:23définitivement condamné
36:23qu'en 2017
36:25donc c'est très long
36:26je ne sais pas si vous vous rendez compte
36:292017
36:29c'est à dire que
36:31le chemin est encore très long
36:32mais c'est à dire que le chemin
36:33est très long pour la justice
36:35peut-être pour connaître la vérité
36:36mais le chemin
36:38pour Dany Leprince
36:39nous nous sommes
36:40extrêmement confiants
36:41devant la cour d'assises
36:43parce que
36:43à travers la décision
36:44qui vient d'être rendue
36:45par la cour de révision
36:47c'est l'accusation
36:48qui s'effondre
36:48c'est un château de cartes
36:50pourquoi ?
36:51parce que Solène Leprince
36:52elle n'est plus l'accusatrice
36:54et puis parce que
36:55Martine Compin
36:56elle simule
36:57donc il reste quoi ?
36:59il n'y a pas de trace ADN
37:00il n'y a aucun
37:01d'éléments scientifiques
37:02il reste
37:02moi je me tourne vers vous
37:03en général
37:04il y a tellement d'incohérences
37:05dans ce dossier
37:05il y a des traces de pas
37:07il y a un espace-temps
37:07qui est beaucoup trop serré
37:08pour arriver à commettre
37:10cet horrible quadruple meurtre
37:12en si peu de temps
37:13donc en fait
37:13il y a quand même
37:14un certain nombre de choses
37:15je reprends l'expression de Dany
37:17ils ont voulu faire rentrer
37:18des ronds dans des carrés
37:19alors ça
37:19je laisse
37:21aux enquêteurs
37:22aux juges à l'époque
37:23toute leur responsabilité
37:25par rapport à ça
37:26en revanche
37:28toutes les traces
37:29qui ont été là
37:29ce sont des traces matérielles
37:30factuelles
37:31qui ne peuvent pas être
37:33balayées de revers de la mer
37:34mais elles ont besoin
37:36d'être interprétées
37:38interprétées à l'aune
37:39de tout ce que vous avez dit
37:40à la fois des horaires
37:42qui doivent être
37:42des horaires cohérents
37:44et remis dans le contexte
37:46et cette frise chronologique
37:48de quand, comment ou autre
37:49elle ne doit pas être fabriquée
37:51mais elle doit être constatée
37:53ce qui est différent
37:54et toutes les traces
37:55qui peuvent être attribuées
37:58finalement à quelqu'un d'autre
37:59c'est là où toute l'interprétation
38:01à son sens
38:03c'est que
38:03si on a voulu les mettre
38:05sur le dos de quelqu'un
38:06ou les écarter
38:07parce que justement
38:08ça ne permettait pas
38:10de désigner quelqu'un
38:11donc il faut tout remettre
38:12dans le tamis
38:13dans un autre tamis
38:14il faut avoir à l'esprit
38:15que sur la scène de crime
38:17on a de l'ADN
38:18on a des traces de pas
38:19on a des empreintes
38:20on n'est pas démunis
38:21mais ce ne sont pas
38:22celles de Dani Le Crane
38:22et c'est pour ça
38:23que pendant l'enquête initiale
38:25elles ont été écartées
38:26parce qu'elles ne collaient pas
38:26avec la thèse de l'accusation
38:30c'est pour ça que c'est passionnant
38:32parce qu'en fait
38:32on a les outils
38:33on a les outils
38:34mais il faut les revisiter
38:35et en revanche
38:36on a retrouvé
38:38l'ADN mélangé
38:39de Martine Compin
38:40avec Audrey Leprince
38:42je ne sais pas
38:42si vous imaginez
38:43sur la lame
38:45je ne sais pas
38:45si vous imaginez
38:46si on avait retrouvé
38:47l'ADN de Dani Le Prince
38:49mélangé
38:50avec Audrey Leprince
38:52mais on aurait dit
38:53mais voilà
38:53la preuve matérielle
38:54est évidente
38:54on ne serait pas là
38:55si il y a son ADN
38:57mélangé
38:57à l'ADN de la victime
39:00la justice
39:03au moment où on se parle
39:04elle est témoin assisté
39:04on s'entend
39:06on est en train de se parler ici
39:08bien sûr qu'elle est présumée innocente
39:09mais si on trouve son ADN
39:11en même temps
39:12que l'ADN de la victime
39:13on va quand même
39:14aller lui demander
39:15madame
39:15expliquez-nous ça
39:16j'imagine que ça a été fait
39:18quand même
39:18on lui a demandé
39:19non mais comme cela
39:20a été dit tout à l'heure
39:21comme cela a été dit tout à l'heure
39:22en fait
39:23elle aurait dû
39:24elle aurait dû
39:26être mise en examen
39:28à minima
39:28à minima
39:29par la chambre de l'instruction
39:31de la cour d'appel d'Angers
39:32et si elle ne l'a pas été
39:34c'est parce qu'on a considéré
39:37que Dany Leprince
39:38était condamné définitivement
39:40c'est écrit
39:43d'une manière explicite
39:45dans l'arrêt de la chambre de l'instruction
39:47aujourd'hui
39:48cet argument-là
39:49il s'effondre
39:50Dany Leprince
39:51sa condamnation est annulée
39:53il est présumé innocent
39:54et le raisonnement
39:55de la chambre de l'instruction
39:56était de dire
39:57elle a menti
39:59c'est pas conforme
40:00à la réalité
40:01et en fait
40:02on retrouve de l'ADN
40:03c'est quand même gênant
40:04mais la question
40:05qu'on peut se poser
40:07tout de même
40:07c'est que
40:08pourquoi est-ce qu'elle n'a pas
40:09été mise en cause
40:11initialement
40:12dans le cadre
40:13de cette affaire
40:13on s'est tous posé la question
40:15on s'est tous posé la question
40:17notamment ceux qui étaient sur place
40:18et ce qui est très intéressant
40:20c'est que
40:22c'est que l'arrêt de la cour de révision
40:25pointe du doigt
40:27la responsabilité potentielle
40:29d'un gendarme
40:30d'un major
40:32qui était très proche
40:34de la nourrice
40:35et on sait que ce major
40:36en dehors même
40:38de toute règle déontologique
40:40concernant la procédure
40:41il a organisé une rencontre
40:43après les faits
40:44entre Martine Compin
40:45et Nelly Aton
40:46et ensuite
40:46elle change de version
40:47c'est hallucinant
40:48donc il y avait une porosité
40:49qui était de facto première
40:52et qui a dû
40:53à mon avis
40:53abîmer toute cette enquête
40:55de départ
40:55la cour de révision
40:56la cour de révision
40:58a le courage remarquable
40:59de dire
41:00de pointer du doigt
41:01les relations
41:02entre la nourrice
41:03et ce gendarme
41:04à l'époque
41:05c'est vrai que
41:05Daniel Leprince
41:06c'est celui qui fait l'affaire
41:07donc ça va être vite réglé
41:09ça arrange tout le monde
41:10d'une certaine manière
41:10il est un coupable
41:11et puis il n'y va
41:12oui mais du point de vue
41:14de Solène Leprince
41:14vous voyez
41:15c'est exactement
41:15ce qui fait obstacle
41:16à la recherche
41:17de la vérité pour elle
41:18puisque Solène Leprince
41:20elle est retrouvée
41:20dans sa chambre
41:22dans son lit
41:22il n'y a aucune trace de sang
41:24ni dans cette chambre
41:24ni sur la porte
41:25sa couche a été changée
41:26sa couche a été changée
41:27ou pas
41:28non
41:28elle n'a pas été changée
41:29elle n'a pas été changée
41:30justement
41:30elle n'a pas été changée
41:32vous voyez c'est intéressant
41:34c'est intéressant
41:34parce que
41:35les constatations de départ
41:37en 1994
41:37elle a sa couche de nuit
41:39d'accord
41:40ensuite on a
41:41donc Solène Leprince
41:42est confiée à Nelly Aton
41:44qui s'intéresse de très très
41:45la nourrice
41:46la nourrice
41:47à cette enquête
41:49qui va développer
41:50quand même des relations
41:51très privilégiées
41:52avec un gendarme
41:53en charge
41:54de l'enquête
41:54qui est en cours
41:55ce gendarme
41:56va organiser
41:57à la demande
41:58de la nourrice
41:59une rencontre
42:00entre cette nourrice
42:01et Martine Compin
42:02dans une galerie marchande
42:03ces dames vont se rencontrer
42:05vont discuter
42:05et à la suite
42:07de cette rencontre
42:08la nourrice
42:09va faire la démarche
42:11d'écrire
42:11au juge d'instruction
42:12elle va être réentendue
42:13et elle va indiquer
42:14à ce moment là
42:15non non Solène
42:16avait une couche propre
42:18et sentait le bain
42:18cette version
42:19change après une rencontre
42:21donc vous avez ça
42:22et puis sur le
42:23je reviens très rapidement
42:24sur l'ADN
42:25le mélange d'ADN
42:26sur le couteau
42:27c'est quand même
42:27un argument qui est très fort
42:28qui avait été soulevé
42:29par le parquet
42:30lorsqu'il a sollicité
42:31la mise en examen
42:31de Martine Compin
42:32et lorsqu'elle a été rejetée
42:34dans l'acte d'appel
42:34ce mélange d'ADN
42:36a été rappelé
42:37donc évidemment
42:38que devant la chambre
42:39de l'instruction
42:40on s'attendait effectivement
42:41à ce que cet argument
42:41soit repris
42:42il a été repris
42:43par le parquet général
42:44pour dire que
42:45oui mais en fait
42:45c'est un couteau
42:46qui a été retrouvé
42:46dans la cuisine
42:47donc tout le monde
42:47peut l'utiliser
42:48Marc Compin avait pour
42:49l'habitude de garder
42:50ses nièles
42:50j'ai compris l'argument
42:51évidemment
42:51les enfants qui ont 8 ans
42:53jouent avec des couteaux
42:54de cuisine de cette nature là
42:56dans une cuisine
42:59ce sont les incohérences
43:00de ce dossier
43:01qu'on n'a pas pu relever
43:02et en tout cas
43:03du point de vue
43:04de Solène Leprince
43:04qu'on lui a systématiquement
43:07remise dans la figure
43:08excusez-moi de l'expression
43:09mais parce que
43:10elle c'est comme ça
43:10qu'elle le ressent
43:11elle me dit
43:11moi mes questions
43:12je n'ai pas de réponse
43:13parce que Dany Leprince
43:14a été condamnée
43:14aujourd'hui
43:15elle était bloquée
43:16en fait
43:16on a très bien compris
43:17elle était bloquée
43:18désormais la voix se sourde
43:19et c'est pour elle
43:20que le chemin va être
43:21encore long effectivement
43:22c'est pour elle finalement
43:23mais elle le veut
43:24ce qui est vrai
43:24c'est que Martine Compin
43:26c'est un mur de silence
43:28on a essayé de la rencontrer
43:29elle n'a jamais parlé
43:30elle n'a jamais parlé
43:31du coup
43:32elle a parlé aux enquêteurs
43:33avec de multiples versions
43:34mais à nous
43:35elle ne parle pas
43:35elle n'a jamais parlé à personne
43:37on a essayé de la rencontrer
43:38on a essayé de passer
43:38par ses avocats
43:39de façon très officielle
43:40elle a toujours refusé de parler
43:42c'est un mur du silence
43:44votre innocence
43:45elle va poser problème
43:47Dany Leprince
43:47parce que
43:48ça veut dire que
43:49ça n'est pas vous
43:50ça veut dire que
43:51derrière
43:51la justice s'est trompée
43:53donc il va falloir
43:53qu'elle répare
43:54il va se falloir
43:57maintenant trouver le coupable
43:58ça veut dire que
43:59c'est quand même
44:00pour elle
44:01un vrai
44:02un vrai échec
44:03c'est pour ça
44:03que vous avez raison
44:04de faire la comparaison
44:06avec l'affaire Dils
44:07puisque 15 ans après
44:08l'acquittement
44:10de Patrick Dils
44:11Francis Haul
44:12m'a été condamné
44:13donc si vous voulez
44:14en réalité
44:15nous nous disons
44:15nous affirmons
44:16que la vérité est en marche
44:17dans ce dossier
44:17et que
44:18vous voyez la remarque
44:19que vous faisiez tout à l'heure
44:20par rapport à la couche
44:21pourquoi est-ce que vous dites cela ?
44:23parce que vous avez eu entre les mains
44:24l'arrêt de la chambre d'accusation
44:26et l'arrêt de la chambre d'accusation
44:28tronque la vérité
44:29il faut reprendre des nouvelles
44:31en disant
44:32qu'elle avait été changée
44:34que la couche était propre
44:35alors qu'il y a des déclarations
44:37de Nelly Aton
44:38qui disent que
44:39lorsqu'elle l'a récupérée
44:40la couche était sale
44:41c'est à dire que
44:42et c'est cela
44:43qui va être très intéressant
44:44pour le président
44:46de la cour d'assises
44:46qui va présider
44:48c'est qu'il va avoir
44:49un arrêt
44:49de la chambre d'accusation
44:51qui saisit
44:51qui saisit
44:52parce que c'est cet arrêt-là
44:54qui saisit
44:54avec
44:55je dirais
44:56des erreurs considérables
44:58et un affaiblissement
44:59qui est effectué
45:00par la cour de révision
45:02Est-ce que mettre
45:03le fameux major
45:04vous allez lui demander
45:04de venir ?
45:07C'est une autre difficulté
45:08c'est-à-dire que nous demandons
45:10à ce que le procès
45:11puisse avoir lieu
45:11le plus rapidement possible
45:13parce que les faits
45:14ont eu en 1994
45:15il y a des témoins
45:16des experts
45:17qui sont morts
45:17et il ne faut pas attendre
45:19trois ans
45:19quatre ans
45:20si vous voulez
45:21et nous avons conscience
45:23que les cours d'assises
45:24sont surchargés
45:25mais nous allons
45:26prendre attache
45:27avec les chefs de juridiction
45:28pour qu'un procès
45:30puisse essayer
45:31dans toute la mesure
45:32du possible
45:33d'être organisé
45:34dans des délais
45:35qui soient raisonnables
45:36Mais ça veut dire donc
45:37qu'il faut tous faire
45:38l'effort collectivement
45:38de mettre de nouvelles lunettes
45:40et de repartir à zéro
45:41avec ce prisme-là
45:42et avec tout ce qu'on s'est dit
45:43aujourd'hui
45:44et c'est ça qui je trouve
45:45rend l'histoire passée
45:46Notamment avec tout
45:47ce que je disais tout à l'heure
45:48tous les indices
45:49dont on a parlé
45:49qui existent
45:50qui avaient été mis de côté
45:51parce que
45:53le rond ne rentrait pas
45:54dans le carré
45:55ou le carré ne rentrait pas
45:55dans le rond
45:56et bien là
45:57ils vont venir appuyer
45:59au procès
46:00et je fais confiance
46:01aux avocats
46:01de M. le Prince
46:02pour dire
46:03regarder toutes ces incohérences
46:04qui ne désignent pas
46:05notre client
46:06qui au contraire
46:07vont vers d'autres pistes
46:09et elles ne pourront
46:10étudier ces autres pistes
46:12qu'une fois
46:13le procès terminé
46:14où on va avoir déjà
46:16ce premier regard
46:17et ça ne colle pas
46:19et le deuxième regard
46:21quand ça sera fini
46:21de dire
46:22mais maintenant
46:23on peut les utiliser
46:24pour une autre enquête
46:26une autre instruction
46:27vers quelqu'un
46:28Qu'est-ce que risquent
46:29les gendarmes
46:30qui ont mal fait leur boulot
46:31comme dans l'affaire Liana
46:32par exemple
46:34une action responsabilité
46:35contre l'État
46:36et puis
46:37peut-être
46:37des actions
46:38récursoires derrière
46:39c'est ce que je dis
46:40souvent
46:40vous savez
46:41lorsque il y a
46:42comme ça
46:42des dysfonctionnements
46:43qui sont graves
46:44de la justice
46:45parce que
46:46derrière
46:47si jamais
46:47c'est une erreur
46:48judiciaire
46:49et la cour de révision
46:50en est parfaitement
46:51conscience
46:51c'est l'une des plus
46:53grandes erreurs
46:53judiciaires françaises
46:54il a fait 18 ans
46:55de prison
46:56personne d'autre
46:57dont la condamnation
46:58a été annulée
46:59a fait autant de prison
47:00personne
47:00le plus c'était Patrick Dils
47:01qui en avait 14
47:02merci
47:02merci à tous
47:03de vos lumières
47:04merci de vos éclairages
47:05merci de votre présence
47:06d'Agné Prince
47:06merci de nous avoir suivis
47:07merci Dominique
47:08de m'avoir accompagné
47:09tout au long de cette
47:09c'est la fin de la saison
47:10pour moi c'est terminé
47:11pour vous c'est terminé
47:12pour moi pas encore
47:13merci beaucoup
47:13vous avez rendez-vous
47:14maintenant avec l'info
47:15et avec Loïc Besson
47:16sur BFM TV
47:17merci de m'avoir stap
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