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Chaque week-end, l’émission pilotée par Dominique Rizet, consultant police/justice BFMTV, et Pauline Revenaz, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.
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00:01Générique
00:11Bonjour à tous, nous sommes dimanche, il est 13h, bienvenue dans Affaires suivantes, ravie de vous retrouver avec mon complice
00:16Dominique Rizet.
00:17Bonjour Pauline, bonjour à tous.
00:18Au programme cette semaine, le décryptage de la mort de Quentin de Ranque.
00:21Après la marche de l'ultra-droite organisée hier dans les rues de Lyon, pas d'affrontement,
00:25mais des signalements après des insultes racistes et des saluts nazis qui composaient ce cortège.
00:29Quels étaient les slogans ? Quels sont les foyers encore actifs de l'ultra-droite en France ?
00:33Et puis, notre deuxième affaire Dominique.
00:35Oui, l'ombre de choc des dossiers Epstein, Pauline, se propage dans le monde entier
00:39et touche maintenant à la monarchie britannique à travers l'ex-prince Andrew.
00:44Nous allons plonger ensemble dans le dossier Brunel, c'est la partie française de l'affaire Epstein
00:50et dans le cadre judiciaire ouvert par le parquet de Paris cette semaine.
00:55Nous allons revoir ce dossier entouré de nos spécialistes.
00:58Affaire suivante, ne bougez pas, ça démarre dans un instant.
01:01Bonjour à tous, on va essayer de décrypter ensemble la mort de Quentin de Ranque
01:04et ses suites judiciaires et politiques.
01:05Quentin de Ranque, 23 ans, militant identitaire, lanché à mort jeudi dernier dans les rues de Lyon
01:09par des militants antifascistes en marge d'une conférence de presse donnée à Sciences Po
01:13par l'eurodéputé LFI Rima Hassan.
01:16Hier, Lyon a été le théâtre de toutes les attentions sécuritaires.
01:19D'abord, la marche d'hier et les suites judiciaires de la mort de Quentin.
01:22Sujet de Pierre-Louis Bousset.
01:28C'est sous les champs et les slogans que s'était lancée hier la marche pour Quentin de Ranque.
01:33Parmi les participants, de très nombreux militants nationalistes et d'extrême droite.
01:38Un rassemblement sous haute tension, une semaine après la mort du jeune activiste identitaire.
01:44A ce stade de l'enquête, sept personnes ont été mises en examen et interrogées par les enquêteurs.
01:50Deux d'entre elles refusaient de s'expliquer, sur les faits notamment.
01:55Les autres connaissaient leur présence sur les lieux.
01:57Et certains admettaient avoir porté des coups à Quentin de Ranque ou et à d'autres victimes.
02:05En revanche, tous contestent avoir eu l'intention de tuer le militant identitaire.
02:10Parmi les suspects, un nom retient particulièrement l'attention.
02:13Celui de Jacques-Éli Favreau, assistant parlementaire du député Raphaël Arnaud.
02:18Il est soupçonné de complicité de meurtre par instigation.
02:22Également parmi les suspects, un homme, Alexis Cé, déjà connu des services de police.
02:27Il avait été mis en examen en juin 2024 pour une affaire d'agression antisémite sur un adolescent.
02:33Sur les sept suspects, six sont mis en examen pour homicide volontaire et en cours jusqu'à 30 ans de
02:39prison.
02:40La famille de Quentin de Ranque souhaite que les faits soient qualifiés du chef de meurtre en bande organisée.
02:46Un, il y a eu des repérages visiblement.
02:48Deux, il y a eu des complicités.
02:49Trois, il y a eu des repérages avec des individus en scooter qui cherchaient des personnes isolées.
02:55Quatre, il y a vraisemblablement utilisation de messagerie cryptée.
02:58Si ce chef d'accusation est retenu par la justice, les suspects pourraient alors encourir la réclusion criminelle à perpétuité.
03:06Alors avec nous, j'accueille en plateau Paul Conge, journaliste PJ de BFM TV.
03:10Merci Paul d'être avec nous.
03:11Jean-Yves Camus, directeur de l'Observatoire des radicalités politiques à la Fondation Jean Jaurès.
03:16Merci d'être avec nous aussi.
03:17Et maître Christophe Carion-Martin, avocat de la famille Arambourou.
03:21Alors d'abord, Lyon, hier, théâtre de cette marche de l'ultra-droite organisée par des proches de Quentin de
03:28Ranque.
03:29À quoi ça ressemblait, Paul ?
03:30Vous avez pu vous naviguer, si je puis dire, dans cette marche.
03:33Qu'est-ce qui vous a le plus frappé ?
03:35Et on rappelle en parallèle qu'il y a trois signalements qui ont été faits par la préfète de Lyon
03:40pour des saluts nazis et des insultes racistes.
03:43Oui absolument, c'est vrai qu'on a pu traverser la foule en long, en large et en travers.
03:48Ce qui frappait, c'est que bien sûr, il y avait beaucoup de petits groupuscules radicaux
03:52qui étaient reconnaissables vraiment à leur tenue vestimentaire.
03:55Ils étaient vêtus tout de noir, ils avaient des cache-coups remontés,
03:58parfois des casquettes, des cagoules aussi, des lunettes de soleil,
04:01mais pas de logo d'organisation visible.
04:03Ça, on pouvait en chiffrer, je pense, quelques centaines, peut-être un millier,
04:07mais la foule ne s'arrêtait pas à ça.
04:08Il y avait aussi vraiment même des familles qui étaient présentes.
04:10On a vu des personnes qui étaient à la messe auparavant aussi, en hommage à Quentin de Ranck.
04:15Il y avait un élu LR aussi, il faut le rappeler.
04:17Il y avait aussi un élu LR, absolument.
04:18Et puis des Lyonnais dont on ne peut pas vraiment présupposer de l'appartenance politique.
04:23Ce qui fait qu'aussi la foule était estimée à 3200 personnes.
04:263200 personnes, c'est l'estimation sur la fourchette haute
04:28de ce que représente l'ultra-droite en France aujourd'hui.
04:31Donc, ce n'était clairement pas toute l'ultra-droite.
04:33Ensuite, on peut quand même remarquer deux choses.
04:34C'est qu'on a aperçu quelques leaders, ou anciens leaders d'extrême droite.
04:37Par exemple, Yvan Benedetti, le fondateur de l'œuvre française,
04:41qui est un groupe pétainiste dissous après la mort de Clément Méric,
04:44un militant antifasciste tué cette fois par l'extrême droite.
04:47On a pu apercevoir aussi le leader néo-nazi Marc de Cacré-Valmenier,
04:51bien connu, qui a eu beaucoup de démêlés judiciaires.
04:54Et aussi un service d'ordre qui encadrait cette marche,
04:56qui était très offensif, notamment avec les journalistes.
04:59C'était le même service d'ordre à peu de choses près que celui du comité du 9 mai.
05:03C'est une marche, une parade quasi paramilitaire qui a lieu tous les ans à Paris.
05:07Et on les a assez facilement reconnus.
05:09Ce qui frappe juste aussi beaucoup, c'est les slogans,
05:12c'est ce qui était entonné dans le mégaphone depuis le camion.
05:15Et bien, il y avait des choses.
05:16Au départ, c'était des hommages à Quentin.
05:19C'était des, disons, des...
05:21Justice pour Quentin, hommage à Quentin.
05:23Il y a aussi LFI assassin, antifa assassin.
05:26Mais après, la nationalité a été beaucoup plus politique,
05:28enfin plus idéologique, j'ai envie de dire.
05:29On entendait un leader nationaliste révolutionnaire dire
05:33« On va reprendre ce pays, on est chez nous, ce pays nous appartient ».
05:37Il y a vraiment une vocation très politique derrière tout ça.
05:40Et ça crée vraiment un moment tout de même très tendu,
05:43à de nombreuses reprises, des moments très tendus dans la manifestation.
05:45Mais on le rappelle, il n'y a pas eu d'affrontement direct.
05:47Non.
05:47La soirée a été calme, il y a eu une interpellation à la marge.
05:50Des petites provocations à la marge de la manifestation.
05:53Paul, est-ce que...
05:53De très bonnes tenues sécuritaires, on va dire.
05:55On a bien vu, nous, on a dit sur le plateau,
05:56on a dit « Bon, c'est pas normal, les journalistes sont écartés,
05:59ils ne peuvent pas travailler ».
06:00On a vu un type devant qui mettait en permanence,
06:03à visage découvert, sa main devant les caméras.
06:06Vous faites plein de manifs.
06:07Vous avez écrit un bouquin, extrême gauche, extrême droite.
06:10Est-ce que dans les autres manifs d'extrême gauche, ça se passe pareil ?
06:13Enfin si, il n'y a pas de manif d'extrême gauche,
06:15mais quand l'extrême gauche est dans des cortèges,
06:18est-ce que c'est pareil ?
06:19Est-ce qu'on est comme des journalistes ?
06:20Vous avez raison, la comparaison est intéressante.
06:22Pour le coup, là, ce cortège était relativement discipliné
06:25par rapport à une manifestation d'extrême gauche.
06:26Parce que quand on suit des manifestations d'extrême gauche,
06:28ou alors noyauté par l'extrême gauche,
06:30parce que c'est plutôt ça qui se passe,
06:31avec un black bloc qui se constitue à l'avant.
06:33En tête de cortège, oui.
06:35En tête de cortège, généralement, là, on est vraiment très mal accueilli,
06:37voire violenté, voire agressé.
06:39Ça, c'est arrivé, ça m'est arrivé personnellement,
06:40et c'est arrivé à beaucoup de confrères.
06:42Donc là, pour le coup, autant, effectivement,
06:44le service d'ordre était particulièrement véhément envers nous,
06:47autant on n'a pas été agressé physiquement.
06:48Alors, Jean-Yves Camy, qu'est-ce qui vous a frappé, vous,
06:50dans les images d'hier ?
06:51Est-ce que vous pouvez nous aider à comprendre la géographie et Lyon ?
06:54Est-ce que c'est un terreau connu de l'ultra-droite en France ?
06:58Alors, c'est un terreau connu depuis le début des années 2010
07:02pour être un lieu de conflictualité violente.
07:06Donc, des deux côtés, des deux bords.
07:07Avec des faits répertoriés relativement fréquents,
07:12y compris l'usage d'armes blanches,
07:16avec des condamnations qui sont régulièrement prononcées,
07:19avec des dissolutions de mouvements qui ont aussi été prononcées
07:23contre des groupes d'ultra-droite
07:26et contre, d'ailleurs, un groupe d'ultra-gauche.
07:30Mais, moi, je fais très attention à ne pas essentialiser une ville.
07:34Je rappelle tout de même qu'à la tête de cette ville,
07:36il y a un maire de gauche,
07:38qu'avant, celui-ci, c'était un autre maire de gauche,
07:42Gérard Collomb,
07:43et qu'à l'époque où Michel Noir dirigeait la ville,
07:46eh bien, Michel Noir était parmi les gens de son camp politique,
07:50l'un de ceux qui montaient au créneau le plus fort
07:54contre, à l'époque, le Front National.
07:57Donc, faisons attention.
07:59– Il y a quelque chose que je n'arrive pas très bien à discerner,
08:03c'est est-ce qu'à un moment donné,
08:04dans le traitement policier, administratif,
08:08de cette montée en violence,
08:10il y a eu, ou pas,
08:13une sorte de…
08:14un loupé qui a empêché que quelque chose
08:20vienne stopper le passage à l'échelon supérieur.
08:24– Est-ce qu'il y a un moment où vous sentez la bascule ?
08:27Vous dites, est-ce qu'il y a eu un moment où on n'a pas vu quelque chose ?
08:29– Vous parlez d'un engrenage, pour bien comprendre…
08:32– Non, je ne parle pas d'un engrenage,
08:33je dis qu'il faut se mettre quelque chose dans la tête de manière définitive.
08:37Dans une démocratie libérale,
08:38les deux radicalités politiques ne seront jamais éradiquées.
08:42– Bon, ça c'est un constat de…
08:44– C'est pour cela qu'il y a un gros malentendu
08:46sur l'effet d'une dissolution.
08:50Une dissolution, c'est un coup de pied dans la fourmilière,
08:53ça écarte des gens, généralement du second cercle,
08:55c'est embêtant financièrement, c'est embêtant pour les leaders,
08:59mais si on fait le bilan des groupes dissous
09:01et qu'on regarde est-ce qu'ils se sont reconstitués ou pas,
09:04oui, dans la majeure partie des cas, ils se sont reconstitués.
09:07Et on ne peut pas y faire grand-chose,
09:09d'abord parce que les peines qui punissent le délit de reconstitution,
09:12les dissous sont des peines légères et non dissuasives.
09:15– Alors là, pour qu'on comprenne bien,
09:16vous voulez pointer quelle dissolution ?
09:18Parce qu'il y a la dissolution de la Jeune Garde en juin 2025,
09:22Paul, je parle sous votre contrôle.
09:23– Je parle des dissolutions de groupes de l'ultra-droite en particulier,
09:25qui en fait n'ont pas…
09:26– Il y en a eu huit dissolutions de groupes de l'ultra-droite
09:29depuis 2019, depuis Génération Identitaire,
09:32il y en a eu une floraison d'autres ensuite,
09:33il y a eu les remparts, il y a eu Lyon Populaire.
09:35– Les remparts, c'est à Lyon, c'est ça ?
09:36– Absolument.
09:37– Les remparts, les gens populaires, il faut quand même,
09:39dans une certaine mesure, reparler de la dissolution
09:42de l'œuvre française en 2013,
09:44parce qu'à l'époque, un certain nombre des dirigeants
09:48de l'œuvre française, dont certains qu'on a vus réapparaître hier,
09:50sont lyonnais, de la conurbation lyonnaise.
09:54Donc ça les athéniètes aussi.
09:57Mais à un moment donné, je vous dis,
10:00on ne peut pas empêcher des gens
10:03de continuer à se reformer.
10:05Et on n'a pas en France, et ça c'est assez regrettable,
10:10de dispositifs qui permettent d'accompagner
10:14les militants des deux familles politiques radicales
10:17vers la sortie.
10:19– Donc une fois que la dissolution est prononcée ?
10:22– Non, avant.
10:23– Ah, avant.
10:23– Avant.
10:24En Scandinavie, en Allemagne, en Grande-Bretagne,
10:26existe ce qu'on appelle des programmes EXIT.
10:29Un programme EXIT, c'est un programme qui repose
10:32sur le fait qu'à un moment donné, un généralement jeune
10:38prend contact et dit, bon voilà, moi je pense que là,
10:41c'est le moment que je sorte.
10:43Mais on ne sort pas comme ça, on ne rend pas comme ça
10:46des liens qui sont politiques, mais qui sont aussi
10:48des liens de sociabilité.
10:49– Donc c'est un accompagnement à temps plein.
10:52– C'est un accompagnement à retourner à une vie normale
10:55en dehors de la radicalité.
10:56– Et ça marche ?
10:56– Est-ce que ça marche ?
10:57– Ça marche pas mal, ça marche d'ailleurs, ça s'applique
11:00à tous les militants radicaux, y compris les islamistes radicaux.
11:04Alors là, c'est plus compliqué.
11:05– Est-ce que c'est de la déradicalisation ?
11:07C'est ça ?
11:08– Écoutez, pour moi, l'important, c'est la neutralisation
11:12du potentiel violent.
11:13Ensuite, ce que les gens continuent à penser dans leur tête
11:15et dans leur salon.
11:17– Ça leur appartient ?
11:18– Ça leur appartient, mais l'essentiel, c'est d'arrêter
11:23la violence qui peut mener à l'extrême que l'on vient de voir.
11:26Je connais des gens qui sont réellement sortis,
11:28qui ont fait un travail de retour sur eux-mêmes,
11:31d'analyse de leur engagement, qui ont pris conscience
11:34des raisons qui les avaient menées là.
11:36– Jean-Yves, ça se passe pas simplement en vieillissant,
11:38en grandissant ?
11:39– C'est pas des…
11:39– Un peu comme des voyous qui, un jour, font d'une famille
11:42et puis changent de vie ?
11:43– Alors, c'est un des facteurs, effectivement,
11:46la fondation d'une famille, le mariage, l'accession aussi
11:51à un poste où on se dit, bon, j'ai des perspectives de carrière,
11:54je ne veux peut-être pas quand même les saboter définitivement.
11:57Et puis, des fois, c'est aussi une réflexion,
11:59une vraie réflexion avec des gens qui se disent,
12:01je me suis trompé, en fait.
12:03Je ne suis pas du côté normal de la barrière.
12:06Mais si on ne fait pas un effort pour encadrer cela,
12:10parce que ça nécessite un suivi administratif, psychologique,
12:15ça nécessite de sortir, y compris géographiquement,
12:18les gens de ce milieu, de les aider à avoir un emploi,
12:22ça nécessite effectivement de leur fournir,
12:24de les aider à trouver un emploi qui leur assure…
12:27– Est-ce que c'est-à-dire que ces gens-là, ils ne bossent pas ?
12:29– Est-ce qu'il y a des profils type ?
12:30Est-ce qu'on peut essayer de brosser un contrat très peu ?
12:33– Si, si, attendez, ils travaillent, mais ils travaillent.
12:36Mais l'objectif, c'est aussi de les sortir du travail dans la mouvance.
12:40C'est-à-dire qu'à un moment donné, si vous voulez,
12:42la mouvance produit un nombre incalculable de vendeurs
12:45des marques de vêtements dont on a parlé tout à l'heure.
12:49Bon, il faut sortir du micro-milieu, si vous devenez tatoueur,
12:51ce qui est un truc assez fréquent aussi,
12:54et que vous continuez à avoir des clients qui appartiennent,
12:57peut-être pas majoritairement, mais en grande partie à votre mouvance
13:00et qui viennent se faire tatouer des trucs assez particuliers,
13:04il faut à un moment donné vous permettre de sortir du truc.
13:07Parce que sinon, vous êtes pris dans un réseau de sociabilité
13:11dont vous avez énormément de mal à sortir.
13:13Parce que ces gens sont aussi en recherche de sociabilité.
13:16– Et quand est-ce que commence le point de bascule ?
13:20Quand est-ce que ces jeunes, ils entrent dans ces idéologies-là ?
13:22Est-ce que c'est dès le collège, dès le lycée ?
13:24Il y a des points d'entrée qu'on a repérés ?
13:27– C'est très variable, c'est très variable.
13:29Vous avez des gens qui rentrent tôt, dès l'adolescence,
13:33ou du moins la période du jeune adulte,
13:37et vous avez ce phénomène extrêmement intéressant,
13:40des personnes ayant dépassé la cinquantaine, voire plus,
13:44qui se retrouvent engagées dans un certain nombre de groupes
13:48dont les actions ont déjà été judiciarisées,
13:52notamment les Barjoles, notamment les Faux,
13:57voire le monsieur qui détenait à Châteauroux un véritable arsenal,
14:01et qui avait 78 ans.
14:02Je rappelle que lorsqu'à Bayonne, un homme tire,
14:04il est décédé aujourd'hui,
14:07un homme tire il y a quelques années sur deux Chibani
14:10qui sont paisiblement devant la mosquée de Bayonne,
14:14petit 1, il a 82 ans, petit 2, il a fait de la politique,
14:18et petit 3, quand la BRI intervient, il tire.
14:21– Oui.
14:23– Ce qui dénote quand même un degré de détermination
14:28qu'on ne trouve pas nécessairement à ça.
14:30– Ça, ça nous amène, maître, à l'affaire Arambourou.
14:35Donc, on en parlait, on la met dans toutes ces affaires
14:37de l'extrême droite.
14:39C'est un meurtre de l'extrême droite.
14:40– Alors, on va le rappeler d'abord,
14:41Fédérico Arambourou, il a été abattu par deux militants d'ultra-droite
14:44sur le boulevard Saint-Germain, c'était le 19 février 2022.
14:47Et vous, vous défendez la famille de Fédérico Arambourou.
14:49– Et moi, pardon maître, avant de vous laisser répondre,
14:50moi, je dis depuis des jours sur ce plateau
14:52que pour moi, ce n'est pas un meurtre raciste,
14:55que c'est un meurtre de, pardon pour l'expression,
14:58de gars qui ont bu, qui ont picolé,
15:03qui s'embrouillent à 4-5 heures du matin
15:05et que c'est malhonnête, pour moi,
15:11de mettre ça dans des crimes racistes,
15:13alors que les crimes racistes existent en France.
15:14On est vraiment clairs là-dessus.
15:16Alors, je ne me trompe pas, qu'est-ce que j'ignore du dossier ?
15:19Qu'est-ce que je dois en apprendre ?
15:21– Alors, je suis l'avocat d'abord de Sean Legherty,
15:23qui était l'associé et ami de Fédérico Martín Arambourou.
15:26Mais je représente aussi, parce que la défense est commune,
15:30la famille aujourd'hui et mon confrère Yann Le Bras,
15:33ma consoeur, Véronique Massy,
15:34avec qui nous travaillons sur ce dossier.
15:38L'affaire de Fédérico Martín Arambourou,
15:40un peu peut-être comme ce que découvrirait l'affaire ici,
15:44c'est qu'elle va y avoir plusieurs temps.
15:45Il y a à voir, effectivement, ce que vous dites,
15:47et ce qui est repris notamment par d'autres personnes,
15:49qu'il y a une bagarre de bars.
15:52Cette bagarre de bars, elle se fait au Mabillon.
15:53– C'est la première séquente où ?
15:55– Au Mabillon, devant le Mabillon.
15:58– Un café sur le boulevard Saint-Germain.
15:59– Exactement.
16:00Et les videurs du Mabillon, les serveurs du Mabillon interviennent,
16:03c'est par…
16:04– Fin de l'histoire.
16:05– Ce qui aurait été l'idéal.
16:08Sauf que c'était sans la détermination,
16:11ni les menaces,
16:13ni la détermination de Loïc Le Priol, Romain Bouvier,
16:17qui vont partir à la recherche
16:20de Fédérico Martín Arambourou et de Sean Egerti,
16:23armés, et avec ce qui se passera derrière,
16:25c'est-à-dire la multitude de balles reçues,
16:31c'est-à-dire que les deux vont vider leur chargeur
16:33sur Fédérico Martín Arambourou.
16:35– Mais à quel moment ça devient raciste ?
16:37– Alors, il n'a jamais été question de raciste.
16:40– D'accord, ok.
16:41– Et un crime raciste, c'est une circonstance aggravante.
16:44D'ailleurs, le débat aujourd'hui est un peu difficile
16:46parce qu'on parle de mobile politique.
16:48Nous, avocats magistrats, le mobile politique,
16:51on n'en hérite pas.
16:52Il y a des circonstances aggravantes d'un homicide
16:54qui sont celles liées à la religion, au sexe,
17:00au racisme, mais c'est tout.
17:02Le mobile politique dont tout le monde débat aujourd'hui,
17:04il n'existe pas en droit.
17:05Et finalement, le droit qui va devoir réparer cette affaire,
17:10le mobile raciste n'est pas ça.
17:12Ce qu'il y a eu par contre, c'est qu'immédiatement,
17:14ce qu'a frappé tout le monde,
17:16c'est que les personnes qui étaient impliquées en termes d'auteurs,
17:22c'était des personnes qui avaient été,
17:24et je l'ai toujours dit, biberonnées,
17:27hôteses d'extrême droite.
17:29Écoutez-moi, on revient dans un instant.
17:32Non, pas de question, parce qu'on va partir en plus pour revenir dans un instant.
17:34Et on y revient, parce qu'aujourd'hui, vous dénoncez une asymétrie
17:37entre la récupération politique aujourd'hui et le silence assourdissant
17:41il y a cinq ans, au moment de la mort de Federico Aramburu.
17:43On y revient dans un instant.
17:4613h30, bienvenue si vous nous rejoignez dans l'affaire suivante.
17:48On évoque avec Maître Christophe Cariou-Martin,
17:50avocat de l'associé de Federico Aramburu,
17:53la mort de cet ex-rugbyman argentin,
17:56c'était le 19 février 2022.
17:59Au regard de ce qui s'est passé depuis huit jours
18:01et de la mort de Quentin Durang,
18:02vous dénoncez, vous, aujourd'hui, Maître, une asymétrie.
18:05Expliquez-nous pourquoi.
18:06Non, je dis que c'est monstrueux.
18:08Je dis que c'est monstrueux parce qu'un monstre,
18:09c'est ce qui n'est pas conforme, et ça fait peur.
18:11Et ce qui est en train de se passer avec les deux pôles politiques
18:14qui essayent de mettre ce crime dans le cadre de la discussion,
18:21mais en fait, ça fait peur.
18:23Pourquoi ?
18:23Ce n'est pas conforme.
18:24Pourquoi ?
18:24Parce qu'en fait, les politiques, on leur demande d'agir.
18:27Et ça fait quatre ans, au moins,
18:30et même avant avec l'affaire de Clément,
18:32qu'ils n'agissent pas.
18:33Clément Amérique.
18:34Et nous, ça fait quatre ans qu'on demande,
18:36notamment, que les armes à poudre noire de catégorie D,
18:40qui sont accessibles avec une simple présentation d'une pièce d'identité,
18:43alors que vous êtes fiché S,
18:45alors que vous avez un cassier judiciaire avec violence avec arme,
18:47alors que vous êtes en récidive,
18:50puissent être accessibles à tous.
18:52C'est une loi qui est simple à prendre.
18:54Le gouvernement a agi par arrêté sur les munitions
18:57et ne veut pas passer à la loi
19:00parce que, peut-être, il n'y aurait pas suffisamment de précédents.
19:03Ce qui, moi, me glace.
19:05Arme qui avait été utilisée par un terroriste à Strasbourg.
19:08Et si, je crois que certains journalistes présents ici
19:11savent l'utilisation de ces armes à poudre noire,
19:13notamment dans ces crimes-là.
19:15Et ça, c'est ce qui n'est pas conforme.
19:17Aujourd'hui, arrêtez de parler.
19:19Arrêtez de vous opposer.
19:20Agissez.
19:20Empêchez le futur.
19:22Nous, en justice, en avocat, en magistrat,
19:24on récupère tous ces malheurs.
19:26Vous croyez que la mère de Fédérico
19:28et la mère de Clément,
19:29si elles se rencontrent un jour,
19:30elles vont dire quoi ?
19:31La mère de Quentin, elles vont dire quoi ?
19:32Elles vont parler des armes ?
19:33Elles vont parler de quoi ?
19:34Elles vont dire pourquoi j'ai perdu un fils ?
19:37On entend bien.
19:38Donc, c'est vraiment ça.
19:39C'est arrêtez de parler.
19:40Ça fait peur.
19:41Ça fait peur à tous les Français.
19:42Ils en ont marre.
19:45Bien sûr, vous allez vous battre pour les municipales.
19:47Bien sûr, vous allez vous battre pour les législatives
19:49et les présidentielles.
19:50Mais agissez.
19:52Protégez nos enfants.
19:53Vous pensez que les politiques vous entendent, maître ?
19:55Je ne sais pas.
19:56Ça fait quatre ans qu'on ne frappe à toutes les portes.
19:57Au moins, le maître...
19:58Payot Dufault, le député,
20:01le porte aujourd'hui sa proposition de loi,
20:03qui était portée avant par Florence Lasserre,
20:07par Léonore Carrois.
20:09Ce qui montre bien que c'est une problématique
20:11qui est transpartisane.
20:13Mais il faut s'en sévire.
20:14Ce qu'il faut éviter,
20:15c'est qu'on sait qu'il y a des pensées.
20:18Et je ne suis favorable à la liberté d'expression,
20:20à la liberté d'association.
20:21Il n'est pas question d'y toucher.
20:22D'accord ?
20:23Je suis avocat,
20:24je milite pour l'État de droit,
20:25pour la démocratie.
20:27Par contre,
20:27la matérialité,
20:29la matérialité de la violence,
20:32on peut l'éviter.
20:33Et la matérialité de la violence,
20:34on l'évite comment ?
20:35Peut-être en modifiant
20:38l'organisation des manifestations
20:39où on laisse aux manifestants
20:41le soin de choisir leur propre ordre de sécurité.
20:45Ce qui, là,
20:47au lieu de mettre les gens dos à dos,
20:48les met face à face.
20:49Face à face, il y a des morts.
20:50Et puis, il y a ces armes
20:52qui sont accessibles par tous.
20:53Et qui font partie aussi
20:54d'un endoctrinement.
20:55Et qui font partie
20:56de ce qui est distribué
20:57dans certains groupuscules
20:58comme comment s'armer légalement.
21:00Quand vous parlez d'armes,
21:01vous dites qu'il y a des gens
21:02qui connaissent sur le plateau.
21:03Moi, je connais ça par cœur.
21:04Et je n'avais jamais vraiment
21:06réfléchi à cette question.
21:07Effectivement,
21:08de temps en temps,
21:08on entend parler.
21:09C'était une arme à poudre noire.
21:12Strasbourg, le terroriste.
21:13L'affaire Arme Moroux,
21:14aidé.
21:15Et en fait,
21:15il y a des armes,
21:16pour ceux qui nous écoutent,
21:17qui sont détenues légalement,
21:18catégorie B,
21:19par des gens
21:19qui sont dans des clubs de tir.
21:21Et puis, il y a des armes
21:21qui s'achètent,
21:22des armes à poudre noire.
21:23On les charge de la poudre,
21:24on met un plomb,
21:26on ferme avec un opercule.
21:28Et donc, ça,
21:28c'est effectivement...
21:29Aujourd'hui, il y a des reproductions
21:30d'armes historiques
21:31dont les brouillées sont
21:31à l'intérieur de 1900
21:32qui sont fabriquées en 2023-2025,
21:34disponibles,
21:35qui tuent.
21:35Vous avez des démonstrations
21:36sur les réseaux sociaux
21:37de savoir comment on les fonctionne.
21:40Donc, agissez,
21:40prenez cette loi.
21:42On a bien entendu votre rappel.
21:43qui est monumental.
21:44OK.
21:45Paul Conge,
21:45je voulais rajouter quelque chose.
21:47Non, pas spécialement
21:48sur cette question-là,
21:49mais en tout cas...
21:50Non, je voulais que maintenant...
21:51Il y a une petite distinction
21:52que vous faisiez Dominique
21:52tout à l'heure
21:53entre crime raciste
21:54et crime d'extrême droite.
21:55À vrai dire,
21:55ce n'est pas parce qu'un crime est raciste
21:56qu'il est automatiquement
21:57d'extrême droite.
21:58C'est ça, on en est d'accord.
21:59Et donc, on peut juste compter
22:00les crimes d'extrême droite
22:00sans forcément se baser
22:02sur la composante raciste.
22:03Alors, simplement, moi,
22:04dans le temps qui nous est imparti,
22:05on a parlé des gens
22:06qui avaient défilé hier.
22:07J'aimerais qu'on parle
22:07des gens qui sont incarcérés
22:09après la mort de Quentin Durand.
22:10Qu'est-ce que vous pouvez expliquer
22:11à ceux qui ignorent
22:12leur pédigré
22:13comment on définit
22:14la jeune garde
22:15groupuscule d'extrême gauche
22:16qui a été dissoute
22:17en juin 2025
22:18et dans ceux qui ont été incarcérés,
22:20combien appartiennent
22:21à la jeune garde, Paul ?
22:22D'accord.
22:22Alors, très clairement,
22:23la jeune garde,
22:23c'est une organisation,
22:24un groupuscule, on va dire,
22:25antifasciste
22:26qui est née en 2018 à Lyon,
22:27notamment sous l'impulsion
22:28de Raphaël Arnaud
22:29qui, à l'époque,
22:30est militant antifasciste
22:31et n'est pas encore député
22:32de la France insoumise.
22:33Au plus haut,
22:34cette organisation rassemble
22:35200 personnes
22:36avec des antennes
22:37à Paris, à Strasbourg
22:38et donc essentiellement à Lyon.
22:40Elle est engagée
22:41depuis quelques années
22:41dans des confrontations directes
22:43avec des groupes
22:43d'extrême droite,
22:44des violences de rue,
22:46notamment.
22:46On a aussi d'autres affaires
22:47qu'on a évoquées
22:49sur cette antenne.
22:50Bruno Rotaillot a souhaité,
22:51ministre de l'Intérieur,
22:52l'année dernière,
22:53a souhaité la dissoudre.
22:54Elle a été dissoute.
22:55Maintenant, il y a un recours
22:56qui est pendant
22:57devant le Conseil d'État.
22:59Les avocats de cette organisation
23:00veulent revenir
23:02sur cette dissolution.
23:03qu'avec ce qui venait de se passer,
23:03le recours, il est joué.
23:05Ça paraît compliqué aujourd'hui.
23:06Alors, de fait,
23:07on a effectivement
23:08parmi les personnes mises en cause
23:09dans le meurtre
23:10de Quentin de Ranque,
23:11on a au moins,
23:12on a identifié quatre personnes
23:14qui gravitent
23:15dans la mouvance
23:16de la Jeune Garde.
23:17Bien sûr,
23:18le député,
23:19enfin, le collaborateur parlementaire
23:20du député Raphaël Arnaud,
23:22Jacques-Élif Favreau.
23:23Il y en a trois autres
23:24qui appartiennent
23:26ou qui ont été proches
23:28de ce groupe.
23:28Celui qu'on a vu
23:29dans ce sujet,
23:30Alexis C,
23:30il en fait partie ?
23:31Alexis C,
23:31il en fait partie,
23:32tout à fait.
23:33Jean-Yves Camille,
23:34en quoi c'est symptomatique
23:35de notre époque ?
23:35Cette violence
23:36et cette exaspération
23:37des deux camps ?
23:38Est-ce qu'il y a deux Frances
23:39qui s'affrontent finalement ?
23:40L'ultra-gauche
23:42est-ce que c'est beaucoup trop schématique
23:42de dire ça ?
23:43Alors, c'est un peu schématique
23:45de dire ça
23:45parce que si on additionne
23:46les deux mouvances
23:47par rapport à nos 68 millions d'habitants,
23:49on est au marge politique.
23:51On n'est pas non plus
23:52dans un contexte
23:53de stratégie de l'attention
23:54à l'italienne,
23:55années 70,
23:56années 80,
23:57parce que la situation géopolitique
23:59n'est pas la même,
24:00enfin, pour des quantités
24:00de raisons
24:01qui seraient troulantes
24:02d'expliquer ici.
24:03Mais on a clairement
24:04deux mouvances
24:08qui considèrent
24:09que l'adversaire
24:10ne fait pas partie
24:11de la même mais en France.
24:13C'est-à-dire que
24:14ces gens considèrent
24:15que l'autre est un ennemi,
24:17il n'est pas un concitoyen
24:18qui a des opinions
24:19diamétralement opposées.
24:21Il est l'autre.
24:22Il est l'autre.
24:24Chacun a son mode d'anathème.
24:26vous êtes des gauchistes
24:29woke,
24:30alter-mondialistes,
24:31vous êtes des nationalistes,
24:34fascistes,
24:35la bâtiment,
24:35etc.
24:36Mais ces gens,
24:37très clairement,
24:38ne considèrent plus
24:39que le débat politique
24:40dans ce pays
24:41doit se régler
24:43uniquement par la voix
24:44des urnes.
24:44Ça me fait penser
24:45à un slogan
24:45qui a été entonné hier
24:46pendant la manifestation.
24:47J'entendais
24:48Mélenchon anti-France.
24:50Et ça a vraiment écho
24:51à ce qu'on est en train
24:51de se dire.
24:52On considère donc
24:52que l'adversaire
24:53ne fait pas partie
24:54de la même communauté politique
24:55de la même nation.
24:57De la même communauté humaine.
24:59Mais de la même communauté humaine.
25:00Parce qu'à un moment donné,
25:01moi j'ai connu
25:02une forme de violence
25:03qui était codifiée
25:04et où il n'était pas question,
25:07je crois,
25:08chez les protagonistes
25:09d'attenter à la vie d'un homme,
25:13de tuer un homme.
25:14Des bagarres politiques,
25:15il y en avait régulièrement.
25:17C'est une très vieille tradition.
25:19Mais c'est quand la bascule pour vous ?
25:21C'est une bascule générationnelle.
25:25C'est une bascule générationnelle
25:27avec la fin des mouvements
25:30d'extrême-gauche traditionnels.
25:32Je rappelle quand même
25:33que dans les années 70-80,
25:36la gauche prolétarienne,
25:37le mouvement maoïste,
25:38décide à un moment donné,
25:40après quelques faits d'armes
25:41comme l'enlèvement du DRH
25:43de la régie Renault,
25:43par exemple,
25:45que non, finalement,
25:47il ne faut pas passer
25:48à la violence homicide.
25:50On est sur un trajet inverse
25:52de ce qui s'est passé en Italie.
25:54Et puis, du côté de l'extrême-droite
25:59d'alors,
26:00on avait des gens
26:01qui étaient motivés
26:02très largement
26:03par l'anticommunisme,
26:05par le climat de l'époque,
26:06par le fait que c'était quand même
26:08dans les universités
26:09tout ce qui était à gauche
26:11qui tenait le haut du pavé.
26:13Eux étaient plus marginaux.
26:15Et puis, à un moment donné,
26:16ces gens ont eu
26:18des parcours professionnels,
26:19des parcours de vie
26:20qui a fait sortir
26:21la plupart d'entre eux
26:22du circuit.
26:23Jean-Yves,
26:24est-ce que vous diriez
26:25que l'extrême-gauche d'aujourd'hui,
26:26elle est l'héritière
26:27des maoïstes,
26:28des trotskistes,
26:29des communistes révolutionnaires
26:30ou d'actions directes
26:31ou de l'héritière de qui ?
26:33Ou de personnes ?
26:33Non.
26:34Elle est comme ça
26:34parce qu'elle est de société
26:35sur une fausse liste intellectuelle
26:38et qui nuit énormément
26:39à la cause qu'elle prétend incarner
26:41et à la cause de la révolution sociale
26:43qu'elle prétend incarner,
26:44c'est de considérer
26:45que le fascisme est partout.
26:47C'est-à-dire que finalement,
26:48Mme Pannot disait tout à l'heure,
26:49la République s'est construite
26:50contre le fascisme.
26:52Alors, est-ce que le maréchal
26:53de Mac Mahon était fasciste ?
26:54Parce que la République,
26:55c'est quand même 1875.
26:56Elle n'a peut-être pas les références.
26:57Elle n'a pas les références.
26:58Non, mais si les membres
26:59de la représentation nationale
27:01n'ont pas ce type de références
27:02que pour ma part,
27:03je l'ai appris dans le secondaire.
27:06Il y a quand même un problème énorme
27:08de déperdition de connaissances
27:10et de déperdition de sens.
27:11Le fascisme, je ne dis pas
27:13qu'il n'existe plus.
27:14Il est marginal.
27:15Nous ne vivons pas
27:16dans un pays occupé
27:17par l'armée nazie
27:18et personne ne risque sa vie
27:20en décollant nocturnement
27:21une affiche
27:22ou en taguant quelque chose.
27:24On n'est pas à l'époque
27:25de l'affiche rouge.
27:26Mais il y a, me semble-t-il,
27:28chez certains esprits,
27:29chez certains esprits,
27:30une manière de se sentir orphelin
27:32de cette période.
27:32C'est-à-dire que finalement,
27:33ces gens voudraient être
27:35des héros de la résistance.
27:36Ils ne sont que de petites frappes.
27:38Merci.
27:38Merci beaucoup pour vos éclairages,
27:40vos analyses, tous les trois.
27:41Merci beaucoup pour clôturer
27:43cette discussion.
27:44Sachez que la France
27:45va convoquer l'ambassadeur américain,
27:48c'est ce qu'annonce
27:48le ministre des Affaires étrangères,
27:49pour un tweet.
27:50Tweet que vous allez lire à l'instant.
27:51L'extrémisme violent de gauche
27:53est en hausse et son rôle
27:54dans la mort de Quentin Durang
27:56démontre la menace
27:57qu'il représente
27:57pour la sécurité publique.
27:59Résultat,
28:00cet ambassadeur est convoqué
28:01lundi au Quai d'Orsay.
28:03Écoutez le ministre
28:04des Affaires étrangères.
28:05Nous allons convoquer
28:07l'ambassadeur des États-Unis
28:08en France,
28:09puisque l'ambassade des États-Unis
28:10en France a fait un commentaire
28:12sur ce drame,
28:13dont je vous rappelais tout à l'heure,
28:14qu'il concerne
28:14la communauté nationale.
28:16Nous refusons
28:17toute instrumentalisation
28:19de ce drame
28:20qui endeuille
28:21une famille française
28:22à des fins politiques.
28:25Nous n'avons aucune leçon,
28:27s'agissant de la violence
28:29en particulier,
28:29à recevoir
28:30de l'international réactionnaire
28:32et les analyses
28:33de la vie politique,
28:35de la place
28:37qui occupe la violence
28:38et des violences
28:38plus généralement.
28:39Nous nous les servons
28:40nous-mêmes
28:41avec assez de verbes
28:42et nous ne permettons pas
28:43que d'autres nous les servent.
28:45Le dossier Epstein à présent
28:46est le volet français.
28:47Trois semaines
28:48que ce dossier
28:48ou ces dossiers
28:49plutôt inondent la planète.
28:51L'onde de choc
28:51de cette fin de semaine,
28:52c'était jeudi.
28:53L'arrestation de l'ex-prince Andrew
28:55et son interrogatoire
28:56pendant dix heures.
28:57Mais la France
28:58n'est pas épargnée.
28:59Loin de là,
28:59pour en parler avec nous,
29:00j'accueille
29:01Vincent Vantigame,
29:02grand reporter PJ
29:03du service de BFM TV,
29:05Mathias Darmon,
29:05avocat d'Innocence en danger
29:07et Sir Andrew Simpkin.
29:10J'espère que je prononce bien.
29:11J'adore le titre,
29:12je prends.
29:13Ok.
29:13Président de la Royal Society
29:15of Saint-Georges,
29:15merci d'être avec nous.
29:17On va d'abord démarrer
29:18avec le cas Andrew,
29:19le frère du roi Charles III,
29:20donc dans les filets
29:21des dossiers Epstein,
29:23soupçonné d'avoir transmis
29:24à Jeffrey Epstein
29:25des documents.
29:26Pour quelle contrepartie ?
29:27C'est la question
29:27qu'on se pose en direct
29:28de Londres.
29:29Laura Calmus
29:29pour BFM TV.
29:31Quel effet
29:31sur le peuple anglais
29:33lorsque l'ex-prince Andrew
29:34est placé en garde à vue ?
29:36Est-ce que ça signifie
29:37que c'est la fin de l'impunité ?
29:47Alors, on retrouvera Laura Calmus
29:49dans quelques instants.
29:50Je voulais vous demander,
29:51notre équivalent en français,
29:52lorsque l'ex-prince Andrew
29:55est mis en garde à vue
29:56interrogé pendant 10 heures,
29:57qu'est-ce que serait
29:57l'équivalent chez nous en France ?
29:59On a du mal à trouver.
30:00C'est une bombe.
30:01Vous auriez dû faire ça
30:02avec toute la classe
30:04de l'époque.
30:04Mitterrand, d'ailleurs,
30:05peut-être qu'ils vont y passer maintenant.
30:07Quel effet sur le peuple britannique,
30:09selon vous ?
30:11Nous avons une éthique protestante
30:14qui va du travail jusqu'au mœurs
30:16qui implique que chaque personne
30:19qui a fauté va direct dans l'enfer.
30:21Donc, quelque part,
30:23Andrew, de toute évidence,
30:24est coupable d'insouciance
30:26ou de bêtises,
30:29voire de la haute trahison.
30:30Donc, quoi qu'il arrive,
30:32on souhaite qu'Andrew soit écarté
30:34définitivement de ses fonctions royales.
30:37Mais qu'est-ce que ça fait ?
30:38Le peuple britannique est très attaché
30:40à la monarchie.
30:41Est-ce qu'il savait d'une manière ou d'autre
30:43que les jours de l'ex-prince Andrew
30:46étaient déjà comptés ?
30:47Comment est-ce qu'il...
30:47Mais vous savez,
30:48depuis 2011,
30:49il a été démissionné
30:51de son rôle
30:51de commissaire au commerce.
30:54Et depuis 2019,
30:55depuis son entretien catastrophique
30:57à la BBC,
30:58où il s'est mis en danger
30:59tout seul comme un imbécile,
31:01vraiment comme un homme naïf
31:02et inconséquent encore une fois.
31:04et il est fini.
31:05Depuis 2019,
31:06même sa propre mère a dit
31:08« Andrew, mon petit,
31:09tu ne feras plus rien
31:10pour la famille royale ».
31:11Depuis 2022,
31:13Charles a enlevé son nom,
31:15son titre,
31:16ses logements.
31:17Et il a terminé tout récemment
31:19dans une cellule.
31:20– André, il a quand même été
31:227-8 heures en garde à vue,
31:23c'est ça ?
31:23Ou entendu ?
31:25– 7-8 heures,
31:26c'est quand même pas beaucoup.
31:27– Il te dit 11 heures.
31:28– 11 heures,
31:29oui,
31:29c'est pas beaucoup quand même,
31:30pour toutes les questions
31:31qu'on doit avoir à lui poser.
31:32Il est toujours logé,
31:33d'après ce que j'ai entendu,
31:34je ne suis pas un spécialiste,
31:35mais dans l'enceinte
31:37d'un domaine
31:38qui appartient à la couronne.
31:39– Non, non, faux.
31:40Il a été muté
31:43de Windsor,
31:44qui appartient à l'État,
31:45à la couronne,
31:47à Sandringham,
31:47qui est un domaine privé,
31:48qui appartient à Charles.
31:50Et donc Charles loge
31:51et paye son petit frère.
31:54– Son petit frère,
31:55dans quand même
31:56une ancienne ferme,
31:57c'est ça ?
31:58– Une petite ferme
31:58qui devait être
32:00la maison de retraite
32:02du prince Philippe.
32:03– Donc il est quand même
32:04un peu protégé, non ?
32:05On pourrait lui dire
32:06vous nous quittez,
32:07vous quittez la famille royale,
32:08vous quittez le domaine
32:09où tout s'il appartient.
32:10– Tout le problème,
32:10c'est comme pour les déchets
32:13radioactifs.
32:14Il faut les mettre quelque part.
32:15Il faut les mettre quelque part.
32:17Donc il faut empêcher
32:19cet homme
32:19d'écrire ses mémoires.
32:21Il faut empêcher cet homme
32:22de prendre la parole
32:23en public.
32:23Il faut empêcher Foggy
32:25de faire la même chose.
32:26Donc quelque part,
32:26nous avons quelques
32:30petits soucis
32:30à régler.
32:32– Alors on va rejoindre
32:33Laura Calmu
32:34parce qu'on l'avait perdue
32:34et on l'a retrouvée
32:35en direct de Londres.
32:36Quel effet sur le peuple anglais,
32:38Laura,
32:38quand l'ex-prince Andrew
32:39est interrogée
32:40pendant plus de 11 heures ?
32:42Est-ce que c'est la fin
32:43de l'impunité ?
32:43C'est ce que je vous demandais
32:44tout à l'heure.
32:47– Eh bien ça a été
32:49beaucoup dit ces derniers jours.
32:50Personne n'est au-dessus de la loi.
32:52Le Premier ministre
32:53Kirstenmer l'a dit.
32:54Les Britanniques
32:55l'ont également répété.
32:56Il y a eu aussi
32:57ce communiqué très rare
32:58du roi Charles III
32:59qui a dit que la loi
33:00devait suivre son cours.
33:02Et ça dénote
33:03avec ce qu'on a vu
33:03ces dernières années.
33:05rappelez-vous,
33:05en 2022,
33:06il y a eu cet accord financier
33:08entre Virginia Giffrey
33:09et Andrew.
33:1012 millions de livres,
33:12soit 13 millions d'euros
33:13payés en partie,
33:14on le sait désormais,
33:15par la reine Elisabeth.
33:17Alors c'était une façon
33:18de refermer discrètement
33:20l'affaire.
33:21Cette fois-ci,
33:21les images ont littéralement
33:23choqué les Britanniques.
33:25Il y a eu cette garde à vue,
33:27ces arrestations également,
33:28ces perquisitions
33:29qui vont continuer d'ailleurs
33:30jusqu'à demain
33:31à Royal Lodge.
33:33Alors on se dit
33:34qu'il y a quelque chose
33:35qui a changé,
33:36qu'il n'y a plus
33:37donc cette impunité
33:39avec, regardez,
33:40la une du Daily Mirror
33:42qui va encore plus loin,
33:43qui se demande
33:44who knew what,
33:45qui savait quoi,
33:47car en fait,
33:47il y a tout un système
33:49qui est remis en question.
33:50On se demande
33:51s'il n'y avait pas eu aussi
33:52une conspiration du silence.
33:55Merci beaucoup Laura Calmus
33:56en direct de l'ON.
33:57Il y a effectivement
33:58des questions qui se posent
33:59en termes de complicité.
34:01Vincent Vantiguem,
34:02vous êtes avec nous
34:02parce que vous avez épluché
34:04aussi le dossier Brunel,
34:06le dossier français
34:07et ce qui est intéressant
34:08c'est que dans le dossier Brunel,
34:10il y a le nom du prince Andrew.
34:11Oui, effectivement,
34:12le dossier Brunel,
34:13pour bien le resituer,
34:14c'est le dossier du nom
34:16de cet agent de mannequin
34:16qui a été lui aussi pris
34:18dans les filets
34:18de l'affaire Epstein,
34:19qui avait été mis en examen
34:20pour viol,
34:20soupçonné d'être
34:21l'un des rabatteurs
34:22de jeunes femmes
34:23auprès de Jeffrey Epstein.
34:25Il s'est suicidé
34:25dans sa cellule
34:26de la prison de la santé
34:27en 2022
34:27donc il ne peut plus
34:28être poursuivi.
34:29Aujourd'hui,
34:30il y a eu une extinction
34:31de l'action publique
34:32mais quand on regarde
34:32le dossier,
34:33c'est vrai qu'on se rend compte
34:34que le nom d'Andrew apparaît.
34:35Il apparaît notamment
34:36dans les déclarations
34:37du majordome
34:38de Jeffrey Epstein
34:39puisque Jeffrey Epstein
34:40avait un somptueux appartement
34:4222 avenue Foch
34:43ici à Paris
34:44et le majordome
34:44a été interrogé
34:45et dans le cadre
34:46de cette audition,
34:47il dit que le prince Andrew
34:48est venu deux fois à Paris.
34:49En tout cas,
34:50le souvenir qu'il en a,
34:51c'est celui-là.
34:51Il se souvient notamment
34:52de l'avoir conduit
34:53sur le champ de Mars
34:53au pied de la tour Eiffel,
34:55de l'avoir attendu
34:55pendant deux heures.
35:00l'affaire tentaculaire.
35:01Là, on parle de l'affaire Andrew,
35:02du prince Andrew.
35:04Les déflagrations
35:04de l'affaire Epstein,
35:05elles portent sur deux volets finalement.
35:06On a tout le volet pédocriminel
35:08et on a le volet transmission
35:09d'informations
35:10parce que c'est ce qui concerne
35:11aussi Andrew
35:11et c'est la raison
35:12pour laquelle il a été placé
35:13en garde à vue cette semaine.
35:15Donc on le voit,
35:16c'est une déflagration
35:16quasi mondiale.
35:17Alors, la justice française
35:18entre à son tour dans le dossier.
35:20Sabina Eklazova,
35:21vous allez nous éclairer
35:21que sait-on aujourd'hui
35:23qu'a décidé le parquet de Paris.
35:24On a attendu longtemps
35:25la communication du parquet.
35:26Elle est arrivée
35:27et vous allez nous la détailler.
35:29Oui, alors après la publication
35:30de documents
35:31par les autorités américaines,
35:32le parquet de Paris
35:33ouvre deux enquêtes cadres.
35:35L'une pour traite
35:36des êtres humains
35:37et l'autre pour blanchiment
35:38et infraction financière.
35:40Cinq magistrats référents
35:41sont désignés.
35:42Deux issus des sections financières
35:43et trois spécialisés
35:45dans les infractions sexuelles.
35:47Leur rôle,
35:47centraliser les plaintes
35:48et signalements liés
35:49à la galaxie Epstein
35:50et coordonner les investigations.
35:54Alors, pourquoi est-ce que
35:55la justice revient aujourd'hui
35:57sur le dossier Brunel
35:58et surtout à ce stade,
35:59le parquet va détailler
36:01trois affaires précises
36:02qui sont déjà entre leurs mains ?
36:04Oui, alors d'abord le 10 février,
36:06un signalement du ministère
36:07des Affaires étrangères.
36:08Le nom de Fabrice Edan,
36:10secrétaire des Affaires étrangères principales,
36:12apparaît dans les documents américains.
36:14Le 11 février 2026,
36:16une femme de nationalité suédoise
36:18dépose plainte contre Daniel Siad,
36:20recruteur de mannequins.
36:21Elle l'accuse de viol
36:23pour des faits qui auraient été commis
36:24en France en 1990.
36:27Et enfin, donc, le 12 février,
36:29le parquet de Paris est saisi
36:30d'une plainte visant le chef d'orchestre,
36:32Frédéric Chasselin,
36:33pour des faits présumés
36:34d'harcèlement sexuel datant de 2016.
36:36Merci Sabine.
36:37Alors Vincent, le parquet réexamine
36:39le volet français ouvert en 2019,
36:41vous avez l'a dit par Jean-Luc Brunel.
36:42Je me tourne vers vous aussi,
36:44Maître Darmon.
36:45C'est assez inédit quand même
36:47que le parquet décide de réexaminer,
36:49de rouvrir, de réanalyser.
36:51Est-ce que vous avez déjà vu ce cas de figure ?
36:53Non, ça faisait longtemps
36:54qu'on attendait que le parquet
36:55se communique enfin
36:57sur le volet Epstein en France.
37:00Enfin, on a eu ces annonces
37:01de la République mercredi matin.
37:03C'est ça.
37:04C'est, à mon sens, inédit
37:06d'avoir cinq magistrats référents,
37:07je suppose que c'est des procureurs
37:08de la République,
37:09qui seront en charge de ce dossier,
37:11donc à la fois financier
37:12et pédocriminel.
37:13Oui, je pense que c'est la première fois
37:15dans l'histoire de la justice française.
37:16C'est ce que vous demandiez
37:16depuis 2019, d'une certaine manière.
37:18C'est 2019 qu'on attend
37:19que le parquet se saisisse véritablement
37:21de ce dossier,
37:21donc c'est une bonne chose.
37:22Et je pense que c'est un appel du pied
37:24pour les victimes,
37:24c'est ce que disait
37:25la procureure de la République aussi.
37:26C'est maintenant,
37:27nous vous écoutons,
37:28nous vous attendons
37:29et espérons ensuite
37:30que la parole puisse enfin se libérer.
37:32Les plus grands magistrats,
37:34enfin les plus grands services
37:34en tout cas de la magistrature
37:37et puis aussi de la police,
37:38puisque tous les offices quasiment,
37:41la cybercriminalité,
37:43les victimes,
37:43tout le monde est saisi.
37:44Mais c'est vrai que c'est intéressant
37:45ce que vous dites,
37:46parce que la procureure,
37:46lorsqu'elle a donné cette interview
37:47à France Info,
37:48mercredi matin de mémoire,
37:49elle l'a bien précisé aussi
37:50que le but,
37:51c'est aussi de recueillir
37:52la parole des victimes
37:53à l'occasion peut-être
37:54d'un traumatisme
37:55qui s'est ravivé
37:56avec la divulgation des documents
37:57en disant peut-être
37:58que certaines victimes,
37:59pour des raisons
38:00qui leur sont propres,
38:01ne voulaient pas témoigner
38:03en 2019
38:03quand le premier dossier est arrivé.
38:05Peut-être qu'aujourd'hui
38:05le souhaiteront.
38:06Est-ce que vous avez vous,
38:08pardon, je vous coupe,
38:08est-ce que vous avez vous
38:09depuis des remontées
38:10via votre cabinet
38:11de jeunes femmes
38:12qui aimeraient témoigner
38:13dans ce sillage
38:14des dossiers Eftine ?
38:15C'est un peu tôt depuis mercredi
38:16mais on avait déjà eu avant
38:17depuis la transmission
38:19des documents par les Etats-Unis
38:20des familles
38:21qui nous ont contactés
38:22ou des victimes.
38:24Nous, la première chose
38:25qu'on leur dit
38:25c'est de toute façon
38:26d'aller déposer plainte
38:27parce qu'on n'est pas certain
38:28de la véracité des propos
38:29qui nous sont rapportés.
38:30Est-ce que c'est des personnes
38:31qui ont entendu des choses
38:32à gauche, à droite
38:33et qui évoquent certains faits ?
38:34Nous, le réflexe premier
38:36de toute façon
38:36c'est de déposer plainte au parquet
38:37soit d'aller déposer plainte
38:39auprès des services de police directement
38:40soit rédiger un courrier
38:41à l'attention du parquet
38:42et ensuite
38:42ils verront
38:43quelle enquête peut être menée
38:45mais je veux revenir
38:46sur un point important
38:48c'est le communiqué de presse
38:49du parquet
38:50avant d'ailleurs
38:51que la procure parle
38:52sur France Info
38:53c'était une réanalyse intégrale
38:55du dossier Brunet.
38:56Vous avez raison
38:56tous les membres
38:57chaque mot compte
38:58Il y a des choses
38:59qui ont été faites
39:00dans ce dossier
39:00on ne peut pas dire non plus
39:01que rien n'a été fait
39:02Il y a eu des perquisitions
39:03il y a eu des saisies
39:04il y a eu des choses
39:04C'est quand même fou
39:05de se dire qu'on a eu
39:05une instruction
39:06qui a été ouverte
39:07de 2019 à 2023
39:09alors dans un non-lieu
39:09c'est juillet 2023
39:10de se dire que le parquet
39:12va récupérer un dossier
39:13pour le réanalyser
39:15Donc ça vous n'aviez jamais vu ?
39:17Je n'avais jamais vu ça avant
39:19Est-ce que vous savez
39:20ce que sont devenus
39:21les fameux scellés ?
39:22On parle de la perquisition
39:24Vincent
39:24vous nous en avez parlé beaucoup
39:25à l'antenne
39:26ici à BFM TV
39:27donc on trouve
39:28au cours de la perquisition
39:30un CD-ROM
39:31on trouve des clés USB
39:33on saisit des ordinateurs
39:34il y a 62 noms
39:36de mémoire
39:37de jeunes femmes
39:38Et puis surtout
39:39il y a les emails
39:39enfin un tout petit échantillon
39:41des emails
39:41du prêtre Epstein
39:42Et donc
39:43pendant tout ce temps-là
39:45on dit voilà
39:46fin du dossier Brunel
39:48est-ce que
39:48tout ça
39:49ça a été détruit ?
39:50Il me semble
39:51que les scellés existent encore
39:53Il vous semble ?
39:54Vous n'en êtes pas sûr ?
39:55Avec des compétences
39:55on en a parlé
39:55et il me semble
39:56que les scellés existent encore
39:57Ce serait une aberration
39:59de se dire
39:59qu'ils étaient détruits
40:01compte tenu de la gravité
40:02des faits qui sont retrouvés
40:02Non mais donc ça veut dire
40:03qu'ils vont pouvoir
40:03les réutiliser
40:04et les repasser
40:05à ce tamis-là ?
40:06Oui mais enfin
40:07il n'y a plus d'action publique
40:08mais je veux dire
40:08le dossier
40:09il existe encore
40:10physiquement
40:11numériquement
40:11Imaginez que le greffier dise
40:12voilà en lui
40:13il n'y a plus d'action publique
40:14les scellés
40:14vous les détruisez
40:15Vincent ?
40:16Oui mais ce dossier
40:17comme je le disais
40:17beaucoup de choses
40:18ont quand même été faites
40:19à l'époque
40:20de cette enquête
40:21entre 2019 et 2022
40:23il y a eu
40:24beaucoup de témoignages
40:25qui ont été apportés
40:25puisque Jean-Luc Brunel
40:26était visé par différentes plaintes
40:27une dizaine au total
40:28la plupart étaient prescrites
40:30mais on le rappelle
40:31quand il s'est donné la mort
40:32il était mis en examen
40:33pour des viols
40:34sur deux jeunes femmes
40:34et pour le harcèlement sexuel
40:36sur une troisième
40:37donc ça veut bien dire
40:37qu'il y avait quelque chose
40:38il y avait des auditions
40:39il y avait des témoignages
40:40il y a des investigations
40:40c'est aussi tout ça
40:41qui va être réanalysé
40:42et pourquoi ça va être réanalysé
40:44c'est ça aussi qui est intéressant
40:45c'est parce qu'on se rend compte
40:46avec la divulgation récente
40:48des 3 millions de documents
40:49par les autorités américaines
40:50que peut-être
40:51il y a des noms
40:52qui figurent dans ce dossier
40:53sur lesquels
40:54on ne s'était pas forcément arrêté
40:55en 2019-2022
40:56mais là avec les nouveaux documents
40:57on va peut-être
40:58essayer de faire des liens
40:59en tout cas
41:00la procureure a dit
41:01ça va être un travail titanesque
41:02et ça on s'en rend bien compte
41:04sans garantie aucune
41:05d'un résultat à la fin
41:06mais elle annonce
41:07les moyens conséquents
41:08pour analyser tout ça
41:09Alors avec nous en ligne
41:11Arnaud Ouachdik
41:12j'espère que je prononce bien votre nom
41:13vous êtes journaliste
41:14à West France
41:14coordinateur des enquêtes
41:15sur Epstein
41:16pour votre journal
41:17on découvre par exemple
41:19grâce à vous
41:19que Geoffrey Epstein
41:21et Gisleine Maxwell
41:22voulaient s'offrir
41:22un château en France
41:23alors expliquez-nous
41:25que pouvez-vous nous dire
41:26de ce château de la Villette
41:27et de ses envies de châtelains
41:28si je puis dire
41:29On est juste après
41:31la sortie du film
41:32Daven Chikon
41:33en mai 2006
41:33Epstein a l'air fasciné
41:35par les châteaux
41:36il veut s'offrir
41:36une propriété en France
41:37effectivement
41:38et il repère ce domaine
41:39de 77 hectares
41:40situé à l'abri des regards
41:42à une heure de Paris
41:43ils font une offre
41:445 millions d'euros
41:452 dollars pardon
41:46ils visitent les lieux
41:48ils organisent un dîner
41:49on a retrouvé même
41:50des photos assez surréalistes
41:51et inédites
41:52on les voit s'amuser
41:53dans la chapelle du château
41:54ou même inspecter
41:55les dépendances
41:56et puis il va exiger
41:57l'inventaire
41:57de tout ce qui se trouve
41:58dans le château
41:58il y a même une belle clé
41:59qui se trouve dans le garage
42:02visiblement à cette époque-là
42:03vu le nombre de mêles
42:05qui existent
42:06autour du mot
42:06château et castle
42:07il veut investir
42:09dans un château en France
42:10et on lui fait
42:11plusieurs propositions
42:12cette proposition
42:14justement
42:14de ce château
42:17dont vous parlez
42:18n'a pas pu se faire
42:19en raison d'un petit souci
42:21de finances
42:21et de montants proposés
42:23mais il va en chercher
42:24d'autres
42:25il y a même
42:25un contact très influent
42:26comme Marianne de Rothschild
42:27qui va lui proposer
42:28des domaines
42:29en Seine-et-Marne
42:29et puis peu de temps après
42:31aussi il va même faire
42:32une offre
42:32pour l'hôtel Lambert
42:34qui est situé
42:34sur l'île Saint-Louis
42:35à 25 minutes
42:37du siège de BFMTV
42:39et il voulait
42:40y fonder
42:41un institut de mathématiques
42:42pour sans doute
42:43réunir des cercles
42:44scientifiques
42:44et intellectuels
42:46en France
42:46et peut-être aussi
42:47se racheter
42:49quelque part
42:49une conduite
42:50à un moment donné
42:51où il allait subir
42:51des ennuis judiciaires
42:53à un an et demi
42:53ou deux ans après
42:54en tout cas
42:55il avait des envies
42:55d'acquisition française
42:56c'est ce qu'on comprend
42:57avec vous
42:57quand vous épluchez
42:58tous ces dossiers
42:59Epstein
42:59et c'est un travail colossal
43:00et on le sait
43:01vous découvrez aussi
43:02la mission
43:03d'une étudiante russe
43:04en droit
43:05à la Sorbonne
43:06qui
43:07écrivez-vous
43:07recrutait des femmes
43:09pour Jeffrey Epstein
43:10à Paris
43:10est-ce que vous pouvez
43:10nous expliquer ce profil ?
43:13Oui
43:13on est
43:13à la période 2012-2013
43:15c'est une étudiante modèle
43:16elle a 21 ans
43:17elle est en droit
43:17à la Sorbonne
43:18comme vous le disiez
43:19c'est aussi une ancienne
43:19championne olympique
43:20de snowboard
43:22mais de l'autre côté
43:23les mails révèlent
43:23qu'elle est devenue
43:24le radar d'Epstein
43:24à Paris
43:25elle s'installe
43:26avenue Foch
43:27elle commence à lui
43:28sourcer des profils
43:29lui-même
43:30elle lui écrit texto
43:31dans les mails
43:32je peux te trouver
43:32de belles femmes à Paris
43:34et puis il y a cette phrase
43:35qui fait un petit peu
43:36froid dans le dos
43:37parfois je pense
43:38que je suis
43:38à Guylaine Maxwell
43:39à Paris
43:39avec un petit
43:40haha
43:40juste à la fin
43:41qui finalement
43:42montre toute l'ambiguïté
43:43de l'affaire
43:44une forme de légèreté
43:45apparente sur un système
43:46de recrutement
43:46qui en réalité
43:47est d'une violence
43:48absolue
43:49elle l'appelle
43:50chère professeure
43:51elle est prête à tout
43:52pour payer ses études
43:53même à devenir escort girl
43:54elle lui dit
43:55en ces mots
43:57bref
43:57elle contribue
43:58parmi tant d'autres
43:59sans doute
43:59à faire de Paris
44:00une véritable plaque tournante
44:01une sorte de vivier
44:03entre guillemets
44:03pour alimenter
44:04la région Epstein
44:05avec des étudiantes
44:05françaises
44:06ou des mannequins
44:07russes
44:07et même d'autres femmes
44:09qui viennent de Pays de l'Est
44:10merci beaucoup
44:11c'est ça qui nous intéresse
44:12c'est Paris
44:12cette plateforme
44:13cette capitale du vice
44:15je ne sais pas comment
44:15est-ce qu'on peut l'appeler
44:16qu'est-ce que ça vous inspire
44:17lorsque vous entendez
44:18ce genre d'informations
44:19il faut d'abord
44:20factuellement rappeler
44:21que Jeffrey Epstein
44:22il passait un certain
44:23nombre de temps à Paris
44:24dans cet appartement
44:25et que visiblement
44:26il s'y passait des choses
44:27c'est l'énorme araignée
44:30au cœur d'une toile d'araignée
44:32qui touche tout le monde
44:33les têtes couronnées
44:35les gouvernements
44:36même quelques familles royales
44:39pour nous en Angleterre
44:41nous avons toujours des soucis
44:42par rapport à ce
44:43Keir Starmer
44:44et Peter Mendelsohn
44:46le fameux ambassadeur
44:48que Keir Starmer a nommé
44:50tout en sachant
44:51qu'il était proche
44:52d'Epstein
44:52et nous avons
44:55le problème de Fergie
44:56nous avons le problème
44:57d'Andrew
44:58nous nous serons
44:59blancs comme neige
45:00comme dirait
45:01l'amie Jack Long
45:02exactement
45:03quand nous serons
45:04débarrassés
45:05de ces trois-quatre
45:07mais franchement
45:08l'influence de cet homme
45:09est absolument
45:11tentaculaire
45:12extraordinaire
45:12c'est intéressant
45:13l'interview
45:15de notre confrère
45:16de West France
45:16sur cette histoire
45:17de château
45:18parce que ça vient
45:19corroborer ce qu'on dit
45:20depuis des semaines
45:21ça vient ajouter
45:22un nouvel élément
45:23c'est qu'en fait
45:24Jeffrey Epstein
45:26son histoire
45:26c'est d'avoir un réseau
45:27pour avoir des jeunes femmes
45:29mais pour avoir aussi
45:30de l'argent
45:30pour investir
45:31ce qu'il cherche
45:31c'est avoir de l'information
45:32où est-ce que je dois investir
45:33où est-ce que je peux acheter
45:34un château
45:35où est-ce que je peux trouver
45:35mais c'est surtout
45:36que tout ça
45:37est fait avec des contreparties
45:39il y a forcément des îles
45:40c'est toujours la question
45:41alors ce qui est intéressant
45:42dans le dossier Brunel
45:43par ailleurs
45:44et c'est noté par les enquêteurs
45:45à aucun moment
45:45il y a des dizaines
45:47des centaines
45:47des milliers
45:48d'échanges de courriels
45:48à aucun moment
45:49il n'est fait état
45:51de relations sexuelles
45:52ou de transmission
45:53d'informations
45:54sur des jeunes filles
45:55dans le but
45:55d'avoir des relations sexuelles
45:56mais les enquêteurs
45:57notent que
45:57les désidératages
45:58reprennent leur terme
45:59de chacun des deux
46:00semblent bien connus
46:01de chacun des deux
46:02et Vincent
46:02on a vraiment l'impression
46:03il y a la France d'en haut
46:04la France d'en bas
46:05ces gens là sont des intouchables
46:06un prince
46:08un ministre
46:08Jack Lang
46:10des personnalités
46:11qui sont insoupçonnables
46:12et à la fois des jeunes filles
46:13et à la fois des jeunes filles
46:14est-ce que ça leur a permis
46:15finalement de traverser
46:16toutes ces tempêtes
46:18plus tranquillement
46:18sans être inquiétés
46:19oui ça c'est sûr
46:20mais ils ne sont plus intouchables
46:22maintenant
46:22c'est la fin de leur unité
46:23et c'est quand même
46:24quelque chose
46:24et puis de l'autre côté
46:25il y a des jeunes femmes
46:26rappelons-le
46:26qui sont souvent dans le besoin
46:28désemparées
46:28et qui ont été
46:30dans les griffes
46:31de tous ces affreux personnages
46:33tous ces hommes là
46:34puissants
46:35ont réussi à cibler
46:37des jeunes femmes
46:37parfois très jeunes
46:38qui étaient vulnérables
46:39et qui en fait
46:40étaient sous emprise
46:41de ces hommes
46:42parce qu'ils avaient de l'argent
46:43parce qu'ils avaient un réseau
46:44parce qu'ils avaient du pouvoir
46:45et forcément
46:46elles allaient vers eux
46:48et c'est là
46:49que le phénomène d'emprise
46:49s'exerce le plus
46:50un exemple
46:51je peux donner juste un exemple
46:52celui de Rosa
46:53Jean-Luc Brunel
46:54va la récupérer
46:55en Ouzbékistan
46:57en 2008
46:58et lui dit
46:59je vais te mettre
47:00au service de Jeffrey Epstein
47:01parce que
47:02tes parents
47:03n'ont que 100 dollars
47:04pour faire vivre
47:04toute la famille
47:05elle part aux Etats-Unis
47:07elle se fait abuser
47:08par Jeffrey Epstein
47:08qui demande régulièrement
47:09à la faire venir
47:10avec Jean-Luc Brunel
47:11c'est ça aussi
47:12c'est vrai qu'on parle
47:13des intouchables
47:14mais il ne faut pas oublier
47:14les victimes
47:15qui elles sont bien souvent
47:17des personnes fragiles
47:17merci à tous
47:18de vos lumières françaises
47:20britanniques
47:20de vos éclairages
47:21merci à tous
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