- il y a 5 heures
Chaque week-end, l’émission pilotée par Dominique Rizet, consultant police/justice BFMTV, et Pauline Revenaz, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.
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00:00:00Les disparus de l'A6 et l'attente des familles depuis plusieurs décennies.
00:00:04Leur prénom s'égrène comme autant d'affaires de meurtres non élucidés.
00:00:07Sylvie, Nathalie, Virginie, Vanessa.
00:00:10Mais la liste n'est pas clôturée parce qu'au-delà des disparus de l'A6,
00:00:13il y a d'autres affaires tout aussi mystérieuses qui peuplent la Saône-et-Loire.
00:00:16Département qui vous est très cher, Dominique Rizet. Merci d'être là.
00:00:20Nous allons accueillir nos invités, le major Raphaël Nédilco,
00:00:24officier de police judiciaire, auteur de l'obstinée confession du flic qui exhume les cold cases.
00:00:29Ça porte bien son titre chez Studio Fact.
00:00:31Et puis Thomas Juchor, journaliste du journal de Saône-et-Loire,
00:00:36vous consacrez une série sur 9K9, affaires que vous déclinez de deux autostoppeuses belges à Mâcon en 1984
00:00:43jusqu'à Denise Chardini, tuée chez elle en 2019. Nous y reviendrons.
00:00:48Mais d'abord, on va faire le point sur les disparus de l'A6 avec Pierre-Louis Bousset.
00:00:54Lorsque le corps de Virginie Bluzet est retrouvé menotté et paillonné sur les bords de Saône,
00:00:58les enquêteurs vont vite soupçonner son compagnon.
00:01:01Mais la piste n'aboutit à rien.
00:01:04Il y a non-lieu parce qu'il n'y a pas l'élément matériel suffisant.
00:01:08Virginie Bluzet fait partie de celles que l'on appelle les disparus de l'A6.
00:01:13Une dizaine d'affaires criminelles datant d'entre 1984 et 2005,
00:01:18toutes se sont déroulées en Saône-et-Loire, dans un rayon de 200 km autour de l'autoroute A6.
00:01:23Les victimes ? Des femmes, parfois très jeunes, comme Carole Soltisiac, 13 ans,
00:01:29retrouvées nues et partiellement brûlées dans un bois, près de Mont-Solémine.
00:01:34Malgré les années qui passent, certaines de ces affaires parviennent à être résolues.
00:01:38En 2016, un homme est condamné à 20 ans de réclusion criminelle
00:01:41pour le meurtre de Christelle Maheri, 16 ans, en 1986.
00:01:45C'est un aboutissement, depuis 28 ans et demi que ma fille est décédée,
00:01:51c'est vrai que c'est un aboutissement pour moi, pour la famille, les amis,
00:01:55mais ça peut donner un espoir à toutes les autres familles partout en France.
00:02:00Certaines affaires des disparus de l'A6 ont été reprises par le Paul Colquais de Lanterre depuis 2022,
00:02:06avec pour espoir de mettre fin à des décennies de mystères.
00:02:09Alors, ces affaires, vous les connaissez bien, tous les deux.
00:02:14Le mois dernier, Maître Seban et Marie-Rose Blétry ont été reçus par la section de recherche de Dijon.
00:02:19Pourquoi ? En fait, pour rappeler aux enquêteurs la nécessité d'avancer sur ces crimes non résolus,
00:02:23parce qu'on le rappelle, la SR de Dijon, elle est en charge de trois dossiers.
00:02:27L'assassinat de Sylvie Aubert en 1986, Nathalie Maire en 1987, Virginie Buzet en 1997.
00:02:33Quel est le point commun de toutes ces affaires, en dehors de la logique géographique ?
00:02:38Si je puis répondre de la sorte, je dirais qu'elles sont toutes opposées à l'oubli.
00:02:44C'est-à-dire qu'on a eu un arrêt quand même de la Cour de cassation sur l'affaire Bonfanti,
00:02:49qui met les enquêteurs en demeure de faire vivre les dossiers.
00:02:52On cite souvent l'intérêt de la science pour ressortir ces dossiers-là,
00:02:56mais ce qui manque dans ces dossiers avant tout, c'est la culture de l'obsession, la transmission de l'obsession.
00:03:01Et je crains que si on n'a pas vraiment d'enquêteurs qui embrassent le dossier
00:03:04pour être au cœur à cœur du dossier avec les familles du victime,
00:03:08elles finissent par tomber dans l'oubli.
00:03:10Vous, vous avez enquêté, vous avez remis ciel et terre.
00:03:12Et quelles sont vos conclusions sur les disparus de l'assiste d'abord ?
00:03:16Déjà que le temps n'est absolument pas une fatalité.
00:03:19S'il s'était agi de présenter le dossier de Christelle Maïry au pôle Colquies de Nanterre,
00:03:24parce qu'à l'époque il n'existait pas,
00:03:26vu que les scellés avaient été détruits, je pense qu'ils n'auraient pas été retenus.
00:03:29Donc c'est vraiment la preuve qu'on peut y arriver,
00:03:32même sans l'aide de la science et même sans l'aide d'un pôle,
00:03:34même si là, cette fois-ci, l'énergie que les enquêteurs vont pouvoir mettre à disposition de ces enquêtes
00:03:40est institutionnalisée et sacralisée.
00:03:42Et vous le dites vous-même, 16 janvier dernier,
00:03:45la Cour de cassation a confirmé la prescription du meurtre de Marie-Thérèse Monfantiste en 86,
00:03:50alors que le coupable est passé aux aveux en 2022.
00:03:53On le connaît.
00:03:53C'est-à-dire que cette affaire, elle est classée, malgré le combat de la famille.
00:03:58Alors, à quoi ça sert, si la justice prend cette décision-là,
00:04:01que vous, policier, vous continuiez à travailler sur ce genre de dossier ?
00:04:06C'est une excellente question, Dominique.
00:04:08Alors, c'est vrai que moi, en qualité de policier, je me dois de respecter la décision de la Cour de cassation.
00:04:12Bien évidemment, c'est une question qui repose sur les épaules du législateur, bien évidemment.
00:04:18Mais bien plus que l'obtention des aveux et de la condamnation de quelqu'un,
00:04:23c'est le respect absolu qui est dû aux familles d'obtenir la vérité.
00:04:28Ça renouvelle ce contrat social qui doit exister entre l'État et le citoyen
00:04:32et qui a été passé au silence trop longtemps pour ces affaires,
00:04:35qui au départ n'étaient pas des colquaises.
00:04:36Au départ, un colquais, ça n'en est pas un.
00:04:38Alors, pour en parler avec nous, justement, on est avec Michel Bluzet.
00:04:41Bonjour, monsieur.
00:04:42Vous êtes le père de Virginie Bluzet, retrouvé sans vie à Verdun-sur-le-Doux en mars.
00:04:49Une jeune femme de 21 ans dont le meurtre reste non élucidé.
00:04:53Il y a des investigations qui ont été relancées en 2024.
00:04:57Qu'est-ce que ça a donné ?
00:04:59Jusqu'à maintenant, pas grand-chose.
00:05:03On l'attend toujours, malheureusement.
00:05:05C'est ça qui est triste, quoi.
00:05:07C'est que la justice est très très longue.
00:05:09Et donc, pour les résultats des ADN et tout, il faut attendre.
00:05:12Voilà.
00:05:12Votre fille avait été retrouvée menottée et baillonnée.
00:05:17Donc, la question est simple.
00:05:18Est-ce qu'on a de l'ADN ?
00:05:19Est-ce qu'on peut avancer là-dessus ?
00:05:24J'espère qu'il va avancer.
00:05:25Mais bon, comme je vous dis, pour les ADN, c'est très très long.
00:05:28D'avoir les résultats, c'est ça le problème.
00:05:31Et donc, il faut déjà que ça soit accepté, déjà qu'ils fassent les ADN et tout.
00:05:35Donc, on attend toujours.
00:05:36Et voilà, c'est le problème.
00:05:38Comment est-ce que vous faites, monsieur, pour tenir avec toutes ces...
00:05:41Comment est-ce que vous gardez espoir après toutes ces années ?
00:05:43Comment est-ce que vous faites ?
00:05:46Bref, c'est dur.
00:05:48Il faut se battre toujours.
00:05:49Je m'en dis à l'association Tisselle.
00:05:52Si vous êtes beaucoup, nos avocats, Didier Seban, tout ça.
00:05:55Si on n'avait pas ces gens-là, je crois que ça tomberait à l'oublier de toutes ces bontiers.
00:05:59C'est ça qui est malheureux.
00:06:01C'est vrai.
00:06:02Mais bon, maintenant, ce colguez, c'est déjà bien.
00:06:04Parce qu'il s'occupe quand même pas mal, maintenant.
00:06:07Est-ce que pendant ces 30 ans, vous avez été tenu au courant de l'avancée du dossier ?
00:06:11Est-ce que la justice vous a reçu ?
00:06:13Les enquêteurs ?
00:06:15Oui, oui.
00:06:17On a été reçus.
00:06:18J'ai été reçu plusieurs fois déjà, même au tribunal et tout.
00:06:21Bon, c'est pareil.
00:06:22Ils font leur travail.
00:06:23Mais bon, ils ne nous en disent pas trop.
00:06:24C'est ça, le problème.
00:06:25Bon, j'ai été reçu à la banque colguez, là aussi à Paris.
00:06:28Tout ça, vers la juge et tout.
00:06:29Elle m'a dit que ça allait avancer, mon dossier.
00:06:32Donc, ça avance.
00:06:32Didier Seban se bat beaucoup pour moi aussi.
00:06:36Puis l'association Christelle, évidemment.
00:06:37Ils se battent beaucoup avec moi aussi.
00:06:39Voilà.
00:06:40Est-ce que vous pensez, monsieur, que vous connaîtrez un jour la vérité ?
00:06:44J'espère.
00:06:44J'ai 77 ans.
00:06:46J'ai 78 ans.
00:06:47Je veux bien connaître quand même la vérité avant de partir.
00:06:49C'est le cas de lire.
00:06:50Alors, je me bats.
00:06:51Voilà, avec eux.
00:06:51Merci beaucoup.
00:06:53Donc, je bats toi toujours.
00:06:54Merci beaucoup.
00:06:55On entend votre courage et votre ténacité.
00:06:57Vous restez avec nous.
00:06:58Avec nous, Thomas, journaliste au journal de Saône-et-Loire.
00:07:02Vous consacrez une série à neuf cas criminels, neuf récits pour neuf histoires.
00:07:06Parce qu'au-delà des disparus de la CIS, la Saône-et-Loire paye un lourd tribut, si je puis dire.
00:07:11Et le plus frappant pour vous de ces neuf cas, quel est-il ?
00:07:14Ou c'est la sérialité qui fait l'intérêt ?
00:07:17Je pense que c'est la sérialité qui fait l'intérêt.
00:07:22Après, voilà, on a une série de crimes qui ont des choses en commun,
00:07:25mais qui ont aussi beaucoup de différences entre ces différents crimes.
00:07:31Chacun des crimes a quelque chose de particulier.
00:07:36On a commencé cette série avec deux disparus dont on n'a jamais retrouvé les corps.
00:07:42Les autostopeuses belles.
00:07:42Les autostopeuses belges, tout à fait.
00:07:46Et on a terminé cette série, enfin, en tout cas, dans cette série de neuf épisodes,
00:07:51avec une vieille dame de plus de 90 ans, dont le mobile est peut-être le vol, quelque chose comme ça.
00:07:57Donc, on a toute une série de crimes très différents.
00:08:00Une dame de 90 ans victime.
00:08:01Victime, oui.
00:08:03Donc, voilà, ce qui marque, c'est cet enchaînement de meurtres,
00:08:06surtout dans les années 80 et 90, où là, c'est vraiment plusieurs jeunes femmes différentes qui sont tuées.
00:08:12Et après, ça continue avec d'autres cas un peu plus particuliers.
00:08:16Vous êtes allé voir, Thomas, toutes les familles, vous les avez contactées, vous leur avez parlé à tous, à toutes ?
00:08:21Oui, quasiment à toutes, oui.
00:08:22Oui, oui.
00:08:24Il y a seulement, je dirais, le cas Dorothée Nommoret, où là, la famille ne s'est jamais vraiment manifestée.
00:08:30Et là, par exemple, on va être dans le cas d'une affaire qui tombe un peu aux oubliettes,
00:08:34parce que quand la famille ne pousse pas derrière, quand il n'y a pas d'association comme l'association Christelle qui pousse derrière,
00:08:40malheureusement, c'est des dossiers qui, peu à peu, tombent dans l'oubli.
00:08:44Et dans ce cas-là, on a juste un homme qui avait été mis en examen et qui est toujours témoin à insister dans cette affaire.
00:08:50Et c'est un peu le dernier à se battre pour que tout cela se termine de son côté.
00:08:54Jeune journaliste, j'avais suivi, j'avais fait ce que vous avez fait sur les disparus de Mourmelon.
00:08:591981-1987, militaires qui disparaissaient, suspects, Pierre Chanal.
00:09:04Et ces familles, ces victimes, elles avaient tout un point commun.
00:09:08C'était parce que celui qui les a tués les a sans doute sélectionnés,
00:09:13mais c'était des familles simples, des jeunes qui avaient le même profil.
00:09:18Est-ce que là, vous avez observé la même chose dans les disparus de Saône-et-Loire ?
00:09:20Est-ce qu'il y a un point commun entre toutes ces victimes ?
00:09:24Il y a des points communs dans les mises à mort, dans les façons dont on a retrouvé les corps.
00:09:30Le mode opératoire, vous voulez dire ?
00:09:32Le mode opératoire, tout à fait. On a plusieurs jeunes filles qui ont été victimes a priori de strangulation,
00:09:37dont on a retrouvé les corps dans l'eau. Après, sur le profil des victimes,
00:09:42en ce qui concerne les années 80-90, on a surtout des jeunes femmes.
00:09:46Après, elles ne sont pas tout à fait pareilles toutes.
00:09:49On a des jeunes femmes qui jouaient peut-être un peu avec le feu,
00:09:54qui n'avaient peut-être pas des super fréquentations.
00:09:57Et il y en a d'autres qui menaient une vie beaucoup plus simple.
00:10:00Donc, le point commun, c'est surtout qu'elles sont jeunes et qu'elles sont des femmes.
00:10:06Alors, on le disait il y a quelques instants, l'arrêt Bonfanti, rendu par la Cour de cassation,
00:10:10il n'arrange pas les choses, il faut le dire, puisque la date de départ de prescription ne bouge pas.
00:10:14Et quelle incidence ça peut avoir justement sur tous ces cas ?
00:10:17On rappelle, pour les téléspectateurs, que chaque acte d'enquête ordonné par un juge
00:10:21a pour effet de repousser l'échéance de la prescription, il faut le dire.
00:10:25C'était 10 ans jusqu'en 2017 et c'est 20 ans à partir de 2017.
00:10:29Vous, dans vos cas, que vous avez étudiés l'un et l'autre,
00:10:32il y a des cas qui sont menacés par cet arrêt Bonfanti ?
00:10:35Alors, moi, ce qui me concerne, il y a longtemps que j'ai passé la main,
00:10:39je me contente d'écrire et de transmettre,
00:10:41mais évidemment, énormément de cas sont concernés par cette décision
00:10:47qui a été vraiment tonitruante,
00:10:50que je peux entendre sous une certaine approche de la loi,
00:10:53mais que nous, en qualité d'enquêteur, on ne peut pas défendre
00:10:55quand on est au contact des familles des victimes.
00:10:57Bien sûr. Et sur notre antenne, cette semaine,
00:10:59le premier procureur de France, Rémi Etz,
00:11:01il a plaidé pour une imprescribilité des crimes de sang,
00:11:04au vu des progrès techniques et scientifiques en matière d'enquête.
00:11:07C'est lui qui avait requis, justement,
00:11:09le décalage de la prescription dans l'affaire Bonfanti
00:11:11et il n'a pas été suivi.
00:11:12Alors, dans les cas que vous avez étudiés,
00:11:14si on passe ça au tamis de l'arrêt Bonfanti,
00:11:17qu'est-ce que ça donne pour vous ?
00:11:18Alors, il y a une partie des affaires
00:11:21qui, a priori, ne sont pas concernées par la prescription
00:11:25puisque ce sont des affaires pour lesquelles
00:11:27les familles, les avocats se sont toujours battus
00:11:30et la prescription a été interrompue et allongée.
00:11:33Le problème, il sera plutôt pour les cas
00:11:35des dossiers qui sont clos depuis un certain temps
00:11:38et cela, ça risque d'être plus difficile
00:11:40de les faire ouvrir aujourd'hui
00:11:42à cause de cet arrêt Bonfanti.
00:11:44Donc, le cas spécifiquement qu'on a en Saône-et-Loire,
00:11:46c'est le dossier Marthe Buisson.
00:11:48Oui.
00:11:49Donc, un dossier qui est clos depuis...
00:11:501987, je crois.
00:11:52Et elle est inscrite dans la mémoire criminelle nationale
00:11:55du Nouveau Pôle de Nanterre.
00:11:56Enfin, on l'appelle le Nouveau,
00:11:57mais maintenant, ça fait déjà deux ans qu'ils sont en place.
00:11:59Est-ce qu'on ne peut pas raccrocher cette affaire
00:12:02au précédent dossier ?
00:12:04Parce qu'on l'a vu déjà dans des affaires judiciaires,
00:12:07des cas qui étaient prescrits,
00:12:08je crois que c'est pour Émile Louis,
00:12:09des cas qui étaient prescrits
00:12:11ont été raccrochés aux autres affaires
00:12:14pour Émile Louis à avouer.
00:12:16Est-ce qu'on peut le faire dans cette affaire ?
00:12:18C'est une réflexion tout à fait judicieuse, Dominique.
00:12:21Effectivement, elle impose une chose,
00:12:22c'est de démontrer la sérialité,
00:12:25justement, pour pouvoir rattacher à un seul et même auteur
00:12:27plusieurs faits dont certains seraient prescrits.
00:12:29Et à ce moment-là, on arriverait,
00:12:31par un jeu de rapprochement,
00:12:32à faire tomber cette prescription.
00:12:34Et là, on n'a pas, parce que dans les deux affaires
00:12:35que vous avez solutionnées, vous, Raphaël Nédilco,
00:12:38l'affaire Blétry, Christelle Blétry,
00:12:41et l'affaire Mayry, Christelle Mayry.
00:12:42On l'a vu sur le sujet ?
00:12:44On l'a vu dans le sujet, ce sont deux auteurs différents.
00:12:47Exactement. Déjà, quand je reprends les dossiers
00:12:49en venant du Quai des Orphèves en 2009,
00:12:51je tombe sur un rapport d'analyse criminelle de l'IRCGN,
00:12:54à l'époque, qui était à Roni Soubois,
00:12:55qui détermine que s'il y avait une certaine coïncidence de lieu
00:12:59ou une certaine concordance dans les modes opératoires,
00:13:02il ne pouvait pas être imputable à un seul et même auteur,
00:13:04sauf ces deux affaires-là.
00:13:06Mais j'ai démontré que, bien évidemment, ce n'était pas le cas.
00:13:08Mais les affaires se ressemblaient énormément.
00:13:10On avait dix ans, jour pour jour, pour les deux victimes,
00:13:13le même prénom, le même mode opératoire,
00:13:15dans un secteur géographique extrêmement restreint.
00:13:18Et j'ai effectivement éclusé, refermé toutes les portes,
00:13:22pour savoir si ça ne pouvait pas être un seul des mêmes auteurs.
00:13:24Mais par la suite, j'ai démontré que c'était deux personnes différentes.
00:13:27Et vous, Thomas, dans les affaires qui restent non élucidées,
00:13:30Mayry, c'est fait, Blétry, c'est fait.
00:13:32Les autres affaires, vous pensez que pour une, deux, trois d'entre elles,
00:13:35ça pourrait être le même auteur ?
00:13:37Il y a des possibilités au niveau du mode opératoire,
00:13:40notamment, comme je le disais,
00:13:42donc on a au moins trois quarts où on a une mort par un double strangulation,
00:13:49enfin, par strangulation plutôt,
00:13:51et des corps qui ont été retrouvés dans l'eau.
00:13:54Il y a certaines proximités géographiques également,
00:13:57les secteurs que fréquentaient les jeunes filles,
00:14:00qui fait qu'on a certains criminels
00:14:03qui sont aujourd'hui derrière les barreaux,
00:14:05qu'on a soupçonnés, dont les cas sont étudiés aujourd'hui.
00:14:10Mais voilà, pour l'instant, on en reste à ce stade.
00:14:13On va retrouver Michel Bluzet, qui est toujours avec nous.
00:14:15Merci, monsieur.
00:14:16Quelles sont les prochaines échéances, selon vous ?
00:14:18Est-ce qu'il y a des actes d'enquête que vous réclamez
00:14:20avec votre avocat Maître Seban ?
00:14:22Comment faire avancer, progresser sur le chemin de la vérité ?
00:14:25C'est qu'en ce moment, il y a des tests d'ADN qui sont en expertise,
00:14:31donc on devrait bien voir les résultats,
00:14:32mais je vous dis, c'est très très long pour avoir les résultats.
00:14:35Donc, ils travaillent dessus,
00:14:36donc j'espère qu'ils vont trouver quelque chose.
00:14:39Voilà.
00:14:41Et moi, je voudrais dire une chose,
00:14:42c'est qu'il y a des gens en 1997 qui savent,
00:14:45certainement, qui ne veulent pas parler,
00:14:46qui ont peur,
00:14:47mais bon, qui préviennent l'association de Christelle,
00:14:50s'ils peuvent parler,
00:14:50ou alors le cabinet Seban.
00:14:52Voilà.
00:14:53Et puis la gendarmerie à Dijon.
00:14:55Vous supposez que des gens savent quelque chose
00:14:59ou vous avez des informations ?
00:15:01Oui, exactement.
00:15:02Ou des raisons de penser ?
00:15:03Non, je suppose qu'il y a des gens.
00:15:05Voilà.
00:15:06Je pense, mais ils ne veulent pas dire.
00:15:08Ils ont peur des représailles, je pense.
00:15:10Alors, l'appel est lancé en tous les cas.
00:15:11C'est pour ça que je ne vais pas parler.
00:15:12Merci beaucoup, monsieur.
00:15:13On a compris votre message.
00:15:15L'appel est lancé à ceux qui veulent,
00:15:17effectivement, faire progresser la vérité.
00:15:18Vous savez à qui il faut s'adresser.
00:15:21Merci à tous de vos lumières.
00:15:23Merci d'être venu sur ce plateau.
00:15:24Dans un instant, on évoque le cas de Dany Leprince
00:15:26qui pourrait bénéficier d'un nouveau procès.
00:15:28En tout cas, et c'est rarissime,
00:15:30le procureur général y est favorable.
00:15:31La cour de révision tranchera le 7 mai.
00:15:33On vous explique tout avec son avocat,
00:15:35Maître Maurice, dans un instant.
00:15:36Restez avec nous.
00:15:37Il est 13h30.
00:15:38Bienvenue si vous nous rejoignez dans Affaires suivantes.
00:15:39Le sort de Dany Leprince sera étudié le 7 mai prochain.
00:15:44Lui clame son innocence depuis des années
00:15:46alors qu'il a été condamné à la perpétuité en 1997
00:15:49pour le quadruple meurtre familial de Taurigny sur Duboué.
00:15:53Son frère, sa belle-sœur, ses deux nièces,
00:15:56assassinées dans leur maison à quelques mètres de la sienne.
00:15:59Avec nous, j'accueille avec plaisir Maître Olivier Maurice.
00:16:02Bonjour.
00:16:02Merci d'être avec nous.
00:16:04Et Planar Adénovitch, journaliste PJ à RTL.
00:16:07Bonjour à tous les deux.
00:16:08La nouveauté, et c'est suffisamment rare pour le souligner,
00:16:11c'est la position du parquet général
00:16:12qui dit favorable à la réouverture des débats.
00:16:14Pourquoi ?
00:16:15Est-ce que c'est une surprise pour vous ?
00:16:17Ce n'est pas vraiment une surprise.
00:16:19D'abord, c'est la position d'un avocat général
00:16:22qui sera présent devant la cour de révision.
00:16:25Donc, en tant que tel,
00:16:26ce n'est pas la position du parquet général.
00:16:28C'est celle de l'avocat général
00:16:29qui va dans le sens de la requête
00:16:31que nous avions déposé.
00:16:33Et vous savez que la commission d'instruction
00:16:36de la cour de révision
00:16:37qui filtre ces affaires
00:16:39qui sont tout à fait exceptionnelles,
00:16:41eh bien, avait jugé qu'il existait
00:16:44des éléments nouveaux et des faits nouveaux
00:16:46qui devaient être transmis à la cour de révision
00:16:50pour dire si, oui ou non,
00:16:53la condamnation de Daniel Le Prince
00:16:54devait être annulée.
00:16:56Ce qui est important aujourd'hui
00:16:58dans l'avis de l'avocat général,
00:17:00c'est que celui-ci indique
00:17:02que ces faits nouveaux
00:17:04et ces éléments sont de nature
00:17:07à faire naître un doute
00:17:08sur la culpabilité de Daniel Le Prince
00:17:11et qu'en conséquence,
00:17:13il faut annuler la condamnation
00:17:15de Daniel Le Prince
00:17:16qui a été condamné,
00:17:17comme vous l'avez dit,
00:17:18en 1997
00:17:19pour des faits qui se sont déroulés
00:17:21en 1994
00:17:22et qu'il y ait un nouveau procès
00:17:25devant une cour d'assises.
00:17:26Maître, qu'est-ce qui a convaincu
00:17:30Jean-Michel Aldebert,
00:17:31l'avocat général ?
00:17:32Qu'est-ce qui l'a convaincu
00:17:33ou qui est-ce qui l'a convaincu ?
00:17:35Dans le dossier que vous lui avez remis,
00:17:37Quels éléments nouveaux ?
00:17:37Qu'est-ce qu'il y avait
00:17:38comme éléments nouveaux
00:17:39qui l'ont convaincu ?
00:17:40D'abord, il y a une remise en situation
00:17:41et des éléments
00:17:44qui ont été effectués
00:17:45par les enquêteurs
00:17:46dans le cadre des demandes
00:17:48que nous avions réalisées
00:17:49et qui démontrent
00:17:50que Célia Leprince a menti.
00:17:53On rappelle que Célia Leprince
00:17:54est l'une des filles
00:17:56de Dany Leprince
00:17:58qui l'a accusée
00:17:59d'avoir vu notamment son père
00:18:02tuer son oncle.
00:18:03C'est matériellement impossible, c'est ça ?
00:18:05Non seulement matériellement impossible
00:18:06et puis, dans l'avis de l'avocat général,
00:18:09il explique extrêmement bien
00:18:11quels sont les différents éléments
00:18:13qui décrédibilisent totalement
00:18:16la version de Célia Leprince.
00:18:18Au point que les enquêteurs disent
00:18:20qu'on ne peut pas s'appuyer
00:18:21sur Célia Leprince
00:18:24dans son témoignage à charge
00:18:25et que l'ensemble de son témoignage
00:18:28est discrédité.
00:18:30C'est-à-dire que de l'endroit
00:18:30où elle était,
00:18:31elle ne pouvait pas voir
00:18:32son père tuer son oncle, c'est ça ?
00:18:34Absolument.
00:18:34Et puis, vous savez,
00:18:35il y a un témoin qui dit
00:18:37qu'il se trouvait
00:18:37à plus d'une centaine de mètres
00:18:39qui dit que Martine Compin
00:18:41aurait dit « arrête, arrête ! »
00:18:44L'ancienne femme de Dany Leprince.
00:18:46Exactement.
00:18:46Or, elle, elle était à côté,
00:18:48elle ne l'a jamais entendue.
00:18:50Il y a des incohérences.
00:18:51Il y a non seulement des incohérences,
00:18:53mais si vous voulez,
00:18:54on peut appeler ça des incohérences.
00:18:56Nous, nous appelons ça des mensonges.
00:18:58Et lorsqu'il y a des mensonges
00:18:59dans des affaires aussi graves
00:19:01que celles-ci,
00:19:02on doit pouvoir en tirer des conséquences.
00:19:03Et puis, l'autre élément,
00:19:05c'est l'élément qui concerne
00:19:06Solène Leprince.
00:19:08La petite...
00:19:08La petite retrouvée derrière la porte,
00:19:10dans la maison.
00:19:11La petite rescapée
00:19:12qui avait juste un tout petit peu
00:19:14plus de deux ans
00:19:15au moment des faits.
00:19:16Et ce qui est nouveau
00:19:17et ce qui est très important,
00:19:18c'est qu'à l'époque du procès,
00:19:20une experte psychiatre
00:19:21avait dit qu'elle était certaine
00:19:24de la crédibilité
00:19:25de Solène Leprince
00:19:27qui avait vu
00:19:28son oncle
00:19:30tuer l'ensemble de sa famille.
00:19:32Et aujourd'hui,
00:19:34nous avons pu apporter la preuve
00:19:36qu'au moment
00:19:37où Solène Leprince
00:19:39a été touchée
00:19:40par cette tragédie,
00:19:42elle a suivi
00:19:43des mesures d'assistance éducative.
00:19:44Et dans le cadre
00:19:45de ces mesures
00:19:45d'assistance éducative,
00:19:47il y a des experts psychiatres
00:19:48qui l'ont rencontrée
00:19:49et qui disent l'inverse
00:19:51complètement
00:19:52de cet expert
00:19:53qui a été déposé
00:19:55devant la cour d'assises
00:19:56et qui vont très loin,
00:19:57qui disent que
00:19:58non seulement
00:19:59cet enfant n'avait pas
00:20:00de traumatisme
00:20:01par rapport à quelque chose
00:20:03qu'elle aurait pu voir,
00:20:04mais également
00:20:05que la crédibilité
00:20:07de l'expert psychiatre
00:20:08qui a pu prétendre
00:20:09ce genre de choses
00:20:10est totalement,
00:20:11je dirais,
00:20:12non conforme
00:20:13à la science actuelle.
00:20:15On disait,
00:20:15Maître,
00:20:15qu'elle avait été
00:20:16la petite,
00:20:17elle est retrouvée
00:20:17derrière la porte
00:20:18dans la maison
00:20:19de Christian et Brigitte Leprince,
00:20:21dans la chambre
00:20:21qui est tout au fond à gauche.
00:20:22On dit qu'elle a été changée,
00:20:23que sa couche a été changée.
00:20:25Est-ce que c'est vrai ?
00:20:26Et que quelqu'un est passé
00:20:27dans les traces de sang,
00:20:29on voit des traces de pas
00:20:30et ça pourrait être
00:20:31Martine Compin.
00:20:31la femme de Dany Leprince.
00:20:33– Non, ça n'est pas cela.
00:20:33Ça n'est pas cela.
00:20:34En fait,
00:20:35Martine Compin,
00:20:37trois ans,
00:20:38vous vous rendez compte,
00:20:39trois ans
00:20:39après le début
00:20:41de l'instruction,
00:20:43découvre et affirme
00:20:44qu'elle serait revenue
00:20:46sur place
00:20:47le soir des crimes
00:20:49pour rentrer,
00:20:51alors qu'il y a
00:20:51des flaques de sang partout.
00:20:52– Pour enjamber les corps.
00:20:53– Pour enjamber les corps,
00:20:55pour ouvrir
00:20:56la chambre de Solène,
00:20:58pour aller voir Solène,
00:21:01pour l'emporter avec elle
00:21:02et l'amener
00:21:03chez sa belle-mère
00:21:04pour la changer.
00:21:05Or,
00:21:06et c'est un élément
00:21:07aussi qui est très important,
00:21:08l'information
00:21:09qui est en cours
00:21:10au Mans
00:21:11a permis aussi
00:21:12de voir
00:21:13que les informations
00:21:15qui avaient été
00:21:16communiquées
00:21:17à cette époque-là
00:21:18par Martine Compin
00:21:20ne sont pas possibles.
00:21:22Elle n'explique pas
00:21:23comment elle a pu
00:21:24enjamber les corps
00:21:25sans laisser de traces,
00:21:26elle n'explique pas
00:21:27comment il n'y a eu
00:21:28aucune trace
00:21:29dans la chambre du bébé
00:21:30des traces de sang,
00:21:32combien il n'y a
00:21:33aucune trace de pas
00:21:35dans la chambre du bébé,
00:21:36donc tout cela
00:21:37est incohérent
00:21:38et si vous voulez,
00:21:39ça vient décrédibiliser
00:21:41quand même un témoignage
00:21:42très fort
00:21:43et à charge
00:21:44contre Dani Le Prince.
00:21:45– Il faut faire un petit point
00:21:46effectivement sur ce volet
00:21:48à Angers,
00:21:49on rappelle
00:21:49Martine Compin
00:21:50n'est pas mise en examen
00:21:51et c'est une décision
00:21:52qui a été rendue
00:21:53il y a quelques mois.
00:21:54– Oui, en fait
00:21:54Martine Compin
00:21:56elle est sous le statut
00:21:57de témoin assisier
00:21:58qui est un statut
00:21:59évidemment en dessous
00:22:00de celui de mise en examen
00:22:01au niveau des indices graves
00:22:02et concordants
00:22:02qui pèsent sur elle
00:22:03dans le cadre
00:22:04en fait d'une information
00:22:05judiciaire
00:22:06ouverte il y a
00:22:07un peu plus de 10 ans
00:22:08à la suite
00:22:09de la plainte
00:22:10de Robert Le Prince
00:22:11qui est le père
00:22:12de Dani Le Prince
00:22:13qui a porté plainte
00:22:15pour assassinat
00:22:16et complicité,
00:22:18meurtre et complicité
00:22:19excusez-moi.
00:22:20Et donc
00:22:20dans le cadre
00:22:21de cette information
00:22:22judiciaire
00:22:22qui se déroule
00:22:23en parallèle
00:22:24de la demande
00:22:24de révision
00:22:25c'est un peu compliqué
00:22:26mais c'est important
00:22:26il y a ces deux
00:22:27procédures parallèles
00:22:28et en fait
00:22:29dans ce cadre-là
00:22:30elle est témoin assisté
00:22:31et donc
00:22:32elle aussi
00:22:32elle a été interrogée
00:22:33dans le cadre
00:22:34de cette autre
00:22:35information judiciaire
00:22:37et là
00:22:38il y a peu
00:22:38le parquet
00:22:40avait requis
00:22:40sa mise en examen
00:22:41c'est-à-dire
00:22:42considérant que
00:22:43des charges
00:22:43assez lourdes
00:22:44pour la mettre
00:22:44en examen
00:22:45pesaient contre elle
00:22:46et finalement
00:22:46la justice
00:22:48en a décidé
00:22:48autrement
00:22:49elle reste sous
00:22:49le statut
00:22:49de témoin assisté.
00:22:50Pour bien faire comprendre
00:22:51aux téléspectateurs
00:22:52le 7 mai
00:22:53la cour de révision
00:22:53va décider
00:22:54si nouveau procès
00:22:55il va y avoir
00:22:56d'accord
00:22:56mais lors de ce nouveau procès
00:22:58il y a qui dans le box
00:22:59des accusés
00:23:00pour qu'on comprenne bien
00:23:01il y aura peut-être
00:23:02Dany Leprince
00:23:02est-ce qu'il y aura
00:23:03techniquement
00:23:04Martine Compin
00:23:05est-ce qu'il y aura
00:23:05l'audition des filles
00:23:07qui on peut retrouver ?
00:23:09Alors il y aura
00:23:09Dany Leprince
00:23:10bien sûr
00:23:11et qui sera jugé
00:23:11d'ailleurs
00:23:12et c'est important
00:23:13devant une autre
00:23:14cour d'assises
00:23:15absolument
00:23:15que celle dépendant
00:23:16du ressort
00:23:16de la cour d'appel
00:23:17d'Angers
00:23:18parce que voyez-vous
00:23:19l'information judiciaire
00:23:20qui est en cours aujourd'hui
00:23:21elle est au Mans
00:23:22et au Mans
00:23:23tout le monde connaît ce dossier
00:23:24dans le ressort
00:23:25de la cour d'appel
00:23:26d'Angers
00:23:26tout le monde connaît ce dossier
00:23:27donc il faut dépayser
00:23:28et moi personnellement
00:23:29je vous donne mon point de vue
00:23:30il est impossible
00:23:31que les choses puissent avancer
00:23:33dans le ressort
00:23:34de la cour d'appel d'Angers
00:23:35alors il y aurait
00:23:37Dany Leprince
00:23:38et puis il y aurait
00:23:39des témoins
00:23:40qui seraient amenés
00:23:41à venir déposer
00:23:42et puis il y aurait
00:23:42des partis civils
00:23:43absolument
00:23:43et parmi les partis civils
00:23:45il y aurait Solène
00:23:46qui demande
00:23:47vous savez
00:23:47aujourd'hui
00:23:48devant la cour de révision
00:23:49l'annulation
00:23:51de la condamnation
00:23:52de Dany Leprince
00:23:52et qu'il y ait
00:23:53un nouveau procès
00:23:54alors est-ce que
00:23:55Martine Compin
00:23:56serait présente
00:23:57je pense qu'il n'est pas
00:23:58nécessaire
00:23:59d'attendre
00:24:00qu'éventuellement
00:24:02Martine Compin
00:24:03soit jugée un jour
00:24:04pour faire en sorte
00:24:06que Dany Leprince
00:24:07soit innocenté
00:24:08je vous donne un exemple
00:24:09vous savez que
00:24:11Patrick Dils
00:24:12a été innocenté
00:24:15alors qu'à l'époque
00:24:16Francis Holm
00:24:17était plus ou moins
00:24:18mis en cause
00:24:19entre le moment
00:24:21où Patrick Dils
00:24:23a été acquitté
00:24:24par une cour d'assises
00:24:25et le moment
00:24:26où Francis Holm
00:24:27a été condamné
00:24:29pour la première fois
00:24:30devant une cour d'assises
00:24:31il y a près de
00:24:3215 ans
00:24:3315 ans
00:24:35pendant 15 ans
00:24:36il a fallu attendre
00:24:37qu'il y ait
00:24:38un coupable
00:24:39de cette affaire
00:24:40Maître Maurice
00:24:42Patrick Dils
00:24:43il est rejugé
00:24:44il est recondamné
00:24:45oui et heureusement
00:24:46il est rejugé
00:24:48et il est acquitté
00:24:48il y a une procédure d'appel
00:24:50et d'ailleurs
00:24:51l'avocat général
00:24:52dans le cadre de son avis
00:24:53le dit
00:24:54c'est très fort
00:24:55ce qu'il dit là-dessus
00:24:56il dit
00:24:57d'une part
00:24:58il dit à l'époque
00:24:58il n'y avait pas de motivation
00:25:00des décisions de condamnation
00:25:01et que la cour de cassation
00:25:04a dit dans un certain nombre
00:25:05de ses observations
00:25:06que le fait
00:25:07qu'il n'y ait pas de motivation
00:25:08à l'époque
00:25:09est un handicap
00:25:10pour pouvoir apprécier
00:25:12de l'opportunité
00:25:13d'annuler des condamnations
00:25:15et puis
00:25:16l'autre point
00:25:17c'est que
00:25:17il n'y avait pas non plus
00:25:19de possibilité
00:25:20de faire appel
00:25:21de cette condamnation
00:25:22et vous savez
00:25:23nous nous inscrivons
00:25:24avec
00:25:25Maître Charmac Féloneau
00:25:27avec qui nous avons travaillé
00:25:28depuis 2018
00:25:30dans ce dossier
00:25:30dans la ligne
00:25:32de Jean-Louis Pelletier
00:25:33dans la ligne
00:25:34de Jean-Denis Bredin
00:25:35dans la ligne
00:25:37Dijboudelot
00:25:38qui ont clamé
00:25:40cette innocence
00:25:41depuis des années
00:25:42c'est une affaire
00:25:44extraordinaire
00:25:45parce que
00:25:46voyez-vous
00:25:46il est rarissime
00:25:47d'obtenir
00:25:49une annulation
00:25:50de condamnation
00:25:51mais nous y croyons
00:25:52nous y croyons
00:25:53parce que
00:25:54nous sommes convaincus
00:25:55que ce serait
00:25:56l'honneur
00:25:57de l'institution
00:25:58que de pouvoir
00:26:00annuler
00:26:01cette condamnation
00:26:02et qu'il y ait
00:26:03un nouveau procès
00:26:03mais j'ai une question
00:26:04que j'ai oublié
00:26:04de vous poser
00:26:05j'aurais dû commencer
00:26:06par ça
00:26:06je m'excuse
00:26:06Dany Leprince
00:26:07comment il réagit
00:26:10à tout ça
00:26:10parce que c'est lui
00:26:10le principal intérêt
00:26:11c'est évidemment
00:26:12qu'il a vu cet avis
00:26:13vous savez
00:26:13Dany Leprince
00:26:14il est prudent
00:26:15il est prudent
00:26:16parce qu'il a déjà
00:26:17subi
00:26:18je dirais
00:26:19il a été incarcéré
00:26:2017 ans
00:26:20il a été incarcéré
00:26:2218 ans
00:26:22mais surtout
00:26:23il y a déjà eu
00:26:25une procédure
00:26:25devant la cour de révision
00:26:27avec un avis
00:26:28qui était aussi favorable
00:26:29de l'avocat général
00:26:30et un rejet
00:26:31aujourd'hui
00:26:33nous ce qui nous intéresse
00:26:34et peut-être que c'était
00:26:35ce qui s'était passé
00:26:36dans le cas
00:26:37de la première procédure
00:26:38de révision
00:26:38ça ne nous motive pas
00:26:42de pointer du doigt
00:26:44les dysfonctionnements
00:26:45de ce dossier
00:26:45il y en a eu
00:26:47il y en a eu plein
00:26:49la seule chose
00:26:50qui nous motive
00:26:51et nous allons essayer
00:26:53de convaincre
00:26:53les magistrats
00:26:54de la cour de révision
00:26:55c'est qu'il y a
00:26:57des éléments nouveaux
00:26:57et que ces éléments nouveaux
00:26:59là
00:27:00inconnus de la juridiction
00:27:01lorsqu'elle a statué
00:27:02sont de nature
00:27:04à faire naître un doute
00:27:05sur la culpabilité
00:27:06de Daniel Le Pen
00:27:07et si nous arrivons
00:27:08à convaincre
00:27:09les magistrats de cela
00:27:10il y aura un nouveau procès
00:27:11Plana
00:27:12est-ce qu'il n'y a pas
00:27:13dans les éléments nouveaux
00:27:13cette histoire de couteau jaune
00:27:14est-ce que vous pouvez nous expliquer
00:27:15exactement ce que c'est
00:27:16pour les téléspectateurs ?
00:27:17Oui
00:27:18en fait
00:27:18il y a un couteau jaune
00:27:20donc déjà
00:27:21ce qu'il faut dire
00:27:21c'est que l'arme du crime
00:27:22depuis le départ
00:27:23on considère que c'est
00:27:24une feuille de bouchée
00:27:25donc un grand
00:27:26un gros hachoir
00:27:27un gros hachoir
00:27:28avec un large
00:27:29et voilà
00:27:30une feuille de bouchée
00:27:31la condamnation
00:27:34d'ailleurs
00:27:34considère qu'il n'y a
00:27:35qu'une seule arme du crime
00:27:36qui serait
00:27:36cette feuille de bouchée
00:27:38depuis
00:27:38le dossier a permis
00:27:39d'évoluer là-dessus
00:27:40parce qu'on considère
00:27:41qu'il y a plusieurs
00:27:42armes du crime
00:27:43alors l'avocat
00:27:44de Martine Compin
00:27:45les avocats de Martine Compin
00:27:47disent
00:27:47oui mais ça
00:27:48ça n'a jamais été écrit
00:27:49dans le dossier
00:27:49qu'il y a plusieurs armes du crime
00:27:50sauf que
00:27:51dans les examens
00:27:52médicaux légaux
00:27:53notamment sur Christian
00:27:55le frère de Dany Leprince
00:27:56on voit qu'il a été touché
00:27:57avec un couteau
00:27:58un couteau pas feuille de bouchée
00:27:59un couteau
00:28:00entre guillemets
00:28:00normal
00:28:01au bras
00:28:02donc il y a une trace
00:28:03de couteau déjà
00:28:03donc il y a au moins
00:28:04deux armes du crime
00:28:05et dans le même temps
00:28:07de tout ça
00:28:07il y a un couteau jaune
00:28:08qui a été retrouvé
00:28:09avec dessus
00:28:10deux ADN
00:28:11qui ont été retrouvés
00:28:12celui de Martine Compin
00:28:14et celui
00:28:14de l'une des deux nièces
00:28:16du couple
00:28:16donc l'une des deux nièces
00:28:18qui a été tuée
00:28:19donc en fait
00:28:19ce couteau jaune
00:28:21peut être de nature
00:28:22à relancer
00:28:24l'enquête
00:28:25et puis c'est un élément nouveau
00:28:26ça fait partie des éléments nouveaux
00:28:28et des éléments
00:28:29non pas inconnus
00:28:30exactement
00:28:30et en plus sur Martine Compin
00:28:32comme élément nouveau
00:28:33il y a aussi le fait
00:28:34qu'elle a dit
00:28:34à un psychologue
00:28:36qui l'examinait
00:28:36elle a dit
00:28:37elle évoque des prétendus
00:28:39trous de mémoire
00:28:40et elle dit
00:28:40je ne sais pas
00:28:41j'ai peut-être tué quelqu'un
00:28:43donc je veux dire
00:28:44c'est pas rien quand même
00:28:44voilà
00:28:45ce n'est pas rien
00:28:45au niveau des éléments nouveaux
00:28:47ça s'examine au moins
00:28:48couteau jaune de nature
00:28:49à faire naître un doute
00:28:49sur la culpabilité
00:28:50de Dany Leprince
00:28:52mais alors
00:28:52pour poursuivre
00:28:53ce que vous disiez
00:28:54tout à l'heure
00:28:54maître
00:28:55dans l'affaire Dils
00:28:56il y a Holm
00:28:57mais Holm
00:28:57qui va arriver après
00:28:58est-ce que dans cette affaire
00:29:00Dany Leprince
00:29:00derrière
00:29:02on peut s'attendre
00:29:02à voir arriver
00:29:03Martine Compin
00:29:05comme possible suspect
00:29:07ou quelqu'un d'autre
00:29:09en fait
00:29:09ça on ne le sait pas encore
00:29:11mais ce n'est pas votre point
00:29:13ce que vous dites
00:29:14en ce qui concerne
00:29:14le statut actuel
00:29:16de Martine Compin
00:29:17elle est témoin assistée
00:29:18je pense
00:29:19je crois qu'une décision
00:29:20devrait être rendue
00:29:21par la cour de cassation
00:29:22prochainement
00:29:23parce que les partis civils
00:29:24ont fait un pourvoi
00:29:26sur le refus
00:29:27de la chambre
00:29:29de l'instruction
00:29:29de mettre en examen
00:29:31Martine Compin
00:29:32je pense qu'il n'y aura pas
00:29:34d'avancée
00:29:35du côté de la cour de cassation
00:29:37parce qu'il me semble
00:29:38que ces pourvois
00:29:39ne sont pas recevables
00:29:40pour une raison assez simple
00:29:42c'est qu'il eut fallu
00:29:43pour qu'il soit recevable
00:29:45que le procureur général
00:29:47d'Angers
00:29:48soutienne
00:29:49la position
00:29:50de sa procureure
00:29:52qui avait demandé
00:29:53la mise en examen
00:29:53ce qu'elle n'a pas fait
00:29:55en revanche
00:29:55ce que dit
00:29:57l'avocat général
00:29:58près de la cour de révision
00:29:59il dit
00:30:00mais quoi qu'il en soit
00:30:01la justice
00:30:03vis-à-vis de Martine Compin
00:30:04elle continue à travailler
00:30:07et aucune position définitive
00:30:10n'est actuellement acquise
00:30:11à l'encontre de Martine Compin
00:30:13et pour répondre
00:30:14complètement à votre question
00:30:15on a aussi retrouvé
00:30:18un ADN masculin
00:30:20inconnu
00:30:21donc qui correspond
00:30:23nécessairement à quelqu'un d'autre
00:30:25sur les lieux du crime
00:30:26donc il est tout à fait possible
00:30:28aussi
00:30:29que quelqu'un d'autre
00:30:30extérieur à la famille
00:30:33soit intervenu
00:30:34merci
00:30:35merci beaucoup à tous les deux
00:30:36on se livra évidemment
00:30:37avec grand intérêt
00:30:38cette audience
00:30:38devant la cour de révision
00:30:39c'est donc le 7 mai prochain
00:30:41nous allons accueillir
00:30:42maintenant un homme
00:30:43qui se bat lui aussi
00:30:43pour la vérité
00:30:45sa détermination
00:30:46sa ténacité
00:30:46ne l'ont jamais lâché
00:30:47depuis 2018
00:30:48depuis la disparition
00:30:49de sa soeur Tiffaine
00:30:50évaporée au Japon
00:30:51dans la province
00:30:52de Niko
00:30:53depuis bientôt 8 ans
00:30:54cette jeune touriste française
00:30:56reste introuvable
00:30:57que lui est-il arrivé
00:30:58on fait le point
00:30:59avec Pierre-Louis Bousset
00:31:01plus de 7 ans
00:31:03après le début
00:31:04de l'affaire Tiffaine Veyron
00:31:05le mystère continue
00:31:07d'envelopper
00:31:07la ville japonaise
00:31:08de Niko
00:31:09au nord de la capitale Tokyo
00:31:11c'est ici que la française
00:31:12alors âgée de 36 ans
00:31:14se rend en vacances
00:31:15en 2018
00:31:16dans ce pays
00:31:17qui la fascine
00:31:18le 29 juillet
00:31:20elle est aperçue
00:31:21à son hôtel
00:31:22le Turtle Inn
00:31:23avant de disparaître
00:31:24mystérieusement
00:31:25sans laisser aucune trace
00:31:27les policiers nippons
00:31:29vont alors ratisser
00:31:30la zone alentour
00:31:31en fouillant les forêts
00:31:33les reliefs
00:31:34et même le cours d'eau
00:31:35qui traverse Niko
00:31:36sans succès
00:31:38si elle était tombée
00:31:41dans la rivière
00:31:41des effets personnels
00:31:43auraient dû être trouvés
00:31:44mais rien n'est apparu
00:31:45cela me fait penser
00:31:46qu'elle pourrait avoir
00:31:47été impliquée
00:31:48dans une affaire criminelle
00:31:49et non pas un accident
00:31:50la piste d'une disparition
00:31:54volontaire
00:31:54est aussi écartée
00:31:55Tiffen Veyron
00:31:56avait minutieusement
00:31:58préparé son voyage
00:31:59et restait en contact
00:32:00régulier
00:32:01avec ses proches
00:32:02elle avait également
00:32:03acheté son billet retour
00:32:04pour la France
00:32:05on a eu quelques personnes
00:32:07qui nous ont rassurés
00:32:08nous disons
00:32:08qu'ils ne lâcheraient pas
00:32:09des recherches
00:32:10forcément quelque chose
00:32:12quelqu'un a vu quelque chose
00:32:13et on veut le savoir
00:32:14et on ne lâchera pas
00:32:15et ils n'ont rien lâché
00:32:17après plusieurs voyages
00:32:18au Japon
00:32:19pour découvrir
00:32:19ce qui était arrivé
00:32:20à leurs proches
00:32:21la famille de Tiffen Veyron
00:32:23affirme avoir fait
00:32:23une découverte majeure
00:32:25une expertise en téléphonie
00:32:27basée sur la géolocalisation
00:32:28du portable de la disparue
00:32:30atteste que la jeune femme
00:32:31se trouvait encore
00:32:32dans son hôtel
00:32:33à 11h40
00:32:34le jour de sa disparition
00:32:36cet élément
00:32:37vient contredire
00:32:38les témoignages
00:32:38de plusieurs membres
00:32:39de l'hôtel
00:32:40qui affirmaient
00:32:41que Tiffen Veyron
00:32:42était parti à 10h
00:32:43de l'établissement
00:32:44ce matin là
00:32:45le frère de la jeune femme
00:32:46espère qu'une pression diplomatique
00:32:48permettra de reprendre l'enquête
00:32:50Bienvenue Damien Veyron
00:32:54merci d'être avec nous
00:32:55sur ce plateau
00:32:56à vos côtés
00:32:56Marie-Astrid Albert
00:32:57votre compagne
00:32:58vous avez aussi été au Japon
00:33:00l'été dernier
00:33:01sur les traces
00:33:02de Tiffen Veyron
00:33:03et Général Daouz
00:33:03merci d'être avec nous
00:33:04je vous présente Plumet
00:33:05quand même
00:33:06avec le directeur de l'IRCGN
00:33:07merci d'être avec nous
00:33:08Damien Veyron
00:33:09vous avez déposé une pétition
00:33:11devant l'Elysée
00:33:11d'abord combien de signatures
00:33:12et quel est le but
00:33:13de cette pétition ?
00:33:14on a dépassé les 43 000 signatures
00:33:16donc vraiment merci
00:33:17à tous ceux qui nous soutiennent
00:33:18c'est très simple en fait
00:33:20l'été dernier
00:33:21un rapport
00:33:22de l'application Google
00:33:23montre que Tiffen
00:33:24n'est jamais sorti de l'hôtel
00:33:25en tout cas pas à 10h
00:33:27comme le prétend l'hôtelier
00:33:28donc ce rapport
00:33:29aurait dû
00:33:29faire changer la phase
00:33:31de l'enquête
00:33:31et ça aurait dû
00:33:32engendrer des gardes à vue
00:33:33en tout cas
00:33:33de l'hôtelier
00:33:34et du personnel
00:33:34et ça n'a pas été le cas
00:33:36donc cette pétition
00:33:37on demande
00:33:38à ce qu'Emmanuel Macron
00:33:39nous reçoive
00:33:39et surtout demande
00:33:41à la première ministre japonaise
00:33:43est-ce que la police nationale
00:33:44soit saisie
00:33:45puisqu'on en parlera
00:33:45mais la police de Nico
00:33:46ne fait pas le job
00:33:47et là ils ont été pris
00:33:48vraiment en flagrant délit
00:33:49d'inaction
00:33:50mais pour être bien clair
00:33:51l'hôtelier
00:33:52il n'a jamais été entendu
00:33:53il n'a jamais été questionné
00:33:55il y a une sorte
00:33:57de similitude
00:33:57de garde à vue là-bas
00:33:58comment ça s'est passé ?
00:33:59oui il a été entendu
00:34:00mais le problème
00:34:00c'est que ce policier
00:34:01est policier volontaire
00:34:02enfin pardon
00:34:03l'hôtelier
00:34:04est policier volontaire
00:34:04pardon
00:34:05ah l'hôtelier
00:34:06est policier
00:34:07oui
00:34:07l'hôtelier
00:34:07est policier volontaire
00:34:08et si vous voulez
00:34:09jusqu'à présent
00:34:10on n'avait pas vraiment
00:34:11d'élément
00:34:11pour confronter
00:34:14la police de Nico
00:34:15face à cette inaction
00:34:15et là on l'a
00:34:16l'été dernier
00:34:16ça on n'avait pas
00:34:17l'information encore
00:34:18de l'hôtelier
00:34:20également policier volontaire
00:34:21il voit sortir
00:34:22Tiffen avec une valise
00:34:23c'est ça
00:34:23il y a quelque chose
00:34:24comme ça
00:34:24il la voit sortir
00:34:26à 10h
00:34:26ça aussi c'est bizarre
00:34:29parce qu'au niveau
00:34:30des auditions
00:34:31il n'y a pas eu
00:34:31de garde à vue
00:34:32il a été brièvement
00:34:34entendu
00:34:34et qu'est-ce qu'il dit
00:34:36à ce moment-là ?
00:34:36il dit qu'il a bien vu sortir
00:34:37qu'il lui a souhaité
00:34:38bonne journée
00:34:38mais l'incohérence
00:34:39en fait c'est que
00:34:40si vous voulez
00:34:40on ne sait pas
00:34:42s'il est accompagné
00:34:42de sa fille
00:34:43lui il dit que non
00:34:44sa fille il dit que oui
00:34:44en fait il n'y a que
00:34:45des incohérences
00:34:48l'expertise au luminol
00:34:49qui avait été faite
00:34:50au mois d'août 2018
00:34:52où là c'est pareil
00:34:53on n'a jamais eu
00:34:54de retour
00:34:55Général c'est quoi
00:34:56le luminol
00:34:56pour ceux qui nous écoutent ?
00:34:57Le luminol
00:34:58c'est un produit
00:34:58qui réagit
00:34:59avec les traces de sang
00:35:00c'est-à-dire les ions ferreux
00:35:02qu'il y a dans le sang
00:35:03font réagir le produit
00:35:04et le problème là
00:35:05c'est qu'apparemment
00:35:06c'est du luminol
00:35:07qui a été utilisé
00:35:08et non pas du blue star
00:35:09la difficulté
00:35:11c'est qu'on voit
00:35:12des grandes traces
00:35:13on suppose que ce sont
00:35:14du coup des traces de sang
00:35:16mais parfois
00:35:16il y a des interférences
00:35:18avec des produits
00:35:18qui peuvent faire réagir
00:35:20le luminol
00:35:20mais après le luminol
00:35:22on ne peut pas faire d'ADN
00:35:23alors qu'après le blue star
00:35:25on peut faire de l'ADN
00:35:26et là
00:35:27si j'ai vraiment du luminol
00:35:28ça a un petit peu
00:35:30fermé techniquement
00:35:31la possibilité
00:35:33de dire
00:35:33c'est le sang
00:35:34d'une personne
00:35:35et le sang
00:35:35de quelle personne
00:35:36On dit dans les disparitions
00:35:38en général
00:35:39que les premières minutes
00:35:40les premières heures
00:35:40sont cruciales
00:35:41vous n'allez pas
00:35:41me contredire là-dessus
00:35:44qu'est-ce qui
00:35:45dès le début
00:35:45dans cette affaire
00:35:46s'emboîte mal
00:35:47et qu'est-ce qui manque
00:35:48cela
00:35:48Déjà
00:35:49c'est ce qu'on appelle
00:35:50les yuatsu
00:35:51les yuatsu
00:35:52ce sont les évaporés
00:35:53au Japon
00:35:54culturellement
00:35:55vous avez à peu près
00:35:56100 000 disparitions
00:35:57par an
00:35:57c'est un chiffre énorme
00:36:00mais culturellement
00:36:00ce sont des personnes
00:36:02qui peuvent être
00:36:03en difficulté financière
00:36:04ou autre
00:36:04et qui pour éviter
00:36:06la honte
00:36:06sur la famille
00:36:08disparaissent volontairement
00:36:09ce qui fait que
00:36:11la réaction
00:36:12des forces de police
00:36:13là-bas
00:36:13culturellement
00:36:14n'est pas incline
00:36:15à voir
00:36:16est-ce que c'est
00:36:17une disparition
00:36:18inquiétante
00:36:18ou pas
00:36:19sauf à apporter
00:36:21des éléments
00:36:21où on voit
00:36:22une action criminelle
00:36:23et là
00:36:24comme vous l'avez dit
00:36:24la police locale
00:36:26n'était pas très à lente
00:36:27elle connaît
00:36:28le policier volontaire
00:36:29donc sa parole suffit
00:36:31on ne va pas plus loin
00:36:32et pourtant
00:36:33il y aurait de quoi
00:36:35être inquiété
00:36:35parce qu'il faut savoir
00:36:37que dans cette région
00:36:38de Nico
00:36:38entre 2018
00:36:40et 2022
00:36:41ce sont
00:36:4235
00:36:43agressions
00:36:44sexuelles
00:36:45et je ne sais plus
00:36:46combien
00:36:46de dizaines
00:36:47de cadavres
00:36:48qui ont été retrouvés
00:36:49dizaines de cadavres
00:36:50oui
00:36:50on en avait parlé
00:36:52Damien
00:36:53vous étiez venu
00:36:53vous nous disiez
00:36:54que dans certains endroits
00:36:55au Japon
00:36:55il y avait des affichettes
00:36:57dans certains
00:36:57lieux touristiques
00:36:59recommandant aux femmes
00:37:01de faire attention
00:37:02aux violeurs
00:37:02c'était quoi
00:37:03on peut y revenir à ça
00:37:04vous avez raison
00:37:05donc évidemment
00:37:06c'est vous qui nous l'aviez appris
00:37:07oui oui tout à fait
00:37:07dans les lieux
00:37:08que Tiffany voulait visiter
00:37:09effectivement il y avait
00:37:10un panneau
00:37:10qui indiquait
00:37:11qu'il y avait un homme
00:37:12qui se faisait passer
00:37:12pour un guide
00:37:13et donc qui profitait
00:37:14pour emmener les femmes
00:37:16dans des sentiers
00:37:16et essayer de les attoucher
00:37:17donc on avait eu ça
00:37:18effectivement
00:37:19on était tombés
00:37:19sur ces panneaux
00:37:20puis tout près
00:37:21de l'hôtel de Tiffen
00:37:21il y avait aussi
00:37:22une tentative
00:37:23de kidnapping
00:37:23de deux touristes
00:37:25en novembre 2020
00:37:25un homme nous avait
00:37:27interpellés aussi
00:37:28toujours proche de l'hôtel
00:37:28en août 2018
00:37:30en disant qu'il savait
00:37:31où était Tiffen
00:37:31qu'il y avait
00:37:33des informations
00:37:34en communiquées
00:37:35mais c'est pareil
00:37:35tous ces gens là
00:37:36en fait ils n'ont jamais
00:37:36été véritablement auditionnés
00:37:38après je pense que
00:37:40les choses
00:37:40dans le cas de la disparition
00:37:41de Tiffen
00:37:42les choses sont simples
00:37:43on a un lieu
00:37:44avec des gens
00:37:44c'est une chance
00:37:45quand vous démarrez
00:37:46l'enquête
00:37:47j'y mets
00:37:47déjà
00:37:47là on se retrouve
00:37:497 ans après
00:37:50à devoir essayer
00:37:53de faire tout simplement
00:37:54que les gens soient auditionnés
00:37:55même en garde à vue
00:37:56et là je pense que
00:37:57l'hôtelier
00:37:57il y a vraiment
00:37:58quelque chose
00:37:58de pas clair
00:37:59Marie-Astré Albert
00:38:00vous êtes allée
00:38:01l'été dernier
00:38:02avec Damien Véron
00:38:03sur place
00:38:03qu'est-ce qui vous a
00:38:04parce que vous avez
00:38:04sans doute ce regard
00:38:06un peu neuf
00:38:07par rapport
00:38:08aux autres acteurs
00:38:09qu'est-ce qui vous a frappé
00:38:10quand vous y êtes allé
00:38:11et pour bien nous expliquer
00:38:12la configuration des lieux
00:38:14la configuration des lieux
00:38:16c'est vraiment
00:38:16dans la nature
00:38:17donc en fait
00:38:18il y a des zones
00:38:19qui vont être
00:38:19très touristiques
00:38:20où il y aura
00:38:21beaucoup de monde
00:38:21et juste à côté
00:38:23on peut avoir
00:38:23des chemins
00:38:24complètement isolés
00:38:25accessibles en voiture
00:38:26où on ne trouve personne
00:38:27donc je trouve que
00:38:28potentiellement
00:38:28c'est un lieu
00:38:29facile pour agresser
00:38:31quelqu'un
00:38:31en tout cas
00:38:32et donc
00:38:34Tiffany a disparu
00:38:36juste à côté
00:38:36d'un cimetière
00:38:38où deux jeunes femmes
00:38:39ont été agressées
00:38:40justement
00:38:40il y a quelques temps
00:38:41et elles ont voulu
00:38:42porter plainte
00:38:43et ils n'ont pas voulu
00:38:43ils n'ont pas voulu
00:38:44prendre la plainte
00:38:45non
00:38:45ils ont dit que c'était
00:38:46exagéré
00:38:47vous qui avez du recul
00:38:48entre enquête française
00:38:50et comme on fait
00:38:50une enquête en France
00:38:51vous nous écoutez
00:38:52sur BFM TV
00:38:52quand on raconte
00:38:53ces dossiers
00:38:55est-ce que vous connaissez
00:38:56de là-bas maintenant
00:38:57Damien lui
00:38:58il est plus dans le
00:38:58c'est vrai que vous avez
00:39:01un regard un peu différent
00:39:02c'est intéressant
00:39:02qu'est-ce que vous voyez
00:39:02de différent
00:39:03entre enquête française
00:39:04et enquête japonaise
00:39:05les enquêteurs japonais
00:39:07déjà ils n'ont pas
00:39:08ouvert d'enquête
00:39:08alors que ça paraît
00:39:09quand même évident
00:39:10qu'il y a un problème
00:39:11ça ne serait jamais
00:39:13arrivé en France
00:39:14il y aurait tout de suite
00:39:15eu des perquisitions
00:39:16des gens qui ont été
00:39:17entendus
00:39:17donc en fait
00:39:18on a l'impression
00:39:19qu'ils n'osent pas
00:39:20ouvrir une enquête
00:39:21ça c'est ce qu'on dit
00:39:23vraiment
00:39:23tant qu'ils ne sont pas
00:39:24sûrs de la résoudre
00:39:25ils n'ont pas envie
00:39:26de le faire
00:39:26et ça s'est vu
00:39:27vraiment
00:39:28Vous avez engagé
00:39:33un expert privé
00:39:34Damien Véran
00:39:34qu'est-ce que ça dit
00:39:35qu'est-ce qu'il vous donne
00:39:37comme élément ?
00:39:37Oui il y en a plein
00:39:38parce que c'est vrai
00:39:38qu'on explique
00:39:39que c'est la famille
00:39:40qu'enquête
00:39:40mais c'est que surtout
00:39:41on est extrêmement
00:39:41bien épaulé
00:39:42tout à l'heure
00:39:42quand on parlait
00:39:43des corps retrouvés
00:39:44des agressions sexuelles
00:39:45tout ça c'est des enquêteurs
00:39:46japonais qui ont réussi
00:39:47à récolter
00:39:47toutes ces informations
00:39:49donc ce qu'on voit
00:39:51c'est qu'il y a énormément
00:39:52d'éléments
00:39:52qui ne sont pas
00:39:53et la vidéosurveillance ?
00:39:55Alors ça vous avez raison
00:39:56ça c'est un point
00:39:57parce qu'évidemment
00:39:57c'est une chance
00:39:58puisque vous le savez
00:39:59l'affaire de Tiffen
00:39:59a été récupérée
00:40:02par le pôle Nanterre
00:40:03donc c'est évidemment
00:40:04une chance
00:40:04parce que ça permet
00:40:05de mettre la pression
00:40:05mais le problème
00:40:06c'est que pour l'instant
00:40:06vous n'avez pas de coopération
00:40:07donc tout ça
00:40:09les caméras de vidéos
00:40:11de surveillance
00:40:11sont demandées
00:40:12par le pôle Nanterre
00:40:14pour qu'elles soient
00:40:14examinées à nouveau
00:40:15donc il y a 800 heures
00:40:16de vidéos de caméras
00:40:17de surveillance
00:40:17qui sont demandées
00:40:18mais depuis 7 ans
00:40:18bon là il y a une série
00:40:20en ce moment
00:40:20qui est en cours
00:40:21qui on espère
00:40:22va revenir
00:40:22donc ça va donner
00:40:23des éléments
00:40:23mais nous en fait
00:40:25là il n'y a plus
00:40:26de débat en fait
00:40:26c'est que
00:40:27c'est la seule solution
00:40:28pour retrouver Tiffen
00:40:29ça va être le fait
00:40:31qu'une enquête criminelle
00:40:31soit ouverte au Japon
00:40:32et vraiment
00:40:33que ça soit la police nationale
00:40:34qui soit saisie
00:40:35mais pourquoi est-ce
00:40:36qu'on ne peut pas faire pression
00:40:37enfin pourquoi est-ce
00:40:38qu'il n'y a pas urgence
00:40:38à ouvrir
00:40:40je veux dire
00:40:41c'est naïf ma question
00:40:42mais c'est une touriste française
00:40:43ça fait 8 ans
00:40:45en fait qu'est-ce
00:40:46qu'ils attendent
00:40:46les japonais ?
00:40:48ça fait une mauvaise publicité
00:40:50oui en plus
00:40:51ça fait une mauvaise publicité
00:40:52surtout on est bloqué
00:40:53parce qu'en fait
00:40:53c'est le problème
00:40:54du système judiciaire japonais
00:40:55c'est que déjà
00:40:56avec les évaporés
00:40:57il n'y a pas forcément
00:40:58d'enquête menée
00:40:58et en plus
00:40:59le deuxième problème
00:41:00c'est que quand ils ouvrent
00:41:01une enquête
00:41:01il faut qu'elle soit sûre
00:41:02qu'elle soit résolue
00:41:03donc il faut pratiquement
00:41:04il faut qu'elle soit sûre
00:41:05qu'elle soit résolue
00:41:05obligation de résultat
00:41:06c'est culturel
00:41:07c'est à partir du moment
00:41:08où le chef local dit
00:41:10c'est telle hypothèse
00:41:11qui va être privilégiée
00:41:13et bien personne
00:41:14ne remettra en cause
00:41:15l'hypothèse que le chef a donnée
00:41:17on ne se déjuge pas
00:41:17voilà
00:41:18on ne se déjuge pas
00:41:19et on ne déjuge pas le chef
00:41:20il n'y a que lui
00:41:21qui pourrait revenir
00:41:22tout seul
00:41:23de façon à dire
00:41:24je me suis trompé
00:41:25et faire reconnaître
00:41:27son erreur
00:41:28mais tant qu'il ne fait pas ça
00:41:29personne n'osera
00:41:31aller contre ce qu'il a dit
00:41:32en général
00:41:32on est là encore
00:41:33dans une affaire d'honneur
00:41:34comme pour les évaporés
00:41:35qui ne peuvent pas payer leur dette
00:41:36donc ils décident de disparaître
00:41:37là
00:41:37les enquêteurs
00:41:38pour ne pas échouer dans l'enquête
00:41:39il faut qu'avant de commencer
00:41:40ils connaissent déjà le nom de l'auteur
00:41:41sinon ils ne vont pas le chercher
00:41:43parce qu'ils risquent de ne pas le trouver
00:41:44c'est ça ?
00:41:44c'est culturel
00:41:45c'est comme ça
00:41:46là c'est une autre conception
00:41:48c'est vrai que pour nos mentalités occidentales
00:41:50où on travaille différemment
00:41:51où on n'hésite pas
00:41:53à remettre en cause
00:41:54même quand il y a un chef
00:41:55qui se trompe
00:41:56dire il s'est trompé
00:41:57ou autre
00:41:57là ça ne se passera pas comme ça
00:41:59je crois que la démarche
00:42:00vient du chef
00:42:00mais est-ce que vous savez
00:42:01si le cas de Tifien Véran
00:42:02il a été évoqué
00:42:04par le quai d'Orsay
00:42:05par Emmanuel Macron
00:42:07dans les échanges diplomatiques
00:42:08qu'ils doivent avoir
00:42:09avec le Japon
00:42:09est-ce qu'il en est question
00:42:10ou est-ce que pour l'instant
00:42:13ma soeur Sibylle avait été courageuse
00:42:14parce qu'elle avait interpellé directement
00:42:15Emmanuel Macron
00:42:16à l'époque
00:42:17en octobre 2018
00:42:18et ça avait permis
00:42:20qu'il y ait un canal diplomatique
00:42:21qui soit mis en place
00:42:22sauf que
00:42:23c'est tout le problème
00:42:24de cette coopération
00:42:25c'est qu'il y a une coopération de façade
00:42:26et tout ce qui a été demandé
00:42:27puisqu'il y a eu 3 CRI
00:42:29depuis
00:42:29à chaque fois sont revenus incomplètes
00:42:31donc c'est pour ça que la solution
00:42:32CRI
00:42:33Commission obligatoire internationale
00:42:34demandée par la France
00:42:36c'est pour ça
00:42:36vous avez raison
00:42:37c'est pour ça que vous disiez que
00:42:39et donc ce qui est essentiel
00:42:40c'est que
00:42:41le problème de la question
00:42:43d'honneur bloque
00:42:43donc il faut que
00:42:45l'enquête
00:42:46enfin on ne va pas changer
00:42:46les mentalités japonaises
00:42:47comme ça
00:42:47la solution c'est que ce soit
00:42:49la police nationale au Japon
00:42:50comme ça si vous voulez
00:42:51au moins
00:42:52comme un dessaisissement
00:42:53c'est-à-dire on sort de la province
00:42:54de Nico
00:42:55et on l'a fait monter un peu plus haut
00:42:57c'est la seule solution
00:42:57et c'est pour ça qu'on a besoin
00:42:58du président
00:42:59là vraiment c'est essentiel
00:43:00c'est maintenant ou jamais
00:43:01sinon on ne retrouvera jamais Tiffin
00:43:02c'est cet appel que vous lancez
00:43:03aujourd'hui
00:43:04à l'adresse du chef de Vita
00:43:06qui nous reçoit
00:43:07et qu'on puisse évoquer le cas de Tiffin
00:43:08et qu'on explique
00:43:09qu'il y a vraiment une coopération
00:43:10de façade
00:43:10non pas une véritable coopération
00:43:12et que si la police nationale
00:43:15n'est pas saisie
00:43:15on ne retrouvera jamais Tiffin
00:43:17c'est notre seule chance
00:43:18donc étape suivante c'est ça
00:43:19vous êtes reçu à l'Elysée
00:43:21être reçu à l'Elysée
00:43:22et que Emmanuel Macron demande
00:43:24est-ce que la police nationale
00:43:25soit saisie de l'enquête
00:43:26et comment vous lui demandez ça
00:43:27puisqu'il est au courant
00:43:28il connaît cette affaire
00:43:29Sybile votre soeur lui en a parlé
00:43:31qu'est-ce que vous allez demander de plus
00:43:32qu'est-ce que vous aurez de plus
00:43:33comme élément
00:43:34la pétition
00:43:36par la pétition
00:43:37vous avez raison déjà
00:43:38parce que c'est quand même
00:43:39quand vous avez 43 000 personnes
00:43:40qui vous suivent
00:43:41on va la signer aussi
00:43:42avant que vous repartiez
00:43:43c'est gentil
00:43:44elle est toujours en cours
00:43:45évidemment
00:43:45non mais il faut que
00:43:47Emmanuel Macron
00:43:48interpelle directement
00:43:49la première ministre japonaise
00:43:50en disant
00:43:51la solution
00:43:51c'est que la police nationale
00:43:53aille
00:43:54s'empare de l'enquête
00:43:55et aille à Nico
00:43:56surtout que j'ai discuté
00:43:57avec des journalistes japonais
00:43:57qui me disent
00:43:58que les officiers
00:43:59de la police nationale
00:43:59sont prêts
00:44:00et ils en ont marre aussi
00:44:01en fait
00:44:01que cette affaire n'avance pas
00:44:03parce que ça commence
00:44:03à devenir un peu honteux
00:44:04aussi pour eux
00:44:05que les choses n'avancent pas
00:44:06et tiens
00:44:07les journalistes japonais
00:44:08qu'est-ce qu'ils font
00:44:08de leur côté
00:44:09ils poussent un peu
00:44:09les autorités
00:44:10ils posent des questions
00:44:11ils parlent de vous
00:44:12ils relaient
00:44:13la pétition signée
00:44:14vous avez des bons relais
00:44:15là-bas
00:44:15c'est-à-dire que
00:44:16si vous voulez
00:44:17ils ne vont pas
00:44:17retourner la table
00:44:18comme on pourrait faire
00:44:19mais ils parlent de Tiffen
00:44:20et on le voit
00:44:21petit à petit
00:44:22tout le monde s'exaspère
00:44:23donc c'est bien
00:44:24qu'il y ait cette pression
00:44:24et surtout je ne l'ai pas dit
00:44:25mais je peux le dire rapidement
00:44:26il y a l'ONU
00:44:27qui a continué à intervenir
00:44:28et qui là
00:44:28dans sa dernière demande
00:44:29en novembre
00:44:30m'a dit
00:44:30non mais
00:44:30c'est très simple
00:44:31il faut que la police nationale
00:44:32soit saisie
00:44:33et que toutes les personnes
00:44:34qui étaient dans l'hôtel
00:44:35soient mises en garde à vue
00:44:36et entendues
00:44:36c'est merveilleux
00:44:37franchement
00:44:37mais quand vous êtes allé au Japon
00:44:39l'été dernier
00:44:39tous les deux
00:44:40la presse japonaise
00:44:40elle a relayé votre voyage
00:44:42et vos avancées ?
00:44:42systématiquement
00:44:43j'ai énormément d'amis
00:44:45japonais qui nous suivent
00:44:46qui sont là
00:44:47ils relaient
00:44:47mais de manière soft
00:44:50c'est le Japon
00:44:51les médias japonais
00:44:52sont très modernes
00:44:53bon merci à tous les deux
00:44:54à tous les trois
00:44:55de vos lumières
00:44:55on suivra évidemment ce dossier
00:44:56avec la plus grande attention
00:44:57et Damien Véron
00:44:58et bien vous reviendrez
00:44:59pour nous informer
00:44:59des avancées de ce dossier
00:45:01les retours des séries rogatoires
00:45:02et puis effectivement
00:45:04l'épluchage de ces 800 heures
00:45:06de vidéosurveillance
00:45:07merci beaucoup
00:45:08et on signe
00:45:09merci à toi
00:45:09merci
00:45:10merci de votre soutien
00:45:11deux robes noires à présent
00:45:12qui écrivent
00:45:13et qui vont dialoguer
00:45:14entrez donc
00:45:14maître Eric Morin
00:45:16et maître Cédiba
00:45:17une génération d'avocats
00:45:19vous séparent
00:45:19il va falloir leur laisser la place
00:45:21Eric Morin
00:45:23je vous présente
00:45:24vous avez raccroché la robe
00:45:25en 2022
00:45:26vous écrivez aujourd'hui
00:45:27il était un avocat
00:45:28récit de justice et d'injustice
00:45:30aux éditions Les Arènes
00:45:32un très joli livre
00:45:32et puis Cédiba
00:45:34vous avez prêté serment
00:45:35vous êtes élu
00:45:36deuxième secrétaire
00:45:37de la conférence du barreau
00:45:38en 2023
00:45:38donc vous avez prêté serment
00:45:39en 2023
00:45:40ou en 2022
00:45:402021
00:45:41et vous écrivez ce livre
00:45:43à 31 ans
00:45:43avec ce joli titre aussi
00:45:44comme on traverse le feu
00:45:45je suis contente
00:45:47de vous recevoir
00:45:48parce que j'essaye
00:45:48de faire dialoguer
00:45:50vos deux générations
00:45:50on va pas vous demander
00:45:52combien d'années vous séparent
00:45:53mais on a compris
00:45:53qu'il y en a un qui débute
00:45:54et qu'il y en a un
00:45:55qui a décidé de passer
00:45:57à autre chose
00:45:57Eric Morin
00:45:59vous avez eu envie
00:46:00d'écrire ces récits
00:46:01de justice et d'injustice
00:46:03c'est pour vous délester
00:46:04c'est pour laisser une trace
00:46:06c'est pour donner envie
00:46:07aux jeunes confrères
00:46:08de se lancer
00:46:08c'est pourquoi ?
00:46:10moi j'espère que c'est
00:46:11un petit peu tout cela
00:46:12c'est aussi pour
00:46:13voilà
00:46:13fermer la parenthèse
00:46:15pour dire
00:46:17voilà
00:46:17il y avait
00:46:18il y avait
00:46:19pendant ces années
00:46:21beaucoup d'histoires
00:46:23à raconter
00:46:23des personnages
00:46:24à incarner
00:46:24des clients
00:46:25même si j'aime pas
00:46:27ce mot là
00:46:28mais des hommes
00:46:29et des femmes
00:46:29que j'ai aimé
00:46:31intensément défendre
00:46:32et qu'on n'a jamais
00:46:33autant parlé
00:46:34il y a toujours eu
00:46:35des rubriques judiciaires
00:46:36mais n'empêche
00:46:37qu'aujourd'hui
00:46:38matin
00:46:39midi et soir
00:46:40et vous en êtes
00:46:41aussi la preuve
00:46:42on parle
00:46:43de mise en examen
00:46:44de renvoi devant
00:46:44la cour d'assises
00:46:45de procès
00:46:46de lenteur
00:46:47de difficulté
00:46:48de la justice
00:46:49j'avais ces 26 ans
00:46:50à raconter
00:46:51j'ai cherché
00:46:52à raconter
00:46:52ces histoires
00:46:53en 2022
00:46:54vous avez raccroché
00:46:55la robe
00:46:55quelques temps
00:46:56on parlait avec Pauline
00:46:57je me dis
00:46:57qu'est-ce qu'il dit
00:46:57Eric Morin
00:46:58il a arrêté
00:46:59c'est fini
00:46:59moi je ne le savais pas
00:47:00quand on fait
00:47:01un métier aussi passionnant
00:47:02quand on est un pénaliste
00:47:03vous faites partie
00:47:04on ne va pas vous passer
00:47:05la brosse à reluire
00:47:06et vous faites partie
00:47:07quand même des pénalistes
00:47:09pourquoi vous raccrochez
00:47:10c'est tellement passionnant
00:47:11ce boulot
00:47:12c'est passionnant
00:47:13mais c'est épuisant
00:47:14qu'est-ce que vous avez trouvé
00:47:15de mieux
00:47:15que la vocature
00:47:16la vie ailleurs
00:47:18surtout
00:47:18la vie ailleurs
00:47:20la vie hors de Paris
00:47:22le téléphone
00:47:24qui ne sonne plus
00:47:25pour une garde à vue
00:47:26en pleine nuit
00:47:26le téléphone
00:47:27qui ne sonne plus
00:47:28le week-end
00:47:29la charge mentale
00:47:31il sonne chez Betreba
00:47:32maintenant
00:47:32vous faites quoi
00:47:35de vos journées
00:47:36vous faites quoi maintenant
00:47:37alors je ne suis pas rentier
00:47:38j'ai trouvé un travail
00:47:40je travaille dans un groupe immobilier
00:47:41le numéro 1 de l'immobilier
00:47:43dont le siège est à Tours
00:47:44qui détient les marques
00:47:46majeures en matière d'immobilier
00:47:50je m'occupe un peu de juridique
00:47:51et je m'occupe surtout
00:47:52je suis directeur RSE
00:47:53responsabilité sociale
00:47:54et environnementale
00:47:55de ce groupe
00:47:56et j'aime beaucoup ça
00:47:57alors dans ces 23 histoires
00:47:59de justice et d'humanité
00:48:01moi je vais vous dire mes préférés
00:48:02la libération conditionnelle
00:48:04de Michel Cardon en 2018
00:48:06que vous avez accompagné
00:48:07qui est resté
00:48:08de longues années en détention
00:48:09et vous avez un peu
00:48:10foutu le pied
00:48:11dans la fourmilière
00:48:12et ça a marché
00:48:13puisqu'il est sorti
00:48:14le procès Papon
00:48:15et votre mentor
00:48:16si on peut dire
00:48:17Jean-Marc Parrault
00:48:18chez qui vous avez démarré
00:48:19et puis surtout
00:48:20l'école en bateau
00:48:20pour moi
00:48:21votre plaidoirie
00:48:22qui a résonné
00:48:22lorsque vous avez utilisé
00:48:23ces mots d'enfant
00:48:24dans l'enceinte judiciaire
00:48:26dans les griffes
00:48:27de Léonide Kéménef
00:48:28voilà
00:48:29c'est les trois histoires
00:48:30moi qui m'ont marqué
00:48:31mais celle qui vous tient
00:48:32le plus à coeur
00:48:33vous avez du mal
00:48:34à choisir dans ces 23 ?
00:48:35Bien sûr
00:48:36c'est impossible
00:48:38puis ça serait
00:48:39choisir
00:48:39ça serait
00:48:40on exclure d'autres
00:48:41j'ai fait ce choix
00:48:42il y en avait peut-être
00:48:4225 ou 26
00:48:43et puis avec
00:48:44Laurent Beccaria
00:48:45formidable éditeur
00:48:46des Arènes
00:48:47on en a écarté
00:48:48quelques-unes
00:48:48il y aura un deuxième tome
00:48:49non il n'y aura pas
00:48:50de deuxième tome
00:48:51tout est à peu près
00:48:53dit et raconté
00:48:54mais c'est vrai
00:48:54que l'école en bateau
00:48:55on en parlait
00:48:57avec mon frère Cédiba
00:48:58l'école en bateau
00:48:59il n'y a pas
00:49:00beaucoup de dossiers
00:49:01où en réalité
00:49:02il faut être très humble
00:49:04quand on est avocat
00:49:05même si on dit
00:49:06qu'on a un égo surdimensionné
00:49:07il n'y a pas beaucoup de dossiers
00:49:09où on se dit
00:49:09c'était pas possible
00:49:12que ce soit quelqu'un d'autre
00:49:13qui fasse ça
00:49:13en réalité
00:49:15oui il y a plein d'autres avocats
00:49:16qui auraient pu
00:49:17défendre
00:49:19ces histoires-là
00:49:20et ces personnes-là
00:49:21et puis il y a
00:49:22deux ou trois dossiers
00:49:23dans une vie d'avocat
00:49:24où on se dit
00:49:24là c'est parce que c'était moi
00:49:26parce que
00:49:27et l'école en bateau
00:49:28c'est parce que c'était vous ?
00:49:29vraiment
00:49:29et c'est des dossiers
00:49:31dont juste
00:49:32simplement on est fier
00:49:33parce qu'on sait
00:49:34que personne
00:49:35et d'ailleurs
00:49:36le dossier démarre
00:49:37alors qu'il a déjà démarré
00:49:39plusieurs années avant
00:49:40et que personne s'en est occupé
00:49:41il faut le rappeler peut-être
00:49:42et là on se dit
00:49:43que cette affaire
00:49:44d'une école alternative
00:49:46montée par
00:49:47Léonide Kamenev
00:49:48dans les années 70
00:49:50et qui était en réalité
00:49:51une manière
00:49:51d'éloigner des enfants
00:49:52de métropole
00:49:53de les emmener
00:49:54dans les Caraïbes
00:49:55au prétexte
00:49:56de les faire vivre nus
00:49:57sur un bateau
00:49:58et de leur faire faire autre chose
00:49:59que des tables de multiplication
00:50:00et bien
00:50:01c'était une manière
00:50:03d'assouvir
00:50:04des penchants pédophiles
00:50:07et ce dossier
00:50:08il était au point mort
00:50:09il était embarqué
00:50:11dans un marigot
00:50:12chez un juge d'instruction
00:50:13en Martinique
00:50:14et je l'ai pris
00:50:15à bras-le-corps
00:50:15j'ai noué des liens
00:50:17très très forts
00:50:17avec ces adultes
00:50:19qui étaient enfants
00:50:20au moment des faits
00:50:22et je continue
00:50:23à les voir
00:50:23j'en ai vu quelques-uns
00:50:24encore la semaine dernière
00:50:25et c'est un dossier
00:50:26qui marque
00:50:27véritablement
00:50:28alors Sidiba
00:50:28vous avez prêté serment
00:50:30en 2021
00:50:30vous me l'avez dit
00:50:31comme on traverse le feu
00:50:33ce que la robe exige
00:50:34alors l'écriture est fougueuse
00:50:36engagée
00:50:37très politique
00:50:38je dirais
00:50:38et vous vous opposez
00:50:39deux justices
00:50:40celle des gueux
00:50:41et celle des riches
00:50:42et on en a beaucoup discuté
00:50:43avec Dominique
00:50:45on n'est pas d'accord
00:50:45et on n'est pas d'accord
00:50:46très bien
00:50:47des bâtons
00:50:48des bâtons
00:50:49c'est l'objectif
00:50:50et c'est mon métier par ailleurs
00:50:51Pauline n'est pas d'accord
00:50:52avec vous
00:50:53moi je suis un peu d'accord
00:50:54avec vous
00:50:54mais plus maintenant
00:50:55oui à une époque
00:50:57oui à une époque
00:50:58ça existait
00:50:58quand on a fait nos premiers
00:50:59faits entrer l'accusé
00:51:00on avait souvent
00:51:02des gens qui nous disaient
00:51:03voilà
00:51:03dans des coins perdus
00:51:05de la France
00:51:05des mamans
00:51:06et bien ma fille a disparu
00:51:07je suis allé au commissariat
00:51:08ou à la gendarmerie
00:51:09on m'a dit
00:51:10faites voir une photo
00:51:10elle a 15 ans
00:51:12oh mais votre fille
00:51:13elle fait 18 ans
00:51:1419 ans
00:51:15ne vous inquiétez pas
00:51:16elle est partie
00:51:16on la retrouvera
00:51:17tout ça parce que
00:51:18c'était des petites gens
00:51:19quand on se dit petites
00:51:20c'est pas péjoratif
00:51:21et qu'on ne s'intéressait pas à eux
00:51:22qu'on se disait
00:51:23voilà
00:51:23et donc on retrouvait
00:51:25cette jeune fille
00:51:26deux trois jours après
00:51:27assassinée
00:51:28et on avait perdu du temps
00:51:30et c'est vrai qu'à cette époque là
00:51:31si ça avait été le fils
00:51:32d'un ministre
00:51:33qui avait disparu
00:51:33ou la fille d'un ministre
00:51:34ça aurait été beaucoup plus rapide
00:51:35j'ai l'impression qu'aujourd'hui
00:51:36moi
00:51:37ça ça a changé
00:51:38ou en tout cas
00:51:39c'est en train de changer
00:51:41vous voyez
00:51:42alors moi
00:51:43vous savez
00:51:44c'est très intéressant
00:51:45ce que vous dites
00:51:45c'est que tous les jours
00:51:46quand on est au tribunal
00:51:47à Paris
00:51:47on voit se juger
00:51:49justement des gens
00:51:50qui sont très modestes
00:51:52et qui
00:51:53vont très systématiquement
00:51:56en prison
00:51:56quand quatre étages plus bas
00:51:57on voit des personnalités
00:51:58politiques majeures
00:51:59qui vont en prison
00:52:00Nicolas Sarkozy
00:52:01est allé en prison
00:52:02il est allé en prison
00:52:0221 jours
00:52:03alors que
00:52:04il est allé quand même
00:52:05il est allé en prison
00:52:0521 jours
00:52:06alors qu'on voit
00:52:06des dizaines de personnes
00:52:08par jour
00:52:08pour un vol de téléphone
00:52:09portable
00:52:10qui vont passer
00:52:10quatre mois en prison
00:52:11il n'y a personne
00:52:12pour compter leur élégie
00:52:14sur les plateaux télé
00:52:15et par ailleurs
00:52:16et c'est intéressant
00:52:17je suis dans un dossier
00:52:18où on a un ancien président
00:52:19de la République
00:52:19qui s'est fait voler
00:52:20un iPad
00:52:21où on a eu
00:52:22immédiatement
00:52:23tous les moyens
00:52:24de la justice
00:52:25avec des géolocalisations
00:52:26des imsicatures
00:52:27pour trouver
00:52:27les fougueux voleurs
00:52:28de cet iPad
00:52:30qui par ailleurs
00:52:31valait absolument rien
00:52:31dans lequel il n'y avait
00:52:32aucune donnée sensible
00:52:33alors que vous
00:52:34monsieur et moi-même
00:52:35si j'ose pousser
00:52:36la porte d'un commissariat
00:52:37en disant que j'ai
00:52:38laissé ma porte ouverte
00:52:39et que quelqu'un
00:52:40est venu prendre un iPad
00:52:40je ne pense pas
00:52:41qu'on prenne ma plainte
00:52:41je ne pense même pas
00:52:42qu'on m'ouvre la porte
00:52:42du commissariat
00:52:43donc là
00:52:44c'est là moi que je dis
00:52:45que finalement
00:52:45on a une justice
00:52:46qui va à deux vitesses
00:52:47une justice en réalité
00:52:48pour les gens
00:52:48qui sont insérés
00:52:49une justice pour les gens
00:52:49qui vont bien
00:52:50qui savent bien parler
00:52:51et une justice
00:52:52pour les gens
00:52:52qui sont un peu plus modestes
00:52:54comment est-ce que vous avez
00:52:54apprécié le livre
00:52:55l'un de l'autre
00:52:56j'espère que vous avez lu
00:52:57chacun
00:52:58en miroir
00:52:59qu'est-ce que ça vous a inspiré
00:53:01les récits
00:53:01alors je ne peux plus dire
00:53:03Maître Morin
00:53:03écoutez moi
00:53:04Éric Morin
00:53:06il a exercé
00:53:07pendant 26 ans
00:53:08et moi j'ai prêté
00:53:09serment à 26 ans
00:53:09c'est vous dire
00:53:10ça c'est bien croisé
00:53:12ça c'est bien croisé
00:53:14ça c'est la fiche Wikipédia
00:53:15d'Éric Morin
00:53:15mais la vôtre
00:53:17deviendra comme ça
00:53:18écoutez je ne sais pas
00:53:19en tout cas j'espère
00:53:19mais en tout cas
00:53:20moi Éric Morin
00:53:20je le suis depuis
00:53:21que je suis étudiant
00:53:22et donc pouvoir lire
00:53:23en fait justement
00:53:24ce qu'il nous dit
00:53:25et tous ces récits
00:53:27d'excellents dossiers
00:53:28qui ont tous fait l'objet
00:53:29de fait entrer l'accusé
00:53:30que j'ai regardé
00:53:31avec beaucoup de gourmandises
00:53:32on est en fan zone là
00:53:34c'était pas le but
00:53:35exactement
00:53:36mais en somme
00:53:36on a un constat aussi
00:53:38qui est un peu le même
00:53:38c'est à dire qu'aujourd'hui
00:53:39on a une justice
00:53:40qui a évolué
00:53:40une justice qui malheureusement
00:53:42on le voit
00:53:42ne va pas dans le bon sens
00:53:43on court derrière les moyens
00:53:45on court derrière le temps
00:53:46on voit moins les personnes
00:53:47on voit plus les dossiers
00:53:48et on se fait moins juge
00:53:50que gestionnaire
00:53:51et en ce sens
00:53:52on a le même constat
00:53:53maintenant
00:53:53est-ce que la solution
00:53:55c'est de raccrocher la robe
00:53:56moi je pense qu'en tout cas
00:53:57dès lors qu'on est
00:53:58beaucoup trop pusé
00:53:59beaucoup trop
00:54:00moins efficace
00:54:02moins
00:54:02on va dire ouvert
00:54:04moins
00:54:04en fait en réalité
00:54:07on est moins
00:54:08dans la possibilité
00:54:10d'exercer
00:54:11notre plein exercice
00:54:12pour nos clients
00:54:13il faut partir
00:54:14et je pense que c'est là
00:54:15le choix
00:54:16qu'a fait Eric
00:54:16que je respecte
00:54:17et que peut-être
00:54:18je ferai d'ailleurs
00:54:18très certainement
00:54:19quand je n'aurai plus
00:54:20justement cette flamme
00:54:21c'est de laisser la place
00:54:23mais là pour l'instant
00:54:24on traverse un feu
00:54:24vous lavez la flamme
00:54:25on traverse
00:54:26et on est un peu brûlés
00:54:27donc qu'est-ce qui vous unit
00:54:29c'est sans doute
00:54:30l'amour du droit
00:54:31Eric
00:54:31vous raccrochez aussi
00:54:33parce que vous dénoncez
00:54:34une justice
00:54:35qui manque de moyens
00:54:35ça fait partie
00:54:37de la prise de décision
00:54:38de raccrocher la robe
00:54:39vous n'avez pas
00:54:40les moyens d'exercer
00:54:41comme vous le voulez
00:54:41oui c'est un constat
00:54:43qui est venu
00:54:44au fil du temps
00:54:45mais à un moment
00:54:45qui s'est vraiment
00:54:46imposé à moi
00:54:46c'est-à-dire que
00:54:47on nous demande
00:54:49nous avocats
00:54:50d'écoper le bateau justice
00:54:51qui prend l'eau
00:54:53de toutes parts
00:54:54oh c'est beau ça
00:54:54je ne sais pas
00:54:56si c'est beau
00:54:56mais en tout cas
00:54:56c'est vraiment
00:54:57c'est l'image
00:54:58que j'avais
00:55:00en me disant
00:55:01mais je ne suis pas là
00:55:02je n'ai pas fait avocat
00:55:02pour ça moi
00:55:03il y avait de l'eau
00:55:04dans la cale
00:55:04il y avait plus que dans la cale
00:55:06elle a atteint
00:55:07les étages bien supérieurs
00:55:09du bateau
00:55:09et moi je ne suis pas là
00:55:11pour ça
00:55:11et d'autres
00:55:12ne sont pas là pour ça
00:55:13je pense aux greffiers
00:55:15aux magistrats
00:55:16ils ne sont pas là pour ça
00:55:17et donc il y avait un moment
00:55:18où je me disais
00:55:20je perds un temps fou
00:55:22à aller chercher
00:55:23des éléments
00:55:25qui normalement
00:55:25doivent m'arriver
00:55:26spontanément
00:55:27sur mon bureau
00:55:28dans mon cabinet
00:55:28pas envoyer
00:55:30pas passer des heures
00:55:31et des heures
00:55:32ou envoyer des collaborateurs
00:55:33pour aller chercher
00:55:33des choses
00:55:34qui normalement
00:55:35spontanément
00:55:35doivent arriver
00:55:36et j'étais arrivé
00:55:38à un âge
00:55:39où je me suis dit
00:55:40qu'est-ce qui va se passer
00:55:40dans les 10-15 prochaines années
00:55:43merci Dominique
00:55:44n'ayez pas des obligés
00:55:44et où
00:55:47qu'est-ce qui va se passer
00:55:48dans les 10-15 prochaines années
00:55:49est-ce que ça va s'améliorer
00:55:50et la réponse était non
00:55:51alors je n'avais pas envie
00:55:52de passer
00:55:53les 10-15 prochaines années
00:55:54à continuer à écoper
00:55:56donc je me suis dit
00:55:56je pars
00:55:57Eric
00:55:57on va se permettre
00:55:58de s'appeler
00:55:59par nos prénoms
00:56:00Pauline
00:56:00puisqu'on est dans une émission
00:56:01intime du dimanche
00:56:03avec des passionnés
00:56:04qui nous écoutent
00:56:05je suis en train
00:56:06de regarder
00:56:06un petit truc
00:56:07que m'avait dit
00:56:08Gilles Portejoie
00:56:08que j'adore
00:56:09Gilles Jean Portejoie
00:56:10cher à notre cœur
00:56:12il m'a dit un jour
00:56:14il a eu cette phrase
00:56:14merveilleuse
00:56:15dites-moi si vous êtes d'accord
00:56:16j'ai des clients
00:56:17qui viennent me voir
00:56:18avec de quoi
00:56:19me donner du talent
00:56:20c'est beau ça
00:56:22est-ce que
00:56:23c'est dit
00:56:24est-ce que c'est l'affaire
00:56:25le dossier
00:56:26qui donne du talent
00:56:27à l'avocat
00:56:27j'ai tendance
00:56:29à être assez d'accord
00:56:29parce que c'est vrai
00:56:30qu'on a parfois
00:56:31des gens qui viennent
00:56:31pousser les portes
00:56:32de nos cabinets
00:56:33et qui en réalité
00:56:34nous imposent
00:56:36d'être meilleurs
00:56:37et d'être leurs avocats
00:56:38et on a certaines histoires
00:56:39pour lesquelles
00:56:40on a à peine besoin
00:56:41de lire le dossier
00:56:42je le fais à chaque fois
00:56:43mais on a à peine besoin
00:56:44c'est pas tant juridique
00:56:46c'est surtout raconter
00:56:46des histoires
00:56:47et quand on a quelqu'un
00:56:48qui nous touche
00:56:49et qui nous demande
00:56:50de le défendre
00:56:50on peut tout dire
00:56:52on peut tout faire
00:56:52on peut rugir en audience
00:56:54et on le fait
00:56:54c'est quoi le beau dossier ?
00:56:56le beau dossier
00:56:56le beau dossier
00:56:58pour moi c'est le dossier
00:56:58de la personne
00:56:59qui a besoin de nous
00:56:59c'est pas forcément
00:57:00le dossier avec
00:57:01c'est bien pour l'ego
00:57:03mais les caméras
00:57:03qui sont devant la salle d'audience
00:57:04les journalistes
00:57:06qui viennent chuchoter
00:57:06à notre oreille
00:57:07c'est le dossier
00:57:08pour lequel
00:57:09on peut avoir
00:57:09une influence
00:57:11pour lequel on peut
00:57:12avoir une bonne décision
00:57:13et dès lors qu'on l'a
00:57:14là on a une espèce
00:57:15de shot de dopamine
00:57:18qui est absolument merveilleux
00:57:19déjà pour nous
00:57:19et ensuite pour notre client
00:57:20vous avez des mentors
00:57:22pardon
00:57:22vous avez des modèles
00:57:23je vous laisse pas parler
00:57:24aujourd'hui
00:57:24vous avez vu Paul ?
00:57:25vous voulez ma place ?
00:57:27non
00:57:27surtout pas
00:57:28vous allez pas dire Eric Morin
00:57:30parce que ça
00:57:30on va pas vous croire
00:57:32et pourtant c'est Eric Morin
00:57:33mais pas que
00:57:35mais pas que
00:57:35alors dites-moi
00:57:37vos modèles
00:57:37parce que Eric Morin
00:57:38il a été formé
00:57:39chez Maître Varro
00:57:40tout au long de ces récits
00:57:42on comprend les influences
00:57:43il y a ce premier chapitre
00:57:45où vous vous rendez hommage
00:57:46sur le modèle de
00:57:47je me souviens
00:57:48vous
00:57:48qui vous guide
00:57:50qui vous éclaire ?
00:57:52alors moi
00:57:53dans un premier temps
00:57:53si je devais nommer
00:57:54des avocats
00:57:55immédiatement
00:57:55viennent à mon esprit
00:57:56Jacques Verger
00:57:57c'est J.T.L. Halimi
00:57:58parce que c'était
00:57:58des combattants
00:58:00extraordinaires
00:58:01aussi bien en dehors
00:58:02exactement
00:58:02fougueux
00:58:03dans et en dehors
00:58:04du prétoire
00:58:04mais après selon moi
00:58:06les mentors
00:58:06ils sont un peu partout
00:58:07je vais pas me concentrer
00:58:08sur une personne en particulier
00:58:09mais je vais regarder
00:58:10en réalité un peu tout
00:58:11c'est-à-dire que
00:58:11la façon de plaider
00:58:14d'un confrère
00:58:14ou d'une consoeur
00:58:15la façon de poser
00:58:16des questions
00:58:16d'un magistrat
00:58:17la façon
00:58:18d'écouter
00:58:20par exemple
00:58:20parfois d'un policier
00:58:21d'un enquêteur de police
00:58:22partout
00:58:22en fait il faut juste
00:58:23être ouvert
00:58:24être absolument
00:58:24à l'écoute
00:58:25de toute
00:58:26la polyphonie
00:58:27d'influence
00:58:27autour de nous
00:58:28qui ensuite
00:58:29nous permettent
00:58:29de devenir
00:58:30meilleur avocat
00:58:30de jour en jour
00:58:31Est-ce que pour devenir
00:58:32un grand avocat
00:58:33il faut être un avocat
00:58:34médiatique
00:58:34Eric ?
00:58:36C'était une question
00:58:38du concours
00:58:39de la conférence
00:58:39quand je l'ai reçu
00:58:41la première fois
00:58:41La berrière ?
00:58:44En tout cas
00:58:44oui c'était une question
00:58:45de la conférence berrière
00:58:46mais c'est drôle
00:58:47Je jure que je ne le savais pas
00:58:48Je sais
00:58:49et c'est une bonne question
00:58:51parce que
00:58:51je suis d'accord
00:58:53avec Sedi
00:58:54le beau dossier
00:58:56c'est celui
00:58:56où on se sent utile
00:58:57il y a plein de dossiers
00:58:58parce que c'est comme ça
00:59:00et parce que l'institution
00:59:01est comme ça
00:59:02parce que le fonctionnement
00:59:03de la justice
00:59:03c'est comme ça
00:59:03vous pourrez mettre
00:59:04toute la bonne volonté
00:59:06et même l'énergie
00:59:07que vous voudrez
00:59:07vous ne vous sentirez pas utile
00:59:08pour un tas de raisons
00:59:09pour le temps judiciaire
00:59:11pour le temps
00:59:13que le magistrat
00:59:14va y consacrer
00:59:15pour un tas de choses
00:59:16Donc le beau dossier
00:59:17c'est le dossier utile
00:59:18et puis après
00:59:19c'est vrai que la médiatisation
00:59:20d'abord
00:59:21moi je l'ai toujours
00:59:22utilisé
00:59:24à dessein
00:59:26uniquement dans l'intérêt
00:59:27du client
00:59:27et du dossier
00:59:28ce n'est pas pour faire plaisir
00:59:29à ma maman
00:59:30et avec les caméras
00:59:31c'est parce qu'à un moment
00:59:32soit il y avait
00:59:33une situation de blocage
00:59:34soit il y avait
00:59:35un message
00:59:35peut-être au-delà
00:59:37du dossier
00:59:38peut-être social
00:59:38à faire passer
00:59:39et à ce moment-là
00:59:40on utilise
00:59:40et puis ça forme
00:59:41mine de rien
00:59:42parce que ça vous oblige
00:59:43et on est là
00:59:43sur ce plateau
00:59:44mais ça vous oblige
00:59:45à vous ramasser
00:59:46intellectuellement
00:59:47et d'être peut-être
00:59:48un peu plus percutant
00:59:49donc en réalité
00:59:50au fil
00:59:51et effectivement
00:59:52j'ai été formé
00:59:53à ces dossiers-là
00:59:54aussi par Jean-Marc Varraud
00:59:55et par d'autres
00:59:56et les je me souviens
00:59:58du début pour moi
00:59:58sont très importants
00:59:59mais ce que dit
01:00:00c'est dit aussi
01:00:01est très vrai
01:00:02c'est-à-dire qu'il m'est déjà arrivé
01:00:04d'être dans des salles d'audience
01:00:05et d'entendre un confrère
01:00:06totalement inconnu
01:00:07qui est là
01:00:08et qui va avoir
01:00:09une sorte de magie du verbe
01:00:11c'est beau
01:00:11mais bien sûr que c'est beau
01:00:13et c'est formidable
01:00:14et d'ailleurs
01:00:15on échange nos cartes
01:00:17on est là
01:00:19il y a parfois
01:00:19des magies d'audience
01:00:21et elles peuvent être
01:00:22issues de personnes
01:00:24moins médiatiques
01:00:25et est-ce que ce magicien
01:00:26d'audience
01:00:26qui a trouvé les mots
01:00:27qui a eu une formule extraordinaire
01:00:29il peut repartir
01:00:30dans l'anonymat
01:00:31et on n'en entendra pas parler
01:00:33parce qu'il va rester
01:00:34un avocat
01:00:35qui ne sera pas
01:00:35un avocat médiatique
01:00:36oui ou non ?
01:00:37alors oui
01:00:37pardon pour le...
01:00:38oui oui bien sûr
01:00:39et puis vous avez
01:00:40quelques météorites médiatiques
01:00:44pépites vous avez dit ?
01:00:45oui j'allais dire pépites
01:00:46mais en fait c'était météorites
01:00:47pas pépites
01:00:48qui apparaissent tout d'un coup
01:00:50et dont tout le monde se dit
01:00:51c'est formidable
01:00:52et puis après
01:00:52dont on n'entend plus parler
01:00:54j'en pense à certains
01:00:57mais je garderai cette liste pour vous
01:00:58Cédiba
01:00:59vous n'êtes pas tendre
01:01:00avec les magistrats
01:01:01dans votre livre
01:01:01pourquoi ?
01:01:03parce que vous savez
01:01:05moi j'estime que juger
01:01:06est une chose magnifique
01:01:08moi personnellement
01:01:09je ne m'en sentirais pas capable
01:01:10le fait de pouvoir uniquement
01:01:11ça tombe bien
01:01:12c'est pas votre métier
01:01:12c'est pas mon métier
01:01:13heureusement
01:01:13parce que le fait de
01:01:14simplement par ma parole
01:01:16dire que quelqu'un
01:01:17va être enfermé
01:01:18pendant 5 ans
01:01:18pendant 10 ans
01:01:19pendant 20 ans
01:01:19je trouve personnellement
01:01:20que c'est beaucoup trop
01:01:22c'est beaucoup trop
01:01:23et j'estime
01:01:25au regard de ce qui se passe
01:01:26aujourd'hui dans les juridictions
01:01:27qu'on est moins en réalité
01:01:28dans cette un peu
01:01:29belle image de la justice
01:01:31c'est-à-dire qu'un peu
01:01:31peser sous peser les âmes
01:01:33pour faire devenir
01:01:34quelque chose de meilleur
01:01:34on est plus dans une gestion
01:01:37voilà
01:01:37aujourd'hui un juge d'instruction
01:01:38à Paris par exemple
01:01:39il a une centaine de dossiers
01:01:40à son cabinet
01:01:41avec beaucoup plus de détenus
01:01:42ça fait 3 jours par dossier
01:01:43par an
01:01:43c'est impossible de bien
01:01:45travailler comme ça en fait
01:01:46donc en réalité
01:01:47on a des objectifs chiffrés
01:01:48il faut rentrer les dossiers
01:01:48il faut sortir des dossiers
01:01:49et quand on pense comme ça
01:01:50en fait on oublie un peu
01:01:51les personnes
01:01:52derrière ces objectifs-là
01:01:53et en ce sens
01:01:54je considère que
01:01:56l'honneur
01:01:57et c'est l'honneur
01:01:58de la magistrature
01:01:58d'être un beau
01:01:59on va dire
01:02:01une belle partie
01:02:02de nos services publics
01:02:03du fonctionnaire
01:02:04et en ce sens
01:02:06ce sont de très bons fonctionnaires
01:02:07mais en tout cas
01:02:08en tant que juge
01:02:09je suis un peu déçu
01:02:10vous racontez un truc
01:02:11dans votre livre
01:02:12qui est assez incroyable
01:02:14vous dites
01:02:14j'arrive à l'audience
01:02:15je défends une
01:02:16sud-américaine
01:02:17Fabiola
01:02:18c'est ça les sud-américaines
01:02:19qui transportait de la drogue
01:02:21de la cocaïne
01:02:22et je croise une mule
01:02:23et je croise un confrère
01:02:25qui me dit
01:02:25un kilo
01:02:26un an
01:02:26elle a 4 kilos
01:02:28combien elle a ta cliente
01:02:294 kilos
01:02:30elle va prendre 4 ans
01:02:30et là vous racontez
01:02:31vous déroulez l'histoire
01:02:32et vous dites
01:02:33elle a pris 4 ans
01:02:34exactement
01:02:34en fait c'est un dossier
01:02:35c'est un peu justement
01:02:36des espèces de
01:02:38jurisprudence locale
01:02:40on sait qu'aujourd'hui
01:02:41il y a des tribunaux
01:02:42là je parle de Bobigny
01:02:42quand il y a une mule
01:02:44qui arrive avec
01:02:45un certain kilo de stupéfiants
01:02:46c'est le nombre d'années
01:02:47qui correspond
01:02:47on m'a dit
01:02:48un kilo un an
01:02:49moi j'ai plaidé
01:02:49comme un diable
01:02:50j'ai essayé d'expliquer
01:02:51son histoire
01:02:52pourquoi elle a fait
01:02:53ce choix là
01:02:55finalement délibéré
01:02:565 minutes au total
01:02:58et on me dit
01:02:59elle a pris 4 ans
01:03:01sans d'autres formes
01:03:02en réalité de procès
01:03:03et vous dites
01:03:03vous avez une belle formule
01:03:04vous dites
01:03:04elle n'est pas quand même
01:03:05responsable
01:03:06de tout le trafic
01:03:08de cocaïne en France
01:03:09et des malades
01:03:10de la cocaïne
01:03:11et des malades
01:03:11de la drogue
01:03:12mais bien sûr
01:03:12elle prend quand même
01:03:14elle prend quand même
01:03:15parce que en réalité
01:03:15les gens qui organisent
01:03:16elle doit prendre
01:03:17c'est normal
01:03:17bah oui
01:03:17elle doit prendre
01:03:18mais en réalité
01:03:18la peine
01:03:19elle doit être réfléchie
01:03:20en fonction de la personne
01:03:20et les personnes
01:03:21qui justement
01:03:22sont celles
01:03:22qui sont à l'initiative
01:03:24elles ne sont pas toujours
01:03:25prises dans les mailles
01:03:26du filet
01:03:26et parfois même
01:03:26elles sont dans la salle
01:03:27quand la mule se fait juger
01:03:28donc on se pose
01:03:29la question en réalité
01:03:30de l'utilité
01:03:31d'être aussi dur
01:03:32envers ces personnes là
01:03:34et ça ça se passe
01:03:35à Bobigny
01:03:36dans votre jargon
01:03:37c'est Bob
01:03:37Bob c'est
01:03:39et Bob c'est un tribunal
01:03:41comment ?
01:03:41Sévère ?
01:03:42Bob déjà c'est un tribunal
01:03:43ça cogne fort
01:03:44on appelle Bob
01:03:44voilà
01:03:45à Bob, à Bobigny
01:03:46c'est déjà un tribunal
01:03:47qui est en mauvais état
01:03:48c'est à dire qu'il faut
01:03:48descendre au dépôt
01:03:50pour sentir
01:03:51tout ce que
01:03:52on va dire
01:03:52notre corps humain
01:03:53est capable de produire
01:03:54en termes d'effluves
01:03:55donc c'est extrêmement problématique
01:03:57puis surtout
01:03:58c'est un tribunal
01:03:59on voit une criminalité
01:04:00qui est une délinquance
01:04:02qui est très diverse
01:04:03donc est-ce que
01:04:04c'est le plus répressif ?
01:04:05Je ne sais pas
01:04:05moi je préfère
01:04:06dans certaines affaires
01:04:07être plutôt à Bobigny
01:04:08qu'à Versailles
01:04:08Eric Morin
01:04:09un mot pour votre confrère
01:04:10qui démarre
01:04:11pour clôturer cette émission
01:04:12donnez-lui de l'élan
01:04:13donnez-lui de l'envol
01:04:14qu'est-ce que vous lui conseilleriez ?
01:04:16Passage de relais
01:04:17j'ai beaucoup aimé son livre
01:04:18il n'est pas excessif
01:04:20il a
01:04:20il a la foule
01:04:22de celui qui vient
01:04:23de commencer une course
01:04:24au moment où moi
01:04:25je la terminais
01:04:26et on sait tous
01:04:27qu'à la fin
01:04:27on est un petit peu
01:04:28plus essoufflés
01:04:29qu'au début
01:04:29pour rebondir
01:04:32sur la question
01:04:33de Dominique Rizet
01:04:34et la vôtre
01:04:36moi j'ai beaucoup aimé
01:04:38beaucoup de magistrats
01:04:40et je leur rends hommage
01:04:42et c'est peut-être
01:04:43la seule micro-critique
01:04:45de son livre
01:04:45c'est que même
01:04:45quand il rend hommage
01:04:46à des greffiers
01:04:47à des policiers
01:04:48il n'y a pas
01:04:49il n'y a pas les magistrats
01:04:50moi j'ai rencontré
01:04:51des magistrats formidables
01:04:52c'est un peu comme
01:04:52si on parlait que
01:04:53des trains
01:04:53qui n'arrivent pas à l'heure
01:04:54je suis arrivé de Touraine
01:04:57mon train a été à l'heure
01:04:58et j'en suis heureux
01:04:59et je crois qu'il faut
01:05:01parce qu'on est embarqué
01:05:03dans ce bateau
01:05:04et je continue
01:05:04avec la même image
01:05:05il faut aimer aussi
01:05:07ces magistrats
01:05:07parce que
01:05:08un on n'a pas le choix
01:05:10il faut jouer avec eux
01:05:11deux une carrière d'avocat
01:05:12elle est longue
01:05:13et donc on les retrouve
01:05:14et on ne les retrouve pas
01:05:15qu'à Paris
01:05:16on peut aller
01:05:16un jour
01:05:17je suis allé plaider
01:05:18à Mayotte
01:05:18à Mamoudzou
01:05:19et j'ai retrouvé
01:05:19un juge d'instruction
01:05:20que j'ai connu
01:05:21quand j'étais secrétaire
01:05:21de la conférence
01:05:22donc la vie d'un avocat
01:05:23elle est longue
01:05:24et on ne peut pas toujours
01:05:25se les cogner face à face
01:05:26parce que ça ne marche pas
01:05:28et ce n'est pas comme ça
01:05:29oubliatoirement
01:05:30qu'on a les meilleurs résultats
01:05:32donc il faut aimer aussi
01:05:33nos magistrats
01:05:33il faut surtout aimer nos clients
01:05:34et puis continuer à avoir
01:05:36ce feu qui le caractérise
01:05:38il faut aimer la justice
01:05:40merci à tous les deux
01:05:41merci d'avoir éclairé
01:05:42ceux qui veulent exercer
01:05:44ce beau métier
01:05:45peut-être que vous allez
01:05:45susciter des vocations
01:05:46aujourd'hui
01:05:47par votre énergie
01:05:48votre verbe
01:05:49vos aspirations
01:05:50merci Dominique
01:05:50de m'avoir accompagnée
01:05:51on se retrouve la semaine prochaine
01:05:53même endroit
01:05:53même heure
01:05:54sur BFM TV
01:05:54à dimanche prochain
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