- il y a 7 heures
Chaque week-end, l’émission pilotée par Dominique Rizet, consultant police/justice BFMTV, et Pauline Revenaz, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.
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00:04Générique
00:11Son visage figure dans les bases de données de toutes les polices du monde entier.
00:15Xavier Dupont de Ligonnès reste l'homme le plus recherché de France après maintenant 15 ans, depuis avril 2011,
00:21après ce quintuple meurtre de Nantes dans la maison familiale, là où ont été retrouvées enterrées sa femme Agnès,
00:26ses quatre enfants, Arthur, Thomas, Anne, Benoît et leurs cinq chiens.
00:31Voici mes invités que je suis ravie d'accueillir avec vous, Dominique Rizet, que je salue au passage.
00:36Et on se retrouve, quel bonheur !
00:37Quel bonheur !
00:38Gilles Gallou, ancien enquêteur à l'Office central de lutte contre la criminalité de la police judiciaire,
00:43vous êtes l'auteur de ce livre, Xavier Dupont de Ligonnès, un flic au cœur de l'enquête, c'est
00:48chez Max Millot.
00:49Philippe Créange à vos côtés, journaliste, rédacteur, en chef adjoint au Télégramme, auteur des Hantés, édition Robert Laffont.
00:55Voilà, j'ai l'impression d'être dans la grande librairie.
00:57Et puis Stéphane Goldenstein, avocat de Christine, la sœur de Xavier Dupont de Ligonnès.
01:02Merci à tous les trois messieurs d'être avec nous.
01:04Dans un instant, Gilles Gallou, vous allez nous raconter votre voyage aux Etats-Unis et cette piste américaine.
01:08Mais avant, pour replonger dans cette énigme criminelle, les éléments de l'enquête avec Pierre-Louis Bousset.
01:15Le 15 avril 2011, c'est à pied que Xavier Dupont de Ligonnès quitte cet hôtel du Var.
01:20Laissant derrière lui son véhicule, il s'évanouit dans la nature.
01:24Le dernier signe de vie laissé par celui qui est devenu l'un des hommes les plus recherchés de France.
01:30Une semaine plus tard, le 21 avril, l'épouse et les quatre enfants de Xavier Dupont de Ligonnès
01:35sont retrouvés morts sous la terrasse de la maison familiale à Nantes.
01:39Une exécution méthodique, par balle, dans la tête.
01:42Les deux labradors de la famille ont aussi été abattus et enterrés.
01:46Une maison de l'horreur, un quintuple homicide, dont le principal suspect reste introuvable.
01:51La poursuite de sa recherche et son témoignage sont évidemment essentiels
01:58pour déterminer précisément les causes de ces cinq morts.
02:03Ces dernières années, plusieurs personnes ont affirmé avoir aperçu Xavier Dupont de Ligonnès.
02:08Les autorités ont aussi multiplié les fouilles, monastères, couvents, cimetières en vain.
02:14En 2019, un homme est arrêté à l'aéroport de Glasgow en raison de ses empreintes génétiques.
02:19Là encore, fausse piste.
02:21Le dernier développement en date provient des États-Unis.
02:23Le bureau d'un shérif du Texas affirme que Xavier Dupont de Ligonnès y aurait été aperçu en 2020
02:28en compagnie d'un labrador et a lancé un appel à témoins.
02:34Aujourd'hui, tous ensemble, on ne va pas se poser la question de savoir si Xavier Dupont de Ligonnès est
02:38mort ou vivant.
02:39On va tous plancher, si vous le voulez bien, sur l'hypothèse qu'il est vivant.
02:42Gilles Gallou, vous avez été enquêteur à l'office central cybercrime de la PJ.
02:45Vous êtes parti aux États-Unis sur sa piste, sur ses traces.
02:49Qu'est-ce que ça a donné ?
02:51Vous avez commencé votre reportage en disant que le dernier signe de vie de Xavier Dupont de Ligonnès,
02:55c'est le 15 avril sur le parking de Rockbone-sur-Argence.
02:58C'est exactement ce que je cherche depuis presque deux ans maintenant, et c'est aussi l'objet de mon
03:02livre,
03:03de retrouver une trace de vie de Xavier Dupont de Ligonnès.
03:06Spoiler, est-ce que vous avez des traces aux États-Unis ?
03:09Alors, vous commencez par la fin de mon livre, mais effectivement, je me suis pas levé un matin en disant
03:14« Tiens, Xavier Dupont de Ligonnès est parti aux États-Unis ».
03:18Finalement, c'est lui-même qui le dit dans de nombreux de ses écrits.
03:21La piste américaine n'est pas du tout incohérente, au contraire.
03:25Dès les premières lettres, il dit qu'il part aux États-Unis.
03:27Est-ce que cette piste a été explorée ? Je ne sais pas.
03:30En tout cas, moi, j'ai décidé d'essayer de retrouver une trace de vie de Xavier Dupont de Ligonnès,
03:34d'abord en France, et finalement, de fil en aiguille,
03:37j'ai trouvé des éléments qui m'emmenaient au Texas,
03:40où je suis allé, où je suis revenu il y a quelques semaines.
03:43Et donc, j'ai exploré cette piste de personnes qui ont croisé le chemin de Xavier Dupont de Ligonnès
03:47et son meilleur ami Michel Rétif, et voilà.
03:51Dominique.
03:53Comment est-ce qu'il serait parti aux États-Unis, Gilles ?
03:55Dans votre livre, vous parlez des bateaux, de ce qui a été fait,
03:59les bateaux qui partaient de Saint-Nazaire.
04:01Sa dernière, dernier endroit où on le voit, c'est Rogue Brune sur Argent,
04:05le jour où il part du Formule 1.
04:08Et vous parlez ensuite des bateaux vers Saint-Nazaire.
04:10Comment est-ce qu'il serait allé de Rogue Brune à Saint-Nazaire ?
04:13Alors, en fait, je n'affirme rien.
04:15Dans mon livre, j'essaye de...
04:16D'abord, mon livre, il essaye de refermer un maximum de portes.
04:19Et les seules portes que je laisse ouvertes,
04:21c'est les hypothèses possibles de fuite.
04:25Donc, Saint-Nazaire en est une.
04:28Il y en a plusieurs.
04:29Donc, il y a l'aéroport, il y a plusieurs pistes de fuite possibles.
04:31Et donc, si vous me demandez clairement sur celle-ci, sur Saint-Nazaire,
04:34si vous regardez Rogue Brune sur Argent,
04:36cette ville est située exactement entre deux gares TGV,
04:40à 10 km à droite et 10 km à gauche du Rogue Brune sur Argent.
04:44Donc, il y avait la possibilité de prendre un TGV qui remontait sur Paris.
04:46Et Saint-Nazaire est desservie par une gare TGV.
04:49Donc, c'était une des façons de remonter,
04:52comme l'a fait John List,
04:53qui a laissé sa voiture garer devant l'aéroport de JFK.
04:56Ça, c'est aux Etats-Unis.
04:56On en parlera.
04:57Un cas criminel aux Etats-Unis,
04:59qui a peut-être, on ne le sait pas,
05:01inspiré Xavier Dupont-Ligonnès.
05:03Et dans votre livre, on découvre aussi
05:05l'ampleur, l'étendue des traces numériques qu'il laisse derrière lui.
05:08Vous parlez de 23 sites internet,
05:10vous épluchez tout, 47 pseudos,
05:12une vingtaine d'identifiants, 23 sites différents.
05:15Est-ce qu'il a brouillé les pistes ?
05:17Alors, je ne peux rien affirmer,
05:20mais vous parlez d'une masse énorme de données, c'est vrai.
05:24Mais si, finalement, on regarde la synthèse de toutes ces données,
05:27qu'est-ce qu'il reste de toutes ces données ?
05:28Il reste une lettre qui s'appelle « Lettre à ma Catherine ».
05:30Et finalement, cette lettre,
05:33si on regarde la chronologie des faits,
05:36Xavier Dupont-Ligonnès, qui était soi-disant dépressif,
05:40il a justement très méticuleusement supprimé
05:42des milliers de fichiers de ses serveurs, sauf un.
05:46Cette lettre à la Catherine,
05:47et c'est d'ailleurs le premier document que j'ai eu entre mes mains
05:49quand j'ai pris l'enquête.
05:50Dites-nous qui est Catherine.
05:51Catherine, c'est sa maîtresse.
05:54Et donc, je ne sais pas s'il a fait exprès d'oublier cette lettre.
05:58En tout cas, moi, c'est le premier élément que j'ai eu entre les mains
06:00quand j'ai pris l'enquête.
06:01Elle lui a prêté de l'argent ?
06:02Voilà.
06:02Et dans cette lettre, il y a cette phrase qui va résonner
06:04« Tu n'as plus qu'à patienter, car personne ne pourra me retrouver ».
06:08Alors, il y a en fait, il faut aller doucement,
06:10il y a cinq lettres qui sont, à mon avis, cruciales.
06:13Effectivement, cette lettre de ma Catherine qui est datée du 14 janvier 2010.
06:17Ensuite, il y a une lettre qui s'appelle « Disposition à prendre »,
06:20qui est une lettre qu'il a adressée à ses deux amis,
06:22Michel Rétif et Emmanuel Teneur.
06:25où, là encore, on sent qu'il parle de suicide ou, en tout cas, de fuite.
06:33Et ensuite, il y a la lettre « Coucou tout le monde » ou que tout le monde connaît
06:37et la dernière lettre que vous citez à sa maîtresse
06:41et la lettre à Michel Rétif que je cite dans mon livre.
06:43On va y revenir.
06:44Avec Sabina, on va essayer de retracer l'itinéraire de Xavier Dupont-Ligonnais
06:47pendant ce mois d'avril 2011.
06:49Sabina, tout démarre à Nantes dans la maison familiale.
06:53Oui, alors c'est ça, tout commence à Nantes.
06:55Le 7 avril 2011, Xavier Dupont-Ligonnais s'est aperçu au domicile familial
07:00transportant plusieurs sacs volumineux.
07:03Il quitte définitivement Nantes le 10 avril au matin et coupe son téléphone.
07:08Puis il commence sa cavale vers le sud dans la nuit du 11 au 12 avril.
07:12Xavier Dupont-Ligonnais passe par Toulouse.
07:14Il dort dans un hôtel de la ville.
07:17Et donc, les enquêteurs retrouvent sa trace grâce aux réservations
07:19et aux paiements effectués sur place.
07:21Dans la soirée et dans la nuit du 12 au 13,
07:24il est localisé au Pontet, dans le Vaucluse.
07:27Il dîne et passe la nuit dans une auberge 5 étoiles.
07:30Là encore, plusieurs éléments permettent de confirmer sa présence.
07:33Des témoignages, des paiements ou encore des images de vidéosurveillance.
07:37Enfin, dans la nuit du 14 au 15 avril 2011,
07:40il arrive dans le Var à Roquebrune-sur-Argent.
07:42Le 14 avril, regardez ces images.
07:45Il est filmé par une caméra de vidéosurveillance en train de retirer de l'argent.
07:51Puis, il séjourne dans un hôtel, Formule 1, où il sera filmé pour la dernière fois.
07:56Sa voiture est ensuite retrouvée abandonnée sur le parking de l'hôtel le 21 avril.
08:01C'est donc dans le Var que Xavier Dupont-de-Ligonnès est localisé pour la dernière fois.
08:06Après cette nuit du 14 au 15 avril 2011, il disparaît totalement.
08:10Merci beaucoup Sabina.
08:11Donc, la dernière trace visuelle de Xavier Dupont-de-Ligonnès,
08:14c'est Roquebrune-sur-Argent.
08:16Est-ce qu'il y a d'autres éléments, d'autres photos que l'on ne connaît pas,
08:20Maître Goldenstein, dans ce dossier par exemple ?
08:22Non, on connaît tout.
08:23On connaît tout.
08:24Même M. Gallou connaît la vérité.
08:25Il est parti aux Etats-Unis et il a même le billet d'avion qui a été découvert.
08:30Non, on ne connaît rien.
08:32La réalité, c'est que tout s'arrête le 15 avril.
08:34Alors, j'entends les Etats-Unis.
08:36Effectivement, il dit dans la lettre que tout le monde a pris pour une supercherie
08:39qu'il allait partir en Australie ou aux Etats-Unis.
08:42Mais en réalité, des investigations ont été réalisées.
08:45Je relisais récemment parce que ça me trottait dans la tête.
08:48En fait, il y a une personne qui a reconnu Xavier Dupont-de-Ligonnès en Floride, à Miami.
08:53Et donc, à l'époque, on s'activait sur toutes les pistes.
08:56Et en réalité, ils ont interrogé Interpol.
08:58Et Interpol a répondu qu'il n'y avait aucune trace de la famille de Ligonnès aux Etats-Unis.
09:03De la même manière, ils ont interrogé Air France pour vérifier si des vols étaient...
09:07Il y avait la famille de Ligonnès sur des vols au départ de Paris pour les Etats-Unis ou pour
09:12l'Australie.
09:12Rien du tout.
09:12Donc moi, je veux bien qu'on dise qu'il est en Australie, mais il peut être dans le détroit
09:15d'Hormuz.
09:16Mais il ne peut pas avoir fabriqué des faux papiers ? Pardon la question naïve.
09:19Il peut avoir voyagé sous notre identité ?
09:21Évidemment.
09:21Mais pourquoi plus aux Etats-Unis que parce qu'il y a été 15 ans auparavant
09:25et que sa femme a voulu revenir en France parce que les enfants n'avaient pas le vaccin ?
09:29Parce que pour une cavale, il faut, vous le savez, Dominique, mieux que moi,
09:32il faut de la logistique, il faut des relais, il faut de l'argent.
09:34Je vais vous retourner à la question.
09:36Mais pourquoi tuer tout le monde ? Pourquoi pas s'en aller ?
09:38Et les cartes d'identité, ce n'est pas aussi facile à falsifier maintenant
09:41que ça l'était autrefois, avant les cartes d'identité carton.
09:43Mais les cartes d'identité biométrique, ce qu'on nous a raconté sur l'Ecosse,
09:47ça n'a aucun sens.
09:48On ne peut pas falsifier une carte d'identité biométrique.
09:51Il faut être un agent secret, il faut être à la DGSE.
09:54Vous allez dans certains quartiers de Paris, vous en trouvez rapidement.
09:57Avec la biométrie ?
09:58Si on prend les photos du dossier, toutes les photos du dossier,
10:02la terrasse, cette histoire de gamelle qui a permis à l'enquêtrice
10:06de se rendre compte qu'elle était positionnée de manière suffisamment bizarre
10:09pour se dire qu'il fallait creuser sous cette terre-meuble.
10:12La vidéosurveillance de l'hôtel Formule 1, où il a un livre à la main,
10:16un livre, je crois, de Bernard Minier, si je me souviens bien.
10:19Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce qu'on peut décrypter ?
10:22Est-ce que ça veut dire que tout ça est savamment orchestré,
10:25selon vous, Gilles Gallou ?
10:28Dans mon livre, je fais beaucoup de choses conditionnelles,
10:30mais sur ce passage précis dont vous parlez de l'hôtel Formule 1,
10:35moi, je suis intimement convaincu que c'est une bise en scène.
10:38Pour montrer que Xavier Dupont-Léguenès part se suicider.
10:41C'est-à-dire qu'il y a une forme longue qui dépasse de sa sacoche
10:45que tout le monde prend pour une carabine.
10:47Moi, j'ai vu ces vidéos, je n'ai jamais eu l'impression
10:49que c'était forcément une carabine.
10:50Personne ne le sait si c'est une carabine.
10:51Ça, c'est vrai.
10:52Vous écrivez ce passage, ce regard furtif de Dupont-Léguenès
10:56gravé dans ma mémoire, au moment où il regarde cette caméra.
10:59J'ai dû le visionner des centaines de fois.
11:00Ce regard ne me quitte pas 15 ans après.
11:02J'ai toujours eu la conviction qu'à ce moment précis,
11:05Xavier jouait un rôle de son plan sous l'objectif de la caméra.
11:10Quel rôle ?
11:11Le même rôle qu'il a joué dans la maison à Nantes.
11:13C'est-à-dire que si vous prenez la description de la maison
11:15telle qu'elle a été découverte par les policiers,
11:17c'est une mise en scène.
11:18Tout est mis en scène.
11:19Même sous la terrasse, tout est mis en scène.
11:20N'allez surtout pas voir sous la terrasse.
11:23Je veux dire, les photos ont levé les cas.
11:24Tout est fléché quand on dit n'allez pas voir.
11:25C'est comme quand on dit aux enfants ne faites pas ça.
11:27Ils ont quand même mis 10 jours.
11:29Il a donc 10 jours d'avance.
11:31Philippe Réan, j'ai une question.
11:32Est-ce que votre voisin de table est hanté ?
11:35Parce que c'est le titre de votre livre.
11:37Il est hanté.
11:38J'aurais à la limite aimé la voir dans mon livre aussi,
11:40mais je ne savais pas qu'il venait en parallèle.
11:42Vous auriez pu rajouter un chapitre alors ?
11:43Complètement.
11:44Au moins, un témoignage.
11:46Pour en revenir sur la mise en scène,
11:47je suis assez d'accord.
11:49Tout donne l'impression qu'il y a eu une mise en scène,
11:51que ce soit dans sa maison du boulevard Schumann
11:53ou au niveau de l'hôtel Formule 1,
11:56Rockbone sur argent.
11:57Mais par qui a été organisée cette mise en scène ?
11:59Je tiens juste à rappeler,
12:00alors pardon, je ne peux pas me mettre à la place peut-être
12:02de Maître Goldenstein,
12:03mais Xavier Dupont-Digonès,
12:05il est présumé innocent aujourd'hui.
12:07Et rien ne démontre que c'est lui qui a organisé tout ça.
12:11Nous, on prend juste l'hypothèse qu'il est vivant.
12:12C'est ça.
12:13Mais il y a des éléments, évidemment, qui sont troublants,
12:16mais il y a aussi des zones d'ombre.
12:18Donc, il faut peut-être être prudent
12:20vis-à-vis de cette mise en scène-là.
12:21C'est vrai que je dois féliciter M. Créange
12:23parce qu'en fait, il a essayé de faire un travail assez objectif
12:26et de ne pas privilégier une hypothèse ou une autre hypothèse.
12:28Assez humain surtout, parce qu'à travers votre livre,
12:30on voit effectivement toutes ces personnes
12:31qui sont frappées par ce dossier.
12:34Moi, je ne voulais pas mener une enquête
12:36comme d'autres ont été menées,
12:37par Gilles Gallou, par beaucoup d'autres.
12:39Ce qui m'intéressait, c'était surtout
12:41une quête psychologique, finalement,
12:43à travers ces témoins qui, 15 ans après,
12:46ont totalement été habités par ce dossier.
12:48Et je voulais savoir comment ce dossier-là
12:50avait pu percuter leur propre vie.
12:52Alors, il y a cette dernière lettre de Michel Réti.
12:54Vous en parliez tout à l'heure, Gilles Gallou.
12:57Qu'est-ce qu'elle contient, cette lettre ?
12:59Je penserais bien à toi.
13:00On va le voir à l'écran.
13:02« Pas le droit de dire où, mais tu y es passé avec moi
13:04en novembre 1990.
13:06Indice à creuser, lol. »
13:08Qui peut me faire le sous-texte ?
13:10Vous ?
13:11Non, mais en fait, tout le monde a compris
13:12comment on peut imaginer un homme
13:14qui viendrait de tuer toute sa famille
13:16et qui écrit une phrase aussi légère
13:19et donnait un indice à creuser.
13:20Donc déjà, on est dans une enquête.
13:21C'est un cul et d'eau, quoi.
13:22Je veux dire, c'est incroyable, cette phrase.
13:26Et donc, moi, quand j'ai lu cette phrase,
13:28ça m'a interpellé et je me suis dit
13:29« Mais cet indice à creuser, il faut le trouver. »
13:31Et c'est cette piste-là qui m'a amené au Texas
13:33puisque finalement, l'indice à creuser
13:35dont parle Xavier Dupont-des-Ligonnès,
13:36c'est « Où étaient Xavier Dupont-des-Ligonnès
13:39et Michel Rétif en novembre 1990 ? »
13:41On peut rappeler Michel Rétif,
13:42l'un de ses meilleurs amis ?
13:43Oui, son meilleur ami.
13:44Avec Emmanuel Teneur.
13:45Et Emmanuel Teneur.
13:46Je voudrais vous poser deux questions.
13:48Est-ce que la police est passée
13:49à côté de quelque chose ?
13:51Laquelle ?
13:51Française ou américaine ?
13:52La police française, la PJ de Nantes.
13:55Est-ce qu'elle est passée
13:56à côté de quelque chose ?
13:57Est-ce qu'il y a des choses
13:57qu'elle n'a pas fait ?
13:59Première question.
14:00Je serais bien mal placé
14:01pour dire du mal de mes collègues
14:02puisque j'étais un des enquêteurs
14:04de l'époque,
14:04mais personne n'est parfait.
14:06On est sans doute passé à côté
14:07de ce qu'il y a.
14:07Surtout, vous avez du retard
14:09dès le départ.
14:09D'ailleurs, on a 15 ans de retard.
14:11Dix jours d'abord
14:11et puis après 15 ans.
14:12Six jours de retard.
14:14Moi, en tout cas,
14:15en ce qui me concerne,
14:15excusez-moi,
14:16je pense que moi,
14:17personnellement,
14:17je me suis enlisé
14:18dans cette piste mystique.
14:20Mais c'était Xavier lui-même
14:21qui nous a orientés
14:22dans cette piste
14:23en laissant un message
14:24sur le forum Cité Catholique
14:25qui nous laissait penser
14:27qu'il attendait une réponse
14:28ou en tout cas
14:29qu'il y avait un message codé.
14:30Et moi, j'ai perdu des mois
14:32dans ces messages catholiques.
14:33Ça, c'est vrai.
14:33Et c'était peut-être le but,
14:34dites-vous.
14:35Peut-être.
14:35Et deuxième question.
14:36Est-ce qu'il y a des personnes
14:37qui n'ont pas été entendues ?
14:40Des personnes proches de lui
14:40qui n'ont pas été entendues ?
14:41Qui seraient peut-être
14:42à l'étranger aujourd'hui ?
14:43Est-ce qu'il y en a ?
14:44Oui, bien sûr.
14:45Il y a des personnes,
14:46moi, aujourd'hui,
14:47que je ne peux pas vous dire ici,
14:49mais je suis certain
14:49qu'il y a des personnes
14:50très, très, très proches
14:51de Xavier.
14:52Notamment une
14:53dont Xavier parle.
14:55Son ancien petit ami ?
14:57Non.
14:58Dans sa lettre.
14:59Si vous regardez la lettre
15:00de Coucou tout le monde
15:00qui a été publiée partout,
15:02l'une des personnes
15:03dont Xavier parle
15:04dès le début de la lettre,
15:05c'est la personne
15:07qui m'a aidé
15:08à créer ma société
15:09aux Etats-Unis.
15:10C'est elle qui m'a mis
15:11en relation avec
15:11les services secrets.
15:12Je pense que c'est
15:13super intéressant.
15:15Elle a été identifiée,
15:16cette personne ?
15:17Cette personne existe,
15:18sans doute,
15:18mais je peux vous demander
15:20d'essayer de la trouver,
15:21vous allez vous casser
15:22les dents dessus
15:23parce que ce type-là
15:24est introuvable.
15:26Philippe Crianche,
15:26qui est le plus hanté
15:27de vos hantés
15:28dans votre livre ?
15:29Qui a été le plus traumatisé,
15:31si je puis dire,
15:32par ce dossier ?
15:33Ils sont nombreux,
15:34mais je crois que c'est
15:35le témoignage exclusif
15:37qui n'avait jamais été
15:39publié jusqu'alors,
15:40c'est celui de Bénédicte
15:42qui était une amie
15:43d'Agnès Dupont-de-Ligonnès.
15:46Elles habitaient à Pornic
15:48toutes les deux à l'époque,
15:49elles se voyaient régulièrement,
15:51elles échangeaient quotidiennement
15:53et cette femme,
15:55effectivement,
15:56est totalement hantée
15:57par cette affaire
15:58et elle ne s'en est pas remise.
16:00Donc,
16:01c'est le témoignage premier
16:03qui me vient à l'esprit
16:04quand vous posez
16:04cette question, bien sûr.
16:05Et Maître Goldenstein,
16:07votre cliente,
16:08la sœur de Xavier Dupont-de-Ligonnès,
16:09comment elle vit aujourd'hui ?
16:10Dans quel état d'esprit elle est ?
16:12Est-ce qu'elle...
16:13Cette hypothèse
16:14qu'il est vivant,
16:14elle y croit
16:15plus que fortement,
16:16mais j'imagine
16:18qu'elle nous regarde
16:18aujourd'hui ?
16:19Qu'est-ce qu'elle prend de tout ça ?
16:20Elle ne nous regarde pas forcément.
16:21Elle attend des synthèses
16:22de ma part,
16:23mais elle ne nous regarde pas
16:23parce qu'elle en a assez.
16:25Elle en a assez,
16:26elle vit avec ça
16:26depuis,
16:27on a rendu compte,
16:2715 ans,
16:28à devoir supporter
16:29de porter le nom
16:30Dupont-de-Ligonnès
16:31et à chaque fois
16:32qu'on pose des questions
16:33mais alors votre frère,
16:34il est où ?
16:35Il est mort ?
16:35Il est vivant ?
16:36Il a tué ?
16:36Il n'a pas tué ?
16:37C'est insupportable.
16:38Vous avez laissé un message
16:38juste avant l'émission
16:39qu'elle s'intéresse
16:40à ce que vous faites.
16:41Oui, tout à fait.
16:41Je préviens ma cliente
16:43quand je passe sur BFM
16:47et je lui demande
16:48s'il y a des explications
16:49à faire ou à donner.
16:50Là, elle m'a fait
16:51un raisonnement frappé
16:52au coin du bon sens,
16:53c'est de me dire
16:54mais c'est quoi
16:54cette histoire des Etats-Unis ?
16:55Est-ce qu'il a vraiment besoin
16:56de tuer tout le monde ?
16:57Je l'ai dit tout à l'heure
16:57mais je le répète.
16:58Est-ce qu'on a besoin
16:59de tuer tout le monde
16:59si on veut partir aux Etats-Unis ?
17:02Elle n'y croit pas du tout.
17:03Enfin, cette hypothèse-là.
17:04Et son mari conclua
17:05qu'il réapparaîtra
17:06quand il aura décidé
17:07de réapparaître
17:07mais personne ne le retrouvera.
17:09Je n'ai pas très bien compris
17:10la différence entre
17:10le retrouver et réapparaître.
17:12Il a dit ça quand ?
17:14Il a dit ça dans son livre.
17:15Dans son livre ?
17:16En fait, ils sont repartis
17:18à l'hypothèse première
17:19que la lettre
17:21qui a été communiquée
17:22à tout le monde
17:22et la vérité.
17:23Puisque de toute façon
17:24la vérité judiciaire
17:25ils n'y croient pas du tout.
17:26La vérité des uns et des autres
17:28en fait ils y prennent
17:29ce qui les intéresse.
17:31Et donc ils se disent
17:31après tout, pourquoi pas
17:32puisque nous on sait
17:33que Xavier n'a pas pu tuer
17:34tout le monde.
17:36Eh bien, il est aux Etats-Unis
17:37avec toute sa famille.
17:38C'est là-dessus
17:39qu'elle se raccroche.
17:41Et c'est vrai que c'est compliqué
17:42et c'est compliqué
17:43à la contredire.
17:46Merci.
17:46Merci à tous les trois
17:47d'avoir éclairé
17:47cette énigme criminelle.
17:48Je rappelle ses ouvrages passionnants.
17:50Celui de Gilles Gallou,
17:51il est là.
17:51Celui de Philippe Créantil,
17:52il est là.
17:52On peut faire comme si,
17:53on peut faire comme ça.
17:54Merci messieurs
17:55d'être venus ici.
17:56Et évidemment,
17:56vous êtes réinvités
17:57dès qu'on a de nouveaux développements.
17:59C'est un autre dossier
18:00qui nous passionne tout autant
18:01et qui n'a pas fini
18:02de livrer sa vérité.
18:03Il y a une garde à vue en cours.
18:04C'est un homme de 78 ans
18:06et une tentative d'incendie
18:07sur la maison
18:08des grands-parents
18:08d'Émile au Auvernais
18:09à l'endroit même
18:10où le petit garçon
18:11avait disparu
18:11il y a presque trois ans.
18:13Alors pour en parler,
18:14j'accueille mes invités
18:15qui sont en train
18:15de s'installer.
18:16C'est ce qui fait le charme
18:17de cette émission.
18:18Valentin Doyen,
18:19journaliste,
18:19c'est vous qui avez couvert
18:20avec Boris Karlamoff
18:22l'affaire pour BFM TV.
18:23Vous êtes l'auteur d'Émile.
18:24Le voici,
18:25votre livre,
18:25Les zones grises de l'antenne.
18:28Philippe Zdanevitch,
18:30journaliste,
18:30analyste,
18:31pardon,
18:31gendarme,
18:32analyste,
18:33colquette de l'association
18:34Indicea.
18:35Boris Karlamoff,
18:36vous êtes journaliste
18:37Pégide,
18:37BFM TV.
18:38C'est vous qui suivez
18:38ce dossier pour BFM TV.
18:40Et on va commencer,
18:40Boris,
18:40par ce qui se passe
18:41en ce moment.
18:42Cette garde à vue
18:43dont je parlais tout à l'heure
18:44qui est prolongée.
18:44Les dernières infos,
18:45qu'est-ce que vous pouvez nous dire ?
18:46Oui,
18:47il y a donc cet homme
18:47âgé de 78 ans
18:48qui a été interpellé
18:49hier matin à 6h
18:50dans un hôtel du Vernet
18:52puisqu'il est suspecté
18:54d'être l'auteur
18:55de plusieurs départs de feu
18:56autour de la maison secondaire
18:58du couple Védovini,
19:00les grands-parents d'Émile
19:00qui se situent dans ce hameau
19:01là-même
19:02où le petit garçon
19:03a disparu
19:03il y a bientôt 3 ans.
19:05Il avait une forte odeur d'essence
19:07sur place
19:07quand les sapeurs-pompiers
19:08sont arrivés.
19:09En réalité,
19:09c'est un jeune habitant
19:10du hameau
19:11qui a donné l'alerte
19:12et les enquêteurs
19:14se sont aperçus
19:14que cet homme
19:15qui est toujours en garde à vue
19:16il avait réservé
19:17la veille
19:18une chambre d'hôtel
19:19et qu'il s'était renseigné
19:21donc sur cette résidence secondaire.
19:23Selon les informations
19:24de BFM TV,
19:26il a pu échanger
19:26avec de nombreux habitants
19:27se faisant passer
19:28pour un journaliste
19:30néerlandais
19:31qui réalisait
19:32un reportage
19:33sur la baisse
19:34du tourisme
19:34depuis le début
19:35de l'affaire Émile.
19:37Il est inconnu
19:38des services
19:39de police
19:39et de justice,
19:40il est toujours
19:41en garde à vue
19:42et sa garde à vue,
19:43c'est une information
19:43de BFM TV,
19:44elle a été prolongée
19:45de 24 heures supplémentaires,
19:47des auditions
19:48qui sont en cours
19:49et d'autres investigations
19:50puisque l'on a appris
19:51ce matin
19:52que les gendarmes
19:53allaient désormais
19:53s'intéresser
19:54à la téléphonie
19:55de cette personne
19:56pour voir
19:56s'il y a des bornages
19:57dans les mois
19:58sur la période
19:59où le petit garçon
20:00a disparu.
20:02Plusieurs questions
20:03qui vont être posées
20:04à cet homme
20:05pour tenter
20:05de comprendre
20:06tout d'abord
20:06ses motivations,
20:07est-ce qu'il y a
20:07une vengeance personnelle
20:08ou s'il y a un lien
20:09ou non
20:10dans la disparition
20:11et la mort du petit ami.
20:12Quel intérêt
20:12de se faire passer
20:13pour un journaliste
20:14s'il veut,
20:14si cet homme
20:15de 78 ans
20:16veut incendier
20:16la maison,
20:17il va incendier
20:17la maison ?
20:19Pourquoi est-ce
20:19qu'il se montre
20:20avant dans tout le village
20:21en faisant croire
20:22qu'il est journaliste ?
20:22Ça c'est la question
20:23que je cherche
20:23à comprendre,
20:25c'est les réponses
20:25que cherchent
20:26à avoir
20:26les enquêteurs
20:27aujourd'hui.
20:27Pourquoi est-ce
20:27que ce monsieur
20:28a fait un véritable stratagème
20:30puisqu'on peut parler
20:31d'un stratagème ?
20:31Il est totalement extérieur
20:32à cette région du Auvergne
20:33puisqu'il est domicilié
20:34à Marseille.
20:35Son domicile par ailleurs,
20:36son domicile marseillais
20:37hier a été perquisitionné
20:39par les gendarmes
20:40en fin de journée.
20:41Il y avait donc
20:42une sorte de pré-méditation
20:43puisqu'il avait réservé
20:44cette chambre.
20:44Il a fait
20:46toutes les démarches
20:47entre guillemets
20:47pour avoir un maximum
20:48de renseignements
20:49sur cette maison
20:50et puis il s'est rendu
20:51sur place,
20:52du moins c'est ce que
20:52soupçonnent les enquêteurs
20:53pour tenter
20:54d'y mettre le feu.
20:55On ignore ses motivations
20:57à l'heure où l'on se parle.
20:58Alors, on va joindre
20:59l'avocate Maître Colombani,
21:01Isabelle Colombani,
21:01l'avocate du grand-père d'Émile.
21:03Bonjour Maître,
21:04merci d'être avec nous.
21:05Vous êtes montée hier
21:06avec votre client
21:07et sa femme au Auvergne
21:08à constater les dégâts.
21:10Une question simple,
21:11quel est l'état d'esprit
21:12du grand-père d'Émile
21:13et de la grand-mère d'Émile ?
21:16Oui, bonjour Madame Ravenes.
21:17Écoutez,
21:18vous comprendrez
21:19bien aisément
21:20qu'après le moment
21:21de stupeur,
21:22quand vous êtes revenu
21:23en pleine nuit
21:24par les gendarmes
21:25vous indiquant
21:25que votre résidence secondaire
21:27est en train de brûler,
21:28il y a l'inquiétude,
21:29l'inquiétude,
21:30la peur,
21:31une forme d'angoisse
21:32parce qu'ils se demandent
21:33s'ils sont en sécurité
21:36chez eux.
21:38Alors, ils ont certes
21:38fait équiper
21:39leur domicile personnel
21:41d'un système de surveillance
21:43mais cet incendie
21:45dans la résidence secondaire
21:47ravive bien de mauvais souvenirs
21:48et bien de douleurs.
21:49Mais qui peut leur en vouloir,
21:50pardon de cette question
21:52si ouverte,
21:52mais qui peut leur en vouloir
21:53aux grands-parents d'Émile ?
21:55– J'oserais vous répondre
21:56la France entière
21:58ou la moitié de la France.
22:00Tous ceux qui,
22:01depuis la sortie
22:03des gardes à vue
22:03d'Anne et Philippe Vellolini,
22:05pensent que le coupable
22:07est encore au sein
22:07de la famille.
22:08Tous ceux qui,
22:10derrière l'anonymat
22:11des réseaux sociaux
22:12ou de lettres anonymes,
22:13n'hésitent pas
22:14à les menacer de mort,
22:16n'hésitent pas
22:17à échafauder
22:18des hypothèses
22:20plus farfelues
22:21les unes que les autres
22:22pour les accuser.
22:24tous ces gens-là,
22:25c'est des gens
22:25qui peuvent leur en vouloir
22:27alors que vous le savez
22:28aussi bien que moi,
22:29l'enquête
22:30a vraiment
22:32passé au peigne fin
22:34toute leur vie,
22:35leur emploi du temps,
22:37leurs habitations.
22:38Et bien malgré tout,
22:39le soupçon
22:40peut pousser des gens
22:41à des actes
22:43qui sont
22:45irréfléchis.
22:45Enfin,
22:45irréfléchis,
22:46je vais peser mes mots
22:47parce que là,
22:48dans le cas d'espèce,
22:50la personne avait quand même
22:50bien prémédité son acte.
22:52– Alors,
22:53vous restez avec nous,
22:53Maître Colombani,
22:54Boris Carlamo,
22:55vous avez une réaction
22:57des grands-parents
22:58d'Émile
22:59qui nous est parvenu
23:00par BFM TV.
23:01– Oui, absolument,
23:01on sait que leur parole
23:02est rare,
23:03mais Anne et Philippe Vidovini
23:04ont tenu à adresser
23:05à BFM TV
23:05un message
23:06après cette tentative
23:07d'incendie.
23:08Aujourd'hui,
23:08disent-ils,
23:09nos enfants
23:10et nous-mêmes
23:10sommes en danger
23:11car après les gardes à vue,
23:13nous avons été broyés
23:14et jetés
23:15en pâture
23:15dans les médias
23:16et il restera toujours
23:17des personnes
23:19soucieuses
23:19de nous faire du mal.
23:20– C'est ce que dit
23:21effectivement
23:22les grands-parents d'Émile
23:23et Maître Colombani,
23:25vous restez avec nous.
23:26Valentin Doyen,
23:26quel statut
23:27ont-ils
23:29ces grands-parents
23:30aux yeux
23:30des enquêteurs
23:31et des magistrats ?
23:32– C'est la bonne question
23:33et c'est la question
23:34qu'il se pose
23:34et je pense
23:35que c'est la question
23:35que se pose
23:36Maître Colombani
23:36et son confrère
23:38Maître Pineli
23:38qui défend
23:39les intérêts
23:40d'Anne Vidovini.
23:41C'est-à-dire
23:41qu'ils n'arrivent pas
23:42à savoir,
23:42ils n'arrivent pas
23:43à savoir,
23:44même auprès
23:45des magistrats
23:46ou des enquêteurs,
23:48s'ils sont victimes
23:50dans cette affaire
23:51ou s'ils sont
23:52toujours suspects.
23:52Et d'ailleurs,
23:53je pense qu'on arrive
23:53au bout de quelque chose.
23:55Maître Colombani l'a dit,
23:56elle ne peut peut-être
23:56pas rentrer
23:56dans l'ensemble des détails
23:57mais il y a eu
23:59des objets
23:59qui ont été saisis
24:00en décembre dernier
24:01dans les résidences
24:02des grands-parents
24:04que ce soit
24:04à la Bouilladis
24:05ou que ce soit
24:05au Verney.
24:06Tout a été rendu.
24:08Rien n'a été placé
24:09sous scellé.
24:09Et donc,
24:10l'affaire a bientôt
24:10trois ans.
24:118 juillet 2026,
24:12ça fera trois ans
24:13jour pour jour
24:14que cet enfant
24:14a mystérieusement disparu
24:18falloir qu'il puisse avancer,
24:20se construire
24:21en étant pleinement
24:22partie civile
24:23ou toujours suspecté.
24:25Et c'est peut-être
24:25cette ambivalence
24:27qui aujourd'hui
24:28les met dans une difficulté
24:29et met également
24:30dans l'incertitude
24:31les millions de personnes
24:33qui s'intéressent
24:33à ce dossier.
24:34Pardon,
24:35j'entendais Maître Colombani
24:36qui nous parlait tout à l'heure
24:39et nous disait
24:39les grands-parents
24:40qui disent
24:41la phrase Caluboris
24:42qui ont été jetés
24:43en pâture par les médias.
24:44On a notre part
24:45de responsabilité,
24:46bien sûr,
24:46mais c'est vrai
24:47que quand même
24:47les enquêteurs
24:49reviennent toujours
24:51vers cette même piste
24:52de la famille.
24:53On est revenus
24:53pour les vélos,
24:54on est revenus
24:55pour le bac à fleurs
24:56devant la chapelle
24:58et on a l'impression
25:00quand même
25:00que les enquêteurs
25:01tournent toujours
25:02autour du grand-père
25:04de la grand-mère.
25:05Ce n'est pas seulement
25:05les médias
25:06qui font du grand-père
25:07et de la grand-mère
25:08les suspects.
25:10Alors,
25:11M. Rizé,
25:12déjà vous utilisez
25:14le mot
25:14« on »,
25:15« on »,
25:15c'est tout le monde
25:16et personne,
25:16alors peut-être
25:17que certains journalistes
25:19pensent qu'on tourne
25:20toujours autour
25:21de la famille.
25:22Je vais corriger
25:23ce que vous êtes
25:23en train de dire.
25:24En ce qui concerne
25:25la jardinière
25:26devant l'église,
25:27je ne vois pas
25:28en quoi ça pouvait
25:29concerner la famille.
25:30Ça a été vite
25:31écarté
25:32et en plus,
25:32cette jardinière
25:33ne nous appartenait pas.
25:34La famille
25:35m'est mis à cette église,
25:36c'est la qu'elle
25:36s'est recueillie,
25:37souvent.
25:39Comme dans toutes
25:40les églises
25:41et chapelles
25:42du village
25:42et d'ailleurs,
25:43M. Rizé,
25:44je crois que
25:45quand on se recueille,
25:46on se recueille
25:46dans des églises
25:48là où on vit
25:48ou là où on séjourne.
25:50En ce qui concerne
25:51les vélos,
25:52je sais effectivement
25:52que votre chaîne,
25:54il y a passé
25:55beaucoup de temps,
25:55je crois que j'avais vu
25:56presque 48 heures
25:57et je vous le dis
25:58très honnêtement,
25:59ça m'avait même
26:00un peu agacée.
26:01Surtout que lorsque
26:02les vélos ont été
26:03restitués,
26:04On a donné l'information,
26:05Maître Colombagne,
26:06on a donné l'information.
26:06Vous l'avez reléguée ?
26:07Tout à fait,
26:08je l'ai vu,
26:09mais le grand public,
26:11lui, ne comprend pas.
26:12Ce qu'il faut dire,
26:14c'est que si on avait trouvé
26:14quelque chose de suspect
26:16sur les vélos,
26:17on n'aurait pas pu
26:17les restituer
26:18parce que les vélos
26:19auraient été placés
26:20sous scellé judiciaire
26:22dans le cadre
26:22d'un éventuel procès.
26:24Ce qu'il faut dire aussi,
26:25M. Rizé,
26:26et vous le savez
26:27parce que je vous suis
26:28depuis des années
26:29sur les écrans,
26:30et vous connaissez
26:32trop bien la matière
26:33pour passer à côté de cela,
26:34vous savez que
26:35le domicile de grands-parents
26:36et les domiciles
26:37des grands-parents
26:38ont été fouillés,
26:39ont été perquisitionnés.
26:41Je ne vais pas aller plus loin
26:42parce que je suis tenu
26:43par le secret de l'instruction,
26:45mais même d'autres choses
26:46ont été effectuées
26:47et on sait très bien
26:49qu'il n'y a plus
26:50aucun doute
26:51sur ces objets
26:53qui ont été restitués
26:54sur leur domicile.
26:55Et moi,
26:56ce que j'ai dit
26:56à mes clients,
26:57j'ai dit heureusement
26:58que cet incendie
26:59n'est pas arrivé
27:01avant qu'on fasse
27:01toutes ces opérations
27:02chez vous
27:03parce qu'on aurait trouvé
27:04quelques personnes
27:06un petit peu chagrines
27:07qui auraient peut-être
27:09pu sous-entendre
27:10que c'est vous
27:10qui faisiez brûler
27:11votre habitation.
27:13Dieu merci,
27:14ça a été fait
27:15bien après,
27:16toutes les opérations
27:17avaient été effectuées
27:17par les enquêteurs
27:18et il n'y avait absolument
27:20plus rien à exploiter
27:21au domicile
27:22des grands-parents.
27:23Alors avançons ensemble,
27:24il y a des puces de volaille,
27:26il y a des excréments
27:27de chauve-souris
27:27qui ont été découverts
27:28sur les ossements
27:29et sur les vêtements
27:30du petit Émile.
27:31Qu'est-ce qu'on peut
27:32en déduire,
27:33Valentin Doyen ?
27:34Il y avait aussi
27:35une histoire de ficelle.
27:36Est-ce que vous pouvez
27:36nous rééclairer
27:37sur ce qui avait été retrouvé ?
27:38Ça, c'est ce qui a été retrouvé
27:40il y a plusieurs mois
27:41de cela.
27:41Mais on ne l'apprend
27:42qu'aujourd'hui.
27:42Mais on ne l'apprend
27:43qu'aujourd'hui.
27:44Ça veut donc dire
27:44que les enquêteurs
27:45ont ces éléments,
27:46puces de volaille,
27:47fiantes de chauve-souris,
27:48traces de ficelles agricoles,
27:50micro-fibres
27:50qui ont été décelées
27:51lors des analyses
27:52des restes de ce garçon.
27:54Donc, les enquêteurs,
27:55fort heureusement,
27:56ont six mois,
27:57voire huit mois d'avance
27:57sur nous.
27:58Ce que je peux vous dire,
27:58c'est qu'il y a
27:59des investigations
27:59qui ont été menées
28:00rapidement suite à l'obtention
28:03de ces informations.
28:04Et pour l'instant,
28:04ça ne permet pas
28:05de faire manifester la vérité.
28:07Alors, qu'est-ce qu'on peut
28:08en déduire ?
28:08Je pense finalement
28:09pas grand-chose.
28:10Est-ce que parce qu'on trouve
28:11de la ficelle agricole,
28:12c'est un agriculteur ?
28:13Non.
28:13Beaucoup de personnes
28:14au vernet
28:15utilisent cette ficelle
28:16sans être agriculteur.
28:17Est-ce que parce qu'on trouve
28:19une fiante de chauve-souris,
28:20on a forcément
28:20un nid de chauve-souris
28:21dans son grenier,
28:22dans sa grange
28:23ou dans son écurie ?
28:24Non.
28:24Parce que c'est encore
28:25un endroit fort heureusement
28:27préservé pour la biodiversité
28:29et il y a des chauve-souris
28:31qui se baladent,
28:31enfin qui volent
28:32au vernet
28:32comme au vernet.
28:34En revanche,
28:35ce qui est certain,
28:36c'est que ça oriente
28:37de nouveau les enquêteurs
28:38vers cette possibilité
28:39que la dépouille d'Émile
28:41a été cachée
28:42quelque part
28:43dans un endroit abrité.
28:44Mais ça,
28:44le procureur Blachon,
28:46il y a plus d'un an de cela
28:46à l'issue des gardes à vie,
28:47ne l'avait pas cachée.
28:49Donc finalement,
28:51est-ce que ça peut nous orienter
28:52vraiment vers quelque chose ?
28:53Je ne sais pas.
28:54Ce qui est certain,
28:54c'est que ça oriente
28:55très certainement
28:56les partis civils
28:56sur il existe
28:57d'autres possibilités
28:59que la famille.
29:00Il serait peut-être temps
29:01d'y mettre
29:02autant d'implication
29:03que ce qui a été mis sur la famille.
29:04Dans les autres pistes,
29:05Maître Colombani,
29:06est-ce qu'il reste
29:07des lieux
29:08qui n'ont pas été explorés
29:09selon vous ?
29:10Et lesquels ?
29:11Puisque je rappelle,
29:11vous avez déposé
29:12des demandes d'actes
29:14auprès des magistrats
29:14pour essayer
29:15de faire avancer
29:17le dossier
29:17et d'expliquer
29:18qu'il y avait peut-être
29:18des pistes
29:19qui n'avaient pas été
29:19suffisamment fouillées ?
29:22Alors oui,
29:23je peux vous dire oui,
29:24il reste des lieux
29:25qui n'ont pas été explorés.
29:27Bien évidemment,
29:28cette enquête
29:29a été colossale.
29:30Mais il faut faire
29:31la différence
29:32entre des visites
29:33domiciliaires,
29:34entre des habitations,
29:36des granges,
29:36des hangars
29:37qui ont pu être ouvertes
29:39pour faire des recherches
29:40particulières
29:41et notamment
29:41chercher un enfant
29:43qui était vivant
29:44dans les premiers jours
29:44de sa disparition.
29:46Et ensuite,
29:47les actes
29:48que nous avons demandés
29:49et permettez-moi
29:50bien évidemment
29:50de réserver
29:51aux magistrats instructeurs
29:53les lieux,
29:53je ne peux pas vous les donner
29:54à l'antenne,
29:55mais nous avons ciblé
29:56avec Maître Pinelli
29:57un certain nombre
29:59de bâtiments
29:59qui n'ont pas fait l'objet
30:01de perquisition,
30:03qui n'ont pas fait l'objet
30:04de prélèvements
30:05et qui présentent
30:06un intérêt
30:07au regard
30:08des conclusions
30:08d'expertise
30:09dont vous venez
30:10de faire état.
30:11Alors avec nous également
30:12le général Daoust
30:13qui est en direct
30:15avec nous,
30:16on le rappelle,
30:17directeur du centre
30:18de recherche
30:20ancien,
30:21pardon,
30:21le patron de l'IRCGN,
30:23l'institut de recherche
30:23criminelle.
30:24Le patron de l'IRCGN,
30:25voilà,
30:25je suis en train
30:25de m'y perdre.
30:26Merci d'être avec nous
30:27général Daoust.
30:29J'ai une question,
30:30il n'y a plus
30:30de 100 prélèvements
30:32ADN
30:32qui ont été réalisés
30:33ces dernières mois.
30:35Sur qui ?
30:36Pourquoi ?
30:36Et vous qui connaissez
30:37un peu les labos,
30:39quand peut-on attendre
30:40ces résultats
30:40et que peut-on finalement
30:42déduire de ce retour
30:44des prélèvements
30:44quand on les aura ?
30:45Alors les prélèvements,
30:47c'est ce qu'on appelle
30:49un prélèvement massif
30:50d'ADN
30:51sur une population donnée.
30:53La population,
30:54on sait que c'est
30:55la population du Haut-Vernay,
30:56plus tous les touristes
30:58qui ont été ciblés
31:00et identifiés
31:02pendant la période
31:03de la disparition
31:04du petit Émile.
31:06Donc ces prélèvements
31:07sont faits,
31:08il y en a plus
31:08d'une centaine.
31:09Une centaine de prélèvements,
31:11il faut 24 heures
31:13pour avoir les résultats
31:14de chaque personne.
31:16Mais la difficulté
31:18pour l'expert
31:19qui va devoir déterminer
31:22à qui ça correspond,
31:24c'est surtout
31:25à qui ça correspond
31:25avec le ou les ADN
31:27qui ont été retrouvés
31:29sur les restes d'Émile.
31:31Et on sait que ce sont
31:33des ADN partiels.
31:34C'est-à-dire qu'au lieu
31:36d'avoir un ADN,
31:37un profil complet
31:38qui est comparable
31:39en quelques secondes,
31:41eh bien un ADN partiel,
31:42ça peut demander
31:43plusieurs semaines
31:44pour essayer
31:45de le rapprocher.
31:47C'est-à-dire que,
31:48je vais vous donner
31:48un exemple,
31:50vous avez 15 chromosomes
31:52sur lesquels
31:53on va faire l'analyse.
31:56Sur chaque chromosome,
31:57on relève deux allèles,
31:59c'est-à-dire
32:02un code génétique
32:04de la maman
32:04et un code génétique
32:05du papa.
32:06Très bien,
32:06ça fait 30 possibilités
32:09de comparaison.
32:11Quand vous avez
32:11un ADN complet,
32:12on le voit tout de suite.
32:13Quand vous avez
32:14un ADN partiel
32:15qui porte, par exemple,
32:17sur seulement 10 allèles,
32:19eh bien 10 allèles,
32:20vous allez retrouver
32:21ces allèles en commun
32:22dans une partie
32:23de la population
32:24sans que vous puissiez dire
32:26qui est qui.
32:27Donc, pour traduire,
32:31ça va prendre quand même
32:31un certain nombre de temps,
32:33quelques semaines,
32:34voire quelques mois.
32:35Valentin Doyen,
32:35vous voulez rajouter
32:36quelque chose
32:36sur ces prélèvements ?
32:37Oui, on se focalise
32:39sur cette trace ADN étrangère
32:41qui a été retrouvée
32:42sur les vêtements
32:43du petit garçon.
32:44Or, ce qui intéresse
32:45le plus aujourd'hui
32:46les enquêteurs,
32:47et je vais vous faire
32:48une confidence
32:48dans un instant,
32:49c'est surtout ces ADN
32:50qui ont été découverts
32:51sur les enveloppes
32:52et les lettres anonymes
32:53qui ont été envoyées
32:53ces derniers mois
32:54aux grands-parents
32:55à la section de recherche
32:56de Marseille
32:57et aux magistrats.
32:5999,9% de ses courriers
33:00vont à la poubelle.
33:01Pour autant,
33:02il reste un faible pourcentage
33:03qui la intéresse.
33:05Il y a quelques semaines
33:06de cela, lors des prélèvements ADN,
33:07il y a eu une résidence secondaire
33:09du Haut-Vernay,
33:10je ne vais pas la citer,
33:11mais qui a été convoquée
33:12à Marseille,
33:12justement, pour donner son ADN.
33:14Et face à elle,
33:15elle avait le directeur d'enquête
33:17qui travaille depuis maintenant
33:19trois ans sur ce dossier,
33:21presque trois ans
33:21sur ce dossier.
33:22Et donc, ils ont échangé,
33:23elle ne comprenait pas
33:24pourquoi elle devait
33:24donner son ADN,
33:26mais elle y est allée
33:27parce qu'elle était convoquée.
33:29Et là, elle a demandé
33:30mais pourquoi ?
33:31Est-ce que c'est parce que
33:32vous pensez trouver
33:33le receleur ou la receleuse ?
33:35Et là, il lui a dit
33:36« Non, ça, ça nous intéresse,
33:37oui, mais il y a aussi
33:38ces lettres, ces courriers
33:39qui nous intéressent toujours.
33:40On aimerait bien un jour
33:41savoir qui envoie ces courriers
33:43avec des informations
33:45qui nous intéressent. »
33:45Mais il peut y avoir
33:45un ou plusieurs corbeaux,
33:46on est d'accord.
33:47Il peut y avoir
33:47un ou plusieurs corbeaux.
33:49Alors, moi, j'ai posé la question
33:50notamment au procureur
33:51Blachon-Judy,
33:52est-ce qu'on peut parler de corbeaux ?
33:53Il a dit non,
33:53puisque dans ces documents,
33:54il ne semble pas
33:55y avoir d'accusation.
33:57Ah, voilà.
33:57Il semble avoir
33:58des informations précises.
34:00Et peut-être que
34:00Maître Colombani,
34:01s'il est toujours avec nous,
34:02il pourrait nous éclairer là-dessus.
34:03Mais il semble
34:03qu'il y a des courriers
34:04qui sont très intéressants
34:06et qui ont mené
34:08à des investigations,
34:09notamment au cœur
34:10du hameau du Auvergne.
34:11Maître Colombani,
34:12vous pouvez nous éclairer ?
34:13Oui, alors effectivement,
34:15et là encore,
34:16pardonnez-moi,
34:16je ne peux pas tout vous dire,
34:18mais il y a différents types
34:19de courriers qui arrivent.
34:22Nous, les grands-parents,
34:23donc les épouvés d'Ovignan,
34:24reçoivent,
34:24on les transfère à la SR.
34:26Mais peut-être
34:27que les courriers
34:28les plus intéressants
34:29sont ceux que la SR de Marseille
34:31et la magistrate reçoivent.
34:33Parce que là,
34:34effectivement,
34:34dans ces courriers,
34:35comme M. Doyen vient
34:36de vous le dire,
34:37il y a des éléments précis
34:38qui sont donnés
34:40et non pas forcément
34:42que des menaces de mort,
34:44loin de là,
34:45mais des hypothèses.
34:46Des hypothèses sur la mort d'Émile,
34:48des hypothèses peut-être
34:49sur le lieu
34:50où il a pu être tué,
34:51où il a pu être enlevé,
34:53par qui il a pu être agressé.
34:56Et c'est sur ces hypothèses-là
34:58que les enquêteurs
34:59vont pouvoir travailler.
35:00Et effectivement,
35:02si on retrouve l'auteur
35:03de la lettre anonyme
35:04grâce à cette recherche ADN,
35:06ça pourra peut-être,
35:07on pourra envisager derrière
35:09un placement,
35:10pour le moins en audition libre,
35:12mais je pense même
35:13on garde à vue,
35:14pour savoir pourquoi,
35:15comment ces courriers
35:15ont été adressés.
35:17– Félix Dantievit,
35:18j'écoute ce que nous disait
35:19tout à l'heure Maître Colombani,
35:20qui nous disait,
35:20voilà, il y a des endroits
35:21qui n'ont pas été fouillés,
35:22qui n'ont pas été visités,
35:24qui sont encore inexploités
35:25par les enquêteurs.
35:26Vous êtes un ancien gendarme,
35:28on ne va pas poser la question
35:28à François Daoust,
35:29mais comment se fait-il
35:30que les gendarmes
35:31n'aient pas tout inspecté ?
35:32Ce n'est pas Paris,
35:34le Haut-Vernay.
35:34On a vite fait le tour
35:35des bâtiments, non ?
35:37– Normalement, oui.
35:38C'est la procédure
35:39qui veut,
35:40dans l'orientation
35:41de l'enquête,
35:41comment c'est donné,
35:42comment c'est dit,
35:43comment on avance.
35:44Alors, il est évident
35:45qu'on ne va pas négliger,
35:47mais on va plutôt
35:48s'orienter sur des possibilités,
35:50par exemple,
35:50où ont été stockés les vélos.
35:52Là, on va s'orienter maintenant,
35:53justement,
35:54sur les déchets
35:57des galinacées,
35:58par exemple.
35:58Tout ça,
35:58on va essayer de trouver
35:59un endroit
36:00où le petit Émile
36:02était entreposé.
36:04Ses ficelles
36:05auraient pu servir aussi
36:06pour recouvrir, etc.
36:07Mais il est évident
36:09qu'on ne peut pas
36:12tout perquisitionner
36:13et tout vérifier.
36:14Par contre,
36:14oui,
36:15il y a des endroits
36:15où il faut s'attacher
36:16plus que d'autres.
36:17– Il faut que ce soit
36:18dans un cadre légal,
36:19par ailleurs.
36:19– Aussi,
36:20parce qu'on ne peut pas…
36:21Il faut que…
36:21Tout dépend comment
36:22l'enquête s'oriente,
36:23comment la procédure…
36:24On va évidemment
36:25qu'on va négliger,
36:26non pas négliger,
36:27mais isoler à un coin
36:28et profiter à un autre.
36:29– Barnabé,
36:30notre chef d'édition,
36:31nous souffle à l'oreille.
36:32Est-ce que les gendarmes
36:32peuvent aller partout ?
36:34Par exemple,
36:35ça,
36:35au Vernet,
36:36Émile a disparu,
36:37ce que les gendarmes
36:37peuvent dire,
36:38on arrive,
36:39on ouvre les portes
36:39et on va fouiller partout.
36:41On ouvre les armoires,
36:42on cherche partout.
36:43Ils ont le droit de le faire ?
36:44– Ça rentre dans le code
36:45d'une perquisition.
36:46– Oui,
36:46donc il faut un cadre légal.
36:47– Il faut un cadre légal.
36:48– Quand il a disparu,
36:50est-ce qu'ils ont le droit
36:51d'aller ouvrir toutes les portes
36:52d'entrer chez les gens
36:53en disant
36:53un petit garçon a disparu,
36:55on va visiter votre maison ?
36:57– On rentre dans le code
36:57d'une visite domicilière,
36:59c'est-à-dire qu'on rentre
36:59pour voir,
37:00sans rien prendre,
37:01sans rien retourner.
37:02– Mais on fouille partout ?
37:03– Non, on fouille partout.
37:04On rentre, on regarde.
37:05Mais en aucun cas,
37:06si on commence à fouiller,
37:07ça devient une perquisition.
37:08– Donc on ne cherche pas vraiment, quoi.
37:10– On cherche avec les moyens d'enquête,
37:13on cherche quand on peut.
37:14– On cherche du regard.
37:15– Voilà,
37:15dans le système de recherche
37:17de personnes
37:17ou d'enfants disparus,
37:19oui,
37:20on essaye de cibler.
37:22– C'est inquiétant, non ?
37:23C'est pas inquiétant de voir
37:25ce qu'il se passe comme ça ?
37:25– Oui, mais le cadre légal,
37:27c'est important.
37:28Le droit de propriété est important.
37:30– Quand même.
37:30on ne peut pas faire n'importe quoi
37:32chez quelqu'un,
37:33il y a le…
37:35– Vous comprenez bien
37:35qu'on ne peut pas entendre
37:36cette réponse.
37:36Un petit garçon a disparu.
37:38Il a deux ans et demi,
37:38on le cherche dans un village.
37:40Et on ne peut pas avoir
37:41cette réponse.
37:42Il y a un cadre légal.
37:43– Mais non,
37:44on fouille partout,
37:45on le cherche, cet enfant.
37:46– Tout ce qui a été fait
37:47a été mis en œuvre.
37:48Les recherches,
37:49les battus,
37:50le génie…
37:50– À la France que non,
37:51puisque Maître Colombani
37:52nous dit que tout n'a pas été fouillé.
37:53– Parce qu'il y a d'autres pistes
37:55extérieures à la famille
37:56qu'elles, à son sens,
37:57devraient être explorées.
37:58Je regarde le sous-titre
37:59de votre livre,
38:00Valentin,
38:00les zones grises de l'enquête.
38:02Je me souviens
38:03qu'on a fait un podcast ensemble
38:04et que vous m'avez raconté
38:05qu'on s'était beaucoup,
38:06nous, focalisés sur ces chiens,
38:07vous savez,
38:08qui avaient pisté
38:09et qui avaient stoppé,
38:10qui avaient marqué l'arrêt
38:11devant le lavoir.
38:12Mais est-ce qu'il n'y a pas
38:13d'autres endroits ?
38:14Vous m'aviez évoqué également
38:15l'endroit d'une cabane
38:16où ce petit garçon aimait jouer.
38:17Alors, c'est ça aussi
38:18les autres lieux ?
38:20– Oui, entre autres.
38:21Mais moi, 20 mois
38:21après le début de cette affaire,
38:23alors que je travaillais dessus
38:24presque quotidiennement,
38:25j'ai appris que les chiens
38:25n'avaient pas marqué au lavoir.
38:27– Alors, ils se marquaient où ?
38:27– Ils ont marqué
38:28là où ils se sont
38:29le plus excités,
38:29c'est au niveau de cette cabane
38:30située au nord du Hameau,
38:31sur la crête,
38:32là où Émile s'était rendu le matin
38:33avec ses oncles et ses tantes,
38:35là où il aimait jouer.
38:36Et plusieurs témoins m'ont dit
38:37que c'est à cet endroit
38:38que les chiens étaient surexcités,
38:40qu'ils faisaient des bombes
38:41de plusieurs mètres
38:41et il n'y a rien d'étonnant à cela
38:42puisque tout le monde a déclaré
38:44que l'enfant s'y était rendu
38:45le matin pour en profiter.
38:48Mais pour autant,
38:49il y a quand même
38:49ces deux témoins oculaires
38:50qui voient l'enfant descendre
38:51en direction du lavoir
38:52et en direction du clapier.
38:53C'est pour ça qu'il y a
38:54un immense point d'interrogation
38:55et qu'il y a des zones grises
38:56encore près de trois ans
38:58après l'effet.
38:58Il n'y a que la moitié
38:59du crâne de cet enfant
39:00qui a été retrouvé.
39:01On ne sait toujours pas
39:02précisément où il s'est volatilisé,
39:04où il a été tué,
39:05où il a été caché.
39:07On ne connaît que l'endroit
39:08où la moitié d'un crâne
39:09et quelques vêtements
39:10ont été retrouvés.
39:11Il y aurait jusqu'à quatre biotopes.
39:12C'est ce que je dis dans l'histoire.
39:14Quatre biotopes avancés
39:15par les médecins et les experts.
39:18La seule chose dont on est sûr,
39:19c'est qu'il y a une intervention humaine
39:21que le corps du petit Émile
39:23n'a pas séjourné
39:25pendant tous ses mois
39:26à l'endroit où elle a retrouvé,
39:27que quelqu'un l'a pris
39:29là où il avait été entreposé,
39:31excusez-moi,
39:33pour transporter son corps
39:34à l'endroit où elle a retrouvé.
39:35On sait qu'il ne porte pas
39:36les vêtements qu'il portait
39:37le jour où il a disparu.
39:39Les lambeaux de vêtements ?
39:41Les vêtements retrouvés,
39:42ce sont les vêtements
39:42qui portent le jour où il a disparu.
39:44Oui, mais ils sont suffisamment pliés
39:45pour qu'on se dise
39:46qu'il n'a pas forcément
39:47été conservé dans ses vêtements.
39:48Et puis son T-shirt,
39:49l'analyse de son T-shirt
39:50prouve qu'il ne s'est pas décomposé dedans.
39:52Les vêtements qu'on retrouve sur lui,
39:53c'est quoi ?
39:53C'est les vêtements qu'il avait
39:54le jour où il a disparu ?
39:55Oui, c'est les vêtements
39:55qu'il avait le jour de sa disparition.
39:57Il n'y a pas de problème.
39:57Ils sont manquants.
39:58Il manque les chaussettes,
39:59il manque les lacets aux chaussures,
40:00il manque également le short,
40:01seule la culotte,
40:02son slip d'enfant,
40:04le T-shirt et les chaussures
40:05sans lacets ont été retrouvés.
40:07Et dans son T-shirt,
40:08il n'y a pas de décomposition.
40:09Ça veut dire qu'il lui a été retiré
40:11peu de temps avant sa mort
40:12ou après.
40:14Autre information
40:14que je donne en livre.
40:15Et qu'on lui a remis ?
40:16Qu'on l'a remis sans lui ensuite ?
40:17Non, on ne lui a pas forcément remis
40:19parce qu'il ne s'est pas
40:21décomposé dedans.
40:21Donc, il a été retiré.
40:23Lorsque Émile s'est décomposé,
40:25il n'avait plus son T-shirt sur lui.
40:26Il n'y a pas ces traces.
40:27Et puis, l'ADN des proches
40:29n'a pas été retrouvé non plus
40:30sur ce T-shirt,
40:31ce qui est très surprenant.
40:32J'ai pu échanger avec Anne Védovigny,
40:34la grand-mère, à ce sujet.
40:35Elle me dit qu'elle a manipulé
40:36son petit-fils,
40:37ne serait-ce que pour le mettre
40:38dans la boîte sur la veille,
40:38ne serait-ce que pour lui mettre
40:39la ceinture.
40:40Enfin, logique.
40:41Donc, il y a l'hypothèse
40:42que ce vêtement a peut-être
40:43été nettoyé pour enlever
40:44un maximum de traces.
40:46Alors, Général Daouz,
40:47vous êtes toujours avec nous
40:48avec tous ces éléments
40:49qu'on a mis un peu sur la table.
40:50Vers quoi on peut s'orienter
40:51vers la suite ?
40:51Est-ce que la science,
40:52je fais appel à votre côté scientifique,
40:55est-ce que la science
40:55va pouvoir nous aider
40:56dans cette enquête ?
40:57Est-ce qu'on ne saura jamais
40:58la vérité ?
40:58Alors que,
41:00comme le disait Valentin
41:01tout à l'heure,
41:01oui, les enquêteurs
41:03ont plusieurs mois d'avance
41:04par rapport à tout ce que
41:06le biotope et la biocénose,
41:08c'est-à-dire tout ce qui constitue
41:11cet écosystème
41:12et les différents écosystèmes
41:13du lieu où il y a eu le drame,
41:15du lieu où le corps
41:16a été caché,
41:17du lieu où le corps a été,
41:19enfin les restes ont été retrouvés,
41:21et bien leur permettent
41:22de s'orienter
41:23vers différents autres lieux,
41:27mais avec, bien sûr,
41:30la recherche plus élargie.
41:32On parlait des lettres anonymes
41:34tout à l'heure.
41:35Effectivement,
41:36c'est chercher une personne
41:39et un témoignage supplémentaire
41:41qui va orienter
41:42sur un des trois lieux,
41:44voire les trois,
41:45voire sur qui a pu
41:47interférer
41:48et créer ce drame.
41:50Donc,
41:50tout est ouvert
41:51actuellement.
41:53Je rassure quand même
41:54Dominique
41:55en disant
41:56on ne peut pas rentrer,
41:58on ne peut pas fouiller.
41:59Non, on ne peut pas fouiller,
42:00mais lors de la recherche
42:02des milles,
42:03avaient été ouverts
42:04les armoires,
42:05les congélateurs,
42:06les frigos,
42:07les caves
42:08et les greniers
42:08avec l'autorisation
42:10des personnes
42:11qui étaient à l'intérieur.
42:12donc on voit
42:13qu'on a quand même
42:15des capacités
42:16pour avancer
42:17et en tout cas,
42:19c'est la science là
42:20et c'est un point focal
42:21sur lequel s'appuient
42:23les enquêteurs.
42:24Merci beaucoup
42:24Général Daouz.
42:25Maître Colombani,
42:26même question,
42:27qu'est-ce qu'on peut souhaiter
42:27à vos clients
42:28et saura-t-on jamais
42:29puisque c'est une obsession,
42:31mais une saine obsession,
42:32qui a tué Émile ?
42:35Ce qu'on peut leur souhaiter,
42:36c'est effectivement
42:36que les enquêteurs
42:38arrivent à trouver la vérité
42:40parce qu'ils ont besoin
42:41tous de cette réponse
42:43et en premier,
42:43les parents d'Émile,
42:45en second,
42:46bien évidemment,
42:46les grands-parents
42:47et comme vous l'avez dit
42:48en début d'émission,
42:50il y aura toujours,
42:51tant qu'on n'aura pas
42:52cette réponse définitive,
42:54des gens plus ou moins
42:55mal intentionnés
42:56qui vont émettre
42:56des doutes,
42:57des théories
42:59vraiment
43:01qui sortent
43:02de n'importe où.
43:03Il faut les accuser,
43:04il faut les stigmatiser,
43:05il faut les montrer du droit
43:06et en plus,
43:08aujourd'hui,
43:08on les met en danger
43:09et je voulais vous remercier
43:11pour cette émission
43:12parce que j'espère
43:13que de l'entendre,
43:15ça va aussi calmer
43:16un petit peu
43:16les ardeurs
43:17de chacun,
43:19de beaucoup de personnes
43:19qui,
43:20notamment sur les réseaux sociaux,
43:22font preuve
43:23d'une violence inouïe.
43:24Merci à vous.
43:25Merci, Maître,
43:26d'avoir été avec nous.
43:27Valentin,
43:28doyen-vous rajouter quelque chose ?
43:29Oui,
43:29juste pour mettre
43:30un peu d'eau
43:31au moulin de Dominique
43:33quand même.
43:34À ma connaissance,
43:35la maison
43:36d'Anne et Philippe
43:37Védovini
43:37a été perquisitionnée
43:39pour la première fois
43:39en décembre dernier,
43:4128 mois
43:42après le début.
43:43Ce qui nous avait surpris
43:44parce qu'on s'était demandé
43:45s'il ne l'avait pas fait
43:47dans la foulée.
43:48Effectivement,
43:48non.
43:49On le rappelle,
43:49il y a trois vélos
43:50qui avaient été saisis.
43:51Et des outils.
43:51Les vélos et des outils.
43:53Les outils qui avaient permis
43:54aux grands-pères
43:55et aux oncles
43:56de travailler cette cabane
43:57et de construire le paddock.
43:59La plus grosse
44:00des perquisitions
44:01a été menée
44:0128 mois
44:02après le début
44:03de l'affaire.
44:03Donc,
44:04c'est logique aussi
44:05que les partis civils
44:06et que le grand public
44:07se posent des questions.
44:08Est-ce que tout a été fait ?
44:10Bien fait ?
44:10Est-ce que la vérité
44:12se manifestera ?
44:13Je l'espère.
44:14On retiendra.
44:15Merci à tous les trois
44:16d'être venus avec nous.
44:17On retiendra donc
44:18cette garde à vue extérieure
44:19à la famille Boris
44:20qui est toujours en cours
44:21dans la région
44:22à Barcelonette.
44:23C'est cinq départs de feu
44:25et l'attente
44:26des grands-parents
44:27comme tous les acteurs
44:28de ce dossier
44:29qui cherchent la vérité
44:30dans cette énigme criminelle.
44:33Je rappelle votre livre
44:34Valentin Doyen
44:35Émile
44:35Les zones grises
44:36de l'enquête
44:37publiée chez Fayard.
44:39Merci absolument
44:40d'être venus
44:41aujourd'hui avec nous.
44:42Merci à toi.
44:42Merci surtout Dominique
44:43de m'avoir accompagné.
44:44Je suis tellement content.
44:46Réal plaisir.
44:46Tellement content
44:46qu'on se retrouve.
44:47Et on ne va plus quitter.
44:49Ah non, ça non.
44:50Merci.
44:51La fin suivante
44:51c'est dimanche prochain.
44:52Vous avez maintenant
44:53rendez-vous avec l'actualité
44:54et avec Jérémy Brossard.
44:55Restez sur BFMTV.
44:56Merci à tous.
44:57Merci.
44:58Merci.
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