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  • il y a 13 minutes
Chaque week-end, l’émission pilotée par Pauline Revenaz avec à ses côtés Dominique Rizet, consultant police/justice BFMTV, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.

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Transcription
00:00Sommes-nous passés à côté de tueurs en série ? On connaît Lorda Lelandais, Michel Fourniret, Guy Georges, Dominique Pellicot,
00:07Le Grélet.
00:07Peut-on leur attribuer d'autres crimes ? Et y a-t-il surtout d'autres tueurs en série ?
00:12Dans la nature, c'est la question que se pose Thibaut Solano que je suis ravie d'accueillir.
00:16Sommes-nous passés à côté de tueurs en série ? J'accueille aussi le général Daoust, ex-patron de l
00:21'IRCGEN.
00:21Merci mon général d'être avec vous et ravi de vous retrouver.
00:25Alors Thibaut, vous avez enquêté sur 9 dossiers criminels et je dois confesser que j'en ai découvert quelques-uns.
00:30Les fillettes du printemps de 1987 en Ile-de-France, les meurtres de Saône-et-Loire.
00:35Dominique, ça vous rappelle quelque chose ? C'est votre région, on va en parler.
00:39Mais d'abord Thibaut Solano, vous avancez un chiffre.
00:4257 tueurs en série dans les années 70 que vous mettez en miroir avec 4000 dossiers de cold case.
00:48Il y a un grand delta. Alors combien ont pu échapper à la justice et comment on arrive à remonter
00:53ces individus ?
00:55En fait, il y a un double paradoxe avec les tueurs en série.
00:57C'est à la fois quand on les connaît, quand on découvre les dossiers, ils sont beaucoup moins fascinants
01:01que ce que la fiction, et notamment la fiction américaine, a pu nous laisser penser.
01:05Et en même temps, il y en a beaucoup plus qu'on ne le croit.
01:07Parce que c'est vrai, comme vous l'avez rappelé, le grand public connaît le Landais,
01:10encore que le Landais n'est pas officiellement dans la catégorie, mais il connaît Fourniret, Guy Georges, etc.
01:15Et il y en a d'autres qui ont été complètement oubliés.
01:17Et je suis même certain que mon chiffre de 57 est en dessous de la vérité.
01:21Parce que pour avoir le vrai chiffre, il faudrait par exemple aller à la BNF, la Bibliothèque Nationale de France,
01:26faire toute la presse régionale, ou en tout cas tout le Parisien depuis les années 70,
01:31pour retrouver des tueurs qui n'ont même plus aucune trace sur Google.
01:34Et puis effectivement, si on est en dessous de la vérité, c'est aussi parce que j'en suis sûr,
01:39et je me fais en fait le porte-voix de magistrats, d'avocats, qui en sont persuadés également, et d
01:44'enquêteurs,
01:44on est forcément passé à côté d'autres tueurs en série.
01:49Qu'est-ce que c'est qu'un tueur en série ?
01:51Alors, officiellement, et c'est par exemple également la définition qu'a retenue le psychiatre Daniel Zaguri,
01:57grand expert en la matière, puisqu'on a expertisé plusieurs,
02:00un tueur en série, c'est quelqu'un qui tue trois fois à trois moments différents.
02:04Au moins trois fois.
02:05Au moins trois fois à trois moments différents.
02:07Un double meurtre plus un meurtre, ça ne fait pas un tueur en série.
02:11Mais ce qu'il faut savoir, c'est que la justice maintenant reconnaît les meurtres en concours.
02:16On peut être mis en examen pour meurtre en concours.
02:19C'est le cas, par exemple, de la personne qui aurait tué quatre hommes retrouvés dans la Seine à l
02:24'été 2025.
02:25Les corps de choisis.
02:26Voilà, les corps de choisis.
02:27Meurtre en concours, il suffit de deux en fait.
02:30Et c'est vrai qu'il y a un certain nombre de tueurs, comme Nordal Lelandais.
02:34Je parle aussi d'un autre tueur, Ansonne-et-Loire, Pascal Jardin,
02:37qui n'ont pas officiellement trois victimes dans leur parcours criminel,
02:40mais qui, selon tous les experts, ont le mode opératoire et la personnalité d'un tueur en série.
02:44Il faut que ce soit le même mode opératoire à chaque fois pour que ce soit...
02:47Non, non, la preuve, le grêlé, qui s'en est pris à une fillette,
02:53qui s'en est pris à une jeune fille au père et à son employeur, et à un homme par...
02:57Francis Aume, Francis Aume, qui tue des enfants, des jeunes, des vieux, des femmes, des hommes.
03:02La tuerie de Chevaline, quatre morts.
03:04Sylvain Mollier, le cycliste, et puis la famille à Lily.
03:06Le père, la mère, la grand-mère, ce n'est pas un tueur en série.
03:09Non.
03:09Non, normalement, c'est une tuerie, mais ce n'est pas un tueur en série.
03:13Sauf si, le jour où on découvrira l'assassin, on s'apercevra qu'il en a tué d'autres avant.
03:18J'ai un peu de mal avec le tueur de celui...
03:20Vous parliez de la scène, celui qui tue deux personnes, c'est le tueur de...
03:23Non, les corps de Choisy, les deux derniers.
03:24Les corps de Choisy, il en a fait quatre, mais nord-de-la-landais.
03:27Et vous avez dit que c'était un tueur, c'était...
03:28Meurtre en concours.
03:29Meurtre en concours, oui.
03:32Où, effectivement, l'homme de Choisy a été mis en examen pour meurtre en concours.
03:36Mais si l'on avait tué que deux, il aurait eu la même mise en examen.
03:39Alors, moi, je fais appel à mes deux anciens sur le plateau, d'accord ?
03:42De votre expérience, quand est-ce qu'on a commencé à parler de tueurs en série ?
03:47Est-ce que quand on donne cette appellation, il y a un petit peu longtemps, on ne vous croit pas
03:50?
03:51Ou on vous dit que ce n'est pas pour la France ?
03:53Alors, il y a un film qui a fait date, c'est Le silence des agneaux,
03:57et qui a révélé à la France qu'il pouvait y avoir officiellement des tueurs en série.
04:01En oubliant Gilles Doré, en oubliant Dr Petiot, en oubliant Vaché, Landru, etc.
04:09Et en se disant, c'est une culture outre-talentique que l'on n'aura pas.
04:13Et je me souviens, dans les années, début des années 90,
04:16quand le SRC, le Service Central de Renseignement Criminel à la Gendarmerie,
04:22qui ne s'appelait pas comme ça à l'époque,
04:24mais voulait développer une entité sur, justement, les meurtres
04:29qui étaient en série, eh bien, on a dit,
04:33attendez, ce n'est pas pour nous, occupons-nous d'abord de non-meurtriers à nous,
04:38le reste, on verra.
04:39On a mis plus de 10 ans à faire admettre le concept.
04:42Alors, comme je suis le plus ancien de nous deux,
04:44moi, je vais vous parler d'un temps qui est moins de 20 ans.
04:47Donc, on est en 85-86, je travaille à France Soir,
04:50et je vais travailler sur les disparus de Mourmelon.
04:52Donc, je vais faire le tour, tu en parles dans ton livre, Thibaut,
04:56le tour de...
04:56En fait, il y en avait 7 ou 8, le tour des victimes, peut-être, de Chanal,
05:00parce qu'il est mort au deuxième jour de son procès, innocent.
05:03On le saura pas.
05:03Présumé, innocent.
05:04Donc, je vais faire le tour, il y a 7 ou 8 victimes officielles,
05:06moi, j'ai fait 15 familles, j'ai fait le tour, je vais aller les voir.
05:09Et à l'époque, la police scientifique de la Gendarmerie n'existait pas.
05:13N'existait pas, c'était un laboratoire qui s'appelait le CARM,
05:16Centre d'application en recherche microélectronique à Bordeaux.
05:19Le Ribot.
05:21Et donc, quand il y a eu plusieurs morts comme ça,
05:24qu'on attribuait à la même personne, sans doute,
05:26et c'était très vraisemblablement lui,
05:28eh bien, on parlait pas de meurtre en série, ça n'existait pas.
05:33C'est une succession d'affaires, mais le terme tueur en série,
05:37c'était vraiment quelque chose qui venait d'ailleurs,
05:40qui venait des Etats-Unis,
05:42quelque chose qu'on a l'impression d'avoir hérité d'eux,
05:44alors que c'est aussi bien chez nous que chez eux,
05:46peut-être encore plus chez nous,
05:47parce que les Etats-Unis existent depuis 400 ans, 450 ans,
05:50on existe depuis 2000 ans.
05:52Alors nous, nous avions la chance d'avoir pu aller,
05:55comme vous, au Paul Colquais de Nanterre,
05:57on a pu pénétrer dans cet endroit que nous,
05:59journalistes PJ, on fantasme complètement,
06:01et notamment de voir cette fameuse salle décelée.
06:04C'est presque l'endroit le mieux gardé de ce Paul Colquais,
06:07on le rappelle, c'est là où on travaille sur les crimes non élucidés.
06:10Est-ce que, mon général, la science peut nous aider ?
06:14Alors oui, la science peut aider.
06:16Et alors, dans le livre, vous le faites très bien remarquer,
06:21et c'est quelque chose qu'on retrouve ici régulièrement pour des affaires assez anciennes.
06:26Les scellés ont été détruits, ou ils ont disparu,
06:29on ne sait pas ce qu'ils sont devenus,
06:30et c'est quelque chose de dramatique,
06:32parce qu'au moment où ils ont été faits,
06:33toutes les techniques n'existaient pas,
06:35et en particulier, c'est pour la recherche d'ADN,
06:38et même pour la recherche d'ADN,
06:39on sait que ça a beaucoup évolué entre les prélèvements et les analyses d'il y a 20 ans,
06:46et ce que l'on peut faire actuellement,
06:47c'est autre chose.
06:49Et c'est d'ailleurs pour ça,
06:51face à ce, je dirais un petit peu,
06:54cette errance en matière de scellés,
06:56qu'a été créé le service central de préservation des prélèvements biologiques,
07:01qui est rattaché au laboratoire de la gendarmerie,
07:04mais qui fait partie du fichier national automatisé des empreintes génétiques,
07:09pourquoi ?
07:10Parce que c'est la banque de tous les scellés biologiques,
07:14de toutes les affaires, police, gendarmerie, sans distinction,
07:18et ça permet de garder cette mémoire qui va servir,
07:22et là on anticipe pour les techniques qui arriveront dans 40 ans.
07:26Et on rejoint le livre de Thibault,
07:28donc tu dis qu'il faut éviter les prescriptions,
07:31parce que les meurtres sont prescrits au bout de 20 ans,
07:34c'était 10 ans à l'époque, c'est 20 ans maintenant,
07:37c'est quoi le problème ?
07:38Le problème c'est qu'effectivement vous avez ce Paul Colquais
07:40qui essaye d'aller chercher la vérité 40 ans après,
07:44et qui se retrouve face à un mur qui s'appelle la prescription.
07:48On a par exemple l'affaire Marie-Thérèse Bonfanti.
07:51Marie-Thérèse Bonfanti, elle disparaît en 1986,
07:53elle a 25 ans, c'est une jeune mère de famille.
07:55Livreuse de journaux, on se souvient de l'histoire.
07:57Exactement, à Ponchara, près de Grenoble.
07:59Les disparus de Ponchara.
08:00C'est ça, et on retrouve sa voiture à côté de la maison d'un homme
08:03qui s'appelle Yves Chatin, qui va devenir suspect principal,
08:06qui va être placé en garde à vue, mais qui va tout nier.
08:08Il se trouve que grâce à l'acharnement de la famille,
08:1136 ans après, le dossier est rouvert à Grenoble,
08:14l'homme est à nouveau placé en garde à vue,
08:15il avoue le meurtre.
08:16Pour un mobile futile, il dit qu'elle était mal garée,
08:19on s'est discuté, je l'ai tranglé, je l'ai jeté dans un ravin.
08:22Et donc on arrive avec un suspect qui avoue,
08:25qui passe quelques mois en prison,
08:27mais qui est libéré avant même d'organiser un procès
08:29pour cause de prescription.
08:30Et la cour de cassation, parce qu'il y a eu toute une bataille judiciaire,
08:33je dirais même un chemin de croix judiciaire,
08:35a fini par acter la prescription.
08:37Donc ils n'ont pas suivi la famille ?
08:38Non, la famille est restée toute seule.
08:40Donc Yves Chatin ne sera jamais jugé ?
08:42Alors, il ne sera jamais jugé alors qu'il a avoué,
08:43et qu'en plus il y a eu deux autres meurtres ou disparitions de femmes
08:46dans le même secteur, dans la même avenue,
08:48pour lesquelles il fait figure de suspect.
08:50Paradoxe de cette société, la nôtre,
08:52où on est capable d'aller chercher par les cheveux,
08:5540 ans après, l'auteur d'un crime,
08:57mais pas capable de le juger,
08:58parce que la justice n'est pas adaptée.
09:00En tout cas, les lois ne sont pas adaptées.
09:01C'est la loi.
09:02C'est ce que vous dites d'ailleurs dans votre livre,
09:04une magistrate du Pôle Colquais,
09:05ce qui vous souffle,
09:05nous avons fabriqué nos tueurs en série,
09:07ce sont les manquements de l'institution judiciaire
09:09qui ont permis de sévir encore.
09:11On est exactement dans ce cas de figure-là.
09:14Alors maintenant, le pire, le plus dissimulateur,
09:16le plus agile des tueurs en série,
09:17vous en avez quand même une très très belle collection
09:19dans ce livre.
09:21Lequel est-ce pour vous ?
09:22Je dirais que, alors parmi ceux qu'on a déjà trouvé,
09:26il y a le grêlé, bien sûr,
09:28parce que c'est à peu près le seul
09:29qui ressemble aux tueurs en série à l'américaine.
09:31C'est-à-dire vraiment,
09:32la plupart des tueurs en série sont des marginaux
09:35ou disons qui tutoient la marginité,
09:36ils sont assez bas dans l'échelle sociale.
09:38Et le grêlé, il est d'abord gendarme,
09:40il est ensuite policier,
09:42et il commet des meurtres extrêmement sauvages.
09:45Il s'en prend à tout type de victime,
09:46justement, un homme, une fillette, un couple.
09:50Et lui, on sait qu'il a pu s'arrêter, a priori,
09:54mais on ne sait pas tout ce qu'il a fait.
09:56Un jour, il avoue à son voisin
09:58être traumatisé par des scènes de crimes
10:00sur lesquelles il allait enquêter
10:02en tant que policier ou gendarme.
10:04Et en fait, il décrit deux scènes de crimes.
10:07L'une des deux,
10:07qui raconte l'histoire d'un homme et une femme
10:09retrouvés morts dans un appartement
10:10avec des brûlures de cigarettes sur leur corps,
10:12c'est un meurtre qu'il a lui-même commis
10:13dans le quartier du Marais à Paris en 1987.
10:16Et il va raconter à ce voisin-là,
10:18j'ai aussi découvert une scène de crime terrible
10:20d'une fillette sauvagement mutilée sexuellement.
10:22Et là, par contre, on n'a jamais trouvé
10:23à quelle scène de crime
10:25ce souvenir ou ce faux souvenir correspondait.
10:28Et Thibault, si on avait bossé un peu plus,
10:30il n'a jamais été flic en PJ, lui.
10:32Ni gendarme en PJ.
10:34Donc il ne peut pas avoir vu une scène de crime,
10:36sauf à arriver comme ça,
10:38primo-intervenant.
10:38Voilà, c'est ce qu'il raconte,
10:39c'est les primo-intervenants.
10:40Et il pousse le vice jusqu'à se dévoiler,
10:43parce qu'on va le retrouver
10:44sur une émission de télévision.
10:45Donc en fait, c'est assez sophistiqué.
10:47Pour se dissimuler, il faut s'exposer.
10:50Enfin, en tous les cas,
10:51il y est allé jusqu'au bout
10:51et puis il a décidé de se donner la mort.
10:54Voilà, tout à fait.
10:54C'est-à-dire qu'il y a ce qu'on appelle
10:55le clivage avec les experts psychiatres.
10:57C'est-à-dire que, sans doute que François Vérove,
10:59quand il est allé participer au jeu de Nagui
11:02sur France 2, tout le monde veut prendre sa place,
11:04soit il s'est vraiment senti
11:06dans une impunité totale en se disant
11:07on ne me reconnaîtra pas
11:08et même si on ne me reconnaît,
11:09on ne fera rien contre moi.
11:10Ou alors il a clivé.
11:11C'est-à-dire qu'il s'est dit
11:11non mais le tueur, ça fait partie de moi
11:14mais ce n'est plus moi aujourd'hui.
11:15Je peux aller tranquillement sur un plateau télé.
11:16C'est fascinant quand même.
11:17Est-ce que comme dans les films américains,
11:19le tueur en série, à un moment,
11:21il a envie de se faire prendre
11:22pour qu'on sache que c'était lui,
11:25pour qu'on sache jusqu'à quel point
11:26il était presque parfait
11:27dans la commission des meurtres
11:29qu'il réalisait ?
11:31Alors, dans le cadre de ce travail,
11:33je suis allé voir le psychiatre Zaguri.
11:34Je fais beaucoup référence à lui
11:35mais bon, c'est un peu le point de vue.
11:37Vous avez le droit.
11:38Il était excellent.
11:39Et il m'a cassé un peu tous mes mythes
11:41quand je suis arrivé dans son bureau.
11:42C'est-à-dire qu'effectivement,
11:43il a dit d'abord
11:45le tueur qui défie la police,
11:46non, ça n'existe pas.
11:47La plupart des tueurs se cachent,
11:50veulent rester en liberté
11:50et ne veulent pas se faire prendre.
11:51Ou ils ont honte.
11:52Et par exemple,
11:53Chanal s'est suicidé
11:54parce qu'il ne voulait pas
11:55affronter son procès.
11:56Le grêler aussi.
11:57Voilà, exactement.
11:58Le copier-coller des victimes,
12:00ça n'existe pas vraiment.
12:01Guy Georges avait des victimes
12:05grossièrement, c'est pas...
12:05Elles étaient à Paris, elles étaient jeunes.
12:07Voilà, c'est tout.
12:08Donc ça ne va pas plus loin.
12:09Et évidemment,
12:10le tueur en série très intelligent
12:12qui parvient à dissimuler ses crimes.
12:15En fait, non, effectivement,
12:16c'est ce qu'on a dit.
12:17C'est qu'il bénéficiait surtout
12:18des ratés des enquêtes de police
12:20et parfois de gendarmerie.
12:22En général, votre tueur en série
12:26préféré s'il est mis.
12:27Alors, je ne dirais pas préféré,
12:29mais qui est étonnant,
12:31qui intrigue le plus.
12:33En fait, j'en ai deux.
12:35J'ai allègre parce que c'était
12:36quelqu'un qui était à Paris,
12:39à Toulouse, etc.,
12:41a beaucoup voyagé.
12:42Partout où il est allé,
12:43quand il tuait,
12:44il n'était pas dans ce qu'on appelait
12:45la zone de confort.
12:46Alors, tous ne vont pas
12:46dans une zone de confort.
12:48Il prenait des risques.
12:49Il prenait des risques.
12:51Après, la plupart de...
12:53Et toutes ces victimes
12:54n'étaient pas non plus
12:55des prostituées.
12:56Ce qui fait qu'il n'avait pas
12:59un axe bien particulier.
13:01Un vrai stratège.
13:02Il mettait le feu aux appartements
13:03pour faire croire que l'appartement
13:04avait pris fait.
13:05Exactement.
13:05Et c'est Francis Holm.
13:08Lui, c'est le parcours,
13:09c'est le retard,
13:10c'est quelque chose
13:12où on voit un homme
13:13qui est invisible
13:14pour la société,
13:16parce que les SDF,
13:18on ne les voit pas,
13:19même si on sait
13:19qu'ils sont là,
13:20on ne va pas les voir.
13:21Et à travers ça,
13:23partout où il est passé,
13:24il a laissé
13:25des meurtres terribles.
13:28Donc, avec...
13:29Et il a même fait endosser
13:30la responsabilité
13:31à d'autres.
13:31Bien sûr.
13:32Patrice Gilles,
13:32Montigny-Lémès,
13:33Alexandre et Cyril.
13:34Et il a embarqué avec lui,
13:36Laurence Guillaume,
13:37quand il tue Laurence Guillaume,
13:38son cousin.
13:39Quand il tue Joris Viville
13:40à la sortie d'un camping,
13:42dans le midi,
13:43il embarque un infirmier
13:45avec lui dans la voiture,
13:46des gens qui n'ont rien à voir
13:47avec Francis Holm.
13:48Il arrive à les embarquer
13:49avec lui parce qu'il ne conduit pas
13:50et à leur dire
13:51tiens, viens,
13:51on va faire un truc
13:52tous les deux.
13:53Et vous, Dominique ?
13:54Celui qui me bluffe le plus,
13:56Holm.
13:58Bluff au sens journalistique
14:00de mon univers, pardon.
14:02Vous, c'est qui ?
14:03Merci de me reprendre là-dessus.
14:04Mais Francis Holm.
14:06Parce que Francis Holm,
14:06il est tellement imprévisible
14:07et il est...
14:08Allègre est intelligent,
14:10Fourniré est intelligent,
14:11Le Grellet est intelligent.
14:13Holm,
14:13j'ai utilisé une expression,
14:15pardonnez-moi
14:16pour tous ceux
14:16qui nous écoutent,
14:17mais il est teubé, quoi.
14:18Quand on le voit,
14:19moi je suis très pote...
14:20Alors nous,
14:20on dit bas de plafond en général.
14:21Oui, je suis très pote
14:22avec Jean-François Abgral,
14:23qui est le gendarme
14:24comme il l'a retrouvé.
14:24Tout à fait.
14:25Et Jean-François,
14:26quand il parle de lui
14:26et de ses entretiens avec lui,
14:27il me dit mais pas du tout.
14:28Pas du tout.
14:29C'est un calculateur.
14:31Il raconte des scènes de crime
14:32en disant
14:32il a fait ça,
14:33il a fait ça,
14:34je l'ai vu faire ça
14:35et c'est lui.
14:36Comme Le Grellet
14:37qui raconte
14:38j'étais là,
14:38j'ai tout vu,
14:38j'étais sur la scène de crime.
14:40Et puis j'avais vu la sœur,
14:42j'avais rencontré sa sœur,
14:43Christine Holm,
14:44Christine Holm-Goncalves,
14:45qui depuis,
14:46on ne veut plus parler
14:47ni à moi ni à personne d'ailleurs,
14:49mais qui me parlait
14:49son frère
14:50avec tellement de tendresse.
14:51Puis il y a le moment
14:52où il bascule,
14:53la mort de sa mère,
14:55il part sur les routes
14:56et vous allez voir,
14:57parce que Jean-François Abgral
14:57continue à travailler,
14:59qu'on va sortir,
15:00il va sortir d'autres affaires,
15:01le pôle Colquès
15:02et sur Francis Holm.
15:03Même si Francis Holm
15:05est en mauvaise santé.
15:07Il est passé dans l'hôpital pénitentiaire
15:10au sein de la prison
15:11là où il est incarcéré.
15:13Dernière question Thibault,
15:14est-ce qu'il existe encore
15:15des tueurs en série ?
15:16Bien sûr.
15:17D'abord,
15:18ça ne peut pas disparaître comme ça.
15:20Effectivement,
15:21on se dit qu'avec les techniques scientifiques,
15:24plus aucun tueur en série
15:25ne peut passer entre les mailles du filet.
15:27Si on se penche sur Nordal Lelandais,
15:29qui a tué officiellement deux victimes,
15:31on ne sait pas,
15:32peut-être qu'il y en a une troisième,
15:33en tout cas pour l'instant,
15:33on n'a pas trouvé.
15:34Nordal Lelandais,
15:35il a un vrai mode opératoire
15:36de tueur en série.
15:38À chaque fois,
15:38il s'en prend à des victimes vulnérables,
15:40à un caporal qui sort de boîte
15:42un peu éméché en avril 2017,
15:44une jeune fille
15:45lors d'une fête de mariage.
15:48Il est dans sa voiture,
15:49il les frappe à coups de poing
15:50et surtout,
15:51il parvient à dissimuler les corps
15:53dans des endroits
15:54où personne autour de cette table
15:56n'aura envie d'aller
15:56à 3h du matin,
15:57c'est-à-dire vraiment dans la montagne,
15:59dans la forêt.
16:00Et en fait,
16:01déjà Nordal Lelandais,
16:02dans les années 80,
16:02il serait passé inaperçu.
16:04Là, on le coince
16:04grâce à un micro-goutte de sang
16:06mais surtout,
16:06c'est dissimuler un corps,
16:07c'est comme ça
16:08qu'un tueur en série
16:08peut encore agir aujourd'hui.
16:10Merci à tous
16:11pour vos lumières.
16:12Excellent travail d'enquête,
16:13Thibault Solano.
16:14En échéant que grâce
16:15au progrès de la science,
16:16mon général,
16:16des certaines affaires
16:18s'éclairent enfin.
16:19Merci messieurs.
16:20Sous-titrage Société Radio-Canada
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