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  • il y a 37 minutes
Chaque week-end, l’émission pilotée par Dominique Rizet, consultant police/justice BFMTV, et Pauline Revenaz, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.

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Transcription
00:00:00– Bonjour et bienvenue dans cette émission Affaires suivantes.
00:00:08Merci Laurent Valdiguier de jouer avec moi cette semaine dans ce numéro.
00:00:11Vous le voyez, ça se passe en direct.
00:00:13Maître Boulot est en train de s'installer avec les membres de la famille Bonfanti.
00:00:17Le délai de prescription ne bougera pas.
00:00:19Ainsi, on a décidé la cour de cassation vendredi,
00:00:21dans le dossier, je vous le disais, de Marie-Thérèse Bonfanti.
00:00:23Sa famille a bataillé pour que ce délai évolue
00:00:26au regard de la situation bien particulière de cette affaire.
00:00:29Un suspect avait avoué 35 ans après les faits.
00:00:32Il ne sera donc jamais jugé.
00:00:34Le point sur cette affaire avec Pierre-Louis Bousset d'abord.
00:00:38Après des décennies passées sans savoir ce qui était arrivé à Marie-Thérèse Bonfanti,
00:00:43l'enquête avait finalement pu obtenir un mobile, un suspect et même des aveux.
00:00:48Mais le meurtre de la mère de famille est finalement prescrit et ne sera pas jugé.
00:00:53Décision incompréhensible pour ses proches.
00:00:56Ça va faire 40 ans que nous menons un combat.
00:01:00Un combat dans lequel on ne ressort pas indemne.
00:01:04Aujourd'hui, on a vu qu'on a appliqué une loi.
00:01:08Mais on n'a pas tenu compte des faits réels.
00:01:11La décision de la cour de cassation rendue vendredi
00:01:13vient clore définitivement une affaire vieille de 40 ans.
00:01:16Ce 22 mai 1986, Marie-Thérèse Bonfanti gare sa voiture devant une grande bâtisse de Ponchara en Isère
00:01:25alors qu'elle distribue des journaux.
00:01:27Une voisine l'aperçoit, puis plus rien.
00:01:29Aucun signe de vie de la jeune mère de famille.
00:01:32Son mari signale sa disparition le soir même.
00:01:35Un homme est entendu par les autorités.
00:01:37Yves Chatin, un chauffeur routier, propriétaire de la maison devant laquelle Marie-Thérèse Bonfanti avait garé son véhicule.
00:01:43Il l'est finalement relâché, faute de preuves.
00:01:46Puis après la réouverture de l'enquête en 2022, coup de théâtre, Yves Chatin passe aux aveux.
00:01:52Le ministre à l'examen a avoué qu'il avait étranglé Marie-Thérèse Bonfanti
00:01:56suite à un contentieux qu'ils avaient eu quelques minutes auparavant
00:02:01sur l'emplacement où s'est égarée Madame Bonfanti.
00:02:06Mais le suspect, aujourd'hui sexagénaire, ne pourra pas être poursuivi.
00:02:10La décision de la cour de cassation fixe une jurisprudence
00:02:13qui pourrait fragiliser cette autre affaire d'enlèvement et séquestration
00:02:16instruite par le Paul Colquais de Nanterre.
00:02:20Avec nous pour en parler, j'accueille la famille Bonfanti.
00:02:22Erika Bonfanti, vous êtes un peu essoufflée mais vous êtes là et on en est ravis de vous accueillir.
00:02:26Vous êtes la fille de Marie-Thérèse.
00:02:27Merci.
00:02:28Eugène Sayat, vous êtes le frère de Marie-Thérèse.
00:02:30Merci aussi d'être avec nous.
00:02:31Votre avocat vous accompagne, Maître Boulou.
00:02:33Merci Maître d'être là.
00:02:34Première question, on imagine d'abord votre déception.
00:02:36J'ai vu votre visage, j'ai entendu vos mots à la sortie de l'audience.
00:02:39Comment vous avez accueilli cette décision de justice ?
00:02:42Alors je dois dire que la justice, elle a jugé selon le droit.
00:02:48Exactement.
00:02:49Selon le droit pur et dur.
00:02:53Voilà, selon la loi qui est en vigueur actuellement, je la respecte.
00:02:57Mais c'est vrai qu'en tant que fille, la réalité, elle est différente.
00:03:01Parce que derrière cette décision, en fait, il y a une histoire humaine,
00:03:06il y a une famille, il y a beaucoup d'années sans réponse.
00:03:12Et voilà, aujourd'hui, ce jour est un peu triste.
00:03:18Quelles sont les émotions qui vous traversent, vous aussi, Eugène ?
00:03:22À vendredi, on a reçu une grosse claque.
00:03:26Le choc était profond.
00:03:29Une immense incompréhension de ce qui a été décidé.
00:03:36Alors, on parle d'un meurtre reconnu, avoué, mais celui-ci ne sera pas jugé.
00:03:45Donc, c'est difficile à admettre.
00:03:49Le droit n'est quand même pas une science exacte.
00:03:52Parce qu'en réalité, le procureur, le juge d'instruction, deux chambres de l'instruction,
00:03:56deux Grenoble et deux Lyon, ça fait trois magistrats à chaque fois.
00:04:00Ils n'étaient pas d'accord avec cette décision-là de classement, maître.
00:04:05Qu'est-ce qui fait que la cour de cassation résiste ?
00:04:08Parce qu'elle ne veut pas se déjuger.
00:04:09Elle avait déjà, à la chambre criminelle, décidé que c'était prescrit.
00:04:12Qu'est-ce qui fait, d'après vous, que la cour de cassation est à ce point ?
00:04:18Je crois qu'il faudrait lui le demander.
00:04:21Est-ce qu'on en est encore à la querelle des anciens et des modernes ?
00:04:26Je ne sais pas.
00:04:27En tout cas, vous avez raison de soulever le fait que plus d'une dizaine de magistrats,
00:04:32aussi bien les magistrats instructeurs, que vous n'avez pas évoqués,
00:04:35mais il y a aussi eux qu'il faut rajouter,
00:04:37qui étaient partis dans la même voie que M. Évaillant, M. Dallest,
00:04:42la chambre de l'instruction de Grenoble, de Lyon,
00:04:45les procureurs généraux de Lyon, mais aussi l'accord d'appel de la cour de cassation.
00:04:52Voilà, ça fait beaucoup de magistrats.
00:04:53Oui, Rémi Est, le procureur général, la cour de cassation.
00:04:55En fait, les clignotants étaient au vert, d'où la claque.
00:04:59Tout à fait, et en plus de ça, tout le monde se disait,
00:05:02dans le milieu judiciaire, mais dans le milieu journalistique,
00:05:04dans le milieu professionnel aussi des avocats et des familles,
00:05:07tout le monde se disait, si le premier président a décidé de confier cette affaire
00:05:11à l'Assemblée plénière, c'est pour qu'il y ait une évolution du droit.
00:05:15On ne demandait pas la suppression de la prescription.
00:05:20On demandait simplement un aménagement, un allègement.
00:05:23Et on s'est dit, la fenêtre s'en trouve un peu plus,
00:05:25puisque c'est l'Assemblée plénière.
00:05:27Pas du tout.
00:05:29Tout ça pour ça, quoi, j'allais dire.
00:05:30Pourquoi ne pas avoir demandé à la Chambre criminelle
00:05:34de statuer sur cette affaire à nouveau
00:05:37et de nous rendre une décision aussi semblable
00:05:40en précisant les contours du fait insurmontable ?
00:05:43Voilà, on va revenir sur cette notion d'obstacle insurmontable
00:05:46qui a été écrite maintes fois dans la décision.
00:05:48Est-ce qu'on peut essayer de faire un peu de pédagogie pour nos téléspectateurs
00:05:51et de comprendre, enfin c'est difficile,
00:05:53mais comment la cour de cassation justifie,
00:05:55donc de ne pas lever cette prescription ?
00:05:58Alors je vais essayer d'être...
00:06:00Pas simple.
00:06:01De vulgariser, non, c'est pas très simple,
00:06:03même pour les professionnels que nous sommes,
00:06:05puisque dans les derniers arrêts qui étaient rendus
00:06:07par la Chambre criminelle de la Cour de cassation
00:06:10et notamment dans le dernier arrêt bonfantie en 2023,
00:06:13il était dit que la dissimulation du corps
00:06:15n'est pas à lui seul un fait
00:06:19qui rend insurmontable l'exercice des poursuites.
00:06:23Simplement, elle en restait là.
00:06:24On ne savait pas ce que c'était que le fait insurmontable.
00:06:27Dans l'arrêt qui est rendu,
00:06:29on vient de nous donner une précision.
00:06:31Alors, chacun appréciera,
00:06:33mais on nous dit tout simplement
00:06:35que l'existence d'une suspicion d'infraction,
00:06:41laquelle ?
00:06:42Omicile ?
00:06:42Omicile involontaire, meurtre,
00:06:45l'existence d'une suspicion
00:06:47qui rend possible l'exercice des poursuites,
00:06:52eh bien, ça n'est pas un fait insurmontable.
00:06:55En clair, lorsque la famille Bonfanti s'est retrouvée confrontée
00:07:00à la disparition en 1986,
00:07:03alors que Marie-Thérèse n'avait aucun problème,
00:07:07qu'il n'y avait aucun indice de meurtre, etc.
00:07:09Elle aurait quand même dû penser,
00:07:11la famille, le parquet,
00:07:13aurait quand même dû penser
00:07:14qu'il y avait possiblement,
00:07:16on est en 2026,
00:07:18qu'il y avait possiblement une infraction
00:07:20qui a été commise,
00:07:21laquelle on n'en sait rien,
00:07:22mais avec ça, il fallait poursuivre.
00:07:25C'est quand même important ce que je vais dire,
00:07:26c'est qu'en 1986,
00:07:28il y a une instruction qui est ouverte
00:07:29des faits de séquestration.
00:07:32Au bout d'un an et demi,
00:07:33il y a un non-lieu
00:07:34qui est confirmé en 1988
00:07:36par la Cour d'appel de Grenoble.
00:07:39Là, on dit,
00:07:40je vais vous lire juste le passage,
00:07:41ce n'est pas très long,
00:07:42mais écoutons,
00:07:43parce que c'est très instructif.
00:07:45La poursuite de l'information,
00:07:46c'est la chambre d'accusation,
00:07:48à l'époque, on disait,
00:07:49qui dit ça mot pour mot.
00:07:51La poursuite de l'information
00:07:52n'est pas justifiée.
00:07:54N'est pas justifiée,
00:07:55étant précisé que celle-ci
00:07:57peut toujours être reprise
00:07:58en cas de découverte de faits nouveaux,
00:08:02dans la mesure où les services
00:08:05de police et de gendarmerie
00:08:06gardent toujours leur attention
00:08:08sur l'affaire.
00:08:10L'avocat, à l'époque,
00:08:11maître Rossetti, de la famille,
00:08:13avait demandé une reconstitution
00:08:16et des fouilles.
00:08:18La Cour d'appel dit niette.
00:08:20Lui avait refusé.
00:08:21Ce n'est pas la peine,
00:08:21puisque tout ce qui a été fait
00:08:22a été bien fait,
00:08:23et ce n'est pas la peine.
00:08:24Et s'il y a un fait nouveau,
00:08:25vous pouvez.
00:08:25C'est quoi les charges nouvelles ?
00:08:27Il faut trouver un témoignage,
00:08:30un PV, une dénonciation,
00:08:32quelque chose.
00:08:33En creux, c'était à vous
00:08:34de faire l'enquête.
00:08:35C'est l'inversion peut-être
00:08:37de la logique.
00:08:38Qu'est-ce qui est le plus dur,
00:08:39Erika et Eugène,
00:08:41à supporter pour vous aujourd'hui,
00:08:43après cette décision ?
00:08:44Que cet homme,
00:08:45qui a avoué,
00:08:46ne soit jamais jugé finalement ?
00:08:48Que la mémoire de votre regard
00:08:50ne soit pas restituée ?
00:08:51Qu'est-ce qui est le plus dur ?
00:08:54Ce qui est difficile,
00:08:55c'est qu'effectivement,
00:08:56il n'y aura pas de procès,
00:08:57donc il n'y aura pas de mot officiel
00:08:59à ce qui est arrivé à ma maman.
00:09:01Donc c'est vrai que pour nous,
00:09:04de ce côté-là,
00:09:05c'est un manque.
00:09:06Après, je veux dire que même
00:09:08s'il n'y a pas de procès,
00:09:11la vérité,
00:09:12elle est sortie aujourd'hui.
00:09:14Et ça, c'est essentiel,
00:09:15parce que pendant des décennies,
00:09:16cette personne a pu se cacher.
00:09:18Il est passé outre les radars.
00:09:22Mais grâce au travail des enquêteurs
00:09:25et à la médiatisation,
00:09:26les faits ont été révélés,
00:09:30ces faits existent,
00:09:31ils sont prouvés.
00:09:34Et ça, voilà.
00:09:36Aujourd'hui,
00:09:37personne ne pourra l'effacer
00:09:38dans l'esprit de tout le monde.
00:09:40Qu'est-ce qui fait, d'après vous,
00:09:41qu'il est avoué, Yves Chatin ?
00:09:44C'est une vraie question.
00:09:45Au fond, pourquoi ?
00:09:46Il n'y avait pas...
00:09:47Vous vous avez toujours alerté,
00:09:49vous étiez toujours là,
00:09:49il y a eu des émissions de télé,
00:09:51il y a eu votre combat.
00:09:53Mais au fond,
00:09:53qu'est-ce qui fait qu'il a avoué ?
00:09:55Parce qu'en réalité, il a avoué,
00:09:56non seulement il a avoué,
00:09:56mais il a dit
00:09:57ou il avait dissimulé
00:09:59le corps de votre mère et sœur.
00:10:01Autrement dit,
00:10:02il avait fait...
00:10:04Pourquoi il a avoué Chatin ?
00:10:06Je n'étais pas dans le local
00:10:08de garde à vue
00:10:09lorsqu'il a formulé ses aveux
00:10:11au bout de quatre auditions
00:10:13ou cinq auditions.
00:10:15Soit peut-être
00:10:16quelqu'un lui a soufflé
00:10:18que c'était prescrit
00:10:19et qu'il ne craignait rien à avouer.
00:10:22Soit parce que les gendarmes
00:10:23de la section Colcaise de Grenoble
00:10:25ont peut-être bien fait les choses
00:10:27et amenés à cracher le morceau.
00:10:32Voilà, moi je ne le saurais pas.
00:10:34Mais toujours est-il,
00:10:35c'est qu'il l'a avoué.
00:10:37Alors justement,
00:10:39on a avec nous en direct
00:10:41Jacques Dallest.
00:10:42On va lui poser la question
00:10:43puisque vous y faites référence
00:10:44le Paul Colcaise de Grenoble,
00:10:46c'était lui.
00:10:47Qu'est-ce qu'il y a fait ?
00:10:48Je reprends l'excellente question
00:10:49de Laurent Valdillier.
00:10:50Qu'est-ce qu'il y a fait,
00:10:51Jacques Dallest,
00:10:52que Chatin a avoué, selon vous ?
00:10:54Difficile à dire.
00:10:55Effectivement,
00:10:56il aurait fallu être présent
00:10:57lors de ses auditions,
00:10:59ses interrogatoires.
00:11:00Je pense qu'il a pu
00:11:02effectivement être conseillé
00:11:04sur le fait
00:11:06que les faits étant de 1986,
00:11:09il serait prescrit.
00:11:10Souvenez-vous dans l'affaire
00:11:11Émile Louis,
00:11:13qui a été condamné
00:11:14pour le meurtre
00:11:14des jeunes femmes handicapées
00:11:16et de Lyon.
00:11:17Je crois que lorsqu'il avait
00:11:18mis les faits,
00:11:19il était persuadé
00:11:20que les affaires
00:11:21étaient trop anciennes.
00:11:23Finalement,
00:11:23ça l'avait amené
00:11:24à dire la vérité.
00:11:25Alors, est-ce que c'est
00:11:25ce qui s'est passé ?
00:11:26C'est aussi certainement
00:11:27la conséquence
00:11:28d'un beau travail
00:11:29des enquêteurs
00:11:30avec une technique
00:11:31d'interrogatoire
00:11:31qui est à saluer.
00:11:34Puis, je dirais peut-être
00:11:35aussi le besoin,
00:11:36comme on le dit toujours,
00:11:37ça paraît un peu creux,
00:11:38une phrase creuse,
00:11:39soulager sa conscience.
00:11:41Peut-être qu'il portait ça
00:11:42sur l'huile en nuit
00:11:44depuis très longtemps,
00:11:45il a voulu le dire.
00:11:46C'est pour ça
00:11:47que tout a redémarré
00:11:48dans cette affaire
00:11:49en 2022.
00:11:50Il faut dire une chose,
00:11:51si Marie-Thérèse
00:11:52avait été retrouvée morte,
00:11:54tuée en 1986,
00:11:56il n'y aurait même pas eu
00:11:57d'affaires,
00:11:58Yves Chatin,
00:11:59puisque là,
00:12:00les faits auraient été
00:12:01largement prescrits
00:12:02lorsqu'on retrouve un corps.
00:12:03Si dix ans s'écoulent
00:12:05après la clôture des dossiers,
00:12:06on n'aurait jamais pu
00:12:07rouvrir le dossier.
00:12:09C'est véritablement
00:12:10ce qui nous a motivés
00:12:11à Grenoble
00:12:12le fait que l'auteur
00:12:14ait dissimulé le corps
00:12:15et fait disparaître le corps,
00:12:17ça, ça consistait
00:12:18en un élément nouveau
00:12:19très fort
00:12:20à partir duquel
00:12:21on a considéré
00:12:23que ça devait
00:12:23suspendre la prescription
00:12:25et non pas la faire courir
00:12:27comme si on avait
00:12:28retrouvé le corps.
00:12:29Voilà à peu près
00:12:30le raisonnement
00:12:31qui a été le nôtre
00:12:32en 2022.
00:12:34Monsieur Dallès,
00:12:34j'ai une question pour vous
00:12:35à la lecture de l'arrêt
00:12:36de la Cour de cassation.
00:12:37Il se fonde
00:12:38sur l'expertise
00:12:39des ossements
00:12:40de Marie-Thérèse Bonfanti
00:12:41qui dit
00:12:43qu'au plus tard
00:12:44le décès remonte
00:12:44à 2001
00:12:45pour dire que
00:12:46de toute façon
00:12:47du coup
00:12:47la prescription
00:12:48est acquise
00:12:48au moment du décès
00:12:49au plus tard en 2011.
00:12:51Mais qu'est-ce qui se serait passé
00:12:52si Châtain n'avait pas donné
00:12:53l'endroit
00:12:54et autrement dit
00:12:55s'il n'avait pas eu
00:12:55cette expertise ?
00:12:57Au fond,
00:12:57si Marie-Thérèse Bonfanti,
00:12:59son décès n'était pas certain,
00:13:00à date certaine,
00:13:01vous voyez ?
00:13:02C'est là où
00:13:02les rapports
00:13:04de la Cour de cassation
00:13:04c'est un peu fou
00:13:06parce qu'au fond
00:13:06Châtain en donnant
00:13:07le lieu
00:13:09permet un moyen
00:13:11d'échapper aux poursuites.
00:13:14Il y a deux façons
00:13:15de faire avancer
00:13:17une enquête.
00:13:17Lorsque l'auteur
00:13:18avoue les faits
00:13:19de façon précise,
00:13:20circonstanciée,
00:13:21ne soit pas un aveu
00:13:22fantaisiste,
00:13:24deuxième possibilité,
00:13:25lorsqu'on retrouve
00:13:26les restes
00:13:27de la victime.
00:13:28Ce qui n'est d'ailleurs
00:13:28pas simple
00:13:29parce que retrouver
00:13:30des restes
00:13:30d'une victime
00:13:31ne veut pas dire
00:13:31que cette victime
00:13:32a été assassinée.
00:13:33Là, on pouvait penser
00:13:34que c'était le cas.
00:13:36En fait, c'est ça.
00:13:36Moi, je ne pense pas
00:13:37que ce soit intéressant
00:13:38la date de la mort.
00:13:39On ne la connaît pas.
00:13:40On connaît la date
00:13:41de la mort telle
00:13:42que nous la raconte
00:13:43Yves Châtain
00:13:44puisqu'il dit
00:13:44que c'est le jour même
00:13:45de l'altercation
00:13:46qu'il a étranglée
00:13:48Marie-Thérèse.
00:13:49C'est tout.
00:13:49Le reste, peu importe.
00:13:51Je pense qu'on doit
00:13:51considérer qu'à partir
00:13:52du moment où l'intéressé
00:13:54fait disparaître le corps,
00:13:56c'est un acte postérieur,
00:13:59matériel,
00:13:59postérieur au crime,
00:14:01il ne devait pas bénéficier
00:14:03de la prescription ordinaire
00:14:04qui ne se serait appliquée
00:14:05si le corps avait été
00:14:06retrouvé immédiatement.
00:14:08C'est ça qu'on aurait aimé
00:14:10faire admettre
00:14:11par la Cour de cassation
00:14:12et ce qu'a soutenu
00:14:13le procureur général
00:14:14à juste titre
00:14:15en disant
00:14:15qu'il fallait qu'on évolue,
00:14:17que la jurisprudence
00:14:17pouvait évoluer
00:14:18et lorsque l'auteur,
00:14:19encore une fois,
00:14:20rend la justice
00:14:21dans l'incapacité
00:14:22ou dans une grande difficulté
00:14:23pour connaître même
00:14:25le crime,
00:14:25il ne doit pas profiter
00:14:27d'un régime
00:14:28de prescription ordinaire.
00:14:29Je pense que c'est
00:14:30une démarche
00:14:31que la Cour de cassation
00:14:32aura pu franchir
00:14:33et je pense que peut-être
00:14:35qu'un jour
00:14:36elle le franchira.
00:14:37Ce qui serait quand même
00:14:38souhaitable,
00:14:38c'est que la loi
00:14:39peut-être intègre
00:14:40dans le Code pénal
00:14:41le fait que si l'auteur
00:14:42dissimule le corps
00:14:44de sa victime,
00:14:45la prescription
00:14:45qui est une mesure
00:14:47procédurale
00:14:48sera suspendue.
00:14:50Si c'est inscrit
00:14:50dans la loi,
00:14:51ça servira non pas
00:14:52malheureusement
00:14:53pour l'affaire
00:14:54Bonfanti,
00:14:55mais pour toutes
00:14:55les nouvelles affaires
00:14:56qui peuvent se produire
00:14:57avec des disparitions
00:14:58dont on ne sait pas
00:14:59si la personne a été tuée,
00:15:01s'elle s'est suicidée,
00:15:02s'elle est morte
00:15:02accidentellement.
00:15:03Merci beaucoup
00:15:04Jacques Dallès
00:15:05pour votre intervention.
00:15:06Effectivement,
00:15:06ces autres cas,
00:15:07on y revient dans un instant.
00:15:08Restez avec nous
00:15:08et on évoquera
00:15:09la mémoire
00:15:10de Marie-Thérèse Bonfanti.
00:15:11On revient dans quelques instants.
00:15:25On évoque ensemble
00:15:26encore l'affaire
00:15:27Bonfanti
00:15:27avec la famille
00:15:28de Marie-Thérèse
00:15:28qui est présente
00:15:29sur le plateau.
00:15:30Eugène Saïa,
00:15:31je vois depuis le début
00:15:32de l'émission
00:15:32que vous avez
00:15:33beaucoup d'émotions
00:15:34et je voudrais comprendre
00:15:36le cœur serré
00:15:37que vous avez
00:15:38vous présenté à nous
00:15:39avec cette émotion
00:15:40et cette volonté
00:15:41de garder la mémoire intacte
00:15:43de Marie-Thérèse Bonfanti.
00:15:46Marie-Thérèse,
00:15:47c'était une femme
00:15:48qui était pleine de vie,
00:15:51charmante.
00:15:53Elle était à l'écoute
00:15:54des personnes
00:15:55et elle nous aidait beaucoup
00:15:58à évoluer dans la vie
00:16:00étant jeune.
00:16:02Et donc,
00:16:03pour moi,
00:16:05c'est une immense tristesse
00:16:07de savoir qu'aujourd'hui,
00:16:09eh bien,
00:16:10son meurtre
00:16:11ne sera pas
00:16:13traité judiciairement,
00:16:17qu'elle sera
00:16:17une personne
00:16:19peut-être
00:16:19dans les oubliettes
00:16:21dans quelques années.
00:16:22Et vous,
00:16:22vous serez toujours là ?
00:16:23Et moi,
00:16:24je serai toujours là
00:16:25parce que je pense à elle.
00:16:27À chaque fois,
00:16:28j'ai sa photo
00:16:30sur ma table de chevet,
00:16:31sur mon bureau,
00:16:32j'ai sa photo
00:16:33et pour moi,
00:16:37elle est toujours là.
00:16:38Elle est toujours là
00:16:39et ça me choque
00:16:41que la justice
00:16:42dise
00:16:43« Non,
00:16:44c'est prescrit
00:16:45et Marie-Thérèse,
00:16:47c'est prescrit. »
00:16:51C'est vrai que c'est choquant.
00:16:52C'est une autre époque judiciaire.
00:16:54C'est vrai qu'il y a eu
00:16:54une petite année,
00:16:5518 mois,
00:16:56en novembre 87,
00:16:57déjà,
00:16:57il y a une ordonnance
00:16:58de non-lieu.
00:16:59Quand on voit les enquêtes
00:17:00par ailleurs,
00:17:00regardez l'affaire Grégory,
00:17:011984,
00:17:02l'instruction est toujours
00:17:03en cours.
00:17:04Donc,
00:17:05c'est vrai que c'est un paradoxe.
00:17:08C'est le paradoxe
00:17:10parce qu'effectivement,
00:17:11vous soulevez quelque chose
00:17:12de très intéressant.
00:17:13À l'époque,
00:17:13je dis bien à l'époque,
00:17:14pas en 2026,
00:17:16on ne pouvait repartir
00:17:17que sur la présentation
00:17:18de charges nouvelles.
00:17:19C'est ce que nous invitait
00:17:21à faire
00:17:22la chambre d'accusation.
00:17:24Sauf que les charges nouvelles,
00:17:26on pouvait le lui amener,
00:17:28mais rien n'indiquait à l'époque,
00:17:29surtout à l'époque,
00:17:30que le procureur de la République
00:17:31qui avait seul la possibilité
00:17:32de ressaisir un juge d'instruction
00:17:34le fasse.
00:17:36On dit,
00:17:36il y a un monsieur
00:17:37qui nous a dit que,
00:17:38on va lui le dire,
00:17:40est-ce que c'est une charge suffisante ?
00:17:41Moi, procureur,
00:17:43je n'ai pas bien envie
00:17:44de poursuivre,
00:17:44je ne poursuis pas.
00:17:45Et que fait la famille ?
00:17:46Rien.
00:17:47Mais maître,
00:17:47il y a deux autres
00:17:48disparus suspects
00:17:49à Sonchara.
00:17:51Il y a des fils
00:17:52à tirer avec Yves Châtain.
00:17:54Mais la justice
00:17:56ne les a pas tirés
00:17:57en 1986,
00:17:59en 1988.
00:18:00Et est-ce que
00:18:00le Paul Colquais
00:18:01de Nanterre
00:18:01ne va pas s'en occuper ?
00:18:02Peut-être ?
00:18:02Maintenant,
00:18:03non,
00:18:03c'est prescrit.
00:18:03Est-ce qu'il n'y aurait pas
00:18:04un parcours de vie
00:18:05à faire,
00:18:05Yves Châtain ?
00:18:06Il y aurait un parcours
00:18:08de vie à faire,
00:18:09sauf qu'il faudrait maintenant
00:18:10pour débloquer ces situations-là
00:18:11trouver une infraction
00:18:13plus récente
00:18:14et qui ne sera pas
00:18:14elle-même prescrite.
00:18:16Alors,
00:18:16en cohorte,
00:18:16vous allez l'entendre,
00:18:17il y a des espoirs déçus
00:18:18aussi pour d'autres familles
00:18:19parce qu'on le disait,
00:18:20parmi les 129 affaires
00:18:22instruites en ce moment
00:18:22au Paul Colquais
00:18:23de Nanterre,
00:18:24il y a cette décision
00:18:25qui entraîne
00:18:26la prescription
00:18:26de cette procédure
00:18:28qui concerne 4 mineurs.
00:18:29Et avec nous,
00:18:30la famille de Sherazade Bendouyou,
00:18:32Ferouz Bendouyou,
00:18:33vous êtes présidente
00:18:33de l'association
00:18:34N'oubliez pas Sherazade.
00:18:36Alors,
00:18:36expliquons,
00:18:37votre soeur avait 10 ans
00:18:38et elle a disparu
00:18:39à proximité du domicile
00:18:40de vos parents,
00:18:42c'était le 8 juillet 1987,
00:18:44nous sommes à Bourgouin-Jailleux
00:18:45dans l'Isère
00:18:46et la décision
00:18:48de la Cour de cassation,
00:18:49évidemment,
00:18:49vous l'avez scrutée
00:18:50avec beaucoup de précautions
00:18:51et qu'est-ce que vous en concluez
00:18:53pour votre propre histoire ?
00:18:56Bonjour à tous.
00:18:58Alors,
00:18:58tout d'abord,
00:18:59j'exprime tout mon soutien,
00:19:02la famille Bouffantie,
00:19:03bien évidemment.
00:19:06Pour en revenir
00:19:07à ce que vous me demandez,
00:19:08c'est une décision,
00:19:09je la comprends
00:19:10comme celle d'une famille
00:19:11de victimes
00:19:11qui se bat depuis des décennies
00:19:13et qui continue encore aujourd'hui.
00:19:16Alors,
00:19:17on va arrêter la panique,
00:19:19on va se recentrer,
00:19:20c'est qu'une jurisprudence,
00:19:21qui ne concerne
00:19:23qu'un seul cas aujourd'hui.
00:19:24La loi,
00:19:25en fait,
00:19:25elle doit changer
00:19:25et nous,
00:19:27on va s'attelier
00:19:27en fait à le faire
00:19:28comme les précédentes fois
00:19:30avec l'association
00:19:31N'oubliez pas Charazède.
00:19:32Donc en fait,
00:19:33peut-être que la famille Bouffantie
00:19:34a ouvert la porte
00:19:36grâce à cette décision
00:19:38mais que vous,
00:19:38vous allez,
00:19:39pour donner un peu d'espoir
00:19:40à toutes les familles
00:19:41qui nous écoutent,
00:19:42poursuivre le combat
00:19:43si je puis dire.
00:19:45Effectivement,
00:19:46chaque affaire est différente
00:19:47et pour notre part,
00:19:48en fait,
00:19:48nous n'avons rien en fait.
00:19:50On n'a ni le corps
00:19:50de Charazède,
00:19:51ni le ou les criminels.
00:19:53En fait,
00:19:54l'enquête continue
00:19:54et à quoi c'est tout quoi.
00:19:57En revanche,
00:19:58il y a des interrogations
00:19:59dont on ne parle pas en fait.
00:20:03C'est qu'est-ce qu'on fait
00:20:04de ces criminels
00:20:05qui pour la plupart
00:20:06sont en liberté
00:20:07et de ceux,
00:20:09en l'occurrence,
00:20:10pour M. Chattin là,
00:20:13qu'on libère
00:20:14grâce à cette décision en fait.
00:20:16Ça veut dire quoi ?
00:20:17Ça signifie que le message
00:20:18que l'on laisse passer
00:20:19auprès de l'ensemble
00:20:21des personnes en France,
00:20:22c'est qu'il faut cacher
00:20:23les corps,
00:20:24attendre,
00:20:25et puis après,
00:20:28il n'y a plus de crime.
00:20:29Donc, tout va bien.
00:20:30Je trouve que c'est un message
00:20:31qui reste quand même
00:20:31un petit peu dangereux.
00:20:32Donc, attention
00:20:33à ce que l'on véhicule
00:20:35comme information.
00:20:37Et puis, du coup,
00:20:38ça me donne juste envie,
00:20:39là, tout de suite,
00:20:40de dire,
00:20:41moi, je voudrais un rendez-vous
00:20:42avec le ministre,
00:20:43en fait.
00:20:43Et si c'est possible
00:20:45et pas à la suite
00:20:46d'un énième changement,
00:20:47parce que j'espère être entendue
00:20:49dans cette tribune
00:20:50qui est ouverte,
00:20:51qui est à la télévision,
00:20:52parce que par téléphone
00:20:53ou par courrier,
00:20:54par courriel,
00:20:54en fait,
00:20:54on n'arrive pas à obtenir
00:20:55de réponse acceptable.
00:20:56Le message est passé,
00:20:57en tout cas,
00:20:58direction de la place Vendôme.
00:21:00Laurent, vous avez une question ?
00:21:00Oui, c'est vrai que chez Razed,
00:21:01elle a disparu en 1987.
00:21:04Il y a une douzaine d'enfants,
00:21:05c'est les disparus de l'Isère
00:21:06qui ont disparu
00:21:07entre 1980 et 1996.
00:21:10Et alors,
00:21:10ça se sert,
00:21:12grâce à vous, Madame,
00:21:13une cellule mineure 38
00:21:16a été ouverte.
00:21:18Les gendarmes ont comme quoi
00:21:20on a changé quand même
00:21:20un peu d'époque.
00:21:21En 2008,
00:21:22et c'est vrai qu'il y a quand même
00:21:23un Georges Pouille
00:21:25qui a été arrêté en 2016
00:21:26pour des disparitions
00:21:28et des meurtres
00:21:29de 1991 et 1996.
00:21:31Donc, en réalité,
00:21:32il n'y a pas de fatalité
00:21:34à ce que la justice s'arrête
00:21:36comme elle s'arrête aujourd'hui
00:21:37dans le cas Bofanti.
00:21:38Il n'y a pas de fatalité.
00:21:39Il y a d'autres cas
00:21:40où des enquêtes,
00:21:41même anciennes,
00:21:42même sur des faits anciens,
00:21:43la justice continue.
00:21:45En fait, je vous coupe.
00:21:47Je vais amasser le team
00:21:48pour en parler.
00:21:50Nous, ça fait plusieurs décennies
00:21:51qu'on se bat
00:21:52depuis le début.
00:21:52la mobilisation,
00:21:55elle est générale.
00:21:56Elle concerne notre famille,
00:21:57mais elle concerne aussi
00:21:58d'autres familles.
00:21:59Nous, nous sommes des résistants,
00:22:00en fait,
00:22:01au sens fort du terme,
00:22:03en fait.
00:22:03Toutes les familles,
00:22:04en fait,
00:22:04elles sont passées
00:22:05par les mêmes schémas.
00:22:06Les portes,
00:22:07elles se sont toutes
00:22:07refermées régulièrement.
00:22:08Et à chaque fois,
00:22:09en fait,
00:22:10on a eu de cesse
00:22:10de les pousser.
00:22:13On a fait passer
00:22:14des lois,
00:22:16bien évidemment,
00:22:17et on continuera.
00:22:17et puis s'il faut le faire
00:22:18au forceps,
00:22:19on le fera.
00:22:21Là, au niveau de...
00:22:23Là où j'aimerais
00:22:24faire le point,
00:22:24en fait,
00:22:25c'est quand même
00:22:25par rapport
00:22:26à la responsabilité
00:22:26de l'État.
00:22:27C'est quand même
00:22:28tellement insensé
00:22:30et voire indigne
00:22:31de toujours avoir
00:22:32cette manière
00:22:33de diriger son énergie
00:22:35en fait
00:22:36vers la précipitation,
00:22:37vers la fermeture,
00:22:38fermer les dossiers vite,
00:22:39en moins d'un an,
00:22:40en moins de deux ans,
00:22:40annoncer des non-lieux,
00:22:42proposer des tels
00:22:43des décisions.
00:22:43Moi, je trouve
00:22:44que c'est quand même
00:22:44assez grave.
00:22:45et je m'interroge
00:22:48en fait.
00:22:49Que faites-vous
00:22:50en votre âme
00:22:51et conscience
00:22:51de laisser
00:22:52des criminels dehors
00:22:53alors qu'ils n'ont
00:22:54jamais payé leurs dettes
00:22:55sous prétexte
00:22:55de cacher justement
00:22:57un corps ?
00:22:58Elle est où la justice
00:22:58en fait ?
00:23:00Là, on n'est pas du tout
00:23:01en train de parler
00:23:01de fraude financière
00:23:02en fait.
00:23:03On est quand même
00:23:03en train de parler
00:23:04en tout cas pour moi,
00:23:05je parle pour ma sœur,
00:23:06d'enfants en fait
00:23:07et des criminels
00:23:09qui sont en liberté
00:23:10ou qu'on laisse
00:23:11en liberté en fait.
00:23:13Merci beaucoup.
00:23:14C'est assez alarmant.
00:23:15Merci beaucoup
00:23:16Madame Benudou
00:23:17pour votre intervention.
00:23:18Le message est passé
00:23:19en fait en direction
00:23:20de la place Dondon.
00:23:21Merci à tous les trois
00:23:22d'être venus
00:23:22pour honorer
00:23:23une dernière fois
00:23:24la mémoire
00:23:25de Marie-Thérèse Bonfondi.
00:23:26Mais on l'a compris,
00:23:27il y a encore
00:23:27un peu d'espoir peut-être
00:23:28et en tout cas
00:23:29vous aurez permis
00:23:30de faire avancer
00:23:31la réflexion collective.
00:23:32Merci encore une fois
00:23:33d'être venus
00:23:34à nous aujourd'hui
00:23:35dans cette émission.
00:23:35C'est le dossier
00:23:37de cambriolage
00:23:38le plus sensible
00:23:39de l'année
00:23:40Laurent Lelouvre
00:23:40et ses bijoux
00:23:41toujours introuval.
00:23:4250 enquêteurs
00:23:43sur le feu,
00:23:434 hommes en détention
00:23:44provisoire
00:23:45depuis presque 3 mois
00:23:46et autant de questions
00:23:47que nous allons nous poser
00:23:48ensemble.
00:23:48D'abord,
00:23:49un point sur l'enquête
00:23:49avec Pierre-Louis Bousset.
00:23:52La piste des bijoux
00:23:53du Louvre
00:23:54aura conduit
00:23:55les enquêteurs
00:23:55jusqu'à Aubervilliers
00:23:56au nord de Paris.
00:23:58Plus précisément
00:23:59dans ce parking
00:24:00où deux scooters
00:24:01sont entrés
00:24:02le jour du casse
00:24:03une heure seulement
00:24:04après les faits.
00:24:05Les images
00:24:05de vidéosurveillance
00:24:06montrent alors
00:24:07les deux conducteurs
00:24:08casqués
00:24:08sortant un objet
00:24:10manifestement
00:24:11en forme de diadème.
00:24:12Pour les enquêteurs,
00:24:13ces deux hommes
00:24:14sont à ce moment
00:24:15en train de contempler
00:24:16leur butin.
00:24:17Plus au nord,
00:24:18à la Courneuve,
00:24:19les autorités
00:24:19ont découvert
00:24:20une autre cachette
00:24:21suspectée
00:24:21des malfaiteurs
00:24:22dans un ancien local
00:24:24à vélo
00:24:24près de cette barre
00:24:25d'immeubles.
00:24:26A l'intérieur,
00:24:27une panoplie d'outils
00:24:28vraisemblablement
00:24:29liés aux casses.
00:24:30Disqueuses,
00:24:31perforeuses
00:24:32et outils de serrurier
00:24:33sont retrouvés
00:24:34mais aussi
00:24:35un détecteur de balises
00:24:36ainsi qu'un brouilleur
00:24:37et plus intéressant encore,
00:24:39des pierres de touche
00:24:40et des flacons
00:24:41destinés aux tests
00:24:42de l'or.
00:24:43Deux récentes révélations
00:24:44dans cette enquête
00:24:45où de nombreuses
00:24:46zones d'ombre
00:24:47demeurent.
00:24:48Où sont cachés
00:24:48les bijoux volés ?
00:24:49Ont-ils été
00:24:50dessertis
00:24:50pour les rendre
00:24:51intraçables ?
00:24:52Y aurait-il eu
00:24:53un ou plusieurs
00:24:54commanditaires ?
00:24:55L'un des hommes
00:24:55soupçonnés
00:24:56d'avoir pénétré
00:24:57dans la galerie Apollon
00:24:57affirme avoir été
00:24:58recruté quelques jours
00:25:00avant les faits
00:25:01par deux personnes
00:25:01à l'accent slave.
00:25:03Un autre suspect
00:25:04assure quant à lui
00:25:05avoir été approché
00:25:06par un homme
00:25:06se faisant appeler
00:25:07laser.
00:25:08Certains suspects
00:25:09ont été à nouveau
00:25:10interrogés par un juge
00:25:11d'instruction.
00:25:12D'autres doivent prochainement
00:25:13faire eux aussi
00:25:14l'objet d'un nouvel
00:25:15interrogatoire.
00:25:17Alors j'accueille ici
00:25:18en plateau
00:25:19Maître Minia Araptigrine,
00:25:20avocate d'un des suspects
00:25:22interpellés
00:25:23placés en détention
00:25:24provisoire le mois dernier.
00:25:25On en parlera dans un instant.
00:25:26Merci d'être avec nous.
00:25:27Mathias Tesson,
00:25:28journaliste PJ
00:25:29du service
00:25:30de BFM TV
00:25:31et Didier Reckner,
00:25:33journaliste fondateur
00:25:34de la Tribune de l'Art.
00:25:34Merci d'être là aussi.
00:25:36Alors trois mois après,
00:25:38la vraie question,
00:25:39que reste-t-il
00:25:39comme zone d'ombre ?
00:25:40Parlez-nous d'abord
00:25:41de la personne
00:25:42que vous défendez,
00:25:43de votre client.
00:25:44Qui est-il ?
00:25:45Nous, on sait simplement
00:25:46qu'il a été interpellé
00:25:47à Laval
00:25:48il y a quelques semaines.
00:25:50Bien, c'est un homme
00:25:51à la vie particulièrement
00:25:53ordinaire
00:25:53depuis de nombreuses années
00:25:54puisqu'il travaillait
00:25:55pour une société
00:25:56de détection de gaz
00:25:58se levait tous les matins
00:26:00et allait travailler
00:26:00comme la plupart
00:26:01des Français.
00:26:02Il est père de deux enfants
00:26:03et il avait une vie
00:26:05de famille ordinaire aussi
00:26:07avant son interpellation
00:26:08et son incarcération.
00:26:10Donc, plutôt une vie
00:26:11très normale,
00:26:12si je puis dire.
00:26:13Quel lien présumé
00:26:14avec les trois autres
00:26:14et qu'est-ce qu'on sait
00:26:15de son implication ?
00:26:16Parce que c'est un peu
00:26:17quand même pour ça
00:26:17qu'il est en détention provisoire.
00:26:19Alors, le lien présumé
00:26:20avec les autres,
00:26:21il n'a pas été établi
00:26:22par la procédure.
00:26:24Son implication,
00:26:24c'est l'instruction
00:26:25qui doit nous le dire
00:26:26puisque la particularité
00:26:27de ce dossier,
00:26:28c'est qu'il s'ouvre
00:26:28en flagrance.
00:26:29Donc, en fait,
00:26:30le début des investigations
00:26:31c'est le jour du cambriolage.
00:26:34C'est donc un temps réduit
00:26:35pour l'instant d'investigation
00:26:37qu'il faut observer,
00:26:38analyser pour conclure
00:26:40à l'implication de quiconque.
00:26:42La sienne, en tout cas,
00:26:43est contestée.
00:26:45Il conteste avoir été
00:26:46sur les lieux du Louvre
00:26:47ce jour-là.
00:26:48Comment est-ce que les enquêteurs
00:26:49sont remontés à lui
00:26:50par de l'ADN ?
00:26:52Non, pas du tout.
00:26:52Pas du tout.
00:26:53Je précise tout de même
00:26:54qu'il n'a pas encore été entendu
00:26:55par les magistrats instructeurs.
00:26:56Il sera entendu
00:26:56la semaine prochaine.
00:26:58Vous êtes bien informés.
00:26:59Je le crois.
00:27:00Il sera entendu
00:27:01très prochainement
00:27:02et c'est important
00:27:04que sa parole
00:27:05reste la plus importante
00:27:07devant ces magistrats instructeurs
00:27:08qui ont la charge
00:27:10d'instruire.
00:27:10Néanmoins,
00:27:11puisque la presse
00:27:12a divulgué
00:27:13de nombreuses informations
00:27:14le concernant,
00:27:15je dois aussi
00:27:16le défendre
00:27:17devant vous
00:27:18et effectivement,
00:27:19sa présence
00:27:20sur les lieux
00:27:22du cambriolage du Louvre
00:27:23est hautement contestée.
00:27:24devant les policiers
00:27:25en garde à vue,
00:27:26il a donc contesté
00:27:27à être le quatrième homme
00:27:28puisqu'il a été arrêté
00:27:29après les trois autres.
00:27:30Est-ce que,
00:27:31sans dire éventuellement,
00:27:32est-ce qu'il est envisageable
00:27:34qu'il change d'attitude
00:27:35devant les jeux d'instruction
00:27:36la semaine prochaine ?
00:27:37Qui change d'attitude,
00:27:38c'est-à-dire ?
00:27:38Qui devienne coupable ?
00:27:39Qui devienne le quatrième homme ?
00:27:40Mais qu'il ait une autre version
00:27:42que celle en garde à vue
00:27:43de façon générale ?
00:27:44Non,
00:27:45puisque,
00:27:45a priori,
00:27:45quand on n'est pas responsable
00:27:47de faits,
00:27:48on ne s'auto-incrimine pas.
00:27:49Ça arrive parfois,
00:27:50mais c'est quand même
00:27:50assez rare.
00:27:51Donc non,
00:27:52sa position va rester la même.
00:27:53Il n'était pas au Louvre
00:27:54le 19 octobre 2027.
00:27:55Pour lui,
00:27:56c'est un malentendu
00:27:57s'il est en garde à vue,
00:27:58s'il est incarcéré
00:27:59en ce moment.
00:28:00Il arrive très souvent
00:28:01dans les instructions.
00:28:02Je sais que ce n'est pas évident
00:28:03pour le grand public,
00:28:05mais que l'on soit suspecté
00:28:06de faits,
00:28:07qu'ensuite,
00:28:07parce que c'est le boulot
00:28:09de l'instruction des preuves
00:28:11aille dans le sens
00:28:12de la culpabilité
00:28:13ou dans le sens
00:28:13de l'innocence.
00:28:14Et parfois,
00:28:14c'est même la cour d'assises
00:28:15ou le tribunal correctionnel
00:28:16qui finit par décider
00:28:17que l'on s'est trompé au départ.
00:28:19On est au tout départ.
00:28:20Il ne faut jamais oublier ça.
00:28:21Et parce que son nom
00:28:22est apparu dans cette procédure,
00:28:24il a été arrêté.
00:28:25Il va falloir qu'il s'explique.
00:28:26Ça n'en fait toujours pas un coupable.
00:28:28Très bien.
00:28:28Mathias,
00:28:29pour avoir bien le film en tête,
00:28:30les lieux et la chronologie précises,
00:28:31vous venez avec moi.
00:28:32On va s'installer là-bas.
00:28:34Le point de départ,
00:28:35c'est Aubervilliers
00:28:36et c'est aussi un point de passage.
00:28:38Alors,
00:28:38comment tout ça démarre ?
00:28:40Oui,
00:28:40dans cette affaire,
00:28:41tout commence
00:28:41et tout termine,
00:28:42si j'ose dire,
00:28:43à Aubervilliers,
00:28:45en Seine-Saint-Denis.
00:28:46Revenons au jour fatidique
00:28:47du 19 octobre dernier,
00:28:48ce jour-là,
00:28:49à 8h37 et 8h54,
00:28:51un étrange convoi
00:28:52composé de deux scooters
00:28:54et d'un camion nacelle
00:28:55quitte Aubervilliers
00:28:56pour aller se stationner
00:28:57juste ici,
00:28:58au sud de Paris,
00:28:59patienter quelques instants
00:29:01avant, à 9h15,
00:29:02de prendre une autre direction,
00:29:04la direction de Paris-Centre
00:29:06et évidemment,
00:29:07celle du musée du Louvre.
00:29:09La suite,
00:29:09Pauline,
00:29:10le monde entier
00:29:10la connaît.
00:29:12À partir de 9h30,
00:29:13dans un second temps,
00:29:14l'équipe arrive
00:29:15sous la fenêtre
00:29:16de la galerie d'Apollon
00:29:17à 9h30
00:29:18et en seulement 8 minutes,
00:29:21deux d'entre deux,
00:29:21des malfaiteurs
00:29:22vont avoir le temps
00:29:22à la fois de monter
00:29:24sur le camion nacelle,
00:29:25de monter,
00:29:26d'accéder au balcon,
00:29:27de rentrer à l'intérieur
00:29:28de la galerie,
00:29:29de subtiliser
00:29:30les huit bijoux
00:29:31et de redescendre
00:29:33très tranquillement
00:29:33avant de prendre
00:29:34la fuite
00:29:35à 9h38.
00:29:37Les bras
00:29:37et les véhicules chargés
00:29:39de près
00:29:39de 88 millions
00:29:41d'euros
00:29:42de bijoux.
00:29:43Souvenez-vous
00:29:43de ces images
00:29:44qui avaient évidemment
00:29:45ému le monde entier.
00:29:47Et après,
00:29:47Mathias,
00:29:47comment ça se passe ?
00:29:48Par où ?
00:29:48Et comment prennent-ils la fuite ?
00:29:50Alors,
00:29:50après avoir pris la fuite
00:29:51à 9h38,
00:29:52ils vont abandonner
00:29:54le camion nacelle
00:29:55sur place
00:29:56au musée du Louvre
00:29:56tentant en vain
00:29:57de l'incendier.
00:29:59Ils vont repartir
00:30:00à Scooter.
00:30:01Ils sont 4 au total
00:30:02à ce moment-là.
00:30:03Ils vont aller
00:30:04se stationner
00:30:04du côté
00:30:05d'Ivry-sur-Seine
00:30:06avant de rejoindre
00:30:07un autre véhicule
00:30:08très intéressant,
00:30:09un utilitaire blanc
00:30:10qui était stationné
00:30:11juste avant
00:30:13à Ivry-sur-Seine.
00:30:14Ils vont alors
00:30:14se scinder en 2.
00:30:15L'utilitaire blanc
00:30:16va partir
00:30:16du côté
00:30:17des Yvelines
00:30:18manifestement.
00:30:20Quant aux deux scooters,
00:30:21eux,
00:30:21iront vers
00:30:22l'Est parisien.
00:30:23Et puis,
00:30:24dans un dernier temps,
00:30:26les enquêteurs
00:30:27découvriront
00:30:28que tous ces véhicules
00:30:29sont finalement
00:30:30retournés
00:30:31à Aubervilliers,
00:30:32bien sûr,
00:30:33à 10h27.
00:30:34Les deux scooters
00:30:34sont filmés
00:30:35en train de rentrer
00:30:36dans un parking
00:30:37souterrain.
00:30:38À 11h20,
00:30:39c'est au tour
00:30:40de l'utilitaire blanc
00:30:42à son tour
00:30:42de rentrer
00:30:43à l'intérieur
00:30:43de ce parking.
00:30:45Ces véhicules
00:30:45seront finalement
00:30:46exfiltrés
00:30:47quelques jours plus tard.
00:30:48Hélas,
00:30:48les enquêteurs
00:30:48découvront
00:30:49l'existence
00:30:50de cette cache
00:30:51après qu'il soit
00:30:52exfiltré.
00:30:53C'est le fameux
00:30:55parking
00:30:55d'Aubervilliers
00:30:57dans lequel
00:30:57nous avons pu
00:30:59nous rendre
00:30:59cette semaine,
00:31:01là où manifestement
00:31:01les bijoux
00:31:02ont pu transiter.
00:31:03Les informations
00:31:04que vous nous révéliez
00:31:05cette semaine,
00:31:06Mathias Tesson,
00:31:06merci beaucoup.
00:31:07On a appris aussi
00:31:08que la couronne
00:31:09Eugénie avait été
00:31:09largement endommagée
00:31:11lors de ce cambriolage,
00:31:13compressée,
00:31:13tordue,
00:31:14parce qu'elle avait
00:31:14été retirée
00:31:15par les malfaiteurs.
00:31:18Alors,
00:31:18Christian Reckner,
00:31:18vous êtes avec nous,
00:31:19fondateur de la Tribune de l'Art
00:31:21et je reviens délicatement
00:31:23m'asseoir à ma place,
00:31:24je vais y arriver.
00:31:24Qu'est-ce qu'on peut dire
00:31:25de l'état de cette couronne ?
00:31:28Moi,
00:31:28j'ai réussi à joindre
00:31:28la communication du Louvre
00:31:30cette semaine
00:31:30qui me dit
00:31:31qu'il y a de l'espoir,
00:31:31elle est restaurable.
00:31:32Vous partagez cette vision ?
00:31:33Eh bien,
00:31:34écoutez,
00:31:34il faudrait savoir
00:31:34exactement quel est son état
00:31:36et il est dommage
00:31:37une fois de plus
00:31:37que le Louvre
00:31:38ne communique pas.
00:31:39L'association de sites et monuments
00:31:40qui s'occupe de patrimoine
00:31:41a demandé
00:31:42à avoir
00:31:44le constat d'état
00:31:45parce qu'ils ont peur
00:31:46et on peut les comprendre
00:31:47que la restauration
00:31:48qui va être à mon avis importante
00:31:50d'après ce qu'on a vu,
00:31:51on a vu quelques images,
00:31:52soit un peu forte.
00:31:54Il faudrait savoir
00:31:54dans quel état elle est
00:31:55et en fait,
00:31:55le Louvre dit
00:31:56oui,
00:31:56on va sans doute pouvoir
00:31:57la restaurer,
00:31:57oui,
00:31:57elle était très abîmée
00:31:58mais il ne dit pas
00:31:59dans quel état elle est exactement
00:32:00et ça,
00:32:00c'est une fois de plus
00:32:01quelque chose que je regrette,
00:32:03il n'y a pas de communication
00:32:04du Louvre en fait.
00:32:04Mais donc elle a été compressée,
00:32:06elle a été...
00:32:07Apparemment,
00:32:07quand ils ont tiré,
00:32:08elle a été compressée.
00:32:08On a vu des images
00:32:09qui montrent
00:32:11qu'elle était écrasée,
00:32:12il manque,
00:32:12il y a plusieurs aigles
00:32:14en or,
00:32:16il y en a un qui est perdu,
00:32:17alors on se demande
00:32:17comment il a pu être perdu
00:32:18entre la galerie d'Apollon
00:32:19et la fuite
00:32:21puisque normalement
00:32:22ça aurait dû être sur le sol.
00:32:24Est-ce qu'il y a quelqu'un
00:32:25à ramasser ?
00:32:25Est-ce que c'est tombé
00:32:26dans les égouts ?
00:32:28Je ne sais pas.
00:32:29Et puis voilà,
00:32:30il y a vraiment du travail
00:32:32de restauration,
00:32:32c'est certainement restaurable,
00:32:33tout est restaurable,
00:32:34mais encore,
00:32:34faut-il le restaurer ?
00:32:36Une fois qu'elle sera restaurée,
00:32:38il faudra savoir
00:32:38dans quel état elle est exactement
00:32:39parce que ce n'est pas
00:32:40tout à fait pareil
00:32:41d'avoir une couronne restaurée
00:32:42et une couronne en bon état.
00:32:43Mais ça,
00:32:43le Louvre ne le dit pas.
00:32:44Alors on y reviendra Laurent,
00:32:46allez-y.
00:32:46On sait sur les images
00:32:47maintenant de prises
00:32:48à l'intérieur
00:32:48de la galerie d'Apollon
00:32:49par les photos,
00:32:51par les caméras du Louvre
00:32:53que c'est quand même
00:32:54un geste d'une grande violence
00:32:55avec des disqueuses
00:32:56à béton,
00:32:57hyper fort,
00:32:58ils font une espèce
00:32:59de U dans les vitrines
00:33:00et ils poussent
00:33:02sur ce verre
00:33:03qui est quand même épais
00:33:03et ils arrachent
00:33:05comme si c'était
00:33:05des fruits et légumes
00:33:06ces bijoux
00:33:07de très grande valeur
00:33:10et puis
00:33:10ils sont très fragiles.
00:33:12Exactement,
00:33:13c'est-à-dire qu'on sait,
00:33:14enfin le Louvre sait
00:33:14dans quel état
00:33:15elle a couronné
00:33:16mais les autres bijoux
00:33:17ont peut-être
00:33:17beaucoup souffert également.
00:33:18Parce qu'on le rappelle,
00:33:198 484 diamants,
00:33:22Mathias,
00:33:2235 émerauds,
00:33:2338 saphirs,
00:33:24un pactole virtuel
00:33:26on va dire
00:33:27de 88 millions d'euros
00:33:28parce qu'on parlait
00:33:29d'une décote
00:33:30au fur et à mesure
00:33:30des jours.
00:33:32Je reviens vers vous,
00:33:32Maître,
00:33:34avec l'excellente infographie
00:33:35de Mathias Tesson,
00:33:36on est d'accord
00:33:37que votre client
00:33:37il n'est ni sur un scooter
00:33:39ni dans l'utilité Air Blanc,
00:33:41il est nul,
00:33:42selon vous
00:33:42et selon lui,
00:33:43il est nulle part
00:33:44dans ce film-là ?
00:33:45Alors,
00:33:45ce n'est pas selon moi
00:33:46et selon lui,
00:33:47c'est selon l'instruction.
00:33:48Oui.
00:33:49Donc,
00:33:49les investigations
00:33:50qui ont débuté
00:33:51le 19 octobre 2025
00:33:52ne permettent pas
00:33:54aujourd'hui d'affirmer
00:33:55d'aucune manière
00:33:56et c'est pour ça
00:33:57que je prends la parole
00:33:57aujourd'hui
00:33:58qu'il ait été au Louvre
00:34:00sur un scooter
00:34:01ou dans le Berlingot
00:34:02et c'est important
00:34:03puisque je lisais
00:34:04dans un article du Parisien
00:34:05qu'on était persuadé
00:34:06que c'était le quatrième homme
00:34:07sur place.
00:34:08L'instruction ne dit pas ça.
00:34:09Alors,
00:34:10comment est-ce que...
00:34:10Moi,
00:34:10j'ai une question naïve
00:34:11je ne sais pas
00:34:12si vous allez répondre
00:34:12mais comment du coup
00:34:13remonte-t-il à votre client ?
00:34:15Les enquêteurs ?
00:34:16Comment est-ce que...
00:34:17De quoi il le soupçoit
00:34:17de votre client ?
00:34:18Sans dévoiler
00:34:19le secret d'instruction
00:34:20même si je ne sais plus
00:34:21s'il a beaucoup de sens
00:34:22dans ce dossier
00:34:23il y a une journée
00:34:24et je crois
00:34:25qu'on vient de nous expliquer
00:34:26que cette journée
00:34:27se prolonge
00:34:28au fur et à mesure
00:34:30des heures
00:34:30il y a un espace-temps
00:34:31pendant lequel
00:34:32qu'on soit bien clair
00:34:33on ne saura jamais
00:34:33ce qui s'est passé
00:34:34puisque de 9h40
00:34:37à peu près
00:34:37jusqu'à 10h30
00:34:39l'arrivée à Aubervilliers
00:34:41on ne sait pas
00:34:42en tout cas
00:34:43on n'a aucune image
00:34:44de ce que sont devenus
00:34:46ces scooters
00:34:47et cet utilitaire
00:34:48ce temps
00:34:49qui est celui
00:34:50de la vérité
00:34:51c'est celui
00:34:51où on a pu changer d'homme
00:34:52on a pu changer de véhicule
00:34:53il a pu se passer
00:34:54plein de choses
00:34:54mon client
00:34:55l'homme que je défends
00:34:56il arrive dans un temps
00:34:57qui est beaucoup plus lointain
00:34:58dans cette journée
00:34:59à Aubervilliers
00:35:00voilà
00:35:00c'est la seule chose
00:35:01que je dirais
00:35:02et donc ensuite
00:35:03il faut reconstituer
00:35:04une histoire
00:35:05et la logique
00:35:06qui serait celle
00:35:07de dire
00:35:07il y a 4 hommes au Louvre
00:35:08et plus tard dans la journée
00:35:10on va retrouver 4 hommes
00:35:11ou alors on va trouver
00:35:12un autre homme
00:35:13et ça fait 4
00:35:13c'est basique
00:35:15c'est pas possible
00:35:16de raisonner comme ça
00:35:17quand on est en train
00:35:17de parler de quelque chose
00:35:18de cette gravité là
00:35:19et ça n'est pas
00:35:20la vérité judiciaire
00:35:22telle qu'on la concerne
00:35:22donc si je vous suis bien
00:35:23l'équipe n'est pas au complet
00:35:25bah oui maître
00:35:26c'est ça
00:35:26on est sûr qu'il y a 4 hommes au Louvre
00:35:28on est sûr qu'il y a 4 hommes au Louvre
00:35:29mais vous vous pensez
00:35:30qu'il y a 4 hommes en prison
00:35:31alors si votre client
00:35:32n'est pas le 4ème homme
00:35:34ça veut dire qu'il en manque un
00:35:35absolument
00:35:36dans cette affaire
00:35:37on peut rappeler
00:35:38que certains des individus
00:35:40mis en cause
00:35:40ont révélé
00:35:42à l'occasion
00:35:42de leur garde à vue
00:35:43avoir été recruté
00:35:45par de mystérieux
00:35:46commanditaires
00:35:47l'un d'eux explique
00:35:48avoir été recruté
00:35:49dans un parc
00:35:50à Aubervilliers
00:35:50par manifestement
00:35:51un homme à l'accent slave
00:35:53c'est la précision
00:35:54qui est apportée
00:35:54contre quelques milliers d'euros
00:35:56pour un casse
00:35:58un cambriolage
00:35:59ordinaire
00:35:59dit-il
00:36:00un autre
00:36:00se fait l'écho
00:36:02d'un homme
00:36:02qui se serait fait appeler
00:36:04laser
00:36:04sans plus de précision
00:36:05et l'aurait recruté
00:36:07c'est vrai que
00:36:08au dessus de ce dossier
00:36:09il y a l'ombre
00:36:10d'un éventuel
00:36:10d'un commanditaire
00:36:12qui plane
00:36:12mais qui jusqu'à maintenant
00:36:14n'a pas encore été
00:36:15démontré
00:36:16officiellement
00:36:17Laurent
00:36:18qu'est-ce qui est saillant
00:36:19selon vous
00:36:19au regard de ces profils
00:36:20justement
00:36:21et de ce dont parle Mathias
00:36:22est-ce que c'est des gros bonnets
00:36:24est-ce que c'est du petit calibre
00:36:25comment est-ce qu'on peut qualifier
00:36:26l'équipe
00:36:26attention je vois que
00:36:28Maître nous fait des yeux noirs
00:36:29parce qu'on a bien compris
00:36:30que sans quatrième
00:36:32le quatrième n'était pas dedans
00:36:33en tout cas en écoutant Mathias
00:36:33je me suis dit une chose
00:36:34un
00:36:35ils sont quatre
00:36:36ils ne sont pas plus que quatre
00:36:38parce que c'est vrai que Maître
00:36:40il y a quand même des caméras
00:36:41de vidéosurveillance
00:36:42qui voient au moins
00:36:44huit
00:36:44quatre personnes
00:36:45enfin quatre silhouettes
00:36:47ils ne sont pas non plus
00:36:48plus nombreux
00:36:49on aurait pu imaginer
00:36:50quand ils ont
00:36:51en tout cas on ne les a pas
00:36:52sur la vidéosurveillance
00:36:52voilà
00:36:53non mais ils ont
00:36:53prépositionné le berlingot
00:36:56ils ont quand même
00:36:57ils ont
00:36:58je ne suis pas bien sûr
00:37:00de comprendre
00:37:00excusez-moi de vous interrompre
00:37:01parce qu'il y a quatre hommes
00:37:03au Louvre
00:37:03et qu'on a interpellé quatre hommes
00:37:04c'est forcément les bons
00:37:05il ne dit pas ça
00:37:06il n'y en a quatre
00:37:08ils n'étaient pas
00:37:09sept ou huit
00:37:10au moment du braquage
00:37:12et dans ces circuits
00:37:13qu'ils ont repérés
00:37:14ils ont épluché Maître
00:37:16des milliers d'heures
00:37:17de vidéosurveillance
00:37:18Mathias nous l'a raconté
00:37:20comme ça en deux minutes
00:37:20pour la police
00:37:21c'est un travail de titan
00:37:22ça veut dire que c'est
00:37:23toutes les caméras
00:37:24de vidéosurveillance
00:37:25de la région parisienne
00:37:25qui ont été épluchées
00:37:26donc c'est pas
00:37:28aux doigts mouillés
00:37:29en réalité
00:37:30il y a quatre personnes
00:37:31qui font le braquage
00:37:33du Louvre
00:37:34la question que je me posais
00:37:35c'est
00:37:35est-ce que dans l'enquête judiciaire
00:37:37ou ce que vous en savez
00:37:38ces quatre
00:37:39ont été repérés
00:37:41dans le Louvre
00:37:41pour faire des repérages
00:37:43repérage avant casse
00:37:45vous voulez dire
00:37:45alors on n'a pas d'informations
00:37:46relatives à des repérages
00:37:48à ce stade
00:37:48et d'ailleurs
00:37:49ça pose la question
00:37:50enfin c'est une question
00:37:51ouverte
00:37:52du choix
00:37:53qui a été celui
00:37:54du moment des interpellations
00:37:55en réalité
00:37:56dans ce type de dossier
00:37:57on attend souvent
00:37:59d'observer
00:37:59d'analyser
00:38:00des données téléphoniques
00:38:01et de recouper
00:38:02des données téléphoniques
00:38:03pour brasser le plus large
00:38:04possible en termes
00:38:05d'investigation
00:38:06là on a été très rapide
00:38:07très certainement
00:38:08parce que la pression
00:38:09politique et médiatique
00:38:10est importante
00:38:11l'urgence de retrouver
00:38:11les bijoux maître
00:38:12alors je ne suis pas sûre
00:38:13qu'en interpellant
00:38:14et en incarcérant
00:38:15à considérer
00:38:16qu'on est les bonnes personnes
00:38:17en prison
00:38:18n'oublions pas cela
00:38:19je ne suis pas sûre
00:38:20qu'on retrouve plus vite
00:38:21les bijoux
00:38:21bien au contraire
00:38:22mais en tout cas
00:38:23ce qui est certain
00:38:23c'est que des hommes
00:38:24en prison
00:38:24sont des hommes
00:38:25qui communiquent moins
00:38:26et que donc
00:38:27pour retrouver
00:38:27d'éventuels commanditaires
00:38:28aux complices
00:38:29ça devient beaucoup
00:38:30plus difficile
00:38:30c'est un choix
00:38:31qui a été fait
00:38:32j'interroge
00:38:34en commun
00:38:35dans ce dossier
00:38:36cette série d'interpellations
00:38:37a aussi eu lieu
00:38:38parce que
00:38:39l'une des personnes
00:38:40s'apprêtait à partir
00:38:41direction
00:38:43le Maghreb
00:38:44donc ce n'est pas forcément
00:38:45l'urgence
00:38:46de retrouver les bijoux
00:38:47qui a dicté
00:38:47le timing des interpellations
00:38:48c'est aussi cet homme
00:38:50qui est allé prendre
00:38:51la fuite
00:38:51peut-être que les enquêteurs
00:38:52auraient préféré
00:38:53avoir plus de temps
00:38:54faire plus d'écoute
00:38:55faire plus de filature
00:38:56etc.
00:38:57pour réussir
00:38:58à aller jusqu'au bout
00:38:58alors est-ce qu'il y a un espoir
00:38:59de retrouver les bijoux
00:39:00c'est en substance
00:39:01que dit la communication
00:39:02du Louvre
00:39:02et puis je me réfère aussi
00:39:04au propos de Laure Bécchio
00:39:05ces derniers jours
00:39:06qui dit
00:39:06rien ne permet de dire
00:39:08que les bijoux ont franchi
00:39:09la frontière
00:39:09et la procureure de Paris
00:39:11et ce n'est pas la première fois
00:39:11qu'elle le fait
00:39:12elle fait un appel
00:39:13à réitérer
00:39:14à collaborer avec la justice
00:39:16qui saura en tenir compte
00:39:18Didier Reckner
00:39:19et qu'est-ce qu'on peut se dire
00:39:21sur ces bijoux
00:39:22est-ce qu'ils sont
00:39:23je sais que c'est une énigme
00:39:24mais qu'est-ce qu'elle fait
00:39:26la procureure en faisant ça
00:39:26elle tente un dernier coup
00:39:28elle essaye d'appeler à la raison
00:39:30ceux qui peuvent encore l'entendre
00:39:31comment est-ce que vous analyseriez ça
00:39:32je ne sais pas ce qu'elle fait
00:39:33mais en tout cas
00:39:33ce qui est sûr
00:39:34c'est qu'il y a bien sûr
00:39:35encore des chances
00:39:36de retrouver les bijoux
00:39:37alors on lit effectivement
00:39:38qu'ils seraient toujours en France
00:39:40espérons-le
00:39:42en tout cas
00:39:43il faut
00:39:43je rappelle toujours
00:39:44qu'il y a eu d'autres cases
00:39:45de ce genre
00:39:46par exemple la Dresse
00:39:47il y a quelques années
00:39:48et les bijoux ont été retrouvés
00:39:49longtemps après
00:39:50un an après
00:39:51un an après
00:39:51et des bijoux
00:39:53à peu près du même genre
00:39:54des bijoux de refèvrerie
00:39:56avec des diamants
00:39:57etc
00:39:57donc moi j'espère toujours
00:39:59bien sûr
00:39:59qu'on va les retrouver
00:40:00et on les trouvera
00:40:01dans un état restaurable
00:40:03maintenant je n'en ai pas
00:40:05je n'ai pas plus d'informations
00:40:05hélas
00:40:06et alors sur cet appel
00:40:07à collaborer maître
00:40:08puisque le parquet
00:40:09lance un appel
00:40:10il est un peu à votre
00:40:10à votre destination aussi
00:40:12enfin à tous les avocats
00:40:13qui sont dans ce dossier
00:40:13est-ce que c'est quelque chose
00:40:14dont vous avez parlé ensemble
00:40:16avec votre client
00:40:17ou avec la procureure
00:40:19comment est-ce qu'il y a
00:40:20un lien qui s'est
00:40:21moi avec mon client
00:40:22le sujet ne peut pas
00:40:23venir sur la table
00:40:24puisqu'il conteste
00:40:26les faits
00:40:26donc ce n'est pas du tout
00:40:27l'objet de nos échanges
00:40:29au parloir avocat
00:40:30néanmoins
00:40:31je suis assez surprise
00:40:33parce qu'en réalité
00:40:34il y a deux options
00:40:35à partir de maintenant
00:40:36soit ce dossier
00:40:37va devant une cour d'assises
00:40:38parce qu'il reste criminel
00:40:40soit il va devant
00:40:41un tribunal correctionnel
00:40:42parce qu'il devient correctionnel
00:40:43dans les deux cas
00:40:44c'est soit un jury populaire
00:40:46soit des magistrats professionnels
00:40:48qui vont juger
00:40:48donc la clémence de la peine
00:40:51ce n'est pas le procureur
00:40:52de la République
00:40:52qui va le décider
00:40:53je ne sais pas très bien
00:40:54quelle est la disposition
00:40:55mais alors quelle est la stratégie
00:40:56est-ce qu'on arrive
00:40:57à la décrypter avec vous ?
00:40:58je pense que c'est psychologique
00:40:59et que d'ailleurs
00:41:00ce n'est pas à l'endroit
00:41:01des avocats
00:41:02puisque nous on n'a
00:41:03de toute façon
00:41:03pas les bijoux
00:41:04ça c'est certain
00:41:04merci de le rappeler
00:41:06c'est très certainement
00:41:10à l'égard de personnes
00:41:11qui seraient non interpellées
00:41:13que ce message
00:41:15est adressé
00:41:15avec un petit espoir
00:41:17mais en tout cas
00:41:17et je ne dissuade personne
00:41:19de dire la vérité
00:41:20mais du coup
00:41:21ça met de l'eau
00:41:23à votre moulin
00:41:23parce que peut-être
00:41:24qu'elle s'adresse
00:41:24à ceux qui sont encore dehors
00:41:26et qui ne sont pas
00:41:27je pense que c'est le cas
00:41:28mais en tout cas
00:41:28en termes de procédure pénale
00:41:29le procureur de la République
00:41:31n'a pas d'impact direct
00:41:32sur les peines
00:41:33ça c'est pas possible
00:41:33dans le cas de Dresde
00:41:34dont vous parliez
00:41:35ils ont arrêté
00:41:37toute une équipe
00:41:38et un an après
00:41:39ils ont fait
00:41:40la justice allemande
00:41:41tout ça est public
00:41:42ils ont fait comprendre
00:41:44à l'équipe
00:41:44qu'il valait mieux
00:41:45retrouver les bijoux
00:41:46et ils ont retrouvé
00:41:47les bijoux
00:41:48alors on ne sait pas trop
00:41:49quand on lit les journaux allemands
00:41:50on ne sait pas trop
00:41:51comment l'équipe en question
00:41:52qui était arrêtée
00:41:52a restitué des bijoux
00:41:54ils ont retrouvé
00:41:55la quasi-totalité
00:41:56des bijoux de Dresde
00:41:56il y avait des milliers
00:41:57de diamants aussi
00:41:58et du coup
00:41:59la justice allemande
00:42:00en a tenu compte
00:42:01c'est-à-dire
00:42:01ils ont été condamnés
00:42:02l'équipe a été condamnée
00:42:03à des peines bien moindres
00:42:05que
00:42:05alors c'est pour ça
00:42:07peut-être que c'est du coup
00:42:08c'est un peu cohérent
00:42:11ce qu'elle dit
00:42:11la procureure maître
00:42:12alors puisque votre client
00:42:13plaide la totale innocence
00:42:15et l'erreur policière
00:42:16effectivement
00:42:17je comprends que vous
00:42:18ne soyez pas aujourd'hui
00:42:19réceptive à cet appel
00:42:21mais ça serait assez logique
00:42:23de la part de la procureure
00:42:24de dire
00:42:24écoutez
00:42:24si vous nous rendez les bijoux
00:42:25peut-être on en tiendra compte
00:42:27dans nos réquisitions
00:42:28alors d'abord
00:42:29je ne connais que la justice française
00:42:31et pas la justice allemande
00:42:32et ce qui est certain
00:42:33c'est qu'elle ne peut pas
00:42:35parce que c'est le droit
00:42:37elle ne peut pas affirmer
00:42:39qu'elle pourra intervenir
00:42:40sur la peine à venir
00:42:41mais là n'est pas le sujet
00:42:42de toute façon
00:42:42puisque comme vous l'avez rappelé
00:42:44je défends quelqu'un
00:42:46qui conteste les faits
00:42:47néanmoins
00:42:47c'est l'avocat qui vous parle
00:42:48plus généralement
00:42:49c'est une proposition
00:42:51qui a toute sa raison d'être
00:42:52mais on me posait la question
00:42:54de sa mise en pratique
00:42:55je ne vois pas comment
00:42:56on peut intervenir
00:42:57par exemple
00:42:57sur l'avis d'une cour d'assises
00:42:59lorsqu'on est procureur
00:43:00de la République
00:43:00ce serait très dangereux
00:43:02pour la justice
00:43:02c'est un peu compliqué
00:43:03on l'admet
00:43:04Mathias
00:43:04dans cette affaire
00:43:05rappelons que
00:43:06selon les enquêteurs
00:43:07il y a aussi d'autres pistes
00:43:08qui ont été suivies
00:43:09et qui jusqu'à présent
00:43:10n'ont rien démontré
00:43:11de concret
00:43:12il y a une piste
00:43:12qui par exemple
00:43:13mène à l'aéroport
00:43:14de Lognes
00:43:15le jour des faits
00:43:16pendant les constatations
00:43:17du Louvre
00:43:18un homme se signale
00:43:19via la plateforme
00:43:20moncommissariat.fr
00:43:21et explique
00:43:22qu'il a des informations
00:43:23qu'il a peut-être loué
00:43:24certains des véhicules
00:43:25dans cette affaire
00:43:26cette piste est exploitée
00:43:28elle ne donne rien
00:43:29d'autre
00:43:30sont signalés aussi
00:43:31expliquant que
00:43:32précédemment les faits
00:43:33ils ont vu des gens
00:43:34à proximité
00:43:35de la galerie
00:43:36d'Apollon
00:43:36traînaient pas loin
00:43:37avec des têtes
00:43:39manifestement suspectes
00:43:40là aussi
00:43:40ces informations
00:43:42ont été exploitées
00:43:43elles n'ont rien donné
00:43:45voilà
00:43:46ils ont eu une somme
00:43:47comme ça
00:43:47de renseignements
00:43:48dans cette affaire
00:43:48les enquêteurs
00:43:49ils continuent d'en avoir
00:43:51ils continuent d'exploiter
00:43:52des pistes
00:43:53il y a une petite chose
00:43:54qui me fait tilter
00:43:55moi c'est ce rapport
00:43:56Van Cleef & Harpel
00:43:57de 2019
00:43:57Didier Reckner
00:43:58on dirait finalement
00:43:59que le script
00:44:00de ce film
00:44:01de ce cambriolage
00:44:02est écrit sous nos yeux
00:44:03c'est ce qui ressort
00:44:05effectivement des révélations
00:44:06du monde
00:44:07et on a lu
00:44:08que la police
00:44:09forcément s'interroge
00:44:10sur une possible fuite
00:44:12une possible complicité interne
00:44:14moi évidemment
00:44:14je n'ai pas non plus
00:44:15plus d'informations
00:44:16mais c'est vrai
00:44:16que c'était apparemment
00:44:17parce que je n'ai pas vu
00:44:18ce rapport
00:44:19c'est une des pièces
00:44:20que je n'ai pas vu
00:44:20un des documents
00:44:21que je n'ai pas vu
00:44:21que tout était écrit
00:44:23de se garer
00:44:24exactement à cet endroit-là
00:44:25de monter par une nacelle
00:44:26c'est troublant
00:44:26on peut le dire
00:44:27c'est à minima troublant
00:44:28forcément bien sûr
00:44:29oui c'est forcément troublant
00:44:30en même temps
00:44:31si c'est vrai
00:44:32que si on réfléchit
00:44:33si on veut savoir
00:44:34comment rentrer
00:44:34dans la galerie d'Apollon
00:44:35Van Cleef et Harpel
00:44:36se disent
00:44:37c'est comme ça
00:44:37mais peut-être
00:44:38que d'autres personnes
00:44:39peuvent le trouver aussi
00:44:39parce que c'est vraiment
00:44:41une solution
00:44:42qui n'apparaît facile
00:44:42après coup évidemment
00:44:43mais cette fragilité
00:44:44par exemple
00:44:45de la porte-fenêtre
00:44:46est-ce que ça ouvre
00:44:46par exemple
00:44:47les complicités internes
00:44:48sur lesquelles planchent
00:44:48la justice
00:44:49ce qu'on sait
00:44:50c'est que j'avais révélé
00:44:51c'était qu'un mois avant
00:44:52elle ne fonctionnait pas
00:44:53mais elle avait été remise
00:44:54en fonction
00:44:55c'est ce qui a été
00:44:55effectivement
00:44:56tout le monde est d'accord
00:44:58là-dessus
00:44:58maintenant
00:44:59elle n'était pas
00:45:00effectivement
00:45:00il n'y avait pas des grilles
00:45:01par exemple
00:45:02la grille avait été enlevée
00:45:02quelques années auparavant
00:45:03elle n'avait jamais été remise
00:45:04on en a remis une là
00:45:05pourquoi elle n'avait pas été remise
00:45:07je ne sais pas
00:45:07on nous a dit
00:45:08parce que c'est un monument historique
00:45:08je suis le premier sensible à cela
00:45:10mais il y a des grilles
00:45:10au rez-de-chaussée
00:45:11rien n'empêchait
00:45:12de mettre une jolie grille
00:45:12pour empêcher d'entrer là
00:45:14l'épée de Charles X
00:45:15avait été volée
00:45:16en 1976
00:45:17c'est ça ?
00:45:18oui mais je croyais
00:45:18qu'elle était rentrée par là
00:45:19en fait
00:45:19j'avais dû dire
00:45:20qu'elle était rentrée
00:45:21par un autre côté
00:45:22et elle a été volée
00:45:23elle n'a jamais été retrouvée
00:45:24celle-ci
00:45:25une épée un peu
00:45:26avec des bijoux
00:45:26et également avec des diamants
00:45:28quelle est votre intuition
00:45:29sans trahir le secret
00:45:30au vu de l'enquête policière
00:45:32même si elle se trompe
00:45:33à vous entendre
00:45:34ne sauf votre client
00:45:35est-ce que vous avez le sentiment
00:45:36que ces bijoux sont en France
00:45:38ou qu'ils ont passé
00:45:38plusieurs frontières
00:45:39c'est un sentiment
00:45:39comment voulez-vous
00:45:41que je le sache
00:45:41c'est un sentiment
00:45:43je pense que
00:45:44madame le procureur
00:45:45de la République
00:45:46a plutôt dit
00:45:46qu'il n'avait pas la preuve
00:45:47qu'il ait passé une frontière
00:45:48donc en fait
00:45:50on n'a pas non plus la preuve
00:45:51qu'il n'est pas passé
00:45:52non mais on comprend
00:45:53on comprend
00:45:54qu'elle nourrit
00:45:54le secret d'espoir
00:45:55qu'il soit encore
00:45:56ça c'est le sous-texte
00:45:56pardon
00:45:57mais c'est peut-être
00:45:58une interprétation de ma part
00:45:58c'est un sentiment
00:45:59qu'elle a la procureure
00:46:00comme on est dans le sous-texte
00:46:01quel est votre sous-texte ?
00:46:02les enquêteurs continuent
00:46:04d'examiner chaque jour
00:46:05des signalements venus
00:46:06de police européenne
00:46:07et de police étrangère
00:46:08donc cette piste
00:46:09n'est pas totalement refermée non plus
00:46:10je pense que
00:46:11tous les citoyens que nous sommes
00:46:12avons très envie
00:46:13que les bijoux soient en France
00:46:14et qu'ils soient retrouvés
00:46:15et dans un bon état
00:46:16et dans un bon état
00:46:17qu'on soit bien clair là-dessus
00:46:18parce que c'est notre patrimoine
00:46:19et peu importe nos métiers
00:46:21et les gens qu'on défend
00:46:22et pardon
00:46:24j'en profite
00:46:25l'innocence
00:46:26ça paraît ironique
00:46:28mais les prisons sont pleines
00:46:29de présumés innocents
00:46:30dont certains innocents
00:46:31qui seront judiciairement innocentés
00:46:33tous les jours
00:46:34et heureusement
00:46:35et c'est pour ça
00:46:37qu'on a une très belle justice d'ailleurs
00:46:38mais la réalité
00:46:40c'est que
00:46:40pour retrouver ces bijoux
00:46:41il n'y a que le travail policier
00:46:43qui pourra ou pas porter ses fruits
00:46:45que c'est très difficile en réalité
00:46:47dans ces dossiers-là
00:46:48de retrouver le butin
00:46:49ça s'appelle banalement comme ça
00:46:50c'est plutôt souvent
00:46:52qu'on ne le retrouve pas
00:46:53et encore une fois
00:46:55l'intervention de tiers
00:46:57de complices
00:46:58de commanditaires
00:46:59s'ils existent
00:46:59parce qu'on n'a pas la preuve
00:47:00au dossier pour l'instant
00:47:01qu'un commanditaire existe
00:47:02ça c'était
00:47:03un moment d'instruction
00:47:05qui aurait pu être précieux
00:47:07qui n'est peut-être pas vain
00:47:08mais les interactions téléphoniques
00:47:11surtout
00:47:12et physiques
00:47:14entre des gens présumés
00:47:15innocents
00:47:16mais suspectés
00:47:17et des gens non identifiés encore
00:47:19c'est beaucoup plus facile
00:47:20à exploiter
00:47:21lorsque les gens sont libres
00:47:22voilà
00:47:22c'est ce que je voulais repréciser
00:47:24parce que je suis encore
00:47:25très dubitatif
00:47:27sur ce choix
00:47:27mais ce n'est pas moi
00:47:28qui décide
00:47:28des moments d'interpellation
00:47:29d'avoir fermé la porte
00:47:32à ce type d'investigation
00:47:33Merci à tous
00:47:34pour ces lumières
00:47:36ces éclairages sur le Louvre
00:47:37c'est passionnant
00:47:37vient maintenant
00:47:38le temps des auditions
00:47:39on l'a compris
00:47:40et on suivra tout ça
00:47:41attentivement avec vous
00:47:42Mathias Tesson
00:47:42la semaine prochaine
00:47:43Merci à tous
00:47:44Il est 14h01
00:47:46il est l'heure d'évoquer
00:47:47le cas de Dominique Pellicot
00:47:49aurait-il pu être arrêté
00:47:50en 2010
00:47:5112 ans avant la ferme à Zan
00:47:52il me semble que oui
00:47:53à la lecture du rapport
00:47:55rendu par l'inspection générale
00:47:56de la justice
00:47:57à la chancellerie
00:47:57nous allons décortiquer
00:47:58Laurent ensemble
00:47:59ce rapport
00:48:00et les préconisations
00:48:00du garde des Sceaux
00:48:01avec nos invités
00:48:03dans un instant
00:48:04mais d'abord
00:48:04je vous propose
00:48:05d'écouter la procureure
00:48:06du pôle Colquais
00:48:07de Nanterre
00:48:07elle était notre invitée
00:48:08dimanche dernier
00:48:09écoutez ce qu'elle raconte
00:48:10au sujet de Dominique Pellicot
00:48:12Le parcours criminel
00:48:14de Dominique Pellicot
00:48:15il s'inscrit
00:48:15dans l'information judiciaire
00:48:17qui a été ouverte
00:48:18justement à l'origine
00:48:19donc c'est
00:48:19une juge d'instruction
00:48:21Nathalie Turquet
00:48:22pour ne pas la citer
00:48:22en 2015
00:48:23qui est saisie
00:48:24de ces deux enquêtes
00:48:25qui sont rapprochées
00:48:27le pôle ensuite
00:48:28récupère
00:48:29entre guillemets
00:48:30ce dossier
00:48:31et le parcours criminel
00:48:32s'inscrit
00:48:33dans le cadre
00:48:34de cette information judiciaire
00:48:36le juge d'instruction
00:48:37désormais
00:48:37c'est Régis Pierre
00:48:38monsieur Régis Pierre
00:48:39qui a réceptionné
00:48:41et qui étudie
00:48:42et qui analyse à nouveau
00:48:42ce dossier
00:48:44le parcours criminel
00:48:45et bien
00:48:46c'est ce qu'on disait
00:48:47c'est
00:48:47on inverse le raisonnement
00:48:49on ne part plus
00:48:50on ne va pas enquêter
00:48:51et investiguer
00:48:52sur des faits
00:48:52ou un fait
00:48:53donc là
00:48:53en l'espèce
00:48:54les faits commis
00:48:55en 1991
00:48:55et en 1999
00:48:56nous allons partir
00:48:58et étudier
00:48:59le parcours
00:48:59d'un individu
00:49:00le parcours de vie
00:49:01vous l'avez compris
00:49:02le Paul Colquais
00:49:03de Nanterre
00:49:03qui ouvre donc
00:49:04un parcours criminel
00:49:05sur Dominique Pellicot
00:49:06on y reviendra
00:49:07dans un instant
00:49:07Laurent Valiguier
00:49:08je vais vous demander
00:49:09de changer de casquette
00:49:10parce que vous connaissez
00:49:11très bien
00:49:11le dossier Pellicot
00:49:13vous avez écrit un livre
00:49:14que vous avez ici
00:49:14fétiche 45
00:49:15les autres vies
00:49:16de Dominique Pellicot
00:49:17et on peut dire
00:49:18qu'avec cet ouvrage
00:49:18c'est un peu
00:49:19le début
00:49:20de la prise de conscience
00:49:21et pour en discuter
00:49:22j'accueille sur le plateau
00:49:23Sacha Strauss-Kahn
00:49:24le porte-parole
00:49:25de la place Vendôme
00:49:26bonjour
00:49:26merci de l'invitation
00:49:27merci d'être avec nous
00:49:28Laurent
00:49:30en fait c'est votre bouquin
00:49:31qui met un peu le feu
00:49:31à tout ça
00:49:32on le dit
00:49:33et c'est surtout aujourd'hui
00:49:34l'heure du rétexte
00:49:36si je puis dire
00:49:36du retour d'expérience
00:49:37en députant
00:49:39les enquêtes Pellicot
00:49:40d'avant
00:49:40l'enquête sur Sophie Narme
00:49:42qui est un agent immobilier
00:49:43qui est violé
00:49:44et étranglé
00:49:45en 1991
00:49:46et puis celle de Marion
00:49:48qui est un agent immobilier
00:49:49qui s'en sort
00:49:50par miracle
00:49:51Pauline
00:49:51en 1999
00:49:52par un individu pareil
00:49:54qui tente
00:49:55de l'endormir
00:49:56avec de l'éther
00:49:57qui l'attache
00:49:58la ligote
00:49:58la déshabille
00:49:59elle s'en sort
00:50:00parce qu'elle a une chance
00:50:01folle
00:50:02dans la pièce
00:50:03où elle est
00:50:04elle arrive à se débattre
00:50:05à se détacher
00:50:06de ses liens
00:50:06il a pris du temps
00:50:08parce qu'on peut dire
00:50:08Pellico
00:50:09c'est Pellicot
00:50:10mon ADN a été retrouvé
00:50:11on est en 1999
00:50:13son ADN
00:50:15il rentre dans le fichier
00:50:16alors c'est vrai
00:50:17qu'en lisant votre rapport
00:50:18ce matin
00:50:18parce qu'il y a un rapport
00:50:20qui met pour la première fois
00:50:22tout ça à plat
00:50:23on se rend compte
00:50:24que Pellico
00:50:26c'était ma question
00:50:26à Gérald Darmanin
00:50:27quand j'ai écrit ce livre
00:50:28j'ai fait à la fin
00:50:30un courrier à Darmanin
00:50:32à Gérald Darmanin
00:50:33au ministre de la justice
00:50:34après avoir écrit
00:50:35au procureur de mots
00:50:37après avoir écrit
00:50:38à la directrice générale
00:50:40des affaires criminelles
00:50:41et des grâces
00:50:42qui était procureur de mots
00:50:44en 2020
00:50:44en leur disant
00:50:46mais qu'est-ce qui s'est passé
00:50:47au tribunal de mots
00:50:48en 2010
00:50:49quand le fameux FNAEG
00:50:51le fichier national
00:50:52des empreintes génétiques
00:50:53se rend compte
00:50:55parce que
00:50:56comme deux et deux font quatre
00:50:57il se rend compte
00:50:59il fait un rapport
00:51:00de rapprochement
00:51:00le 9 novembre 2010
00:51:02en disant
00:51:03c'est Dominique Pellico
00:51:06qui est l'auteur
00:51:08de l'agression de Marion
00:51:10alors qu'est-ce qui s'est passé
00:51:10alors il aurait dû
00:51:11être arrêté
00:51:12à cette date-là
00:51:13c'est une date certaine
00:51:15il aurait dû être arrêté
00:51:17à cette date-là
00:51:19et il ne se passe rien
00:51:20on est 12 ans avant Mazan
00:51:2112 ans avant Mazan
00:51:24Dominique Pellico
00:51:25aurait dû être arrêté
00:51:26pour une tentative de viol
00:51:27elle s'aurait pu éviter
00:51:28aussi le calvaire
00:51:29de son acte
00:51:29elle s'aurait tout arrêté
00:51:30entre parenthèses
00:51:31l'affaire n'aurait pas été prescrite
00:51:33parce qu'elle est prescrite
00:51:33aujourd'hui
00:51:34comme il n'a pas été arrêté
00:51:35elle est prescrite
00:51:36l'affaire de Marion
00:51:37il a avoué
00:51:38on est dans le même cas
00:51:39que le cas de Marie-Thérèse Bonfanti
00:51:41dont on parlait tout à l'heure
00:51:42l'affaire est prescrite
00:51:44c'est une bourde énorme
00:51:46et en réalité
00:51:46j'ai envoyé ce mail
00:51:47à Gérald Darmanin
00:51:48en lui disant
00:51:49mais est-ce que
00:51:50c'est ce que m'avait suggéré
00:51:52la directrice
00:51:53l'Auréline Perfit
00:51:55la directrice d'affaires
00:51:55générales des Graces
00:51:56c'était un bon conseil
00:51:57vous avez été entendu
00:51:59ne vous adressez pas à moi
00:52:00adressez-vous au ministre
00:52:01c'est le seul
00:52:02qui puisse déclencher l'inspection
00:52:03qu'est-ce qu'il a fait le ministre ?
00:52:04donc il a déclenché l'inspection
00:52:05dont on a le résultat ce matin
00:52:07alors qu'est-ce qui dit ce rapport
00:52:08et qu'est-ce que vous avez fait
00:52:09comme travail
00:52:10visiblement il y a quand même
00:52:1130 personnes qui ont été auditionnées
00:52:1210 parquets qui ont été interrogés
00:52:13et ça donne quoi ?
00:52:15alors effectivement
00:52:16l'inspection générale de la justice
00:52:17a été saisie
00:52:18il y a maintenant quelques mois
00:52:19à la demande de Gérald Darmanin
00:52:20le ministre de la justice
00:52:22pour faire la lumière
00:52:23sur ce qui vous a été
00:52:24ce qu'on a expliqué là à l'instant
00:52:26à vos téléspectateurs
00:52:27les conclusions de l'IGJ
00:52:30sont multiples
00:52:31déjà dit
00:52:32cette inspection
00:52:34dit qu'on n'a pas
00:52:35la preuve
00:52:35que ce rapprochement
00:52:36de 2010
00:52:37est arrivé jusqu'au tribunal
00:52:38judiciaire de Maud
00:52:39ce qui est un problème en soi
00:52:40donc sous-texte
00:52:41pardon
00:52:41pour les téléspectateurs
00:52:42ce n'est pas arrivé
00:52:43parce que le courrier
00:52:44s'est perdu
00:52:45entre un point A
00:52:46et un point B ?
00:52:47c'est même plus retort
00:52:48que ça
00:52:48pour aller au bout
00:52:49du raisonnement
00:52:50de l'inspection
00:52:50c'est que
00:52:51ces rapports de rapprochement
00:52:53donc génétiques
00:52:54se font par courrier
00:52:55on voit par courrier simple
00:52:56c'est-à-dire que le laboratoire
00:52:57adresse une lettre simple
00:52:59directement
00:53:00au parquet de Maud
00:53:02à l'époque
00:53:02et que vu qu'il n'y a pas
00:53:04de traçage possible
00:53:05d'une lettre simple
00:53:06tout simplement
00:53:06en fait on ne sait pas
00:53:07tout simplement
00:53:08si cette lettre
00:53:09est un jour arrivée
00:53:10attendez
00:53:10on a quand même
00:53:11ça s'appelle
00:53:12un faisceau d'indices
00:53:14on est absolument certain
00:53:15que ça a été envoyé
00:53:16au tribunal de Maud
00:53:17la lettre est partie
00:53:19la lettre est partie
00:53:19là vous exagérez ça
00:53:21ça peut mettre une miette
00:53:22sous le tapis
00:53:22pas du tout
00:53:23il suffit de lire le rapport
00:53:24j'encourage
00:53:25le rapport parle d'un faisceau d'indices
00:53:28j'encourage
00:53:28le téléspectateur
00:53:29et puis on ne va pas débattre
00:53:30là-dessus
00:53:30puisqu'en vérité
00:53:31on en arrive à la même conclusion
00:53:32tout ça est profondément dysfonctionnel
00:53:34personne n'en dit rien
00:53:35donc vous vous prononcez le mot
00:53:36il y a eu des dysfonctionnements
00:53:37on en est d'accord
00:53:38de fait oui
00:53:39c'est pas moi qui le dit
00:53:40c'est le rapport qui dit
00:53:41que l'organisation
00:53:42à l'époque du parquet de mots
00:53:43était probablement dysfonctionnelle
00:53:45en revanche
00:53:46il n'y a pas grand monde
00:53:46de responsables
00:53:47c'est-à-dire qu'on pointe
00:53:48des dysfonctionnements
00:53:48mais il n'y a pas beaucoup
00:53:49de responsabilités individuelles
00:53:51ça pour le coup
00:53:52c'est le rôle de l'inspection
00:53:53d'éventuellement pointer
00:53:54des responsabilités individuelles
00:53:55c'est pas moi le porte-parole
00:53:56de la chancellerie
00:53:56qui va dire
00:53:57d'autant plus pour une affaire
00:53:58vieille de 15 ans
00:53:59maintenant 16 ans
00:54:00qui va vous dire
00:54:00plus que ce que vous dit
00:54:02l'inspection
00:54:02l'inspection dit qu'effectivement
00:54:03ils ne peuvent pas établir
00:54:04de responsabilités individuelles
00:54:06dont acte
00:54:06le porte-parole de mots
00:54:07de l'époque est décédé
00:54:08par contre
00:54:09il pointe un certain nombre
00:54:09de dysfonctionnements
00:54:10dans l'organisation
00:54:11dont tout ça fonctionne
00:54:13à la fois à mots
00:54:13mais même au plan national
00:54:14puisque je le dis
00:54:15à vos téléspectateurs
00:54:16encore il y a quelques semaines
00:54:18effectivement
00:54:19les rapports FNAEG
00:54:19étaient envoyés par lettres simples
00:54:21aux magistrats de ce pays
00:54:22et donc nous le sujet
00:54:24c'est quand la chancellerie
00:54:25en tout cas le cabinet du ministre
00:54:27et le ministre
00:54:28ont reçu ce rapport
00:54:29qui lui avait été demandé
00:54:30il y a eu deux sujets
00:54:32c'est un
00:54:32est-ce qu'il devait être
00:54:33rendu public ou pas
00:54:34puisque les rapports
00:54:34de l'inspection
00:54:35ne sont pas par nature public
00:54:36c'est des rapports administratifs
00:54:38et que vu l'intérêt médiatique
00:54:40autour de ce sujet
00:54:41il nous a semblé
00:54:42et notamment au ministre
00:54:43il lui a semblé
00:54:43essentiel de communiquer
00:54:46sur le sujet
00:54:47ou en tout cas
00:54:47de faire la transparence
00:54:48sur le sujet
00:54:48et le deuxième sujet
00:54:49et c'est ça qui intéresse
00:54:51aux téléspectateurs
00:54:51à mon sens
00:54:52c'est comment est-ce qu'on fait
00:54:53pour que ça ne se reproduise pas
00:54:54parce qu'en vérité
00:54:55on ne va pas retenir
00:54:56malheureusement
00:54:56sur les dysfonctionnements passés
00:54:58le sujet c'est
00:54:59qu'est-ce qu'on fait maintenant
00:54:59pour améliorer
00:55:00et on a mis en place
00:55:01des mesures concrètes
00:55:02notamment tout simplement
00:55:04à partir du mois prochain
00:55:05la généralisation
00:55:05des envois
00:55:06de ces rapports
00:55:07de façon sécurisée
00:55:09et traçable
00:55:10par numérique
00:55:10oui mais il n'empêche que
00:55:11il fallait le faire
00:55:12il n'empêche qu'encore
00:55:13faut-il le faire
00:55:14vous voyez
00:55:14parfois être ministre
00:55:15c'est tout aussi simple
00:55:16que dire à son administration
00:55:17on va peut-être
00:55:17renvoyer des mails
00:55:18il faut expliquer aux gens
00:55:19le FNAE
00:55:20le FNAE c'est le fichier
00:55:21qui existe
00:55:21après l'affaire Guy Georges
00:55:23il y a combien de personnes
00:55:25dans ce fichier ?
00:55:25il y a 7 millions de personnes
00:55:27dans le fichier
00:55:27il y en a quand même
00:55:29j'ai appris ça ce matin
00:55:30à la lecture de votre appareil
00:55:30oui c'est très intéressant
00:55:31il y en a quand même
00:55:3220 par jour des rapprochements
00:55:33c'est-à-dire
00:55:34c'est pas rien
00:55:34c'est pas anecdotique
00:55:35il y en a eu 41 000
00:55:37l'an dernier
00:55:38c'est-à-dire que le FNAE
00:55:39vous savez
00:55:40il y a une scène de crime
00:55:42les policiers
00:55:43les enquêteurs
00:55:44découvrent de l'ADN
00:55:45ils le rentrent
00:55:46dans le fichier
00:55:47soit il n'y a personne
00:55:50il n'y a pas partie des 7 millions
00:55:51qui sont déjà dans le fichier
00:55:52et bien là ça veut dire
00:55:53auteur inconnu
00:55:55et alors cet auteur inconnu
00:55:56c'est comme une ligne
00:55:57c'est comme un bouchon
00:55:59qui va flotter
00:56:00dans la mer de l'enquête
00:56:01jusqu'à ce qu'on se rende compte
00:56:04jusqu'à ce que ça morde
00:56:05et ça ça peut durer longtemps
00:56:08d'ailleurs dans le cas de Pellico
00:56:09pendant 12 ans
00:56:11le bouchon était là
00:56:14mais il ne s'est rien passé
00:56:15il y a plein d'enquêtes
00:56:16où ça va mettre 10 ans
00:56:1815 ans
00:56:18en plus maintenant
00:56:19avec l'ADN de parentèle
00:56:21il y en a de plus en plus
00:56:22mais alors les juges d'instruction
00:56:24vous savez
00:56:24il ne reste pas longtemps
00:56:25Pauline
00:56:26les juges d'instruction
00:56:27c'est quand même
00:56:27la grande rotation des juges
00:56:29dans les grandes enquêtes
00:56:30dans les cold case
00:56:32donc en réalité
00:56:33un mot
00:56:33il y a un juge d'instruction
00:56:34puis 2
00:56:36puis 3
00:56:36puis 4
00:56:37alors le FNAEG
00:56:38un jour même 10 ans plus tard
00:56:39et là il y en aura
00:56:40de plus en plus
00:56:41parce qu'il y a de plus en plus
00:56:42de gens dans le FNAEG
00:56:43le FNAEG
00:56:45fait un rapport de rapprochement
00:56:47donc dit
00:56:47c'est un tel
00:56:48l'auteur de l'homicide
00:56:50d'il y a 15 ans
00:56:51et il l'envoie
00:56:52au tribunal
00:56:53qui avait fait la demande
00:56:54mais au tribunal
00:56:55qui avait fait la demande
00:56:55le juge d'instruction
00:56:57de l'époque
00:56:57il n'est plus là
00:56:58depuis des lustres
00:56:59voilà
00:56:59c'est plus le même
00:57:00donc en réalité
00:57:01ça se perd
00:57:03et alors
00:57:04ce que vous allez mettre
00:57:05en place le mois prochain
00:57:06le mois prochain
00:57:08grâce à tout ça
00:57:08finalement
00:57:09ce que vous allez mettre
00:57:10en place le mois prochain
00:57:11ça va permettre
00:57:12d'éviter que ça se perde
00:57:13autrement dit
00:57:14d'éviter
00:57:14qu'un courrier simple
00:57:16soit parfois déchiré
00:57:18parce que là
00:57:18j'ai aussi découvert
00:57:19que des fois
00:57:19des courriers simples
00:57:20adressés au nom du juge
00:57:21Tartampion
00:57:22qui est plus là
00:57:23depuis 10 ans
00:57:23des fois il était déchiré
00:57:25sans même être ouvert
00:57:26Laurent Valdier
00:57:27on va rejoindre
00:57:29Maître Zavaro
00:57:29l'avocate de Dominique Pellico
00:57:31qui est en ligne avec nous
00:57:32Maître
00:57:33que vous inspire ce rapport
00:57:34des dysfonctionnements
00:57:36des ratés
00:57:36vous choisissez le mot
00:57:37que vous voulez
00:57:37est-ce que c'est pas le sentiment
00:57:39aujourd'hui
00:57:39d'un immense gâchis ?
00:57:42Madame bonjour
00:57:44merci de votre invitation
00:57:45alors j'ai écouté
00:57:46j'étais entre guillemets
00:57:48dans les coulisses
00:57:49de votre plateau
00:57:50pendant que vos invités
00:57:51échangeaient
00:57:52d'abord
00:57:54j'aimerais quand même
00:57:55rétablir
00:57:55une petite chose
00:57:56malgré tout le respect
00:57:58que j'ai pour M. Valdiguet
00:57:59c'est pas M. Valdiguet
00:58:01qui a mis en exergue
00:58:02cette difficulté
00:58:03c'est les journalistes
00:58:06du Parisien
00:58:07qui m'avaient alerté
00:58:08pendant l'instruction
00:58:09en me disant
00:58:09attention il y a quand même
00:58:10un loupé manifestement
00:58:12il y a ce rapport
00:58:13du 9 novembre 2010
00:58:14qui a été mis en exergue
00:58:17dans la procédure
00:58:17et qui manifestement
00:58:18n'a pas été traité
00:58:19et effectivement
00:58:21ça a été repris ensuite
00:58:22par M. Valdiguet
00:58:23mais Jean-Michel De Cugis
00:58:24et Louise Colcombe
00:58:25avait quand même
00:58:26attiré mon attention
00:58:26sur le sujet
00:58:27et c'est d'autant plus vrai
00:58:29que nous l'avons plaidé
00:58:29à la cour criminelle
00:58:30le parquet
00:58:31s'en est fait l'écho
00:58:32dans son réquisitoire
00:58:34et j'y ai répondu
00:58:34dans ma plaidoirie
00:58:35c'était le petit point de goût
00:58:36que je voulais quand même
00:58:37mettre en avant
00:58:39avant que nous entamions
00:58:40le propos principal
00:58:41le propos principal
00:58:43c'est de vous dire
00:58:43que c'est un gros loupé
00:58:45c'est plus qu'un loupé
00:58:46c'est d'une gravité extrême
00:58:47c'est à dire que
00:58:48on est en 2010
00:58:50certes
00:58:51mais on n'est pas encore
00:58:53à l'âge de pierre
00:58:53et on n'en est plus d'ailleurs
00:58:54et qu'un courrier recommandé
00:58:57plutôt qu'une lettre simple
00:58:58aurait été tellement plus
00:58:59comment dire
00:59:00adéquate
00:59:01à la gravité du document
00:59:03parce que ça aurait permis
00:59:04quand même
00:59:04de s'assurer
00:59:05de la bonne réception
00:59:05ce que je lisais ce matin
00:59:07entre les lignes
00:59:08de ce rapport
00:59:09c'est que manifestement
00:59:11si une lettre
00:59:11était adressée
00:59:12à un magistrat instructeur
00:59:13ou un magistrat du parquet
00:59:15ou autre
00:59:15qui n'était plus en fonction
00:59:17au tribunal judiciaire de mots
00:59:18alors au tribunal
00:59:19de grande instance de mots
00:59:20on dit mots
00:59:21parce que c'est le tribunal
00:59:23concerné par ce rapport
00:59:24et que si le magistrat
00:59:26n'était plus en fonction
00:59:27et bien la lettre
00:59:28n'était même pas ouverte
00:59:29et elle était détruite
00:59:30oui c'est ce que disait
00:59:31Laurent Valdiguet
00:59:31il y a quelques instants
00:59:32exactement
00:59:32voilà
00:59:33ce qui me semble être
00:59:34quand même
00:59:34d'une gravité extrême
00:59:35ça veut dire quoi ?
00:59:38ça veut dire qu'en 2010
00:59:39au 9 novembre 2010
00:59:40on est encore
00:59:41dans les liens
00:59:42de la prescription
00:59:43et je suis quand même
00:59:44contente d'entendre
00:59:45monsieur Valdiguet
00:59:46vous dire que
00:59:47l'affaire de 99
00:59:48celle qui concerne Marion
00:59:50Marion étant un nom d'emprunt
00:59:52est prescrite
00:59:53parce que
00:59:54j'avais soulevé
00:59:55la prescription
00:59:57de cette action publique
00:59:59par requête
01:00:00au juge d'instruction
01:00:00en bonne et due forme
01:00:02dans les délais
01:00:02qui m'étaient impartis
01:00:03le juge d'instruction
01:00:04avait refusé
01:00:05de faire droit
01:00:06à ma demande
01:00:07j'ai fait appel
01:00:07et la chambre de l'instruction
01:00:09a confirmé
01:00:10ce rejet
01:00:11en me disant
01:00:12que l'affaire
01:00:13demeurait
01:00:14entre guillemets
01:00:15non prescrite
01:00:15par un lien
01:00:16de connexité
01:00:18avec l'affaire de 91
01:00:19ça laisse à dire
01:00:21que si
01:00:21l'affaire de 91
01:00:23sur laquelle
01:00:23certainement
01:00:24on va revenir
01:00:24si l'affaire de 91
01:00:26n'est pas renvoyée
01:00:27devant une juridiction
01:00:28de jugement
01:00:29l'affaire de 99
01:00:30ne le sera pas
01:00:31davantage
01:00:32sur l'affaire de 91
01:00:33alors là aussi
01:00:34pardonnez-moi
01:00:35je vais quand même réagir
01:00:36c'est que
01:00:37le rapport
01:00:37qu'il m'a été donné
01:00:39de lire
01:00:39me laisse entendre
01:00:41que
01:00:41enfin
01:00:42pas me laisse entendre
01:00:43dit clairement
01:00:44et écrit clairement
01:00:45que
01:00:45les éléments
01:00:47concernant l'absence
01:00:48des scellés
01:00:48de 91
01:00:49ne fait pas
01:00:50pari
01:00:50ne fait pas
01:00:51n'appartient pas
01:00:53au périmètre
01:00:53de cette mission
01:00:55donc la mission
01:00:56de ce rapport
01:00:56d'inspection
01:00:57de la justice
01:00:58mais c'est quand même
01:00:59enfin
01:01:01on s'arrange
01:01:02un petit peu
01:01:02avec la réalité
01:01:03des choses
01:01:04alors on va revenir
01:01:05sur ce point précisément
01:01:06si vous voulez bien
01:01:07attendez juste
01:01:07si je peux
01:01:08si je peux juste réagir
01:01:09parce qu'on a quand même
01:01:10eu deux interventions
01:01:11qui laissent quand même
01:01:12entendre à vos téléspectateurs
01:01:13en gros
01:01:14que la justice
01:01:14ne sait pas faire
01:01:15et fait mal son travail
01:01:16je voudrais quand même
01:01:17juste dire
01:01:17que de fait
01:01:19personne ne conteste
01:01:20le fait qu'il y a
01:01:20des dysfonctionnements
01:01:21qui sont pointés
01:01:22par l'inspection
01:01:23maintenant
01:01:23les choses
01:01:24sont prises en main
01:01:26va y avoir
01:01:26effectivement
01:01:27ces améliorations
01:01:28qui seront portées
01:01:29dans les prochains jours
01:01:30par la chancellerie
01:01:31et ensuite
01:01:31je voudrais quand même
01:01:32un peu
01:01:33qu'on garde raison
01:01:34c'est à dire
01:01:34que évidemment
01:01:35que cette affaire
01:01:36de par l'ampleur médiatique
01:01:38qu'elle a prise
01:01:38et de aussi
01:01:39par la gravité
01:01:39crimine-telle
01:01:41qu'elle recouvre
01:01:42prend une tournure dramatique
01:01:44au regard de ces dysfonctionnements
01:01:45mais fort heureusement
01:01:46je tiens à rassurer
01:01:47vos téléspectateurs
01:01:48il y a en France
01:01:499000 magistrats
01:01:50qui au quotidien
01:01:51ont à coeur
01:01:52de faire très correctement
01:01:53leur travail
01:01:53et on ne déchire pas
01:01:55des lettres
01:01:55je n'ai pas dit
01:01:58l'inverse
01:01:58pardonnez-moi
01:01:59mais je n'ai pas dit
01:02:00l'inverse
01:02:00Laurent Valigué
01:02:01il y a une histoire
01:02:02avec les
01:02:02c'est l'inverse
01:02:03maître Zavaro
01:02:05non je ne revendique pas
01:02:06la paternité
01:02:07de la découverte
01:02:08du loupé
01:02:08d'ailleurs le loupé
01:02:09puisque vous avez dit ce mot
01:02:12c'est la juge Nathalie Turquet
01:02:13et les policiers
01:02:14de la brigade criminelle
01:02:15qui s'en sont rendus compte
01:02:16que Dominique Pellicot
01:02:18avait été identifié
01:02:1812 ans auparavant
01:02:19j'ai juste écrit
01:02:21au garde des Sceaux
01:02:22sur recommandation
01:02:23de ses services
01:02:24parce que votre plaidoirie
01:02:25n'était pas venue
01:02:26jusqu'à lui
01:02:27pour qu'il en tire
01:02:28toutes les conséquences
01:02:29et saisisse l'inspection
01:02:30c'est sur la base
01:02:31de ce courrier
01:02:31qu'il a saisi l'inspection
01:02:33et que l'inspection
01:02:34aujourd'hui
01:02:34alors on le découvre
01:02:35on s'en félicite
01:02:36j'imagine vous en félicitez
01:02:37vous aussi
01:02:38que sur la base
01:02:39de cette expérience
01:02:42les courriers
01:02:44seront adressés différemment
01:02:45et on évitera
01:02:46des prescriptions
01:02:46parce que
01:02:47pour ma part
01:02:48je m'en désole
01:02:49de la prescription
01:02:50de l'affaire de Marion
01:02:51parce qu'en réalité
01:02:52il y a l'ADN
01:02:53de votre client
01:02:54il y a les aveux
01:02:55de votre client
01:02:56quand il a été confronté
01:02:57à Marion
01:02:57c'est vrai que
01:02:59d'un strict point de vue
01:03:00de spectateur que je suis
01:03:02c'est désolant
01:03:03que cette affaire
01:03:03soit prescrite
01:03:04si tant est qu'elle finisse
01:03:05par l'aide
01:03:05parce qu'au nom
01:03:06de la connexité
01:03:07aujourd'hui
01:03:07avec l'affaire
01:03:08de Sophie Narbe
01:03:08puisqu'il y a tellement
01:03:09de choses similaires
01:03:11dans les deux dossiers
01:03:12il y a l'éther
01:03:13on ne va pas les recenser ici
01:03:15sur la base
01:03:16de la connexité
01:03:17il sera peut-être jugé un jour
01:03:19ce n'est pas l'objet du jour
01:03:21et vous le savez parfaitement
01:03:22je dis simplement
01:03:23que le rapport
01:03:24précise ça
01:03:25c'est-à-dire que
01:03:26que l'absence des scellés
01:03:29n'est pas
01:03:30n'est pas l'objet
01:03:31du rapport
01:03:32de la mission
01:03:32tout à fait
01:03:32c'est vrai
01:03:33si vous parlez
01:03:34effectivement
01:03:34du dossier
01:03:37de 1999
01:03:38de Marion
01:03:39vous l'avez très bien dit
01:03:41et j'ai repris
01:03:42vos propos
01:03:43l'affaire est prescrite
01:03:44et j'ai soulevé
01:03:45j'ai abondé
01:03:46dans votre sens
01:03:47en disant
01:03:47oui l'affaire est prescrite
01:03:48mais pour autant
01:03:49le lien de connexité
01:03:50avec l'affaire de 91
01:03:51m'est opposé
01:03:52et laisse dire
01:03:54que si
01:03:54monsieur Pellicot
01:03:55devait être envoyé
01:03:56devant la juridiction
01:03:57de jugement
01:03:57pour l'affaire de 91
01:03:59viendrait
01:04:00se greffer
01:04:01par connexité
01:04:02l'affaire de 99
01:04:03mais
01:04:03il me semble
01:04:04que c'est pas
01:04:05l'objet même
01:04:06de la séquence
01:04:07que nous vivons
01:04:08aujourd'hui
01:04:08l'objet même
01:04:09de la séquence
01:04:10que nous vivons
01:04:10aujourd'hui
01:04:10c'est de dire
01:04:11qu'il y a eu
01:04:12un loupé terrible
01:04:14alors on me dit
01:04:14que c'est pas
01:04:15un dysfonctionnement
01:04:15judiciaire
01:04:16je veux bien l'entendre
01:04:17mais moi je pense
01:04:18c'est totalement la même
01:04:18j'ai dit que manifestement
01:04:20non non c'est pas vous
01:04:21c'est dans les mots
01:04:22utilisés par le rapport
01:04:23ils ont quand même
01:04:24du mal à écrire
01:04:24le dysfonctionnement
01:04:25pardonnez-moi
01:04:27je dis simplement
01:04:27que c'est le rapport
01:04:29qui le dit
01:04:30le rapport dit
01:04:31qu'on ne peut pas parler
01:04:32de dysfonctionnement
01:04:33judiciaire
01:04:34parce qu'une lettre
01:04:35est partie d'un point A
01:04:36à un point B
01:04:37par lettre simple
01:04:38et qu'on ne s'est pas
01:04:39assuré
01:04:41que de la bonne réception
01:04:42de cette lettre
01:04:42et que par la même
01:04:43comme on ne peut pas
01:04:44démontrer la bonne réception
01:04:45par le tribunal judiciaire
01:04:47de mots
01:04:47tribunal de grande instance
01:04:48pardonnez-moi à l'époque
01:04:49et bien de fait
01:04:50c'est pas un dysfonctionnement
01:04:51judiciaire
01:04:52tout à fait
01:04:52alors moi j'ai une dernière
01:04:54question maître Zavaro
01:04:55avant de vous libérer
01:04:57l'ouverture du parcours
01:04:58criminel de Dominique Pellicot
01:04:59on l'a appris dimanche
01:05:01dernier lorsqu'on recevait
01:05:02les procureurs du
01:05:02Paul Colquet
01:05:03de Nanterre
01:05:04est-ce que
01:05:04ça n'a rien à voir
01:05:06on est d'accord avec
01:05:06le rapport qui est rendu
01:05:07aujourd'hui
01:05:07mais est-ce que
01:05:08vous en avez été surprise
01:05:09non j'en ai pas été surprise
01:05:12j'en ai pas du tout
01:05:13été surprise
01:05:13il est le 14ème
01:05:15par contre ce dont
01:05:15je me réjouis pleinement
01:05:16c'est le 15ème
01:05:17c'est-à-dire depuis
01:05:18le 12 janvier 26
01:05:19c'est l'examen du parcours
01:05:21criminel de François Vérov
01:05:22dit le grêlé
01:05:22à qui on a imputé
01:05:24pendant très longtemps
01:05:25le dossier de Soussinarm
01:05:27et dont on vient
01:05:28me dire aujourd'hui
01:05:29qu'il est l'oeuvre
01:05:29de Dominique Pellicot
01:05:30vous savez pertinemment
01:05:31que Dominique Pellicot
01:05:32a toujours contesté
01:05:33son implication
01:05:34dans le dossier de 91
01:05:35par Soussinarm
01:05:36enfin pardonnez-moi
01:05:37dans le dossier de Soussinarm
01:05:38en 91
01:05:39mais je me réjouis
01:05:41du parcours criminel
01:05:42de François Vérov
01:05:42dit le grêlé
01:05:43parce que peut-être
01:05:44que ça nous permettra
01:05:45le recoupement
01:05:46des informations
01:05:46et notamment
01:05:47de faire toute la lumière
01:05:49sur ce dossier
01:05:50pour lequel
01:05:51j'ajoute
01:05:52puisque vous me donnez
01:05:52la parole
01:05:53que j'avais sollicité
01:05:54l'exhumation
01:05:56du corps de Soussinarm
01:05:57par une demande d'acte
01:05:59auprès à l'époque
01:06:00de madame Turquet
01:06:00que cette demande
01:06:02m'avait été rejetée
01:06:03que j'en ai fait appel
01:06:04et que la chambre
01:06:05de l'instruction
01:06:06de la cour d'appel
01:06:06de Versailles
01:06:07y a fait droit
01:06:08par un arrêt
01:06:09du 7 novembre 2025
01:06:10et aujourd'hui
01:06:12on me parle du rapport
01:06:13de l'inspection générale
01:06:14Est-ce que vous avez
01:06:16une date finalement ?
01:06:17Justement
01:06:17pour l'heure
01:06:19je n'ai pas de date
01:06:20donc en fait
01:06:20j'ai l'impression
01:06:21que ça a l'air
01:06:23de déranger
01:06:23que ma demande
01:06:24a l'air de déranger
01:06:25que pour autant
01:06:26nous sommes aujourd'hui
01:06:26le 18 janvier 2026
01:06:28et que je n'ai toujours
01:06:29aucun écho
01:06:30sur cet arrêt
01:06:31du 7 novembre 2025
01:06:32J'ajoute
01:06:33et ce sera
01:06:33ma dernière minute
01:06:35de parole
01:06:36c'est que
01:06:36ce rapport
01:06:38cet examen
01:06:38de parcours extrême
01:06:39c'est une procédure
01:06:40non contradictoire
01:06:41dont les résultats
01:06:42s'imposeront à chacun
01:06:43mais qui permettront
01:06:44peut-être
01:06:45l'ouverture
01:06:45d'informations judiciaires
01:06:46je ne parle pas de Pellico
01:06:47je parle de tous
01:06:48ceux qui sont concernés
01:06:50par cette procédure
01:06:51Merci beaucoup
01:06:52Maître Zavaro
01:06:53merci d'être venu avec nous
01:06:54merci à tous
01:06:55pour vos lumières
01:06:56vos analyses
01:06:56sur ce dossier Pellico
01:06:57que nous suivons attentivement
01:06:58merci Laurent
01:06:59de m'avoir accompagné
01:06:59aujourd'hui
01:07:00la semaine prochaine
01:07:01vous retrouverez
01:07:01Dominique Rizet
01:07:02avec François Gapillon
01:07:03mais tout de suite
01:07:04vous avez rendez-vous
01:07:04avec l'info
01:07:05avec Anne Septen
01:07:07et Mathieu Coache
01:07:08restez sur BFFT
01:07:09BFFT
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