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  • il y a 28 minutes
Roland Lescure, ministre de l'Économie, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce vendredi 03 juillet. Il est revenu sur les promesses de Sébastien Lecornu quant au budget, le plan d'économies du Medef et sur la question de l'inflation, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:017h44 sur BFM Business, on est en direct des rencontres économiques d'Aix-en-Provence.
00:05Notre invité c'est Roland Lescure. Bonjour, ministre de l'économie, des finances, de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
00:11On a ce thème cette année, Roland Lescure aux rencontres économiques d'Aix, naviguer dans un monde sans repère.
00:17Ça correspond un peu à l'état d'esprit des chefs d'entreprise ici, qui voient un environnement extrêmement mouvant
00:22et qui ne savent peu toujours si les politiques, et Sébastien Lecornu est revenu dessus hier, sont leurs alliés ou
00:29pas.
00:29Qu'est-ce que vous avez envie de leur dire au milieu économique ?
00:32D'abord j'ai envie de les rencontrer. Aix, c'est un repère. Ça fait des années que ça existe
00:37et c'est vraiment le lieu de rencontre
00:40entre les politiques et les milieux économiques. Les économistes, merci à Jean-Hervé Laurentier au Cercle des économistes d'organiser
00:46ça,
00:46et les entreprises. Ensuite, je comprends qu'on est dans un monde bouleversé, je pense que ça n'a échappé
00:51à personne
00:52et que par ailleurs en France on a une situation politique dispersée. On a l'Assemblée nationale qu'on a,
00:57c'est les Français qui l'ont choisi, il faut qu'on compose avec. A partir de là, je pense
01:01que Sébastien Lecornu l'a bien dit hier,
01:03on est leurs alliés au sens où on considère qu'on a une cause commune, qui est la France,
01:07et que pour que la France aille bien, il faut que ses entreprises aillent bien.
01:11Mais Sébastien Lecornu l'a dit aussi, ce combat culturel,
01:14qu'on avait l'impression d'avoir remporté entre 2017 et 2020,
01:19il est aujourd'hui, je ne pense pas qu'il soit perdu.
01:21A l'automne, il y a eu ce sentiment, autour du débat de la taxe d'Ukmane ?
01:25Il y a eu un débat autour de la taxe d'Ukmane, autour du pacte d'Utray, etc.,
01:27où on s'est dit, finalement, l'idée selon laquelle, quand l'économie va bien,
01:33on peut ensuite faire tout le reste, la redistribution, le modèle social,
01:36c'était un peu tombé.
01:37Et ça va faire partie des débats importants de l'élection 2027,
01:40évidemment, on y reviendra, mais aussi des débats des semaines et des mois qui viennent sur le budget.
01:45Moi, je suis extrêmement fier d'un certain nombre de choses qu'on a faites,
01:47que je vais défendre ici, sur ce qu'on appelait la Startup Nation,
01:50qui a été décriée.
01:52On a 30 silicones en France, on a des milliers de startups,
01:54on crée de l'emploi, on attire des talents.
01:57Ça, il faut en être fier.
01:58Il faut reconnaître qu'il y a des choses qu'on a moins bien faites,
02:00mais surtout se dire que, face à la bombe démographique,
02:04je vais insister beaucoup aujourd'hui là-dessus,
02:05à laquelle on fait ça.
02:06La démographie ?
02:07Oui.
02:07L'INSEE nous l'a montré.
02:09Il y a 3 millions de Français en moins d'ici 2070.
02:13Il y a surtout 6 millions de Français en plus de plus de 65 ans.
02:17Et 9 millions de Français en moins de 45 ans.
02:20Donc ça veut dire quoi ?
02:21On va avoir 9 millions de Français en moins...
02:22C'est-à-dire qu'on change de modèle ?
02:23On change de monde.
02:24Ça veut dire que le modèle social ne tient plus ?
02:26Non, mais ça veut dire qu'il faut le transformer plutôt que de l'adapter.
02:29Ça fait 30 ans qu'on l'adapte à la marge.
02:31Un peu plus de cotisations ici, un peu moins de dépenses là,
02:34une réforme des retraites difficile alors qu'elle est indispensable.
02:38Je pense que l'élection présidentielle doit être l'occasion
02:41d'une vraie réflexion sur la manière dont on préserve ce modèle social.
02:45Donc une vraie remise à plat fiscale, la manière dont on finance notre modèle social.
02:51Il faut un big bang, selon vous.
02:53Moi je pense qu'il faut un débat de fond sur la transformation de notre modèle
02:57pour mieux le préserver.
02:59Un, avant de redistribuer de la richesse, il faut qu'on en crée.
03:02Et face à un monde où la démographie est en baisse,
03:06où le commerce international est menacé,
03:09et où le combat technologique est le combat de notre vie,
03:12il faut que la France soit un leader.
03:14On a des atouts énormes, des prix Nobel dont Philippe Aguillon est extrêmement présent ici.
03:18On a des chercheurs, on a des entrepreneurs.
03:20On a, en fait, ça c'est aussi une des vertus des dix années qui viennent de s'écouler,
03:24retrouver le goût du risque en France.
03:26On a des gens qui sont prêts à prendre du risque.
03:27Il faut qu'on les accompagne.
03:29Et il faut ensuite que chacun fasse son job,
03:31y compris les grandes entreprises qui parfois nous critiquent un peu.
03:34Le CIR, vous savez, le crédit import-recherche, moi j'y suis extrêmement attaché.
03:38Après l'avoir préservé, après avoir baissé les impôts des entreprises,
03:41on investit toujours insuffisamment dans la recherche en France.
03:44Les grandes entreprises ont un rôle à jouer là-dedans.
03:46Alors justement, les grandes entreprises.
03:47Patrick Martin, il considère qu'il faudrait un moment de goal, justement, sur la fiscalité.
03:51Il présente un plan avec des économies,
03:53un plan à 2035 avec 100 milliards d'économies.
03:58Il y a une espèce de compétition en ce moment sur qui propose le plus d'économies.
04:02Il propose un effort sur les retraités très fort, sur les fonctionnaires,
04:06avec pas de hausse d'impôts sur les entreprises.
04:09Comment vous avez reçu ça ?
04:11Non mais moi j'ai reçu ça d'abord très positivement au sens où c'est une contribution au débat.
04:15Moi je l'avais dit aux chefs d'entreprise.
04:17Depuis l'automne d'ailleurs, je me souviens...
04:18Mais c'est votre programme quoi.
04:19Non mais mettez, j'allais dire, vos idées, votre courage sur la table
04:24et dites-nous ce dont vous rêvez.
04:27Ensuite, est-ce que du rêve à la réalité de l'Assemblée nationale, il y a un chemin ?
04:33Franchement, je n'en sais rien.
04:34L'idée de la suppression des jours fériés, je dirais, on a essayé et on a payé.
04:39Donc ça, je ne suis pas sûr que ça fonctionnerait.
04:40Mais mettre ces idées dans l'atmosphère,
04:42à la fois, je dirais, pour aider à préparer le débat sur 27, le budget,
04:46mais aussi préparer le débat de 27, les élections présidentielles, c'est très bien.
04:52Moi je crois beaucoup quand même dans ce monde de bouleversement,
04:55à notre responsabilité collective à avancer ensemble.
04:58C'est-à-dire, je ne souhaite pas, moi, opposer les entreprises aux ménages, aux fonctionnaires,
05:03qui sont peut-être parfois un peu montrés du doigt.
05:06Mais ce que je comprends, c'est que le plan du MEDEF, il ne passe pas à l'Assemblée
05:09et qu'il est irréaliste pour vous.
05:10Non, mais typiquement, les idées qui sont mises en avant sur les économies de dépense,
05:15notamment de dépense de santé, elles sont bienvenues.
05:18Parce que du fait de la démographie dont je parlais tout à l'heure,
05:20de toute façon, il va falloir changer de modèle de financement.
05:24La question de la TVA, pour moi, va se poser pour l'élection présidentielle de 27.
05:29Je ne vois pas une Assemblée, on verra, qui adopte une hausse de la TVA,
05:33alors qu'on vient de vivre un choc inflationniste, il ne faut pas l'oublier.
05:35Donc attention à ça.
05:36Mais évidemment, tous ces débats sont bienvenus.
05:39Certains, j'espère, pourront être débattus et pourquoi pas voter à l'occasion du budget 27.
05:44Mais évidemment, les gros sujets qui sont abordés aujourd'hui par le MEDEF
05:47vont faire partie des grands débats de l'élection 2027.
05:50Alors avant de discuter de l'élection 2027,
05:52on a un comité d'alerte le 7 juillet qui doit se réunir pour annoncer des économies.
05:56Premier sujet, il faut que vous répondiez quand même à cette interrogation.
05:59Le 7 juillet, ce n'est pas une date anodine.
06:02On doit savoir si Marine Le Pen ou pas pourra se présenter à l'élection présidentielle.
06:05C'est le jour du comité d'alerte.
06:06C'est fait exprès pour qu'on ne parle pas ?
06:08Non, absolument pas.
06:09On a fixé une date en fonction des disponibilités des uns et des autres.
06:14Vous savez qu'au comité d'alerte, il y a à la fois le gouvernement,
06:16il y a des parlementaires, les rapporteurs généraux du budget, les présidents de commission,
06:20il y a les représentations des organisations patronales, des organisations syndicales.
06:23C'est une réunion de travail extrêmement importante.
06:26C'est le deuxième, on en a fait en avril, qui doit nous permettre d'échanger sur la situation de
06:30la France,
06:30la croissance, l'évolution des déficits, notre capacité ou pas à tenir la cible.
06:34On veut le faire.
06:35On va tout faire pour en être aussi près que possible, et j'espère la tenir, en 2026.
06:40Et franchement, j'allais dire, pendant les travaux, la vente continue.
06:43Pendant les actualités judiciaires de Mme Le Pen, et j'ai tendance à dire ces temps-ci,
06:47elles ont tendance à se multiplier.
06:48Nous, on ne va pas s'arrêter de travailler.
06:50Non, mais vous savez que médiatiquement, le 7 juillet, il n'y aura que ça.
06:54J'espère que BFM Business s'intéressera à l'évolution des comptes publics de la France.
07:00Franchement, on n'a pas fait ça pour ça.
07:02On l'a prévu depuis longtemps.
07:03On a fixé une date en fonction des contraintes des uns et des autres.
07:06Et j'allais dire, des actualités judiciaires, il y en aura peut-être d'autres.
07:08Des comités d'alerte, il y en aura sans doute d'autres également.
07:11C'est quoi les pistes possibles aujourd'hui ?
07:12Sur quoi on peut rogner pour essayer de tenir l'objectif au plus près possible ?
07:16Non, mais ça, c'est l'objet du comité d'alerte, d'échanger sur l'État,
07:20je dirais, de l'art, croissance, finance publique,
07:23et d'échanger sur des possibles pistes d'économie,
07:26parce qu'il faudra sans doute en faire d'autres.
07:28Je ne vous les annonce pas aujourd'hui.
07:30Évidemment, la primeur sera pour les membres du comité.
07:33Mais on fait face à une crise, à une guerre, même si ça va mieux.
07:36Tant mieux, le soleil repointe à l'horizon.
07:39On a eu trois mois difficiles, qui ont eu un impact sur la croissance,
07:42qui ont eu un impact sur les déficits publics,
07:44à la fois parce qu'on a aidé les plus démunis,
07:46mais aussi parce que forcément, la croissance a été impactée.
07:49Donc, il faut qu'on intègre tout ça, qu'on fasse la transparence,
07:52parce que je pense qu'on peut nous reconnaître ça, on dit la vérité,
07:55quand elle est bonne à entendre ou quand elle n'est pas bonne à entendre,
07:57et puis prendre ensemble des décisions.
07:58La bonne nouvelle, c'est quand même l'inflation qui a reflué 1,8% en juin.
08:02On a eu quand même une inquiétude avec les 2,4% du mois de mai.
08:07C'était, selon vous, un petit pic, et puis c'est terminé.
08:10On s'est fait peur, en fait, avec le prix de l'essence, avec l'inflation ?
08:14Ben non, on s'est fait plus que peur, on l'a senti, la douloureuse,
08:17quand on faisait le plat, on l'a senti.
08:19Mais je pense que, un, ça nous a permis de renforcer notre stratégie à moyen long terme,
08:24électrification, programmation de l'énergie.
08:26Cette crise doit nous permettre de nous réveiller une dernière fois, je dirais.
08:28Il faut y aller.
08:29Je parle évidemment en plus de l'épisode de canicule de la semaine dernière.
08:33Mais 2, effectivement, on a une bonne nouvelle, il ne faut pas gâcher notre plaisir,
08:37l'inflation est en train de refluer.
08:39Vous savez que ça avait monté vite à la hausse, ça baisse vite à la baisse.
08:42C'est une bonne nouvelle pour le pouvoir d'achat des Français.
08:46Moi, j'ai dit, j'ai appelé ça le signe.
08:47Et pour les finances publiques, parce qu'il y a pas mal de choses qui sont indexées.
08:50Non, mais évidemment, mais surtout, je dirais pour la croissance, c'est le signal de la relance.
08:54Il faut qu'on ait un bon été.
08:56On s'inquiétait sur le kérosène, on aura du kérosène.
08:58Le prix de l'essence et le prix des pleins, il est en train de baisser.
09:02On est en dessous d'un 90.
09:03On a besoin d'une économie qui va bien et on a des signaux positifs.
09:07J'allais dire, allez-y, on y va maintenant.
09:10Les ménages, les entreprises qui doivent reprendre nos chemins des investissements.
09:14Quand vous dites allez-y, c'est électrifiez-vous, c'est changer les fenêtres, faites de l'isolation, c'est
09:20quoi ?
09:20Non, mais continuez à électrifier.
09:20Vous savez que les chiffres de juin, c'est des immatriculations en hausse
09:24et plus de 30% de véhicules électriques ou hybrides rechargeables.
09:27Donc, on est au moment où ça bascule.
09:30En Norvège, on est à 90%, un peu plus, de véhicules électriques.
09:33C'est au moment où on a passé les 30 que ça a accéléré.
09:36Donc, oui, n'hésitez pas, n'oubliez pas ce qu'on a vécu depuis trois mois.
09:39Il y a plein de professions qui peuvent se permettre aujourd'hui des véhicules électriques
09:42parce que le rendement est aujourd'hui bien plus important qu'il l'était.
09:46Les prix ont baissé, il y a des primes.
09:48Il y a aussi beaucoup de nos concitoyens qui ont un peu peur de passer le pas.
09:52J'en rencontre beaucoup qui l'ont fait.
09:54Nos regrets, ils ne reviendront pas en arrière.
09:56Donc, allez-y.
09:57En plus, les véhicules, ils sont faits en Europe, ils sont faits en France.
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