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Clémence Guetté, députée et coordinatrice du parti La France Insoumise, dénonce l'inaction climatique du gouvernement sur le plateau de Franceinfo.
Face aux vagues de canicule successives, elle pointe du doigt l'impréparation de Gabriel Attal et Macron dans les écoles et critique sévèrement la stratégie de climatisation globale portée par Marine Le Pen et le Rassemblement National.
Elle défend un plan d'urgence axé sur la rénovation thermique des bâtiments et des mesures de protection immédiates pour les travailleurs les plus exposés aux risques thermiques.

#Guetté #Canicule #Macronie #clim #LFI

00:00 Intro
00:42 Clémence Guetté
07:43 Outro

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Réponses au quiz de fin :
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Quel montant EDF a-t-il débloqué pour les climatiseurs ?
➡ 80 millions d'euros.

De combien de degrés la clim peut-elle chauffer une ville 100% équipée ?
➡ De +2,4 à +3,6°.

Quel exemple de réseau de fraîcheur urbain est cité à Paris ?
➡ Celui de l'Assemblée nationale.

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Transcription
00:00Si on climatise absolument tout dans une ville, ville fictive, on peut augmenter la température dans cette même ville de
00:06plus 2,4 à plus 3,6 degrés.
00:10La climatisation, c'est une maladaptation parce que c'est une solution d'urgence, parce que rien n'a été
00:14fait.
00:14Donc vous dites aux gens qui visite à s'équiper par exemple, il ne faut pas le faire ?
00:18Non mais bien sûr, je dis aux gens d'essayer de survivre parce que ce gouvernement est responsable de la
00:24situation.
00:25Et ça peut vous faire rire, mais moi ça me fait peur du tout.
00:27Je réponds à vos questions, j'essaye d'y répondre.
00:28Ce gouvernement est coupable du fait que 9 millions de personnes dans notre pays sont dans des bouilloires thermiques.
00:41Le ministre de l'économie a salué ce matin le déblocage de 80 millions d'euros par EDF pour équiper
00:47les établissements les plus exposés en petits climatiseurs.
00:50C'est une bonne nouvelle ?
00:52C'est un pansement sur une jambe de bois.
00:54En fait, ce que je déplore, c'est qu'à la fois cette canicule nous permette de parler de changement
00:59climatique,
01:00et à la fois, vous venez de me parler de l'escur, mais M. Attal a découvert que les écoles
01:05françaises n'étaient pas climatisées.
01:06Je rappelle que cet homme a été ministre de l'éducation nationale et premier ministre de notre pays.
01:11Donc cette impréparation, elle est criminelle en certains sens.
01:14Vous parlez de la climatisation comme si ça allait de soi, que c'était une bonne chose dans les écoles.
01:18Aujourd'hui, c'est le jour du brevet des collèges.
01:20Il y a beaucoup de collégiens qui souffrent de la chaleur dans les établissements.
01:23Jean-Luc Mélenchon a évoqué la question cette semaine de la climatisation dans les établissements.
01:27Et voici ce qu'il a dit. On l'écoute.
01:29C'est le truc qu'il ne faut pas faire.
01:31Climatiser partout, ça veut dire augmenter les dégâts.
01:33Moi, je ne mets pas mon gosse ou ma petite-fille ou mon arrière-petite-fille là où c'est
01:36de la clim du matin au soir.
01:38Moi, je ne mets pas mon gosse là où il y a de la clim du matin au soir.
01:42Est-ce que vous, Clémence Guettet, vous mettriez vos enfants dans un établissement climatisé ?
01:46Est-ce que c'est un problème ou au contraire une solution, même si c'est du court terme ?
01:50C'est une solution d'urgence.
01:53Ça n'empêche pas qu'il faut rénover thermiquement les bâtiments et permettre de s'adapter.
01:56Sur les déclarations de Jean-Luc Mélenchon, pardonnez-moi, mais on ne les comprend pas.
01:58Je vais y venir.
01:59Il répondait à Mme Le Pen.
02:01Mme Le Pen et tout le Rassemblement national dans son enterté,
02:04qui, depuis quelques jours, nous dit qu'on va mettre de la clim partout, c'est la solution.
02:08Pardonnez-moi, sur les services publics, ils disent à peu près la même chose que vous.
02:11Oui, sur les services publics, mais c'est là toute la différence.
02:12La clim partout, écoutez ce que je vous dis.
02:14Ça veut dire qu'il y a une étude du CNRS, par exemple,
02:17qui a montré que si on climatise absolument tout dans une ville, ville fictive,
02:21on peut augmenter la température dans cette même ville de plus 2,4 à plus 3,6 degrés.
02:27La climatisation, c'est une maladaptation parce que c'est une solution d'urgence,
02:31parce que rien n'a été fait.
02:32Dans votre plan d'adaptation, vous parlez même d'un privilège pour parler de la climatisation.
02:37Mais bien sûr que c'est un privilège.
02:39Je suis sur votre plateau, je ne souffre pas trop.
02:41Vous non plus, vous ne souffrez pas trop.
02:43En ce moment, chez moi, je ne dors pas, mais comme la plupart des gens.
02:45Et donc vous dites aux gens qui hésitent à s'équiper, par exemple, il ne faut pas le faire ?
02:48Non, mais bien sûr, je dis aux gens d'essayer de survivre parce que ce gouvernement est responsable de la
02:55situation.
02:56Et ça peut vous faire rire, mais moi ça ne me fait pas rire du tout.
02:58Je suis dans l'opposition.
02:59Non, mais si vous venez d'esquisser un sourire.
03:01Non, je suis parce que j'essaie de vous poser une question.
03:03Je réponds à vos questions, j'essaye d'y répondre.
03:05Ce gouvernement est coupable du fait que 9 millions de personnes dans notre pays sont dans des brouilloires thermiques,
03:10que ça fait une semaine qu'ils ne peuvent pas dormir la nuit et qu'ils se demandent comment survivre
03:15et passer à la prochaine journée.
03:17On parle de ça.
03:18Si vous me permettez de vous poser une question, la France est équipée à moins de 30% en climatisation.
03:24On était ce matin sur France Info en Thaïlande du côté de Bangkok.
03:27J'aurais bien aimé répondre davantage sur la citation de Jean-Luc Mélenchon, mais peu importe.
03:30On va pouvoir y revenir.
03:31Du côté de Bangkok, c'est par exemple 80%.
03:33L'Italie, c'est 60%.
03:36L'Espagne, c'est un petit peu moins, ça doit être autour de 45%.
03:40Ces pays sont mal adaptés ?
03:42Bien sûr.
03:44Ce n'est pas moi qui l'invente, c'est une vérité scientifique.
03:47Je viens de vous parler d'une étude du CNRS.
03:49Si on met de la climatisation partout, on augmente le problème.
03:53Sur la climatisation, il y a plusieurs pistes de réflexion.
03:55D'abord, il faudrait soutenir la recherche.
03:57Vous savez, il y a ces gaz qui sont dans les climatisations de moins en moins.
04:01Mais malgré tout, ils sont...
04:02Qui seront bientôt interdits par la Commission européenne.
04:03Qui eux-mêmes ont participé pendant très longtemps d'augmenter le changement climatique.
04:08J'ai vu une étude qui montrait qu'il y avait des chercheurs qui s'intéressaient aux fibres de caoutchouc
04:12pour faire des climatisations plus écologiques.
04:14Je sais que, par exemple, à l'Assemblée nationale, comme dans d'autres grandes villes, nous sommes reliés à un
04:19réseau de fraîcheur urbain.
04:21C'est la même chose qu'un réseau de chaleur urbain.
04:22C'est de l'eau, cette fois-ci, froide, qui passe dans des tuyaux, qui permet de refroidir la chose.
04:26Donc, il y a des solutions auxquelles on peut penser.
04:29Et puis, je le redis, il faut sortir de cette urgence.
04:33C'est-à-dire que là, tous les responsables politiques, franchement, sont affligeants.
04:37C'est-à-dire, nous disent, foutons de la clim partout, comme si ça se faisait en un tour de
04:40main.
04:40Les gens seront...
04:41En même temps, vous dites qu'il faut mettre des clims dans les écoles sous 5 ans partout.
04:43Mais en urgence.
04:44Sauf que moi, je l'adosse à des solutions de long terme.
04:46Ce que, évidemment, l'extrême droite ne fait pas, puisqu'elle est climato-sceptique.
04:50Ça veut dire que, par exemple, pour le bâti, il faut changer notre façon de bâtir.
04:54Longtemps, ça a fait sourire les gens quand nous avons parlé des habitations en bois, terre, paille.
04:59Ce sont d'autres matériaux que le béton qui garde la chaleur, etc.
05:02Mais les immeubles haussmanniens de Paris, par exemple, vous n'allez pas les remplacer par...
05:06Merci, monsieur.
05:06Mais essayons d'élever le débat, si vous voulez bien que je n'y participe pas toute seule.
05:10C'est en ville que la question se pose principalement.
05:12Je viens de vous parler des réseaux de fraîcheur urbain.
05:14Le fait est qu'il existe des solutions autres que la climatisation qui, elle-même, participe du réchauffement climatique.
05:19Cette rénovation urbaine, elle coûte très cher.
05:21Vous proposez le congé climatique.
05:24La mise en place est estimée en fonction des calculs entre 600 millions et 1 milliard.
05:30Il ne vaut pas mieux mettre cet argent, justement, dans des plans de transition, de rénovation du bâti ?
05:35Les deux.
05:36On a beaucoup de choses à faire et de manière concomitante parce qu'on a pris énormément de retard.
05:40Ça veut dire qu'il faut des mesures d'urgence.
05:42On vient d'en parler assez longuement sur la rénovation thermique des bâtiments.
05:45Mais aussi, par exemple, pour les travailleurs.
05:46Vous avez regardé notre plan canicule qu'on a sorti avec le groupe parlementaire.
05:50Pour les travailleurs, par exemple, nous proposons un droit de retrait.
05:53Quand il fait plus de 33 degrés sur le lieu de travail, on ne peut pas mettre sa santé en
05:57danger.
05:57Moi, je pense au jeune homme qui, travaillant sur les toits pendant la canicule du mois de mai, a 19
06:02ans, est décédé du fait de la chaleur.
06:04Voilà.
06:04On ne peut pas permettre ça dans notre pays.
06:05Donc, il y a ce type de mesures d'urgence.
06:07Et puis après, il y a des mesures de plus long terme, en effet, qu'il va falloir mettre en
06:11place pour s'adapter durablement à ces conditions climatiques.
06:13Dans un contexte budgétaire contraint.
06:14Oui.
06:15Dans un contexte budgétaire contraint.
06:16Mais je redis ce que j'ai dit au début de notre interview.
06:20Les assureurs, Allianz, par exemple, qui, sans doute politiquement, ne sont pas exactement dans la même optique que moi vis
06:27-à-vis du changement climatique.
06:28Mais disent eux-mêmes, en baisse de productivité des travailleurs avec les vagues caniculaires, en 2100, il y en aura
06:35dix fois plus qu'aujourd'hui.
06:37Donc, il faut s'adapter.
06:38Ils disent que ça va nous coûter 210 milliards d'ici à 2030.
06:43Il y a une autre étude qui montre que pour le système de santé, c'est 5 milliards par an,
06:47en plus, les insuffisances rénales, les gens qui sont hospitalisés, et tous les morts dont on ne parle pas.
06:53Moi, je pense énormément en ce moment aux personnes qui sont sans-abri dans notre pays.
06:59Mon collègue Paul Vannier a eu deux décès avant-hier de personnes sans-abri dans sa circonscription.
07:04Nous avons visité des prisons, des gens qui dorment en ce moment à 50 degrés.
07:08Il y a 9 millions de personnes qui vivent dans des bouilloirs thermiques.
07:12Il y a toutes celles et ceux qui sont en ce moment dans des conditions absolument inhumaines.
07:15Et sur le financement, donc, je viens de vous parler de coûts qu'on peut éviter.
07:19Et ensuite, oui, nous assumons un plan d'investissement et d'adaptation.
07:23Parce qu'en fait, c'est le défi majeur qu'on a devant nous.
07:25Et on en parle à chaque période budgétaire, mais de l'argent dans ce pays, il y en a.
07:29Quand M. Macron a enlevé l'ISF, il a fait la flag taxe, l'exit taxe, etc.,
07:34nous perdons des milliards par an.
07:35C'était 5 milliards, quelque chose comme ça.
07:37Nous perdons plus de 20 milliards avec les trois mesures que je viens de vous citer.
07:42Donc, on peut trouver de l'argent pour faire ça.
07:56Sous-titrage Société Radio-Canada
08:05Sous-titrage Société Radio-Canada
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