00:00Si on climatise absolument tout dans une ville, ville fictive, on peut augmenter la température dans cette même ville de
00:06plus 2,4 à plus 3,6 degrés.
00:10La climatisation, c'est une maladaptation parce que c'est une solution d'urgence, parce que rien n'a été
00:14fait.
00:14Donc vous dites aux gens qui visite à s'équiper par exemple, il ne faut pas le faire ?
00:18Non mais bien sûr, je dis aux gens d'essayer de survivre parce que ce gouvernement est responsable de la
00:24situation.
00:25Et ça peut vous faire rire, mais moi ça me fait peur du tout.
00:27Je réponds à vos questions, j'essaye d'y répondre.
00:28Ce gouvernement est coupable du fait que 9 millions de personnes dans notre pays sont dans des bouilloires thermiques.
00:41Le ministre de l'économie a salué ce matin le déblocage de 80 millions d'euros par EDF pour équiper
00:47les établissements les plus exposés en petits climatiseurs.
00:50C'est une bonne nouvelle ?
00:52C'est un pansement sur une jambe de bois.
00:54En fait, ce que je déplore, c'est qu'à la fois cette canicule nous permette de parler de changement
00:59climatique,
01:00et à la fois, vous venez de me parler de l'escur, mais M. Attal a découvert que les écoles
01:05françaises n'étaient pas climatisées.
01:06Je rappelle que cet homme a été ministre de l'éducation nationale et premier ministre de notre pays.
01:11Donc cette impréparation, elle est criminelle en certains sens.
01:14Vous parlez de la climatisation comme si ça allait de soi, que c'était une bonne chose dans les écoles.
01:18Aujourd'hui, c'est le jour du brevet des collèges.
01:20Il y a beaucoup de collégiens qui souffrent de la chaleur dans les établissements.
01:23Jean-Luc Mélenchon a évoqué la question cette semaine de la climatisation dans les établissements.
01:27Et voici ce qu'il a dit. On l'écoute.
01:29C'est le truc qu'il ne faut pas faire.
01:31Climatiser partout, ça veut dire augmenter les dégâts.
01:33Moi, je ne mets pas mon gosse ou ma petite-fille ou mon arrière-petite-fille là où c'est
01:36de la clim du matin au soir.
01:38Moi, je ne mets pas mon gosse là où il y a de la clim du matin au soir.
01:42Est-ce que vous, Clémence Guettet, vous mettriez vos enfants dans un établissement climatisé ?
01:46Est-ce que c'est un problème ou au contraire une solution, même si c'est du court terme ?
01:50C'est une solution d'urgence.
01:53Ça n'empêche pas qu'il faut rénover thermiquement les bâtiments et permettre de s'adapter.
01:56Sur les déclarations de Jean-Luc Mélenchon, pardonnez-moi, mais on ne les comprend pas.
01:58Je vais y venir.
01:59Il répondait à Mme Le Pen.
02:01Mme Le Pen et tout le Rassemblement national dans son enterté,
02:04qui, depuis quelques jours, nous dit qu'on va mettre de la clim partout, c'est la solution.
02:08Pardonnez-moi, sur les services publics, ils disent à peu près la même chose que vous.
02:11Oui, sur les services publics, mais c'est là toute la différence.
02:12La clim partout, écoutez ce que je vous dis.
02:14Ça veut dire qu'il y a une étude du CNRS, par exemple,
02:17qui a montré que si on climatise absolument tout dans une ville, ville fictive,
02:21on peut augmenter la température dans cette même ville de plus 2,4 à plus 3,6 degrés.
02:27La climatisation, c'est une maladaptation parce que c'est une solution d'urgence,
02:31parce que rien n'a été fait.
02:32Dans votre plan d'adaptation, vous parlez même d'un privilège pour parler de la climatisation.
02:37Mais bien sûr que c'est un privilège.
02:39Je suis sur votre plateau, je ne souffre pas trop.
02:41Vous non plus, vous ne souffrez pas trop.
02:43En ce moment, chez moi, je ne dors pas, mais comme la plupart des gens.
02:45Et donc vous dites aux gens qui hésitent à s'équiper, par exemple, il ne faut pas le faire ?
02:48Non, mais bien sûr, je dis aux gens d'essayer de survivre parce que ce gouvernement est responsable de la
02:55situation.
02:56Et ça peut vous faire rire, mais moi ça ne me fait pas rire du tout.
02:58Je suis dans l'opposition.
02:59Non, mais si vous venez d'esquisser un sourire.
03:01Non, je suis parce que j'essaie de vous poser une question.
03:03Je réponds à vos questions, j'essaye d'y répondre.
03:05Ce gouvernement est coupable du fait que 9 millions de personnes dans notre pays sont dans des brouilloires thermiques,
03:10que ça fait une semaine qu'ils ne peuvent pas dormir la nuit et qu'ils se demandent comment survivre
03:15et passer à la prochaine journée.
03:17On parle de ça.
03:18Si vous me permettez de vous poser une question, la France est équipée à moins de 30% en climatisation.
03:24On était ce matin sur France Info en Thaïlande du côté de Bangkok.
03:27J'aurais bien aimé répondre davantage sur la citation de Jean-Luc Mélenchon, mais peu importe.
03:30On va pouvoir y revenir.
03:31Du côté de Bangkok, c'est par exemple 80%.
03:33L'Italie, c'est 60%.
03:36L'Espagne, c'est un petit peu moins, ça doit être autour de 45%.
03:40Ces pays sont mal adaptés ?
03:42Bien sûr.
03:44Ce n'est pas moi qui l'invente, c'est une vérité scientifique.
03:47Je viens de vous parler d'une étude du CNRS.
03:49Si on met de la climatisation partout, on augmente le problème.
03:53Sur la climatisation, il y a plusieurs pistes de réflexion.
03:55D'abord, il faudrait soutenir la recherche.
03:57Vous savez, il y a ces gaz qui sont dans les climatisations de moins en moins.
04:01Mais malgré tout, ils sont...
04:02Qui seront bientôt interdits par la Commission européenne.
04:03Qui eux-mêmes ont participé pendant très longtemps d'augmenter le changement climatique.
04:08J'ai vu une étude qui montrait qu'il y avait des chercheurs qui s'intéressaient aux fibres de caoutchouc
04:12pour faire des climatisations plus écologiques.
04:14Je sais que, par exemple, à l'Assemblée nationale, comme dans d'autres grandes villes, nous sommes reliés à un
04:19réseau de fraîcheur urbain.
04:21C'est la même chose qu'un réseau de chaleur urbain.
04:22C'est de l'eau, cette fois-ci, froide, qui passe dans des tuyaux, qui permet de refroidir la chose.
04:26Donc, il y a des solutions auxquelles on peut penser.
04:29Et puis, je le redis, il faut sortir de cette urgence.
04:33C'est-à-dire que là, tous les responsables politiques, franchement, sont affligeants.
04:37C'est-à-dire, nous disent, foutons de la clim partout, comme si ça se faisait en un tour de
04:40main.
04:40Les gens seront...
04:41En même temps, vous dites qu'il faut mettre des clims dans les écoles sous 5 ans partout.
04:43Mais en urgence.
04:44Sauf que moi, je l'adosse à des solutions de long terme.
04:46Ce que, évidemment, l'extrême droite ne fait pas, puisqu'elle est climato-sceptique.
04:50Ça veut dire que, par exemple, pour le bâti, il faut changer notre façon de bâtir.
04:54Longtemps, ça a fait sourire les gens quand nous avons parlé des habitations en bois, terre, paille.
04:59Ce sont d'autres matériaux que le béton qui garde la chaleur, etc.
05:02Mais les immeubles haussmanniens de Paris, par exemple, vous n'allez pas les remplacer par...
05:06Merci, monsieur.
05:06Mais essayons d'élever le débat, si vous voulez bien que je n'y participe pas toute seule.
05:10C'est en ville que la question se pose principalement.
05:12Je viens de vous parler des réseaux de fraîcheur urbain.
05:14Le fait est qu'il existe des solutions autres que la climatisation qui, elle-même, participe du réchauffement climatique.
05:19Cette rénovation urbaine, elle coûte très cher.
05:21Vous proposez le congé climatique.
05:24La mise en place est estimée en fonction des calculs entre 600 millions et 1 milliard.
05:30Il ne vaut pas mieux mettre cet argent, justement, dans des plans de transition, de rénovation du bâti ?
05:35Les deux.
05:36On a beaucoup de choses à faire et de manière concomitante parce qu'on a pris énormément de retard.
05:40Ça veut dire qu'il faut des mesures d'urgence.
05:42On vient d'en parler assez longuement sur la rénovation thermique des bâtiments.
05:45Mais aussi, par exemple, pour les travailleurs.
05:46Vous avez regardé notre plan canicule qu'on a sorti avec le groupe parlementaire.
05:50Pour les travailleurs, par exemple, nous proposons un droit de retrait.
05:53Quand il fait plus de 33 degrés sur le lieu de travail, on ne peut pas mettre sa santé en
05:57danger.
05:57Moi, je pense au jeune homme qui, travaillant sur les toits pendant la canicule du mois de mai, a 19
06:02ans, est décédé du fait de la chaleur.
06:04Voilà.
06:04On ne peut pas permettre ça dans notre pays.
06:05Donc, il y a ce type de mesures d'urgence.
06:07Et puis après, il y a des mesures de plus long terme, en effet, qu'il va falloir mettre en
06:11place pour s'adapter durablement à ces conditions climatiques.
06:13Dans un contexte budgétaire contraint.
06:14Oui.
06:15Dans un contexte budgétaire contraint.
06:16Mais je redis ce que j'ai dit au début de notre interview.
06:20Les assureurs, Allianz, par exemple, qui, sans doute politiquement, ne sont pas exactement dans la même optique que moi vis
06:27-à-vis du changement climatique.
06:28Mais disent eux-mêmes, en baisse de productivité des travailleurs avec les vagues caniculaires, en 2100, il y en aura
06:35dix fois plus qu'aujourd'hui.
06:37Donc, il faut s'adapter.
06:38Ils disent que ça va nous coûter 210 milliards d'ici à 2030.
06:43Il y a une autre étude qui montre que pour le système de santé, c'est 5 milliards par an,
06:47en plus, les insuffisances rénales, les gens qui sont hospitalisés, et tous les morts dont on ne parle pas.
06:53Moi, je pense énormément en ce moment aux personnes qui sont sans-abri dans notre pays.
06:59Mon collègue Paul Vannier a eu deux décès avant-hier de personnes sans-abri dans sa circonscription.
07:04Nous avons visité des prisons, des gens qui dorment en ce moment à 50 degrés.
07:08Il y a 9 millions de personnes qui vivent dans des bouilloirs thermiques.
07:12Il y a toutes celles et ceux qui sont en ce moment dans des conditions absolument inhumaines.
07:15Et sur le financement, donc, je viens de vous parler de coûts qu'on peut éviter.
07:19Et ensuite, oui, nous assumons un plan d'investissement et d'adaptation.
07:23Parce qu'en fait, c'est le défi majeur qu'on a devant nous.
07:25Et on en parle à chaque période budgétaire, mais de l'argent dans ce pays, il y en a.
07:29Quand M. Macron a enlevé l'ISF, il a fait la flag taxe, l'exit taxe, etc.,
07:34nous perdons des milliards par an.
07:35C'était 5 milliards, quelque chose comme ça.
07:37Nous perdons plus de 20 milliards avec les trois mesures que je viens de vous citer.
07:42Donc, on peut trouver de l'argent pour faire ça.
07:56Sous-titrage Société Radio-Canada
08:05Sous-titrage Société Radio-Canada
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