00:00Chaque jour, en France, les pétroliers, 12 millions d'euros de super profit.
00:04Chaque jour.
00:05Pendant que de l'autre côté, vous avez des gens qui ne vont plus se déplacer,
00:09qui ont des difficultés pour aller travailler.
00:11Cette situation est inacceptable.
00:13Donc la seule mesure pour répondre à ça, c'est le blocage des prix.
00:15Et c'est la seule mesure qui coûte 0 euro à l'État.
00:18Ça coûte 0 euro à l'État, ça met à contribution les marges des profiteurs de crise.
00:27– Il faut lutter contre la dépendance au pétrole.
00:30– Ah évidemment, il faut préparer la pré-pétrole.
00:32– Est-ce que bloquer les prix des carburants, c'est lutter contre la dépendance ?
00:35Puisque je rappelle que c'est la mesure que vous prépénisez.
00:38– Je comprends sincèrement votre question, mais vous devez distinguer…
00:41– Il y a quelque chose d'un peu paradoxal.
00:42– Non, je crois qu'il faut que vous distinguiez dans les réponses politiques.
00:46Les réponses politiques qui sont de l'ordre du court terme,
00:48c'est-à-dire des gens aujourd'hui qui n'ont pas d'alternative
00:51et qui sont obligés d'utiliser leurs voitures qui fonctionnent avec du carburant
00:54et donc issues du pétrole, vous ne pouvez pas du jour au lendemain leur dire
00:58« Désolé, vos voitures, elles ne vont plus pouvoir rouler. »
01:01Et ensuite, avoir une politique à moyen et à long terme
01:03qui effectivement électrifie, qui sort de la dépendance aux énergies carbonées,
01:08il faut faire les deux choses.
01:09Ce qui est quand même assez surprenant, c'est que vous avez un gouvernement
01:11qui attend qu'on soit dans une crise terrible d'augmentation des prix du carburant
01:16pour commencer à se poser la question de l'électrification.
01:18Il fallait peut-être y penser avant, précisément,
01:19pour ne se retrouver dans cette situation.
01:21Sur votre mesure, sur le blocage des carburants,
01:23le gouvernement, et pas que lui d'ailleurs,
01:25certains économistes aussi vous disent,
01:26le blocage des prix, c'est la pénurie.
01:28Donc on aura des prix bloqués moins chers,
01:31mais il n'y aura plus de carburant à la pompe.
01:33Qu'est-ce que vous répondez là-dessus ?
01:34Que le blocage des prix, ça existe dans les départements
01:36et territoires d'Outre-mer aujourd'hui.
01:38On a un blocage des prix et un blocage des marges.
01:40Mais ce n'est pas un blocage des prix en Outre-mer.
01:43Il y a un plafonnement des prix
01:44qui est revu tous les mois par le préfet.
01:48J'ai regardé les chiffres avant de vous recevoir
01:49parce que c'est vrai que depuis des semaines,
01:50vous citez notamment le cas de la Réunion,
01:53de la Guadeloupe et de la Martinique.
01:55Tous les mois, le préfet là-bas,
01:57réhausse, vous savez ce qui s'est passé
01:59en Guadeloupe et en Martinique le mois dernier,
02:0131 centimes de plus pour le gazole
02:03et 17 centimes pour le super.
02:04Là où je vous donne le point,
02:05là où c'est vrai,
02:06c'est qu'il reste moins cher qu'en métropole.
02:08Mais ça augmente quand même
02:10et ça augmente le mois d'après.
02:11Je vous remercie d'avoir fait ce travail
02:12parce qu'aucun de vos collègues
02:13quasiment l'avait fait pour l'instant.
02:14C'est à force de vous entendre dire ça.
02:15Je vous remercie de l'avoir fait.
02:16Mais ce n'est pas un blocage.
02:17Attendez, si, si, c'est un blocage des prix.
02:18C'est juste que le blocage des prix,
02:21c'est fixer un prix
02:22et cette fixation du prix,
02:23elle a lieu chaque mois dans une réunion.
02:25Donc ça augmente avec un mois de retard
02:26et ça baisse avec un mois de retard.
02:28Vous avez raison,
02:29il y a des mesures de contrôle des prix
02:31et des mesures d'encadrement des marges.
02:33Ce qu'il faut dire,
02:34c'est que les prix sont aujourd'hui plus bas
02:35que ce qu'ils sont aujourd'hui dans l'Hexagone
02:37et que la hausse,
02:39elle a mis beaucoup plus de temps.
02:40Un mois.
02:44Peut-être la même chose à la baisse.
02:45Donc au final,
02:46dans la poche des automobilistes
02:47de La Réunion ou de Guadeloupe...
02:48Je pense qu'aujourd'hui,
02:49les automobilistes de La Réunion ou de Guadeloupe,
02:51ils sont contents de voir
02:52que les prix du carburant sont plus faibles
02:54que ce qu'ils sont aujourd'hui dans l'Hexagone.
02:56Ensuite, est-ce que cette mesure-là,
02:58elle est parfaitement appliquée ?
02:59Est-ce qu'on ne peut pas faire mieux ?
03:00Je pense qu'on peut faire bien mieux.
03:01C'est-à-dire que même ces mesures de contrôle
03:03et de fixation du prix,
03:05elles pourraient permettre
03:06de s'en prendre davantage aux marges.
03:08Parce que pourquoi on veut fixer le prix ?
03:09C'est parce qu'aujourd'hui,
03:11il faut que tout le monde
03:11qui nous écoute le comprenne.
03:12Ça ne coûte pas plus cher
03:13de produire un litre de carburant aujourd'hui
03:15qu'avant le déclenchement de la guerre.
03:17Ça ne coûte pas plus cher,
03:17vous êtes d'accord ?
03:18Si aujourd'hui,
03:19les prix sont plus importants...
03:20Ça dépend si on le produit
03:20ou si on l'achète sur les marchés.
03:22Non, mais à la production...
03:23Sur les marchés,
03:23ils coûtent plus cher.
03:24À la production,
03:24ça ne coûte pas plus cher.
03:25Il n'y a pas eu quelque chose
03:26qui fait que c'est...
03:27Bon, pourquoi ?
03:28Parce qu'il y a des mécanismes
03:29de spéculation au milieu.
03:29Bon, donc la question
03:31d'une mesure de contrôle des prix,
03:32c'est face à des mécanismes spéculatifs.
03:34Arrêtez cette situation
03:35dans laquelle vous avez
03:36l'immense majorité des Français
03:38qui tirent la longue,
03:39qui se serrent la ceinture,
03:40qui n'arrivent pas à s'en sortir,
03:41qui réduisent y compris
03:42ses déplacements.
03:43Et de l'autre côté,
03:44des grandes entreprises
03:44qui font...
03:45Attendez bien !
03:46Chaque jour, en France,
03:47les pétroliers,
03:4812 millions d'euros
03:49de super profits.
03:50Chaque jour.
03:51Pendant que de l'autre côté,
03:52vous avez des gens
03:53qui ne vont plus se déplacer,
03:55qui ont des difficultés
03:56pour aller travailler.
03:57Bon, cette situation,
03:58elle est inacceptable.
03:59Donc la seule mesure
03:59pour répondre à ça,
04:00c'est le blocage des prix.
04:01Et c'est la seule mesure
04:02qui coûte zéro euro à l'État.
04:04Ça coûte zéro euro à l'État,
04:05ça met à contribution
04:06les marges des profiteurs de crise.
04:07On va atteindre les 40 degrés
04:08dans les jours qui viennent.
04:10Est-ce qu'il faut s'habituer
04:11ou est-ce qu'il faut s'adapter ?
04:13Ou les deux ?
04:14Il faut s'adapter
04:16et il faut lutter
04:18contre le réchauffement climatique
04:19parce que l'augmentation
04:20de ces événements climatiques extrêmes
04:22est liée à l'augmentation
04:24de la température
04:25et donc au réchauffement climatique.
04:27Quelle est la mesure
04:28que vous prendriez tout de suite
04:30qui n'a pas encore été prise ?
04:31Il y en a beaucoup
04:32mais par exemple...
04:32La mesure.
04:33Non mais par exemple,
04:33il y a quelque chose de très simple
04:34et qui devrait normalement
04:35réunir tout le monde.
04:36C'est qu'aujourd'hui,
04:38on a un rythme de rénovation thermique
04:40des logements
04:41qui n'est pas du tout
04:42à la hauteur de la situation.
04:43On estime qu'il faudrait rénover
04:44autour de 600 000 logements par an.
04:46On rénove 100 000, 200 000 logements par an
04:49chaque année
04:49depuis des années et des années.
04:50C'est une mesure
04:51à laquelle tout le monde
04:52aurait un intérêt.
04:54Mais ça coûte très cher.
04:55Oui, mais à un moment,
04:55il faut faire des priorités budgétaires.
04:58Vous réduisez les bouilloirs thermiques,
05:00c'est-à-dire ces logements
05:00dans lesquels les gens vivent
05:01alors qu'ils sont mal isolés.
05:04Évidemment,
05:04ça a un intérêt climatique
05:06et écologique.
05:06Et ça a un intérêt économique
05:08puisque c'est des entreprises
05:09et le secteur du bâtiment
05:10que vous relancez
05:11et à qui vous donnez une activité
05:12pendant des années et des années.
05:13Donc la priorité des insoumis
05:15sur le climat,
05:15ce serait la rénovation thermique
05:17s'il en fallait une.
05:18Je vous donne celle-là,
05:20mais il y a beaucoup
05:20d'autres choses à faire.
05:22Il faut évidemment
05:23avoir une politique
05:24de lutte contre le réchauffement climatique.
05:26Ça en fait partie.
05:27La transition énergétique
05:29est nécessaire,
05:29sortir des énergies carbonées.
05:31Et il faut une politique
05:32d'adaptation au changement climatique
05:33parce qu'on sait
05:34qu'une partie du réchauffement climatique,
05:35on ne pourra pas l'annuler aujourd'hui.
05:37C'est irréversible.
05:48C'est irréversible.
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