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  • il y a 16 minutes
Un million de blessures sportives par an en France, un marché mondial des soins qui frôlera les 9 milliards de dollars en 2030. Alors comment passer du sport subi au mouvement intelligent.

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Transcription
00:04Et Hervé, tu reviens sur cette fameuse affirmation, le sport c'est bon pour la santé.
00:08Je suis 100% d'accord, médicalement c'est tout à fait vrai, mais comme on dit dans le milieu
00:12du sport,
00:13toute médaille a son revers, et donc j'ai regardé les données.
00:16Et la première réflexion que je me suis faite, c'est qu'il y a au moins deux lectures du
00:22sport.
00:22D'abord, le sport c'est accidentogène, et c'est une bonne source d'accident,
00:27et en France, un million de blessures sportives par an.
00:30Donc j'entends, les gens ne sont pas bien préparés, deux âmes, enfin néanmoins, il y a quand même des
00:34complications.
00:35Un million, ça m'a intéressé, c'est un peu plus que la population de Marseille ou de Lille,
00:40ça veut dire que chaque année, c'est ces villes-là qui se présentent en urgence et qui sortent avec
00:43une intérêt.
00:44C'est intéressant comme chiffre, ça marque les esprits.
00:47Évidemment, vous connaissez les sports les plus dangereux, on va commencer par le foot, parce que c'est d'actualité.
00:53Donc sport numéro un, 1,2 million de blessures par an, dont 50 000 ruptures du ligament croisé latéral.
01:01Donc grand rembourseur des salles d'attente des orthopédistes.
01:06Je les soupçonne d'ailleurs d'avoir inventé ce sport, mais c'est tout à fait gratuit.
01:11Le ski, je me suis toujours dit sport de glisse, sport de risque, 140 000 blessés par an, 15 000
01:18ruptures du ligament croisé par an aussi, c'est très joli.
01:21Le judo, je me suis intéressé parce que j'en ai beaucoup fait.
01:24Et voilà, la voie de la sagesse, vous savez qu'en fonction du niveau de compétition, le risque de blessure
01:30varie entre 49 et 88%,
01:33avec un gros focus sur les blessures cervicales.
01:36Il y a quand même des luxations des vertèbres cervicales.
01:39Donc la sagesse à sa voix, ça a aussi un prix.
01:41Et on pourrait passer tous les sports, fini par le tennis, qui a quand même sa pathologie signature, ça c
01:46'est la classe.
01:47Le tennis, c'est le beau.
01:48Ça prouve quand même que c'est un truc qui a bien réussi.
01:51Et on a parlé tout à l'heure, au-delà des accidents orthopédiques, il y a aussi les accidents cardiovasculaires.
01:56Parce qu'on connaissait le marathon, vous avez parlé de l'i-rock, vous avez raison.
02:00L'Ironman, c'est pas mal aussi.
02:02Je rappelle pour nos téléspectateurs qui ne savent pas, 3,8 km de natation,
02:07180 km de vélo, 42 km de course à pied.
02:11On finit par la course à pied et pas par la natation pour qu'il n'y ait pas de
02:15noyer,
02:16parce que c'est sûr qu'il y a des mecs qui passeraient au fond direct.
02:2017 morts pour 100 000 finishers.
02:22Je ne sais pas si vous voyez, c'est quand même pas mal.
02:24Donc c'est mieux que le marathon.
02:26Donc le sport, c'est bon pour la santé, mais ça peut être aussi dangereux.
02:29Tu vois un deuxième axe de lecture ?
02:31Le deuxième axe, qui est un petit peu ironique aussi, c'est l'aborder.
02:35C'est aussi très bon pour la santé financière de certains.
02:39Le sport, ça fait vivre tout un tas de gens.
02:42Il y a un gros marché.
02:43Au niveau mondial, le soin des blessures, ça pèse 5,7 milliards de dollars en 2022.
02:48Et on estime que ça va passer à 9 milliards en 2030.
02:51Donc il y a tout un tas de gens qui vivent du sport, indirectement.
02:55On pourrait parler de maisons de santé, la clinique du sport, pour ne pas parler de vous.
03:0160 000 consultations par an, 1 000 ligaments au plastique du genou par an.
03:077 chirurgiens orthopédiques à temps plein au bloc.
03:09C'est quand même des petites usines, ça marche bien.
03:12Des labos pharmaceutiques comme Tuan, qui vend des orthèses, des bandages pour les articulations.
03:18Deux par seconde, ils vendent quand même dans le monde, 2600 salariés.
03:21Une belle progression, c'est pas mal.
03:24Ils fitent le numéro 1 de la nutrition sportive en pharmacie.
03:28160 millions d'euros de chiffre d'affaires, plus 36% par an.
03:31Ça va dans ce que vous disiez, ça monte.
03:34Mais c'est dangereux, parce que ces gens-là prennent aussi des compléments alimentaires vendus sur Internet,
03:39contenant des brûleurs de graisse, des acides aminés, de la créatine, des boosters d'énergie.
03:44On ne sait pas trop ce que c'est.
03:45Tout ce qu'on sait, c'est que ce n'est pas forcément très bon pour la santé.
03:48Ta conclusion ?
03:49Ma conclusion, le sport, c'est bénéfique, c'est certain.
03:52La sédentarité tue, c'est prouvé, on en a parlé.
03:56Ma question, on l'a un peu évoquée, comment passer du sport irraisonné à l'appât, l'activité physique adaptée.
04:02Autrement dit, comment faire bouger les gens intelligemment ?
04:06Et à mon avis, ça va être du sport.
04:09Merci beaucoup, Hervé.
04:10Messieurs, rapidement, est-ce que vous partagez ce constat, cette conclusion d'Hervé ?
04:15Que finalement, l'enjeu, ce n'est pas de mettre les gens au sport, mais de trouver le bon sport,
04:18au bon dosage.
04:20Alors, clairement, moi, j'ai envie de poser la question à l'envers.
04:24C'est que là, vous nous avez exposé, effectivement, toutes les blessures, l'économie du sport derrière les blessures, etc.
04:31Mais moi, j'ai envie de vous dire, combien coûtent des patients sédentaires, à la sécu par exemple, et des
04:37patients qui ne pratiquent justement pas de sport ?
04:39Donc, quel est le risque ?
04:40C'est d'avoir une population sédentaire, obèse, avec des pathologies cardiovasculaires, des dyslipidémies, des pathologies ostéo-articulaires, un genou
04:49arthrosique.
04:51Si on ne bouge pas, il va entraîner des poussées congestives, des poussées inflaratoires, qui vont sédentariser la personne et
04:57la faire consulter aux urgences, des lits d'hospitalisation, etc.
04:59Donc, l'idée, c'est de se dire, ok, le sport, ça génère des blessures, ça génère effectivement une économie
05:05par rapport à la traumatologie du sport, et ça, il faut le souligner.
05:11Cependant, est-ce que dans la balance bénéfice-risque par rapport à faire du sport ou ne pas en faire
05:16?
05:17Ça, c'est la vraie question à se poser, et surtout, et j'insiste sur le point que j'avais
05:21énoncé tout à l'heure,
05:23c'est surtout de faire du sport de manière la plus encadrée possible pour justement éviter ce genre de pathologie.
05:30Et d'où la promotion de l'activité physique adaptée, ou le sport santé, comme on appelle ça.
05:36Sébastien ?
05:37Je ne dirais pas mieux, je pense que ce qu'il faut retenir de tout ça, c'est que le
05:40sport est bénéfique,
05:40et que tant mieux si ça peut faire vivre et que ça crée une économie du soin, et pourquoi pas,
05:46tant que ça ne fait pas mourir les gens lors de l'Hornman.
05:49Mais voilà, ça immobilise peut-être les gens et les rend sédentaires pendant un mois ou deux,
05:54le temps de leur blessure, mais ça leur apprend aussi.
05:56On apprend toujours d'une blessure, on apprend d'un échec.
05:58Donc je pense qu'après, ça fait une entorse, on est un peu plus vigilant et préparé pour la fois
06:05où on redémarre le sport qu'on avait fait,
06:07de manière peut-être imprudente ou non préparée.
06:09Donc je pense qu'il n'y a rien d'anormal à ça, ça fait partie des choses à avoir
06:13en tête,
06:13c'est bien de l'évoquer, mais il faut retenir, je pense, le côté extrêmement positif et l'impact totalement
06:19bénéfique de la pratique.
06:21Oui, finalement, on se met au mouvement.
06:23Merci beaucoup, messieurs.
06:24Merci Sébastien Bécard, et merci Dr Rémi Elcheit-Taha.
06:29Merci Hervé, bien sûr, à dans deux semaines.
06:31Et merci à la productrice de cette émission, Émilie Roche, bien sûr.
06:34À très bientôt sur Bsmart4Change.
06:36Sous-titrage Société Radio-Canada
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