- il y a 4 heures
Le sport est un bienfait pour notre santé. Pourtant, en France, nous bougeons de moins en moins. Selon Santé publique France, 95 % des adultes ne respectent pas les recommandations d'activité physique, et la sédentarité serait responsable de plus de 30 000 décès par an. À l'inverse, une autre tendance apparaît : la quête du corps parfait encouragée par les réseaux sociaux. Près d'un Français sur deux consomme aujourd'hui des compléments alimentaires, dans un marché qui dépasse 2,6 milliards d'euros. Entre¿inactivité massive¿et¿obsession de la performance, et corps sculpté sur les canons des réseaux sociaux, le sport est-il toujours bon pour la santé ? Où se situe la frontière entre prévention... et excès ? Axel de Tarlé reçoit médecin et sénateur pour en parler. Les invités : Christine Lavarde, sénatrice (LR) des Hauts-de-Seine et Sébastien Le Garrec, chef du pôle médical de l'INSEP. Année de Production : 2025
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00:02Prévention, solidarité, accès aux soins, innovation.
00:07La Mutualité française présente
00:10Et la santé, ça va ?
00:13Bienvenue dans Et la santé, ça va ?
00:15Alors on connaît tous les bienfaits du sport pour notre santé.
00:18Pourtant c'est un fait, nous ne bougeons pas assez selon Santé publique France.
00:2395% des adultes ne respectent pas les recommandations d'activité physique
00:28et la sédentarité serait même responsable de plus de 30 000 décès par an.
00:34A l'inverse, une autre tendance apparaît, la quête du corps parfait.
00:38Près d'un Français sur deux consomme aujourd'hui des compléments alimentaires.
00:41Ce marché dépasse les 2,5 milliards d'euros.
00:44D'où ces questions, entre inactivité massive et obsession de la performance,
00:49le sport serait-il toujours bon pour la santé ?
00:52Où se situe la frontière entre prévention et excès ?
00:56C'est tout de suite.
01:11Nos invités, Christine Lavarde, vous êtes sénatrice des Hauts-de-Seine
01:15et vous êtes championne, vous avez été championne de France par équipe
01:18en duathlon longue distance, c'est dire si vous connaissez le sport pour le pratiquer.
01:22Sébastien Le Garec, vous êtes chef du pôle médical de l'INSEP.
01:26Christine Lavarde, on connaît tous les bienfaits du sport, je peux en rappeler trois.
01:31Une baisse de 20 à 30% des risques cardiovasculaires.
01:34Diminution du diabète de type 2, effet sur certaines dépressions.
01:39Et pourtant, je vais rappeler ces chiffres de Santé publique France,
01:4195% des adultes ne respectent pas les recommandations d'activité physique.
01:47Et pourtant, j'ai envie de vous dire d'autres statistiques qui ont été aussi faites par la puissance publique,
01:53parce qu'il me semble que c'est un baromètre de l'INSEP qui a dû être rendu public au
01:56début du mois de janvier 2026,
01:59qui montre que les Français sont plus sportifs qu'avant et qu'on a gagné en pratique sportive.
02:04Alors après, ça dépend aussi peut-être de la définition de ce qu'on met derrière la pratique sportive,
02:08parce qu'en fait, la pratique sportive, c'est le marché bouger,
02:11c'est-à-dire que vous prenez, vous n'êtes pas sédentaire, en fait, vous vous mettez à vous bouger,
02:18et bien ça compte comme une pratique.
02:19Alors, on le sait bien, une pratique, il faut aussi qu'il y ait un peu un fonctionnement de son
02:23cœur,
02:24donc ça va nécessiter plus d'intensité.
02:26Donc c'est peut-être là où les chiffres de Santé publique France peuvent diverger,
02:30c'est-à-dire qu'on fait peut-être, on se bouge, mais est-ce qu'on se bouge de
02:33manière assez dynamique ?
02:34– Et on s'y est mis, pendant le Covid, est-ce que vous pouvez dater cette inversion de tendance,
02:40ou est-ce que vous notez une amélioration de la pratique sportive ?
02:43– Alors, l'amélioration, elle est notée par les chiffres,
02:45et effectivement, le baromètre d'avant, je pense qu'il datait de 2018,
02:47donc on a bien un effet avant Covid, après Covid.
02:50Moi, ce que j'observe aussi, et là, c'est plus en observant le milieu du sport,
02:54c'est que post-Covid, on a une pratique libre qui s'est développée,
02:58beaucoup développée, et qui d'ailleurs crée de vrais problèmes
03:02pour des fédérations sportives, comme la fédération d'athlétisme,
03:05et qui d'ailleurs a donné lieu à des débats assez forts
03:08sur le document qui permet d'aller pratiquer,
03:12sur le fameux certificat médical qui n'est plus accepté,
03:15alors c'est peut-être pas l'objet de l'église,
03:17mais c'est intéressant, en fait, de voir comment les choses ont évolué,
03:20et de voir que les gens courent de plus en plus,
03:22mais courent de plus en plus en dehors des cadres institutionnels,
03:25qui étaient notamment les clubs.
03:27– Sébastien Le Garec, vous le constatez ça,
03:29même si vous me rappeliez les ravages de la sédentarité.
03:33– Oui, tout à fait, alors je pense qu'il y a deux choses, en fait,
03:37il y a une part de la population qui est très sédentaire,
03:39et puis il y a une part de la population qui, pour le coup…
03:41– Qui s'y est mis.
03:42– Et qui s'y est mis, et le problème, finalement, c'est un peu l'entre-deux,
03:45c'est en fait les gens qui sont convaincus,
03:47mais qui malheureusement n'ont pas ni le choix, ni la volonté,
03:50j'ai envie de dire, de s'y mettre,
03:52mais clairement, le Covid a quand même fait bouger les choses.
03:55On a bien vu, les gens, en fait, avaient le souci de pouvoir sortir,
03:58de pouvoir aller courir, et ensuite, aujourd'hui,
04:00on voit quand même des gens qui ont pris la suite
04:01et continuent à faire l'activité.
04:03– On a tous bien conscience des bienfaits du sport,
04:06je le rappelais, sur les risques cardiovasculaires,
04:08sur le diabète de type 2,
04:10au point que, depuis 2016,
04:12on peut se voir prescrire une ordonnance,
04:15le sport sur ordonnance, c'est ça ?
04:16C'est-à-dire, votre médecin peut vous recommander d'aller courir,
04:19c'est comme ça que ça se passe ?
04:20– Exactement, en fait.
04:21Alors, c'est une loi qui a été promulguée en janvier 2016,
04:26et qui veut, en fait, promouvoir la prescription écrite,
04:30la prescription écrite par un médecin de l'activité physique,
04:34comme on le ferait pour un médicament,
04:35dans le cadre, en fait, des patients atteints.
04:38– Alors, on va vous prescrire une heure de jogging par semaine, c'est ça ?
04:40– Alors, on va surtout s'adapter aux gens, en fait.
04:42On va avoir une prescription qui va être très individualisée,
04:44parce que tout le monde n'a pas forcément envie de courir,
04:46et donc l'objectif, c'est justement de trouver les clés
04:48pour essayer de faire comprendre à la personne qui est atteinte de surpoids
04:52ou qui est atteinte d'une maladie chronique.
04:55– Ce n'est pas que des médicaments qui vont la sauver,
04:56c'est aussi de se mettre à, ce que vous disiez, à bouger.
05:00– Oui, mais c'est très important d'en parler,
05:02parce qu'en fait, aujourd'hui, ce qui existe dans la loi,
05:06on a fêté les 10 ans, finalement, est assez peu utilisé,
05:10alors même qu'il y a un véritable enjeu pour nos finances publiques.
05:13Et ça, je pense qu'il faut le dire.
05:14Le coût de l'inactivité sportive, il est en gros chiffré à 140 milliards par an.
05:19Il faut quand même se rendre compte, 140 milliards par an,
05:21les coûts de l'inactivité.
05:23Alors, dans ces 140 milliards, on compte les morts prématurées,
05:27on compte tous les coûts liés au suivi du diabète,
05:30des maladies cardiovasculaires et tout autre problème que je ne vais pas citer.
05:35Et pourtant, il existe ce remède qui est le sport sur ordonnance
05:39et qui est peu prescrit, mais qui marche.
05:41Et il y a beaucoup de structures, justement, dans les clubs
05:43qui se mettent à développer de la reconstruction,
05:47après un cancer, après une opération.
05:50Effectivement, c'est une pratique différente,
05:52ce n'est pas une pratique compétitive.
05:53On ne vient pas chercher de la performance,
05:55mais on vient trouver…
05:56– Se remettre en forme.
05:57– Se remettre en forme et le dépassement de soi
06:00avec ses conditions physiques du moment et puis aussi de la sociabilité.
06:03– Et d'ailleurs, Sébastien Le Garec, autre innovation,
06:06alors là, depuis 2019, il existe des maisons sport santé,
06:10500 en France, c'est quoi exactement ces maisons ?
06:12– En fait, ces maisons sport santé ont pour vocation de faire le lien
06:15entre le monde médical et le monde sportif.
06:18Une fois que le médecin aura fait sa prescription,
06:21il faut que le patient puisse s'adresser à quelqu'un
06:23pour l'aider à pouvoir rentrer dans une association,
06:28avoir quelques conseils.
06:29Et donc, le rôle de ces maisons de sport santé,
06:32c'est vraiment déjà de les conseiller.
06:34Donc, vous avez des éducateurs, APA, qu'on appelle,
06:38qui sont là pour vous conseiller sur les autres types d'activités.
06:41Et au-delà de ça, de vous donner aussi le réseau derrière
06:43pour pouvoir vous intégrer dans le monde sportif.
06:45– Christine Lavarde, est-ce qu'il y a des inégalités territoriales
06:48dans la pratique du sport ?
06:49– Alors, de toute façon, l'inégalité déjà territoriale,
06:52c'est-à-dire, c'est l'accès au sport.
06:54Quand vous vivez dans une zone de montagne,
06:57le club sportif, la structure qui va vous permettre de faire du sport,
07:00dans le sens d'une institutionnalisation, vous allez vous bouger.
07:03C'est-à-dire que vous allez nécessairement déjà marcher
07:05pour aller à l'arrêt de bus,
07:06qui va vous permettre de rejoindre votre regroupement scolaire.
07:09En milieu urbain, on va être beaucoup plus sédentaire.
07:12En revanche, on a une capacité à pouvoir trouver une structure sportive
07:16quasiment en face de chez soi, qui est très importante.
07:18Donc ça, c'est une inéquité sur ce qui est proposé comme offre sportive.
07:24En milieu très rural, vous allez beaucoup plus faire du sport par vous-même.
07:27Vous allez prendre vos baskets, vous allez prendre votre vélo.
07:29Il faut quand même rappeler que les trois sports
07:30qui sont les plus fréquentés en France,
07:32c'est la course à pied, le vélo et la natation.
07:34Parce que finalement, ce sont les trois sports
07:36qu'on peut pratiquer le plus par soi-même, quand on veut.
07:40– Alors la natation, encore faut-il avoir un bassin près de chez soi ?
07:43– On peut aller dans la mer, on peut aller…
07:45Enfin, c'est les trois sports que les gens disent pratiquer le plus.
07:48Mais pratiquer le plus, c'est bien là.
07:50Ce n'est pas là où il y a forcément les plus de licenciés.
07:52Mais c'est là. Je parle de la pratique.
07:54Après, l'inégalité sociale, elle est très importante.
07:56Et là, elle se voit dans les chiffres qui sont sortis très récemment.
08:00On a testé les enfants de sixième sur trois capacités.
08:03Une capacité motrice, une capacité d'endurance et une capacité de sprint.
08:06Et là, les résultats sont très, très différents,
08:11suivant si vous avez un échantillon d'enfants qui vient d'un milieu aisé
08:14ou un échantillon d'enfants qui vient d'un réseau d'éducation prioritaire.
08:19– Et dans quel sens ?
08:20– C'est dramatique.
08:22Finalement, c'est comme si votre code postal déterminait vos capacités physiques.
08:26Et dans les milieux les plus défavorisés,
08:28c'est là que les capacités physiques sont les plus basses.
08:31– Ah oui.
08:32– Une addiction peut-être plus forte.
08:35Les enfants, vous les mettez devant la télé et ils se gardent tout seuls.
08:38Tandis que les sortir et leur dire,
08:40on va aller prendre un ballon, on va aller jouer au parc,
08:42ça nécessite une implication, ça nécessite du temps des parents
08:46que n'ont pas forcément les ménages les plus défavorisés.
08:49Donc il y a un vrai enjeu, là encore, de politique publique
08:52à aller inciter à la pratique sportive
08:55et donc d'offrir aussi des solutions de pratique du sport
08:58en dehors du sport à l'école mais à côté
09:00pour ces milieux qui n'iraient pas naturellement
09:03prendre leur ballon et jouer au parc.
09:04Je ne parle même pas aller dans un club mais déjà se bouger en fait.
09:07– Alors, à l'autre extrémité, il y a certains qui font trop de sport.
09:11Je vous propose de voir le portrait d'Alban qui a 32 ans
09:15et qui précisément s'est mise au sport pendant le Covid
09:18mais un peu trop au point qu'aujourd'hui elle est devenue addicte au sport.
09:22Elle s'est même mise en danger jusqu'à la blessure.
09:25Voyez ce reportage.
09:32On ne dirait pas comme ça, mais c'est une petite séance de sport pour Albane.
09:39L'activité physique, c'est une seconde nature pour cette jeune femme de 32 ans.
09:46Depuis l'enfance, elle est à fond la forme.
09:50– Je crois que j'ai commencé par peut-être la gymnastique quand j'étais petite.
09:53J'ai fait beaucoup de danse, j'ai fait de la natation, j'ai fait beaucoup d'équitation, l'athlétisme.
10:01J'ai fait un petit peu de boxe, j'ai fait du coup de la musculation
10:06et maintenant je fais du crossfit depuis 4 ans je pense, quelque chose comme ça.
10:13Mais à une période, sa pratique lui a causé plus de mal que de bien.
10:17La période du Covid a été particulièrement difficile pour cette grande sportive.
10:21J'étais infirmière, donc moi je travaillais quand même, mais c'était une période qui était très difficile.
10:26Et donc du coup, je me suis raccrochée vraiment à ces quelques instants
10:31où on se déconnectait et où on faisait du sport.
10:36Et ce qui est venu après naturellement, du coup, ça a été de m'inscrire en salle de musculation
10:40à la sortie du Covid parce que c'était un peu la suite logique des petits circuits
10:45qu'on faisait en suivant les influenceuses fitness qui marchaient bien à ce moment-là.
10:52Alban constate rapidement les effets sur son corps.
10:55Ses muscles se dessinent.
10:58Au running, elle va ajouter le crossfit, une discipline extrême
11:02qui mêle la musculation, l'haltérophilie et la gymnastique.
11:05Et progressivement, elle va augmenter les doses.
11:10J'avais le travail et le sport à côté.
11:14Et petit à petit, il ne fallait pas que le travail m'empêche trop de faire du sport.
11:18Enfin, il y a une priorité qui s'est un petit peu doucement inversée.
11:23Je pouvais peut-être même être pas très agréable au moment quand je voyais
11:27que mon heure de départ approchait et que je n'allais pas pouvoir partir
11:31et que du coup, je n'allais pas pouvoir faire ma séance de sport comme je voulais.
11:36Alban s'entraîne alors tous les jours, plusieurs heures.
11:40Sa vie entière commence à tourner autour du sport jusqu'à se couper de ses proches.
11:46En termes de vie sociale, c'est clairement refuser des sorties
11:50et s'enfermer un petit peu pour pouvoir garder le contrôle sur ce que je mange
11:55et ne pas risquer de gâcher une séance parce que la veille, je suis sortie,
11:59j'ai mal mangé, j'ai bu un petit peu d'alcool.
12:02Et donc, du coup, c'est s'isoler un petit peu parfois
12:05et refuser une sortie avec les copains, avec les copines ou même en famille.
12:09Enfin, pour tout le monde pareil, il n'y avait pas de priorité pour qui que ce soit.
12:13Il y avait juste la priorité à ma ou mes séances de sport.
12:17Mais ce qui devait arriver arrive.
12:23À force de pousser son corps à l'extrême, celui-ci la lâche.
12:27Rupture des ligaments croisés, six mois pour s'en remettre.
12:33Je pense que j'en ai eu conscience pendant longtemps,
12:37mais je n'avais juste pas envie de l'accepter ni de l'entendre.
12:40À ce moment-là, c'était tellement le fil qui me tenait la tête hors de l'eau
12:43par rapport à mon boulot que je n'étais pas en capacité d'entendre,
12:50même si je ne compte pas le nombre de personnes qui m'ont prévenu
12:54que ça allait mal finir.
12:58Sébastien Le Grecq, c'est quelque chose que vous constatez,
13:00un attrait croissant pour les salles de sport et la musculation,
13:03y compris chez les jeunes filles ?
13:04En tout cas, ça m'interpelle beaucoup, ce reportage.
13:08Et merci de le diffuser.
13:09Parce qu'on voit bien que l'activité physique, quand elle est faite à outrance,
13:14peut déborder sur des choses qui sont assez incroyables.
13:17C'est-à-dire qu'en fait, les gens vont s'isoler complètement,
13:19vont presque partir trop autour du travail pour pouvoir s'entraîner.
13:23Et donc là, on peut penser quand même qu'on est dans un cadre
13:25qu'on appelle bigorexique.
13:27C'est-à-dire que…
13:27C'est le nom de la définition d'un excès de sport,
13:31d'une addiction au sport, c'est ça ?
13:32Alors, on fait souvent l'amalgame un petit peu.
13:34La bigorexie.
13:35La bigorexie, comme elle est définie par l'OMS,
13:37donc dans la classification internationale des maladies,
13:39en fait, c'est un trouble dysmorphique corporel.
13:42La première chose, c'est ça.
13:43C'est-à-dire qu'en fait, on ne se trouve jamais assez musclé,
13:45on ne se trouve jamais assez beau, entre guillemets,
13:47et ça engendre, du coup, en fait, une conduite
13:50qui fait qu'on fait du sport à outrance,
13:53on fait de l'activité à outrance, et on ne s'écoute plus.
13:56Là, elle témoigne assez…
13:58Merci à elle d'avoir témoigné,
13:59parce que c'est vraiment extrêmement intéressant.
14:00Elle dit à un moment où je me suis rompu le ligament croisé antérieur,
14:03ça a mis six mois à revenir.
14:04Six mois, c'est court, en fait.
14:05Normalement, une rupture du ligament croisé antérieur,
14:07c'est plutôt un an.
14:08Mais ce qui explique bien aussi qu'on est prêt à défier,
14:11je dirais, la nature,
14:13la blessure, pour pouvoir reprendre assez rapidement son activité.
14:16Donc c'est intéressant, parce que finalement,
14:17ce qui est important, ce n'est pas tant le volume d'activité,
14:20c'est la façon dont on le considère.
14:21C'est-à-dire qu'un sportif de niveau
14:23s'entraîne 30 à 40 heures par semaine.
14:26Et ce n'est pas pour autant qu'il est bigorexique,
14:28mais par contre, il est capable,
14:29s'il est blessé, de s'arrêter.
14:31Il est capable de considérer son corps
14:33comme un moyen plus que comme une fin.
14:36Christine Lavarde, comment vous l'expliquez d'ailleurs,
14:38cet attrait pour le corps parfait, pour dire les choses simplement ?
14:40Est-ce que les réseaux sociaux,
14:43avec tous ces corps parfaits qui s'y exhibent,
14:45via des filtres par moment,
14:47peuvent conduire certains adolescents
14:49à être en quête d'une image parfaite de soi-même ?
14:53– Là, je pense que vous avez complètement raison,
14:55mais finalement, moi, j'ai fait, à un moment,
14:58beaucoup de sport,
14:58quand j'ai préparé des compétitions
15:00qui nécessitent de le faire,
15:03mais j'avais un objectif,
15:05j'avais un objectif sportif,
15:08un objectif sportif qui était…
15:10– Non, voilà, et c'est bien pour ça,
15:11où je trouve que c'est très important
15:13de bien dissocier le nombre d'heures de sport
15:16de la maladie qu'est la bigorexie,
15:18parce qu'il ne faudrait pas faire un amalgame
15:19en disant, tous les gens qui font trop de sport sont malades.
15:22Non.
15:23– Et là, elle le dit bien,
15:24il y a des signaux,
15:26elle se coupait de sa vie sociale,
15:28elle refusait des sorties,
15:29son emploi du temps n'était plus que dicté
15:32par ses heures de sport.
15:34Et voilà, c'est bien,
15:36là, on voit bien qu'on est passé dans un côté pathologique
15:38et finalement, c'est comme les gens
15:39qui sont addicts à l'alcool,
15:42addicts à la nicotine,
15:43c'est plus un comportement normal.
15:45– Mais comment expliquer à quelqu'un,
15:47attention, le sport, à haute dose,
15:49ça peut devenir toxique comme l'alcool ou la cigarette,
15:52c'est pas quelque chose,
15:53un lien qu'on fait spontanément.
15:55– Parce que justement,
15:56on voit les côtés néfastes qui se créent.
15:58Alors, effectivement,
16:00dire à quelqu'un,
16:01t'étais un peu rond,
16:03tu deviens musclé,
16:03on ne va pas dire que c'est un côté néfaste.
16:04Mais par contre,
16:05tu te coupes de ta vie sociale,
16:07tu refuses des choses que tu venais avant,
16:10là, c'est des signaux qui doivent alerter
16:12pour montrer qu'on est passé dans une pratique
16:14qui n'est plus une pratique normale.
16:17– Sébastien Le Garec,
16:18les salles de sport sont interdites au moins de 16 ans.
16:21Est-ce que c'est bien respecté ?
16:22Et est-ce que c'est plus dangereux
16:24un jeune de 14, de 12 ans
16:26qui voudrait avoir un corps parfait
16:28et de faire de la musculation à haute dose ?
16:30– Je crois que le message important
16:32à faire passer, malgré tout,
16:33c'est que l'activité physique et le sport
16:34est bon, quel que soit l'âge.
16:36Et donc, c'est aussi,
16:37enfin, on ne va pas revenir en arrière,
16:38mais c'est aussi le sens
16:39de la prescription d'activité physique,
16:41c'est que se mettre à l'activité physique
16:43ou au sport à 60, 70 ans,
16:45ça a du sens.
16:46Et de la même façon…
16:47– Quant à la musculation,
16:48pour parler de la musculation,
16:49parce qu'on voit bien les dérives,
16:52est-ce que c'est ce sport d'ailleurs en particulier
16:54qu'il faut pointer en matière de dérive ?
16:55– Je crois que c'est celui-ci
16:56qui doit être encadré.
16:57Voilà.
16:58La musculation en tant que telle,
17:00ce n'est pas une mauvaise chose.
17:01La seule chose,
17:01c'est qu'il faut qu'elle soit encadrée.
17:02Et quand on est enfant,
17:03et quand on est en phase de maturation,
17:05en fait, on a besoin d'être attentif
17:07à la croissance,
17:08à vos articulations qui sont plus fragiles.
17:10Mais je pense que…
17:11Alors, c'est la recommandation,
17:13ce n'est pas moi qui le dis,
17:13mais il y a des recommandations très claires là-dessus.
17:15C'est-à-dire qu'on préconise,
17:16en règle générale,
17:16avant l'âge de 12 ans,
17:18de faire plutôt du travail avec du poids de corps,
17:19de faire du travail plutôt…
17:20– Poids de corps, c'est-à-dire ?
17:21– On lève des poids ?
17:22– Non, non, enfin, on utilise son corps.
17:24– On utilise son corps, voilà.
17:25– Des pompes ?
17:25– Par exemple, ou du ganache,
17:27ou des choses comme ça.
17:28À partir de 12 ans,
17:29on peut commencer à mettre un petit peu de poids.
17:32Néanmoins, en fait,
17:33les séries doivent être limitées,
17:34dans le temps, dans les répétitions.
17:36On doit être attentif,
17:37et ça doit être supervisé.
17:38C'est là où ça peut être un peu problématique.
17:40Et en règle générale,
17:41on attend vraiment que la maturation pubertaire
17:44soit complètement terminée,
17:45avant de pouvoir mettre des charges importantes et lourdes,
17:48qui pour le coup peuvent avoir des contraintes importantes.
17:50– Est-ce qu'il faut contrôler aussi
17:52les compléments alimentaires ?
17:53– Le marché des compléments alimentaires,
17:55ça prend une importance considérable.
17:57Il dépasse maintenant les 2,5 milliards d'euros.
17:59– Alors évidemment, je vous cite le cas de Mathéo,
18:0120 ans, qui en est mort,
18:03après la prise d'un brûleur de graisse
18:05acheté sur Internet.
18:07Est-ce qu'à un moment,
18:08ces compléments alimentaires,
18:09ça devient des substances dopantes,
18:12en accès illégal, en accès libre sur Internet ?
18:15Est-ce que c'est un sujet ça aussi ?
18:16– Alors je ne dis pas qu'on se met en danger à chaque fois,
18:18mais on peut se mettre en danger.
18:19Comme vous l'avez dit,
18:20certains compléments alimentaires
18:20peuvent être très dangereux.
18:22Il y a eu des morts également avec la caféine,
18:23par exemple,
18:24qui est un complément alimentaire
18:25qu'on utilise pour stimuler la vigilance.
18:28Et il y a des Américains
18:29qui sont morts avec de la caféine
18:30parce qu'ils en ont pris des énormes doses.
18:32– Alors pas sous forme de café, j'imagine ?
18:33– Alors non, sous forme de poudre.
18:35Mais on trouve ça en vente libre.
18:37Alors c'est un exemple parmi d'autres.
18:38Mais au-delà de ça,
18:39vous avez plein de compléments alimentaires,
18:40on le sait, qui sont souillés,
18:42pour lesquels il peut y avoir des traces d'anabolisants.
18:45D'ailleurs, nous, les sportifs de haut niveau
18:47sont très vigilants là-dessus.
18:48Il y a quelques compléments alimentaires
18:49qui le prennent, à chaque fois,
18:51en fait, on est très attentif sur la provenance,
18:53sur l'intérêt du complément alimentaire.
18:55Et là aussi, je pense qu'il y a un message à donner,
18:57c'est en fait, quand on fait du sport amateur,
18:59on n'a pas besoin de compléments alimentaires.
19:00Enfin, j'ai envie de vous dire,
19:01avec une alimentation qui est très variée,
19:03très diversifiée,
19:04on peut tout à fait subvenir
19:05à tous les besoins de l'organisme.
19:06– D'où l'importance de l'encadrement.
19:08Je vous propose de retrouver Alban, 32 ans,
19:11qui a décidé de se faire aider,
19:13accompagné dans sa pratique du sport,
19:15par un coach, Thomas,
19:18qui est un observateur du monde du fitness
19:20depuis 20 ans.
19:21Regardez le reportage.
19:24Alban fait encore beaucoup de sport,
19:26mais elle a revu sa pratique à la baisse.
19:28– Un, deux et trois.
19:31Un, deux.
19:33– Auprès de Thomas Batti,
19:35coach sportif qui prône une approche raisonnée.
19:39– Donc, on y va tranquillement, d'accord ?
19:41Parfait, ça.
19:42Tu m'en fais trois de plus.
19:44Depuis 20 ans, il observe les évolutions
19:46et les dérives du fitness.
19:48– C'est vrai qu'aller en salle de musculation
19:52pour un jeune, il y a 20 ans,
19:54c'était pas monnaie courante,
19:56c'était carrément impensable.
19:58La problématique vient pas tellement du fait
20:00qu'on ait plus de personnes
20:01qui aillent en salle de remise en forme,
20:03ou en tout cas plus de jeunes
20:04qui aillent en salle de remise en forme.
20:05La problématique vient plutôt de
20:07comment ils sont encadrés et accompagnés.
20:10Ce qui compte, en tout cas,
20:11c'est d'être sûr qu'au-delà d'avoir un diplôme,
20:15la personne qui vous encadre
20:16a ce qu'on appelle une carte professionnelle.
20:18C'est ce qui vous assure
20:20qu'elle est référencée
20:22comme étant un instructeur du fitness,
20:25un coach, un entraîneur.
20:27– Allez, vas-y, c'est parti.
20:28– Thomas a passé tous ses diplômes
20:30reconnus par l'État.
20:31Il a enseigné à l'étranger,
20:32a ouvert sa propre salle
20:34et forme désormais d'autres coachs.
20:36Pour lui, il faut se méfier
20:38de la quête du dépassement de soi à tout prix
20:40et du business florissant autour du fitness.
20:43– Si aujourd'hui, vous êtes une personne
20:44qui est débutante,
20:46qui ne sait pas s'entraîner,
20:48le plus important,
20:49ce n'est pas le programme d'entraînement.
20:50Le plus important,
20:51c'est de faire correctement les exercices.
20:52Maintenant, la question, c'est
20:53est-ce que j'ai besoin,
20:54lorsque je démarre,
20:55d'avoir la créatine,
20:58la protéine,
20:59d'avoir la dernière montre,
21:02dernier cri qui me permet de me dire
21:03« est-ce que j'ai bien dormi ?
21:04Est-ce que je n'ai pas bien dormi ? »
21:05Non.
21:06– Elle est bien gainée,
21:08reste en holo,
21:09superbe.
21:10– Et au départ,
21:12les meilleurs outils
21:13que vous pouvez utiliser,
21:14c'est des choses qui sont gratuites.
21:17Et c'est le sommeil,
21:20faire attention à ce qu'on mange
21:22de façon équilibrée,
21:24se dépenser.
21:25– Tu m'en fais encore deux ?
21:26– Allez, vas-y, pas de pouche.
21:28– Des choses qui sont contraignantes,
21:30mais sont plus importantes
21:32que d'acheter telle ou telle gadget.
21:34S'il en a fait son métier,
21:36Thomas préconise de ne pas faire du sport
21:38le centre de sa vie.
21:40– Les clés,
21:41c'est que déjà,
21:42ça soit un complément
21:44à notre vie, tout simplement.
21:46Et que ça ne vous enferme pas
21:47dans une bulle.
21:49Et dernière chose,
21:51d'y aller progressivement.
21:53– Y aller progressivement.
21:55Sébastien Le Grec
21:56donne plein de conseils le coach,
21:57d'où l'importance
21:58de se faire accompagner au fond
21:59dès qu'on fait beaucoup de sport.
22:01– Clairement,
22:02et je pense que l'important
22:04dans ce qu'on a entendu,
22:05c'est aussi de se poser
22:05la question de la finalité du sport.
22:07À la fin, le coach disait
22:09« il ne faut pas que le sport
22:11soit le centre de votre vie ».
22:12Je ne suis pas tout à fait d'accord.
22:13Je pense que le sport
22:14peut être le centre de votre vie
22:15quand vous êtes sportif de niveau,
22:17c'est le centre de votre vie.
22:18Mais pourquoi est-ce que
22:19vous faites du sport finalement ?
22:20Quelle est la finalité ?
22:21Est-ce que c'est pour être en forme ?
22:23Est-ce que c'est parce que
22:23que vous avez envie de faire avec la compétition
22:24et de rivaliser avec d'autres ?
22:26Est-ce que c'est pour votre aspect esthétique ?
22:27Et finalement,
22:27c'est ça la bonne question, je pense.
22:29Ce n'est pas tant le volume,
22:30parce que le volume,
22:32s'il a du sens
22:33et s'il est fait de façon intelligente,
22:35j'ai envie de vous dire,
22:36peut tout à fait se comprendre.
22:37– Mais ça vous apporte
22:38de la santé physique et mentale,
22:40c'est ce qu'on sous-estime d'ailleurs ?
22:41– Complètement, tout à fait.
22:43Il y a de multiples études
22:44qui l'ont montré,
22:45qu'il y a beaucoup de moins
22:46de troubles anxieux,
22:46de troubles dépressifs,
22:47qu'il y a une amélioration
22:48de la qualité du sommeil.
22:49Il y a une meilleure estime de soi.
22:51Il y a aussi toute la partie
22:52effectivement vie sociétale.
22:55Et ça, effectivement,
22:56il n'y a pas beaucoup d'autres endroits
22:58que le sport pour l'avoir.
22:59– Christine Lavard,
23:00est-ce qu'il y a des exemples
23:01à l'étranger
23:01qui peuvent nous inspirer
23:03des pays, on cite souvent,
23:04vous savez, ces pays
23:04comme l'Angleterre
23:05ou l'après-midi,
23:06on fait du sport
23:07plutôt que d'être
23:08sur les bancs de l'école ?
23:09– En fait, effectivement,
23:11la manière dont on organise
23:12nos rythmes scolaires
23:13ne se prête pas
23:15ou plus difficilement
23:16à de la pratique sportive.
23:21Après l'école,
23:21on a des horaires de travail
23:22en France qui sont…
23:24– Des journées rallonges.
23:25– Voilà,
23:25qui sont déjà très longs.
23:27Mais ce qui est intéressant,
23:28c'est de voir que
23:28dans le cadre de la préparation
23:30de Paris 2024,
23:32avaient été instituées
23:33les 30 minutes de sport
23:35à l'école.
23:35Et j'ai des collègues du Sénat
23:37qui ont fait un rapport
23:38pour voir si cette chose
23:40qui avait été instituée,
23:41portée par le ministère,
23:43était faite
23:44dans toutes les écoles de France.
23:47Malheureusement,
23:48elles ont constaté
23:48qu'il ne devait y avoir
23:49que 43% des écoles,
23:51alors que c'est prévu,
23:52c'est un programme
23:53d'éducation nationale,
23:55qui mettait vraiment
23:57en application
23:57les 30 minutes
23:58de sport par jour.
23:59– Et pourquoi ?
24:00C'est une sous-matière
24:00pour l'éducation nationale,
24:01le sport ?
24:02– Je pense que ce n'est pas
24:02une sous-matière,
24:03mais déjà,
24:03il faut avoir des installations.
24:04Si vous avez 10, 12 classes
24:06dans votre école,
24:07il faut que vous puissiez
24:07les mettre tous
24:08les uns derrière les autres
24:10dans les installations sportives.
24:11et il y a la question aussi
24:13que quand les enfants
24:14reviennent de leurs 30 minutes
24:15de sport,
24:16ils ont quand même besoin
24:16d'un retour au calme.
24:18Alors, j'ai été dans des écoles
24:20où ils faisaient ça
24:21pendant l'heure
24:21de la pause méridienne.
24:22Et effectivement,
24:23il y a des animateurs
24:24qui venaient proposer
24:25après le repas
24:2630 minutes
24:27de chorégraphie.
24:28Enfin voilà,
24:28c'était sous forme de jeu.
24:30Donc on a beaucoup à faire,
24:31mais nos installations sportives
24:32sont aussi catastrophiques.
24:34Il y a plein d'endroits
24:35où on est sous-dotés
24:36dans des installations
24:38qui en plus appartiennent
24:39au programme de l'éducation nationale.
24:40Normalement,
24:40vous devez sortir
24:41de la classe de CM2,
24:43vous devez avoir
24:44votre savoir roulé,
24:44donc vous devez savoir
24:45faire du vélo
24:46de manière autonome
24:47en connaissant la circulation
24:49et les panneaux.
24:50Vous devez savoir nager
24:51et savoir nager,
24:52ce n'est pas juste
24:53faire trois brasses
24:53à la tête hors de l'eau,
24:54c'est être capable de nager
24:55les yeux ouverts.
24:56En gros,
24:57vous tombez d'un bateau,
24:58est-ce que vous allez survivre ?
24:59Ne pas avoir peur
25:00de la profondeur ?
25:00Je ne suis pas certaine
25:02que si on faisait
25:03des stats sur ça
25:03parce que là,
25:04on les a testés
25:04dans une cour d'école
25:05mais qu'on aille les mettre
25:06sur un vélo
25:07et dans une piscine,
25:09on a des résultats.
25:09Il paraît que c'est catastrophique
25:10dans les piscines.
25:12Je confirme.
25:13Merci beaucoup
25:14de nous avoir éclairé
25:15en tous les cas
25:15sur les enjeux
25:16de la pratique quotidienne
25:17du sport,
25:19enjeux pour la santé physique,
25:20la santé mentale
25:21si vous le soulignez.
25:23Alors,
25:23pour aller plus loin,
25:24quelques conseils
25:25pour mieux intégrer
25:26l'activité physique
25:27dans son quotidien.
25:28Il y a le site
25:29de Santé publique France
25:30dont on a donné les chiffres
25:31et puis en matière
25:32de compléments alimentaires
25:33pour être mieux accompagnés.
25:35On peut citer le site
25:36de l'ANSES,
25:37l'Agence Nationale
25:37de Sécurité Sanitaire
25:39de l'Alimentation
25:40de l'Environnement
25:40et du Travail.
25:41Et la santé,
25:42ça va,
25:43c'est terminé.
25:44Merci de nous avoir suivis.
25:45Émission à retrouver
25:46sur la plateforme
25:46publique sénat.fr.
25:48À bientôt
25:49pour une prochaine émission.
26:10Prévention.
26:12Sous-titrage Société Radio-Canada
26:16Innovation
26:19C'était
26:20Et la santé,
26:21ça va ?
26:21Avec la Mutualité française.
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