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  • il y a 11 mois
Courageuse, tenace, engagée, notre invitée n'a pas ménagé ses efforts pour arriver là où elle en est aujourd'hui. Elle qui revendique ses échecs comme ses plus importantes leçons de vie, elle est pourtant une grande championne. Avant d'arriver à décrocher ses neuf titres paralympiques, le chemin fût long. Amputée d'une jambe, après un accident de la route, elle reprend le sport alors même que les médecins tentent de l'en dissuader. A la tête désormais de l'Agence nationale du sport elle milite pour rendre le sport accessible à toutes et tous. Quelles conditions doivent être réunies pour permettre aux para-athlètes de performer ? Comment son accident de scooter, à 15 ans, a bouleversé sa vie ? Cette semaine, Rebecca Fitoussi reçoit Marie-Amélie Le Fur dans l'émission Un monde, un regard. Année de Production :

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Transcription
00:00Musique
00:01Si les mots courage et ténacité devaient être incarnés,
00:26il le serait sans aucun doute en la personne de notre invité.
00:30Courage, ténacité et on pourrait ajouter à la liste engagement, force, abnégation.
00:35Rares sont les personnes qui vivent des épreuves aussi lourdes
00:38et qui en sortent grandissent, renforcées et même plus puissantes qu'avant.
00:42C'est le sport qui l'a accompagné et aidé tout au long de sa vie.
00:45Le sport de très haut niveau dont elle est une figure incontournable aujourd'hui.
00:49En tant que présidente de l'Agence Nationale du Sport
00:51et en tant que président du Comité Paralympique et Sportif Français.
00:55Et surtout en tant qu'athlète, neuf fois médaillée aux Jeux Paralympiques.
00:59Elle a accueilli les victoires mais elle a surtout, et c'est sa plus grande force,
01:03accepté et accueilli les défaites et les pertes.
01:06La perte d'une jambe, la perte d'un enfant, la perte de certains de ses rêves
01:09et de certaines de ses ambitions.
01:11L'acceptation est son mot d'ordre.
01:14Si on reste sur une posture de refus ou de colère, dit-elle,
01:17on se prive de belles rencontres et d'opportunités.
01:20Comment tenir un tel discours dans le sport de haut niveau
01:23qui semble refuser la défaite ?
01:25Le culte de la performance auquel beaucoup de jeunes espoirs croient
01:28est-il alors un leurre ?
01:30Posez-vous-lui toutes ces questions.
01:32Bienvenue dans un monde, un regard bienvenu à vous.
01:34Marie-Amélie Le Fur, merci d'avoir accepté notre invitation.
01:36Ici au Sénat, athlète et figure du sport français, je le disais.
01:40Multiple médaillée sur 100 mètres, 200 mètres, 400 mètres, soit en longueur.
01:43Ma question va peut-être vous paraître un peu stupide,
01:46mais finalement, est-ce qu'on gagne toujours, même quand on perd ?
01:50Et si oui, qu'est-ce qu'on gagne ? De l'expérience ?
01:53Je pense que les plus belles victoires, en tout cas celles qui nous font le plus avancer,
01:57ce sont nos échecs.
01:58Donc ça paraît un peu cliché de le dire comme ça.
02:01Mais moi, je pense que les moments qui ont été des véritables moments
02:03de rupture dans ma carrière d'athlète,
02:05ce n'est pas mes grandes victoires, c'est mes plus grandes défaites.
02:08Et il y en a eu quelques-unes.
02:10Vous avez très gentiment rappelé le palmarès des réussites.
02:13Mais j'ai eu vraiment des échecs très structurants
02:16lors de championnats du monde, lors de Jeux.
02:19Et le fait de les analyser, de les comprendre,
02:22et encore une fois, de ne pas diaboliser l'échec.
02:24À un moment donné, l'échec, il est là.
02:25Donc c'est de l'interroger, c'est de le comprendre.
02:28Et puis derrière, de trouver collectivement,
02:30parce que la notion de collectif,
02:31quand bien même on fait un sport individuel,
02:33a toujours été important pour moi,
02:35des pistes de résolution.
02:36On avance, on teste.
02:38Parfois on réussit, parfois on échoue de nouveau.
02:40Et c'est vraiment comme ça une itération positive.
02:43Et pourtant, on a l'impression que dans le monde du sport,
02:45on a surtout la culture de la gagne,
02:47pas du tout la culture de l'échec.
02:49On est obligé d'avoir cette intention de la gagne.
02:52Moi, j'ai toujours été animée par cette volonté de gagner.
02:55Après, gagner, c'est quoi ?
02:56Finalement, qu'est-ce que gagner ?
02:58Qu'est-ce que réussir ?
02:59Et qu'est-ce qu'un échec ?
03:01Et ça, c'est mes premiers Jeux paralympiques
03:02qui m'ont beaucoup fait grandir.
03:04Et pour moi, le critère de réussite,
03:06ce n'était pas uniquement la question du résultat ou de la médaille.
03:10C'était la question de l'intention.
03:11Et je me disais qu'en fait,
03:13j'avais le droit finalement de ne pas atteindre un résultat donné.
03:16J'avais le droit de ne pas gagner une médaille.
03:17Si le jour J, et pendant quatre ans de préparation,
03:21j'avais tout donné, j'avais tout exploré.
03:23Et que finalement, c'était juste
03:25que le jour J, j'avais été battue pour plus forte.
03:28ou parce qu'il y avait eu un événement
03:30qui avait conduit finalement à ce non-résultat,
03:33cette non-atteinte de l'objectif fixé.
03:36Et finalement, d'avoir ce droit à l'échec
03:38permet de plus facilement se relever,
03:41permet de ne pas culpabiliser
03:42et de ne pas essayer de ressasser le passé.
03:46Mais ça, vous portez ce discours vous aujourd'hui.
03:47Mais j'imagine que dans les clubs de sport
03:49ou au moment des compétitions,
03:50on dit aux jeunes d'être mordants, agressifs.
03:53On peut même entendre des expressions comme
03:55« tuez-les », « tue-le », « tue l'adversaire ».
03:58On peut avoir effectivement cette...
04:00Je ne suis pas pour l'intention
04:03où on arrive pour tous les tuer.
04:05Moi, ce n'est jamais une intention
04:06qui a animé ma façon de penser.
04:10N'oublions pas que nos adversaires
04:11sont nos meilleurs amis.
04:12Parce qu'à un moment donné,
04:13sans cette adversité,
04:14on n'est absolument rien.
04:15Sans la concurrence, on n'est rien.
04:17Et on n'est surtout pas un très grand champion.
04:19Donc, c'est aussi ce respect profond
04:21de l'adversaire
04:21avec lequel on construit un spectacle.
04:24On est là ensemble
04:24pour livrer une performance.
04:26Et puis, le jour J,
04:27grâce à un alignement des planètes,
04:28il y en a un qui gagne.
04:29Il y en a deux qui complètent le podium.
04:31Et puis, les autres sont sur des résultats
04:33un peu secondaires.
04:35Donc, c'est la question de l'intention.
04:37Et pour moi, la plus belle intention
04:38à donner à nos jeunes
04:40qui sont dans les clubs sportifs,
04:42c'est la question du dépassement de soi.
04:44D'aller au bout de soi-même
04:45et de le faire en se faisant plaisir.
04:47Encore une fois,
04:48ça paraît être des mots simples.
04:50Mais si tous les éducateurs,
04:51et il y en a vraiment
04:52une très, très grande partie
04:53qui sont sur cette philosophie-là,
04:55sont dans ces mots d'encouragement,
04:57du dépassement de soi,
04:59de la réussite individuelle,
05:00sans chercher tout le temps
05:01la comparaison à l'autre,
05:03on va avoir comme ça
05:04un cercle d'épanouissement personnel,
05:06de réussite qui va être fixé
05:08sur des objectifs individuels
05:10et pas nécessairement
05:11de comparer au collectif.
05:13Je vais rembobiner un peu
05:14le film de votre vie.
05:15Vous avez six ans
05:16quand vous vous mettez à l'athlétisme.
05:18Vos parents sont très sportifs.
05:19Votre sœur est déjà sur les stades
05:21et vous la suivez.
05:23Vous aimez tout de suite
05:23la sensation que cela vous procure.
05:25J'aimais la sensation de liberté,
05:27de légèreté dans la course
05:29et ce petit moment de suspension
05:30après l'appui, dites-vous.
05:32Vous étiez aussi attiré
05:34par l'adrénaline
05:35et puis vous étiez doué.
05:36Vous vous êtes senti
05:36assez vite valorisé.
05:37Est-ce que c'est aussi ça la clé
05:39pour les jeunes
05:40qui peut-être nous écoutent
05:41ou les parents qui nous écoutent,
05:42c'est de valoriser,
05:43de se sentir bon
05:44que ce soit dans le sport,
05:45les maths, l'art, autre chose ?
05:47Il y a plusieurs choses effectivement
05:48qui ont conduit
05:49à cet amour profond
05:51de l'athlétisme
05:52et du sport au sens large.
05:53Il y a ce que vous décrivez,
05:54le geste en lui-même
05:55et c'est vrai que j'adore
05:56la sensation de course.
05:58À la fois finalement
05:59ce paradoxe de l'appui
06:01qui vient prendre le sol,
06:03qui est puissant,
06:04vous imitez une force
06:05absolument extraordinaire
06:06et puis derrière
06:07ce moment de suspension
06:08qui est un moment
06:09de plénitude,
06:10de légèreté
06:11où vous n'avez plus aucun appui
06:12et vous volez.
06:14La deuxième chose
06:15qui a conduit aussi
06:15à cet amour du sport
06:17et c'est pour ça
06:18que je l'ai toujours fait
06:18en club avec une licence,
06:20c'est la question
06:21du lien social,
06:22la question du lien à l'autre
06:23et finalement faire du sport
06:25un outil de médiation
06:26pour la rencontre.
06:27Pour moi,
06:28ça a toujours été essentiel
06:29la rencontre
06:30aux autres pratiquants,
06:32la rencontre aussi
06:33avec l'entraîneur
06:34qui va être structurant
06:35dans le parcours de vie
06:36et moi j'ai vraiment vu
06:38ma pratique sportive
06:39comme une éducation parallèle,
06:41une éducation parallèle
06:42à celle de mes parents,
06:44à celle qu'on reçoit
06:45au travers de l'école,
06:46l'école est structurant
06:48dans le parcours de vie
06:48des enfants
06:49et ça a été mon cas
06:50mais le sport l'est tout autant.
06:52Et on a un apprentissage
06:54qui est différent,
06:55apprentissage de la règle,
06:56apprentissage du respect
06:57à l'autre,
06:58apprentissage aussi
06:59de soi-même.
07:00Exactement.
07:01Et généralement,
07:02quand on aime faire du sport
07:03et ça on le voit beaucoup,
07:04on apprend aussi
07:05à aimer son corps,
07:06à le respecter,
07:07à mieux manger,
07:08à mieux dormir
07:09et finalement,
07:10c'est toute une éducation
07:11de vie qui se fait
07:12autour de cette pratique sportive
07:13et c'est important
07:14de le rappeler dès maintenant,
07:16que cette pratique sportive,
07:17elle soit compétitive
07:18ou qu'elle soit vraiment
07:19simplement basée
07:20sur le loisir,
07:22sur le bien-être
07:22et donc une pratique
07:23totalement amateur.
07:24Au départ,
07:25vous vouliez être
07:25sapeur-pompier professionnel.
07:27Vous étiez d'ailleurs
07:28déjà pas mal engagée
07:29dans cette voie
07:29lorsqu'à 15 ans,
07:30vous êtes victime
07:31d'un accident de scooter
07:32en rejoignant votre lieu
07:33d'entraînement,
07:34je crois.
07:35Accident si grave
07:36que les médecins
07:36ne peuvent pas sauver
07:37votre jambe.
07:38Que s'est-il passé exactement ?
07:40Alors, effectivement,
07:41je me rendais
07:42à un entraînement
07:43des jeunes sapeurs-pompiers
07:44puisque au-delà
07:45d'avoir des rêves
07:46dans la vie,
07:47l'important,
07:47c'est de chercher
07:48à les concrétiser.
07:49Donc moi,
07:49à l'âge de 10-11 ans,
07:50je rentre dans ce cursus
07:51des jeunes sapeurs-pompiers
07:52et tous les mercredis,
07:54tous les samedis,
07:55je vais à la caserne.
07:56Donc le mercredi,
07:57on faisait sport,
07:58le samedi,
07:58on faisait les manœuvres
07:59et on apprenait ce métier.
08:01Et donc,
08:01quelques jours après
08:02mon titre de championne
08:03de France de cross-pompier,
08:05je suis victime
08:05de cet accident
08:06qui est un accident
08:07vraiment tout bête
08:08de centre-ville
08:08à très faible vitesse
08:10mais qui va avoir
08:11des conséquences dramatiques.
08:14Alors,
08:14pas aussi dramatique
08:16qu'est-ce qu'elle aurait pu être
08:17parce que mes parents
08:17étaient très à cheval
08:18sur les équipements
08:19de sécurité.
08:19Et je tiens aussi
08:20à le rappeler.
08:21Le casque m'a sauvé la vie,
08:23le casque attaché
08:24bien évidemment,
08:26mais mon pied a été touché.
08:28L'enjeu des médecins
08:29au début
08:30était de sauver cette jambe
08:31quand bien même
08:31on savait
08:32qu'elle serait dysfonctionnelle
08:33et quelques jours après
08:34ils se sont rattrapés
08:35par la réalité
08:36qui est que le sang
08:37n'arrive plus dans mon pied
08:38et donc pour me sauver la vie
08:39il faut amputer cette jambe.
08:41c'est un vrai cataclysme
08:43et pour autant
08:44pour moi
08:44ça va être
08:45un pas en avant
08:46un pas en avant
08:47d'avoir cette amputation
08:48parce que
08:49ça permet
08:49de clarifier la situation.
08:52Il n'y a plus d'incertitude
08:53je vais être amputée
08:54je sais de quoi
08:54demain sera fait
08:55je serai équipée
08:56d'une prothèse.
08:58Mais votre rêve s'effondre ?
08:59Vous ne pourrez pas
08:59être sapeur pompier ?
09:00Ce rêve-là s'effondre
09:01mais en fait
09:02quel est le diagnostic
09:04après l'accident ?
09:05C'est que je ne serai jamais pompier
09:06les blessures sont tellement graves
09:07que c'est que
09:08je ne serai jamais pompier
09:09et si on sauve ma jambe
09:10je ne remarcherai jamais normalement
09:12et donc je ne referai pas de sport
09:14et donc par l'amputation
09:15je ne serai toujours pas pompier
09:17mais par contre
09:18la perspective de refaire du sport
09:20elle s'ouvre
09:21et donc tout de suite
09:22moi je vais m'engouffrer là-dedans
09:23et ce qui va vraiment m'aider
09:25c'est que
09:26mes parents vont avoir
09:27ce grain de folie
09:28vraiment ce grain de folie
09:29que quand je vais leur dire
09:30que j'ai envie de recourir
09:32ils ne vont pas être rationnels
09:33c'est-à-dire qu'ils ne vont pas me dire
09:34mais tu sais
09:35tu dois d'abord récupérer
09:36tu dois te reposer
09:37ta jambe doit cicatriser
09:39c'est
09:39si elle a envie de faire ça
09:40on va faire ça
09:42et on va le faire ensemble
09:43et donc ils vont m'accompagner
09:44dans la concrétisation
09:45de ce rêve
09:46Et le résultat
09:47c'est que 4 mois après
09:48votre amputation
09:48jour pour jour je crois
09:49vous reprenez la course
09:51et un peu contre l'avis des médecins aussi
09:52Effectivement
09:53on s'est un peu battu
09:54contre les médecins
09:55Parce qu'ils étaient trop précautionneux justement
09:57ils n'y croyaient pas au fait que vous puissiez faire du sport
09:59de haut niveau si vite ?
10:01Oui parce qu'en fait
10:01ça défraye un peu la chronique
10:03c'est-à-dire que
10:04vous avez normalement
10:05de façon très théorique
10:07un an pour reprendre le sport
10:09vous devez avoir 50 périodes de deuil
10:11et nous on ne rentrait pas en fait
10:12dans cette théorie-là
10:13donc les médecins étaient bousculés
10:15et c'est un véritable paradoxe
10:17parce que
10:17depuis que j'ai mon accident
10:19il y a la période de l'hôpital
10:21il y a la période du centre de rééducation
10:23et au centre de rééducation
10:24le sport fait partie de ma thérapie
10:26ma thérapie physique
10:27ma thérapie mentale
10:28il est vraiment au cœur de ce programme
10:31de réhabilitation
10:32et quand je sors du centre
10:34et bien là en fait
10:35on oppose la notion de handicap
10:37et de pratique sportive
10:38Énorme paradoxe
10:39Énorme paradoxe
10:40et qui est encore malheureusement
10:41actuellement encore vrai
10:42donc il faut vraiment lutter contre ça
10:44et rassurer
10:45sur la question de la pratique sportive
10:47des personnes en situation de handicap
10:49et pour moi ça a été très structurant
10:51dans ma vie
10:51parce que
10:52grâce au sport
10:53je me suis affranchie des chaînes
10:54que me posait la société
10:56puisque du jour au lendemain
10:57je suis passée d'une jeune fille
10:58qui avait un avenir radieux
11:00avec plein d'opportunités
11:01à
11:02c'est la société qui va décider pour toi
11:04parce que tu es en situation de handicap
11:06donc tu dois rentrer
11:06dans cette case là
11:07et grâce au sport
11:09je me suis découverte
11:10je me suis comprise
11:11et surtout
11:11j'ai eu la chance très vite
11:12d'être accompagnée
11:13par des personnes extraordinaires
11:14que ce soit mes parents
11:15que ce soit ma sœur
11:16que ce soit tous mes amis des pompiers
11:18que ce soit Cyril mon coach
11:19qui m'ont accompagnée
11:21dans cette aventure
11:22quand bien même
11:22ils ne connaissaient absolument rien
11:24au parasport
11:25et à la fédération handisport
11:27à l'époque
11:28oui parce que
11:28rappelons quand même
11:29effectivement ce regard
11:30de la société sur vous
11:32après votre accident
11:33il est très intéressant
11:34on vous dit
11:34du jour au lendemain
11:35la société ne m'a regardée
11:36qu'au travers de ce que je ne pouvais plus faire
11:38et le sport m'a aidée
11:39à me comprendre
11:40à me connaître
11:40et à garder confiance
11:41et à comprendre
11:42qu'il me restait un potentiel
11:43extraordinaire
11:45c'est-à-dire que la société
11:46voit toujours le handicap
11:48comme un manque
11:49comme un empêchement
11:50comme des incapacités
11:51en fait pour la société
11:53le handicap est une zone d'incapacité
11:56et il n'y a pas du tout
11:57cette prise de conscience
11:58que quand on est en situation
11:59de handicap
12:00c'est pas qu'on ne fait pas
12:01c'est simplement
12:01qu'on fait différemment
12:03et c'est ça l'enjeu
12:04et c'est vraiment
12:05un des messages
12:05que nous on souhaite envoyer
12:06au travers des Jeux paralympiques
12:08c'est de démontrer
12:09quelle est la force
12:10des personnes en situation de handicap
12:12et à quel point
12:13ces corps en fait
12:14ils s'adaptent
12:14ils sont agiles
12:15ils peuvent créer
12:16de la performance
12:17mais à une condition
12:18et la condition
12:19c'est de le faire
12:20dans un environnement
12:21qui est capacitant
12:22qui est adapté
12:22on adapte la règle
12:24on adapte le matériel
12:25on adapte l'accompagnement humain
12:27et donc là
12:28on met les personnes
12:29en situation de handicap
12:29en capacité de performer
12:31sportivement
12:32et si on le fait
12:33dans le champ du sport
12:33on peut le faire
12:34dans tous les domaines
12:35de la société
12:35je me suis interrogée aussi
12:36sur la sémantique
12:37autour du sport
12:38des personnes handicapées
12:39parce que c'est jamais
12:40tout à fait la même chose
12:41c'est paralympique
12:42c'est handisport
12:43ça veut dire que c'est jamais
12:44tout à fait les Jeux olympiques
12:45jamais tout à fait le sport
12:46il y a peut-être aussi
12:47de ce côté-là
12:47et que ça changerait
12:48les mentalités
12:49oui en fait
12:50c'est un sport en parallèle
12:51d'où la notion de para
12:53parce que c'est
12:54c'est pas tout à fait
12:55effectivement le monde olympique
12:56c'est le monde paralympique
12:57avec une adaptation
12:59de la règle
13:00du matériel
13:00et c'est déjà une mise de côté
13:01dans la sémantique
13:03non ?
13:03oui on pourrait le voir
13:04comme ça
13:05après il faut peut-être
13:05le voir sur le champ
13:07de on a pris
13:08quelque chose d'existant
13:09et on a construit
13:10un circuit parallèle
13:11pour l'adapter
13:12aux besoins des personnes
13:13en situation de handicap
13:13et l'idée au-delà
13:14de la sémantique
13:15c'est que dans nos actions
13:16que dans nos actes
13:17on arrive effectivement
13:19à créer beaucoup plus
13:19de passerelles
13:20entre ces deux univers
13:21et là on voit que
13:23sur le mouvement sportif français
13:25il y a une véritable évolution
13:26les fédérations françaises
13:28s'intéressent de plus en plus
13:30à la pratique sportive
13:31des personnes en situation de handicap
13:32on voit que cette offre
13:33elle se démocratise
13:34et c'est essentiel
13:36c'est essentiel
13:36pour les personnes
13:37en situation de handicap
13:38dans leur parcours de vie
13:39mais c'est aussi essentiel
13:40pour que
13:41et je le disais tout à l'heure
13:42que le sport
13:42il devienne aussi
13:43un outil de rencontre
13:44à l'autre
13:45et quand vous pratiquez
13:46du sport ensemble
13:47valide
13:48personne en situation de handicap
13:49vous apprenez à vous connaître
13:50et vous avez moins peur
13:52de l'autre
13:52on vous entend
13:53très forte
13:54très courageuse
13:54très combative
13:55est-ce qu'il y a eu
13:56des moments d'abattement ?
13:57il y a eu des moments d'abattement
13:58il y a eu des moments difficiles
13:59il y en a encore au quotidien
14:00parce que c'est
14:01le lot de toute vie
14:02c'est d'avoir des moments
14:03où on doute
14:04où on s'inquiète
14:05des moments où on est en colère
14:06des moments où on pleure
14:07des moments où on est triste
14:08et moi je suis passée
14:09par tous ces moments-là
14:10mais l'idée
14:11c'est de ne pas rester seule
14:12finalement
14:13dans ces moments difficiles
14:15et de s'ouvrir à l'autre
14:16de mettre des mots
14:17sur ce que l'on sent
14:18et évoquer ses faiblesses
14:20ne nous rend pas faibles
14:21c'est justement
14:22trouver des pistes
14:23de résolution
14:23parfois par soi-même
14:25parfois par le prisme
14:26du regard des autres
14:27et des mots des autres
14:28à la lueur de celle
14:29que vous êtes aujourd'hui
14:30quel conseil donneriez-vous
14:31à la petite fille
14:32que vous étiez ?
14:33qu'est-ce que vous lui diriez
14:34avant qu'elle ne se lance
14:35dans la vie ?
14:36de ne pas avoir de crainte
14:37sur ses ambitions
14:38de croire en elle
14:39de croire en ses ambitions
14:40de croire en ses rêves
14:41et peu importe finalement
14:43le résultat final
14:44est-ce que ce rêve
14:45sera atteint ou pas
14:46l'important c'est le chemin
14:47qu'on parcourt
14:48pour y arriver
14:49et puis parfois
14:50il y a des bifurcations
14:51de parcours
14:52il y a des projets
14:53un peu inattendus
14:54et on parle souvent
14:55de la question de la chance
14:56j'ai eu la chance
14:57de ceci
14:57j'ai eu la chance
14:58de cela
14:58mais en fait
14:59cette chance
14:59elle se provoque
15:00et elle se provoque
15:01notamment par les rencontres
15:03qu'on va être amené à faire
15:04donc voilà
15:05donc moi je lui conseillerais
15:06aussi d'être vraiment
15:07comme ça alerte
15:08et éveillée
15:09à toutes les personnes
15:10qu'elle va rencontrer
15:11pour prendre ses conseils
15:12pour prendre ses rencontres
15:14et finalement
15:15arriver à tracer
15:16son propre parcours de vie
15:17j'ai une archive
15:18à vous proposer
15:19Marie-Amélie Le Fur
15:20je vais vous la confier
15:21et puis je vais la décrire
15:21pour les gens qui nous écoutent
15:22c'est l'une des plus célèbres photos
15:24des premiers Jeux paralympiques
15:25de l'histoire
15:26c'était à Rome
15:27en 1960
15:27à l'époque
15:28uniquement ouvert
15:29aux personnes
15:30en fauteuil roulant
15:31sur 8 sports
15:3223 pays
15:34400 participants
15:35quand vous voyez
15:36cette photo
15:36qu'est-ce que vous vous dites
15:37qu'on a fait
15:38beaucoup de chemin
15:39pas assez encore
15:40qu'on en est où ?
15:42la première des choses
15:42c'est de remercier
15:44Cyr-Ledwig Gutmann
15:45qui au travers des Jeux
15:46de Stockmanville
15:46donc était des Jeux
15:47finalement pour réhabiliter
15:49les blessés militaires
15:50paraplégiques
15:51tétraplégiques
15:52amputés
15:52par le sport
15:53et donc d'avoir compris
15:55finalement à quel point
15:56le sport est important
15:57dans le parcours de vie
15:58de ces personnes blessées
15:59pour derrière
16:00avoir une généralisation
16:02à l'ensemble
16:03des personnes
16:03en socio-handicap
16:04effectivement
16:05la deuxième chose
16:06que m'évoque cette photo
16:07c'est l'évolution
16:08du mouvement paralympique
16:10notamment
16:10ces dix dernières années
16:12où on a eu
16:13une véritable accélération
16:14grâce aux Jeux de Londres
16:15accélération de la visibilité
16:17du rayonnement
16:18de la notoriété
16:19jusqu'à son paroxysme
16:20à Paris
16:20effectivement
16:21où là on a franchi
16:22un cap encore plus important
16:23en France
16:24sur la visibilité
16:25mais aussi une évolution
16:27dans la structuration
16:28dans le niveau
16:28et aussi dans la professionnalisation
16:31des athlètes
16:32vous avez désormais
16:33aux Jeux paralympiques
16:34de vrais athlètes
16:36de haut niveau
16:36qui s'entraînent
16:37comme des athlètes
16:38de haut niveau
16:39à part entière
16:40mais l'une des questions
16:40qui se pose
16:41quand on voit ça
16:41c'est aussi
16:42est-ce que ça a des répercussions
16:43concrètes et positives
16:44pour les personnes
16:45qui ne sont pas sportives
16:46de haut niveau
16:46mais qui ont un handicap
16:47au quotidien
16:48et qui n'arrivent toujours pas
16:49à rouler sur un trottoir
16:50ou à évoluer
16:51dans des transports en commun
16:52est-ce que ce genre d'événement
16:53a des répercussions
16:55positives et concrètes
16:56oui
16:56il y a des répercussions
16:57alors pas forcément directes
16:59mais en tout cas
17:00de façon indirecte
17:03les Jeux paralympiques
17:04de placer
17:06le plaidoyer
17:08l'enjeu des personnes
17:09en situation de handicap
17:09au coeur du débat public
17:10et ça c'est un véritable enjeu
17:12c'est de visibiliser
17:13ces personnes
17:14en situation de handicap
17:15et de visibiliser
17:16ce qu'est leur besoin
17:19ce qu'est leur réalité
17:20derrière
17:21pour collectivement
17:22trouver des moyens d'agir
17:24après nous
17:25on a eu la chance
17:25en 2024
17:27d'être effectivement
17:27pays hôte
17:28des Jeux olympiques
17:29et paralympiques
17:30et là encore une fois
17:31ça a permis aux acteurs
17:32de travailler ensemble
17:33et un des piliers
17:34de la réussite
17:35de ces Jeux paralympiques
17:36c'était aussi
17:37d'améliorer
17:38la vie des personnes
17:39en situation de handicap
17:40et ça a marché
17:41il y a un bilan ?
17:42il y a un bilan
17:42il y a un bilan
17:43qui est positif
17:43alors oui
17:44le métro historique de Paris
17:45n'est toujours pas
17:47en accessibilité
17:48mais vous avez eu
17:49des évolutions considérables
17:51sur la mise en accessibilité
17:53des gares
17:54tout le réseau SNCF
17:55tout le réseau
17:56RATP
17:57Île-de-France
17:58vous avez eu
17:58une mise en accessibilité
17:59des bus
18:00donc il y a eu
18:00des accélérations notables
18:02sur le transport
18:02sur l'accessibilité
18:04de la ville de Paris
18:04et vous avez aussi
18:06beaucoup d'innovations
18:08et de start-up
18:08qui ont travaillé
18:09finalement
18:10sur le besoin
18:11de la personne
18:11en ce handicap
18:12au quotidien
18:13et puis on a beaucoup
18:14questionné aussi
18:14la place
18:15des personnes
18:16en ce handicap
18:17dans le spectacle sportif
18:18comment j'assiste
18:19quand je suis en situation
18:21de handicap
18:21à un événement sportif
18:23et comment
18:24j'ai un expérientiel
18:25qui est aussi bon
18:26qu'une personne
18:27qui n'est pas porteuse
18:28de situation de handicap
18:29et tout ça
18:29ce sont les jeux
18:30qui ont permis
18:31d'avoir ces questions-là
18:33et de trouver
18:33des pistes
18:34de résolution concrètes
18:35je vous pose aussi
18:36cette question
18:36parce que récemment
18:37vous avez publié
18:38un message de colère
18:39et d'indignation
18:39sur Facebook
18:40après votre séjour
18:41en famille
18:41dans un parc de sport
18:42et d'attraction
18:43Amputé par ici
18:45la sortie
18:45c'est le titre
18:46de ce message
18:47que vous avez posté
18:48vous n'aviez accès
18:49à quasiment
18:49aucune attraction
18:50sauf à retirer
18:52votre prothèse
18:52et vous avez conclu
18:54ce texte ainsi
18:55l'inclusion
18:55n'est pas une option
18:56c'est un droit
18:57j'imagine que vous vous êtes dit
18:59aussi la bataille
19:00est loin d'être gagnée
19:01quand même
19:01en vivant ça vous-même
19:02oui et d'autant plus
19:04que voilà
19:04dans le lieu
19:05où je me trouvais
19:05il y a une véritable
19:06politique d'inclusion
19:08il y a une volonté
19:08effectivement
19:09enfin parfois
19:11c'est de l'affichage
19:11peut-être
19:12non non
19:12là pour le coup
19:13la politique
19:14est vraiment concrète
19:15sauf que je me suis retrouvée
19:16confrontée à une personne
19:18qui a appliqué
19:19en fait
19:19sans intelligence humaine
19:21et relationnelle
19:22une règle
19:22et c'est là en fait
19:23l'enjeu
19:24de la sensibilisation
19:25et de la formation
19:26de tout un chacun
19:27c'est-à-dire qu'on n'a pas
19:28à être sensibilisé
19:29à la situation de handicap
19:31uniquement quand on travaille
19:32dans le secteur du handicap
19:33c'est vraiment
19:33dans tous les secteurs de vie
19:35dans tous les domaines
19:36d'activité
19:37où on doit être habitué
19:39à gérer
19:40une situation de handicap
19:41à gérer un besoin
19:42d'une personne
19:43dans ce handicap
19:44et là en fait
19:44on ne s'est pas compris
19:46et face à moi
19:47j'ai eu quelqu'un
19:48qui a appliqué
19:49stricto sensus
19:49à un règlement
19:50lié à ma prothèse
19:52qui m'a mis en difficulté
19:53qui m'a interdit
19:54du coup l'accès
19:55à quasiment 90%
19:57du concept
19:58force est de constater
19:59que je suis retournée
20:01dans ces parcs-là
20:02récemment
20:03et que je n'ai pas été
20:03confrontée à la même
20:04difficulté
20:05peut-être aussi parce que
20:06vous vous appelez
20:06Marie-Amélie Le Fur
20:07et vous avez les responsabilités
20:08je ne joue pas de la chose
20:09et j'ai la chance
20:10de porter deux noms
20:11puisque
20:11donc incognito
20:13voilà totalement incognito
20:14et heureusement
20:16parce que
20:17ce n'est pas parce que
20:17je m'appelle Marie-Amélie Le Fur
20:18que je dois avoir accès
20:19l'idée c'est de porter
20:20ce combat-là
20:21bien sûr
20:21pour toutes les personnes
20:22et notamment tous les anonymes
20:24qui vivent ces situations
20:25au quotidien
20:26voilà
20:26donc c'est aussi de se dire
20:27que la question de l'accessibilité
20:29c'est un long continuum
20:30et la moindre petite rupture
20:32et que cette rupture
20:33elle soit physique
20:34qu'elle soit en termes
20:35de mobilité
20:35ou qu'elle soit aussi
20:36dans la relation humaine
20:37va mettre à mal
20:38toute une politique
20:39d'accessibilité
20:41donc c'est vraiment
20:41de travailler tout ce continuum
20:43pour que ce soit cohérent
20:44dans l'usage
20:45pour la personne
20:45en situation de handicap
20:46je lisais que
20:47vous aimiez sortir
20:48de votre zone de confort
20:49et c'est aussi un peu
20:50ce que vous avez fait
20:50en prenant des responsabilités
20:52des autres responsabilités
20:53dans des instances sportives
20:54notamment comme
20:54présidente de l'ANS
20:56et du comité paralympique
20:57en devenant
20:59en prenant ces postes-là
21:00qu'est-ce que vous challengez
21:02en vous
21:02est-ce que vous êtes confronté
21:03à vous qui aimez l'humain
21:05peut-être à des humains
21:06un peu moins glorieux
21:08qu'est-ce que
21:08à quoi êtes-vous confronté
21:10qui vous sort de votre zone
21:11de confort
21:11à une réalité
21:13publique et politique
21:15que je ne connais pas
21:16enfin moi
21:16j'ai pas fait forcément
21:17d'études
21:18dans ce domaine-là
21:18donc c'est
21:19quelque chose
21:20et alors
21:21vous butez sur quoi
21:21je découvre
21:23je découvre vraiment
21:24des modes de fonctionnement
21:26nouveaux
21:26c'est
21:27des codes relationnels
21:29voilà
21:29auxquels il faut
21:30finalement se faire
21:31mais c'est un monde
21:32qui est très intéressant
21:33et très enrichissant
21:34parce que c'est vraiment fait
21:35d'une grande diversité
21:36de personnes
21:37et de personnalités
21:38et surtout
21:39on voit que
21:40on arrive vraiment
21:42à faire entendre
21:43notre voix
21:44et à permettre aux choses
21:46d'avancer très concrètement
21:47et c'est moi
21:48c'est pour ça que j'ai choisi
21:48cette voie-là
21:49c'est tout simplement
21:50pour combattre une injustice
21:52qui est celle que
21:52le parcours que moi
21:54j'ai vécu
21:54c'est-à-dire
21:55d'avoir des parents
21:56engagés dans la pratique sportive
21:58un entraîneur
21:59qui très vite
22:00va apprendre les codes
22:01et m'accompagner
22:02dans cette aventure-là
22:03où je vais m'affranchir
22:04de la contrainte financière
22:05parce que je vais faire
22:06le tournage d'un film
22:07ce n'est pas la réalité
22:08des autres personnes
22:09en situation de handicap
22:10et donc c'est ça
22:11qui guide mon combat
22:12c'est de faire en sorte
22:13que le sport
22:14soit un droit
22:15et un droit accessible
22:16à toutes et à tous
22:17et surtout
22:17et ça c'est vraiment
22:18le combat au sein
22:19de l'agence
22:19qu'on en fasse
22:20véritablement
22:21une priorité
22:22dans le domaine
22:23de nos politiques publiques
22:25parce que le sport
22:25n'est pas une variable
22:26d'ajustement
22:27parce que le sport
22:27n'est pas une dépense
22:28c'est un investissement
22:30moyen et long terme
22:31pour tous nos citoyens
22:33et notamment
22:33pour notre jeunesse
22:34C'est quoi votre
22:34plus grande fierté
22:35depuis que vous avez
22:36ces responsabilités-là ?
22:37Est-ce qu'il y a
22:38une réalisation
22:39à laquelle vous avez
22:39contribué
22:40et dont vous êtes fière
22:41aujourd'hui ?
22:43Il y en a plusieurs
22:43ma plus grande fierté
22:45c'est certainement
22:46au sein du comité
22:47paralympique
22:48moi j'ai la chance
22:48d'être la présidente
22:50d'une équipe
22:50extraordinaire
22:51avec des collaborateurs
22:53donc le comité
22:54paralympique en 2018
22:55c'est 5-6 collaborateurs
22:57désormais c'est 40 collaborateurs
22:59donc on a vu que
23:00le comité paralympique
23:01en tant que tel
23:02a beaucoup grandi
23:03mais c'est le mouvement
23:04parasportif
23:05qui a grandi
23:06et moi
23:07ce dont je suis fière
23:08c'est finalement
23:08c'est de la diversité
23:09actuelle
23:10du mouvement paralympique
23:11vous avez du sport
23:12compétition
23:13vous avez du sport
23:14loisir
23:14vous avez une diversité
23:15de fédérations
23:16qui sont désormais
23:16engagées
23:17et cette diversité
23:18maintenant l'enjeu
23:19c'est vraiment
23:19de la traduire
23:20dans les territoires
23:21pour que la personne
23:22en social handicap
23:22elle puisse aussi
23:23avoir le choix
23:24de la pratique sportive
23:25et le choix
23:26à proximité
23:27de son bassin de vie
23:28parce qu'il y avait
23:29une étude
23:30qui avait été menée
23:30par le comité paralympique
23:31qui démontrait
23:32qu'en 2022
23:33une personne
23:34sous handicap
23:34généralement
23:35elle faisait
23:3650 kilomètres
23:38pour trouver
23:40un club de proximité
23:4150 kilomètres
23:42on n'est plus
23:42sur le club de proximité
23:43j'ai des photos
23:44à vous proposer
23:45Marie-Amélie Le Furie
23:46on reste dans
23:49le même domaine
23:50c'est la Vasque Olympique
23:52qui s'est élevée
23:52dans le ciel de Paris
23:53qui restera à jamais
23:54un symbole
23:55des Jeux Olympiques
23:56et Paralympiques
23:572024 à Paris
23:58vous avez été l'une
23:59des dernières porteuses
24:00de la flamme
24:00quels souvenirs
24:01vous gardez de ce moment
24:02est-ce que c'est aussi
24:03un moment d'harmonie
24:05entre les français
24:06de solidarité
24:07un moment un peu
24:08d'euphorie
24:09une parenthèse
24:09un peu euphorique
24:10comme ça
24:11vraiment du relais
24:12de la flamme
24:13alors moi j'ai eu la chance
24:15de la porter
24:15à deux reprises
24:16la flamme
24:17je l'ai portée
24:17sur Angers
24:18et vous allez comprendre
24:20pourquoi je relis
24:21ces deux moments
24:21où là ça a été
24:22un moment extraordinaire
24:23parce qu'il y avait énormément
24:25de monde
24:25et donc ça démontre
24:26à quel point
24:26le sport a cette capacité
24:28d'unir
24:29de réunir
24:30et de le faire
24:31de façon intergénérationnelle
24:33parce que c'est ça
24:33qui était extraordinaire
24:34c'est qu'il y avait vraiment
24:35des tout petits bouts
24:36et puis on avait
24:37les parents
24:38les grands-parents
24:38qui étaient là aux côtés
24:39et c'était la grande fête
24:41du sport
24:42dans toute sa diversité
24:43et donc on avait
24:44voilà comme ça
24:45des personnes venues
24:46du monde entier
24:46pour vivre ce relais
24:47de la flamme
24:48et puis d'un autre côté
24:49encore une fois
24:49dans un paradoxe total
24:50on a eu ce dernier relais
24:52de la flamme
24:53où là on était
24:53tout seul
24:54tout seul
24:55au milieu du jardin
24:56des Tully
24:56juste nous
24:57ces athlètes olympiques
24:59paralympiques
25:00et donc le symbole
25:01de l'unité
25:02aussi de cette équipe
25:03de France
25:03où vous aviez
25:04des grands champions
25:05olympiques
25:05vous aviez des grands champions
25:06paralympiques
25:07qui ont marqué
25:08finalement leur temps
25:09donc c'était aussi
25:10là l'enjeu
25:11intergénérationnel
25:12et on a eu ce moment
25:13de communion
25:14absolument extraordinaire
25:16et ça a été pour moi
25:17je pense un des plus
25:18beaux souvenirs
25:18des jeux
25:19de voir cette vasque
25:20allumée par Marie-Josée Perret
25:22qui était dirineur
25:23dans une intensité
25:24absolument extraordinaire
25:25ils se tiennent la main
25:26ils abaissent comme ça
25:27la torche
25:28elle s'illumine
25:29elle se lève
25:29c'était vraiment
25:31un moment hors du temps
25:32pour nous
25:32et puis derrière
25:33toute cette foule
25:34que nous ne voyons pas
25:36que nous n'entendions pas
25:37mais qui était réunie
25:38effectivement
25:39pour vivre ce moment
25:40extraordinaire
25:41une deuxième photo
25:42à vous proposer
25:43vous le reconnaissez
25:44certainement
25:45c'est Théo Curin
25:46nageur multimédaillé
25:47lui aussi en situation
25:48de handicap
25:49amputé des quatre membres
25:50il est devenu animateur
25:51de télévision
25:52et vous
25:53est-ce que vous vous voyez
25:54un avenir
25:55en politique par exemple
25:56ministre des sports
25:57c'est jamais arrivé
25:58une femme
25:58qui a un handicap
26:00ministre des sports
26:01disons que je suis bien
26:02là où je suis
26:03moi je veux être
26:05à un endroit
26:06où je peux agir
26:07avec conviction
26:08et avec des moyens
26:09d'action
26:09et c'est aussi pour ça
26:11que voilà
26:11j'ai choisi effectivement
26:12la présidence
26:13du comité paralympique
26:14j'ai souhaité
26:14repartir sur un nouveau
26:16mandat
26:16dans la perspective
26:17de 2029
26:18parce que
26:19énormément de choses
26:20ont été construites
26:21grâce au jeu
26:21de Paris 2024
26:22mais il s'agit désormais
26:24de les pérenniser
26:25et d'obtenir
26:26certaines inflexions
26:27sur des nouveaux domaines
26:28la question du sport
26:29à l'école
26:30pour les personnes
26:30en ce handicap
26:31la question du parasport
26:32féminin
26:33c'est vraiment les enjeux
26:34qui à moyen terme
26:35vont nous animer
26:36j'ai une dernière question
26:37qui est en lien
26:37avec le lieu
26:38dans lequel nous sommes
26:39Marie-Amélie Le Fur
26:39nous sommes entourés
26:40de quatre statues
26:41qui représentent
26:42chacune une vertu
26:42il y a la sagesse
26:44la prudence
26:45la justice
26:46et l'éloquence
26:47est-ce qu'il y a
26:47une de ces vertus
26:48qui vous inspire particulièrement
26:49ou une autre vertu
26:50que vous auriez envie
26:51de défendre aujourd'hui ?
26:53je vais prendre la justice
26:53puisque c'est celle
26:54qui est face à moi
26:56tout simplement
26:58parce que la question
26:58de la justice
26:59pour moi
27:00c'est la question
27:00de l'accès au droit
27:01et ça permet aussi
27:02de relier à un enjeu
27:03qui est tout simplement
27:03l'accès au droit
27:04des personnes
27:05en situation de handicap
27:07et on le disait
27:08les Jeux ont été
27:09un accélérateur
27:10de la visibilité
27:12des personnes
27:13en situation de handicap
27:13ont permis de raconter
27:15la situation de handicap
27:16différemment
27:16mais on est encore
27:17très loin
27:18d'une pleine accessibilité
27:19des droits
27:19des personnes
27:20en situation de handicap
27:21en France actuellement
27:22et il est temps d'agir
27:24il est temps d'agir
27:24pour que ces personnes
27:25vivent avec beaucoup plus
27:26d'autonomie
27:28beaucoup plus de dignité
27:29et je pense que le sport
27:30n'est qu'un des leviers
27:31pour y parvenir
27:32la justice donc
27:33on s'arrêtera sur ce mot
27:34et cette vertu
27:35merci infiniment
27:35d'avoir été notre invité
27:36dans un monde un regard
27:37merci à vous de nous avoir suivis
27:39émission à retrouver
27:40en replay sur notre plateforme
27:41publicsénat.fr
27:42et en podcast
27:43à très vite
27:43merci
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