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BFM BUSINESS PARTENAIRE - Ce samedi 3 octobre, Mehdi Houas, président de Numeum, et Emmanuelle Garnier, directrice générale adjointe du CHU de Montpellier, se sont penchés sur la réinvention de tous les métiers avec l'IA dans l'émission Hors-Série Les Dossiers BFM Business présentée par Frédéric Simottel. Hors-Série Les Dossiers BFM Business est à voir ou écouter le samedi sur BFM Business.
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00:00Hors série, les dossiers BFM Business, quand tous les métiers se réinventent avec l'IA.
00:07Frédéric Simotel.
00:09Bonjour et bienvenue dans ce programme BFM Business, quand tous les métiers se réinventent avec l'IA.
00:14Voilà ce dont nous allons parler avec nos deux invités.
00:16Alors nous sommes ici à l'AIM, c'est un événement sur l'intelligence artificielle
00:21organisé ici à Marseille au sein du Stade Vélodrome par le groupe BFM Business et La Tribune.
00:27Alors on va parler de pas mal de choses, déjà on vit une période un peu paradoxale.
00:31Il y avait une note du Conseil d'analyse économique qui nous disait il y a quelques jours
00:36« Oui, la France s'appauvrit parce que les entreprises ont du mal notamment à adopter le numérique, à adopter
00:43l'IA. »
00:43Et puis une étude du groupe Talent, et on a son fondateur qui est avec nous, qui pourra nous en
00:48parler.
00:48Une étude qui dit « Mais oui, mais les Français s'approprient l'IA. Ils étaient quelques pourcents il y
00:53a encore un an.
00:54Ils sont 56% aujourd'hui et ils y sont très attachés. »
00:58Alors on va en parler justement avec nos deux invités.
01:00Mehdi Wasse, bonjour Mehdi.
01:01Bonjour.
01:02Merci d'être avec nous.
01:02Bonjour Frédéric.
01:03Alors président d'Umeum et fondateur de Talent.
01:05Numeum, 2500 membres, les éditeurs, les sociétés de services, enfin les ESN et les sociétés de conseil.
01:1285% du secteur, c'est ça qui est représenté.
01:14Oui, c'est la première organisation patronale et effectivement c'est un peu plus de 750 000 employés
01:20et une contribution qui est entre 80 et 100 milliards d'euros au PIB global.
01:26Et qui veut faire bouger les lignes encore plus dans ce domaine.
01:29Et puis avec nous Emmanuel Garnier.
01:30Bonjour Emmanuel.
01:31Bonjour Frédéric.
01:32Merci d'être avec nous.
01:32Vous êtes directrice générale adjointe du CHU de Montpellier parce qu'on va s'intéresser évidemment à ce monde de
01:36la santé.
01:37Juste un mot, Mehdi, c'est une inquiétude ça de voir faible adoption du numérique de l'IA par les
01:44TPE et les PME.
01:45Et puis de l'autre côté des français qui eux commencent à monter en régime sur l'IA.
01:49Alors ça ne doit pas être une inquiétude mais ça doit interpeller, interroger.
01:52C'est-à-dire que pour la première fois les utilisateurs prennent un petit peu d'avance sur les entreprises.
01:57Et on s'aperçoit même qu'il y a de plus en plus de ce qu'on appelle le shadow
02:02EI.
02:02C'est-à-dire que les utilisateurs et les employés utilisent des outils que les entreprises n'auront pas encore
02:09mis à disposition.
02:12Alors ce n'est pas une inquiétude mais ça veut dire que les entreprises doivent récupérer ce retard.
02:18Et comment faire pour récupérer ce retard ?
02:19Comment faire pour récupérer ce retard ?
02:21C'est passer du stade de POC, de Proof of Concept au passage à l'échelle.
02:27Réellement prendre les processus les uns après les autres et identifier ceux qui doivent être revisités avec l'IA
02:36pour optimiser ou standardiser un certain nombre de tâches.
02:41Donc c'est un travail qui doit s'organiser avec les métiers.
02:45C'est au métier réellement de prendre le lead sur la technologie.
02:51La technologie étant au service de la transformation de ces métiers.
02:54Alors justement on va parler d'un domaine où ça avance.
02:57La technologie avec les métiers avance de façon assez claire.
03:01C'est dans le domaine de la santé.
03:02Le CHU de Montpellier est d'ailleurs souvent cité parmi les pionniers des projets numériques.
03:08Mais déjà première chose pour vous Emmanuel, au-delà de la technologie,
03:11il faut mettre de l'action sur l'accompagnement, la transformation des métiers.
03:14Oui alors c'est exactement comme ça qu'on a pensé le sujet au CHU de Montpellier
03:17dans le cadre de notre projet Alliance Santé IA qui est financé par la BPI.
03:22Clairement dès le départ on a considéré que le défi n'était pas technologique,
03:25il était humain, organisationnel et managériel.
03:28Et donc on s'est posé la question non pas de quel est l'IA que nous devons déployer,
03:35mais vraiment comment est-ce qu'on peut améliorer la prise en charge des patients,
03:39comment on peut redonner du temps aux soignants pour la recherche, pour le soin, pour l'enseignement.
03:43Et dès lors que vous vous posez la question comme ça, vous vous intéressez au métier,
03:47vous vous intéressez au processus de travail et on a construit finalement une organisation
03:52qui s'appuie, comme le disait Mehdi finalement, sur l'analyse du travail réel, sur les processus.
03:57Vous avez même mis en place une école de la transformation hospitalière, c'est ça ?
04:01Absolument, c'est un outil qui est clé pour nous, qu'on a créé en 2024 pour accompagner cette transformation.
04:07Donc on a une première brique qui est vraiment l'accompagnement des managers,
04:11c'est-à-dire ceux qui doivent piloter la transformation et qui sont en premier lieu intéressés
04:14pour comprendre la vision et ce qu'ils sous-tend.
04:17Mais surtout, cette école, elle est construite pour accompagner les métiers,
04:21les métiers émergents, les nouveaux processus de travail formés.
04:25Et c'est un outil formidable parce que finalement, on construit nous-mêmes les formats dont on a besoin
04:31pour répondre à ces nouveaux usages et ces nouveaux processus de travail
04:36qui rentrent dans l'organisation hospitalière.
04:39Tout ça, ça résume en vous, parce qu'au sein d'Ineum, vous insistez beaucoup sur tous ces sujets
04:45d'éducation, de formation, d'emploi autour de l'IA.
04:49Absolument, éducation, formation, emploi.
04:51Et si on veut identifier le premier frein à la non-industrialisation de l'IA dans les entreprises,
04:59il est lié à l'adoption.
05:00Et l'adoption, c'est la formation.
05:02Il n'y a pas d'adoption sans formation, il n'y a pas d'adoption sans accompagnement.
05:05Et il n'y aura pas de ROI sans adoption.
05:07Donc aujourd'hui, on est en train de shifter, de changer.
05:10Plutôt que de rechercher un ROI à tout prix, on recherche à faire en sorte que l'IA soit
05:15adoptée dans l'entreprise.
05:16Pour qu'elle soit adoptée, il faut enlever les craintes, enlever les peurs.
05:21Est-ce que c'est une IA qui va détruire les emplois ?
05:24Sans doute à terme.
05:25Est-ce que c'est une IA qui va remplacer ?
05:26Des tâches, en tout cas.
05:28Et donc, on ne parle plus d'emploi ni de métier, mais on parle de tâches.
05:32Et effectivement, elle va détruire un certain nombre de tâches ou remplacer un certain
05:35nombre de tâches.
05:36Je donne un exemple basique.
05:37Je prends un documentaliste.
05:39Le documentaliste, on considère qu'il va être amené à disparaître parce que l'IA
05:43va le remplacer.
05:44La réponse, elle n'est pas tout à fait vraie.
05:46Parce qu'aujourd'hui, le documentaliste passe 80% de son temps à rechercher des documents
05:50et 20% à les analyser.
05:52Demain avec l'IA, il va inverser la tendance.
05:54Il va passer 20% de son temps à chercher des documents et 80% de son temps à créer
05:59de la valeur et de l'analyse.
06:00C'est-à-dire qu'il doit transformer son métier ?
06:02Et lui, il doit se transformer.
06:03C'est pour ça qu'il faut l'accompagner.
06:05Il faut le former et éventuellement le réorienter pour que l'adoption puisse réellement entraîner
06:11l'entreprise à l'utilisation d'une IA qui va la rendre plus compétitive.
06:15Et la compétitivité, c'est aussi un moteur de croissance.
06:18Et la croissance, c'est un moteur d'emploi.
06:21Et justement, je reviens vers ce domaine de la santé puisqu'on a la chance de vous avoir
06:25avec nous, Emmanuel Garnier.
06:26Ça se concrétise comment ?
06:27Voilà toute cette transformation au sein du CHU de Montpellier.
06:30Est-ce que vous avez quelques cas d'usage de cette IA dont vous pourriez nous parler ?
06:34Oui, alors déjà, il est intéressant de dire que les cas d'usage, ils partent du terrain.
06:39Et donc, on construit ces cas d'usage à partir effectivement des besoins des professionnels
06:42et des usagers.
06:44Alors, en termes d'exemples, je pourrais par exemple parler d'un cas d'usage sur lequel
06:47on travaille aujourd'hui qui est le kit de sortie.
06:49Quand vous sortez d'un établissement de santé, vous avez besoin de votre lettre de liaison
06:52pour votre médecin traitant, vos ordonnances, vos documents.
06:55Ces éléments-là, ils existent déjà dans le dossier du patient informatisé.
06:58Ils ont été saisis par l'équipe.
07:00Mais aujourd'hui, il y a un travail de réingénierie par les médecins qui se posent.
07:06Et donc, l'IA va nous aider finalement à récupérer cette information, à l'automatiser,
07:11à avoir un assistant qui aide vraiment les médecins et les secrétaires
07:14à produire ces documents de manière beaucoup plus facilité.
07:18Parce que là, aujourd'hui, il n'y a pas de pont justement.
07:19Enfin, le patient ne s'en va pas avec son dossier sous le bras.
07:26En tout cas, on pense qu'on peut vraiment améliorer la continuité des soins
07:29en produisant des documents qui ont encore plus de valeur.
07:32Par exemple, des lettres explicatives pour expliquer un traitement,
07:34ce qui s'est passé pendant l'hospitalisation.
07:36Donc, on va vraiment créer de la valeur et améliorer la continuité des soins
07:40tout en faisant gagner du temps à nos équipes médicales et à nos équipes administratives.
07:45Donc, voilà, c'est des cas d'usage qui ont beaucoup de valeur pour nous.
07:48On a aussi des cas d'usage, par exemple, en matière de recherche.
07:50C'est-à-dire qu'on arrive, parce qu'on traite de la donnée en masse,
07:55à, par exemple, identifier quels sont les patients qui peuvent rentrer dans des essais cliniques.
07:59Et donc, du coup, de ce fait-là, on peut optimiser le nombre de patients dans des essais cliniques
08:04et puis peut-être améliorer l'innovation thérapeutique au bout du bout.
08:07Donc, c'est quand même des enjeux qui sont très importants.
08:09Donc, améliorer les enjeux pour le patient.
08:12Puis, j'imagine, parce qu'on parle beaucoup de ces sujets en ce moment,
08:15quand on parle de budget, c'est les dépenses de santé qui sont importantes.
08:18Il y a aussi ça derrière, c'est pouvoir réduire les dépenses de santé
08:21grâce à l'usage de ces technologies et de la transformation de métiers qu'elles impliquent.
08:26Oui, oui, bien sûr.
08:27Je pense qu'on a des sujets de transformation des métiers
08:29qui vont nous aider à assurer la soutenabilité.
08:32Après, l'objectif, il est effectivement d'arriver à développer une IA
08:36qui nous permettent justement d'avoir des coûts raisonnables.
08:40C'est vraiment aussi l'objet du projet Montpellier 1.
08:43IA, données, santé, ça nous oriente tout de suite vers un terme.
08:46D'ailleurs, ça rime, ça nous emmène vers la souveraineté.
08:49Est-ce que c'est des choses sur lesquelles vous êtes très sensible, Emmanuel Garnier ?
08:52Sur les outils que vous allez utiliser, sur les solutions que vous mettez en place ?
08:55Alors, on est d'autant plus sensibles à ce sujet que les données qu'on manie,
09:00c'est des données très sensibles, c'est des données de santé.
09:03Donc, la question de la sécurité, elle est primordiale.
09:04Il y a nos données financières et nos données de santé, en général.
09:06C'est primordial.
09:08Donc, clairement, c'est des sujets qui sont très importants pour nous.
09:12Et dans le projet qu'on développe, effectivement,
09:16on développe vraiment des outils dont on est propriétaire, on va dire.
09:21C'est-à-dire qu'on a notre propre puissance de calcul, on est hébergeur de données de santé,
09:26on a notre cloud qui est sécurisé.
09:29Donc, on essaye d'avancer dans une trajectoire, justement,
09:32où on reste maître de notre destin et on reste maître de nos données
09:35pour pouvoir sécuriser toute la chaîne de valeur.
09:39Et puis, notre ambition, c'est d'être aussi un projet qui soit réplicable
09:42à l'échelle nationale pour les établissements publics de santé.
09:46Donc, on essaye de créer ce modèle avec un maximum de sécurité et de réplicabilité.
09:50C'est vraiment notre objectif.
09:52Ce thème de la souveraineté, c'est évidemment un sujet crucial pour vous,
09:55Mehdi, en tant que président de l'UMEUM.
09:56Oui, c'est un sujet très important.
09:58Est-ce que c'est de la souveraineté ?
10:00Est-ce que c'est de la...
10:01Je vous interroge, est-ce que notre écosystème, là, français, européen,
10:06a le pouvoir de construire une troisième voie, justement ?
10:09Est-ce que c'est comme ça qu'il faut le voir ?
10:11Alors, oui, on milite pour cette troisième voie,
10:13parce qu'aujourd'hui, on est pris entre deux modèles.
10:15Et ces deux modèles-là sont le modèle américain et le modèle chinois,
10:17qui ne sont pas des modèles qui sont conformes aux valeurs qui sont les nôtres.
10:20La loi du plus fort pour les Américains, l'hiberticide pour les Chinois.
10:24Et nous, nos valeurs sont des valeurs d'humanisme, des valeurs d'ouverture,
10:28des valeurs de respect, respect de l'individu, respect de la planète.
10:32Et on a envie de construire cette troisième voie.
10:33Cette troisième voie, est-ce qu'on pourrait la construire en France uniquement ?
10:36La réponse, elle est non.
10:37En France, dans l'Europe, la réponse, elle est peut-être.
10:40L'Europe, avec l'Afrique, la réponse, elle est certainement.
10:43Donc, nous, on milite, justement, pour une dynamique beaucoup plus forte européenne,
10:49des investissements beaucoup plus importants en matière de recherche et de développement.
10:53Et puis, utiliser le continent africain avec son milliard et demi d'habitants,
10:56qui va donner le terrain de jeu.
10:58C'est d'une des lignes de votre mandat ?
10:59Ça sera, oui, ça fera partie de mon mandat et d'une des lignes directrices de mon mandat.
11:05C'est-à-dire que si on veut réellement créer cette troisième voie,
11:07qui est, encore une fois, conforme aux valeurs qui sont les nôtres,
11:10il va falloir le faire ensemble, ensemble dans une Europe un petit peu plus unie
11:15et certainement avec un terrain de jeu un petit peu plus important,
11:19l'Afrique étant le continent qui nous tend les mains.
11:22Alors, on dit que l'Afrique a besoin de l'Europe, c'est sûr,
11:24mais l'Europe peut avoir besoin aussi de l'Afrique pour tester ses modèles,
11:28pour tester ses nouveaux usages, pour sortir des légacies,
11:31du piège des légacies, et pour permettre aussi aux Africains
11:34de sauter une rupture technologique
11:38et puis de se mettre au niveau des autres continents qui gagnent.
11:42Oui, surtout une nation assez jeune, en plus,
11:43qui peut être plus avise de cette technologie.
11:49Merci infiniment à tous les deux d'être venus nous apporter vos témoignages.
11:53Emmanuel Garnier, directrice générale adjointe du CHU de Montpellier.
11:55Donc, on suivra, parce que je l'ai dit, le CHU de Montpellier.
11:58Voilà, on entend souvent parler de vous dans différents domaines,
12:01évidemment liant santé et technologie.
12:03Vous faites partie des pionniers.
12:04Et Mediouas, président Numéum, fondateur de Talents.
12:07Voilà ce nouveau mandat de Numéum qui a pris effet.
12:12Au 1er juillet.
12:13Et si vous m'autorisez une dernière phrase,
12:16la semaine prochaine, je serai à Tunis pour un congrès mondial de la télémédecine
12:23et j'y participerai en intervenant et en démontrant
12:27que le serment d'Hippocrate, qui a 2400 ans, était IA natif
12:32et que l'IA et la médecine doivent travailler ensemble.
12:35On attendra la tribune qu'il faudra écrire à la suite de cette intervention.
12:38Merci à tous les deux.
12:40Voilà, se termine notre programme
12:42quand tous les métiers se réinventent avec l'IA sur BFM Business.
12:48Merci d'abriquer avec nous.
12:49A très bientôt pour un nouveau programme BFM Business.
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