- il y a 6 semaines
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PersonnesTranscription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:05Vous êtes passé de la rue au temps de l'école, au boulevard, sur les scènes de France.
00:09Le cancre indiscipliné que vous étiez est devenu un acteur et un directeur de théâtre résolument rigoureux.
00:15Bonjour Julien Cafaro.
00:17Bonjour Jacques.
00:18Alors on vous connaît à travers des séries télévisées, à travers des pièces de théâtre.
00:22Vous vous dirigez maintenant avec Patrick Zard, que j'ai reçu voici quelques temps dans les clés d'une vie,
00:27un théâtre à Avignon.
00:28Puisqu'on est près du Festival d'Avignon, on va évoquer votre parcours et le Festival d'Avignon.
00:33Très bien.
00:34Le principe c'est des dates clés, vous le savez, dans les clés d'une vie.
00:37Et la première que j'ai trouvée, c'est une première à Paris, le 21 octobre 1982.
00:44Écoutez cette voix.
00:45Je ne sais pas.
00:47Je ne sais pas, je vais vous dire la vérité.
00:48On vient de faire une tournée avec les branquignistes.
00:50Robert Derry.
00:51Et c'est vrai que l'En sourdine les ardines est une de vos premières pièces mises en scène par
00:55Robert Derry.
00:56Oui, absolument.
00:57Et la première première, justement, c'était à Versailles.
01:01C'était au théâtre de Versailles.
01:03Montancier.
01:04Montancier.
01:05Et je crois que j'avais un trac, je crois que je suis rentré sur scène, le cœur s'est
01:08décroché.
01:10En fait, en sourdine les sardines, c'est une pièce anglaise où on suit une troupe de théâtre qui se
01:14promène en province et il se passe des tas de choses.
01:17Voilà, Noise the Soft.
01:20Ça, c'est appelé plein d'autres titres parce qu'ils l'ont rebaptisé plusieurs fois.
01:26Mais c'est une pièce.
01:27En fait, j'ai fait du théâtre grâce à ce genre de pièces.
01:30J'étais fou amoureux de Robert Derry, Colette Brosset, toute la bande.
01:35J'ai regardé, je les ai regardés en large et en travers.
01:39Dès qu'ils voyaient à la télé, j'étais comme un fou.
01:42Et j'ai fait du théâtre grâce à eux.
01:43Et la première personne qui m'engage professionnellement,
01:47et je vais vous raconter l'histoire parce qu'elle est vraiment trop drôle,
01:50parce que je jouais avant une pièce de café-théâtre,
01:55justement avec un ami qui s'appelle Patrick Pessis, je ne sais pas si vous connaissez.
01:59C'est un cousin lointain, je ne le savais pas.
02:01Et Sophie Monico, je crois.
02:04Et donc, on jouait tous les trois.
02:06Et un ami qui s'appelait Rémi Renou, qui était le neveu de Georges Herbert,
02:12je ne sais pas si vous l'avez connu, Georges Herbert.
02:13Qui était le directeur du théâtre,
02:15qui a engagé Robert Derry pour la première fois au Labrouillère.
02:18Voilà, c'est ça.
02:20Et quatre fois de suite, il me dit, viens, il y a une audition, le rôle est pour toi.
02:23Viens, il y a une audition, le rôle est pour toi.
02:25Et moi, je disais, non, non, non, je ne suis pas assez prêt,
02:26il faut que je travaille, il faut que je travaille.
02:27Et il est venu me chercher à 9h du matin chez moi.
02:30Ma femme était là, elle me dit, mais c'est pourquoi, Rémi, qu'est-ce que tu fais là ?
02:33Je viens chercher ton mec, il va faire l'audition à 10h,
02:36et Robert Derry qui l'attend.
02:37Et je suis arrivé dans le sous-sol, là, il était au théâtre de l'œuvre.
02:41Il était au théâtre de l'œuvre, Georges Herbert.
02:45Et comment, et donc, assieds-toi là, on me fait venir.
02:50Et Robert Derry, il dit, ben c'est lui, c'est lui.
02:53Et je n'avais pas dit un mot, rien.
02:55Il me dit, comment c'est moi ?
02:56Ben non, attendez, je ne peux en parler.
02:58Non, non, je vous dis, c'est vous.
03:00Et j'ai dit, ben voilà, t'es pris.
03:02Alors on vous dit, et ça a commencé comme ça.
03:04C'est vous parce que Robert Derry, on l'a un peu oublié aujourd'hui,
03:07on connaît le petit baigneur, la belle américaine.
03:09Mais on oublie qu'il écrit, à la fin de la guerre, une pièce,
03:11Les Gaufrettes, qu'il présente à Georges Herbert ou La Bruyère.
03:15Le théâtre allait fermer, Herbert n'avait rien à se mettre sous la dent.
03:18Il accepte le spectacle.
03:19La femme de Robert Derry, son père était bouché,
03:22donc on invite tous les bouchers de Paris pour croire que la salle est complète.
03:24Et c'est devenu un spectacle qui est devenu le spectacle préféré de la reine d'Angleterre.
03:28Ben non.
03:29Oui, car...
03:30Les Gaufrettes, je vais m'y intéresser, faites attention.
03:33C'était les bronquignols.
03:34D'accord.
03:34C'était les bronquignols.
03:36Et la reine d'Angleterre a invité Robert Derry et la troupe à Buckingham
03:40pour jouer le spectacle qui s'appelait à l'époque La Plume de ma Tante.
03:43Oui, qui ont été joués après, à New York.
03:45À New York, il y a eu sept Tommy Awards, c'est-à-dire l'équivalent des Molières.
03:48Ben voilà.
03:49Et Robert Derry, c'était un monstre de précision qui était...
03:54Chaque mot comptait.
03:55Oui, et chaque geste comptait.
03:56Et ça, vous l'avez appris aussi.
03:58Alors, je l'ai appris, mais on avait...
04:00Moi, j'avais à peu près la même...
04:02Enfin, je n'avais pas la même école que lui, parce que c'était un maître.
04:05Moi, j'étais vraiment un gamin.
04:07Et tout ce que je voyais faire, je me disais, mais voilà, c'est ça.
04:11Il a complètement raison.
04:13Je me souviens, quand il balançait l'assiette de sardine,
04:16mais en exactement 40 secondes, il en avait partout de la sardine.
04:20Il en avait partout, sous le talon, jusqu'à... dans les cheveux.
04:24Tellement il était pointu, il était... c'était un métronome de...
04:28Mais si vous regardez Julien Cafaro, les Benny Hill,
04:31c'est une copie exacte, c'est un sketch des Branquignols.
04:34Je suis d'accord.
04:35Il a tout pillé.
04:36Complètement.
04:36Alors, il se trouve que vous, vous êtes justement né, on parlait de New York, aux Etats-Unis.
04:40Oui, je suis né à Branquino.
04:42Vous êtes né aux Etats-Unis parce que vous aviez un père qui travaillait dans une base militaire.
04:46Voilà, c'est ça.
04:47Mon père était à les bases américaines.
04:49C'était un Américain, tout simplement.
04:51Voilà, il est venu jusqu'à ce que de Gaulle dise US Go home.
04:57Voilà.
04:57Alors, il n'est pas parti, lui. Il est resté.
05:00En revanche, les Cafaros sont d'origine italienne, comme beaucoup d'Italiens aux Etats-Unis.
05:05Des pouilles.
05:06Voilà.
05:06Et donc, vous êtes né aux Etats-Unis et puis vous revenez en France.
05:10Oui. Je suis revenu parce que maman était gaulliste.
05:15Parce qu'elle habitait en Haute-Marne, à côté de Colombie, les deux églises.
05:20D'accord.
05:20Et mon grand-père était un maquisard qui voulait sauver la France.
05:26Et donc, elle a dit non, non.
05:28De Gaulle est là.
05:29Je vais l'aider à reconstruire la France avec lui.
05:32Voilà.
05:32Votre arrière-grand-père, en revanche, je crois, Julien Cafaro était un mafieux.
05:35Oui, absolument.
05:36Oui, oui.
05:37Mon arrière-grand-père était...
05:38Alors, maman ne veut absolument pas qu'on en parle.
05:41Mais quand j'en parle avec mes cousines italiennes,
05:44même ma femme me dit...
05:46Il y a eu une fois, un jour, je demande à Anna, ma cousine,
05:50et je fais mais l'arrière-grand-père, il n'était pas un peu mafieux.
05:52Ma cousine qui fait...
05:55Il a peut-être connu Al Capone ou des gens comme ça ?
05:58Non, il a connu les Corléones, qui étaient venus dans les Pouilles.
06:03C'est drôle, hein ?
06:03C'est drôle.
06:04Alors, vous grandissez finalement en Haute-Marne, à Nogent.
06:08Nogent qui s'élève pour ses couteaux, je crois.
06:10Absolument, oui.
06:11Et dans La bête humaine de Jean Renoir,
06:13le personnage interprété par Fernand Ledoux dit
06:16« C'est un beau couteau, c'est un Nogent ».
06:17Voilà, c'est ça.
06:18Et c'est vraiment que...
06:20C'est un coin de France très calme, finalement, Nogent.
06:23C'est même plus que calme, c'est déserté.
06:26Oui.
06:27Et désertique, malheureusement, parce que le pays est formidable,
06:30les forêts sont belles, puis les gens sont très sympas.
06:33Et je crois qu'il y a quelqu'un de très connu qui est né à Nogent,
06:36qui est Bernard Dimet.
06:37Oui, absolument.
06:38Oui, c'est ça.
06:39Pour être célèbre.
06:39Oui, oui.
06:40Et je crois qu'il a été instituteur à Troyes,
06:43et il a tenu deux heures après, il a démissionné,
06:46et il n'a pas fait partie de vos nombreux instituteurs,
06:49car je crois que vous avez été, à l'école,
06:51Julien Cafaro, le cancre parfait.
06:53Parfait.
06:54Parfait.
06:54Mais en fait, j'avais besoin de liberté.
06:57Oui.
06:58Je ne suis jamais resté deux ans dans le même bâuche.
07:00Viré à chaque fois ?
07:01Oui, oui.
07:02Mais j'en avais marre.
07:03Oui.
07:03Et qu'est-ce qui se passait ?
07:05Parce que je faisais le mur.
07:07Carrément ?
07:08Ah, j'étais parti.
07:09Et alors, vous recherchez ensuite ?
07:11Ah oui, oui.
07:11On me recherchait partout.
07:13Partout.
07:13J'ai les flics, tout, tout, tout.
07:15Ma maman était là.
07:16Mais il est où ?
07:17Il est où ?
07:18Et on vous retrouve à chaque fois.
07:19Oui, parce que...
07:20Je crois que vous avez fait toutes les écoles possibles
07:22et imaginables de la région.
07:23Oui.
07:23Oui, oui.
07:24Je crois que la dernière,
07:25on a été à 90 km de la maison.
07:27Attends, tellement.
07:28Vous voulez vous faire oublier ailleurs.
07:29Ah oui, mais il ne voulait plus de moi, quoi.
07:32Et puis, maman m'a dit un jour,
07:33elle m'a dit, écoute,
07:34essaye d'avoir au moins le bac,
07:35qu'on en finisse.
07:37Et même le jour du bac,
07:39j'ai eu du premier coup, quand même, malgré tout.
07:40Parce que j'avais promis à ma mère.
07:42Parce que j'aime beaucoup maman.
07:44Et je lui ai dit, écoute, je ne l'ai pas.
07:46Je ne l'ai pas, il va falloir recommencer.
07:48Et ma mère a eu ce courage de dire,
07:50bon, écoute, mon petit, allez, ne t'inquiète pas,
07:52on y retourne l'an prochain et tout.
07:53Je lui ai dit, maman, mais non, je l'ai, t'inquiète pas.
07:55Et Francis Blanche l'avait fait un coup à son père,
07:58il lui avait dit, je vais rentrer à la maison,
07:59si j'ai les pieds sur le trottoir, c'est que j'ai le bac.
08:02Si je l'ai dans la rue, c'est que je ne l'ai pas.
08:04Il avait un pied dans la rue.
08:07Et donc, il a joué le jeu.
08:08Et c'est vrai que je crois que vous avez triplé votre sixième.
08:10Vous avez failli sixième.
08:11Oui, oui, j'ai triplé.
08:12Ah oui.
08:12Ah oui, j'ai triplé.
08:13C'est quand même assez rare.
08:14Oui, mais parce que, oui,
08:16non, mais il y a aussi une fois où,
08:18parce que j'étais malade,
08:19j'étais un peu malade,
08:20sept mois au lit,
08:21je finis dans un sanatorium,
08:23je crois, c'était pas drôle.
08:25En revanche, le théâtre a été une passion tout de suite.
08:27Tout de suite, oui.
08:28Parce que j'avais un petit bafouillement, moi.
08:30Je bafouillais quand j'étais gamin.
08:32J'étais pas sûr de moi.
08:33Bon, bon, bon, bon, bonjour.
08:34Et puis, je me suis dit,
08:35mais qu'est-ce qui peut me sortir de ça, quoi ?
08:37Et puis, j'ai dit,
08:39ben, attends, on va faire du théâtre.
08:40Et puis, ça va.
08:41Et je crois que ça a commencé par une fête de l'école,
08:43l'une des rares fois où vous avez été à l'école, vraiment.
08:45Oui, oui.
08:46C'était chez les...
08:48C'était à l'angre.
08:49Mais ça, vous savez,
08:51depuis mes huit, neuf ans,
08:52ça me...
08:53C'est dans la tête.
08:56Et j'ai fait un...
08:57J'ai fait un mini-spectacle avec mes copains.
08:59Et c'est là où j'ai su que je pouvais faire rire.
09:02Alors là, hop, je me suis dit,
09:04ah, bon, j'ai peut-être trouvé ma voie.
09:06Et après,
09:08donc, j'ai fait sixième,
09:09trois fois,
09:10jusqu'à la quatrième.
09:11Et à la quatrième,
09:12j'ai commencé à faire vraiment du théâtre tous les ans.
09:14Tous les ans.
09:15Et tous les ans, alors là,
09:15je suis allée,
09:18j'allais même pas en cours de maths d'anglais.
09:21Je préférais apprendre les rôles et tout.
09:23Et ça, vous appreniez sans problème.
09:25Ah ben, ça,
09:25mais je n'ai jamais trop appris, d'ailleurs.
09:28Je lisais, ça suffisait.
09:29Et puis ensuite,
09:30vous avez passé quelques temps en Pennsylvanie,
09:33ce qui vous a permis d'apprendre l'anglais.
09:34Oui, oui, oui.
09:35C'était avec...
09:37En fait,
09:37c'était pour accompagner mon grand-père
09:39et ma grand-mère américains.
09:41Et donc,
09:41j'ai été voir mon grand-père
09:43qui mourait, tout simplement.
09:45En même temps,
09:45le Pennsylvanie,
09:46c'est là que la déclaration d'indépendance
09:48a été signée,
09:49à l'époque,
09:50par Abraham Lincoln.
09:51C'est un état célèbre des Etats-Unis.
09:54Et puis,
09:54vous commencez à prendre des cours de chant,
09:56des cours de comédie.
09:57Vous travaillez dans un restaurant pour les payer.
09:59Oui.
09:59Oui, oui.
10:00Vous aviez vraiment envie de faire ça.
10:01Oui, oui.
10:02Puis, on ne me faisait pas de cadeaux.
10:03Mon père ne m'en a pas fait.
10:05D'ailleurs,
10:05il m'a rendu service.
10:07Et il m'a dit,
10:08écoute, si tu veux y aller,
10:09tu y vas.
10:10Mais il faut que tu bosses.
10:11Il faut que tu le mérites.
10:12Il y avait une passion à l'époque,
10:13je crois,
10:14Julien Cafaro,
10:14c'était Pagnole.
10:15Oui.
10:16J'en ai joué deux.
10:17Les deux premières pièces,
10:18c'était Pagnole.
10:20C'était Marius,
10:22non, surtout,
10:22la femme du boulanger.
10:23Et Marius et la femme du boulanger,
10:24je l'ai rejoué après avec Galabru.
10:26Voilà.
10:26Et qu'est-ce qui vous touchait dans Pagnole ?
10:28Parce que c'est un fils d'instituteur.
10:30Pour un mauvais élève,
10:31c'est plutôt rare.
10:31Mais vous savez pourquoi ?
10:32Parce que d'abord,
10:33c'était une pièce,
10:34on pouvait être nombreux.
10:36Et on était 15, 17 sur scène.
10:39Donc, on faisait la foule,
10:40on faisait tout ce monde-là.
10:41Donc, c'était toujours,
10:42on rigolait tout le temps, quoi.
10:44Et on était entre amis, quoi.
10:46C'était sympa.
10:46Et vous vous êtes dit,
10:47c'est ce métier que je ferai plus tard.
10:49Oui.
10:50Mais dès le début,
10:51j'ai voulu le faire.
10:53Dès l'âge de mes 14 ans, oui.
10:54Et vous l'avez fait,
10:55et on va évoquer une date
10:57de votre parcours
10:58qui est une date clé,
10:59le 28 avril 1987.
11:01A tout de suite sur Sud Radio
11:03avec Julien Cafaro.
11:05Sud Radio,
11:06les clés d'une vie,
11:07Jacques Pessis.
11:07Sud Radio,
11:08les clés d'une vie,
11:09mon invité Julien Cafaro.
11:11On parle de votre parcours,
11:12on parlera tout à l'heure
11:13de l'Oriflamme,
11:14un théâtre à Avignon,
11:15puisque nous sommes
11:16à quelques jours
11:16du Festival d'Avignon.
11:18Une aventure que vous menez
11:19avec Patrick Zard.
11:20Et puis, donc,
11:21on a évoqué vos débuts
11:22difficiles à l'école,
11:23votre passion pour le théâtre.
11:25Et cette passion s'est concrétisée
11:27paradoxalement,
11:28alors que vous étiez nul à l'école,
11:29le 28 avril 1987
11:31avec la classe.
11:36Première télé
11:38avec Patrick Zard.
11:39Si, si.
11:39Première télé dans la classe
11:41avec les taxiphones.
11:42Ah, non,
11:43avec Guilux.
11:43Oui, Guil,
11:44mais c'était la classe.
11:45Ah, c'est la classe ?
11:45C'était l'émission La Classe.
11:46Mais non.
11:47Mais si.
11:48Putain.
11:49Alors que pour un mauvais élève,
11:51c'est paradoxal.
11:51C'est drôle, c'est drôle.
11:55Et vous faites un sketch
11:56sur les taxiphones.
11:57Les taxiphones,
11:58ça ne veut plus rien dire ce que soit.
11:59Et Fabrice vous présente
12:00et vous êtes tous les deux
12:01comme ça en train de faire ce sketch.
12:02Vous vous en souvenez ?
12:04Mais c'était en direct en plus.
12:08Et Guilux,
12:09Guilux,
12:10parce qu'il y avait Guilux aussi
12:11qui était là.
12:11Il était en coulisses,
12:12mais c'est Fabrice qui le présentait.
12:13Il nous dit,
12:14faites attention,
12:15il y a 3 millions de spectateurs.
12:16Dès que la petite lumière orange
12:17s'allume,
12:18c'est 3 millions.
12:18Oui.
12:19Et Patrick et moi,
12:20on était mais transis de peur.
12:22Comment vous étiez arrivé
12:23dans la classe,
12:23Julien Calfaro ?
12:25Alors,
12:25pourquoi on est arrivé là ?
12:27C'est tout simplement
12:28parce que Jean-Noël Fenwick,
12:30on était tous les trois,
12:32enfin,
12:32ils étaient d'abord tous les deux
12:33et ensuite,
12:35Patrick qui joue avec moi
12:36m'a fait connaître à Jean-Noël
12:37avec qui je me suis entendu
12:38comme l'art en moins foire.
12:40Et tout de suite,
12:41on a projeté de...
12:43Voilà.
12:43Il a écrit un texte,
12:45ce texte des taxiphones
12:48et bingo,
12:49on est parti là-dedans.
12:50Et vous êtes revenu
12:51plusieurs fois dans la classe ?
12:52On est revenu deux fois.
12:53Oui.
12:54Enfin non,
12:54plusieurs fois.
12:55Il y en a cinq si.
12:56Après, oui.
12:56Après, oui.
12:57Et régulièrement.
12:58Et finalement,
12:59c'est le début de la notoriété.
13:00Parce qu'on est dans la rue
13:02le lendemain.
13:03Oui, oui.
13:03Oui, mais il y avait aussi...
13:04Oui, oui,
13:05mais j'ai enchaîné très vite.
13:06Après, il y a eu Maggie.
13:07Oui.
13:07Voilà.
13:08Maggie,
13:08j'en ai fait quand même beaucoup.
13:10Oui.
13:10J'en ai fait...
13:11Puis ça passait beaucoup,
13:12surtout le dimanche soir.
13:13C'était le rendez-vous
13:17Maggie parce que je faisais
13:19beaucoup de boulevards
13:20et donc tout le monde
13:21s'était donné mon nom.
13:23Et alors, chose drôle,
13:24c'est que le producteur,
13:28on jouait une pièce,
13:29Patrick et moi,
13:29on jouait à Montparnasse.
13:31Moi, j'habitais dans le Marais
13:33et Patrick habitait rue Voltaire.
13:37Et on se quittait tous les deux.
13:38Moi, j'étais en moto.
13:39Lui, il arrive en voiture.
13:40On quitte.
13:41On se dit salut.
13:42On s'embrasse.
13:43Salut.
13:43Bon.
13:44On se voit demain.
13:45Très bien.
13:45Moi, j'arrive.
13:47à mon appartement
13:48et tout de suite sur le répondeur,
13:50appelez-moi tout de suite.
13:51J'ai un casting pour vous.
13:54Comment ?
13:54Vendredi, samedi, dimanche.
13:55Enfin, vendredi, samedi
13:57ou jeudi, vendredi, samedi.
13:58On tournait trois jours de la semaine.
14:00Je téléphone tout de suite
14:01et il me dit
14:02bon ben, vous êtes pris
14:02parce que voilà,
14:04je vous envoie le texte
14:05et puis il faut l'apprendre très vite
14:06et puis vous tournez
14:07jeudi, vendredi, samedi.
14:08Très bien.
14:09Allons-y et tout.
14:10Coup de téléphone
14:11d'un autre gugus.
14:13Il avait mis deux gugus
14:14sur l'affaire.
14:15Un quart d'heure plus tard,
14:16allo, oui,
14:17ah, c'est dommage,
14:18le rôle vient d'être pris.
14:19Le lendemain,
14:21je revois Patrick
14:22et il me dit
14:22putain, j'ai raté un casting
14:23hier soir.
14:24Je lui dis
14:24oh non, oh non.
14:26C'était quoi ?
14:27Il dit Maggie,
14:28c'est moi qui le fais.
14:28Mais non, mais non.
14:30C'est ça.
14:31C'est la complicité.
14:32Je crois que vous avez connu
14:33Patrick Zard,
14:34Julien Caenfarot,
14:35au Théâtre Edgar
14:35quand c'était encore un théâtre
14:37séparé en deux salles
14:38où l'Aspalaise et Chevalier
14:39débutaient devant dix personnes
14:41qui ne faisaient pas vraiment rire.
14:42Al'Edgar III.
14:43Exactement.
14:44Pas de fantaisie dans l'or en jade.
14:46Parce qu'en fait,
14:47j'étais avec ces deux garnements
14:48au cours Simon.
14:49D'accord.
14:50Voilà.
14:50Et donc, vous avez débuté
14:52à Edgar,
14:53vous avez rencontré Patrick Zard
14:54par hasard comme ça ?
14:55En fait,
14:56il devait remplacer,
14:57c'est parce qu'on jouait
14:58une pièce qui s'appelait
14:59On l'a dit de faire.
15:01Après,
15:02après,
15:03parce que je jouais
15:03avec Michel Bonnet
15:04qui jouait avec moi
15:05en même temps
15:06dans
15:07Usof,
15:08enfin en journée
15:09des sardines.
15:10Et là-dessus,
15:11il me dit
15:12« Écoute,
15:12si tu ne fais rien,
15:13moi je te remplace peut-être,
15:15il faut que je remplace
15:16Jacques Brière
15:17parce qu'il travaille à côté,
15:18Jacques Brière
15:19du Collard au chaud. »
15:20Je lui ai dit
15:20« Écoute,
15:21pourquoi pas,
15:22allons-y,
15:22je vais voir le spectacle. »
15:23Il me dit
15:23« Ah ouais,
15:23avec toi,
15:24super,
15:24allons-y. »
15:25Et puis Michel
15:26a aussi eu des choses
15:28donc il s'est fait remplacer
15:29par qui ?
15:29Par Patrick.
15:30Et c'est comme ça
15:30qu'on s'est rencontrés.
15:31Et au départ,
15:32vous avez fait du théâtre
15:34contre la vie de votre père,
15:35je crois,
15:36Julien Cafaro.
15:37Oui,
15:37parce qu'il ne voulait
15:38absolument pas
15:38que je fasse ça.
15:39Mais il avait des peurs
15:40de tout.
15:41Parce que pour tout vous dire,
15:42quand je suis arrivé
15:42à Los Angeles,
15:43enfin non,
15:44pas à Los Angeles,
15:45à New York,
15:46il y avait d'abord New York
15:47et après je suis parti
15:48à Los Angeles
15:49et je voulais faire toujours
15:50une école de comédie musicale.
15:51Moi,
15:51j'adore la comédie musicale.
15:53Et quand je suis arrivé
15:53à New York,
15:55on me montre
15:56l'école
15:57de comédie musicale,
16:01je montre
16:01quatre à quatre
16:02les marches
16:02et mon père me fait
16:05reviens.
16:06À gauche,
16:07il y avait deux mecs
16:08qui étaient en train
16:08de se faire un fixe
16:11avec des piqûres.
16:12Il fait non,
16:13tu redescends.
16:14non,
16:15j'ai pas envie de voir
16:15mon fils drogué.
16:16Il n'y avait pas du tout
16:17envie de ça,
16:17je crois.
16:18Et vous avez quand même
16:19réussi à entrer
16:20au cours Simon
16:20à Paris.
16:21Oui,
16:22parce que,
16:23oui,
16:24je suis rentré
16:25parce qu'il fallait apprendre
16:26et puis j'ai appris vite
16:27et puis d'abord,
16:29puis j'allais à Avignon
16:30depuis mes 15 ans
16:32avec ma marraine
16:34Nicole,
16:35qui est partie
16:35il y a deux ans
16:36et qui a été une femme
16:37formidable pour moi
16:38en tout cas
16:38et avec qui,
16:40elle m'apprenait,
16:41elle m'a fait connaître
16:42des auteurs.
16:43C'était génial,
16:43c'était vraiment...
16:44C'était votre vocation.
16:45Mais au départ,
16:46le cours Simon,
16:47c'est pour apprendre
16:48les règles du théâtre français
16:49pour peut-être un jour
16:50entrer à la comédie française.
16:51Vous avez failli faire
16:52le conservatoire
16:53à trois mois près,
16:54vous auriez pu vous inscrire.
16:55Oui,
16:55à chaque fois,
16:56j'avais toujours trois mois
16:57de trop
16:59et vous m'avez dit
17:01mais pourquoi
17:01tu n'as pas écrit
17:02j'aurais adoré
17:04être en la comédie française.
17:06Adoré !
17:06Parce que c'est là
17:07où c'est la plus belle école
17:08et j'aurais adoré,
17:09vraiment.
17:10Et il m'a dit
17:11parce que tu es trop
17:13carré,
17:14tu es trop...
17:14Moi,
17:16je n'avais plus l'âge.
17:17J'ai écrit
17:18et puis on m'a reçu
17:19et puis on m'a appris
17:20et il avait dix ans de plus.
17:22Parce que normalement,
17:23il y avait un âge limite
17:23pour entrer au conservatoire.
17:2523 ans.
17:25Ça a duré deux ans de suite,
17:2723-23
17:27puis après,
17:28ils l'ont passé en 25.
17:29Mais moi,
17:30au bout de deux ans,
17:30j'avais toujours 25 ans
17:31et trois mois.
17:32Et à chaque fois,
17:32je dis,
17:33ben non,
17:33c'est toujours trois mois
17:34en trop.
17:34Alors,
17:35le cours René Simon,
17:36ça se passe bien
17:37puisque vous avez un prix
17:37chaque année.
17:38Oui.
17:38Et je crois qu'un soir,
17:39la porte s'ouvre
17:40juste après le début
17:42de votre passage sur scène
17:43et c'est votre père.
17:45Oui.
17:45Ça,
17:46c'est la pièce
17:47avec Patrick,
17:48justement.
17:49Parce que j'avais des...
17:50J'ai toujours eu des goûts
17:51d'organisateur
17:53et donc,
17:54je produisais beaucoup
17:55de pièces,
17:56mais que ça soit
17:56pour les restos,
17:58les restos du cœur,
17:59pour que ça soit
18:00pour les gens
18:01qui ont dans la nécessité.
18:02J'aime bien travailler
18:04pour les gens
18:04qui ont des...
18:05qui ont des problèmes
18:06et tout ça
18:07et on est là
18:07pour les aider
18:08et c'est très bien.
18:09Et donc,
18:09je fais des fêtes
18:10et l'argent
18:11va pour ses œuvres.
18:13Voilà.
18:13Et donc,
18:14j'avais fait...
18:16J'avais organisé
18:17deux soirées
18:18et je disais à ma mère
18:20mon père ne viendra pas.
18:21Elle me disait
18:22il viendra.
18:24Et le...
18:26Comment le public
18:27rentre,
18:28on éteint la lumière
18:29et j'entends
18:30clac, clac
18:31et je fais dans ma tête
18:33ça y est,
18:33il est rentré.
18:34Il a compris
18:35que vous étiez fait
18:36pour ce métier
18:36avec retard.
18:37Il l'a compris après,
18:38il l'a compris
18:39beaucoup plus tard
18:39mais je pense aussi
18:40que parce que financièrement
18:41je pense qu'il avait...
18:43il avait des problèmes
18:44aussi dans sa tête.
18:45Il ne voulait pas avoir
18:47un garçon
18:48qui vient de lui demander
18:49toujours 100 balles.
18:51Non,
18:53ça s'est plutôt bien passé
18:54et je crois
18:54que le premier
18:54grand téléfilm
18:55que vous avez fait
18:56est un succès populaire
18:58du petit écran.
19:03Le mari de l'ambassadeur
19:06de Louis Vell
19:06et Frédéric Évart.
19:07Mais oui,
19:08oh la la.
19:08Ça c'était un immense
19:09succès à la télévision.
19:11Un succès total.
19:11Oh la la.
19:12Qu'est-ce que je me suis amusé
19:13c'est avec Delphine Riche.
19:15Je suis tombé amoureux
19:15de Delphine Riche.
19:17C'est fou hein ?
19:18Oui.
19:18C'était le genre de feuilletons
19:19qu'on ne fait plus aujourd'hui
19:20qui étaient des feuilletons
19:21archi positifs.
19:22Ben oui.
19:22Et puis en plus
19:23c'était tellement sympa
19:24ce feuilleton.
19:26Vraiment.
19:26Et puis tous les feuilletons
19:27que j'ai faits
19:28ils étaient sympas.
19:28C'était bien construit.
19:30C'était bien filmé.
19:32Voilà.
19:33Et le mari de l'ambassadeur
19:34a été un gros succès
19:34mais au départ
19:35Louis Vell et Frédéric Évart
19:37avaient écrit
19:37tournée La Noiselle d'Avignon.
19:39Personne n'en voulait.
19:40Et par une secrétaire
19:41de Pierre Sabag
19:42et leur directeur
19:42ils ont réussi
19:43à faire passer les choses.
19:45Personne n'en voulait
19:45et ça a fait un record
19:46de télévision.
19:47C'est là où on comprend
19:48que quelquefois
19:49il faut faire attention
19:51à ce qu'on programme.
19:52Ben il faut surtout pousser.
19:53Il faut y aller.
19:53Il ne faut pas perdre espoir.
19:55Toujours y aller.
19:57Vous avez fait je crois
19:57toutes sortes d'apparitions
19:59dans des séries télévisées.
20:00Vous avez tout fait.
20:01Tout fait.
20:02Maigret, Magellan.
20:04Tout.
20:04Tous les films.
20:06Mais même Simone Harari
20:07me disait toujours
20:08t'es mon joker.
20:09Elle me disait
20:10pour que ma série fonctionne
20:12il faut que Cafaro
20:13vienne tourner
20:14au moins une fois dedans.
20:16Et je l'ai tourné
20:17à peu près
20:17dans toutes les séries
20:19de Simone Harari.
20:20Et puis c'est le crois
20:21où vous avez fait
20:21le plus long passage
20:23c'est dans Camping Paradis.
20:24Ah ben oui
20:25là j'en ai fait quelques-uns.
20:26Oui ben
20:27c'était une belle rencontre
20:28avec Jean-Luc Azoulay.
20:29Je veux dire que c'était
20:31très très sympa.
20:32Il y a aussi
20:33Richard Berkowitz
20:34qui est très sympa aussi.
20:36Enfin
20:36je regrette un peu
20:37parce que mes camarades
20:39Gérard Chayou
20:40on l'a intéressé
20:41l'été dernier.
20:42Et c'est vrai
20:43que Christian Pereira
20:44ben pour l'instant
20:45Christian
20:46il se repose.
20:47Mais c'est vrai
20:48qu'il a des problèmes
20:49de vue.
20:50mais il est toujours
20:51aussi drôle.
20:52Toujours aussi drôle.
20:53Camping Paradis
20:54vous étiez un homosexuel
20:55et en vacances
20:55c'est ça ?
20:56Absolument.
20:57J'ai toujours adoré ça.
20:58J'ai toujours adoré
20:59composer des personnages.
21:01J'aime bien.
21:02J'aime bien.
21:03Faut que ça sorte de...
21:05J'allais dire
21:06ça sorte de moi.
21:07Faut que ça soit...
21:08Voilà.
21:09Faut que ça soit différent.
21:10Faut que ça bouge.
21:10J'aime bien faire les curés
21:11comme un ministre.
21:12Je fais tout
21:13ce qu'on me demande.
21:14Voilà.
21:14Écoutez
21:15je vais vous demander
21:16d'attendre quelques instants
21:17pour qu'on parle
21:18d'une autre date
21:18le 6 octobre 1992.
21:21A tout de suite
21:21sur Sud Radio
21:22avec Julien Cafaro.
21:24Sud Radio
21:24Les Clés d'une Vie
21:25Jacques Pessis
21:26Sud Radio
21:27Les Clés d'une Vie
21:28mon invité
21:29Julien Cafaro
21:29nous parlerons tout à l'heure
21:31de l'Oriflamme
21:32et du Festival d'Avignon
21:33qui commence en quelques jours.
21:35On a vu les débuts
21:36de votre parcours
21:36l'école dramatique
21:38la classe
21:39à la télévision
21:40beaucoup plus réussie
21:41et puis toutes les séries
21:42que vous avez faites.
21:42Et puis
21:43le 6 octobre 1992
21:45est une date importante
21:47car c'est la première
21:48au théâtre de la Porte Saint-Martin
21:49de cette pièce.
21:50Vous ne devez pas avoir
21:51beaucoup d'appétit.
21:52Non !
21:52Vous n'avez pas d'appétit.
21:53T'es réveillé encore.
21:54Knock avec Michel Serrault.
21:56Et ça c'est un tournant
21:57de votre carrière
21:58Julien Cafaro.
21:59Alors c'est
22:00oui
22:00c'est une pièce
22:01que quelque part
22:02je n'aurais jamais dû faire
22:03parce que
22:04le rôle était
22:06j'avais toujours
22:07des gros rôles
22:08des gros rôles.
22:09Et je venais
22:10de refuser un an avant
22:11un film
22:12avec
22:13Serrault,
22:15Galabru
22:16tourné,
22:17réalisé par Lautner.
22:19Oui parce que vous aviez
22:20un autre projet
22:20en même temps je crois.
22:21J'avais oui
22:22et j'avais un film
22:24j'avais une pièce
22:26avec
22:28avec Jacques Rony
22:29et j'accredite
22:31Calamity Jane
22:32de Jean-Luc Fenwick
22:33et
22:35alors j'avais dit
22:36à
22:36j'avais dit
22:37à comment
22:38à
22:39à Lautner
22:40j'avais dit
22:40bah alors écoutez
22:41on tourne le matin
22:42l'après-midi
22:43je tourne notre film
22:44et puis le soir
22:45je joue au théâtre.
22:46et Serrault m'avait dit
22:48vers 2h du matin
22:49on peut faire un petit
22:50un petit truc tous les deux
22:51non ?
22:51Si vous voulez
22:52moi il n'y a aucun problème
22:53allons-y hein ?
22:55Inarrêtable
22:55inarrêtable
22:56il me le faut.
22:57J'ai refusé
22:57et l'année suivante
22:59c'est Pierre Mondi
22:59qui m'appelle
23:00qui me dit
23:01écoute
23:01viens
23:02il y a un personnage
23:03un personnage
23:04il est ce qu'il est
23:05c'est un double
23:06un triple personnage
23:08on te refait revenir
23:09au troisième
23:09c'est avec Michel Serrault
23:11et tout
23:11je dis ah
23:12et j'ai
23:13ce gugu
23:14enfin cet homme
23:16pour moi
23:17c'est le comédien
23:18pour moi
23:19c'est ce qui
23:20voilà
23:20pourquoi
23:21voilà
23:22c'est
23:22voilà
23:22c'est Michel Serrault
23:23pour moi
23:24c'est
23:25bah c'est mon maître
23:25quoi
23:26Et donc vous vous retrouvez
23:27avec Michel Serrault
23:28avec qui vous allez avoir
23:29des liens filiaux
23:30pratiquement
23:30Complètement
23:31parce qu'au bout de 3 jours
23:32je voyais qu'il ramait
23:33qu'il ramait
23:35à prendre le texte
23:35parce que
23:36le comment
23:37pas le Spoon
23:38c'est le comment
23:38il faut quand même
23:40se l'apprendre
23:40je lui dis écoute
23:41est-ce que t'as envie
23:42que je te fasse répéter
23:43il me dit
23:43bah tu ferais ça
23:44bah je lui dis
23:45bah oui autrement
23:46on jouera pas au mois de septembre
23:47je te le dis
23:48enfin au mois d'octobre
23:49et donc
23:49il m'a dit
23:50bah banco on y va
23:51donc on répète 2 heures
23:53au parc Bourgognelle
23:54tu viens déjeuner à la maison
23:55et puis après
23:56on part en répétition
23:57et ça a duré
23:58mais 2 mois et demi
23:59cette affaire
24:00et au bout de 2 mois et demi
24:01on a commencé à jouer
24:02et moi je me souviens
24:03parce qu'il nous
24:04il nous laissait
24:05le directeur
24:06quand Pierre Mondi
24:07nous laissait
24:08et comment
24:09Michel et moi
24:10moi j'avais Michel Serrault
24:12sans un
24:13mais rien
24:13pas une feuille
24:15rien
24:15une lampe poker
24:16je voyais cet acteur
24:18qui bougeait dans tous les sens
24:19et moi j'étais là
24:19en train de lui balancer
24:20le texte
24:22de la salle
24:23et je disais
24:23mais prends
24:24prends
24:24prends
24:25mais tu as devant toi
24:26l'acteur
24:27que t'as toujours apprécié
24:29il a toujours su tout faire
24:31Michel Serrault
24:32tout
24:33du comique au dramatique
24:34et avec une folie totale
24:36oui
24:37moi je me souviens
24:38d'une interview
24:38que j'ai faite avec lui
24:39il a commencé à pousser des cris
24:41pendant dix minutes
24:42rien d'autre que des cris
24:43vous avez connu des moments comme ça
24:45ben oui
24:45ah oui
24:47il me faisait rire
24:48il me faisait rire tout le temps
24:49tout le temps
24:50vous savez
24:51la première fois que je viens déjeuner chez lui
24:53et puis
24:54et puis il avait son maître
24:56son maître de
24:58son maître de cérémonie
24:59qui était chez lui
25:00et alors il dit
25:01bon alors
25:02alors
25:03avec sa voix
25:04bon alors on déjeune
25:06bon alors
25:06oui bon écoutez
25:08et j'entends cette voix
25:09je fais
25:09c'est bizarre
25:10c'est bizarre
25:11et il y avait l'impressario
25:13son impresario
25:14qui était là
25:16dont je vous donnerai le nom tout à l'heure
25:17son un de Hesdin
25:19Philippe de Hesdin
25:20oui Philippe de Hesdin
25:21qui me dit
25:21tu vas être surpris
25:22et je vois arriver un monsieur
25:25avec le petit nœud pape
25:26la chemise à carreau
25:27le petit short vert
25:28parce qu'on était en plein été
25:30mais je fais
25:30mais c'est la grande Zaza
25:32et il lui avait tout piqué
25:34alors là pour le coup
25:34il lui avait tout piqué
25:35il était d'une drôlerie
25:37et les deux faisaient
25:38une joute verbale
25:39mais je dis
25:40mais c'est pas vrai
25:41mais c'est la cage
25:42c'est la cage
25:43mais en même temps
25:44il a commencé avec Jean Poiré
25:45de façon très particulière
25:46ils doivent jouer un classique
25:48ils font une audition
25:49pour des matinées classiques
25:50au théâtre Sarah Bernard
25:51et puis il y a plein de monde
25:53et Poiré lance
25:55je suis certain d'être engagé
25:56parce que j'ai une fortune personnelle
25:58Céreau enchaîne en disant
25:59mais moi je connais
25:59la cousine de la concierge
26:01donc je serai engagé
26:02et ils font un numéro
26:03sans se connaître tous les deux
26:04ils sont sortis
26:04ils n'ont jamais fait la pièce
26:06mais ils ont créé leur duo
26:08et c'est vrai que Knox
26:10c'était une aventure très particulière
26:11tous les jours
26:12vous vous retrouviez dans la loge
26:13pour parler avec lui
26:14pendant un quart d'heure
26:15oui il voulait que je vienne
26:16toujours dans sa loge
26:17à 20h
26:18et on commençait
26:19à 9h moins le quart
26:21et il me racontait
26:22je lui racontais
26:24et puis en fait
26:25je ne suis pas parti avec lui
26:26en tournée
26:27alors qu'il aurait bien voulu
26:30et comme il m'avait dit
26:31il m'avait dit
26:32il m'avait dit
26:33bon
26:34c'est le seul
26:35avec qui j'ai envie de partir
26:37et bien c'est tous les autres
26:38qui partiront à ta place
26:39voilà
26:40et je dis
26:40ben oui mais là
26:41je ne peux pas non plus
26:42j'ai joué un an et demi avec toi
26:43là il faut quand même
26:44que j'aille vers un nouveau
26:44d'autres rôles
26:45un peu plus sympathiques
26:46qui est un peu plus gros
26:48et donc je suis parti avec Balutin
26:50après
26:51au théâtre Saint-Georges
26:53pendant un an et demi aussi
26:54finalement vous avez fait
26:56beaucoup de boulevard
26:57car vous êtes le pilier
26:58d'une nouvelle génération
26:59du théâtre de boulevard
27:01après au théâtre ce soir
27:04on connait grâce à Pierre Sabag
27:06grâce à toutes les pièces
27:07qu'il y a eu
27:07411
27:08mais là c'est un renouvellement
27:10dans le genre
27:10oui
27:11mais j'ai toujours aimé ça
27:12en fait
27:13j'ai toujours aimé
27:14mais j'ai pas arrêté
27:15de regarder ça en fait
27:17pour tout vous dire
27:17tous les vendredis soir
27:18j'ai été collé devant la télé
27:20à regarder
27:21à regarder les pièces de boulevard
27:23et même quand je ne les voyais pas
27:27quand j'avais 20 ans
27:28je me débrouillais toujours
27:29pour avoir une cassette vidéo
27:30pour revoir justement
27:32ces boulevards là
27:33et ces boulevards
27:34ont donné d'autres boulevards
27:35auxquels vous avez participé
27:36et au fil des décennies
27:37le rythme a changé
27:38même si le sujet
27:39est resté le même
27:40le rythme a changé
27:41oui
27:41c'est à dire
27:42je pense que
27:44il y avait un rythme
27:46plus lent
27:47plus parlé
27:48plus articulé
27:51les gens venaient passer
27:53une soirée dilettante
27:56il y a une quarantaine d'années
27:57aujourd'hui non
27:58c'est
28:01ça drop
28:02il faut que ça tape
28:03tout le temps
28:03il faut qu'il y ait
28:05un punchline
28:06toutes les deux répliques
28:09mais là aussi
28:10il faut se suivre
28:11le rythme
28:12en tant qu'acteur
28:13certes
28:14certes
28:14mais par exemple
28:16à Camoletti
28:18Marc avait trouvé
28:19tout le système
28:21ça c'est vraiment
28:22du boulevard
28:23dans toute sa splendeur
28:24mais il y a un rythme
28:26il y a une façon de faire
28:27moi j'ai appris aussi
28:28mon métier
28:29avec Jacques Balutin
28:30c'est vrai que
28:30heureusement qu'il était là
28:32il m'a appris
28:33j'ai joué
28:33trois pièces avec lui
28:35j'ai joué cinq ans
28:36tous les jours
28:37et par semaine
28:38je jouais huit fois
28:39quand on me dit
28:40tu joues
28:41huit fois par mois
28:42je fais
28:43voilà
28:44mais il m'a appris
28:45mon métier
28:46c'est-à-dire ?
28:47le rythme
28:49rien lâcher
28:51finir les finales
28:52pour que tout le monde
28:54entende
28:55enfin
28:56c'est le métier
28:58du boulevardier
28:58et d'ailleurs
29:00Marc Camoletti
29:01vous avez joué
29:01une de ses pièces
29:02on dit de Raouli
29:03et Marc Camoletti
29:04avait créé
29:05Boeing Boeing
29:05qui a duré 20 ans
29:07à la Comédie Comartin
29:08et les gens
29:09qui ne savaient pas
29:10que le Boeing
29:10était un avion
29:11venaient voir
29:11Boin Boin
29:12c'est extraordinaire
29:13et puis vous avez joué
29:15un des premiers classiques
29:16qui a permis
29:17la découverte
29:18de Jacqueline Maillant
29:18qui est Croque Monsieur
29:19oui absolument
29:20et ça c'est Alain Saxe
29:22je le vois Alain Saxe
29:23et ma copine
29:27Isabelle Mergaux
29:27voilà
29:28Isabelle Mergaux
29:29avec qui vous avez joué aussi
29:30oui j'ai fait
29:31trois pièces
29:32avec Isabelle
29:33et trois films
29:35et là aussi
29:36Isabelle Mergaux
29:37qui avait l'air
29:37d'être un peu
29:38dans la vague
29:39dans la nature
29:40était quelqu'un
29:41d'une précision
29:41extrême
29:42totalement précise
29:43mais au mot près
29:45elle disait
29:46là ça va marcher
29:47si tu dis ça
29:48ça marchera pas
29:49ah non
29:50elle était
29:50mais que ça soit
29:52dans les films
29:53que ça soit au théâtre
29:54c'était carré
29:55il fallait que tout soit carré
29:56et d'ailleurs
29:57Alain Saxe
29:59Alain a vraiment
30:00et puis en lui
30:00encore plus carré
30:01que les autres
30:02donc on s'entendait bien
30:04Croque Monsieur
30:05ça a bien marché
30:06pourquoi ?
30:07parce que c'était hyper carré
30:08et Croque Monsieur au départ
30:09c'est une pièce
30:10de Marcel Mitois
30:11qui était journaliste
30:12à France Dimanche
30:13non à Jour de France
30:14pardon
30:14et puis il cherche une comédienne
30:16personne ne veut
30:17et on lui suggère
30:18de prendre une débutante
30:19Jacqueline Maillan
30:20il l'a pris
30:21parce qu'il n'y avait rien d'autre
30:22et ça donnait le succès
30:24de Maillan
30:24et Maillan
30:26Maillan est toujours
30:26une star aujourd'hui
30:28pour une nouvelle génération
30:30bah oui
30:31parce que
30:32il n'y en a pas beaucoup
30:34comme elle
30:35enfin
30:35si il y avait quand même
30:37des marées
30:37il y avait
30:38enfin il y en avait
30:39il y en avait
30:40mais je pense que les autres
30:41tournaient beaucoup plus
30:43faisaient aussi beaucoup plus
30:44de cinéma
30:45que de théâtre
30:46donc on les voyait
30:47de temps en temps
30:48alors que Maillan
30:49n'a jamais arrêté le théâtre
30:50et finalement vous
30:52vous n'avez jamais arrêté le théâtre
30:53vous avez toujours réussi
30:54à caser le théâtre
30:55entre deux films
30:56ou deux séries
30:57oui
30:58parce que
30:59je ne pouvais pas attendre
31:00en fait
31:01moi je ne pouvais pas attendre
31:03alors comme je suis un mauvais élève
31:05je suis aussi quelqu'un
31:06qui dépense beaucoup d'argent
31:07donc
31:08je ne suis pas économe
31:10enfin je suis économe
31:11mais très modestement
31:13donc
31:13j'ai besoin de gagner ma vie
31:15voilà
31:16donc en travaillant beaucoup
31:17il faut travailler
31:18il faut travailler
31:18on est là
31:19on se lève le matin
31:20on apprend
31:20il faut se travailler
31:21il faut y aller
31:22et vous avez joué
31:23je crois Julien Cafaro
31:24aussi bien au théâtre Héberto
31:25qu'au Palais des Glaces
31:27tous les théâtres de Paris
31:28vous ont un jour accueilli
31:29oui
31:30moi le lieu
31:31m'importait peu
31:32ce qu'il fallait
31:32c'était du public
31:33voilà
31:34et c'est aujourd'hui
31:36de plus en plus difficile
31:36oui
31:37oui oui
31:38ça devient de plus en plus dur
31:39parce que
31:40je pense que
31:41la multiplication des petits pains
31:42la multiplication des pièces
31:44je ne pense pas
31:45que ça soit un grand rendez-vous
31:48pour moi
31:48c'est un
31:50c'est vrai
31:50quand on va à Paris
31:51moi je me souviens
31:52maman
31:53pour l'avoir emmené
31:54il y a une dizaine d'années
31:56la dernière fois
31:57je lui ai dit
31:57bah écoute
32:00voilà
32:00je t'emmène au restaurant
32:01après
32:01ah bon
32:02elle me dit
32:02mais il va y avoir un entracte
32:04on va boire une coupe de champagne
32:05j'ai dit
32:05non c'est fini maman
32:06ça c'est
32:07non
32:07parce qu'il y a une autre pièce
32:08d'ailleurs
32:09elle me dit
32:09ah bon
32:10alors c'est
32:10ah bon
32:10la fête est finie
32:11alors
32:11bah si la fête
32:12se fera à l'extérieur
32:13elle me dit
32:13ah bah c'est plus drôle
32:14voilà
32:15mais c'est vrai
32:15qu'il fut un temps
32:16où il y avait un entracte
32:17il y avait maintenant
32:18il y a plusieurs pièces
32:19à l'affiche
32:20mais il y a Paris
32:21et il y a Lyon
32:21je crois que dernièrement
32:22vous avez joué
32:23au théâtre de la tête d'or
32:24à Lyon
32:25oui
32:25muchas gracias
32:26mis en scène
32:27parez moi
32:27absolument
32:29quelle belle rencontre
32:30c'est un gars charmant
32:32c'est vraiment
32:33c'est un monsieur
32:34très très charmant
32:35très très
32:37très rieur
32:38et puis connaissant
32:39très très bien son métier
32:40donc c'est plaisant
32:41d'apporter de l'eau
32:43au moulin de ce monsieur
32:44mais en même temps
32:45jouer un boulevard
32:46à Lyon
32:47plutôt qu'à Paris
32:48c'est aussi un phénomène nouveau
32:49ben oui
32:50mais on jouait
32:51devant des salles pleines
32:53c'est ça qui est bien aussi
32:54parce que quand on jouait
32:54tous les jours
32:55parce que c'est la quatrième année
32:56que je fais ça
32:57moi c'est un
32:58puis j'adore Lyon
32:59puis les lyonnais
33:00sont super sympas
33:01et puis voilà
33:02on commence à 8h30
33:04on finit
33:05il est 10h30
33:0611h
33:07on joue la pièce
33:08c'est une pièce
33:08qui dure deux heures
33:09au moins on a le temps
33:10de s'ébattre
33:11que de jouer ça
33:12voilà
33:13vous voyez ce que je veux dire
33:14on joue quoi
33:15et entre deux rôles
33:16Julien Cafaro
33:17je crois qu'il y a un festival
33:18très particulier
33:19le festival des Briardises
33:21dont vous êtes à l'origine
33:22oui j'ai créé ça
33:23il y a 25 ans
33:24parce que je m'étais mis
33:25sur une liste politique
33:27c'est la plus belle bêtise
33:28que j'ai faite de ma vie
33:28je crois
33:30d'ailleurs au bout
33:31d'un septennat
33:33parce que pour moi
33:34c'était un septennat
33:35ça a duré 7 ans
33:36et j'ai voulu rendre
33:38les gens heureux
33:38après
33:38j'ai dit
33:39bah tiens
33:39je vais les rendre heureux
33:40et en fait
33:40non
33:40non non
33:41les français ne veulent pas
33:43qu'on les rende heureux
33:43non
33:44ils ne veulent pas
33:45ça ne les intéresse pas du tout
33:47et ça
33:47j'ai compris ça
33:49entre le premier
33:49et le deuxième tour
33:50je me souviens
33:51quand j'avais
33:51je suis rentré
33:52je n'ai pas été élu
33:53et donc ma femme
33:54me dit
33:55tu as été élu
33:56non
33:57tant mieux
33:58ah
33:59et elle me dit
33:59pense à ton métier
34:00ça tu sais bien le faire
34:02et elle avait
34:03complètement raison
34:04et ce festival des Briardises
34:05alors c'était quoi ?
34:06alors le festival des Briardises
34:07alors évidemment
34:08j'étais conseiller dans l'opposition
34:09mais à cela
34:10maintenant le maire
34:11avec qui j'étais
34:14contre lequel j'étais
34:15est devenu un ami
34:16donc c'est quelqu'un de très bien
34:18je n'ai pas de soucis
34:19et
34:21et ce
34:21et j'ai dit
34:22alors qu'est-ce que vous proposez
34:23qu'est-ce que vous proposez
34:24et en fait j'ai dit
34:25bah je propose pendant 3 ans
34:26un festival
34:26je vais vous organiser
34:28un festival
34:28sauf que le festival
34:30bah maintenant
34:30ça fait 25 ans
34:31qu'il dure quoi
34:32parce qu'au bout de 3 ans
34:33le conseiller général
34:35m'a dit
34:36oh bah ça serait bien
34:37que tu continues
34:38oh je lui ai dit
34:39oui mais attendez les gars
34:40c'est quand même
34:40là c'est de la gentillesse
34:42c'est
34:43c'est un festival très particulier
34:44qui réunit
34:46plusieurs communes
34:47de la région
34:47d'ailleurs
34:48un des adjoints au maire
34:49m'avait dit
34:50vous avez créé
34:51la communauté de communes
34:52avant nous
34:53et j'ai créé
34:54une communauté de communes
34:55artistique
34:56c'est-à-dire ?
34:57c'est-à-dire que
34:58je fais venir des pièces
35:00dans 10 villages
35:01et ça crée
35:02un festival
35:02et on
35:04tout le monde
35:05se réunit
35:05je mélange
35:07tous les gens
35:08alors moi j'habite
35:10dans les alentours
35:11entre Melun et Fontainebleau
35:12et donc je mélange
35:13les villages
35:14alors certaines personnes
35:15je vais vous dire
35:16par exemple Melun
35:16viennent à Fontainebleau
35:18et ceux de Fontainebleau
35:18vont à Melun
35:19mais vous avez ouvert une voie
35:21car d'autres l'ont fait ensuite
35:22bah oui
35:22bah tant mieux
35:23tant mieux
35:23parce que ça fait bosser
35:24les comédiens
35:25et c'est très bien
35:26et ce qui est très bien aussi
35:27c'est le risque
35:29que vous avez pris à Avignon
35:30qu'on va évoquer
35:31à travers la date du festival
35:33le 4 juillet 2026
35:34à tout de suite
35:35sur Sud Radio
35:36avec Julien Cafaro
35:38Sud Radio
35:38Les Clés d'une vie
35:39Jacques Pessis
35:40Sud Radio
35:41Les Clés d'une vie
35:41mon invité Julien Cafaro
35:43on a évoqué
35:44votre parcours de comédien
35:46vous avez fait
35:46beaucoup beaucoup de choses
35:47au théâtre
35:48au cinéma
35:48à la télévision
35:49et puis le 4 juillet prochain
35:51débute le festival d'Avignon
35:52et le festival d'Avignon
35:53c'est devenu pour vous
35:54quelque chose d'important
35:55et même Avignon
35:56toute l'année
35:56car avec Patrick Zard
35:58vous avez créé
35:59un théâtre à Avignon
36:00l'Oriflam
36:01et ça c'est une aventure
36:02qui est née
36:02voici quelques années
36:03parce que vous en aviez assez
36:05de travailler
36:06sans être sûr
36:07que les autres
36:08comprennent quelque chose
36:09oui
36:10ça vient d'une idée
36:12de Patrick
36:12qui voulait monter
36:13l'argent de la vieille
36:14et donc généralement
36:16Patrick est beaucoup plus
36:17sur l'artistique
36:18et moi beaucoup plus
36:19sur la faisabilité
36:20l'organisation
36:21et donc
36:22et je dis à Patrick
36:23écoute
36:24allez hop
36:25on fait Avignon
36:26on le fait
36:26et puis on met un peu
36:27d'argent de côté
36:28on avait un peu d'argent
36:29tous les deux
36:29donc on se dit
36:30on va produire
36:30donc qu'est-ce qu'on fait
36:31on descend
36:32pour aller voir
36:33certains théâtres
36:33pour vendre un peu
36:35le morceau de gras
36:37et oui
36:38oh oui très bien
36:39bravo
36:39c'est une bonne idée
36:40oui oui
36:40mais écoutez
36:41on vous rappellera
36:41laissez le texte
36:43j'ai dit au bout de
36:44trois heures
36:45j'ai dit mais écoute
36:45mais on va
36:46c'est des guignols
36:48on va passer pour des guignols
36:49enfin nous on passe
36:50pour des guignols
36:50mais eux aussi
36:51passent pour des guignols
36:52parce que
36:53tant qu'on n'apporte pas
36:54le chèque
36:54ils ne vont pas le prendre
36:55si on apporte un chèque
36:56je suis sûr qu'ils nous prennent
36:57mais bon
36:57mais enfin c'était pas
36:59c'était pas
36:59je ne trouvais pas ça
37:00très très bien
37:01et donc
37:01je l'emmène par des détours
37:03dans une
37:03une agence immobilière
37:07et il y a une dame
37:08qui me reconnait
37:09et qui fait
37:10oui bonjour messieurs
37:11vous venez pourquoi
37:11on vient acheter un théâtre
37:12et je vois mon Patrick
37:14avec les yeux
37:14comme des
37:15comme des soucoupes
37:17et me dit quoi
37:17non c'est pour rire
37:18c'est pour rire
37:19t'inquiète pas
37:19on ne va pas acheter un théâtre
37:20t'as pas fait le chèque
37:21attends on ne va pas faire un théâtre
37:22bon alors elle dit
37:23bon ben on va acheter un théâtre
37:24oui oui
37:24et puis on
37:25et puis Patrick
37:26est toujours quand même
37:27sur les
37:28oui bon
37:28laissons-nous bercer
37:30on va voir ce qu'on vit
37:32et au bout de trois semaines
37:33on redescend
37:34pour voir un théâtre
37:35là on dit non
37:36et au bout de cinq semaines
37:38on redescend
37:38et là Patrick se prend au jeu
37:40et là on voit un lieu
37:42on se dit
37:42ah oui c'est pas mal
37:43et puis moi
37:44j'avais repéré le lieu
37:45c'était un passage formidable
37:47qui allait vers la place
37:48de l'horloge
37:49et puis
37:50Patrick est très
37:52avec Isabelle
37:52sa femme
37:53très
37:54ils ont un goût
37:55pour le
37:56pour remettre
37:57tout en place
37:58donc
37:58et puis
37:59on est passionné tout de suite
38:00et puis on commence à rêver
38:02et on dit banco
38:05sauf que le prix
38:05est quand même très cher
38:06donc
38:07là
38:08on discute
38:09et puis on discute
38:10vraiment fort quoi
38:11et les mecs disent oui
38:12ah je dis Patrick
38:13qu'est-ce qu'on fait
38:14ah bien allez hop
38:15on y va
38:16et on est parti comme ça
38:17et vous avez acheté
38:19un lieu pourri
38:20qu'il a fallu transformer
38:21en un théâtre d'aujourd'hui
38:22voilà
38:22et bien je peux vous assurer
38:23que là
38:25il y a des fois
38:25enfin je regrette pas
38:27j'ai jamais regretté de ma vie
38:28mais
38:28c'est vrai que
38:29oh la la la
38:31très très très
38:32il y a eu des travaux
38:33mais
38:33on plantait un clou dans le mur
38:35le mur s'écroulait
38:35il y avait même des fois
38:38avant c'était un restaurant libanais
38:40ils avaient scié les poutres
38:42les poutres
38:43c'est-à-dire
38:44d'ailleurs
38:44même l'architecte a dit
38:45heureusement que vous êtes venu
38:46parce que l'immeuble
38:47allait s'écrouler
38:48ils ont mis tout de suite
38:49des IPN
38:50pour soutenir
38:54et quelque part
38:54on a sauvé tout le quartier
38:56le quartier maintenant
38:57c'est un des plus
38:58c'est un micro-village
39:00tout le monde y est
39:01tous les soirs
39:02c'est la fête
39:03oui
39:03car ce théâtre
39:04la particularité
39:05c'est qu'il est ouvert
39:06toute l'année
39:06toute l'année
39:07absolument
39:07ce qui est à Avignon
39:09parce qu'on ne sait pas
39:09mais il y a quand même
39:10beaucoup de théâtres
39:10ouverts toute l'année
39:11à Avignon
39:12Julien Cafaro
39:13il n'y en a pas tant que ça
39:14non
39:15il y en a quoi
39:15en tout cas c'est une dizaine
39:16qui sont ouverts toute l'année
39:17tout le reste est fermé
39:18alors ça veut dire aussi
39:20se lancer dans cette aventure
39:22trouver des spectacles
39:23investir
39:23et puis passer sa vie
39:25entre Paris et Avignon
39:26ben voilà
39:27c'est ce qu'on fait
39:27c'est fatigant
39:30c'est très fatigant
39:31en même temps c'est passionnant
39:32c'est passionnant
39:33c'est fatigant
39:34c'est très cher
39:34en même temps
39:35il a fallu débuter
39:36vous avez commencé par le jazz
39:37je crois
39:37oui alors on a commencé
39:38par le jazz
39:39parce que Patrick
39:40est un férou de jazz
39:41il adore le jazz
39:42personnellement
39:42je suis un peu moins
39:44férou que lui
39:45ça m'a amus
39:46d'ailleurs pour tout vous dire
39:47j'habite en face
39:48Samoa sur scène
39:49et le festival de Django
39:51au Renard
39:52moi j'y allais
39:53pour un spectacle
39:56mais je n'y allais pas
39:57la semaine
39:58mais je l'écoutais
39:59de ma chambre
40:00donc tout allait bien
40:00mais maintenant
40:01il est à Fontainebleau
40:02mais enfin néanmoins
40:03Patrick adore le jazz
40:04donc on a
40:05voilà
40:05on se lance là-dedans
40:07et depuis cette année
40:08il y a 4 spectacles
40:09de jazz
40:10on a réouvert les portes
40:11pour le spectacle
40:11de jazz
40:14en accord
40:15avec la scène parisienne
40:18voilà
40:18mais il se trouve
40:19que non seulement
40:20vous avez ouvert ce théâtre
40:22mais il y a eu une chose
40:23qui s'appelle le Covid
40:23qui n'a pas arrangé les choses
40:24non
40:25ça c'est le moment
40:25qu'on puisse dire
40:26déjà la première année
40:27il y a eu la Covid
40:28donc là
40:29on a pris
40:30ce qu'on appelle
40:30une cartouche financière
40:32et donc ça c'est
40:33la deuxième année
40:34et l'année précédente
40:36on attendait des papiers
40:37qu'on n'a pas eus
40:39et ben voilà
40:40on a encore attendu
40:41et ça encore
40:41une petite cartouche financière
40:43et là aujourd'hui
40:43maintenant ça y est
40:44ça démarre
40:45alors en plus
40:46vous avez
40:46il faut trouver des comédiens
40:48des auteurs
40:48et là aussi
40:49ben il faut trouver
40:50un nouveau public
40:51et de nouveaux auteurs
40:52et de nouveaux acteurs
40:52oui
40:53alors on commence
40:54à avoir des
40:55des habitués
40:57et puis d'ailleurs
40:59on est
40:59alors on est
41:00on parlait de famille
41:01tout à l'heure
41:01mais on est
41:01très très
41:02très famille
41:05d'ailleurs
41:05tous les gens
41:06qui nous entourent
41:06qui reçoivent les gens
41:07ce sont
41:08soit les filles de Patrick
41:10soit mes garçons
41:11enfin mes enfants
41:14et puis nos femmes
41:15sont là
41:15donc c'est très très familial
41:17chez nous
41:17c'est hyper familial
41:18même les deux régisseurs
41:19on commence même
41:20à les adopter
41:21et puis après
41:22et puis
41:23et même les acteurs
41:25ben
41:25il y a beaucoup de jeunes
41:27d'ailleurs
41:28je crois que
41:29il n'y a pas
41:30un personnage
41:30qui a plus de 45 ans
41:32quoi
41:32tous les acteurs
41:34ont moins de 45 ans
41:35ils ont entre 20
41:35et 45 ans
41:36mais ce sont des passionnés
41:38qui acceptent
41:38de prendre le risque
41:39d'aller à Avignon
41:40c'est pas facile
41:41oui ça c'est vrai
41:42mais en plus
41:43il y a une particularité
41:44c'est que vous êtes
41:45deux acteurs
41:46remetteurs en scène
41:47ce qui est assez rare
41:48dans le théâtre aujourd'hui
41:49qui sont dirigés
41:51par des financiers
41:51et c'est vrai que
41:52des Belmondo
41:54des Hussène
41:55des Briali
41:56ben il n'y en a plus
41:57et il n'y a rien de mieux
41:58qu'un acteur
41:59pour diriger un théâtre
42:00alors ça j'en sais rien
42:02ça j'en sais rien
42:03parce que nous
42:04on n'est pas réellement financier
42:05on est quand même assez
42:07on essaye
42:08on est acteur
42:09donc on essaye
42:10d'être généreux
42:11on privilégie
42:12beaucoup plus
42:13le spectateur
42:16et l'acteur
42:17plutôt que ceux
42:18enfin comme nous
42:19on reçoit
42:20nous on préfère
42:21être dans la chaleur
42:22alors que les acteurs
42:23sont sous la clim
42:24comme les spectateurs
42:25mais on veut que tout
42:26on veut que tout le monde
42:27soit heureux
42:28tout simplement
42:28et résultat
42:29Avignon cette année
42:30Laurie Flamme
42:31votre théâtre
42:32va programmer les spectacles
42:33sans arrêt
42:34de 10h à 22h
42:357 jours sur 7
42:35c'est ça
42:36absolument
42:37alors ça c'est aussi
42:37un marathon
42:39c'est un marathon
42:40comment ça se passe
42:41alors moi je suis
42:42lève tôt
42:43donc je suis debout
42:44à 6h30
42:44donc je vais installer
42:45les tables
42:46les chaises
42:47enfin bon
42:47Patrick arrive
42:48pour les réservations
42:49alors on est
42:50on est assez
42:51on est très complémentaires
42:54Patrick est bon
42:55et comme je le disais
42:56tout à l'heure
42:56il est très artistique
42:57c'est lui qui
42:59à 90%
43:00c'est lui qui
43:01qui me trouve
43:02enfin qui nous trouve
43:03les spectacles
43:04c'est lui qui dit
43:04tiens ça ça me plairait bien
43:06ça qu'est-ce que t'en penses
43:07ça bon
43:07et je lui fais assez
43:08je dois dire que l'an dernier
43:09sur 8 spectacles
43:11l'an dernier il y en avait 8
43:12et Jean-Jacques Vanier
43:13venait de temps en temps
43:14mais il y a eu 8 spectacles
43:16et sur les 8 spectacles
43:17il y en a eu 6
43:17plein à craquer
43:19tous les jours
43:19tous les jours
43:20tous les jours
43:21d'ailleurs les troupes reviennent
43:23grâce à ça aussi
43:25parce que
43:26non seulement
43:27elles remboursent
43:28l'investissement
43:31mais en plus de ça
43:32elles gagnent de l'argent
43:32oui parce qu'en plus
43:33le point de départ d'Avignon
43:35peut donner
43:36d'autres rendez-vous
43:37ailleurs en France
43:38et à Paris
43:38ben voilà
43:39comme par exemple
43:40les enfants du diable
43:41qui ont joué
43:41au studio Hiberto
43:44cette année
43:45jusqu'au mois de mars
43:46alors ça veut dire aussi
43:47des genres différents
43:48de spectacles
43:49cette année
43:50pour toucher un large public
43:51il y a aussi bien
43:52des sujets
43:53sur la violence domestique
43:55sur la résilience
43:56que des pièces
43:58que Jean-Jacques Vanier
43:59qui fait un spectacle
44:00beaucoup plus humoristique
44:01ah ben c'est
44:02oui
44:02Jean-Jacques
44:03c'est surtout sur le
44:04il reprend tous ses
44:06tous ses meilleurs sketchs
44:08et il en fait
44:09comment ça s'appelle d'ailleurs
44:11jusqu'ici tout va bien je crois
44:12exactement
44:13c'est ça
44:14et c'est tant mieux
44:16et c'est tant mieux
44:16oui il hésitait
44:17et c'est tant mieux
44:18le spectacle écrit avec François Rollin
44:19François Rollin qu'on a connu
44:21avec Pallas
44:22où il était le professeur Rollin
44:23de Jean-Michel Ribes
44:25mais ça veut dire aussi
44:25s'occuper des comédiens
44:27des comédiennes
44:27qui sont des
44:28qui sont parfois
44:29qui ont plein de moments d'émotion
44:30mais c'est très plaisant ça
44:32c'est très plaisant
44:32parce que justement
44:33moi j'ai toujours rencontré
44:35des gens qui disaient
44:36t'inquiète pas
44:37ça va le faire
44:38allez
44:39prends confiance
44:41même apporter un café
44:43rien
44:43mais ça
44:44voilà
44:45ça met tout de suite
44:45ils sont bien reçus
44:47on a toujours travaillé comme ça
44:49et on veut que ça continue
44:50et je pense que
44:51justement
44:52les acteurs reviennent
44:52grâce à ça
44:53alors Laurie Flamme
44:54il y a aussi des spectacles
44:55de gens très différents
44:56et des sujets d'actualité
44:57par exemple
44:57Deux frères
44:58ça traite de la violence domestique
45:00et des mécanismes
45:01de résilience
45:02résilience
45:03c'est un mot tout à fait nouveau
45:04dans le vocabulaire
45:05oui
45:05depuis
45:06depuis dix ans
45:07on l'entend souvent maintenant
45:08et la pièce
45:09c'est assez
45:10elle est
45:11comment
45:11ça a été écrit
45:12par comment il s'appelle
45:14Renaud
45:16Renaud
45:17Merviel je crois
45:18excusez-moi
45:19mais je sais pas
45:19parce que
45:20ils arrivent
45:21enfin les gamins
45:23les acteurs arrivent
45:24alors donc
45:25je les connais pas
45:25oui Renaud Merviel
45:26et c'est lui
45:27qui l'a écrit
45:28qui a mis en scène
45:29et on a trouvé le sujet
45:31tellement intéressant
45:33parce qu'en fait
45:34c'est deux frères
45:34qui vivent sous le même toit
45:35qui vivent
45:37qui ont la même famille
45:38qui mangent à la même table
45:39sauf que
45:40ils ont pas eu
45:41la même enfance
45:43et là
45:44voilà
45:44ils vont
45:45ils mettent ça sur la table
45:47tout simplement
45:48et il y a aussi une pièce
45:48qui s'appelle
45:49Un banc pour deux
45:49qui a déjà réuni
45:51dix mille spectateurs
45:52oui
45:53ça ça a été
45:53oui
45:54en fait
45:55parce que
45:56Claudia Fortunato
45:59nous a proposé
46:00après la pluie
46:01une pièce de Nellis Kelly
46:03et il nous restait un horaire
46:05et elle dit
46:06oh ça serait vraiment sympa
46:07si je pouvais en jouer
46:08un deuxième
46:09et nous on voulait
46:11puis à la fois
46:13on a ouvert la porte
46:14on a dit
46:14bon ben
46:15montre nous
46:16le spectacle
46:17et on l'a vu en vidéo
46:19elle a trouvé ça
46:19très très sympa
46:21et je pense que même
46:22pour les brillardistes
46:23d'an prochain
46:23je vais m'en servir
46:24ça veut dire qu'aujourd'hui
46:25il y a une manne de spectacle
46:27qu'on peut roder
46:28comme ça à Avignon
46:28alors qu'il y a 1700 spectacles
46:30mais que dedans
46:30il y a des perles
46:31oui
46:31ah oui oui
46:32ah oui oui
46:34je peux même vous dire
46:35que c'est un terrain
46:37de recherche à Avignon
46:38c'est même beaucoup plus intéressant
46:39de faire à Avignon
46:40que d'aller à Paris
46:42moi je trouve
46:44on descend 5 jours à Avignon
46:45on voit
46:46enfin je sais pas
46:47au moins une quinzaine de spectacles
46:49et
46:49et on fait son marché
46:50moi je fais mon marché
46:51et il y a une pièce aussi
46:53peine perdue
46:54qui est créée
46:55et que Patrick Zard joue
46:56il trouve le temps de jouer
46:57ah bah oui
46:58monsieur joue
46:59bah évidemment
46:59mais monsieur a plus de patates
47:01que moi je dirais
47:02moi je
47:03moi j'y arrive pas
47:04moi je joue toute l'année
47:05et c'est vrai que quand j'arrive
47:06au mois de mai-juin
47:07je suis mais
47:09à mettre sur une civière
47:10et il faut que
47:12non puis j'ai besoin
47:13de m'occuper des autres
47:13j'ai besoin de
47:14voilà
47:14Les peines perdues
47:15c'est une pièce d'une jeune femme
47:17qui est écrite par une jeune femme
47:18et c'est un homme
47:19qui est sorti de prison
47:20et qui va tenter 20 ans après
47:21de reconstruire son couple
47:22là aussi c'est un sujet
47:23pas facile à traiter
47:24c'est pas facile
47:25et je crois que c'est
47:26c'est une vraie histoire
47:28c'est une histoire
47:29oui tout à fait
47:29c'est une vraie histoire
47:30enfin une histoire vraie
47:31mais là aussi je crois
47:32que c'est Marie Nardon
47:34mais là aussi c'est donner sa chance
47:35à des jeunes auteurs
47:36avec des sujets
47:37qui sont des sujets contemporains
47:38absolument
47:39et puis avec des beaux acteurs
47:41il y a Daniel Janssen
47:43il y a Justine
47:45comment
47:47Justine Grave
47:48voilà
47:48et Anne Le Guernic
47:50voilà
47:51mais ce sont des spectacles
47:52encore une fois
47:53ce sont des prises de risque
47:54à chaque fois
47:55parce qu'encore une fois
47:551700 spectacles à Avignon
47:57c'est pas évident
47:58oui mais à partir du moment
47:59où il est bon
48:00ça marche
48:00parce que c'est des théâtreux
48:01qui viennent à Avignon
48:02c'est des gens
48:03qui veulent voir du théâtre
48:04qui veulent manger du théâtre
48:05il y a même un spectacle
48:07pour tout le monde
48:08une histoire de la musique
48:10en 70 minutes
48:10ah oui
48:11oui alors lui
48:13ça c'est
48:15je pense que sa maman
48:16elle a dû accoucher
48:18Julien Joubert
48:19et je pense que le piano
48:21est juste arrivé derrière
48:22tellement il connait le piano
48:24comme sa poche
48:24et il est d'une rôlerie
48:26il est
48:27ils vont raconter
48:28l'histoire de la musique
48:29depuis 50 000 ans
48:30voilà
48:30ça veut dire qu'on va
48:32le matin à 10h
48:33on peut jusqu'à 22h
48:34être au théâtre pratiquement
48:35absolument
48:35sans s'arrêter
48:36absolument
48:37mais comment vous faites
48:38pour tenir le rythme
48:39pendant un mois
48:40comme ça vous même
48:41on fait moitié moitié
48:42non je blague
48:43non mais on tient
48:44on dort
48:45on voilà
48:46et puis
48:46non non
48:47on s'arrange tous les deux
48:48et puis
48:49non puis c'est un plaisir
48:50puis c'est vrai que le soir
48:51on fait pas des
48:52voilà
48:52on va se coucher
48:53une fois sur deux
48:55à 22h
48:56et puis voilà
48:56et le reste de l'année
48:57le théâtre est ouvert
48:58et vous continuez
48:59à monter des spectacles
49:00parce que le risque est pris
49:01maintenant vous allez aller
49:02jusqu'au bout
49:02alors c'est beaucoup plus
49:03une école de théâtre
49:05après il y a des résidences
49:07après il y a des galas
49:09mais c'est pas
49:10ouvert ouvert tout le temps
49:11tout le temps
49:12au niveau spectacle
49:13en revanche
49:14en école
49:15oui ça c'est ouvert
49:16parce que c'est du lundi
49:17au jeudi
49:18et donc ça veut dire
49:19aujourd'hui que le théâtre
49:20a beaucoup plus d'avenir
49:21que certains le croient
49:22aujourd'hui
49:22en disant les salles sont vides
49:23il n'y a plus rien
49:24ça j'en suis sûr
49:25ah oui heureusement
49:26que ça existe
49:26et puis il faut que ça dure
49:28et puis il faut que ça
49:29oui oui
49:29mais vous vous rendez compte
49:30s'il n'y a plus de théâtre
49:31mais c'est fini
49:32mais justement
49:33on dit aujourd'hui
49:34qu'il y a des théâtres
49:35qui font quatre pièces à la fois
49:36pour survivre
49:37ça pour moi c'est une erreur
49:39pour moi c'est une erreur
49:40parce que
49:41c'est trop
49:44c'est trop
49:44parce qu'il n'y a pas de suivi
49:46il n'y a pas de suivi
49:47et puis un acteur
49:49c'est pas moi qui le disait
49:50c'était Michel Serou
49:51il disait
49:51il faut polir son caillou
49:53tous les jours
49:54plus on le polie
49:55plus on fait ça
49:56mais comme ça
49:57c'est comme un chirurgien
49:58qui opère
49:59pareil
50:00s'il opère une fois
50:01tous les deux ans
50:03ça va être un peu plus difficile
50:04que s'il opérait
50:05dix fois par jour
50:06enfin pour moi
50:07et je pense que
50:08jouer une pièce
50:09et bien il y a un rythme
50:10on la connait
50:11on l'a dans la tête
50:12bababam bababam
50:13on déroule
50:13et puis on fait rire
50:15les gens tout le temps
50:15c'est pour ça que moi
50:16j'arrête pas de demander
50:17quand je joue à Lyon
50:18je suis ravi
50:18chez mes amis
50:19Pascal Héritier
50:20et Bruno Davenzo
50:21sincèrement
50:23j'adore ces deux messieurs
50:24parce que mine de rien
50:25à chaque année
50:26ils me proposent
50:27de venir jouer chez eux
50:28et à chaque année
50:29je fais cinq ans
50:30minimum cinquante dates
50:32mais c'est génial
50:33parce qu'au bout
50:33de la dixième date
50:34je suis frais comme un gardon
50:36et je suis
50:36allons-y
50:37c'est là où je m'amuse le plus
50:38en tout cas
50:39on va bien s'amuser
50:40au festival d'Avignon
50:41avec cet Henri Flamme
50:43un théâtre
50:43je conseille à celles et ceux
50:45qui nous écoutent
50:45de voir la programmation
50:46parce qu'elle est très variée
50:48avec Patrick Zard
50:48et avec vous
50:49Julien Cafaro
50:50et puis vous aimez
50:51le théâtre plus que jamais
50:52vous vous rattrapez
50:53vous en êtes d'école
50:54et vous allez continuer
50:55longtemps comme ça
50:55écoutez
50:56tu veux me prêter vie
50:58il faut
50:58il faut
50:59c'est le mal que je vous souhaite
51:00bon festival
51:01et à bientôt
51:01et à très bientôt
51:02au revoir
51:03merci
51:03les clés d'une vie
51:04c'est terminé pour aujourd'hui
51:05on se retrouve bientôt
51:06restez fidèles
51:07à l'écoute de Sud Radio
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