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Les clefs d'une vie de Fred Juarez
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-06-08##
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PersonnesTranscription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:06Vous avez mené des combats victorieux dans le monde du disque,
00:09en un temps où tout tournait encore à peu près rond.
00:12Vous êtes passé du bruit des studios aux murmures de l'espoir, au cœur de la guerre.
00:17C'est le thème de votre premier roman qu'on va bien sûr évoquer.
00:20Bonjour Fred Chuares.
00:21Bonjour Jacques.
00:22Alors vous avez un parcours étonnant, on parlera tout à l'heure des murmures de l'espérance,
00:25votre premier roman au Lys Bleu, qui est un roman inspiré de l'histoire vraie pendant la guerre 14-18.
00:31Mais le principe des clés d'une vie, c'est d'évoquer votre parcours à travers des dates.
00:35Et la première que j'ai trouvée, c'est le 10 novembre 1985.
00:39Ce soir-là, vous êtes à Strasbourg avec cette légende de la chanson.
00:47Ça vous rappelle des souvenirs ?
00:49Monsieur Serge Gainsbourg.
00:52Strasbourg, c'était une date assez particulière, puisque j'avais accompagné Serge sur les premières dates de tournée
00:59où j'organisais pour, je travaillais chez Universal à l'époque, j'organisais surtout les rencontres médias localement.
01:06Et donc on avait fait Lille, on avait fait d'autres dates.
01:09Et quand on arrivait à Strasbourg, on avait toujours notre rituel en fait.
01:12C'est-à-dire qu'il me demandait à quelle heure le lendemain, n'importe quelle heure de la nuit,
01:17il me demandait.
01:18Je lui disais, écoute Serge, on a rendu-vous à 17h, on se retrouvait à 17h, on arrivait à la
01:22salle de concert.
01:23On rentrait dans la loge tous les deux.
01:25Et là, il y avait évidemment son shaker, son cendrier, quelques petites bouteilles d'eau, on va dire.
01:31Oui.
01:33Et on fermait la porte.
01:35Et là, on savait qu'il y avait une petite bouteille de champagne dans le frigidaire pour nous accueillir.
01:40Et donc on prenait notre petit rituel comme ça.
01:43Et on commençait à préparer la soirée.
01:46Bon, on reçoit des médias, etc.
01:48Et puis après, on avait un moment tranquille.
01:51Et là, Serge me dit, c'était la première fois qu'il revenait à Strasbourg, suite aux événements avec les
01:55paras, etc.
01:56Avec la Marseillaise.
01:57Et là, il me dit, de toute façon, je m'en fous.
02:00C'est un autre mot, mais bon.
02:02Il me dit, ce soir, je monte sur scène et je commence par la Marseillaise.
02:07Et entre-temps, il l'avait acheté de mémoire.
02:08Il l'avait acheté de mémoire.
02:10Et là, je commence à transpirer.
02:13On va lui dire, écoute Serge, je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée.
02:16Parce que ça s'est tendu quand même.
02:19Le premier retour à Strasbourg, c'était vraiment tendu partout.
02:21On sentait une ambiance.
02:23Vous savez, quand on arrive dans une salle de concert, on ressent l'ambiance de ce qui se passe.
02:28Et là, c'était très très tendu.
02:30Et là, je commence à négocier avec lui pendant des minutes.
02:33Des minutes, des minutes, des minutes.
02:35Et au bout d'un moment, il éclate de rien.
02:37Il me dit, mais j'ai beaucoup plus peur que toi.
02:41Oui, et je me souviens, il avait fait le Casino de Paris.
02:44Et le lendemain soir, vous étiez à Lille.
02:45Le Casino de Paris, il y avait 1500 personnes.
02:47Là, il y en avait 15 000.
02:48C'est ça.
02:48Et là, il a eu la truie de sa vie.
02:50C'est ça.
02:50J'étais avec lui à ce jour-là, après le Casino.
02:53Quand on pense qu'il commençait devant des salles de 50 places, de 50 personnes,
02:58chez Francis-Claude.
02:59Et Michel Arnaud, c'est Michel Arsouille.
03:01C'est ça.
03:02Il n'aurait jamais imaginé faire ce genre de guerrière.
03:04Non, mais cette première date, après le Casino, à Lille, on arrivait là.
03:08C'était vraiment impressionnant pour lui et pour moi, d'ailleurs.
03:12Parce que j'étais jeune à l'époque pour l'accompagner.
03:16Et c'est vrai que c'était particulier.
03:18Alors Serge, il avait un truc, je ne comprenais pas au début.
03:21À la fin du concert, il retournait son cendrier sur pied.
03:24Et je le voyais un peu à quatre pattes en train de compter les mégots.
03:28Je lui dis, mais qu'est-ce que tu fais ?
03:30Il fait, je compte si j'ai fait une bonne soirée.
03:33Mais c'est tout l'humour de Serge Gensbourg.
03:36Car moi, je me souviens de lui, au micro, il parlait très difficilement.
03:41Et dès que le micro était coupé, il parlait tout à fait normalement.
03:43Ah mais complètement.
03:44C'était un numéro.
03:45Ah mais lui, c'était un vrai monsieur, c'était un vrai personnage.
03:48Et moi, souvent, il me disait, de toute façon, si je ne fais pas le show,
03:53ils ne m'inviteront pas.
03:55Donc il savait où il allait.
03:56Il savait très très bien où il allait.
03:57Mais il l'a compris dès le début, quand Michel Arnaud a pris sa carrière en main,
04:01que ça ne marchait pas du tout.
04:02Et quand il a subi les années 60, où il n'était qu'un auteur-compositeur,
04:05il a dit, il faut que j'aille plus loin.
04:07Et je crois que Jane Birkin est pour beaucoup dans cette émission.
04:09Ah je pense, oui.
04:10Oui, oui, je pense, oui.
04:11Jane Birkin, d'ailleurs, que j'ai aussi accompagnée sur sa première tournée,
04:15où j'allais la chercher, elle se cachait tellement elle avait peur au début d'aller sur scène.
04:19Parce que c'est pareil, c'était pour un événement de faire des grandes salles.
04:24Donc, c'était un couple assez particulier quand même.
04:27Oui, et chacun dans cette maison qui est devenue un musée, chacun avait son coin.
04:32Il y avait Gainsbourg qui avait ce côté noir.
04:34Et elle avait son petit boudoir tout à fait coloré.
04:36Oui, oui, oui, oui, oui, oui, oui, oui, oui, oui.
04:38Alors il se trouve que cet album, c'était Love on the Beat, c'est ce qu'il y a.
04:41C'est ça.
04:42Un album qui a fait scandale.
04:43Mais je crois que là aussi, Gainsbourg avait atteint le sommet de la Provocation tout à fait éventuellement.
04:48Oui, mais c'était tout le temps, il était tout le temps à la Provoke,
04:50mais extrêmement bien pensé, on va dire.
04:53Parce que je crois qu'il y avait même deux tarifs.
04:55C'était 110 devant, 130 derrière.
04:58Il y avait toujours des sous-entendus, des espèces de petites choses qui traînaient.
05:01Mais il faisait parler en tout cas.
05:03En tout cas, cet album, Love on the Beat, a fait scandale parce qu'il y avait des chansons très,
05:07très, très, très osées.
05:08Au départ, c'était Neil Rogers qui devait le réaliser.
05:11Et il était occupé avec Madonna, donc il ne l'a pas fait.
05:14Et il y a une chanson qui est sortie beaucoup plus tard.
05:16Il avait adapté Mon Légionnaire de Marie Dubas, qu'il a ensuite remis sur un autre album.
05:22Oui, c'est ça.
05:23C'est exactement ça.
05:24Et à l'époque, sur cet album, on avait sorti un maxi 33 tours hors commerce d'une interview sur
05:31cet album par Philippe Manœuvre.
05:33Et il s'est sorti en vinyle.
05:35Et très récemment, je l'ai retrouvé.
05:37Et je suis actuellement un peu en contact avec Lulu Gainsbourg.
05:40Et je lui ai offert parce qu'il ne le connaissait pas.
05:43Mais c'est vrai qu'il avait une admiration folle pour Piaf et pour Marie Dubas.
05:46Oui, complètement.
05:47Et il avait une culture de la chanson française qu'on n'imagine pas.
05:50Je ne sais pas si vous le savez, mais à 10 ans, il a la croix d'honneur et il
05:53revient fièrement de l'école.
05:54Et une croix d'une vieille dame qui dit « Bravo mon petit, je t'invite à boire un coup
05:58».
05:58Il avait une grenadine et cette femme, c'était frêle.
06:00Ah, je ne connaissais pas cette histoire.
06:01C'est fou.
06:02Il l'a connu quand il avait 10 ans.
06:04Quel destin.
06:05C'est fou.
06:05Alors, il se trouve aussi que se retrouver Gainsbourg, c'est presque un baptême du feu pour vous.
06:11Ah, tout à fait, oui.
06:12Oui, parce que moi, j'ai commencé en fait dans la musique, je ne vais pas dire par hasard, mais
06:17presque.
06:18Au départ, vous êtes né à Los Angeles.
06:20Je suis né aux Etats-Unis de père américain et de mère française.
06:23Et je suis arrivé de Californie il y a 8 ans.
06:26Je ne parlais pas un mot de français.
06:28Et c'est là où je me suis retrouvé dans l'Est de la France, à Nancy, puis à ma
06:32mère, puis à l'Univille.
06:34On parlera plus tard du livre.
06:38Et mon frère avait commencé chez CBS à l'époque, comme commercial.
06:44Et en fait, je lui ai servi de chauffeur.
06:47Donc, ça a été un des premiers commerciaux à avoir un chauffeur, parce qu'il s'était cassé le bras
06:50ou le poignet.
06:51Et je l'ai conduit chez ses clients.
06:53Et tout le monde a trouvé ça tellement fou qu'on m'a présenté chez quelqu'un, à quelqu'un
06:56qui cherchait quelqu'un pour Universal.
06:58Et c'est comme ça que ça a commencé.
06:59Alors que vous n'avez pas eu de vocation.
07:01Vous avez fait, je crois, vos études à Nancy.
07:03Oui.
07:03Je crois qu'il y a eu le lycée Saint-Élisabeth et le cours de Valais.
07:06Oui, tout à fait.
07:07Bien renseigné.
07:10Peu de gens le savent, ça.
07:11Oui, oui.
07:11Mais c'est vrai que vous ne saviez pas très bien ce que vous alliez faire.
07:15Non, non, non.
07:16Pas vraiment.
07:16Vous savez, c'était déjà difficile.
07:17Parce que quand je suis arrivé à 8 ans, je dis toujours, je suis arrivé, je suis né deux fois.
07:24Je suis arrivé, je suis parti de la télécouleur, de la clim et des grandes voitures.
07:29Et je suis arrivé en France à 8 ans.
07:31Dans l'Est de la France.
07:32Dans l'Est de la France.
07:34Et j'ai commencé par vivre à Nancy.
07:36On est arrivé chez mes grands-parents.
07:38Une adresse qu'on retrouve dans le livre, d'ailleurs, au 16 rue Michelet, à Nancy.
07:42Qui est un lieu hyper important pour moi.
07:44Parce que j'y ai connu énormément d'événements.
07:46Et c'est pour ça que ce livre est aussi très personnel.
07:49On en parlera plus tard.
07:50Mais il est très personnel.
07:51Parce qu'il y a plein d'événements dedans.
07:52Mais il se trouve que vous arrivez.
07:54Et je crois que l'univers de la Brocante a été aussi un univers de vos jeunes années.
07:58Oui, tout à fait.
07:59Parce que mon beau-père, en fait c'est une belle histoire.
08:01Ma mère a retrouvé son amour de jeunesse qu'elle avait quitté pour mon père.
08:05Donc c'est aussi un autre possible livre.
08:08Et il était passionné de Chine, de Brocante, etc.
08:13Et son père, à lui, était commissaire priseur.
08:16Et l'Uneville est célèbre aussi parce qu'il y a quelqu'un de très connu qui est né à
08:20l'Uneville.
08:21C'est Jean-Pierre Coffre.
08:22Tout à fait.
08:22Oui, oui, tout à fait.
08:23Et qui était comédien avant de faire faillite dans les restaurants.
08:27Et de se transformer en critique gastronomique particulière.
08:30C'est ça.
08:31C'est exactement ça, oui.
08:32Alors, vous arrivez dans l'univers des maisons de disques.
08:34Fred Juarez, c'est à une époque où les maisons de disques, ça veut encore dire quelque chose.
08:37Il y a une véritable ambiance de joie et de travail.
08:40Complètement, complètement.
08:41Vous savez, moi, j'ai appris dans les maisons de disques que je pouvais travailler par passion.
08:47La musique était une passion.
08:48On m'avait imaginé y travailler.
08:50Et j'ai vécu ça toute ma carrière, quasiment.
08:53Et le jour où ça n'a plus été le cas, je suis parti.
08:56En fait, les maisons de disques, moi, Sheila me raconte un jour
08:59qu'elle a conservé le livre d'or de 64, offert à Noël,
09:03où il y a toutes les signatures jusqu'à celles de la standardiste.
09:07Bien sûr.
09:07Et c'était une autre époque.
09:08Là encore, il y avait une taille humaine.
09:10Bien sûr, il y avait une vraie taille humaine.
09:12Et puis, il y avait surtout un respect de chacun.
09:14Et moi, je sais que chez Émis, par exemple, nos stocks étaient à Saint-Ouen-aux-Mônes.
09:20Je crois que j'étais un des rares à amener des artistes à Saint-Ouen-aux-Mônes
09:24rencontrer ces personnes qui, tous les jours,
09:27sortaient des disques de tous les artistes pour les mettre en carton et les envoyer.
09:30Vous voyez ?
09:31Et Nicoletta a commencé comme ça chez Barclay.
09:33Elle avait un contrat qu'elle n'en aurait pas.
09:35Elle ne trouvait pas de chanson.
09:36Elle a rangé les disques et signé les autographes de Guy Marchand.
09:40C'est ça.
09:41Alors, comment vous êtes passé du stade de chauffeur à celui de communicant,
09:45qui était un métier particulier encore ?
09:48Oui, j'ai commencé d'abord comme commercial,
09:51puisque en concurrence avec mon frère sur le même territoire.
09:55Là, on allait dans les magasins de disques qui ne se fait plus aujourd'hui,
09:57compter les disques et il fallait...
09:59Il fallait vendre le catalogue.
10:01Alors, c'était un peu facile comme commerce,
10:03puisque quand Johnny Hallyday était chez Universal, il n'était pas ailleurs.
10:07Donc, on avait chacun nos têtes de nos artistes.
10:10Et puis, il y avait quand même le développement, il y avait les opérations commerciales.
10:13Et très rapidement, moi, j'ai toujours su que, par tranche de trois ans,
10:17il fallait que je bouge, de toute façon.
10:18Et en 1985, on a créé les bureaux régionaux chez Universal,
10:23qui s'appelait encore Polygramme, je crois, ou Universal, je ne sais plus.
10:26Et de là, je faisais le secteur nord-est, le très large,
10:30où on faisait toutes les opérations de médias magasins,
10:33d'où la tournée Gainsbourg.
10:34Et ces opérations qui, aujourd'hui, sont développées,
10:37qui étaient novatrices à l'époque.
10:38Très.
10:38Parce que les artistes qui venaient dans les régions,
10:40ce n'était pas si courant.
10:42Ah non, ce n'était pas courant.
10:43C'est Sibias qui avait lancé ce principe,
10:45qui avait déjà des bureaux.
10:46Et donc, Universal a tout de suite vu que c'était intéressant.
10:50Et puis, c'est une époque où les radios libres
10:53ont commencé à émerger aussi.
10:55Et on allait faire de la promotion dans ces radios
10:57qui avaient leur propre programmation
10:59et qui développaient nos artistes.
11:00C'était la naissance du CD,
11:02mais il y avait encore des 45 tours et 33 tours dans les magasins.
11:05Oui, il y avait tout.
11:06Et les cassettes.
11:07Et les cassettes, car on a oublié que la cassette,
11:09ça marchait très bien grâce au Walkman.
11:12Et puis les voitures.
11:13Et les voitures.
11:13C'est-à-dire que commercialement, on savait que dès le mois de juin,
11:16il fallait charger en cassette pour l'été les gens qui partaient en vacances.
11:19C'est fou, hein ?
11:20Oui, c'était extérieur.
11:22Mais les temps ont beaucoup changé.
11:23Oui.
11:24Et vous avez connu aussi d'autres moments.
11:25Et il y a une date que j'ai repérée dans votre parcours,
11:28qui est le 13 octobre 1993.
11:30À tout de suite sur Sud Radio, avec Fred Juarez.
11:34Sud Radio, les clés d'une vie.
11:36Jacques Pessis.
11:37Sud Radio, les clés d'une vie.
11:39Mon invité Fred Juarez.
11:40Nous parlerons tout à l'heure de ce premier roman.
11:42Un roman miracle, si on peut le dire.
11:44Les murmures de l'espérance au lys bleu.
11:47On parle de votre parcours dans l'univers de la musique,
11:50où vous avez commencé.
11:51Et le 13 octobre 1993,
11:55vous êtes à Bercy pour un concert unique et exceptionnel.
12:05Paul McCartney.
12:05Et vous êtes aux répétitions.
12:07Oui, j'ai cette chance-là.
12:09En fait, j'ai fait un métier,
12:10et je fais toujours d'ailleurs,
12:12où il faut savoir savourer ces moments-là.
12:15C'est-à-dire que Paul McCartney,
12:17on avait deux dates de mémoire à Bercy.
12:19Et on avait eu une réunion à Paris,
12:21parce qu'il n'avait plus le droit,
12:22depuis la mort de Lennon,
12:23de faire des dédicaces, par exemple.
12:25Et on nous annonce qu'il avait décidé
12:26de faire une dédicace.
12:27Donc on se retrouve à la FNAC des Ternes,
12:29avec une panique générale.
12:31Moi, je suis à côté du responsable anglais de la sécurité,
12:35et je ne le vois pas lire à un moment donné.
12:38Et je dis, qu'est-ce qui se passe ?
12:39En fait, on avait deux voitures identiques.
12:42Et on dit, Paul vient de décider de passer par la foule.
12:45Oh là !
12:46Et là, tout le monde se bouge pour...
12:49Il est passé, il est monté à travers les skiers par la foule.
12:51Il s'est fait son bain de foule.
12:53Donc ça, c'était déjà une première émotion.
12:55Et surtout à Bercy,
12:56donc pour les répétitions,
12:59on compte une dizaine dans la salle de mémoire.
13:01Et là, je suis au milieu de Bercy,
13:03je regarde la scène,
13:05et je vois Paul McCartney qui arrive.
13:07Et là, il commence à faire du rockabilly,
13:09il commence à faire de...
13:09ce qu'il avait envie de faire, en fait.
13:12Parce que son tour était quand même bien rodé.
13:15Et je l'avais rencontré quelques temps auparavant.
13:18Il avait fait un concert à Milan
13:19pour préparer cette tournée.
13:20J'avais été dans le sud de l'Angleterre,
13:22dans une ferme où il répétait.
13:24Donc le rencontrer avec un journaliste.
13:26Et avant qu'il arrive, évidemment,
13:27j'ai touché tous les instruments
13:30pour dire si je peux prendre
13:31quelques petites vibes de ça.
13:34Oui.
13:34Car les Beatles, c'était vos idoles de toujours.
13:37Ah bah oui, oui, oui.
13:38En fait, j'avais deux artistes majeurs
13:42dans ma vie.
13:43C'était les Beatles et Gainsbourg.
13:45Et j'ai rencontré les deux.
13:47J'ai eu cette chance-là.
13:47C'est une chance énorme.
13:49Et je crois que je n'ai que deux dédicaces
13:51que je n'ai jamais demandées.
13:53C'est celle de McCartney qui m'a fait envoyer
13:55et Gainsbourg qui m'a envoyé aussi sa dédicace.
13:57Mais il se trouve en plus,
13:58quand les Beatles arrivent à Paris
14:00pour la première fois,
14:00personne ne les connaît.
14:01Non.
14:02Et il manque un bouche-trou à l'Olympia.
14:04C'est ça.
14:05Et Jean-Michel Maurice
14:05et il y a ces Beatles
14:07dont personne ne parle.
14:08Bah, fais-les venir.
14:09Et c'est comme ça qu'ils ont commencé.
14:10Il y a des images de télé
14:12où ils se font démolir pour leur show long.
14:14C'est ça.
14:15Ils parlent aux Etats-Unis,
14:15ils deviennent stars.
14:16Oui, mais il y a une autre histoire comme ça.
14:18C'est la première partie
14:19de Muriel à la Grenoble.
14:21C'est un groupe.
14:21Oui.
14:22U2.
14:23Voilà.
14:23Et personne ne connaissait.
14:24Et personne ne connaissait.
14:26En même temps,
14:27les Beatles,
14:28vous aviez acheté les premiers disques.
14:29Oui, tout à fait.
14:29C'était vraiment à fin d'absolu.
14:31Oui, oui, c'est ça.
14:32C'est-à-dire que
14:34c'est très bizarre
14:35quand on fait ce métier
14:36parce qu'avec le décalage de l'âge,
14:38etc.,
14:38j'étais fan des Beatles,
14:40évidemment.
14:41J'écoutais les Beatles
14:42et puis un jour rencontrer
14:44cet artiste-là
14:45avec qui je travaillais,
14:46en fait.
14:47On a beaucoup à avoir travaillé
14:48dans les maisons de disques,
14:49en fait.
14:50Mais ça fait toujours bizarre.
14:52J'ai eu la même chose
14:53avec Deep Purple.
14:54J'avais acheté les premiers
14:55Deep Purple,
14:55j'étais fan.
14:56Et un jour,
14:57quand j'étais à la tête,
14:58ils étaient sur Capitol,
15:00je crois.
15:01Et je me retrouve à dîner avec eux
15:03à être obligé de leur dire
15:04que ça ne marchait pas.
15:06Et là, c'est très, très dur.
15:07C'est vraiment très, très dur
15:08de rencontrer ces artistes-là,
15:10mais comme avec Gilbert Bécaud.
15:12Oui, car Bécaud,
15:13vous avez fait
15:14le dernier disque
15:15de Gilbert Bécaud.
15:16Oui, tout à fait,
15:16avec le directeur artistique
15:17Jean-Marie Skaud.
15:18Oui.
15:19Et Gilbert m'appelait
15:20au bureau,
15:21il m'appelait toujours
15:23« Salut, patron ! »
15:25Donc, je dis « Bonjour, Gilbert ! »
15:26Il fait « Voilà, on se voit quand ? »
15:28Je dis « Quand tu veux, Gilbert ! »
15:30« Viens à 18h,
15:31comme ça, je suis certain
15:32que tu ne retourneras pas au bureau. »
15:34Je lui dis que c'est rare
15:35qu'à 2h du matin,
15:36on retourne au bureau.
15:37Oui, parce que sur sa péniche,
15:39il vous recevait
15:40jusqu'à 2h du matin.
15:41Oui, j'arrivais sur la péniche
15:43à Boulogne.
15:44Son secrétaire avait préparé
15:45l'apéritif,
15:46mais on n'en restait pas là,
15:47évidemment.
15:49Et il me jouait des maquettes,
15:51il me parlait de ses chansons,
15:53de son futur album,
15:53etc., etc.
15:55Et je repartais.
15:56Il me disait
15:57« Fais attention ! »
15:57Et j'ai fait attention.
15:59Et j'ai une petite anecdote
16:01là-dessus,
16:01c'est qu'un matin,
16:03je quitte Gainsbéco
16:06à genre 1h,
16:072h du matin.
16:09J'arrive au bureau
16:10à 9h, 9h30.
16:11Et là, panique à bord,
16:12on m'annonce la mort de Béco.
16:15Et là, moi,
16:16je suis complètement effondré.
16:18Il y a une radio
16:19qui avait annoncé sa mort.
16:20Et donc,
16:21j'appelle Jean-Marie Ska,
16:22il vient me voir.
16:23Il me dit
16:23« T'es au courant ? »
16:24« T'es au courant ? »
16:25Je dis « Ben, je suis au courant,
16:26surtout que je l'ai quitté
16:26à 2h du matin. »
16:29Quand il a voulu
16:29m'accompagner dehors,
16:31on est remonté
16:31par l'escalier
16:32sans rampe de la péniche,
16:34il m'a dit
16:35« Fais attention au traversant. »
16:36Je lui dis « Fais attention au descendant. »
16:37Et là, je me suis dit
16:38« C'est pas possible. »
16:38Il lui est tombé, quoi.
16:40Et en fait,
16:40c'est une radio
16:41qui avait annoncé sa mort.
16:42Et j'étais incapable
16:43d'appeler la péniche.
16:44Je me souviendrai toujours.
16:45C'est Jean-Marie Ska
16:46qui a appelé.
16:47Répondeur,
16:48répondeur, répondeur.
16:49Et puis,
16:49à un moment donné,
16:50on entend « Allô ! »
16:52Donc,
16:52il fait « C'est bon,
16:59il a fait un Olympia
17:00avec des ennuis de santé. »
17:02Il n'en a jamais parlé.
17:04Jamais.
17:05Jamais.
17:05Jamais.
17:06C'était son secret.
17:07Non, c'était son secret.
17:08Il avait des choses
17:09comme ça
17:09qu'il gardait en secret.
17:10Moi, je me souviens aussi
17:11quand on est arrivé
17:11dans des endroits
17:12où il y a
17:14les miroirs de maquillage
17:15avec les ampoules autour.
17:17Plusieurs fois,
17:18je l'ai vu
17:18dévisser une ampoule
17:19en arrivant
17:20et mettre l'ampoule
17:21dans son sac.
17:22Mais comme ça ?
17:23Comme ça.
17:24Il n'a jamais voulu
17:25me dire pourquoi.
17:27Parce qu'un moment donné,
17:27il a rigolé.
17:28En rigolant,
17:28je lui disais
17:29« Gilbert,
17:30si tu as des problèmes
17:31de ampoules,
17:32je peux aller t'en acheter. »
17:33Il n'a jamais...
17:35C'était un truc.
17:37Alors, il se trouve,
17:38Fred Jures,
17:38quand on voit votre parcours,
17:40vous avez vécu
17:40ce qu'on appelle
17:41le parcours du combattant
17:42dans les maisons de disques.
17:42Vous avez gravi les échelons
17:44et à l'époque,
17:45les maisons de disques
17:46étaient encore à taille humaine
17:47et ce n'étaient pas encore
17:49des majors
17:50avec des chefs de produits.
17:52Alors, il y avait
17:52quand même un petit peu
17:53parce que moi,
17:54j'ai commencé,
17:54j'ai fait 6 ans et demi
17:55d'Universal.
17:56Ensuite,
17:58chez BMG,
17:58à l'époque de
17:59Voulzy,
18:00Le Soleil Donne
18:01et cette période-là,
18:02Roquevoisin et Hélène.
18:04Et je m'occupais
18:05de la radio
18:06au niveau énergie,
18:08enfin,
18:08les radios FM,
18:10je veux dire, pardon.
18:12Et ensuite,
18:13j'ai été débauché
18:14par IMI
18:15qui est en plein
18:17chambardement permanent.
18:18Il y avait un PDG nouveau
18:19tous les mois.
18:20Ah oui,
18:20même tous les 15 jours.
18:22C'était...
18:23C'est-à-dire que moi,
18:23je suis arrivé,
18:24la personne qui m'avait engagé
18:25à l'époque,
18:27enfin,
18:27il y avait une personne
18:29qui s'appelait
18:30Susie Glesman
18:30qui m'avait fait venir,
18:31mais il y avait aussi
18:33quelqu'un,
18:34le directeur marketing promo,
18:35je ne sais plus,
18:36qui m'a dit
18:36« Ah, bonjour,
18:38bon courage,
18:39on est lundi,
18:40mais moi,
18:40je pars vendredi,
18:41je suis viré. »
18:52Et c'est vrai qu'à ce moment-là,
18:55savoir parler anglais,
18:56que j'ai réappris,
18:57parce que quand je suis arrivé
18:58en France,
18:58je ne parlais pas un mot de français,
19:00mais à 8 ans,
19:01on perd la notion de l'anglais
19:02puisqu'on ne maîtrise pas
19:03la grammaire non plus.
19:04On n'est pas totalement...
19:06Et donc,
19:07j'ai appris le français,
19:08j'ai perdu l'anglais,
19:09j'ai réappris l'anglais après,
19:10avec peut-être plus de facilité,
19:12certainement.
19:12Et puis,
19:13dans le travail,
19:13j'ai beaucoup voyagé.
19:14Oui,
19:15en rencontrant des légendes,
19:16Joe Cocker,
19:16Tyler Turner,
19:17Wester Houston,
19:18c'est que...
19:19Des légendes ?
19:20Mais c'est...
19:21Moi, je dis toujours,
19:23j'ai une chance extraordinaire
19:24de ma vie,
19:25elle est extraordinaire.
19:27Encore faut-il les tenir,
19:28ces gens-là ?
19:28Ce n'est pas simple.
19:29Non, pas toujours.
19:29Il y a quelques caprices de star.
19:31Et là,
19:31il faut tenir le choc.
19:32Oui, oui.
19:33Oui,
19:34ce n'est pas toujours évident,
19:35mais en même temps,
19:37souvent,
19:37ce sont des gens
19:38extrêmement blessés.
19:39Quand on les connaît
19:40un peu mieux,
19:41c'est souvent des gens
19:42qui ont eu des blessures.
19:43Joe Cocker
19:44était quelqu'un
19:45d'extrêmement attirant
19:47par sa blessure interne,
19:50en fait.
19:51Et donc,
19:51c'est vrai
19:52qu'il y avait
19:52des petites déviances.
19:55Et Whitney Houston,
19:56on oublie une chose
19:57que Bodyguard,
19:58la bande originale
19:59qu'elle a enregistrée,
20:0145 millions d'exemplaires,
20:03et c'est la plus vendue
20:04au monde
20:04dans l'histoire du disque.
20:06Oui, oui, oui.
20:07On ne peut plus
20:07imaginer ça aujourd'hui.
20:08Et triste destin,
20:09quand même.
20:11Comme beaucoup d'artistes.
20:12Un jour,
20:13à New York,
20:13j'ai rencontré
20:14son directeur artistique.
20:15Je proposais des chansons
20:16quand j'ai travaillé
20:17un peu dans l'édition.
20:19Il m'a dit
20:19je ne peux rien faire.
20:20C'est ingérable.
20:22C'est impossible.
20:24Et puis,
20:25il y avait quand même
20:25les Français
20:26et il y en a un
20:26qui vous a quand même
20:27beaucoup marqué.
20:35Vous êtes occupé de Marc Lavoine.
20:37Et là, c'était un bonheur
20:38parce qu'on ne peut pas
20:38faire plus gentil
20:39que Marc Lavoine.
20:41C'est l'époque
20:42où on était séparés
20:42en région.
20:43Donc, ils venaient en région
20:44faire de la promotion.
20:45Et c'est vrai que Marc,
20:48c'est quelqu'un
20:48d'extraordinaire.
20:50C'est-à-dire que
20:51on peut passer un repas
20:52sans manger
20:52tellement on rigole.
20:53parce qu'il était toujours
20:55en train de raconter
20:55des histoires,
20:56etc.
20:57Et puis,
20:58un amour de personne
20:59parce que
21:00c'est très souple
21:02dans la promotion,
21:03dans tout ça.
21:03On a eu des trucs
21:04où un jour,
21:05on était à France 3 Régions
21:06par exemple
21:07et on tombait
21:08le parking des Anges
21:09et forcément,
21:10localement,
21:10ils avaient fait venir
21:11une Jaguar
21:12avec une fille dedans.
21:14Et puis,
21:14on la refait,
21:15on la refait.
21:15Et puis,
21:16à un moment donné,
21:16on peut la refaire.
21:17On fait,
21:17oui, oui,
21:18mais tout à l'heure.
21:18Je dis comme ça,
21:19tout à l'heure.
21:20Là, c'est la pause.
21:21Ils vont déjeuner.
21:23Ils vont déjeuner.
21:24À midi.
21:26Et donc là,
21:26on se retrouve coincés
21:28à attendre
21:29que tout le monde
21:29revienne de déjeuner.
21:30Mais bon,
21:31avec Marc,
21:32ce n'était pas un problème.
21:34Puis,
21:34c'est quelqu'un de fidèle
21:35en plus.
21:35On ne s'est pas beaucoup vu
21:37après.
21:38À chaque fois
21:38qu'on s'est croisés
21:39dans un endroit,
21:40je peux même dire
21:41que c'est lui
21:41qui venait me voir
21:42pour me dire bonjour
21:43parce que moi,
21:44je ne voulais pas
21:44trop le déranger non plus.
21:45Mais c'est quelqu'un
21:47de fidèle.
21:47Oui,
21:47et quelqu'un
21:48qui a commencé
21:48au bas de l'échelle
21:49un peu comme vous
21:50puisqu'il a commencé
21:51comme placeur à l'Olympia
21:52en rêvant de faire ce métier.
21:54Et ce n'était pas évident.
21:55Non,
21:55ce n'était pas évident.
21:56C'est vrai,
21:57mais je crois aussi
21:57qu'on a un destin.
22:00Il y a des choses
22:00qui passent
22:01et si on sait les saisir,
22:02on peut avancer.
22:04La preuve,
22:04vous avez saisi
22:05un jour un groupe
22:06et on va l'évoquer
22:07à travers la date
22:08du 19 mai 1997.
22:10À tout de suite
22:11sur Sud Radio
22:12avec Fred Juarez.
22:13Sud Radio,
22:14les clés d'une vie,
22:15Jacques Pessis.
22:16Les clés d'une vie,
22:17mon invité Fred Juarez,
22:19le jeune romancier
22:20avec ce livre
22:21Les murmures de l'espérance
22:22au lys bleu
22:23qu'on évoquera tout à l'heure.
22:24Une histoire vraie
22:25qui est la base
22:26de ce roman.
22:27Et puis donc,
22:28on a évoqué votre vie
22:29dans le monde de la musique.
22:30Vous avez gravi les échelons.
22:32Et le 19 mai 1997,
22:35il y a une soirée prestigieuse,
22:36je ne sais pas si vous le savez,
22:37le Sporting de Monaco,
22:39les World Music Awards
22:40avec parmi les participants
22:42ce groupe.
22:49Je te donne
22:50pari vous en sa part.
22:51Et là aussi,
22:52c'est votre oeuvre,
22:54Fred Juarez.
22:54Eh oui, oui, oui.
22:56En fait,
22:57mon travail
22:58en tant que patron
23:00de maison de disques
23:01ou de label
23:02n'était pas
23:02de signer ce que j'aimais,
23:03mais de signer
23:04ce qui pouvait plaire.
23:06Et ça,
23:06je trouve que c'était important.
23:08Il en fallait
23:09pour tout le monde.
23:10Et donc,
23:10comme je recevais
23:11tout ce qui sortait
23:12chez EMI dans le monde,
23:14j'ai reçu d'Allemagne
23:15un groupe anglais
23:16qui s'appelait
23:17World's Apart,
23:18qui était signé en Allemagne,
23:19qui commençait un petit peu
23:20à marcher là-bas.
23:22Et je reçois ça
23:23un matin,
23:23le clip.
23:25Je regarde,
23:25je dis tiens,
23:26il y a un truc.
23:27Il y a un truc
23:28parce qu'à l'époque,
23:28il y avait un feuilleton
23:29qui s'appelait
23:29Beverly Hills.
23:31Et là,
23:31je me dis,
23:32c'est la même cible,
23:33c'est la même chose.
23:35Donc,
23:35j'ai pris un avion,
23:36je suis parti les voir en Allemagne.
23:38Et j'y vais,
23:39je le fais,
23:39je le fais en France.
23:40Et donc,
23:41j'ai décidé de le sortir.
23:43Personne n'y croyait,
23:44ou peu.
23:45Je peux aujourd'hui dire
23:47que c'était presque
23:48un coup de bluff
23:49puisque j'ai monté
23:50un concert au Café La Danse,
23:51je crois.
23:52J'avais même prévu
23:53de faire venir
23:53des bus d'Allemandes
23:54des fans
23:55pour remplir la salle
23:56et annoncer le complet.
23:58Et en fait,
23:59les radios,
24:00les télés ont adhéré,
24:01la presse,
24:02surtout la presse jeune.
24:03Et c'est parti comme ça
24:05et c'est monté, monté.
24:06Et à 100 000 albums,
24:07tout le monde était content.
24:09Sauf que moi,
24:09j'ai dit non,
24:10il y a un vrai truc.
24:11On va aller plus loin.
24:12Et on a fini
24:13sur deux albums,
24:14un million et demi d'albums
24:15et sept millions de singles.
24:17Avec à un moment donné
24:18une reprise de Jean-Jacques Goldman,
24:19Je te donne,
24:20qui a été fait
24:21un peu par hasard,
24:23un peu par hasard
24:24puisqu'il y avait
24:25une opération
24:26avec une télévision,
24:26avec M6.
24:28Et eux voulaient mettre
24:29quelque chose
24:30sur Grain de Star
24:30sur l'été,
24:32sur les fameuses
24:33opérations d'été.
24:34En fait,
24:35j'aurais proposé un duo
24:37et en fait,
24:38leur gagnante,
24:39je ne sais plus
24:40le nom de la gagnante
24:40à l'époque,
24:42a dit
24:42mais moi,
24:42je ne veux pas chanter
24:43avec Monsaparte.
24:45Et donc,
24:45le directeur artistique
24:46est parti en Angleterre,
24:47enregistré,
24:48je te donne 100%
24:49et je dis au pire,
24:50on retirera
24:51leur voix en français
24:52et on mettra
24:52la voix française
24:53de celle
24:54qui va gagner
24:54ou qui a gagné.
24:56Et en fait,
24:56on a fait tout seul.
24:57Et en même temps,
24:58à l'époque,
24:59reprendre des chansons
25:00de Goldman,
25:01ce qui est le cas
25:01aujourd'hui,
25:02ça ne se faisait pas.
25:03Non,
25:03personne n'osait toucher.
25:06Mais on avait listé
25:07des reprises,
25:09en fait,
25:09on avait listé
25:09des chansons
25:10franco-anglaises.
25:12Mais Goldman
25:13avait le sens,
25:13et Goldman était au courant,
25:14il avait le sens de ça,
25:15il avait accepté le printemps ?
25:16Alors,
25:17en théorie,
25:18on n'avait pas besoin
25:18de demander l'autorisation,
25:20légalement on va dire,
25:21mais par courtoisie,
25:23c'est normal,
25:24on lui avait envoyé
25:25et il avait validé.
25:26Parce qu'en fait,
25:27moi je me souviens
25:28des débuts de Goldman,
25:29je parlais beaucoup
25:29avec lui,
25:30il m'avait dit
25:30vous n'imaginez pas
25:31ce que représente
25:33le travail d'écrire
25:33une chanson,
25:34c'était des mois
25:36et des mois de travail.
25:37complètement,
25:38complètement.
25:39Je crois même
25:39que Goldman,
25:40au départ,
25:41refusait de sortir
25:41des albums live.
25:42Oui,
25:42complètement.
25:42Je ne vous trompe pas.
25:44Il ne voulait pas
25:44chanter sur scène,
25:45il avait peur.
25:46Oui,
25:47Tout ça,
25:47ce sens de trouver
25:50le coup,
25:50la bonne chanson,
25:52c'est inné
25:53parce qu'on n'avait pas
25:53fait d'études de musique.
25:55Non,
25:55pas du tout,
25:55j'ai arrêté la guitare
25:56très tôt
25:57parce que j'ai jeté
25:58la guitare
25:58parce que j'avais
25:59un professeur
26:00qui ne voulait pas
26:00que je joue
26:00de la main gauche.
26:03Donc,
26:03j'avais un petit caractère
26:04à l'époque
26:05et j'ai arrêté la guitare.
26:08Encore une fois,
26:08oui,
26:09c'est un instinct.
26:10J'ai beaucoup vécu
26:11à l'instinct en fait.
26:13Et quand j'écoutais
26:14des choses,
26:15j'ai fait des choses
26:15pour enfants et tout.
26:17Alors,
26:17World Apart,
26:17je l'ai fait,
26:18ça a lancé
26:19le phénomène boys band
26:20parce que tout le monde
26:21voulait son boys band
26:22en français.
26:22Vous êtes le premier
26:23à avoir fait ?
26:24Oui,
26:24oui,
26:24quelque part.
26:24il y avait,
26:25exact avant,
26:26tout ça,
26:26mais en France,
26:26il n'y avait pas eu
26:27de vrai phénomène
26:29et chez Emy,
26:30on a fait 2B3
26:31dont je ne me suis pas
26:32occupé moi
26:33mais chaque maison de disque
26:34avait fait son groupe,
26:37son boys band français
26:38et à Coinsapart,
26:39je cherchais toujours
26:40à aller plus loin,
26:41aller là où les autres
26:42ne pouvaient pas aller.
26:43Mais en même temps,
26:44il faut l'instinct
26:45de faire ça.
26:45Oui,
26:46je pense,
26:46oui,
26:47parce qu'il faut avoir
26:48une vision à un moment donné.
26:49je reçois le clip,
26:50je pense à la série
26:52Beverly Hills,
26:52je vois la cible
26:54et voilà.
26:55J'ai quand même fait
26:56des études de marketing
26:57et des choses comme ça
26:58qui m'ont aidé certainement
26:59mais il y a la créativité
27:01d'un côté,
27:01l'instinct,
27:03on va dire,
27:04le factuel
27:05du marketing,
27:06etc.
27:07Et il fallait
27:08assembler tout ça.
27:10Oui,
27:10c'est beaucoup,
27:11j'ai beaucoup signé
27:11à l'instinct.
27:12Et j'ai vu des interviews
27:13de World's Apart
27:14où ils ne savent pas
27:14exactement ce qui leur est
27:16arrivé en France,
27:17ils n'ont jamais rencontré
27:18Goldman
27:18et ils ne connaissaient
27:19même pas la chanson.
27:20Ils étaient surpris
27:20que le public connaisse
27:22la chanson.
27:22Oui,
27:23parce que quand on l'enregistrait,
27:24c'était
27:24je,
27:25je,
27:25je,
27:25je,
27:27je,
27:27je,
27:27je,
27:27je,
27:27je,
27:28et puis voilà.
27:30Et puis j'ai fait
27:30beaucoup plus tard
27:31à nouveau une chanson
27:32en français
27:32avec un autre artiste
27:33anglais
27:35et c'est
27:36Robbie Williams.
27:37Justement,
27:38Robbie Williams,
27:39il y a une chance.
27:40Ça aussi,
27:41c'est une aventure incroyable.
27:42Oui,
27:42parce qu'en fait,
27:43quand j'ai repris
27:43Chrysalis,
27:46Robbie ne vendait pas
27:47en France,
27:48pas réellement
27:49et je me retrouve
27:50à une réunion
27:50avec les Anglais
27:52d'IMI,
27:53les deux managers anglais
27:55et là,
27:55on se fait traiter
27:57de nul.
27:57Oui.
27:58Parce que les managers anglais,
28:00il faut leur laisser ça,
28:01ils avaient un vrai pouvoir
28:02mais ils avaient une vraie aussi,
28:03ils lâchaient pas quoi.
28:04Moi,
28:05j'aime ce côté
28:05où on lâche pas.
28:07Chez Émy en promotion,
28:08on avait travaillé
28:09sur l'île de la Fernandaise,
28:10je m'occupais de la radio
28:10à l'époque.
28:12Nos fiancées,
28:12il en a mis neuf mois
28:13et je disais,
28:14on ne lâche pas,
28:15on y retourne,
28:15on ne lâche pas,
28:16on ne lâche pas,
28:16cette chanson,
28:17elle doit passer.
28:18Et ça a fait un tube.
28:20Je veux dire,
28:20trop souvent,
28:21je trouve qu'on arrête trop tôt.
28:23Et donc,
28:23Roby Williams,
28:25il y a une grosse radio FM
28:27qui me dit,
28:27mais Roby,
28:28ils ne vont pas en France,
28:29on ne jouera plus,
28:30puis on a les quotas internationaux,
28:31on a assez de gros artistes,
28:32etc.
28:33Donc,
28:33j'ai fait un pari avec eux
28:36et à cette réunion,
28:37je lui dis,
28:37ok,
28:38on est mauvais,
28:38on est mauvais,
28:39oui,
28:39c'est vrai,
28:39c'est vrai.
28:40Moi,
28:40je venais de reprendre Chrysalis,
28:41donc,
28:42vous savez,
28:43voilà.
28:44Et je leur dis,
28:45bon,
28:45mais vous,
28:46vous n'avez pas été bons non plus.
28:47Donc là,
28:47tout le monde a baissé la tête
28:49et je dis,
28:50parce que moi,
28:50Roby,
28:51je ne l'ai jamais vu
28:51venir en France travailler.
28:53J'avais fait What's Apart
28:54et What's Apart était là
28:56tous les mois.
28:57Donc,
28:57je connaissais la musique des fans
28:58où il fallait que l'artiste
28:59soit présent.
29:01Et donc,
29:02c'est là où j'aurais proposé
29:03et on a décidé de faire
29:05l'amour suprême.
29:06Et qui a été un succès énorme.
29:146 mois dans le top 50.
29:16Ouais,
29:16juste pour être dans les quotas français.
29:18On est compte.
29:19Mais là aussi,
29:20il fallait avoir l'idée de faire ça
29:21et convaincre les Anglais.
29:22Ouais,
29:23ouais,
29:23mais moi,
29:24je cherchais toujours des solutions,
29:25en fait.
29:26J'avais fait un autre groupe
29:28qui ne marchait pas en France,
29:29c'était Eternal.
29:30C'était des filles anglaises
29:31qui marchaient aux Etats-Unis,
29:33en Angleterre.
29:34Et en France,
29:35moi,
29:35j'avais décidé,
29:36j'avais récupéré ce groupe
29:37sur mon label
29:38et j'avais décidé
29:38de prendre leurs deux albums
29:39qui avaient cartonné en Angleterre
29:40et d'en faire un en France.
29:43Et il y avait un titre
29:45qui s'appelait
29:45Wanna Be The Only One
29:47avec B.B. Winans.
29:49Et j'avais envisagé
29:50de demander à Florent Pagny
29:51de faire la voix à la place.
29:54Mais bon,
29:55finalement,
29:55le titre a marché comme ça.
29:56Mais je pense
29:57qu'il faut à tout prix chercher.
30:00Il faut se réinventer
30:01tous les matins,
30:01en fait.
30:02Mais non seulement se réinventer,
30:04mais il faut s'inventer au départ.
30:05Et je crois que la carrière
30:06de Robbie Williams,
30:07c'est la démarrer
30:07parce que sa mère
30:08avait une petite annonce
30:10dans la presse.
30:11Il cherchait
30:11pour un voice band
30:14pour quelqu'un
30:14et c'est comme ça
30:15qu'il a démarré.
30:16Oui, oui, tout à fait.
30:17Et il a vendu
30:1770 millions de disques.
30:18C'est ce que je dis toujours.
30:19Il y a des chances
30:20qui se présentent.
30:20Il faut savoir les saisir.
30:22Et on a un destin.
30:23Je crois faire un moment à ça.
30:25Parce que moi,
30:26dans ma famille,
30:27on vient aussi de la musique.
30:28Je ne le savais pas au départ.
30:30Oui, vous n'avez pas
30:31cette information.
30:32Moi, en fait,
30:33quand je suis retourné
30:33voir ma grand-mère
30:34en Californie,
30:35un jour,
30:36ma grand-mère paternelle,
30:37elle m'a sorti
30:38des photos
30:38qu'elle m'a données.
30:40Et en fait,
30:40mon grand-père,
30:41qui était décédé
30:42très très jeune,
30:43avait créé
30:44Juarez Records,
30:45était speaker à la radio,
30:47organisait des concerts.
30:49Et j'ai des photos
30:50de mon grand-père
30:51derrière les platines
30:52d'une radio.
30:53L'ancêtre des DJ.
30:55Oui, l'ancêtre des DJ.
30:57Absolument.
30:57On a appelé ça des DJ.
30:58Et il se trouve
30:59que vous avez aussi
31:00donné leur chance
31:02et une belle chance
31:03à des artistes français
31:04comme celle-ci.
31:05Je veux chanter pour ceux
31:07I want to sing for girls
31:09Qu'on oublie peu à peu
31:13Vous chantez pour ceux
31:14qui sont loin de chez eux
31:15qui est au départ
31:16une chanson pour les migrants
31:17avant la lettre
31:18de Michel Berger de 85.
31:19Et vous avez tout de suite
31:20senti qu'il y avait
31:21quelque chose avec l'âme.
31:22En fait,
31:23je ne l'ai même pas rencontré
31:24quand j'ai signé.
31:26Les producteurs
31:27sont venus me voir,
31:28ils me proposaient des choses.
31:29Et puis ils m'ont dit
31:31on a une chanteuse
31:32qui a repris Michel Berger.
31:34J'ai Michel Berger
31:35mais pareil,
31:37qui peut reprendre Michel Berger
31:38parce qu'à l'époque
31:38il n'y en a pas eu.
31:40Et ils me font écouter
31:41cette chanson
31:43et je crois que je leur ai dit
31:45vous ne sortirez pas du bureau
31:45tant qu'on n'aura pas signé.
31:47L'instinct encore.
31:48Oui,
31:48ça m'avait tellement interpellé
31:50cette version
31:50elle était extraordinaire
31:52parce que
31:52et puis il a intégré
31:54Martin Luther King
31:55dans la chanson.
31:56Alors ça,
31:57ils n'avaient pas trop
31:57les autorisations je crois,
31:58je ne sais rien
31:59mais je ne voulais même pas le savoir.
32:01Mais c'était extraordinaire
32:02la façon dont elle a chanté
32:04cette chanson
32:05et on en a vendu
32:06plus d'un million.
32:07Un million et demi
32:07de disques.
32:07Un million et demi,
32:08oui, voilà.
32:08Et elle est célèbre aujourd'hui
32:10chez les enfants
32:11parce qu'elle a fait
32:12la bande son
32:12d'un dessin animé
32:13pour les minicums
32:14qui s'appelle
32:14Tom et China.
32:15Oui, tout à fait.
32:16Et puis il y en a eu
32:17une autre artiste
32:18qui a connu le même succès
32:19grâce à vous.
32:27Tu oublieras à Larousseau
32:28et là aussi,
32:29il fallait y penser.
32:31Oui, alors ça,
32:31c'est toujours pareil,
32:32ce sont les producteurs
32:33qui m'ont fait écouter
32:33et l'instinct dit
32:37il y a un truc,
32:38ce n'est pas possible.
32:40Alors que cette chanson,
32:40vous savez comme moi,
32:41qui a d'abord été faite
32:42pour Régine.
32:43Oui, ensuite Gene Manson.
32:45Dix ans après.
32:45Oui.
32:46Et dix ans après,
32:46elle est refaite
32:47par Larousseau
32:49et ça claque.
32:50Il n'y a même pas à discuter,
32:51ça claquait,
32:53elle avait une voix extraordinaire
32:55dans cette chanson.
32:56Oui, mais Régine,
32:57ça n'avait pas tellement marché
32:58la chanson.
32:58Non, rien n'avait marché avant.
32:59C'est-à-dire que les gens
33:00ne savaient pas
33:00que cette chanson existait,
33:01c'est presque une chanson.
33:02C'est pour ça que je dis toujours
33:03une chanson ne meurt jamais.
33:05Il y a le bon moment
33:05avec le bon interprète.
33:07Et il faut savoir
33:08que Larousseau,
33:09elle a commencé à 11 ans
33:10dans le Big Bazaar pour enfants
33:11qui était une reprise
33:13du Big Bazaar
33:13de Michel Fuguin par Stéphanie
33:15et à 19 ans,
33:16elle était devenue star grâce à vous.
33:18Oui, on a fait l'Olympia,
33:19on a fait plein de choses.
33:20La première partie de Johnny aussi.
33:23Elle a chanté avec Johnny aussi.
33:24Il fallait y aller quand même.
33:26Aller sur scène
33:26en face de Johnny
33:27à 19-20 ans.
33:30Il fallait avoir
33:30du caractère quand même.
33:32Et aujourd'hui,
33:33elle fait les tournées
33:33RFM Party,
33:34d'ailleurs comme l'âme.
33:35Oui, oui.
33:36Il y a une nostalgie
33:37qui existe, Fred Jurel.
33:38Je crois que je pourrais
33:39avoir un passe permanent
33:40sur toutes ces tournées.
33:43Il y en a qui sont passées.
33:44Il y a une nostalgie,
33:44oui, c'est normal.
33:46En fait,
33:47par exemple,
33:47quand j'ai fait Worlds Apart,
33:49premier album,
33:49je ne savais pas du tout
33:50où on allait.
33:51On a fait un million,
33:51mais tout le monde était...
33:55Et on me demande,
33:56dans le budget,
33:56on me dit
33:56alors le deuxième album,
33:57on met combien ?
33:58Je ne sais pas,
33:59200 000, 300 000.
34:00Non, t'es fou.
34:01Je dis,
34:01mais je n'en sais rien.
34:03Je ne sais pas
34:04après un an et demi,
34:05deux ans,
34:06on grandit
34:08et on a fait 500 000.
34:10Bon.
34:10Et après,
34:11on m'a dit,
34:11le prochain,
34:12puis finalement,
34:12le prochain,
34:13on ne l'a pas fait ensemble,
34:13ils ont voulu passer
34:14sur un autre label.
34:16J'ai dit,
34:17mais je n'en sais rien
34:17parce qu'elles ont grandi.
34:19La petite sœur ne veut surtout pas
34:20acheter ce que la grande sœur
34:21a acheté ou écouté.
34:23Et je crois que ça a fait 25 000.
34:25Moi,
34:26je voulais tout,
34:26je voulais qu'ils changent tout.
34:28Bon,
34:29ça n'a pas été le cas.
34:30Je ne dis pas
34:30que j'avais la recette,
34:31mais je pensais,
34:32je pense par instinct,
34:34encore une fois,
34:34qu'il fallait réinventer ce groupe.
34:37Alors aujourd'hui,
34:38ils font beaucoup de tournées
34:38sur le passé.
34:40Mais vous réinventez aussi,
34:41j'ai reçu,
34:42voici quelques mois,
34:43Joseph Chédid dans cette émission.
34:45Oui.
34:45Et vous êtes en train
34:46de le reprendre en main
34:47parce que vous pensez
34:48qu'il y a quelque chose
34:48à développer là aussi.
34:49Alors,
34:50je suis certain.
34:50C'est-à-dire que,
34:51encore une fois,
34:51j'ai toujours travaillé par envie.
34:53Alors,
34:53Joseph,
34:54on a une relation particulière
34:55parce que sa compagne
34:56c'est ma nièce,
34:58qui est aussi artiste,
34:59Charlène Juarez.
35:01Et je suis allé le voir
35:02à la maroquinerie
35:03l'année dernière
35:04où il présentait son nouvel album.
35:07Et on a eu un déjeuner familial
35:08un mois après.
35:10Et je lui ai dit,
35:10écoute Joseph,
35:10ça va pas.
35:11T'as tellement de talent.
35:13Il faut que ça change.
35:14Parce que c'est un artiste indépendant,
35:16c'est un artiste vrai
35:18qui n'a jamais connu
35:20de maison de disques,
35:20de labels,
35:21de management, etc.
35:23C'est un peu un électron libre
35:24et dans le bon sens de libre
35:26parce que c'est quelqu'un qui...
35:27Voilà.
35:28Et c'est quelqu'un
35:29de brillant
35:30qui a un talent fou.
35:31Fou, fou.
35:32Et donc,
35:32j'ai proposé
35:34de travailler avec lui
35:35et qu'on reprenne tout à zéro.
35:36Et là,
35:37aujourd'hui,
35:37on sait qu'on est sur la bonne voie.
35:40Mais vous n'avez pas l'impression
35:41que dans le monde du disque,
35:42vous êtes dans le village gaulois
35:43qui résiste à l'envahisseur ?
35:45Un petit peu.
35:46Mais Joseph me disait,
35:48mais tu crois pas
35:49qu'on devrait trouver un label ?
35:50Je lui ai dit,
35:50mais explique-moi
35:51pourquoi faire ?
35:52Aujourd'hui,
35:53on a une maison de disques
35:53à nous tous seuls.
35:54On fait tout.
35:56C'est-à-dire que moi,
35:56je fais le marketing,
35:58on a Thierry qui fait la promotion
35:59et on se parle
36:00et on essaye,
36:01on cherche des idées,
36:02on cherche des stratégies.
36:04Mais parce qu'aujourd'hui,
36:05le marché a changé,
36:06le monde a changé
36:07et qu'une maison de disques,
36:08à un moment donné,
36:09ça peut être un très bon booster
36:12de carrière,
36:13mais encore,
36:14faut-il arriver
36:14à un certain niveau.
36:15Donc,
36:16des artistes comme Joseph
36:17qui ne sont pas
36:19des artistes TikTok,
36:21ce sont des artistes
36:23de scène,
36:23de live.
36:24C'est quelqu'un
36:24qui est extrêmement calme,
36:26mais sur scène,
36:27il est complètement habité.
36:29Et c'est ça,
36:30mais Charles Trenet disait
36:31« Voici quelques décennies,
36:32comment peut-on être
36:33directeur et artistique ? »
36:35Je crois qu'il était
36:35en avance sur son temps.
36:37C'est vrai, c'est vrai.
36:37Alors ça,
36:38c'est le côté chanson,
36:39mais vous avez aussi
36:40commis à autre chose
36:42ce livre,
36:42« Les murmures de l'espérance »
36:44qu'on va évoquer
36:44à travers la date
36:45du 2 février 2026.
36:47A tout de suite
36:47sur Sud Radio
36:48avec Fred Jurest.
36:50Sud Radio,
36:51les clés d'une vie,
36:52Jacques Pessis.
36:53Sud Radio,
36:53les clés d'une vie,
36:54mon invité Fred Jurest.
36:55On a vu votre long parcours
36:57dans le monde du disque
36:58avec vos réussites.
37:00Et puis,
37:00le 2 février 2026
37:02est sorti
37:02« Les murmures de l'espérance »
37:04au liste bleu,
37:05votre premier roman.
37:06Et là,
37:06c'est encore une aventure
37:07que vous n'imaginiez pas
37:08au départ,
37:09Fred Jurest.
37:09Non,
37:10pas du tout.
37:10En fait,
37:12j'aurais aimé écrire.
37:14C'est ça.
37:15Vous n'avez eu pas le temps.
37:16Voilà,
37:16j'avais eu pas le temps.
37:17En fait,
37:17dans ma carrière,
37:18je suis parti
37:18des maisons de disques,
37:20un peu dans l'édition.
37:22Je suis retourné
37:23chez EMI
37:23qui avait fusionné
37:24avec Virgin.
37:25Et puis là,
37:26c'était un peu dur
37:27parce que les financiers
37:28avaient pris le pouvoir
37:29et ça n'avait plus de sens.
37:31Donc,
37:31j'avais heureusement
37:32négocié mon départ
37:33avant d'arriver.
37:35Vous avez pris vos précautions.
37:37Moi,
37:37j'ai clairement dit
37:38au patron Europe,
37:39j'ai dit
37:39c'est quand on se marie
37:40qu'il faut être d'accord
37:40sur le divorce.
37:41On ne se fâchera jamais.
37:43Donc,
37:43j'ai pu partir
37:43au moment voulu.
37:46Mais ils m'ont aidé
37:47parce que dans cette période-là,
37:48j'ai fait autre chose.
37:50Je me suis mis
37:50à soudure à l'arc.
37:52J'ai créé des luminaires,
37:53des meubles.
37:54J'ai fait énormément
37:54d'expositions
37:55à l'angerie du Sénat,
37:56à la grande ville de la Villette.
37:58Mais ça,
37:58c'était une autre passion.
37:59C'est venu par hasard aussi.
38:00Mais je ne sais même pas pourquoi.
38:02Je ne sais même pas pourquoi.
38:03Il fallait que je me défoule
38:04sur quelque chose.
38:05Je ne savais pas souder.
38:06Et je me suis brûlé,
38:08énervé évidemment.
38:08Et puis à un moment donné,
38:09on canalise tout
38:10en se disant
38:11il faut le bon angle,
38:12la bonne température,
38:14la bonne matière.
38:15Et là, ça marche.
38:16Et moi, je me souviens
38:16de Mick Michel
38:17qui, en arrêtant la chanson,
38:19a commencé à faire
38:20de la sculpture sur acier.
38:21Ça a été le combat de sa vie.
38:23Ben oui.
38:23Donc moi, c'était génial.
38:24En plus, ça a tout de suite fonctionné
38:26parce que j'ai aussi
38:27cet instinct
38:28de comment les vendre,
38:30de marketing et tout ça.
38:31J'ai fait énormément d'expositions.
38:33Et puis là,
38:34arrive le Covid.
38:36Et là, je me dis,
38:37bon,
38:37tout ça, c'est fini.
38:38C'est balayé.
38:39Et j'avais cette envie d'écrire.
38:41Et c'est de là
38:41que j'ai commencé à...
38:43Enfin, j'avais déjà
38:44un petit peu commencé
38:44mais c'est là
38:45où je me suis plongé
38:46dans ce roman, oui.
38:47Alors, il se trouve
38:47que tout a commencé
38:48dans un grenier
38:49par hasard.
38:49Oui, oui.
38:50Alors, je vous montrerai
38:51après, j'ai ça.
38:53En fait,
38:53dans ce grenier de l'Univille
38:55qui était familial,
38:56il y avait les greniers
38:57de l'ancienne salle de vente.
38:59Et quand j'ai vendu
39:00cet immeuble,
39:01évidemment, à l'époque,
39:02ils gardaient tout.
39:03C'était un enfer
39:04parce qu'il n'y avait
39:04que des choses cassées,
39:05des choses comme ça.
39:05avec une petite lumière jaune
39:07et je prends un paquet
39:09de papiers administratifs
39:11pour les jeter
39:13et là,
39:13me tombe dessus
39:15réellement
39:15un petit carnet noir
39:17écrit avec une étiquette
39:19« Journal d'une habitante
39:20de l'Univille
39:21pendant la guerre
39:2214, 15, 16, 17, 18. »
39:24Et là,
39:25on ouvre le carnet
39:26et on voit
39:27cette belle écriture.
39:28Incroyable.
39:29Et en fait,
39:30c'est une femme
39:30dont je n'ai pas le nom,
39:32je ne sais pas qui c'est,
39:33je ne sais pas ce qu'elle faisait,
39:34elle ne parle pas de famille,
39:35elle ne parle de rien
39:37et elle a écrit un journal
39:38jusqu'en 19,
39:39jusqu'à la signature finale
39:41et là,
39:41je me dis,
39:42là,
39:43je crois que
39:44soit on met ça
39:45dans un tiroir
39:45pour le suivant,
39:46soit on a un devoir
39:47de quelque chose.
39:48Et je crois énormément
39:49à ça
39:51et il n'est pas venu
39:52par hasard
39:53sur moi ce carnet
39:54pour qu'il arrive
39:55de 1919 à moi
39:58qui arrive de Californie
39:59à 8 ans
40:00qui jouait un peu
40:01dans ce grenier
40:02mais voilà,
40:02il était là,
40:03il attendait le bon moment
40:04et c'est comme la chanson,
40:05il y a un bon moment
40:07et donc,
40:08j'ai décidé
40:08de faire un roman
40:09autour de sa vie
40:10et d'inventer sa vie
40:11quelque part,
40:11elle s'appelle Louise
40:12dans mon roman
40:14et j'ai suivi son parcours
40:16parce qu'elle est allée,
40:17à chaque fois,
40:17elle partait de l'Univille,
40:18elle revenait,
40:19elle est venue à Paris,
40:20elle est revenue,
40:21elle est allée dans le Vexin,
40:22elle est revenue,
40:22elle est allée dans le Sud,
40:23elle est revenue,
40:24elle est dans la Creuse,
40:25elle est revenue
40:25et donc,
40:26j'ai fait énormément
40:27de recherches historiques
40:27par rapport à ces endroits
40:29et chaque fois
40:30qu'elle part d'un événement,
40:31j'ai fait les recherches
40:31historiques aussi.
40:32Mais ce qui est extraordinaire,
40:34c'est que quand on parle
40:35des femmes de la guerre 14-18,
40:36en général,
40:37ce sont les femmes
40:38des agriculteurs,
40:40le mari est parti à la guerre
40:42et elles tiennent
40:43la maison à la place.
40:44Ça n'a rien à voir
40:45avec votre livre.
40:46Non,
40:47non,
40:47parce que cette femme,
40:49d'abord,
40:49elle a beaucoup voyagé,
40:50il fallait pouvoir le faire
40:50pendant la guerre.
40:51L'Univille-Nancy,
40:53c'était la frontière
40:54puisque en 70,
40:55on avait perdu l'Alsace
40:56et la Lorraine
40:56et cette femme
40:58a beaucoup voyagé
40:58et à travers elle,
41:00j'ai voulu vraiment
41:00rendre hommage
41:01à toutes ces femmes
41:02qui ont beaucoup donné
41:03pendant la guerre
41:03alors que les maris,
41:05les fils partaient
41:06et beaucoup ne sont pas revenus
41:08et dans ces recherches-là,
41:10on s'aperçoit
41:11que dans les usines,
41:12on leur faisait signe
41:13à un contrat
41:14en disant qu'elles s'engageaient
41:15si le mari revenait
41:16ou le fils revenait
41:17à rendre le travail.
41:19Mais ce qui est extraordinaire aussi,
41:21c'est qu'on mesure
41:22dans votre livre
41:23combien personne
41:24ne croyait en la guerre
41:25puisqu'elle part en Allemagne
41:26quelques semaines seulement
41:28avant le livre de guerre.
41:30Elle est en Suisse
41:31quand ça se déclare
41:33et...
41:33Ben oui,
41:34parce qu'après 70,
41:35je crois qu'après,
41:36toute personne voulait croire
41:37que ça pouvait revenir
41:38aussi vite en fait.
41:39En fait,
41:39je crois qu'aussi,
41:40ceux qui sont partis
41:41à la guerre en 14,
41:43notamment en Alsace-Lorraine,
41:44voulaient venger
41:45leurs aînés
41:46et étaient persuadés
41:47que le combat
41:47durerait quelques semaines seulement.
41:48Tout le monde pensait
41:49que ça allait être balayé
41:51en quelques mois.
41:53Et elle comprend petit à petit
41:54que ça va évoluer
41:55et elle va devenir,
41:57parce qu'on parle
41:57de la résistance en 40,
41:59mais elle va devenir
42:00une héroïne de résistance
42:02en 14,
42:0218,
42:02ce qu'on ne connaît pas
42:04beaucoup des femmes
42:04comme ça.
42:05Non,
42:06parce que d'abord
42:07la résistance n'existait pas
42:08en tant que telle
42:09et puis les gens,
42:12je ne sais pas,
42:13vraiment ils pensaient
42:14que ça allait être balayé
42:14en quelques mois.
42:15Personne ne pensait que,
42:16je ne sais pas,
42:17c'était un peu
42:17une forme d'inconscience.
42:19Et en fait,
42:20quand ça s'est installé,
42:21Louise,
42:22mon personnage,
42:23elle a commencé
42:24à créer tout un réseau,
42:25tout un système
42:26de communication
42:27et de transmission.
42:29Parce qu'à l'époque,
42:31dans les recherches historiques,
42:31on s'aperçoit que,
42:33d'abord en 14,
42:35les militaires
42:36se sont réfléchis,
42:37parce qu'en 70,
42:38tout le monde faisait
42:38un peu ce qu'il voulait
42:39dans les généraux.
42:40Donc ils se sont un peu
42:41regroupés en se disant
42:41bon, maintenant,
42:42il faut qu'on ait
42:42une vraie stratégie.
42:43Mais les civils
42:44n'avaient rien à faire
42:44dans la guerre,
42:45en fait.
42:46À part peut-être
42:47soigner les blessés,
42:47mais les femmes surtout,
42:49les femmes n'étaient pas
42:49considérées.
42:50Quand on apprend
42:51que les femmes se battaient
42:52pour avoir le droit de vote
42:53avant la guerre de 14
42:54et qu'elles l'ont eu
42:56en 46,
42:58ça paraît fou.
42:59Après la guerre de 14,
43:00par exemple,
43:00il y a plein de pays d'Europe
43:01qui ont donné ce droit
43:02de vote aux femmes.
43:03Mais il se trouve que
43:04dans ce livre,
43:04on voit que Louise
43:06donne des renseignements
43:07à l'armée française
43:08qu'elle parvient à transmettre,
43:10ce qui n'était pas évident
43:10en pleine guerre mondiale.
43:12Ben non.
43:13Ben non.
43:13D'où son réseau
43:14et d'où sa façon de faire
43:15avec un tel, un tel,
43:17des contacts,
43:17des choses comme ça
43:18et surtout la vérification
43:19des informations.
43:21Parce qu'on s'aperçoit
43:22que dans ce roman,
43:24on s'aperçoit que
43:25les Allemands disaient
43:26des choses contraires
43:28pour savoir comment
43:29s'étaient transmis les choses
43:30et un peu induire en erreur
43:33l'armée française.
43:34Mais on a très peu parlé
43:35de ces femmes justement
43:36ou de ces hommes
43:37qui transmettaient
43:37des informations
43:38pendant la guerre.
43:39Oui, oui.
43:39C'est assez inédit
43:41parce que la guerre,
43:43c'était les militaires
43:43et il y avait les civils.
43:45Alors en plus,
43:46l'Alsace-Lorraine,
43:47c'est là où tout
43:48a vraiment commencé.
43:49Oui.
43:50Parce que c'est la première
43:51qui est touchée par la guerre.
43:53Ah ben oui, oui.
43:54L'Univille a été
43:55une des premières villes bombardées.
43:56Je crois même
43:57la veille
43:58de la déclaration officielle
43:59de la guerre.
44:01Parce que frontière,
44:02encore une fois,
44:03parce que l'Alsace-Lorraine
44:03avait été divisée.
44:05Et puis vous racontez
44:06dans ce livre,
44:06vous imaginez
44:07les Allemands
44:08qui se comportent très mal
44:09en arrivant
44:10comme des vainqueurs.
44:11Oui.
44:12Ça c'est aussi
44:13quelque chose
44:13de très particulier.
44:14Oui, c'est vrai.
44:15C'est vrai.
44:16Mais dans ce livre,
44:18alors en fait,
44:18le carnet fait 7000 mots.
44:21On compte en mots
44:22dans les livres.
44:23Et mon roman
44:24en fait 79 000.
44:26Sauf que le carnet
44:27est intégralement intégré
44:28dans le livre.
44:29Donc j'ai beaucoup
44:30de personnes
44:30qui m'envoient
44:30des demandes
44:32en me disant
44:32mais quelle est la part
44:33du vrai,
44:34quelle est la part
44:34du faux,
44:35etc.
44:36Je laisse chacun
44:37découvrir en fait.
44:38Alors,
44:38il se trouve aussi
44:39que les obus allemands,
44:40on en parle dans ce livre,
44:42ils n'ont pas éclaté
44:43tout de suite.
44:43Non.
44:45On ne connaît pas
44:45cette histoire-là
44:46mais c'est venu
44:47beaucoup plus tard.
44:47Les allemands au départ
44:49étaient dans les rues
44:50et envahissaient
44:51les maisons.
44:52C'est ça.
44:53Et en fait,
44:54quand la France
44:55ou les allemands
44:55ont bombardé,
44:57c'était un peu
44:57au hasard en fait.
44:59C'était un peu,
44:59ça tombait
45:00puis ça explosait
45:01ou ça n'explosait pas.
45:03Et ils s'en
45:03reservaient ailleurs.
45:05Et vous évoquez
45:07dans ce livre
45:08mois par mois
45:09la guerre
45:10parce que
45:11ça n'en finissait pas.
45:12En 1917,
45:13on se dit
45:14est-ce que ça va durer
45:14ou non ?
45:15C'est ça.
45:16En fait,
45:17Louise,
45:17mon personnage,
45:18cette femme,
45:18cette inconnue,
45:19m'a donné le cadre
45:20de l'écriture
45:21puisque elle,
45:22dans ses voyages,
45:23c'est elle qui m'a donné
45:24les clés des dates.
45:26On voit,
45:27et donc moi,
45:27j'ai rajouté des dates
45:28pour avoir ce cadre
45:29de l'évolution de la guerre
45:30et de l'évolution des choses.
45:32Et avec tous les contretemps,
45:33c'était fou.
45:34Mais on pouvait voyager
45:36même pendant la guerre.
45:38Elle va à Paris,
45:39elle va ailleurs.
45:41Là encore,
45:42ce n'était pas évident.
45:43Je trouve ça incroyable.
45:45Incroyable.
45:45Parce que
45:46d'abord,
45:46il fallait avoir les moyens.
45:48Puis souvent,
45:48c'était coupé.
45:49Alors,
45:50elle partait à pied,
45:50en vélo,
45:51en car,
45:53en train,
45:53etc.
45:54Mais ce qui est fou
45:55avec cette femme,
45:56c'est qu'elle revenait
45:57tout le temps
45:58à l'Univille.
45:58Elle n'a jamais
45:59abandonné sa ville.
46:01Elle a vécu à Nancy,
46:02on le dit dans le livre,
46:0316 rue Michelet
46:04où elle a connu
46:05le grand amour.
46:08Mais quand son mari
46:09est mort avant la guerre
46:10de maladie,
46:11je ne dévoile rien
46:12de particulier,
46:13mais elle a quitté,
46:14elle est partie
46:16à l'Univille,
46:16sa ville d'origine.
46:18Et où elle a d'ailleurs
46:19été inquiétée
46:20parce que
46:20le fait qu'elle se déplace
46:22tout le temps
46:22ne plaisait pas
46:23aux Français.
46:24C'est ça.
46:25Ça ne plaisait pas
46:26aux Français
46:27parce que
46:28c'est une époque
46:29où on a découvert
46:29aussi qu'il y avait
46:30des espions.
46:31Oui.
46:32donc c'était suspicieux
46:34de pouvoir voyager
46:35et revenir.
46:36Et puis il y avait
46:37des restrictions alimentaires.
46:38Oui.
46:38Ça on n'en parle pas beaucoup
46:39mais elles étaient
46:40presque beaucoup plus
46:41importantes qu'en 40.
46:43Ah ben bien sûr,
46:43bien sûr.
46:44Et puis je parle
46:45des réquisitions
46:46du vin,
46:47des aliments,
46:48etc.
46:48Tout le monde
46:48devait contribuer.
46:50L'amende financière
46:51aussi,
46:52où les gens
46:53étaient obligés
46:53de donner
46:54ce qu'ils avaient.
46:54Oui.
46:55C'est-à-dire que
46:55les Allemands
46:57arrivaient,
46:57les soldats arrivaient
46:58et pillaient les caves
46:59et le vin qu'il y avait.
47:00Tout.
47:01Et tout ce qu'ils ne voulaient pas,
47:02ils le brûlaient
47:03ou ils le mettaient
47:03dans le caniveau
47:04avec des substances
47:06pour pas que les gens
47:07puissent manger.
47:08Ils voulaient faire...
47:10Enfin c'était horrible.
47:10À l'époque c'est horrible
47:11quand même.
47:12Et vous évoquez
47:13le tournant
47:13de cette guerre de 14-18
47:14dont on parle peu.
47:15C'est le moment
47:16où la Roumanie
47:17déclare la guerre
47:18à l'Autriche.
47:19Oui.
47:19Et ça c'est un tournant.
47:21Historiquement,
47:21quand on voit les livres
47:22où on n'en parle pas forcément.
47:23On n'en parle pas beaucoup.
47:23Alors moi ça fait partie
47:24de mes recherches.
47:25Justement à chaque période,
47:27chaque date,
47:28pourquoi les Russes,
47:29pourquoi les Roumans,
47:30etc.
47:31Et l'Autriche et autres.
47:33Et on s'aperçoit
47:34qu'à un moment donné,
47:36ça bascule.
47:37Ça bascule de camp.
47:38Et puis ça avance.
47:40Et puis ça avance.
47:40Et puis les Alliés évidemment
47:42qui ont quand même
47:43apporté beaucoup.
47:45Et la débâcle.
47:46Et la débâcle
47:47à laquelle elle assiste
47:48en trop comprendre
47:49ce qui se passe.
47:49Parce qu'à l'époque
47:50les informations
47:50ne circulaient pas.
47:51Non, non, non.
47:52Il y avait de la presse
47:53quand même.
47:54Il y avait de la presse
47:55et donc elle récupérait.
47:56Mais on récupérait
47:57les articles
47:58trois jours,
47:58huit jours après.
48:00Le courrier
48:00était souvent rompu.
48:01Enfin,
48:02il n'y avait rien
48:02qui fonctionnait.
48:03Et puis vous évoquez
48:04les bombardements
48:05sur Paris
48:06qui ont été dramatiques
48:07en 1917.
48:09Oui,
48:09ben oui.
48:10Elle,
48:11elle est venue à Paris
48:11et c'était un peu
48:13un choc
48:13parce qu'entre la guerre
48:15qu'elle connaissait
48:15dans l'Est,
48:17elle n'avait pas l'impression
48:18qu'à Paris
48:18il y avait la guerre
48:19en fait.
48:20Après,
48:20il y a eu ce bombardement
48:21qui est tombé
48:22sur le métro
48:23dans le 20ème
48:24de même temps,
48:25je ne sais plus.
48:27Et tout ça,
48:28ça a été un peu
48:28une panique à Paris.
48:30Il y avait un peu
48:30de restrictions
48:31mais il n'y avait pas
48:32non plus
48:32la vie continuée
48:33en fait.
48:33et à travers ce livre
48:35on découvre finalement
48:37Fred Juarez
48:38une guerre 14-18
48:39qu'on ne connaissait pas
48:40sous cette forme.
48:41Non,
48:41je ne crois pas.
48:42C'est aussi ce qui m'a intéressé
48:43parce que pour un premier roman
48:45je ne peux pas dire
48:46que j'aurais écrit
48:48sur la guerre de 14.
48:50Mais encore une fois,
48:51trouver ce carnet
48:52était un devoir
48:53de faire quelque chose.
48:54Et puis,
48:55vous faites ce livre
48:56sans imaginer
48:57un seul instant
48:57qu'il va être édité.
48:58Oui,
49:00en fait,
49:00j'avais comme but
49:02parce que je suis
49:02assez tenace
49:04globalement.
49:05J'avais dit
49:06je vais écrire ce livre,
49:07je vais y arriver.
49:08Ça a été très très dur
49:10pour moi.
49:10Je peux vous le dire
49:10qu'écrire un roman,
49:12je ne savais pas
49:12à quoi je m'attaquais.
49:15Et j'ai d'ailleurs mon fils
49:16qui un jour m'a dit
49:17mais comment tu as fait
49:19pour aller au bout ?
49:19Tu n'as pas eu marre ?
49:20Tu n'as pas eu envie
49:21d'abandonner ?
49:21Je lui dis si, si.
49:23Il me dit
49:23comment tu as fait ?
49:24Je lui dis
49:24c'est là où j'ai commencé
49:25à en parler à tout le monde.
49:27Je me suis mis moi-même
49:28au pied du mur
49:29en disant
49:29il faut que tu ailles au bout.
49:30Il faut que tu ailles au bout.
49:30Tu en as parlé
49:31maintenant que tu y vas.
49:32Et quand j'ai terminé
49:33ce livre,
49:34j'ai fait 150 lectures,
49:36je l'ai envoyé à quelqu'un
49:37pour le lire,
49:38le corriger,
49:39l'embellir et tout.
49:39Je n'étais pas content.
49:40Et puis il y a encore
49:41des petites fautes
49:42comme dans tous les livres presque.
49:44Et là tout le monde me dit
49:45mais de toute façon
49:45tu ne trouveras pas d'éditeur.
49:46C'est un peu comme
49:47une maison de disques.
49:48C'est pareil.
49:48C'est pareil,
49:49tu ne trouveras pas.
49:50Parce qu'il y en a tellement
49:51qui sortent,
49:52c'est impossible.
49:53Alors là j'ai répondu,
49:54il y a deux choses.
49:55C'est un,
49:56au pire je l'éditerai moi-même
49:58pour la famille et les amis
49:59mais cette Louise,
50:01mon personnage,
50:02existera quoi qu'il arrive.
50:03Et j'ai commencé
50:04à envoyer à des éditions
50:06et il y en a un
50:07qui m'a répondu
50:07il faut l'envoyer
50:08là à telle adresse
50:08pour le comité de lecture.
50:10Je n'attendais rien
50:11avant trois, quatre mois
50:12voire jamais.
50:14Et puis un jour,
50:15un week-end,
50:16je reçois un mail
50:16du PDG de Louise Bleu Édition
50:19distribué par Hachette
50:20qui m'envoie un mail
50:21en disant
50:21voilà le résumé
50:22du comité de lecture.
50:24Là je lis,
50:25ça correspond exactement
50:26à l'esprit de mon livre.
50:29Nous aimerions
50:30vous proposer un contrat.
50:31Et c'est parti.
50:32Un mois et demi.
50:33Exactement.
50:34Et depuis vous faites
50:34les salons du livre
50:35avec un public
50:36qui découvre
50:38votre personnalité
50:39et qui découvre
50:39cette guerre de 14-18.
50:41Oui, c'est génial
50:42parce que c'est un peu
50:43comme quand j'ai fait
50:43des expositions
50:44c'est rencontrer des personnes
50:45et pour un artiste
50:46c'est pareil,
50:47rencontrer son public
50:47c'est pareil.
50:49Et je rencontre des gens
50:50qui à la base
50:50n'achèteraient pas
50:52mon livre
50:52parce qu'ils ne me connaissent pas
50:53je ne suis pas connu
50:54et on parle
50:55et on échange
50:56et ils lisent
50:57je présente un peu
50:58l'histoire, etc.
51:00Et j'ai tellement de gens
51:01qui m'en achètent
51:01qui me disent
51:02mais c'est génial
51:03parce que les femmes
51:04n'ont pas été assez reconnues
51:05parce que
51:06plein de choses
51:06parce que ce n'est pas
51:07un livre
51:08sur la guerre
51:09et les atrocités
51:10de la guerre
51:10c'est un livre
51:10c'est un livre
51:11sur un hommage
51:12aux femmes
51:13pendant cette guerre.
51:15Je suis convaincu
51:16que ceux qui nous écoutent
51:17auront envie de le lire
51:18parce qu'effectivement
51:20cet hommage existe
51:21et puis ça va peut-être
51:22vous donner envie
51:22de continuer dans l'écriture.
51:24Alors j'ai des notes
51:25parce que
51:26j'ai des personnes
51:27qui me demandent la suite
51:28et d'autres personnes
51:29qui me disent
51:30mais alors
51:30c'est quoi la prochaine étape
51:32tu vas faire un autre livre ?
51:33J'ai dit oui
51:34j'en ai envie
51:34j'en ai envie
51:35j'ai un carnet
51:36qui est là dans mon sac
51:37j'ai toujours un carnet
51:38où je prends énormément de notes
51:40alors comme je dis
51:41dans un premier livre
51:42je pense
51:43et j'ai l'impression
51:44qu'on se livre beaucoup
51:45par rapport à soi
51:47dans ce livre
51:48il y a énormément
51:49de choses personnelles
51:50en fait
51:50qui sont noyées évidemment
51:51mais ce sont les lieux
51:53où j'ai vécu
51:53où j'ai vécu des choses
51:55etc.
51:56et je crois que ça nous aide
51:58déjà au départ
51:58alors
51:59cette femme m'a aussi aidé
52:01dans le cadre des dates
52:03et moi j'ai intégré
52:04un peu mon histoire personnelle
52:06à travers des personnes
52:07qui me sont chères
52:08à travers des choses
52:09voilà
52:09et pour le deuxième
52:13je dis toujours
52:14je crois que
52:16effectivement parler d'un instinct
52:18je peux vraiment inventer des histoires
52:21mais les écrire
52:22c'est une autre étape
52:23ça viendra pour l'instant
52:24c'est un murmure
52:25si j'ose dire
52:25oui oui
52:26c'est un vrai murmure
52:26mais il y a des choses déjà
52:28voilà
52:28en attendant ce murmure
52:29et cet espoir
52:30il faut lire
52:30les murmures de l'espérance
52:32au lisse bleue
52:32un roman passionnant
52:34et passionné
52:35comme vous l'êtes
52:35ben merci beaucoup Jacques
52:37merci Fred Jaurès
52:38et à bientôt
52:38pour le second livre
52:39c'est ça
52:40merci
52:40l'écriture de vie
52:41c'est terminé pour aujourd'hui
52:42on se retrouve bientôt
52:43restez fidèles
52:43à l'écoute de Sud Radio
52:44adieu
52:44– Sous-titrage FR 2021
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