- il y a 9 minutes
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PersonnesTranscription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:05Vous êtes depuis bien longtemps sous l'emprise d'une passion ô combien louable, l'écriture.
00:10Elle vous permet d'en évoquer une autre dont il est très difficile de se défaire dans un roman inspiré
00:15d'une histoire vraie.
00:17Le mot chou figure dans le titre, ce qui est logique, puisque vous faites plus que jamais partie de la
00:22crème des romancières.
00:23Bonjour Catherine Pancol.
00:25Bonjour Jacques Pessis.
00:26Alors on vous retrouve avec des choux et des reines, ce roman chez Elbin Michel.
00:29Qu'on va évoquer tout à l'heure, qui est un roman d'actualité, d'une triste actualité d'ailleurs.
00:34Mais en même temps il y a votre sourire et votre plume qui rattrapent tout ça.
00:38Le principe des clés d'une vie, vous le connaissez, c'est d'évoquer votre parcours à travers des dates
00:42clés.
00:42Vous êtes venu plusieurs fois, mais j'ai trouvé d'autres dates.
00:46Oui, c'est ce que je me demandais.
00:47Ah ben voilà, j'ai trouvé une date qui ne vous correspond pas, mais qui est importante dans vos passions.
00:51Le 9 octobre 1925, c'est la sortie de ce film.
01:00Oh là là, c'est le premier film que j'ai vu ?
01:03Exactement.
01:03Oh là là !
01:04Ah oui, j'ai rentré du Maroc, donc j'avais 5 ans.
01:08Et je n'avais jamais été au cinéma.
01:09J'avais 5 ans, vous me direz, c'est mal.
01:12Et on m'a emmenée voir la ruée vers l'or.
01:16J'ai cru que c'était vrai, j'ai cru qu'il allait manger sa chaussure, qu'il allait se
01:23faire démolir par le gros méchant.
01:26Et moi j'étais vraiment dans le film.
01:28J'ai fait des cauchemars pendant des nuits et des nuits.
01:31C'est fou, hein ?
01:32En fait la chaussure du film était en réglisse.
01:34Et ça a duré 3 jours les prises de vue, ce qui fait qu'il serait à l'hôpital avec
01:38une crise d'insuline.
01:39Eh oui !
01:40Tellement il a mangé de réglisse.
01:41Il était formidable, il faisait tout.
01:44Il faisait la musique, le scénario, il jouait, il dirigeait.
01:49Et il y a 2500 chercheurs d'or comme figurants.
01:52En fait ce sont des vagabonds qu'on a engagés pour un jour pour leur donner un peu d'argent.
01:57Alors ce film effectivement vous touche parce que vous avez vous-même été, si j'ose dire, sans domicile fixe.
02:02Un peu comme Charlot.
02:03Oui, quand je suis rentrée du Maroc, exactement, j'étais sans domicile fixe.
02:08On ne savait pas où habiter.
02:10Et je crois que c'était la crise du logement à l'époque en France.
02:16Qu'est-ce que vous avez fait ?
02:17Et donc mon père nous a laissé, je crois que c'était à Aix-en-Provence.
02:22Et on a fait le tour de France.
02:24C'est-à-dire que maman avait une technique.
02:25On en allait dans un café.
02:28Elle nous prenait un café au lait.
02:29Elle était très, assez jolie, bien mise.
02:33Elle avait un intérieur élevé.
02:35Et elle se liait d'amitié, enfin d'amitié.
02:39Elle commençait à parler à une jeune femme.
02:41Elle lui disait, mais madame, vous êtes toute seule avec deux enfants dans un café.
02:45Elle lui racontait que son mari, elle, n'avait pas d'appartement.
02:49Et très souvent la dame, et on finissait par aller habiter chez cette dame.
02:53Carrément.
02:54Voilà.
02:54Et on allait habiter chez cette dame.
02:56Donc moi j'allais à l'école.
02:58Moi je devais avoir, à l'époque, j'étais petite, je suis née en 54.
03:00On a dû rentrer en 58.
03:02C'est ça.
03:03Et donc j'allais à l'école, enfin petite maternelle.
03:05Tout ça, c'était pas très, très grave.
03:07Et puis au bout de deux, trois mois, on déménageait.
03:10Parce que mon père avait séduit la dame qui nous avait hébergées.
03:13Carrément.
03:14Et le mari n'était pas très, très content.
03:15Et donc nous partions la nuit, à Pas-de-Loup.
03:19Et on allait se mettre dans un autre café et tout recommencer.
03:21C'est presque le sujet d'un film.
03:23Vous auriez pu écrire un film avec cette histoire ?
03:25Avec ma vie, je peux écrire un film, je vous assure.
03:27Vous le ferez un jour ou l'autre.
03:28Alors je trouve que vous êtes née à Casablanca, comme Daniel Pénac.
03:31Et Daniel Pénac, lui, était un cancre à l'école.
03:34Et il est devenu professeur très sérieux, parce qu'il a eu l'amour des livres.
03:39Et finalement, c'est un point commun avec vous.
03:41Oui.
03:41Oui, oui, moi ça, les livres, ça a été...
03:44C'est-à-dire que j'avais une vie le jour, j'allais à l'école.
03:47Et j'avais une vie la nuit, je lisais.
03:49Mais en même temps, le goût de la lecture est venu par votre mère,
03:53qui était institutrice.
03:55Non, pas du tout, parce que maman ne lisait pas du tout.
03:57Ah bon ?
03:58Non, non, je ne sais pas pourquoi.
04:00Je ne sais pas pourquoi je me suis mise à lire.
04:02J'étais pas loin, on n'habitait pas loin d'une bibliothèque municipale.
04:07Et j'ai dû rentrer un jour, demander un livre, et ça a commencé comme ça.
04:11C'est fou, et vous avez été tellement fascinée que vous avez continué régulièrement
04:15à lire tous les livres qui vous tombaient des réunions.
04:17Je lisais tout, je lisais même les notices de médicaments, ou les notices de dentifrice.
04:22Je lisais tout.
04:24Mais vous aviez envie, ça vous fascinait, qu'est-ce qui vous fascinait dans le livre ?
04:27Les mots, moi c'était les mots.
04:29Mais je vous assure, moi je me rappelle le jour où je suis tombée sur le mot fichu.
04:35Vous savez les petits fichus qu'on se nouait sous le menton ?
04:40Et ce petit mot m'a mis dans un état de trance.
04:44J'étais heureuse, je répondais fichu, fichu.
04:48Il y en avait beaucoup, bigoudis, bigoudis.
04:50Alors là, c'était comme des bonbons.
04:54Et les bibliothèques municipales ont été créées en 1862.
04:57En fait, dans chaque école primaire au départ, on a dit il faut lire, c'est une bonne nouvelle.
05:01Et c'est l'église catholique qui a créé le réseau des premières bibliothèques.
05:05Ah bon ? Je ne savais pas.
05:06C'est fou, hein ?
05:07C'est parti de tout ça.
05:09Alors, je crois que votre premier livre qui vous a vraiment touché, Catherine Pancol, c'est Sans Famille.
05:15Oui, Sans Famille.
05:16Pourquoi ?
05:17Bouleversement.
05:18C'est des gens d'un petit garçon orphelin.
05:21Enfin, il n'a plus de papa, il n'a plus de maman.
05:23C'est un enfant trouvé et qui part sur les routes.
05:29Qui était un peu comme moi, d'ailleurs, qui était sur les routes.
05:32Oui, c'est ça.
05:32J'ai dû m'identifier à lui.
05:35Le Gabon, avec deux caniches.
05:40Et je ne me rappelle plus le nom du monsieur, enfin de l'homme de troupe.
05:45Et il fait des spectacles.
05:47Il ramasse l'argent à la fin du spectacle.
05:49Et il rêve de sa maman, parce qu'il a un vague souvenir de sa maman.
05:53Oui, j'ai dû m'identifier totalement.
05:56Il faut savoir qu'Hector Malot, à l'époque, était aussi célèbre que Balzac.
05:59On en parle beaucoup aujourd'hui.
06:00Oui, on n'en parle plus du tout.
06:01Et puis, il était tellement célèbre que quand le capitaine Dreyfus est incarcéré,
06:05Lucille, la femme du capitaine Dreyfus, va voir Hector Malot en disant
06:08« Aidez-nous, vous êtes un homme bon ».
06:10Ah bon ?
06:11Hector Malot était malade, halitée.
06:13Et finalement, elle est allée vers Zola et qui a publié son jacuzzi.
06:16Et au départ, c'est Hector Malot qui devait défendre Dreyfus.
06:19Ah, je ne savais pas du tout.
06:21Vous avez trouvé ça où ?
06:22Ah ben, j'ai trouvé ça dans mes archives.
06:24Alors, c'est vrai que vos lectures ont évolué avec les années.
06:27Oui.
06:27Petit à petit, vous avez découvert d'autres choses.
06:29J'ai grandi, surtout.
06:30Mais qu'est-ce qui vous a touché, justement ?
06:32Parce que, est-ce que c'est de plus en plus des romans ou des essais ?
06:35Ah non, moi, c'était romans, mon roman.
06:37Romans, romans.
06:38Non, puis, ce que vous avez oublié de dire, c'est que...
06:41Ce que j'ai oublié de vous dire, c'est que moi, je lisais par ordre alphabétique.
06:44Oui, ça le sait.
06:44Parce que je ne voulais absolument rien manquer.
06:46Je pensais que si j'allais manquer un livre, mon monde allait s'écrouler.
06:51Donc, je faisais tous les A à la bibliothèque.
06:52Mais je suis arrivée sur Balzac, B.A.
06:55Donc, il était Balzac.
06:57Et Balzac m'a pris un temps infini.
06:58Mais en même temps, j'ai découvert un monde...
07:01Ah oui, là, je suis vraiment partie très, très loin.
07:03Comme, je pense, les gamins, quand ils vont voir les Interstellar ou, je ne sais pas, les grandes sagas, épopées
07:13au cinéma.
07:14Moi, c'était Balzac.
07:15Plus que la télévision.
07:17Alors, nous, on n'avait pas la télévision à la maison.
07:19Donc, je n'ai pas été élevée du tout par la télévision.
07:22En fait, il y a une émission aux Etats-Unis très célèbre, littéraire.
07:26Une série qui s'appelle Reading Rainbow, qui permet aux enfants d'apprendre à lire et de découvrir les romans.
07:31Ah bon ?
07:32Oui. Ça n'existe pas en France, hélas.
07:34Mais ça marche très, très bien.
07:35Ah oui, ça marche bien ?
07:36Oui.
07:37Parce qu'il n'y a plus de librairie aux Etats-Unis.
07:40C'est un autre débat.
07:41Alors, le problème aussi, c'est que vous avez souvent changé d'école, changé de copine.
07:45Et ça, ce n'est pas très joyeux pour une enfant.
07:47Non, c'était très triste, ça.
07:49Mais ça ne vous a pas empêché d'être une élève très brillante ?
07:51Non, je n'étais pas brillante.
07:54Vous avez eu le bac très tôt, quand même ?
07:55Oui, j'ai eu le bac tôt, parce que j'avais une mère institutrice.
07:57Il fallait que je sois dans les cinq premières de la classe, sinon ça n'allait pas.
08:02Mais en même temps, le bac à 16 ans, ce n'est pas si fréquent ?
08:05D'abord, j'avais deux ans d'avance, parce que maman, qui était institutrice, m'a appris à lire et
08:09à écrire.
08:10Donc, je suis rentrée très, très vite en grande section.
08:12Je ne me suis pas tapé les petites classes maternelles.
08:15Oui, mais en même temps, quand on n'a pas de copine et qu'on doit travailler, ce n'est
08:19pas toujours très agréable ?
08:20Non, mais je n'aime pas mon enfance, vous le savez.
08:21Mais on le sait, donc.
08:22C'est depuis longtemps.
08:24Non, mais en même temps, je m'étais beaucoup réfugiée dans les livres.
08:26C'est vrai que j'étais très, très bonne en français.
08:31Et je me réfugiais dans les...
08:32J'avais toujours de très, très bonnes notes, en dictée, en composition.
08:36On a fait ça composition, les dissertations.
08:39Et j'ai fait un bac littéraire, donc...
08:41Et ça vous a permis ensuite de donner des cours de latin et de français ?
08:44Oui, j'étais bonne en latin aussi.
08:46J'aimais beaucoup, beaucoup le latin.
08:48C'est très logique, le latin.
08:49Oui.
08:50C'est comme faire des sudokus, le latin.
08:52Mais il se trouve en plus que vous avez gagné votre vie, de différentes manières, dont des cours...
08:57J'étais prof de français latin, à Lausanne.
09:02Et ça aussi, c'était très, très fort, parce qu'à 18 ans, ce n'est pas très fréquent non
09:06plus.
09:06Alors là, je devais avoir 19.
09:08Oui, bon, ça va.
09:09Et puis, un jour, vous rencontrez un copain de fac qui s'appelle Dominique Farrand.
09:13Oui.
09:13Et il va changer votre vie.
09:15Oui.
09:15Car Dominique Farrand est le fils de Jean Farrand, directeur de RTL.
09:19Oui, qui était directeur de RTL.
09:21Et la veille, j'avais quitté mon boulot parce que j'avais été...
09:27Maintenant, je ne sais pas comment on dirait, mais en fait, mon patron...
09:31Je travaillais le week-end pour gagner de l'argent et j'allais en fac la semaine.
09:35Et donc, le week-end, en gros, je parlais anglais, moi.
09:38Donc, je servais d'interprète à mon patron qui était directeur d'une agence de mannequins.
09:45Et donc, il allait faire son marché de filles jolies et ravissantes à Stockholm, Oslo, Francfort, tous les pays nordiques.
09:54Et il avait toujours une ou deux mannequins qui se mettaient dans son lit pour la nuit.
09:59Mais moi, je ne m'occupais pas de ça.
10:02Je m'occupais de...
10:03Est-ce que vous pouvez venir vivre à Paris ?
10:04Est-ce que vos parents sont d'accord ?
10:06Est-ce que vous avez des allergies alimentaires ?
10:07Enfin, oui, je leur posais des...
10:08Je les interviewais pour savoir comment elles voulaient vivre.
10:12Et un jour, il n'a pas trouvé de mannequin à se mettre sous la dent et il a essayé
10:16de me sauter.
10:17Mais ça a été très, très loin.
10:19Et donc, ça a été horrible.
10:21Moi, ça a été horrible.
10:24Et donc, j'ai perdu mon boulot et je n'avais plus d'argent.
10:27Et j'étais...
10:29J'étais assise sur un bon public.
10:32Non, mais c'est vrai.
10:33Il est près de l'avenue Marceau.
10:35Et Dominique Farrand est passé en voiture, en plus.
10:38Et il a dû m'apercevoir.
10:40Et j'ai entendu la voiture qui faisait marche arrière.
10:42Et puis, il m'a dit...
10:44Il m'a dit, Catherine, ça ne va pas.
10:45J'ai dit, oh ben non, la vie est trop dure.
10:47Je trouvais que la vie était trop compliquée.
10:50Et il m'a dit...
10:51J'ai perdu mon boulot et j'en ai marre de chercher un travail tout le temps.
10:55Il m'a dit, va voir papa.
10:56Et papa était directeur de RTL Paris Match Marie-Claire.
11:00Oui, car à l'époque, Jean Farrand cumulait les emplois pour Jean-Pourgne.
11:04Il y avait une chose extraordinaire.
11:05Régulièrement, il se faisait virer de match sur le RTL.
11:08Donc, il touchait des indemnités et il revenait la semaine suivante.
11:11C'était une autre époque.
11:12Et c'est vrai que Jean Farrand, quand il est arrivé à Radio Luxembourg, qui est devenu RTL,
11:17il a eu le génie de mettre des émissions qui n'ont pas marché pendant deux ans.
11:20Il a insisté.
11:21A l'inverse de ce qu'on fait aujourd'hui.
11:23Résultat, ils ont duré 30 ans.
11:24Oui.
11:26Elles ont très bien duré.
11:27Elles ont très bien duré.
11:28Et vous aussi, vous avez fait votre parcours là-dedans.
11:31Et j'ai trouvé une autre date importante dans ce parcours, le 10 avril 1975.
11:36A tout de suite sur Sud Radio avec Catherine Pancol.
11:39Sud Radio, les clés d'une vie.
11:40Jacques Pessis.
11:41Sud Radio, les clés d'une vie.
11:43Bon, il était Catherine Pancol.
11:44Un nouveau roman tout à fait étonnant qui s'appelle « Des choux et des reines »
11:48chez Albin Michel.
11:49On en parlera parce que c'est très différent des sagas que vous avez publiées ces dernières années.
11:5410 avril 1975, votre première télé grâce à cette chanson.
12:04Car vous avez fait l'interview de Sheila à la maternité avec Ringo et le bébé Ludovic.
12:10Oui.
12:10C'est votre première télé.
12:12C'est ma première.
12:14Je n'apparaissais pas, moi.
12:15Il y avait Sheila, Ringo et le bébé.
12:19Comment ça s'est passé ?
12:19Non, mais j'avais fait, surtout en rentrant dans le groupe RTL, Paris Match, Marie-Claire,
12:24ils avaient aussi un journal qui s'appelait « Malmoiselle ».
12:26Et comme moi, j'avais été engagée comme stagiaire à tout faire,
12:31ils avaient besoin de quelqu'un pour interviewer Sheila.
12:34Et c'est pour un journal qui s'appelait « Malmoiselle ».
12:36Exactement.
12:37Et donc, personne ne voulait aller interviewer Sheila
12:40parce qu'ils étaient tous des trop grands journalistes pour aller interviewer Sheila.
12:44Donc, ils me sont dit, on va envoyer la petite stagiaire.
12:46Je me suis pointée et je suis tombée sur Claude Carrère
12:48qui était son producteur
12:51et qui m'a présenté Sheila,
12:53qui était très très gentille et tout.
12:54J'ai fait une interview de Sheila,
12:55j'ai fait un papier sur Sheila.
12:57Et puis, quand le papier est dit,
12:58j'ai reçu un coup de fil de Claude Carrère
13:00qui m'a dit,
13:01« Dis donc, vous écrivez bien ?
13:02Qu'est-ce que vous faites dans la vie ? »
13:04Je dis, « Ben, je fais une licence de lettres »
13:07et là, je suis journaliste à Match et il m'a dit,
13:11« Ah, vous écrivez bien, donc faites-moi une chanson pour Sheila. »
13:15Voilà.
13:16Et il m'a dit, « Est-ce que vous voulez gagner de l'argent ? »
13:17Je dis, « Ah oui ».
13:20Et j'ai écrit « Mélancolie pour Sheila ».
13:22Exactement.
13:22Qui est cette chanson ?
13:37Une chanson, ce n'est pas un article qu'on écrit littéralement.
13:40C'est très très dur, une chanson.
13:41C'est très très dur.
13:43Parce qu'il faut que ça rime,
13:44il faut que les mots soient légers.
13:45Vous ne pouvez pas écrire métamorphose dans une chanson.
13:49Ça fait un peu lourd, vous voyez.
13:51Il faut trouver des mots aériens.
13:52C'est pour ça que les chansons sont très très bien en anglais.
13:54Parce que l'anglais est vraiment un langage chantant.
13:56Parce qu'en français, on a vraiment des mots,
13:58des meubles à transporter.
14:02Mais ça a été formidable,
14:04parce qu'on gagne vraiment de l'argent.
14:06Avec les chansons.
14:09Votre apprentissage, Catherine Pancol,
14:10d'abord, vous arrivez à Paris Match,
14:11vous êtes l'enquêtrice.
14:13C'est une époque qu'on ne peut plus imaginer.
14:14Aujourd'hui, les journalistes arrivent vers midi
14:16après avoir pris leur petit déjeuner.
14:18Non, mais pas les enquêteurs.
14:19Non, mais non, vos patrons.
14:21Oui, les patrons.
14:21Ils arrivent vers midi.
14:22Les journalistes avec le titre de journaliste.
14:25Voilà, donc ils ont pris leur petit déjeuner vers midi
14:26à la maire Ferronnière,
14:28un café à côté, ils arrivent.
14:29Et vous, vous avez déjà beaucoup travaillé.
14:31Ah oui, nous, on nous envoyait...
14:33C'est-à-dire qu'il y avait un sujet
14:34et on nous disait,
14:35bon, ramenez-nous tout ce que vous savez sur ce sujet.
14:38Donc, si c'était un cambriolage,
14:41tous les gens de l'immeuble, par exemple.
14:43Et après, il fallait passer au commissariat de police.
14:45Si c'était un incendie,
14:47il fallait voir les pompiers.
14:49Vous voyez, on faisait ce qu'on appelait
14:50faire les commissariats
14:52et ramasser des indices.
14:55Et on racontait tout ça sur une feuille de papier,
14:58ploum, ploum, ploum,
14:59qu'on donnait aux gens
15:00qui allaient écrire l'article pour de bon.
15:02Oui, mais c'est une façon d'apprendre le métier.
15:05Ah oui, et puis vous apprenez plein de choses.
15:07Moi, j'ai appris à faire des planques,
15:08parce que c'était que faire une planque.
15:10Quand, par exemple, je me rappelle,
15:11il y avait eu un otage
15:12qui était rentré en France
15:15et il fallait aller au port.
15:17Et il fallait apprendre à...
15:18Non, pas un otage.
15:20Oui, il y avait un otage qui était mort
15:21et un otage qui était vivant.
15:22Il fallait apprendre où allait être enterré
15:24l'otage mort.
15:26Et donc, je me rappelle,
15:26j'étais avec un photographe de match
15:27qui lui faisait des photos,
15:28l'arrivée de l'avion,
15:30l'arrivée du cercueil,
15:31le pleur de la famille,
15:32enfin, Paris Match.
15:35Et donc, il me dit,
15:36trouve l'endroit où l'autre va être enterré.
15:38Et donc, je me suis mis
15:39dans le convoi de la famille,
15:41en pleurant et en sanglotant.
15:42Et je suis arrivée,
15:43j'ai demandé,
15:44où va-t-il être enterré ?
15:45Et j'ai eu l'adresse.
15:47Voilà, c'était assez rigolo.
15:49C'était Tintin, en fait.
15:50En même temps,
15:51vous apprenez un métier
15:52que vous n'imaginiez pas
15:53exercer au départ,
15:54Catherine Fancol.
15:55Non, moi, j'étais partie
15:55pour être prof de français.
15:57Donc, ah oui,
15:58j'ai tout appris, là.
15:59Et vous avez aussi appris
16:01à écrire des articles
16:02car finalement,
16:03vous aviez une écriture
16:04très littéraire
16:04et il a fallu la simplifier.
16:06Je crois que votre écriture
16:06d'aujourd'hui,
16:07elle est née de cette époque.
16:08Elle est née,
16:08alors parce qu'après Paris Match,
16:10à Paris Match,
16:11j'ai rencontré une femme
16:12absolument formidable
16:12qui s'appelait Juliette Boiriveau
16:14et qui m'a dit,
16:15ma petite fille,
16:16vous ne ferez rien à un match,
16:17c'est un monde de machos.
16:19Donc, je pars faire un journal
16:21qui s'appelle Cosmopolitan,
16:22venez avec moi
16:23et j'ai suivi Juliette
16:24et c'est elle qui m'a dit
16:25je vais vous apprendre à écrire.
16:26Il se trouve que Cosmopolitan,
16:28c'était un journal né
16:29d'abord en 1886 aux Etats-Unis.
16:31Les Etats-Unis, oui.
16:32Mais il y a une femme,
16:32c'est Hélène Gurley de Brond
16:33qui a modernisé ce journal
16:35et qui a créé
16:36le premier journal féminin.
16:38Exactement.
16:39Et impertinent.
16:40Et impertinent.
16:42Et là, vous avez commencé
16:43à travailler
16:44et à tout faire dans ce journal.
16:45Oui, c'est tout.
16:46Parce qu'il y avait Juliette
16:47qui était rédaction-chef,
16:48il y avait quelqu'un à la maquette.
16:50Moi, je faisais tout.
16:51Je faisais les voyages,
16:52je faisais l'horoscope,
16:53je faisais les interviews,
16:55je faisais l'histoire
16:55du soutien-gorge.
16:58C'était un mensuel.
17:01Vous aviez trois pseudonymes,
17:02je crois.
17:02J'avais trois pseudos.
17:03Pour faire croire
17:04qu'il y avait beaucoup de gens
17:05à la rédaction.
17:06Mais là aussi,
17:07on apprend son métier.
17:08Ah non, mais j'ai tout appris
17:09à Cosmo.
17:10Puis il faut travailler beaucoup,
17:11il faut travailler vite.
17:12Non, non.
17:13En plus, c'est un journal
17:14que Jean Prouveau,
17:15le propriétaire,
17:16avait lancé
17:17sans trop y croire.
17:18En disant que ça ne marchera jamais.
17:19Pour sa petite fille.
17:19Il voulait amuser sa petite fille.
17:21Voilà.
17:21Il voulait amuser sa petite fille.
17:22Lui, il avait un autre journal
17:23qui s'appelait Marie-Claire.
17:24Marie-Claire,
17:24qui était très digne, là,
17:26pour le goût.
17:26Parce qu'à Cosmopolitan,
17:27on était très, très effrontés.
17:29Vous savez qu'on a perdu
17:30100 000 lecteurs
17:31au quatrième numéro
17:32parce que Juliette Borivaud,
17:34elle avait l'idée
17:35de mettre un sexe
17:35en double page.
17:36Et le titre,
17:37c'était
17:37Comment s'en servir ?
17:40À l'époque,
17:41c'était énorme.
17:43On a perdu 100 000 lectrices
17:44en une seule fois.
17:46Ça s'est fait remonter
17:47les bretelles.
17:48J'imagine.
17:49Non, mais c'est vrai
17:49que Juliette Borivaud
17:50osait tout.
17:51Et en même temps,
17:51c'était une époque
17:52où on commençait à oser.
17:54Exactement.
17:55Mais nous,
17:55on était révolutionnaires
17:56à Cosmo.
17:57Mais quand je vois maintenant,
17:58aujourd'hui,
17:58je me dis,
17:58bah oui,
17:59c'était fastoche.
18:00Et vous faisiez une rubrique
18:01psycho-drôle, je crois.
18:03Je faisais tout.
18:04Je faisais le célibataire du mois.
18:05Je faisais psycho-drôle.
18:07Je faisais tout.
18:08En même temps,
18:08vous avez été une pionnière
18:10d'une certaine presse féminine
18:11d'aujourd'hui,
18:11Catherine Pancol,
18:12sans vous en rendre compte.
18:14Oui,
18:14mais je ne me suis pas rendue compte.
18:17Moi,
18:18j'avais quel âge ?
18:19À l'époque,
18:19je suis rentrée à Cosmo,
18:20j'avais 22 ans.
18:21Vous vous rendez compte ?
18:21Donc moi,
18:22ça me paraissait normal.
18:23C'était l'ère du temps,
18:23en fait.
18:24Juliette,
18:24elle était très forte.
18:25Elle a saisi l'ère du temps.
18:27Alors comme elle,
18:27elle devait avoir 40 ans,
18:29je pense,
18:29elle s'est dit,
18:30il vaut mieux mettre
18:31Pancol sur le cou
18:32que moi, quoi.
18:33Et en même temps,
18:34c'est une époque qui évolue
18:35car les années 70
18:37ont été vraiment
18:38le déclencheur
18:39du monde d'aujourd'hui.
18:40Oui.
18:41Sauf qu'il y avait
18:44une légèreté
18:44qui n'y a plus aujourd'hui du tout.
18:46Il y avait une...
18:46La vie était très très simple.
18:49On fonctionnait
18:50sur l'envie,
18:50le désir
18:53et l'audace.
18:54On osait tout
18:55puisque ce n'était pas
18:56très grave
18:57si on se plantait.
18:59Mais ce journal féminin,
19:00donc Cosmo,
19:01il y a eu d'autres
19:01journaux féminins.
19:02Je ne sais pas si vous le savez,
19:03le premier journal féminin
19:04de l'histoire,
19:05il s'appelait
19:06Muse Historique
19:07en 1650.
19:08Muse et quoi ?
19:09Muse Historique.
19:09Muse Historique.
19:10C'est un mauvais titre.
19:11Le Mercure Galant
19:12en 1672
19:13et à Londres
19:14de Ladies Mercury
19:17en 1693.
19:18Ce sont les ancêtres...
19:19En 1693 ?
19:21Il y avait déjà des journaux ?
19:22Des journaux féminins, oui.
19:24Vous êtes sûre ?
19:25Ah oui, certain.
19:25En Angleterre.
19:27En Angleterre ?
19:28Ah oui.
19:28Alors,
19:29il se trouve que cette époque,
19:30effectivement,
19:31ça vous a permis aussi
19:32d'apprendre à observer.
19:34Car,
19:34quand tout ce que vous faites
19:35dans les livres aujourd'hui,
19:36c'est le résultat
19:37de l'observation
19:38de ces années-là.
19:40En fait,
19:40je crois que je suis née
19:41comme ça.
19:42Je suis née...
19:43C'est ma passion
19:45de regarder les gens.
19:46Je trouve ça passionnant
19:47de regarder les gens.
19:48Et je me rappelle
19:49quand j'étais petite,
19:50ma mère me disait toujours
19:51qu'à Casablanca,
19:52je partais le matin
19:53avec un petit fauteuil
19:54en rotin
19:55et en face de la maison,
19:57il y avait
19:57les Galeries Lafayette.
19:58Et je m'installais
19:59au rayon bonbon
20:01des Galeries Lafayette
20:02avec mon petit fauteuil.
20:03Je mangeais des bonbons
20:04et je regardais passer les gens.
20:06Et c'était...
20:06J'étais comme devant
20:07la télévision, quoi.
20:08Exactement.
20:09Mais ça venait d'où ?
20:10C'était instinctif ?
20:11Je pense que c'est...
20:12Oui, j'avais ça en moi.
20:13Oui, je pense.
20:14Et vous avez toujours observé
20:16et pris des notes ?
20:17Alors, pas quand je...
20:18Après, ensuite ?
20:19Oui, parce qu'on oublie vite.
20:22Donc moi, je marque.
20:23Je marque des trucs.
20:24Alors, de temps en temps,
20:24je ne me rappelle plus
20:25pourquoi j'ai marqué ça.
20:27Mais oui, je marque.
20:28C'est devenu presque
20:28un réflexe journalistique
20:30et ensuite romancier.
20:31Oui.
20:31Et puis quand on est journaliste,
20:32quand on fait une interview
20:34et qu'on ne peut pas
20:36enregistrer
20:36pour je ne sais quelle raison,
20:38il faut prendre des notes.
20:39Et vous pensiez à l'époque
20:41faire une carrière de journaliste
20:43définitivement ?
20:44Moi, je n'ai jamais pensé
20:45faire quoi que ce soit.
20:46C'est aussi typique
20:48de cette époque.
20:50C'est-à-dire que
20:50je m'étais retrouvée
20:52à Match.
20:53J'avais bien vu
20:54qu'il n'y avait que les hommes
20:56qui pouvaient faire des choses,
20:57que les filles,
20:57on était quand même
20:58rangées au rayon
20:59des princesses,
21:00des robes
21:01et des expositions florales.
21:05Voilà.
21:05Et donc je suis partie
21:07à Cosmo en me disant
21:08moi j'adore apprendre.
21:10Je vais apprendre
21:12peut-être un métier.
21:13J'apprenais à faire
21:14des titres,
21:15des sous-titres,
21:15des accroches de couverture.
21:17On avait fait
21:18la campagne de pub
21:19pour Cosmo.
21:20Donc j'apprenais tout ça.
21:21Mais je n'avais pas
21:22du tout du tout
21:23de plan dans la tête.
21:25Non, je voulais
21:28m'amuser
21:28et gagner ma vie.
21:30Voilà.
21:31Et bien,
21:31vous vous êtes bien amusée.
21:32Je me suis bien amusée,
21:33j'ai bien gagné ma vie.
21:34Et il y a une autre date
21:35dans votre parcours
21:36qui est très récente
21:37que j'ai repérée
21:37et qui va servir
21:38de fil conducteur
21:39à la prochaine séquence.
21:40C'est le 28 novembre 2023.
21:42A tout de suite
21:43sur Sud Radio
21:43avec Catherine Pancol.
21:45Sud Radio,
21:46les clés d'une vie.
21:47Jacques Pessis.
21:48Sud Radio,
21:49les clés d'une vie.
21:50Mon invité Catherine Pancol.
21:51Un nouveau livre
21:52des choux et des reines
21:53chez Albin Michel.
21:54On va en parler
21:55dans quelques instants.
21:56Mais j'ai trouvé
21:56une date dans votre parcours
21:58qui est très récente.
21:59J'ai trouvé sur Internet.
22:00Le 28 novembre 2023,
22:03une apprentie romancière
22:04qui se prénomme Diane,
22:05évoque le retour
22:06de Catherine Pancol
22:07sur son dernier exercice
22:08d'écriture.
22:09C'est-à-dire que vous avez
22:10répondu à une jeune femme
22:11qui vous demandait
22:12des conseils en écriture
22:13et vous avez fait
22:13tout un développement.
22:14Ah, c'est possible.
22:15Je fais ça, oui.
22:16Et c'est vrai
22:17qu'elle a mis ça sur Internet
22:18et elle m'a dit
22:18grâce à elle,
22:19j'apprends à écrire.
22:21Oui, parce que j'ai mis
22:21des ateliers d'écriture
22:23en ligne sur mon site Internet.
22:25Gratuit.
22:26Et pourquoi ?
22:27Vous avez décidé
22:28de faire ça ?
22:28Parce qu'il faut aider
22:29les autres ?
22:30Moi, j'ai un côté très...
22:32j'aime bien partager
22:33et j'aime bien transmettre.
22:36J'ai fait ça
22:37parce que j'en recevais
22:38très souvent des demandes
22:39de ce que vous pouvez
22:40lire mon livre
22:40ou comment on fait
22:41pour écrire.
22:42Et donc, j'ai fait
22:43trois ateliers d'écriture
22:45qui sont en ligne,
22:45d'ailleurs.
22:47Et j'ai suivi des cours,
22:48moi, à New York.
22:50Après le succès
22:51de mon premier roman,
22:52il fallait en écrire...
22:53Ils m'ont demandé
22:53d'en écrire un deuxième.
22:55J'ai dit, mais...
22:56Moi, le premier,
22:57c'était une exception, quoi.
22:58Moi, je pensais en faire un
22:59et puis...
23:00j'étais partie à New York.
23:01Après, je pensais partir
23:02en Argentine.
23:03Si ça se trouve,
23:04j'aurais épousé
23:06un...
23:06Je ne sais pas,
23:07un cavalier argentin.
23:09On aurait vécu
23:10dans un ranch.
23:10Je ne sais pas,
23:11j'avais voulu,
23:11je n'avais aucune idée.
23:14Et puis...
23:14Et puis,
23:15il s'est trouvé que j'ai...
23:17J'étais aux éditions
23:18du Seuil, à l'époque.
23:19Ils m'ont appelé
23:20en disant,
23:20il faut que tu nous écrives
23:21un deuxième livre.
23:22Et j'ai dit,
23:22non, non, non.
23:23C'est du boulot,
23:24d'écrire un livre.
23:25Et puis, j'étais quand même
23:26très jeune.
23:26Et j'avais envie de vivre.
23:28Parce qu'il faut être enfermé
23:28quand on écrit un livre.
23:30Il faut passer des heures
23:30toutes seules.
23:32Et puis,
23:33c'est là où ils m'ont dit,
23:34écoute,
23:35si tu nous écrives
23:35un deuxième livre,
23:36on te paie les impôts.
23:38Et là,
23:39j'avais gagné
23:39beaucoup d'argent
23:40avec mon premier roman,
23:41Moi d'abord,
23:41qui avait très bien marché.
23:43Et j'avais beaucoup...
23:44Vous savez,
23:44on payait les impôts
23:45un an après.
23:47Et là,
23:47je me suis dit,
23:48ah ben non, là,
23:48je...
23:49Et les impôts,
23:50à l'époque,
23:51sous Giscard,
23:51on a oublié,
23:52mais c'était genre 75%.
23:53C'était très très cher,
23:55les impôts.
23:56Donc,
23:57j'ai dit,
23:57ok.
23:57Mais après,
23:58je me suis dit,
23:58mais comment on écrit un livre ?
23:59Parce que moi,
23:59j'avais raconté ma vie
24:00dans Moi d'abord.
24:01Mais je n'avais pas passé mon temps
24:02à raconter ma vie.
24:04Et donc,
24:04je suis allée...
24:05J'avais rencontré dans un avion
24:07une dame
24:08qui travaillait à Columbia,
24:09qui faisait partie
24:10de l'administration de Columbia.
24:12Je lui ai demandé,
24:13je lui ai dit,
24:13est-ce que je peux suivre des cours ?
24:14Mais ça coûtait très très cher.
24:15C'était une blinde.
24:17Et donc,
24:17elle m'a dit,
24:18écoutez,
24:18je vais vous inscrire
24:19en auditeur privé.
24:21Vous n'aurez pas de diplôme.
24:23Moi,
24:23j'avais mes diplômes français.
24:24Ça m'a dit très bien.
24:25Et j'ai appris
24:26comment écrire un roman,
24:27comment écrire une pièce de théâtre,
24:29comment écrire un scénario,
24:31comment...
24:31Où me poser la caméra
24:33si on veut filmer.
24:33J'ai appris plein de choses.
24:34J'ai passé un an et demi
24:35à apprendre tous ces cours.
24:38J'étais comme une folle.
24:39J'étais vraiment...
24:41J'ai adoré.
24:42J'ai eu Scorsese
24:42comme prof de cinéma.
24:45Vous vous rendez compte ?
24:45C'est formidable.
24:46Ah oui,
24:46non,
24:46c'était...
24:47Et donc,
24:48j'ai gardé tous mes cours
24:49et puis je me suis dit
24:50je vais en faire profiter des gens.
24:52Alors,
24:52il se trouve aussi
24:53que je crois que
24:53sans Robert Laffont,
24:55votre propre livre
24:55n'aurait jamais existé.
24:57parce qu'il m'a téléphoné
24:58un jour à Cosmopolitan
24:59et il m'a dit
25:00écrivez-moi un roman.
25:01Et comment il vous avait repéré
25:02dans les articles ?
25:03Dans les articles,
25:03oui.
25:04Parce que grâce à Juliette,
25:05j'avais trouvé mon style.
25:06Parce que Juliette,
25:07quand elle m'a engagée
25:08à Cosmopolitan,
25:09elle trouvait que j'écrivais
25:10d'une manière
25:11très très ennuyeuse.
25:12Et elle avait raison.
25:13Elle m'a dit
25:14vous avez un style solennel,
25:16c'est pas vous,
25:16écrivez comme vous êtes.
25:18Mais c'est très dur
25:19à 22 ans
25:20de se dire qui je suis.
25:22Moi,
25:22je ne savais pas
25:23qui j'étais.
25:24Et donc,
25:25ça m'a pris un temps fou.
25:27Mais elle m'a bien aidée.
25:29Et le premier article
25:31que j'ai fait
25:31où elle m'a dit
25:31ça y est,
25:32vous y êtes,
25:3415 jours après,
25:34il y avait Robert Laffont
25:35qui m'a appelée
25:36en me disant
25:36écrivez-moi un roman.
25:37Et il ne m'a pas lâchée.
25:38Parce que moi,
25:38je ne voulais pas non plus.
25:39Non mais,
25:40Robert Laffont faisait partie
25:41de cette race d'éditeurs
25:42qui aimaient les livres,
25:43ce qui est très courant aujourd'hui.
25:45Et je me souviens,
25:46un jour,
25:46il m'a raconté,
25:47il est chez lui
25:47un samedi matin,
25:48il n'a rien à faire,
25:49il y a un courrier qui arrive,
25:50une enveloppe,
25:51il l'ouvre dedans,
25:52il y a un manuscrit,
25:53même pas relié,
25:54il le lit.
25:55C'était formidable,
25:56c'était Papillon.
25:57Et c'est comme ça
25:58qu'il a découvert Papillon,
25:59alors que tout le monde
26:00avait jeté ce roman.
26:01Oui, oui.
26:02Non, non,
26:02mais c'était un homme
26:04qui était d'abord très malin
26:06parce qu'il a débusqué
26:08des tas d'écrivains américains.
26:11Salinger,
26:11c'est lui,
26:12enfin,
26:13qui était publié en Amérique
26:14et dont on ne voulait pas en Europe.
26:16C'est quand même
26:17une autre manière d'écrire,
26:18les écrivains américains.
26:21Et il les a tous publiés,
26:23tous, tous, tous.
26:24Alors,
26:25il se trouve aussi
26:25que vous avez été
26:26dans ces années-là
26:27une pionnière,
26:28une pionnière
26:29dans un autre univers.
26:30Écoutez.
26:32Je découvre ma vie, moi.
26:36Ah oui,
26:36d'accord.
26:37Oui, mais oui,
26:37car vous êtes,
26:38Catherine Pancro,
26:39une de nos pionnières
26:39du sitcom,
26:40bien avant Jean-Luc Azoulay,
26:41bien avant Hélène et les Garçons.
26:42J'ai écrit Lili petit à petit.
26:45Ah là là,
26:4530 heures,
26:46c'était,
26:4640 heures,
26:47je ne me rappelle plus.
26:48On l'a vendu en Chine,
26:49vous vous rendez compte ?
26:49Et comment c'est venu, ça ?
26:51Parce que je vivais
26:53avec un monsieur
26:53qui s'appelle
26:56Pierre Lescure
26:56et qu'il était arrivé
26:58à la direction de Canal+,
27:00et il fallait
27:02pratiquement le lendemain
27:03un feuilleton
27:03pour lancer la chaîne.
27:06Et Pierre
27:06était rentré un jour
27:07à la maison
27:08en me disant
27:08écris-moi,
27:09on m'avait dit
27:10écris-moi un roman,
27:10maintenant on me disait
27:11écris-moi un feuilleton.
27:14Et moi,
27:14je n'avais jamais fait ça.
27:16Je me suis mise
27:16avec une scénariste
27:18qui s'appelle
27:19Joël Goron
27:20et toutes les deux
27:22on a écrit
27:23les livres
27:23petit à petit
27:24mais en temps record
27:25je me rappelle
27:26on écrivait
27:27et il y avait
27:27le coursier
27:28qui venait chercher
27:28les scènes
27:29au fur et à mesure.
27:31Mais c'est fou
27:31parce que l'écriture
27:32d'un roman
27:33et celle d'un feuilleton
27:34n'a rien à voir.
27:35Il faut être encore plus rythmé.
27:38C'est-à-dire
27:38c'est un autre rythme.
27:41Le truc de l'écriture
27:42c'est que l'écriture
27:43il faut donner
27:44une musique
27:45au mot
27:46que vous employez.
27:47Alors quand vous écrivez
27:48une nouvelle par exemple
27:49c'est encore une autre écriture.
27:50Quand vous écrivez
27:52une saga
27:52c'est un style.
27:53Quand vous écrivez
27:54par exemple
27:54pour les choux
27:56et les reines
27:57c'est encore une autre écriture
27:58parce qu'il est plus petit.
28:00Et quand vous écrivez
28:01un scénario
28:01c'est que du dialogue.
28:03Donc il faut faire passer
28:04dans le dialogue
28:04ce que vous faites passer
28:05dans des phrases
28:07dans le livre.
28:08Et les sitcoms
28:09effectivement
28:10ça existait en France
28:11en 1962
28:11il y avait eu un sitcom
28:13qui était
28:13quand on est deux
28:14avec Pierre-Louis
28:16et Honnette Laure
28:17qui étaient de vedette
28:18de la télévision
28:18et qui avaient fait
28:20un mari et une femme
28:21comme ça
28:22dans leur quotidien.
28:23J'ai pas vu
28:23moi je suis arrivée
28:25très tard à la télé.
28:26Et quand même
28:26dans votre série
28:28il y avait
28:28Sabine Baturel
28:29il y avait Olga Georges Picot
28:30il y avait Jacques Marin
28:31qui était un comédien
28:33qui était très très très bon
28:34qui avait joué
28:34dans les films
28:35d'Hitchcock.
28:36Exactement
28:36donc c'était pas n'importe quoi.
28:37Il y avait Mireille Dark
28:38qui faisait une apparition.
28:39Et Mireille Dark
28:40justement
28:41elle a eu beaucoup d'importance
28:42ensuite
28:43parce qu'elle a adapté
28:43un de vos romans
28:44La Barba
28:45et on se rend compte
28:46aujourd'hui
28:47et d'ailleurs
28:47grâce aux écrits
28:48qu'elle a laissés à sa mort
28:49et que Pascal Desprez
28:50son mari a publié
28:51on se rend compte
28:52qu'elle n'avait rien à voir
28:53avec l'image de ses films.
28:55Non rien du tout
28:55Elle a été vraiment prisonnière
28:57du personnage qu'on lui a créé
29:00parce que moi je la connaissais bien Mireille
29:03elle était bien plus intéressante
29:05que le personnage de grande blonde
29:07mais elle était très drôle
29:08elle avait
29:08grâce à Audiard
29:09elle avait fait
29:10elle était arrivée
29:12à construire un personnage intéressant
29:13Oui mais en même temps
29:15elle était très différente
29:16La Barbare par exemple
29:17quand elle est mise en scène
29:18là aussi c'est une aventure
29:20que vous n'imaginiez pas
29:20Non
29:21Non mais ma vie
29:22je ne l'imaginais pas du tout
29:23moi si petite fille
29:24vous m'y racontez ma vie
29:26je serais tombée
29:26de ma petite chaise
29:28Et Mireille d'Arc
29:30vous avez laissé carte blanche
29:31à Mireille d'Arc
29:32pour ce film
29:32car vous laissez carte blanche
29:33pour les films
29:34On est obligé
29:36Oui
29:38Le metteur en scène
29:39il doit s'approprier
29:41l'histoire
29:42sinon il ne peut pas
29:43il ne peut pas
29:44se la réinventer
29:45pour la mettre en image
29:46Et alors
29:47vous avez fait plein de romans
29:49qui ont bien marché
29:49et puis un jour
29:50la saga est venue
29:52c'est presque
29:53Les yeux jaunes des crocodiles
29:54c'est presque la résultante
29:55de tout ce que vous avez écrit
29:57avant Catherine Pancol
29:58Oui c'est très bizarre
30:01je ne m'y attendais pas du tout
30:02c'est la première fois
30:03que je faisais
30:03c'était un très très gros livre
30:05je crois qu'il y avait déjà
30:06650 pages
30:08et
30:11alors ça a mis un peu de temps
30:12à démarrer
30:13comme ça
30:13et puis tout d'un coup
30:15ça a éclaté
30:16et ça a été partout
30:17partout partout
30:18je prenais le métro
30:19je ne voyais que des gens
30:20qui lisaient
30:21Les yeux jaunes des crocodiles
30:22Mais pour quelqu'un
30:23qui ne voulait pas
30:24lire de romans
30:24vous écrivez
30:25650 pages
30:26Comment c'est venu
30:27l'idée de vivre ?
30:28Non mais là
30:28c'était mon sixième
30:29ou septième
30:30c'est à dire qu'après
30:31moi d'abord
30:32en effet la barbare
30:33après Scarlett
30:34si possible
30:35et c'est au quatrième livre
30:37Les hommes cruels
30:38ne courent pas les rues
30:39je me rappelle
30:40j'habitais New York
30:41à l'époque
30:41et j'étais en train
30:43d'écrire
30:43et tout d'un coup
30:44je me suis dit
30:45c'est ça que je vais faire
30:46toute ma vie
30:47c'est au quatrième livre
30:49que je me suis dit
30:49que j'allais faire ça
30:50toute ma vie
30:51parce que j'avais aucune idée
30:53que je pouvais faire ça
30:54toute ma vie
30:54c'est un conte de fées
30:55qui m'est arrivé quand même
30:56des fois
30:57je sors un premier roman
30:58que d'habitude
30:59on en vendait 3000
31:00quand ça marche bien
31:01j'en vends 300 000
31:02en tout cas
31:03ma vie
31:03elle était déjà changée
31:05Les Jules des Crocodiles
31:06je crois que même en Russie
31:07et en Allemagne
31:08vous avez eu des prix
31:08et en Chine
31:09en Chine
31:09mais comment ça s'explique ?
31:11je ne sais pas
31:12j'ai reçu un mail
31:13d'un soldat chinois
31:15qui avait 20 ans
31:16et il m'a dit
31:18il m'écrivait en anglais
31:19il me disait
31:19je suis un soldat
31:23j'ai 20 ans
31:24je suis dans l'armée chinoise
31:26je suis Joséphine
31:28tout le monde s'est identifié
31:29à cette femme
31:30tout le monde
31:31Est-ce que c'est le résultat
31:32de vos observations
31:33que vous avez transcrits
31:33dans cette saga ?
31:34Je n'en sais rien
31:36moi du reste
31:37en temps
31:37les gens viennent me faire
31:38encore signer
31:39je signe encore des crocodiles
31:41à chaque signature
31:41et quelquefois
31:42je le feuillette
31:43je le lis
31:44je lis
31:44trois phrases
31:45je me dis
31:46c'est bien quand même
31:47oui parce que vous avez écrit
31:49ça a été quatre ans de travail
31:50oh oui ça a été énorme
31:52j'avais
31:52et puis après
31:53j'ai fait
31:54la valsolante des tortues
31:55les écureuils
31:56de Central Park
31:56sont créés
31:58donc j'avais
31:59de plus en plus
31:59de personnages
32:00et à la fin
32:00j'avais 152 personnages
32:02vous imaginez
32:03d'avoir 152 personnages
32:04dans sa tête
32:06c'était
32:07beaucoup de travail
32:08en même temps
32:08ça vous passionnait
32:09ah mais j'adore ça
32:10de toute façon
32:12et vous avez aussi
32:13ouvert la voie
32:14aux générations futures
32:14parce qu'il y a des livres
32:15qui ont été faits chez McDo
32:17ah oui
32:17une série de livres
32:20et je crois que c'est
32:20Eric Emmanuel Schmitt
32:21et Alexandre Jardin
32:22qui ont ouvert la voie
32:23non c'est Alexandre Jardin
32:25après il y a eu
32:26Eric Emmanuel Schmitt l'a fait
32:27après moi
32:28juste c'est lui
32:29qui m'a remplacée
32:29il y a eu
32:32Alexandre Jardin
32:33il y a eu quelqu'un d'autre
32:33et puis moi
32:34il se trouve que
32:35c'est une collection
32:36Marc Lévy
32:37oui Marc Lévy
32:38et c'est une collection
32:39de livres sur les instruments
32:40de musique au départ
32:40moi j'ai fait
32:41des instruments de musique
32:42et on n'est jamais
32:43on n'est jamais
32:44seul quand on a un livre
32:46mais vous savez
32:47qu'ils ont distribué
32:48un million par mois
32:49McDo
32:50vous vous rendez compte
32:51c'est à dire que
32:51les enfants avaient le droit
32:52entre un petit jouet
32:53ou un livre
32:55et moi j'étais très très fière
32:57et Eric Emmanuel
32:58peut l'être aussi
32:59et Marc Lévy
33:00on a bien réussi
33:01notre opération
33:03parce que les enfants
33:03se sont mis à choisir
33:04des livres
33:06et un jour
33:07je prends un taxi
33:08là récemment
33:09et je fais un taxi
33:10il me regarde
33:10et il me dit
33:11vous êtes Catherine Pancol
33:12je dis oui
33:12et il me dit
33:13c'est vous qui avez écrit
33:15le petit garçon
33:16qui voulait un ukulélé
33:17je dis oui
33:18oui chez moi
33:19vous pouvez faire
33:20un autographe
33:20pour mon fils
33:21il avait un petit garçon
33:22qui avait 5 ans
33:23il lisait cette histoire
33:25tous les soirs
33:26et il l'adorait
33:27mais c'est très difficile
33:28d'écrire des histoires
33:29comme ça
33:29et voilà
33:29et écrire pour les enfants
33:31c'est encore une autre chose
33:32c'est encore une autre
33:33comptine
33:34il faut se mettre
33:35dans la peau de l'enfant
33:36pratiquement
33:37il faut trouver
33:38d'abord
33:38il faut trouver des mots
33:39pour rebondir
33:40pour capter son attention
33:41parce que l'attention
33:42d'un enfant
33:43est très volatile
33:44et il faut lui faire
33:45comme une petite comptine
33:46il faut que ça l'amuse
33:47il faut lui faire peur
33:49ils adorent
33:49ils adorent
33:50quand ils vont avoir peur
33:51ils savent
33:52il faut faire monter
33:53la peur
33:54il faut les faire rire
33:55et il faut que ça finisse bien
33:57puis il se trouve
33:58il se trouve que moi
33:59je me souviens
34:00de Piccolo Saxo et compagnie
34:01qui est un conte
34:02pour enfants musical
34:03fait par Jean Broussole
34:05en compagnie de la chanson
34:06et André Pop
34:06en 1956
34:07quand c'est sorti
34:08personne n'y croyait
34:09François Perrier
34:10par amitié
34:11a accepté de lire
34:12le texte au micro
34:13et ça a fait
34:14plusieurs millions
34:15d'exemplaires
34:16ah oui c'est fou
34:16non non
34:17il y avait aussi
34:19j'ai oublié le nom
34:20Pierre et le loup
34:20Pierre et le loup
34:21bien sûr
34:21moi mes petits enfants
34:23ils écoutent
34:23Pierre et le loup
34:24ils adorent
34:25et puis j'ai remarqué
34:26dans la collection
34:26que vous avez fait
34:27il y a un livre
34:28sur Sherlock Holmes
34:28vous avez fait
34:29dans les livres
34:31un livre
34:33si si
34:33il y a un Sherlock Holmes
34:35il y a
34:36il y a
34:36un Heidi
34:37un Robinson Crusoe
34:38ah oui mais ça
34:39c'est les livres
34:39il faut toujours
34:40un livre
34:41il faut pas être triste
34:41voilà exactement
34:42ça c'était pour McDo aussi
34:43voilà
34:43et ça c'était encore autre chose
34:45c'est aussi une façon
34:46de la lecture
34:47oui de donner envie
34:48aux enfants de lire
34:49voilà
34:50mais si je parle
34:51de Sherlock Holmes
34:52c'est parce qu'il y a
34:52un peu de la Sherlock
34:53dans le livre
34:54qu'on va évoquer
34:55à travers la date
34:56du 29 avril 2026
34:57à tout de suite
34:58sur Sud Radio
34:59avec Catherine Pancol
35:00Sud Radio
35:01les clés d'une vie
35:02Jacques Pessis
35:03Sud Radio
35:04les clés d'une vie
35:05Catherine Pancol
35:05mon invité
35:06donc on a évoqué
35:07votre passé
35:08votre goût du roman
35:09qui est venu petit à petit
35:10et puis le 29 avril 2026
35:12est sorti
35:13Des Chous et des Reines
35:14un roman
35:15chez Elbin Michel
35:16alors d'abord
35:17on est habitué au saga
35:18c'est un roman
35:19et le titre
35:20je crois qu'il provient
35:20de Lewis Carroll
35:21Lewis Carroll oui
35:22pourquoi ce titre ?
35:24c'est
35:24vous savez
35:25c'est dans
35:26en traversant le miroir
35:27avec
35:30Alice
35:32il rencontre
35:32un vieux morse
35:33et le vieux morse
35:35dit
35:36il faut parler
35:37c'est le moment
35:37il faut parler de tout
35:39des navires
35:40de la cire
35:41des cachets
35:41des seaux
35:42des choux
35:43et des rois
35:44alors sauf que moi
35:45j'ai pris des choux
35:46et des reines
35:46oui parce qu'il y a des femmes
35:47dans le roman
35:48parce qu'il n'y a
35:48pratiquement que des femmes
35:49dans le roman
35:50et ce roman
35:51vous avait fasciné
35:52Lewis Carroll
35:53et quand j'ai lu
35:54cette phrase
35:55de Lewis Carroll
35:56j'ai décollé
35:58comme quand j'étais petite
35:59vous voyez
35:59les mots me font décoller
36:01moi
36:01c'est fou
36:01en fait
36:03Alice au Pays des Merveilles
36:04il s'appelait
36:05Charles Doggson
36:06au départ
36:06c'était un professeur
36:08et il emmène
36:09des enfants sur la tamise
36:10et pour occuper
36:11les enfants
36:12d'une petite Alice
36:12il invente une histoire
36:13et c'est comme ça
36:15qu'elle lui dit
36:15écrit ton histoire
36:16et c'est devenu
36:17Alice au Pays des Merveilles
36:19qui est magnifique
36:21ce roman
36:22il parle d'un thème
36:23qu'on a longtemps
36:24dissimulé
36:25mais qu'on évoque
36:26aujourd'hui
36:27et même de plus en plus
36:28c'est l'emprise
36:28pourquoi avoir écrit
36:29ce livre d'abord ?
36:31parce que
36:32lors d'une signature
36:34j'ai rencontré
36:34une jeune fille
36:35qui avait
36:36très envie
36:37de me raconter
36:38son histoire
36:38or quand je fais
36:39une signature
36:40il y a une queue
36:41et au bout d'un moment
36:43si je reste trop longtemps
36:44avec la même personne
36:45les gens s'impatient
36:45donc je sentais
36:47que c'était vital
36:47pour elle
36:48qu'elle me parle
36:49donc je lui ai dit
36:50écoutez
36:50donnez-moi votre numéro
36:51de téléphone
36:52je vous promets
36:53que je vous appelle
36:53on va déjeuner ensemble
36:55et on aura tout le temps
36:55de parler
36:56et je l'ai fait
36:57on est allé déjeuner ensemble
36:59et elle m'a raconté
37:00son histoire
37:01et je ne sais pas
37:02comment vous dire
37:02j'ai été fascinée
37:03par cette histoire
37:04parce que
37:04c'était une histoire
37:05d'emprise
37:07mais c'était l'histoire
37:08d'une drôle d'emprise
37:09c'est-à-dire que
37:10elle avait rencontré
37:11un homme
37:11elle aurait été ravissante
37:13elle avait fait
37:13très bonnes études
37:14elle avait un très bon travail
37:16tout allait bien
37:18sauf que
37:18parce que je lui ai demandé
37:19après j'ai dit
37:20comment a été votre enfance
37:22elle avait une enfance
37:23très triste
37:23c'est-à-dire que
37:24ses parents ne s'occupaient
37:25pas du tout d'elle
37:25elle était négligée
37:27et quand elle a rencontré
37:29cet homme
37:30c'est là où ils sont
37:31très très forts
37:31les manipulateurs
37:33c'est qu'il a compris
37:34que c'est ce dont
37:35elle avait besoin
37:35qu'on s'occupe d'elle
37:36en fait
37:37et il a commencé
37:38à la traiter
37:38comme une petite fille
37:39qu'elle n'avait jamais été
37:40et c'est-à-dire
37:42qu'il lui donnait son bain
37:44il lui lavait les cheveux
37:45il faisait un brushing
37:47il l'habillait
37:48il lui achetait
37:48des pantalons chauds
37:49en hiver
37:51et puis petit à petit
37:53il s'est rendu indispensable
37:55et elle, elle s'est fanée
37:57elle s'est étiolée
37:59et évidemment
38:00il l'a coupée
38:01de ses amis
38:01et de sa famille
38:03et puis il a commencé
38:05autant il s'occupait
38:06de bien d'elle
38:07comme un petit bubé
38:08mais autant
38:09il dénigrait la personne
38:12donc elle a eu
38:12de plus en plus
38:13de mal à aller au travail
38:15elle était plus sûre d'elle
38:16elle ne pouvait plus
38:17mener une réunion
38:19et elle
38:20elle s'est dit
38:22il faut que je parte
38:23mais elle n'avait même plus la force
38:24elle n'avait plus la force physique
38:26et puis elle a rencontré
38:26une de ses amies
38:27qui revenait d'avoir fait
38:28ses études à l'étranger
38:30et qui l'a aidée à partir
38:31et pourquoi elle vous a raconté
38:33cette histoire ?
38:33Pourquoi a-t-elle eu envie
38:34de vous se confier ?
38:35parce qu'il y a beaucoup de gens
38:36qui me racontent leur vie
38:37parce que je dois une personne
38:38ils doivent se dire
38:40celle-là on peut lui parler
38:41et en même temps
38:42ça a tourné dans votre tête
38:43pendant plus de deux ans
38:44ah oui j'y pensais
38:45oui bien un an et demi
38:46j'y pensais
38:47parce que je me disais
38:47il y avait quelque chose
38:48dans cette histoire d'emprise
38:49qui ne ressemblait pas
38:50aux autres histoires d'emprise
38:51parce qu'en fait
38:53le truc aussi
38:54c'est que cet homme
38:56il a souffert aussi
38:58de son départ
38:58c'est-à-dire que chacun
39:00a trouvé dans l'autre
39:01ce qu'il n'avait pas eu
39:01lui il n'avait pas eu d'enfant
39:02et elle elle n'avait pas eu de parent
39:05et en fait à eux deux
39:07ils ont fait une cellule familiale
39:08sauf que c'était malsain
39:10vous voyez
39:10il ne fallait pas qu'il fasse ça
39:12mais c'est lui
39:13qui était responsable
39:14parce qu'elle
39:14elle y est allée
39:15très innocemment
39:17mais il y avait un truc
39:18qui était original
39:19dans cette histoire
39:20et que je n'arrivais pas
39:21à oublier en tous les cas
39:22ça me revenait toujours en tête
39:24l'emprise en plus
39:25c'est un sujet
39:25on n'en parle pas
39:27on parle beaucoup maintenant
39:28mais jusqu'à ces dernières années
39:30les femmes gardaient ça pour elles
39:31c'est-à-dire qu'on parlait
39:33mais que personne ne nous écoutait
39:36c'est ça le gros problème
39:38moi j'ai parlé
39:39de tout ce qui m'est arrivé
39:40mais on ne m'écoutait pas
39:41on disait
39:41oh là là
39:43vous voyez
39:44le déclic s'est produit
39:45donc vous avez eu envie
39:46de raconter une histoire
39:47avec une jeune femme
39:48qui s'appelait Sophie
39:49ce qui l'intéresse
39:50c'est les libraires au départ
39:51oui elle travaille
39:52dans une librairie
39:53donc les livres
39:54et puis elle va tomber
39:56sous l'emprise d'un homme
39:57qui est beau
39:58et qui lui
39:59est assez astucieux
40:01pour justement
40:02qu'elle tombe dans le panneau
40:04oui
40:04mais il est très malin
40:05lui
40:06il est très malin
40:07et puis il est un peu mystérieux
40:08vous voyez
40:08il a
40:10la première scène
40:12quand il se voit
40:12c'est un peu
40:13c'est un peu bizarre
40:14quand même
40:15moi je serais partie
40:15là tout de suite
40:16c'est violent
40:18et elle
40:19elle se dit
40:20non
40:20elle relève le défi
40:22elle n'a pas peur
40:24elle n'a pas peur
40:25et on s'aperçoit
40:26que finalement
40:27elle va être tellement
40:31coupée
40:32de sa force
40:34qu'elle finira par avoir peur
40:36de tout
40:37et en même temps
40:38bon il n'est pas violent
40:39au départ
40:40non
40:40il n'est jamais violent
40:41il n'est jamais violent
40:43mais en même temps
40:43elle devient presque un esclave
40:45elle est recluse
40:46un peu comme celle
40:46il l'enferme à clé
40:48quand il sort
40:49et donc
40:50remarquez
40:50c'est arrivé
40:51ici avec Piaf
40:52quand elle habitait
40:53avec Paul Meurice
40:54il l'enfermait à clé
40:55où elles ne boivent pas
40:56seulement
40:57c'était au rez-de-chaussée
40:58elle sortait par la fenêtre
40:59ah oui d'accord
41:01c'est une autre forme
41:02de réclusion
41:02alors il se trouve
41:03que donc
41:04vous imaginez
41:04qu'elle va un jour fuir
41:06et retrouver une amie d'enfance
41:08voilà
41:08parce que c'est
41:09ça arrive très vite
41:10c'est la première page du livre
41:12elle saute dans un train
41:13elle s'en va
41:13parce que
41:14et ça va être le point de départ
41:16et ça se passe dans une région
41:17que vous connaissez bien
41:18qui est la Normandie
41:19oui
41:20du côté de Fécamp
41:20oui
41:21c'est là où j'ai une maison
41:23et j'adore ce endroit
41:24et c'est vrai que vous évoquez
41:25les falaises de Fécamp
41:26vous évoquez
41:27l'abbaye de Fécamp
41:28qui est d'ailleurs
41:28je crois que l'abbaye de Fécamp
41:30c'est le deuxième lieu de pèlerinage
41:31après le Mont-Saint-Michel
41:32oui
41:33sauf que c'est fini là maintenant
41:35ils ne viennent plus
41:35je ne les vois plus les pères
41:37alors il se trouve que
41:38à travers cette histoire
41:39vous racontez en même temps
41:41la mécanique pour sortir
41:43de cette emprise
41:43c'est ça le sujet du livre
41:46oui
41:46oui c'est ça
41:47c'est comment
41:47non parce que
41:48les gens qui tombent sous emprise
41:49ce sont des gens
41:50qui ne savent pas qui ils sont
41:52ils laissent rentrer
41:53tout le monde chez eux
41:53vous voyez
41:55ils ne savent pas qui ils sont
41:56et donc
41:56pour
41:58pour résister à une emprise
41:59ou pour
42:00je ne sais pas
42:01ou pour sortir d'une emprise
42:02il faut faire connaissance avec soi
42:04il faut apprendre à s'aimer
42:05à s'estimer
42:06et être fier de ce qu'on est
42:08parce que sinon
42:09vous tombez sur le premier individu
42:11qui peut vous manipuler
42:12si vous ne savez pas
42:13qui vous êtes
42:13vous voyez
42:14et en plus
42:15il y a un rebondissement
42:16c'est à dire
42:16qu'il y a une chose
42:17aujourd'hui
42:17qui s'appelle
42:17la géocalisation
42:19ah oui
42:19ça c'est au début du livre
42:20parce que lui
42:21il a
42:22alors lui il a
42:23il a
42:25une bande de copains
42:26qui ne sont pas très recommandables
42:27il joue au tiercé
42:28et ça n'a pas l'air d'être
42:30il y a beaucoup de
42:32de manip à mon avis
42:35et il a des espèces de sbires
42:37qui travaillent pour lui
42:38et qui va lancer sur la piste
42:40de Sophie
42:41parce qu'il veut la retrouver
42:42oui bien sûr
42:43et dans ce livre
42:44il y a beaucoup de flashbacks
42:45car elle revient dans son enfance
42:47oui
42:47et ça c'est toujours important
42:49quand elle arrive dans ce petit village
42:50de Normandie
42:51où elle venait passer ses vacances
42:53quand elle était petite
42:54avec son amie
42:55qui l'a recueilli
42:58elle va se souvenir
42:59de son premier amour
43:00d'enfant
43:02qui s'appelle John
43:04et qui elle va faire découvrir
43:05Romain Garry
43:07qui est cher à votre coeur
43:08oui
43:08et Romain Garry
43:09ça a été un de vos premiers fans
43:11ben ça moi
43:12j'ai des autres très fans de lui
43:13oui
43:13c'est un de mes premiers
43:14c'est l'un des premiers
43:15qui a lu mon premier livre
43:17voilà
43:17et c'est vrai
43:18Romain Garry
43:18c'est un personnage
43:19qu'on ne lit pas assez aujourd'hui
43:21il est très lu aujourd'hui
43:23oui mais
43:23il mériterait d'être encore plus lu
43:25par la deuxième génération
43:26moi je me souviens
43:27d'un personnage très mystérieux
43:28c'est à la fois l'élégance
43:29et le mystère
43:30il cultivait le mystère en permanence
43:31mais c'était un mystère
43:32mais même pour lui
43:33je pense
43:35alors
43:36donc elle va se retrouver
43:37dans ce passé
43:37faire découvrir Romain Garry
43:39à ce copain d'enfance
43:42et en même temps
43:44il y a un déclic
43:45qui est à l'origine
43:46de votre livre
43:47c'est dans l'éclic journalistique
43:48quand vous avez rencontré
43:49une vieille comédienne du muet
43:51qui s'appelait Louise Brooks
43:52ah oui
43:54ça c'est aussi
43:54il y a pas l'impression
43:55que là aussi
43:55vous êtes souvenu de cela
43:57parce que c'était une femme
43:58sous emprise pratiquement
43:59aussi
43:59alors Louise
44:02elle avait été
44:03violée à 9 ans
44:05et
44:05à mon avis
44:07son père
44:08avait
44:09des rapports
44:10alors il l'a jamais
44:10je crois qu'il l'a jamais violée
44:12mais il avait des rapports
44:13incestu avec elle
44:14et c'était une femme
44:15alors voilà une femme
44:15qui était très très belle
44:16très intelligente
44:17brillante
44:18et qui pensait
44:19qu'elle était une petite merde
44:21elle parlait d'elle
44:22en disant
44:22petite merde
44:23et donc
44:26on pouvait la traiter
44:27comme une petite merde
44:27puisqu'elle pensait
44:28qu'elle était une petite merde
44:29si vous commencez
44:30à vous dire
44:31que vous êtes quelqu'un de bien
44:33vous laissez pas rentrer les gens
44:34et vous traitez
44:35comme une petite merde
44:36et c'est aussi
44:36une clé de votre livre
44:37car c'est un livre
44:39qui permettra
44:39à des femmes
44:40qui justement
44:41se sentent peut-être pas
44:42comme des petites merdes
44:42mais assez faibles
44:44beaucoup de femmes
44:44qui vont comprendre
44:46qu'on peut remonter
44:47et qu'on peut s'en sortir
44:48parce qu'elle finit
44:49par s'en sortir
44:49en sorte des choses
44:50très simples
44:51pas en faisant
44:53des choses compliquées
44:53c'est-à-dire que ça
44:54vous avez rencontré
44:55comme ça des femmes
44:55qui ont essayé
44:56de s'en sortir
44:57et qui s'en sont sorties
44:58ou c'est sorti
44:58de votre imagination
44:59la jeune fille
44:59que j'ai rencontrée
45:00elle s'en était sortie
45:01mais en même temps
45:04vous sentez bien
45:04qu'elle n'est pas la seule
45:05dans cette société
45:06il y en a beaucoup
45:07beaucoup
45:08ce qu'il y a
45:08c'est que les femmes
45:10très souvent
45:10moi j'ai interviewé
45:11beaucoup de femmes
45:12quand j'étais journaliste
45:13et très souvent
45:15elle me disait
45:16des stars
45:17parce que je travaillais
45:17pour elle
45:18ou pour Paris Match
45:19donc c'était que les stars
45:20et très souvent
45:21j'étais étonnée
45:22parce qu'à la fin
45:23d'une interview
45:24elle disait
45:25mais je n'en serais pas
45:27rêvée là
45:27je n'ai pas eu
45:28mon ami
45:29ou mon mari
45:30ou mon agent
45:31ce qui voulait dire
45:32moi je suis toute seule
45:33je ne peux rien faire
45:34or c'est pas vrai
45:34c'est elle qui avait fait
45:35le travail
45:36c'est elle qui était
45:38les vedettes de leur vie
45:40mais il fallait toujours
45:41qu'elle dise
45:42non non
45:42c'est lui
45:43qui a tout fait
45:44elle ne pouvait pas
45:45imaginer
45:45qu'elle savait
45:46cette force
45:47en elle
45:48et le problème
45:49des femmes
45:49c'est ça
45:49c'est de se dire
45:50j'ai de la force
45:51en moi
45:51je peux le faire
45:53au lieu de dire
45:53je ne suis pas assez bien
45:55pour le faire
45:55et c'est ce qu'on
45:56comprend en filigrane
45:57dans ce livre
45:58alors moi j'ai toujours
45:59entendu dire
46:00qu'un homme
46:00sans une femme
46:01n'était rien
46:01c'est vrai
46:02une autre façon
46:03de faire des choses
46:04derrière chaque grand homme
46:05il y a une femme
46:06exactement
46:06et puis il y a de la musique
46:07aussi dans votre livre
46:08et notamment
46:09cet artiste mondialement connu
46:19pourquoi Bob Dylan ?
46:20parce que j'aime beaucoup
46:23il fallait faire un concert
46:24en 66 à l'Olympia
46:26première partie
46:27tout va bien
46:27et à l'entracte
46:28il dit
46:28ou vous me présentez
46:29Françoise Hardy
46:30tout de suite
46:30parce qu'il est dans la salle
46:31ou je ne fais pas
46:31de deuxième partie
46:32donc on est allé chercher
46:33Françoise Hardy
46:34dans la salle
46:35pour qu'elle rencontre
46:36Bob Dylan
46:36qui était très timide
46:37qui était très timide
46:37il n'osait pas
46:38alors il y a aussi
46:39Virginie Despentes
46:40que vous citez dans ce livre
46:41j'adore sa phrase
46:43c'est la métamorphose
46:46un matin on se lève
46:47et on s'aperçoit
46:49que dans le silence
46:50et la discrétion
46:51on est devenu
46:52quelqu'un d'autre
46:53et ça justement
46:54c'est une des clés
46:55de ce livre
46:55avec un autre personnage
46:58qui est un chien
46:59Sherlock
46:59et c'est vrai que
47:01vous êtes une amoureuse
47:02des chiens
47:02et vous évoquez
47:03les chiens
47:04en même temps
47:05qui ont plein de qualités
47:06qu'on ignore
47:10c'est-à-dire que
47:11ce qui est difficile
47:12ce qui est difficile
47:13avec les chiens
47:15il paraît que c'est plus facile
47:16avec les chats
47:16c'est que les chiens
47:18moi j'arrive
47:19je voudrais savoir
47:20ce qu'ils ont dans la tête
47:21et j'arrive pas à le savoir
47:22et mon chien à moi
47:24qui s'appelle Boy
47:25par exemple
47:26quand il veut quelque chose
47:27il s'assit en face de moi
47:28et il me fixe
47:29mais alors
47:29avec une intensité
47:32incroyable
47:32et alors
47:33je lui apporte un gâteau
47:35c'est pas ça
47:35je lui montre sa laisse
47:37c'est pas ça
47:38je cherche sa balle
47:40c'est pas ça
47:41et il reste
47:41et il est devant moi
47:42c'est comme
47:42vas-y essaye encore
47:45et il y a des moments
47:46où je ne sais plus quoi faire
47:47je dis mais mon vieux
47:47je ne sais plus quoi faire
47:48qu'est-ce que tu veux
47:49explique-moi
47:51et
47:54le chien que j'ai
47:55en ce moment
47:55est absolument incroyable
47:56tout le monde
47:57tout le monde
47:58tombe amoureux
47:59de Boy
47:59et puis il est très très bien élevé
48:02parce qu'il vient d'une très vieille famille écossaise
48:05c'est un bordeur terrier
48:06et
48:08il est
48:09il est incroyable
48:10il mange avec beaucoup de délicatesse
48:12il ne rentre pas dans une pièce
48:14si vous ne l'avez pas fait signe
48:16vous voyez
48:16alors des choux et des reines
48:18on ne va pas raconter l'histoire
48:20mais on va suivre le cheminement
48:21de cette femme
48:22pour justement se sortir
48:24de cette emprise
48:25c'est presque un livre à recommander
48:27c'est presque un livre à recommander
48:28pour celles
48:29qui n'ont pas l'espoir
48:31de s'en sortir
48:33oui
48:33c'est-à-dire qu'elles ont
48:34elles croient
48:35qu'elles ont
48:36qu'elles ont
48:36qu'elles ont
48:37qu'elles ont pas la force
48:39mais moi
48:39j'ai rencontré tellement de femmes
48:40comme ça
48:41tellement de
48:41tellement de femmes
48:43qui me disaient
48:44il y en a une un jour
48:45qui m'a dit
48:46écrivez-moi
48:47oser
48:48en dédicace
48:49oser
48:49oser
48:50oser
48:50je lui ai écrit
48:51oser
48:51oser
48:52oser
48:52partout
48:53o-s-e-z
48:54parce qu'elle se disait
48:56je ne vais jamais oser
48:57et vous avez osé l'écrire
48:58parce qu'il fallait l'écrire
48:59ce roman
49:00vous avez hésité
49:01non je n'ai pas hésité
49:02moi quand j'ai une idée
49:04quand j'ai une idée
49:05qui arrive comme ça
49:06comme celle-là
49:09j'y vais
49:10de toute façon
49:12qu'est-ce que je veux dire
49:14sinon le succès
49:15qu'est-ce que vous avez
49:16non non
49:16je ne pense même pas
49:18au succès
49:18mais je pense
49:18quand une idée
49:19était aussi
49:21c'est comme si l'idée
49:21elle tapait à la porte
49:22de ma tête
49:23et au bout d'un moment
49:24je lui dis
49:24allez hop
49:25on y va
49:26et puis surtout
49:27j'avais déjà
49:30dans ma tête
49:31j'avais déjà élaboré
49:32le personnage de Sophie
49:34qui est arrivé assez vite
49:36et puis
49:37je voyais vaguement
49:38où ça allait se passer
49:39parce que quand on écrit
49:42moi quand j'écris
49:44c'est comme un brouillard
49:45et les choses sortent
49:46du brouillard
49:47petit à petit
49:48en tout cas
49:48ce n'est pas le brouillard
49:49c'est un rayon de soleil
49:50ce livre
49:50un message d'espoir
49:52des choux et des reines
49:53chez Albin Michel
49:53un roman
49:54en attendant les suivants
49:55parce que vous avez continué
49:56j'espère
49:57écoutez vous reviendrez
49:58à la clé d'une vie
49:59une fois de plus
50:00pour en parler
50:01avec joie
50:01merci Jacques
50:02merci Catherine Pancol
50:04la clé d'une vie
50:04c'est terminé pour aujourd'hui
50:05on se retrouve bientôt
50:06restez fidèles
50:07à l'écoute de Sud Radio
50:08merci
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