00:00Good morning business, parole de patron.
00:03Il est 8h23 sur BFM Business et sur RMC Live, notre invité c'est David O'Neill.
00:07Bonjour, vous êtes directeur marketing et prospectif de Keolis, on va parler transport public.
00:12Et vous, vous avez mené une grande étude, 8000 personnes interrogées dans 20 métropoles, 11 pays
00:17pour avoir une idée de ce que veulent les gens en matière de transport en commun.
00:21Alors là c'est la canicule, ça ne remonte pas dans les premiers sujets que vous donnent les gens ?
00:26Pas besoin de clean dans les transports ?
00:28Si, évidemment ça fait partie des enjeux de confort qui sont nécessaires,
00:32mais autant d'avoir une place assise, autant d'être sûr de ne pas être au milieu de trop de
00:37personnes au moment des transports.
00:39Et donc ça, ce qui est intéressant, c'est que tout le monde a la même vision là-dessus des
00:43attentes,
00:43qui sont des attentes de base et qui concernent aussi tout le parcours.
00:47C'est-à-dire évidemment on pense au moment où on prend le transport en commun,
00:49mais l'attente est aussi très importante et on voit aujourd'hui dans ces moments de canicule,
00:53toute la marche pour aller jusqu'à l'arrêt de transport, l'attente, peuvent être aussi très pénibles.
01:00Par exemple en France, on est loin d'avoir des abris climatisés comme à Dubaï.
01:03Alors ce qui est fascinant dans notre étude, c'est qu'on n'a pas retrouvé le modèle des heures
01:07de pointe depuis la fin du Covid.
01:09Ça n'existe plus.
01:10Et alors c'est particulièrement vrai dans d'autres pays comme Amsterdam.
01:14Alors à Paris, on a encore pas mal ce rythme 5 jours, même si ça a baissé,
01:18mais l'heure de pointe, ça ne veut plus rien dire.
01:20Non, c'est ça. Le métro, boulot-dodo, c'est fini.
01:23Dans tous les pays du monde, la France fait un peu de résistance.
01:25C'est le seul pays qu'on a enquêté dans lequel on a 60% des gens qui travaillent encore
01:305 jours de la semaine.
01:31En Inde, c'est à peine 20 ou 25% des gens, parce qu'il y en a plus de
01:3660% qui travaillent le week-end.
01:38Il y a aussi l'impact du télétravail qui est très fort et donc qui impacte aussi les réseaux de
01:42transport.
01:43Avec une particularité française, c'est que c'est le seul pays où on télétravaille plus le vendredi que les
01:47autres jours.
01:48Dans les autres jours, la semaine telle qu'elle, dans les autres pays, n'existe quasiment plus ?
01:53Non, quasiment plus. Il y a beaucoup plus de gens qui travaillent notamment les week-ends
01:57et donc qui ont des pauses certains jours de la semaine, qui vont travailler 6 jours, qui vont travailler 7
02:01jours.
02:02Et donc la France fait un peu figure d'exception.
02:04Du coup, c'est une bonne nouvelle pour les transports en commun ? C'est-à-dire qu'on lisse
02:08le trafic ?
02:09Alors ce qui est formidable, effectivement, c'est que la pointe a tendance un peu à baisser.
02:13Et du coup, nous, c'est un concept qui est très cher à Keolis, c'est la permanence d'attractivité
02:18de l'offre.
02:19Pour que les voyageurs aient tout le temps un transport au moment où ils en ont besoin.
02:22Parce qu'on est toujours focalisé sur la pointe, sur les trajets domicile-travail, mais c'est 30% des
02:27déplacements.
02:28Et donc parfois, on oublie de penser à 70% des autres déplacements qui sont aussi très importants pour les
02:33gens.
02:33Mais ça veut dire qu'il faut du transport en permanence ?
02:36C'est-à-dire qu'il n'y a plus de « j'accélère le trafic entre 18 et 20
02:40heures ».
02:40Si vous voulez que les gens laissent leur voiture pour aller prendre les transports en commun,
02:43il faut qu'effectivement ça réponde à leurs besoins tout le temps.
02:46Y compris le soir, la nuit, tôt le matin.
02:49Sinon, forcément, ils vont aussi avoir une solution alternative.
02:52Parce qu'ils ne peuvent pas compter tout le temps sur les transports en commun.
02:54La première demande, c'est la sécurité.
02:57Là, il y a un gros sujet partout dans le monde.
02:59Ça a été la grande surprise de l'étude.
03:01On a comparé dans une vingtaine de grandes métropoles.
03:04Et ce qu'on imaginait, nous, c'est qu'on aurait des écarts très importants sur la perception du sentiment
03:08d'insécurité.
03:08Or, ce sentiment, il est universel.
03:11De Dubaï, à Austin, aux États-Unis, à Lille ou à Amsterdam.
03:16On a près de 80% des gens qui nous disent qu'ils ont eu des stratégies d'évitement au
03:20cours des 12 derniers mois.
03:22Alors, ça va être prévenir un proche qu'on va prendre les transports en commun.
03:25Ça va être éventuellement décaler un trajet ou changer de vêtement parce qu'on ne se sent pas à l
03:31'aise.
03:31Et l'autre surprise, c'est que c'est autant les hommes que les femmes.
03:34Et donc, il faut collectivement vraiment prendre en compte ce sentiment d'insécurité.
03:38Dernier point très intéressant, c'est la place du numérique.
03:40Il y a des moments où c'est trop compliqué.
03:42Du coup, les gens préfèrent ne pas prendre les transports en commun parce qu'il faut prendre un biais sur
03:47Internet, tout ça, et qu'on n'y arrive pas.
03:48Alors, c'est un sujet compliqué.
03:50Quand on testait avec les plans et les fiches horaires, il y a quelques années, on avait plus de la
03:54moitié des gens qui ne savaient pas s'en servir.
03:55Donc, le numérique, il a simplifié une grande partie de ces déplacements-là.
03:58Et les gens l'ont adopté de façon assez massive.
04:00Ça ne veut pas dire que tout le monde sait l'utiliser.
04:02Et ce qui est intéressant, c'est que c'est plutôt les jeunes qui, aujourd'hui, ont du mal à
04:06la fois à se passer du numérique et à l'apprendre.
04:08Parce que naviguer sur TikTok, ce n'est pas la même chose que d'utiliser une application.
04:11Donc, il y a des jeunes qui n'arrivent pas à utiliser l'application RATB, par exemple.
04:15Oui, ou une autre, plutôt l'application TBM.
04:19Il faut leur apprendre aussi.
04:20Donc, on a beaucoup d'ateliers dans les réseaux Keolis pour apprendre à tous ceux qu'on en a besoin
04:24comment on utilise une application.
04:25Merci beaucoup d'être venu ce matin pour nous parler mobilité, ce matin, dans la matinale de BFM Business.
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