00:00Good morning business, parole de patron.
00:048h24, est-ce que ça sert encore à quelque chose d'apprendre une langue à l'heure de l'intelligence
00:07artificielle ?
00:08Question posée à Olivier Haquet, bonjour.
00:10Vous êtes le fondateur d'Adam Ligua, vous proposez des formations dans 10 langues étrangères
00:15avec des formules d'apprentissage différentes.
00:17Est-ce que vous voyez les gens se dire ça ne sert plus à rien, je peux traduire tout ?
00:22Est-ce qu'il y a un mouvement ces derniers mois avec l'essor de l'intelligence artificielle ?
00:26C'est vrai, c'est ce qu'on peut penser.
00:28Aujourd'hui, l'IA traduit mieux quasiment qu'un être humain,
00:31et en tout cas plus rapidement et beaucoup moins cher.
00:35Toutefois, comme dans tout marché, ça se structure autour d'une offre hyper qualitative
00:38qui va être l'échange humain, et une offre plus quantitative qui va être à base d'IA.
00:44Donc chacun peut en trouver son compte et avoir de la place pour les cours encore avec un professeur.
00:50Oui, mais alors ça, vous me parlez de formation avec l'IA,
00:53mais moi je vous parle des gens qui n'ont plus envie d'apprendre les langues.
00:55Qu'est-ce que vous leur dites ?
00:57Oui, de ce point de vue-là, la demande est hyper forte en langue.
01:01Je dirais même que l'IA accélère encore ce besoin.
01:05La langue native de l'IA, vous le voyez avec votre invité précédemment, c'est l'anglais.
01:09Ça reste l'anglais dans tous les domaines.
01:10Legal Start, son nom, c'est bien un nom en anglais.
01:13Et en tout cas, on le voit sur les annonces d'emplois et autres qui n'ont jamais demandé autant
01:20les langues.
01:21Et en plus de ça, avec des progrès des Français timides, mais des progrès en langue.
01:28Donc non.
01:28Donc ça ne vous fait pas peur, les traducteurs dans les oreillettes Apple ou les lunettes méta qui directement vont
01:37intégrer la traduction simultanée ?
01:38Ça, ça ne vous fait pas peur ?
01:39Pas vraiment, pas vraiment.
01:41Il y aura de plus en plus, à mon avis, en exergue, le besoin d'êtres humains qui va être
01:47un besoin différencié.
01:49C'est-à-dire, on va vraiment se rendre compte de l'intérêt, pas seulement de pratiquer avec une machine
01:53ou de traduire en temps réel,
01:56mais de comprendre les subtilités culturelles et de pouvoir négocier.
01:59On négocie avec des êtres humains, on ne négocie pas encore avec des robots.
02:03Ça vous fait moins peur que la base du CPF ?
02:05Alors ça, c'est une bonne question.
02:07Ça, ça fait peur ?
02:07Oui, en revanche, l'accès au financement des formations est un sujet qui est autrement plus compliqué.
02:13Bon, on fait les frais des économies budgétaires.
02:17Les langues étaient une des formations les plus demandées dans le cadre du CPF.
02:21Depuis le début d'année, on a un plafonnement et un reste à charge.
02:26Donc 150 euros à mettre au bout et un plafonnement de son CPF vers 1500 euros.
02:30Et ça, par contre, ça réduit fortement la demande.
02:34Et quand vous dites fortement, c'est quoi l'échelle ?
02:36L'échelle, c'est entre, à mon avis, un tiers, un bon tiers de demandes en moins ou de financements
02:43en moins.
02:43Surtout, ça se concentre sur un public qu'on aurait particulièrement besoin,
02:47puisque quand c'est un cadre, mettre au bout du...
02:51Il peut payer le reste à charge.
02:52Sans problème.
02:53Pour quelqu'un qui est limite au SMIC, ou un petit peu au-delà, c'est un peu plus compliqué.
02:58Et c'est là qu'on a le plus d'abandon de projets.
03:04Donc, cette préoccupation, vous avez raison, elle est finalement, aujourd'hui, on est entre deux feux, si l'on peut
03:08dire.
03:09Vous avez introduit lors de l'IA, de l'autre côté, le CPF.
03:12C'est plutôt le financement, actuellement, qui pose question.
03:14Et justement, avec le CPF qui a quand même bien marché ces dernières années,
03:17vous avez vu un changement global sur le niveau des Français en anglais, particulièrement ?
03:23Complètement.
03:23Alors, il se trouve qu'il y a un baromètre qui s'appelle l'EF, qui est assez connu dans
03:28la profession,
03:28qui fait passer des tests partout dans le monde, dans 123 pays, donc on voit.
03:33Et la France a gagné une douzaine de places l'année dernière, elle est passée 38e.
03:36Alors, c'est une performance, on va dire, quand même, moyenne.
03:40Pourquoi ? Parce que ça nous met quand même en queue de peloton des Européens, pratiquement dans les tout derniers.
03:45Toutefois, et c'est le domaine le plus optimiste, c'est que la population,
03:49la catégorie de population qui progresse le plus, c'est les 20-25 ans.
03:53Et là, c'est très net, parce qu'ailleurs dans le monde,
03:55c'est pas si terrible que ça, la progression de cette population.
03:58En France, c'est majeur.
03:59Nous, on a des jeunes qui sont dans une autre culture, en fait.
04:02Oui, YouTube, réseaux sociaux, séries, Netflix, je sais pas.
04:05Mais en tout cas, c'est très net sur cette catégorie jeunes.
04:09Vous voyez le marché de la formation se consolider ou pas ?
04:11Parce que l'objectif, c'était d'éviter les effets d'aubaine,
04:13les offens de formation qui sont pas complètement sérieux.
04:17Vous voyez des choses se passer ?
04:18Oui, complètement.
04:19Consolidation, là pour le coup aussi, accélération avec l'IA d'approche mixte,
04:26avec un formateur et de l'IA.
04:28Il y a des gros acteurs dans le domaine de l'IA et de l'apprentissage des langues.
04:33Il y a Babel, bien évidemment, il y a Duolingo, tout le monde connaît.
04:36Tout le monde pratique comme si c'était plutôt un jeu qu'une plateforme d'apprentissage.
04:40Et de ce point de vue-là, oui, il y a une consolidation aussi sur les acteurs plus traditionnels
04:45de la formation, avec un formateur notamment.
04:48Merci beaucoup Olivier, qui est venu ce matin dans la matinale de l'économie.
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