- il y a 6 heures
Ce vendredi 19 juin, dans la chronique USA Today, Alexandre Baradez, chef analyste chez IG France, et Éric Bleines, directeur de la Gestion Actions chez SwissLife Gestion Privée, se sont penchés sur le secteur de la Tech restant le maître du jeu dans les marchés boursiers, l'achat de l'accord entre Trump et l'Iran par les marchés, la remontée du dollar à son plus haut depuis un an, le cycle toujours tendu avec les puces mémoires, la multiplication des partenariats de Renault dans le domaine de la défense, ainsi que la baisse du chiffre des ventes au détail en Chine au mois de mai. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer sur BFM Business.
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00:00Wall Street fermé aujourd'hui, c'est un jour férié, figurez-vous, aux Etats-Unis, donc pas de séance là
00:04-bas.
00:04Notre Dream Team aujourd'hui, ils sont là.
00:06Eric Blen, directeur de la gestion action de Swiss Live Gestion Privée.
00:09Bonjour Eric.
00:10Bonjour Guillaume.
00:11Bonjour Antoine et pour moi tous.
00:12Antoine est là aussi, effectivement.
00:13Fierou, salut Antoine.
00:14Bonjour Guillaume, bonjour Eric.
00:16Bonjour.
00:17Alexandre.
00:18Alex, il est là.
00:19Alexandre Baradez, effectivement, on vous aperçoit.
00:21Salut Alexandre, chef analyste d'IG France.
00:23Bienvenue donc à tous au cœur de BFM Bourse.
00:26On va avancer au rythme de ces marchés européens.
00:28Eric, en préparant cette interview, vous me disiez que c'est votre vision des choses.
00:31En tout cas, selon vous, les diplomates perdent le rythme.
00:35La Bourse, elle, suit celui des algorithmes.
00:39Absolument.
00:40Vous pouvez la refaire, la redire, celle-là, c'est pas facile.
00:41Je peux essayer, en tout cas.
00:43Les diplomates perdent le rythme et pourtant la Bourse, elle, suit les algorithmes.
00:49Et pourquoi ?
00:50Parce que ça fait une semaine que nous venons de signer cet accord entre l'Iran et les Etats-Unis.
00:56Évidemment, ça a eu une influence quand même importante sur le prix du pétrole.
01:00En une semaine, on est passé de 94 dollars à 70.
01:04Le CAC 40, lui, a réagi positivement.
01:062,9%.
01:07La zone euro aussi, plus 3,5.
01:09Et le Nasdaq, qu'est-ce qu'il a fait ?
01:10Il a fait 2,74%.
01:11C'est-à-dire presque aussi bien.
01:12Alors que ce qu'on disait quand même jusqu'à maintenant, c'est qu'on était très gênés
01:16par la hausse du pétrole.
01:18On était très gênants pour l'ensemble de l'Europe et l'Asie.
01:21Et que lorsque les choses s'amélioraient, on aurait un rattrapage de la zone euro.
01:27Mais ce qu'on constate, c'est que pour l'instant, les investisseurs, ils se concentrent plus
01:30sur la révolution de l'intelligence artificielle, ses investissements, ses conséquences,
01:36sa rentabilité, dégager les perdants et les gagnants.
01:40Référence hier, par exemple, à la baisse d'Accenture et de Capgemini.
01:44Et inversement, donc, regarde les effets positifs sur certains titres, toujours,
01:49comme les semi-conducteurs avec AMD, avec Intel, qui progressent de plus de 10% sur la semaine.
01:54Bien plus que beaucoup d'entreprises liées à la baisse du pétrole.
02:00Micron Technology qui monte de 12.
02:02Et puis, alors, si on regarde dans tout ce qui est stockage de données,
02:06on a Seagate et Western Digital qui montent de 20 et 30% respectivement.
02:10Donc, en Europe, on a ASML, Infineon et STM qui cassent la baraque.
02:14Donc, finalement, l'influence des algorithmes reste prépondérant, en fait,
02:19sur ce qui se passe en bourse en ce moment.
02:21Oui, c'est impressionnant, mais c'est presque un peu frustrant,
02:23parce que pendant le début de la guerre en Iran, et pendant cette guerre, en fait,
02:26l'Europe a beaucoup souffert, beaucoup plus que les États-Unis,
02:28du fait de notre dépendance au pétrole du Moyen-Orient.
02:31Maintenant qu'on a cette paix ou cette promesse de paix,
02:34Wall Street continue de surperformer quand même.
02:36C'est-à-dire que pile l'Europe perd face Wall Street gagne.
02:40Dans les deux cas, le résultat est le même pour nous.
02:42Alors, c'est ça.
02:42Et ce n'est pas vraiment Wall Street, c'est le Nasdaq.
02:44C'est vraiment le Nasdaq qui gagne.
02:45Donc, c'est pour ça que je mets le focus là-dessus.
02:47C'est vraiment les algorithmes, la révolution de l'intelligence artificielle
02:51qui prime aujourd'hui sur le marché.
02:53Et c'est là où est tout le focus et où les actifs vont, en fait.
02:57Alors, Alexandre, votre regard là-dessus, sur une forme d'effectivement
03:01de rouleau compresseur à la hausse sur les marchés,
03:04les algorithmes plus forts peut-être même qu'un certain nombre de fondamentaux.
03:07Est-ce que vous partagez l'idée ou vous apportez des nuances, voire des différences ?
03:11Oui, non, je partage assez l'idée de Eric sur votre plateau
03:15parce que les indices européens ne sont pas tous au même niveau.
03:18Par contre, effectivement, des indices comme l'Italie ou l'Ibex,
03:20qui avaient déjà beaucoup performé les mois précédents
03:22et qui ont un peu stagné au début de la guerre en Iran
03:25et qui arrivent malgré tout à afficher des performances assez correctes.
03:27Mais c'est vrai que ceux qui ont été frustrés,
03:30et moi particulièrement parce que je les suis vraiment avec attention,
03:32c'est par exemple un CAC 40 qui, même si c'est un peu repris,
03:35n'arrive toujours pas à reprendre ses 8600 points et son record d'il y a quelques mois.
03:38Et puis un indice typiquement qui est très sensible
03:41à la question des prix de l'énergie, à la question de la situation géopolitique,
03:45à savoir le DAX, vous regardez un indice comme le DAX,
03:47dividendes inclus, depuis 12 mois, il est sur une phase très très latérale
03:51et il ne bouge quasiment pas.
03:53Alors qu'effectivement, le pétrole a lâché peu 35% depuis son point haut.
03:58Donc effectivement, il y a une forme de frustration en Europe
04:00de pouvoir les indices les plus sensibles à la guerre en Iran repartir à la hausse.
04:05Alors après, c'est vrai que si on analyse sur les dernières heures,
04:08ce qui s'est quand même passé, on voit par exemple que la détente des taux
04:11qu'on a observé sur les taux européens, on prenait les taux à 10 ans en Europe
04:14qui sont détendus quelques jours avant l'annonce de l'accord et ensuite après l'accord,
04:18eh bien on voit que sur ces taux souverains, la détente,
04:21ou plutôt que le pétrole, a continué à baisser,
04:24mais les taux européens, eux, n'ont pas continué à leur baisse.
04:26Et à quel moment ça s'est arrêté ?
04:28C'est mercredi, après la réunion de la Fed, avec ce message du nouveau président de la Fed
04:32qui a clairement fait comprendre que les 2% d'objectifs d'inflation,
04:37ça reste dans le mandat de la Fed et que tant que ce n'était pas atteint,
04:40aucune raison de changer pour l'instant l'objectif.
04:42Et donc ça a relifté les taux.
04:44On a l'impression que ça, l'Europe l'a mal digérée.
04:47Et donc il y a quand même une désynchronisation assez forte depuis maintenant 2-3 jours
04:50entre l'énergie qui a rend poursuivie sa baisse
04:53et puis des taux aussi bien en Europe qu'aux Etats-Unis
04:55qui eux sont peu stabilisés, ils sont même un petit peu repartis, un petit peu à la hausse.
05:00Donc voilà.
05:00Moi je pense quand même que si on ne veut pas timer le marché,
05:03que la partie européenne reste quand même assez attractive.
05:06Encore une fois, si la guerre en Iran, réellement le pétrole reste sur les niveaux où il est,
05:09que la BCE ne fait pas l'erreur de relever une deuxième fois les taux à la rentrée,
05:13je pense qu'à 15 fois les bénéfices anticipés sur un Eurostock 600,
05:16donc qui regroupe les plus belles valeurs européennes,
05:18celles du cas, du DAX et d'autres,
05:20c'est la moyenne de valorisation des 10 dernières années.
05:22Donc on n'est pas au-dessus de la moyenne, on n'est pas en dessous de la moyenne,
05:25on est dans la moyenne.
05:26Donc si on lève les freins de l'énergie, de la géopolitique,
05:30et que la Chine, et ça on peut en parler,
05:31parce que je pense qu'il y a une petite inquiétude sur les dernières stats de la Chine
05:34qu'on a vues il y a quelques jours,
05:35mais hormis ça, il n'y a pas de raison de ne pas être long sur l'Europe,
05:38de ne pas acheter l'Europe dans ce contexte-là.
05:40Oui, mais en même temps, regardez les effets de change.
05:42Par exemple, le dollar, c'est quand même le fait de la semaine.
05:44Le dollar remonte très nettement d'un coup.
05:46On était sur un trend fin d'année 2025, début 2026,
05:53continué. Certains voyaient l'euro à 1,25$ peut-être dès l'été ou en fin d'année.
05:57Et puis depuis le début de la semaine, au contraire, c'est le dollar qui remonte fort,
05:59on est à 1,14$. L'euro vaut 1,14$, 50$ en ce moment.
06:03Certains se disent même que c'est le retour de l'exceptionnalisme américain
06:05avec cette remontée du dollar.
06:06Et comment vous l'interprétez, vous, de la remontée du dollar ?
06:08Je pense que c'est beaucoup plus technique, là.
06:10Je pense que le discours de la Fed a un petit peu surpris.
06:14On attendait quand même ce premier discours.
06:16Et lorsque les informations sont arrivées,
06:20on s'est aperçus que le discours, en tout cas dans les paroles,
06:23était très attention à l'inflation.
06:25C'est ça qui est important.
06:27On ne s'y attendait pas forcément.
06:29Donc on est passé d'une mentalité de marché à un consensus
06:33qui voyait une stabilisation, voire une baisse des taux,
06:35à tout d'un coup, potentielle hausse des taux,
06:37peut-être d'ailleurs de façon plus proche
06:40qu'on ne pouvait l'imaginer au cours de l'année 2026.
06:45Ça, ça a surpris.
06:46Et donc ça a renforcé le dollar.
06:47C'est clair.
06:48En plus, comme il y a quand même des mouvements forts d'achat en ce moment
06:51sur les actions technologiques, ça n'a pas amélioré les choses.
06:55Mais je pense que là, c'est une erreur du marché.
06:57C'est-à-dire que, un, le dollar se renforce,
07:02oui, sur un discours, mais ce n'est pas des actes.
07:04La Fed est encore loin de monter ses taux.
07:06Et si on voulait imaginer un président de la Fed
07:09qui fasse un premier discours
07:10et qui réussisse son discours dans un environnement politique
07:13quand même tendu avec Trump,
07:15qui quand même l'a nommé et n'est pas là pour monter les taux,
07:17mais les baisser,
07:18il vaut mieux avoir un discours un petit peu puissant,
07:20un petit peu fort et faire réagir les marchés et les anticipations
07:23plutôt que d'agir pour éventuellement après,
07:26avec la baisse du pétrole, avec les effets positifs
07:28de ce que ça peut entraîner sur la fin de ce conflit,
07:31pouvoir dire, non, finalement, je ne vais pas les remonter,
07:33je vais calmer le jeu et même je ne vais pas les redescendre.
07:35Donc je pense que là, on est plutôt sur un phénomène technique
07:37de rachat de short ou d'anticipation un petit peu surprise
07:41de la part des analystes.
07:42Donc il y a ces effets de change,
07:44la remontée du dollar qui rend à nouveau Wall Street attractif,
07:46parce que ceux qui sont investis sur Wall Street,
07:48là, même si, voilà, c'est plutôt pas mal, plutôt positif.
07:51La question c'est, est-ce que ce mouvement va se prolonger ?
07:53Est-ce que ce mouvement, Alexandre, va se prolonger de remonter du dollar ?
07:57– Hop, attendez, on va rallumer les sons, je vous écoute.
07:59– Effectivement, on rappelle que Kévin Gouache a été nominé par Donald Trump
08:03et ce qu'on pouvait peut-être s'attendre,
08:05et c'est pour ça que je crois que le marché a agi comme ça mercredi soir,
08:07à savoir les taux, le dollar, les marchés actions,
08:09qui en tout cas mercredi, après ça a changé,
08:11mais mercredi était plutôt sur la défensive,
08:13c'est parce que beaucoup s'attendaient probablement à ce qu'il y a un discours
08:15qui ménage la possibilité toujours de baisse de taux à plus moyen terme,
08:19mais qui va entretenir un peu cette idée-là.
08:21Sans brayer de gage à court terme, ça, on a bien compris que la forward guidance,
08:24c'est-à-dire la projection, ce n'était pas sur son dada,
08:26mais on pensait qu'il pouvait expliquer que, à moyen terme,
08:31après l'accord États-Unis-Iran, si l'inflation par énergie redescendait,
08:36que la question des baisses de taux pouvait à nouveau être sur la table.
08:38Or, son discours n'était pas du tout façonné autour de ça,
08:41il a vraiment été façonné sur l'idée que, déjà,
08:43on donne moins de visibilité au marché, ça c'est clair,
08:46il aperçoit un peu l'euro, il dit, ce sont presque les marchés
08:49qui disent à la Fed ce qu'elle doit faire,
08:51c'est un peu ça que c'est en substance de son propos,
08:54et surtout, encore une fois, il a bien rappelé à plusieurs reprises dans le discours
08:58que la crédibilité de la Fed et le mandat de la Fed,
09:01c'était bien 2% d'inflation.
09:03Alors pourquoi je trouve qu'il y a quelque chose qui a un peu changé ?
09:05Parce que regardez tous les marchés, comment ils se sont comportés après la Fed.
09:08Marché d'échange, le dollar se renforce.
09:10Les matières premières, regardez les métaux, par exemple, précieux,
09:13semi-précieux, souvent libérés en dollars,
09:16ils partent à la baisse.
09:17L'or, même les métaux industriels, comme le cuivre, partent à la baisse.
09:20Regardez le marché obligataire, les taux se sont retendus.
09:23Le seul marché qui a été assez peu sensible à ça, c'est le marché d'action.
09:27Donc moi, je pose la question, soit effectivement,
09:29le marché d'action n'aurait pas forcément les mêmes discours,
09:32on n'a pas la même sensibilité, peut-être la même technicité,
09:35les gens qui traitent sur le marché d'action
09:36ne sont peut-être pas le même degré de connaissance
09:40que ceux qui traitent sur le marché obligataire, peut-être.
09:42Donc peut-être une forme de spéculation, on peut débrider.
09:44Mais comment expliquez-vous que les matières premières réagissent,
09:47le marché d'échange réagit,
09:48que les cryptos aussi, ça c'est un petit marché, mais réagit aussi,
09:53le marché d'échange qui réagit,
09:54et seul le marché d'action ne réagit pas à ce discours.
09:57Et puis le dernier élément, c'est la courbe de taux aux États-Unis.
09:59Vous avez remarqué qu'après les discours de Kevin Morge,
10:04on a des taux courts, c'était déjà le cas depuis quelques jours,
10:06mais ça s'est accéléré après le discours,
10:08vous avez des taux courts américains qui sont redressés plus vite que les taux longs.
10:11Et donc ça vous donne une courbe de taux qui s'est aplatie,
10:13qui a accentué son aplatissement.
10:15Et dans l'histoire, on n'est pas sur une inversion de courbe de taux,
10:18à nouveau pour l'instant.
10:19Mais ce que ça peut signifier, c'est qu'effectivement, en tout cas,
10:22l'aspect monétaire est revenu dans l'équation,
10:25et le risque d'hausses de taux, qui n'est peut-être pas réel,
10:27mais le risque est perçu par le marché comme tel,
10:30et la courbe de taux qui commence à s'aplatir plus fortement,
10:32c'est qu'il y a peut-être aussi un petit risque économique
10:34qui pointe à l'horizon si la Fed maintient ses taux inchangés,
10:38voire si elle remonte.
10:39Et le marché d'action, par rapport à ça,
10:41lui, il ne réagit pas une seconde que pour un cétravail.
10:44– Oui, je vous dis un truc,
10:45j'ai l'impression que maintenant la tech, c'est plus important que la Fed.
10:47Non, mais c'est vrai, la tech, c'est la tech qui porte les marchés,
10:50il y a tellement d'argent dans la tech,
10:52en investissement, en trésorerie, etc.,
10:54qu'on n'arrive même plus à compter.
10:56Est-ce que quelque part, ce n'est pas le comportement,
10:57les annonces des acteurs de la tech qui comptent autant,
11:00voire plus encore, que les annonces et la conférence de presse
11:02de Kevin Warch, en l'occurrence, Eric ?
11:03– C'est un peu ce que je disais au début,
11:05c'est que les algorithmes dominent.
11:07Aujourd'hui, ils investissent mieux en actions.
11:08Et comme on a de plus en plus de particuliers
11:11qui agissent en bourse,
11:12parce que c'est vrai que le côté particulier est important aux Etats-Unis,
11:16ça peut aussi expliquer une différence
11:18de fonctionnement du marché obligataire
11:21et des matériaux et mines versus actions.
11:24– Oui, par exemple, c'est ça qui est dingue avec la tech,
11:27c'est qu'il y a toujours de l'espoir quelque part,
11:29et parfois donc aussi du rêve.
11:30Et le risque, quand on rêve, c'est de se réveiller un peu déçu.
11:33– Par exemple, dans l'univers des cartes mémoires,
11:35on n'arrête pas de dire que c'est hyper cher,
11:37les cartes mémoires, à un moment, le cycle va se retourner,
11:39alors là, ça va faire très mal.
11:40David Rhinville sera avec nous tout à l'heure,
11:42expert de ces thématiques tech,
11:43et il va nous expliquer qu'à ses yeux, en 2028,
11:46la demande pour les cartes mémoires sera encore en hausse
11:48de 20-25% par rapport à 2027, donc en 2028.
11:51Et il va nous expliquer aussi tout à l'heure
11:53que ces sociétés des cartes mémoires
11:56peuvent générer énormément de cash dans les prochaines années,
11:58avec cette demande très forte,
12:00au point que si elles se mettaient à racheter des actions
12:02dans 2-3 ans, quand le cycle se retournera,
12:05elles pourraient, elles seraient capables de racheter
12:06sans aucun problème 100% de leurs actions.
12:09Si bien donc que même quand le cycle va se retourner
12:11et qu'il y aura moins de demandes et une inquiétude des investisseurs,
12:13ce serait compensé par de possibles rachats d'actions massives
12:16qu'elles seront capables de piloter.
12:18– Se racheter à 100% ?
12:19– Non, mais c'est une idée,
12:21c'est pour dire l'ampleur de l'argent
12:23dont elles disposeront pour pouvoir racheter des actions.
12:25– Parce que depuis qu'on parle de cet extraordinaire boom des mémoires,
12:29et ça j'en conviens tout à fait,
12:30notamment vu les dynamiques de développement,
12:32l'intelligence artificielle, etc.
12:34Moi je me souviens d'une première très forte vague des acteurs de la mémoire,
12:39c'était entre 2005 et 2010,
12:43ça avait monté comme une fusée,
12:45mais alors le retournement de marché avec la baisse des prix
12:47avait été mais monstrueuse.
12:49Il y a des entreprises, à mon avis,
12:50il y a la moitié des acteurs des puces mémoires
12:53qui se sont retrouvés sur le carreau
12:55et rachetés par des concurrents qui avaient un petit peu mieux résisté,
12:58mais il y a eu un apocalypse de la mémoire.
13:01Il faut prendre tout ça en compte,
13:02parce que l'histoire souvent se répète,
13:04et les cycles dans la technologie peuvent être extrêmement violents,
13:08et c'est vrai que quand on parle des SanDisk,
13:10quand on parle des SKNX,
13:12moi ça me fait penser vraiment à ce moment-là,
13:14où les cours de bourse étaient vraiment indexés
13:16sur le cours des mémoires.
13:18Il y avait un cours de la DRAM,
13:20et le retournement avait été archi-violent.
13:22Si, c'est David Rainville, il sera avec nous tout à l'heure,
13:24ne ratez pas ce moment,
13:25parce qu'il apportera ses propres arguments,
13:27mais voilà ce qu'il va nous expliquer.
13:28Si les acteurs des cartes mémoires
13:30retournent 50% de leur free cash flow dans 2-3 ans,
13:33eh bien ils pourront racheter parfois jusqu'à 100%
13:35de leur capitalisation sur le marché sans aucun problème.
13:38Et donc ça porterait les cours ?
13:39Ah oui.
13:41Avec l'historique que je peux avoir sur les marchés financiers,
13:44je suis quand même un petit peu d'accord
13:45avec ce qui vient d'être dit,
13:47c'est la version d'Antoine.
13:48C'est la version d'Antoine.
13:49C'est-à-dire que dans les investissements,
13:52dans les dépenses d'investissement,
13:54donc dans les biens d'équipement,
13:56on a en général les valorisations
13:58qui augmentent sensiblement
14:00sur des croissances bénéficiaires attendues,
14:02du fait des dépenses qui sont faites
14:05et des anticipations de défense futures.
14:07Bon, ça marche tant que...
14:09Ça marche bien,
14:10tant que les investissements augmentent.
14:12C'est-à-dire que dès que la dérivée seconde
14:15de la croissance d'investissement ralentit,
14:17la bourse ne valorise pas du tout au même niveau.
14:20C'est-à-dire qu'on n'est plus au niveau de 25 fois et autres,
14:22on est au niveau 2 fois moindre,
14:24c'est-à-dire entre 8 et 12 fois.
14:26Les biens d'équipement, ça ne vaut pas 25 fois.
14:27Ça vaut 25 fois quand on est dans des bulles d'investissement.
14:29Ce qui se passe aujourd'hui, c'est avec l'intelligence artificielle.
14:31Donc, il suffit aujourd'hui qu'une de sept magnifiques
14:33que l'on connaît très bien aujourd'hui,
14:34qui s'endette pour investir,
14:36qui a des fricachos beaucoup moins forts
14:39et donc qui est moins bien valorisé en bourse qu'elle n'était,
14:42dise « Bon, moi, je vais ralentir un petit peu les investissements. »
14:45Et je pense que ce cycle-là, que l'on anticipe,
14:47il sera différent boursièrement parlant
14:50parce que les PER ne seront plus les mêmes.
14:52Et donc, peut-être qu'ils auront des fricachos énormes
14:54parce qu'effectivement, ils ont des marges.
14:56Peut-être qu'il y aura de la demande.
14:56Mais le PER, et c'est ce qui a quand même fait monter les courses
15:00et évidemment les bénéfices, mais aussi les PER,
15:03et là, on aura une différence de valorisation.
15:05On continue d'essayer d'anticiper les choses.
15:07On vous rappelle que Wall Street aujourd'hui est fermée.
15:08C'est un jour férié aux États-Unis.
15:10À Paris, le CAC 40 perd 0,2%.
15:12Ça n'empêche pas le CAC de signer une cinquième semaine de hausse,
15:14quand même, malgré la petite baisse d'aujourd'hui.
15:17Quelles sont les valeurs à la Bourse de Paris ?
15:18On vous retrouve dans un instant, Alexandre.
15:19On parlera de la Chine aussi.
15:20Vous disiez que c'est un sujet important.
15:21On va en parler, promis.
15:22Mais juste du côté des valeurs,
15:23quelles sont celles qui retiennent particulièrement votre attention sur la semaine ?
15:27La Nexans, c'était intéressant quand même,
15:28parce qu'aujourd'hui, je crois qu'on monte sensiblement,
15:31si je ne me trompe pas.
15:34C'est une façon de me demander si le titre est en train de progresser.
15:36Alors attendez, je vais regarder.
15:37Si je ne me trompe pas, normalement, c'est avant que j'arrive ici.
15:41Plus 3,5.
15:42C'était plutôt plus de 5 tout à l'heure,
15:44mais 3,5, c'est déjà pas mal.
15:45Il y a eu une présentation d'un des derniers navires de Nexans
15:50qui a eu lieu à Oslo,
15:52par les analystes financiers.
15:54Ils sont ressortis quand même dithyrambiques.
15:57En voyant que ce troisième navire
16:00va permettre d'améliorer les interconnexions
16:03avec les éoliennes offshore,
16:06donc d'améliorer l'ensemble du réseau.
16:08Et l'ensemble de ceci montre bien
16:10que Nexans a pris le virage
16:12de la transition électrique
16:14et de la demande en data center.
16:16Et donc ça, ça a donné un environnement favorable à Nexans
16:20qui avait consolidé, en fait, après avoir bien monté,
16:22Prispion et Nexans avaient bien monté,
16:23sur cet environnement de transition électrique,
16:25sur cette demande en fait dans un data center.
16:27Et donc on voit bien qu'il y a réalité, première chose.
16:29Et donc la progression de Nexans est en train de continuer,
16:33ce qui est favorable au titre.
16:35Et à mon avis, c'est justifié.
16:36Vous l'aimez d'amour cette valeur.
16:37Moi je l'aime bien.
16:38Oui, c'est bon.
16:39Une autre valeur qui retient votre intention en ce moment.
16:42Avec vos équipes, bien sûr, vous n'êtes pas seul.
16:44La baisse de total, par exemple.
16:47Oui, bien sûr, avec le pétrole.
16:48On vient de perdre 10 dollars, de 80 à 70.
16:52On a quand même une valorisation aujourd'hui
16:54qui est de 8 fois les bénéfices.
16:56On a un dividende qui va tomber le 30 juin
16:59qui va être de 85 centimes.
17:01Et un rendement autour de 5%.
17:03Et puis une société qui s'est fait coter en propre aux Etats-Unis.
17:07Donc on ne l'a pas vraiment vu ça.
17:08Parce qu'on a vu que le pétrole avait monté.
17:12Donc on avait acheté toutes les sociétés pétrolières.
17:14Mais il y en a une qui se distingue quand même dans l'eau.
17:16C'est celle qui vient de se faire coter en propre aux Etats-Unis.
17:19Pas sous forme d'ADR.
17:20Et donc à partir de ce moment-là,
17:22j'en parlais avec le patron de Total
17:25à la dernière conférence d'Exxan.
17:28Et il me disait qu'il avait vu une vraie différence
17:30sur les acheteurs du titre Total aujourd'hui.
17:33Beaucoup d'Américains
17:33beaucoup d'Américains qui gèrent des CICAF domestiques.
17:37Donc la différence d'évaluation
17:38entre Total qui vaut 8 fois les bénéfices
17:41et la moyenne des sociétés américaines
17:44qui vaut plutôt 12 fois,
17:45c'est très intéressant.
17:46Et puis dans la défense Renault,
17:48oui vous avez bien entendu,
17:49dans le secteur de la défense,
17:51il y a Renault qui progresse en tête du CAC d'ailleurs de 4%.
17:54C'est une valeur de défense Renault pour vous ?
17:55Alors c'est intéressant,
17:56si je ne me trompe pas,
17:58ça fait le troisième deal que fait Renault dans la défense.
18:00Donc ils ont bien compris qu'ils avaient des surcapacités.
18:02Avec Thalès pour des véhicules militaires.
18:04C'est ça.
18:05Donc ils ont bien compris qu'ils avaient des surcapacités de production.
18:10Donc il y a plusieurs choix.
18:12Par exemple, Stellantis les a vendus à un Chinois
18:16pour produire de l'automobile.
18:19Eux, ils essayent de les occuper
18:20en faisant des deals avec Thalès,
18:22avec le secteur de la défense,
18:23pour occuper les usines
18:24et puis faire des marches,
18:25parce qu'il y a quand même pas mal de marches
18:26dans le secteur de la défense.
18:27Et c'est une bonne stratégie
18:28et que le cours de Renault
18:30qui est au plus bas
18:31comme dans le secteur automobile remonte,
18:33c'est quand même pas surprenant.
18:33Ils veulent néanmoins que la défense
18:34plafonne à 5% de leur chiffre d'affaires.
18:36Ils ont mis un plafond,
18:37c'est un peu dommage peut-être.
18:38Ça peut être révisé.
18:39Hein ?
18:39Ça peut être révisé.
18:40Et puis c'est pas si mal 5% en plus.
18:41C'est ça ça.
18:42Alexandre, attention à la Chine,
18:43vous disiez,
18:43c'est peut-être le signe noir,
18:46il ne faut pas exagérer,
18:46mais enfin le signal un peu négatif du moment.
18:48C'est vrai,
18:49on a eu des ventes au détail en Chine
18:50très décevantes,
18:50en baisse pour la première fois depuis trois ans ?
18:53Oui,
18:53on a effectivement,
18:54alors,
18:55conseil sur la Chine,
18:55je suis,
18:56en termes de moyen terme,
18:57je trouve que les actions chinoises
18:59actuellement,
18:59vu les valorisations,
19:00qui sont pour un indice comme le Hang 5,
19:02par exemple,
19:03si vous prenez l'échelon des valorisations,
19:05en haut de la pyramide,
19:06c'est la partie américaine,
19:07au milieu,
19:07c'est la partie européenne
19:08à casse-fois les bénéfices,
19:09et du Hang 5 aujourd'hui,
19:10vous l'avez,
19:10sur les bénéfices antiques peu,
19:12autour de 12-13 fois les bénéfices,
19:13donc ce n'est pas excessivement cher,
19:16on avait démarré l'année pas trop mal,
19:17avec des signes plutôt positifs,
19:18et c'est vrai qu'au fil des mois,
19:20alors je pense qu'il y a des effets aussi là-dedans,
19:21un petit point de vue par la guerre en Iran,
19:23malgré tout,
19:24on a vu que la croissance de la consommation,
19:26hier plus hier,
19:26donc de l'année à l'autre en Chine,
19:28se tassait,
19:28et puis là,
19:29le mois dernier,
19:30on est même passé en contraction,
19:31c'est le premier repli,
19:33donc en montant des ventes au détail
19:34qu'on a eu en Chine,
19:35depuis quasiment trois ans,
19:37et le problème,
19:38c'est que le chiffre du mois d'avant
19:39était assez moyen aussi,
19:40et le deuxième paramètre,
19:42c'est la partie investissement en capital fixe,
19:46tout ce qui est urbain,
19:47c'est-à-dire infrastructures,
19:48immobiliers ou autres,
19:49et là,
19:49on voit aussi qu'on a un chiffre
19:50qui n'était vraiment pas un peu en ligne
19:51et qui rappelle que ce segment immobilier chinois,
19:54même s'il s'est quand même stabilisé
19:55et s'est un petit peu amélioré,
19:56il n'est toujours pas trop dynamique,
19:58et donc c'est ça l'image de la Chine,
19:59c'est qu'il y a vraiment une divergence forte,
20:01vous avez d'un côté la sphère,
20:02tout ce qui est manufacture,
20:04industrie et gros moteurs-exports
20:06toujours bien allumés,
20:07et de l'autre côté,
20:07vous avez une demande,
20:10une demande domestique
20:11qui est vraiment à tonne,
20:13alors je dirais que si on va voir
20:14le vers Amérique s'il est plein là-dedans,
20:16je pense très probablement
20:17que la Chine,
20:18les autorités,
20:19vont devoir prendre des mesures,
20:20et des mesures ne pourront pas forcément
20:21trop longtemps,
20:22parce que là,
20:23on commence à avoir des signaux
20:23sur la demande intérieure
20:24qui ne deviennent vraiment pas terribles du tout,
20:27donc d'un côté,
20:28je pense que ça,
20:28c'est quelque chose
20:29qui va probablement arriver cette année,
20:31mais la question,
20:32c'est du coup,
20:33les autorités vont laisser
20:34cette situation perdurer,
20:35est-ce qu'on va peut-être attendre
20:36la fin de la guerre en Iran
20:37pour les premiers effets,
20:38donc à maintenant,
20:38est-ce que ça se redresse un petit peu,
20:40vu que le pétrole et les cours
20:41commencent à retomber,
20:42est-ce que ça s'améliore dans les modes de l'année,
20:43qui ne s'améliore pas,
20:44je pense que la Chine va,
20:45imparativement,
20:46devoir prendre des mesures cette année.
20:47Oui, oui, à suivre aussi,
20:48merci Alexandre Baradès
20:49de nous avoir alerté pour IG,
20:50Eric Blaine
20:51de nous avoir accompagné en plateau,
20:52Swiss Lab,
20:53gestion privée,
20:54bon après-midi,
20:55bon week-end,
20:56chaud.
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