- il y a 3 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00On va maintenant débattre, débattre politique de l'interview de M. Bali Bagayoko dans L'Opinion,
00:06où il avait parlé de l'insurrection. L'insurrection populaire est possible à partir du moment où toutes les digues
00:12auront sauté face à l'extrême droite.
00:14Et il continue, le maire de Saint-Denis, à ce propos. Voilà ce qu'il dit.
00:19Il va y avoir une levée en riposte avec des formes d'auto-organisation qui vont prendre place, que vous
00:25le vouliez ou non.
00:26Des propos qui ont ensuite été relayés par Aurélie Trouvé, la députée LFI de Saint-Denis-Bas.
00:31Ça va être une discussion qu'on va avoir maintenant avec Charles Consigny. Bonsoir.
00:35Bonsoir.
00:36Avec Raquel Garrido, l'ancienne députée LFI et cofondatrice du Mouvement L'après.
00:39Bonsoir Raquel Garrido.
00:41Donc, il faut déjà savoir ce qu'on met derrière l'insurrection. L'insurrection, c'est violent.
00:45Normalement, c'est armé, c'est renverser le pouvoir.
00:51Aurélie Trouvé avait relativisé en disant que ça peut être aussi pacifique.
00:54Si l'URN est au pouvoir, c'est inévitable. Charles Consigny, insurrection ?
00:58Déjà, on peut constater quand même que M. Bagaioco, il a quand même un problème avec la République.
01:03Il est quand même en rupture entre le portrait de Macron, les agents qui virent parce qu'ils ne sont
01:10pas d'accord avec lui.
01:12Et maintenant, les émeutes, en gros, enfin, les insurrections, je ne sais plus quel terme il a utilisé, qui vont
01:21avoir lieu quoi qu'il arrive.
01:23Je trouve qu'il a un rapport curieux à la République.
01:26Je trouve ça quand même, je trouve que ça pose question.
01:30Et ensuite, de toute façon, les insoumis font ce qu'ils veulent et la gauche fait ce qu'elle veut.
01:36Moi, je pense que si le RN devait être élu en mai prochain, d'abord, ça voudra dire qu'une
01:44majorité de Français aura voté pour eux.
01:45Donc, a priori, tout le pays ne va pas se soulever.
01:48Et ensuite, l'extrême-gauche rendrait un énorme service au RN en vue des législatives.
01:54Parce que si l'extrême-gauche organise des émeutes, le RN aura beau jeu d'être le parti de l
02:01'ordre, en gros.
02:02Et ça, aux législatives, ce sera un moteur puissant.
02:04Donc, je trouve que...
02:05Donc, ça serait faire le jeu du RN.
02:06En fait, depuis le début, j'ai le sentiment, je ne sais pas s'ils s'en rendent compte,
02:10mais j'ai le sentiment que l'extrême-gauche, elle est un peu l'idiote utile du RN.
02:14Elle est très utile au RN, puisqu'elle le normalise, le banalise,
02:18elle le rend beaucoup plus rassurant, à mesure qu'elle se radicalise et devient inquiétante.
02:25Raquel Garideau ?
02:26Sur Bali Bagayoko, moi, je ne suis pas d'accord.
02:28Je pense que c'est un militant républicain.
02:31Et d'ailleurs, il a été élu dès le premier tour dans sa commune.
02:35Donc, déjà, se présenter aux élections, c'est déjà un indice de son rapport à la démocratie, à la République.
02:41En plus, il fait valoir une certaine acception de la France,
02:45c'est-à-dire une France inclusive ou des personnes qui pourraient être, comme moi,
02:50nées dans d'autres pays, mais pour autant, sommes des Français à part entière.
02:53Donc, je trouve que c'est très positif.
02:54Et au contraire, c'est dans une tradition, une pure tradition républicaine française.
02:58Après, pour sur la question de la réaction des Français à une éventuelle victoire de l'extrême-droite,
03:04il me semble qu'on en avait déjà parlé ici, je rappelle que dans le projet de Marine Le Pen,
03:12il y a le fait de changer très rapidement la Constitution pour y inclure une disposition de xénophobie d'État.
03:19Donc, je vous rappelle un article que je vous avais déjà lu ici.
03:22Donc, c'est la linéa 1 du projet de Constitution de Marine Le Pen.
03:25« Afin de garantir aux Français, en toutes circonstances, une priorité dans l'accès à l'emploi à égalité de
03:30mérite dans le secteur privé
03:32et, le cas échéant, dans le secteur public, ainsi que dans les bénéfices de l'action des services publics et
03:37des politiques publiques,
03:38y compris le logement, la loi, il limite l'accès des étrangers. »
03:43Donc, en fait, c'est une rupture totale.
03:46C'est l'application de leur programme.
03:47Bien sûr.
03:48S'ils sont élus, ils appliqueront leur programme.
03:50Alors, bien sûr, mais il y aura forcément des anticorps républicains dans la société française.
03:55C'est quoi l'anticorps ? C'est l'insurrection anticorps ?
03:57C'est-à-dire que c'est contester le résultat des urnes ?
04:00D'abord, il y a nous, la France, nous avons une conception de la nation
04:03qui n'est pas une conception ethnique et qui n'est pas une conception religieuse.
04:07Nous faisons France de tout bois et nous ne supporterions pas l'idée,
04:12par exemple ici à BFM, on ne supporterait pas l'idée qu'on discrimine les contrats de travail
04:18entre ceux qui sont de nationalité française et ceux qui ne le sont pas.
04:21C'est quelque chose qui choque notre tradition républicaine.
04:23Donc, comme c'est le projet, que c'est le cœur du projet de l'URN,
04:26en plus, ils ne mentent pas, ils vous le disent.
04:27Alors, si les Français les choisissent ?
04:29C'est sûr.
04:29Il y a une majorité de Français ?
04:30Alors, s'il y a une majorité de Français, effectivement, c'est la raison pour laquelle
04:35je ne suis pas certaine que ça crée des insurrections.
04:38En revanche, ça peut créer de la violence, parce que ça en est.
04:40C'est-à-dire que la violence amène la violence.
04:42Moi, je préférerais qu'on évite la violence et je préférerais qu'on évite l'URN.
04:46Donc, le programme violent de l'URN entraînerait de la violence ?
04:48Il me semble qu'on peut l'anticiper.
04:52Insurrection, je ne sais pas.
04:54Ce que j'observe dans les expériences dans le monde entier
04:56où des gouvernements d'extrême droite sont arrivés au pouvoir,
04:59ce n'est pas le bon moment pour l'insurrection ou la révolte.
05:02Je veux dire, ça ne crée pas plus de liberté, ça ne crée pas plus d'allant.
05:05C'est même l'inverse.
05:06C'est l'écrasement des syndicats, l'écrasement des partis d'opposition.
05:09Et en fait, la société se retrouve d'ailleurs plus muselée
05:12et les idées circulent moins que quand ce n'est pas l'extrême droite.
05:18Donc, moi, je n'anticiperais pas sur l'extrême gauche.
05:21L'extrême gauche, c'est la liberté d'opinion.
05:23Vous avez des exemples de pays qui sont dirigés par l'extrême gauche
05:26où il y a une totale liberté d'opinion, de manifestation.
05:30Par la gauche, oui, l'extrême gauche.
05:31Non, mais par la gauche, oui.
05:33L'extrême gauche, il n'y a pas vraiment d'exemple où ils sont là.
05:35Mais il ne faut pas occulter quand même le fait qu'au fond, manifestement,
05:40il y a une certaine extrême gauche qui veut cette insurrection,
05:43qui en fait cherche à la créer.
05:45Moi, quand j'entends ce que dit la députée France Insoumise Aurélie Trouvé,
05:50je comprends quand même qu'en fait, elle a envie
05:53qu'il y ait une sorte de troisième tour dans la rue.
05:57Mais elle dit que ce sera pacifique.
05:58Elle parle même de résistance plus que d'insurrection.
06:01Il ne faut pas.
06:01Moi, si vous voulez, le RN, si jamais il devait être élu,
06:05ce qu'il faut se méfier, puisque là,
06:07les gens commencent à considérer que c'est déjà fait.
06:12L'expérience politique, quand même, montre qu'un an avant,
06:14il peut se passer quand même beaucoup de choses.
06:16Et d'ailleurs, le RN ne cesse de se taper le nez.
06:18Il faut bien dire les choses comme elles sont.
06:19Il ne cesse de se taper le nez à la porte du pouvoir,
06:22que ce soit aux législatives, aux présidentielles, etc.
06:23Et puis, il y a une décision d'un jugement qui va interdire le 7 juillet.
06:26Il y a le jugement de juillet, il y a tout ça.
06:28Sur Marine Le Pen.
06:28Mais moi, tant qu'on n'a pas, si vous voulez,
06:31il ne faut pas hurler au loup, je pense,
06:34tant qu'on n'en a pas des signes clairs.
06:35C'est-à-dire, tant qu'ils ne se mettent pas à prendre des mesures
06:38qui soient vraiment des mesures fascistes, parafascistes,
06:42on les appelle comme on veut,
06:44mais des vraies violences d'État,
06:46des vraies atteintes aux libertés,
06:47tant qu'il n'y a pas ça,
06:48je pense que ça ne sert pas à grand-chose de s'époumonner.
06:51Et du coup, les mots perdent de leur substance.
06:53Je suis désolé, mais moi, la résistance d'Aurélie Trouvé à Sébastien Chenu...
06:58Ça peut porter ses fruits,
06:59parce qu'il y a beaucoup de Français
07:01qui ne sont ni d'un côté ni de l'autre,
07:03qui se disent, attention, parce que si on vote Bardella,
07:06ça risque de créer quand même beaucoup d'incidents,
07:09beaucoup de chaos,
07:10donc finalement, ça serait mieux qu'on évite cette option.
07:13Oui, mais en même temps,
07:14cette personne a dit que c'est un raisonnement logique.
07:16Et je pense qu'il y a beaucoup d'électeurs,
07:18on va dire d'immodérés, qui pensent ça.
07:20Oui, peut-être.
07:20Moi, je pense que les Français ne sont pas pour la guerre civile.
07:25Donc, ils préfèrent éviter une option politique
07:28qui nous conduirait à un tel niveau d'antagonisme
07:31que rien ne serait possible de délibérer pacifiquement.
07:35Parce qu'en fait, la politique,
07:36c'est la modalité pacifique de règlement des conflits.
07:39On ne dit pas qu'il n'y a pas de conflits,
07:40on ne dit pas qu'il n'y a pas de désaccords.
07:41Il y a même des désaccords profonds entre les Français.
07:44Il y a aussi des conflits d'intérêts.
07:45Il y a une oligarchie qui capte beaucoup d'argent,
07:49beaucoup de pouvoir.
07:50Et un peuple qui se retrouve dépossédé par rapport à ça.
07:54Donc, oui, il y a des antagonismes.
07:56Mais l'art de la politique,
07:58c'est de les administrer de façon démocratique.
08:00Mais aux élections législatives dernières,
08:02en juin 2024,
08:04il y a eu 33 millions de participants.
08:05C'est beaucoup.
08:06C'est énorme.
08:07Sur les 51 millions qui sont en âge et en droit de voter.
08:10C'est 9 millions qui ont voté NFP
08:12et 10 millions qui ont voté RN.
08:15Il y a match, hein ?
08:16Je veux dire, aujourd'hui,
08:19on ne peut pas non plus écarter d'un revers de main
08:21l'hypothèse d'une victoire de Mélenchon.
08:25Victoire de Mélenchon, oui.
08:26Non, ça, c'est nul.
08:26Parce que Mélenchon, lui, il n'a jamais...
08:30Même le NFP qui fait 9 millions de voix,
08:32c'est plus que Mélenchon qui avait fait 7,7 en 2022.
08:37Et en plus, entre-temps,
08:39Jean-Luc Mélenchon a fractionné le NFP.
08:41Déjà, il n'y a qu'unique.
08:42Le NFP a pu faire 9 millions.
08:44Oui, mais la gauche peut s'unir encore.
08:46Alors, si elle s'unit,
08:48effectivement, elle sera en position peut-être
08:51de battre RN en état plus que les Macronistes.
08:54Non, non, pas forcément le Front républicain.
08:56Je pense même que le sujet,
08:57je vois bien que certains,
08:58sans doute, ce sera effectivement un argument
09:01qui sera fortement mis en avant, etc.
09:03Mais bon, je pense que les Français,
09:05ils ont quand même vu...
09:06On verra, mais ils voient bien Mélanie en Italie,
09:08ils voient tout ça.
09:09Ils voient quelques mairies RN
09:11qui n'ont pas l'air,
09:12à part 2-3 annulations de spectacles
09:16qui font des...
09:17Et qui sont réélus, d'ailleurs.
09:18Les maires RN ont été réélus.
09:19Oui, mais là, je vous ai lu, par exemple,
09:21la révision constitutionnelle.
09:23La révision constitutionnelle.
09:24Ils vous le disent, c'est écrit dessus.
09:26Oui, mais ça, je crois que les électeurs RN le veulent.
09:27Moi, je pense que le vrai sujet,
09:30c'est plus que si les Français choisissent l'IRN,
09:33ils vont choisir encore une voie
09:35qui, par ailleurs, n'est probablement pas...
09:37N'est toujours pas le bon traitement
09:38pour les maux de la France.
09:40Moi, c'est plus ça que je vois comme problème.
09:42En réalité, c'est pas tant
09:44que l'IRN soit un parti fasciste, etc.,
09:46sauf parce que vraiment,
09:47on bascule dans des violences d'État généralisées
09:50ou même qu'on ait un truc,
09:51un peu comme avait Trump.
09:52Mais je pense même pas qu'on aura ça.
09:54C'est ce qui s'est passé au mois de janvier au Capitole.
09:57Moi qui apprécie Trump à titre personnel,
10:00comme personnage, comme symbole, etc.,
10:04j'ai détesté sa police de l'immigration.
10:07La brigade ICE aux États-Unis,
10:09j'ai trouvé que c'était quand même atroce
10:12et elle a commis beaucoup de bavures.
10:14Et puis ce chef qui se grimait en dignitaire nazi,
10:17c'était quand même assez suffocant.
10:19Donc, sauf à ce qu'on ait ce genre de truc,
10:22et je suis pas sûr que ça se passerait comme ça,
10:25je pense que le vrai sujet,
10:26c'est plus le fond,
10:27c'est plus ce que porte ce parti.
10:29Et je pense que la gauche agite,
10:33nous fait indéfiniment vivre dans un monde
10:35qui n'existe pas, je pense,
10:36sur tous les sujets.
10:37Elle nous raconte une histoire un peu...
10:40Je vous trouve,
10:42pour le coup,
10:44vous, dans le fantasme.
10:46Parce que moi, j'ai lu leur proposition.
10:48Marine Le Pen,
10:49elle a déposé une proposition en janvier 2024.
10:52Elle est à la disposition de chacun et chacune.
10:55À part cet article sur la préférence nationale,
10:56c'est 25 articles qui sont...
10:59C'est 25 articles qui changent.
11:00Mais attendez ça, déjà,
11:01c'est très grave, déjà.
11:02Est-ce qu'on est d'accord pour dire
11:03que ça, c'est très grave
11:04et que ça mettrait le pays à feu à sang ?
11:06La préférence nationale existe déjà dans...
11:07Dans le privé.
11:08Dans le privé.
11:09Oui, mais je me suis...
11:10Dans certaines préstations sociales versées.
11:11Donc, c'est ça que vous voulez
11:12comme modèle social ?
11:13Quand vous posez une question,
11:14c'est pas parce qu'on pose une question
11:16qu'on est à toi avec la...
11:17Mais Raquel, de toute façon,
11:18je vais vous dire,
11:18je pense que c'est inapplicable,
11:20cette mesure.
11:21Imaginez, demain,
11:21vous êtes un employeur.
11:22Mais c'est dans la Constitution.
11:23Mais c'est inapplicable.
11:24Imaginez, demain,
11:25vous êtes un employeur.
11:26Vous devez recruter quelqu'un.
11:28Vous recevez deux CV.
11:30Vous passez des entretiens.
11:31Vous choisissez la personne
11:33de nationalité étrangère.
11:34Je ne pense pas
11:35qu'un quelconque organe public
11:36puisse vous le reprocher.
11:37Vous dites que vous avez choisi...
11:39Mais bien sûr, c'est oui.
11:39Mais non, c'est la liberté des employeurs.
11:40Une association pro-constitution
11:45sera organisée avec...
11:46Le soutien du parti RN
11:48pour faire valoir la Constitution.
11:50Mais enfin, vous-même
11:51qui êtes un juriste,
11:52il se trouvera des avocats,
11:54d'accord,
11:55des confrères à nous,
11:56qui se spécialiseront
11:58dans le fait d'attaquer
11:59des contrats de travail,
12:01des décisions d'embauche,
12:02des décisions de donner un bail.
12:05Il y aura des expulsions.
12:06Il y aura des expulsions de logements.
12:09L'employeur pourra toujours dire.
12:10De la même façon, d'ailleurs,
12:11qu'il nous dise...
12:12Mais non, mais regarde,
12:13prenez la logique inverse.
12:15Les discriminations sont interdites.
12:16On n'a pas le droit
12:17de refuser à quelqu'un un emploi.
12:18Eh bien, ça, c'est changé
12:19dans la Constitution, Le Pen.
12:20On n'a pas le droit
12:21de refuser à quelqu'un un emploi
12:22en fonction de sa couleur de peau,
12:23de son origine, de sa religion.
12:24Ça le sera désormais.
12:25Un employeur peut pratiquer,
12:27en réalité, en pratique,
12:28s'il a envie, il discrimine.
12:30Il lui suffit de dire
12:31qu'au même emploi,
12:32il n'a pas refusé le candidat
12:34qui était pas de la bonne couleur
12:36à ses yeux,
12:37pas de la bonne religion
12:37à ses yeux,
12:38pour ces raisons-là,
12:39mais qu'il l'a refusé
12:40parce que son profil
12:40lui plaisait moins
12:41que celui du candidat
12:44qu'il a retenu.
12:44Et ce sera très, très difficile
12:46de prouver
12:47que cet employeur,
12:48il a discriminé.
12:49Eh bien, donc, je pense
12:49que ce sera la même chose.
12:50Donc, encore une fois...
12:51On joue à se faire peur.
12:52Oui, je pense un petit peu.
12:54Non, moi, je pense que vous...
12:55Je pense un petit peu.
12:56Au contraire, vous jouez
12:58à ne pas prendre au sérieux
13:00la menace telle qu'elle existe.
13:02Et c'est la raison
13:03pour laquelle il faut absolument
13:04et à tout prix empêcher
13:05ce parti de gouverner
13:07notre pays.
13:07Oui, mais à tout prix,
13:07ça ne veut pas être à tout prix.
13:08C'est pas ce terme d'à tout prix.
13:10Par exemple, l'unité de la gauche.
13:11Par exemple, à gauche,
13:12la gauche, elle est hyper diverse.
13:15Il y a beaucoup d'opinions différentes.
13:18Et pourtant, voilà, il y a toujours.
13:19Et pourtant, quand je dis
13:21à tout prix,
13:22ça implique, par exemple,
13:24l'unité.
13:24Vous ne ferez pas passer...
13:26On l'a fait pour la NUPES
13:28et on l'a fait pour le NFP.
13:29Mais comme Mélenchon,
13:30il ne veut plus...
13:30Oui, mais Raquel,
13:31moi, ce qui ne me va pas
13:31dans ce raisonnement de la gauche,
13:33c'est que vous ne ferez pas passer
13:34l'extrême gauche
13:35en chantant la menace,
13:37en agitant le chantage au fascisme.
13:40Et ça, c'est trop facile,
13:42vous voyez, de dire
13:42c'est soit nous, soit les nazis.
13:44Oui, mais c'était très chaud.
13:46Ça a empêché au RN d'avoir la majorité.
13:47Là où je trouve que la gauche
13:49est terrible, en fait,
13:51c'est que je l'avais lu,
13:52pour le coup,
13:52le programme du Nouveau Front Populaire
13:54et de la NUPES.
13:56C'était un programme totalitaire,
13:57excusez-moi.
13:58Mais si,
14:00vous le faites même
14:01qu'il existe,
14:02qu'on envisage une taxe Zuckman,
14:03pour vous, c'est totalitaire ?
14:04Non, je m'en fous de la taxe Zuckman.
14:05Ah bon ?
14:06J'invite les téléspectateurs à regarder.
14:08Il y avait une tranche d'impôt
14:09à 90%, par exemple,
14:10et qui n'était pas très élevée.
14:12Il ne fallait pas gagner
14:13énormément d'argent
14:13pour se retrouver
14:14dans la tranche à 90%.
14:15J'appelle ça du totalitarisme,
14:17excusez-moi.
14:18Et donc, vous ne nous ferez pas
14:19le chantage au fascisme
14:20pour faire passer votre fascisme.
14:22Vous voyez ce que je veux dire ?
14:23Moi, je pense qu'il y a
14:23d'autres voies
14:24qui sont possibles
14:25que le fascisme de gauche
14:26ou le fascisme de droite.
14:28Mais ça, c'est le problème.
14:29Il y a des élites françaises
14:30aujourd'hui qui, précisément,
14:32c'est typiquement
14:32le genre de phrase
14:33quand tout est fasciste,
14:34il n'y a plus de fascisme.
14:35Ah bah ça, c'est souvent la gauche
14:36qui traiterait tout le monde
14:37de facho.
14:38Oui, alors c'est vrai,
14:38je reconnais que c'est aussi
14:40traiter tout le monde de facho,
14:40c'est un truc très à gauche.
14:41Mais vous voyez,
14:42si même Charles Consigné s'y met,
14:43on ne s'en sort pas.
14:44Je suis désolé.
14:45Donc peut-être qu'on peut
14:46en rester un peu objectifs
14:48aux Etats-Unis.
14:50Vous seriez prêt à appeler
14:52à l'insurrection
14:53si Lucie Castet
14:54allait au pouvoir ?
14:54Honnêtement, quand j'écoutais...
14:55Effectivement, je pense
14:56qu'elle a plus la droite
14:57qui appellerait
14:58à l'insurrection contre nous.
14:59Quand j'écoute Mme Castet,
15:01quand je vois
15:01ce qu'ils ont fait à Paris...
15:02Aujourd'hui,
15:03elle est mère d'arrondissement.
15:03Je suis désolé,
15:04j'estime que ces gens
15:05sont des gens qui ont
15:06une politique
15:07et des idées totalitaires.
15:08J'estime que ce sont...
15:10Je pense que vous n'avez
15:10jamais connu ce qu'il y a
15:11un pays totalitaire
15:12et le totalitarisme.
15:13Je suis désolé.
15:14Je le dis à Paris
15:15d'un certain degré.
15:16Voilà, donc c'est bien
15:17ce que je dis.
15:19Non, non, mais...
15:20Plus sérieusement,
15:21franchement,
15:22j'échange...
15:23Vous dites qu'en fait
15:23que la peur
15:25par un Jean-Luc Mélenchon
15:26peut faire plus peur
15:27qu'une Marine Le Pen ?
15:29Ah ben ça, c'est sûr.
15:30Enfin, on ne voit pas
15:30la droite à l'insurrection.
15:32C'est certain, mais parce que...
15:33Tu miras quand François Mitterrand
15:34est arrivé en 1981,
15:35certains à droite disent
15:35attention, les charruces
15:36vont arriver dans la Concorde.
15:38Il faut partir.
15:39Non, mais si c'est un profil
15:40comme Mitterrand...
15:41Moi, c'est ça.
15:41Moi, la gauche,
15:43entre guillemets,
15:43et que j'aime,
15:45c'est justement la gauche
15:46qui ne fait pas
15:47le chantage au fascisme.
15:48Moi, j'aimerais qu'à gauche,
15:50ce soit la gauche
15:51à peu près modérée
15:52qui ne considère pas forcément
15:54qu'il faut prendre à tout le monde
15:56tout ce qu'ils ont,
15:57qui prenne l'avantage
15:58sur la partie extrême
16:00de la gauche.
16:00Mais ce que je vois,
16:01c'est que dans le rapport
16:01de force actuel à gauche,
16:03c'est l'extrême gauche
16:04qui a l'avantage
16:05sur le reste de la gauche.
16:05Vous le voyez bien.
16:06Ah ben bien sûr,
16:07mais il faut aussi accepter
16:09l'arbitrage démocratique.
16:10Tout le monde réunit.
16:11Les gens de gauche en France
16:12ont connu les années
16:14François Hollande,
16:15ont connu les reculs
16:17de la session
16:17de la démocratie européenne,
16:18ont connu une construction
16:20de l'Union européenne
16:21qui a détricoté
16:22les services publics.
16:23Et du coup,
16:24les gens de gauche
16:25ont opté
16:26pour tourner la page
16:27d'avec ça.
16:27Et d'ailleurs,
16:28les résultats respectifs
16:29qui ont été faits
16:30par Jean-Luc Mélenchon
16:31en 2017 et 2022
16:32vis-à-vis des autres candidats
16:33montrent cela.
16:34C'est la raison pour laquelle,
16:35lorsqu'on réunifie la gauche
16:37en 2022,
16:38il est fait sur le programme
16:39plus proche
16:40de celui des Insoumis
16:41que celui de François Hollande.
16:42Et c'est ce qui permettrait...
16:43Mais moi,
16:43je n'ai aucun problème avec ça.
16:44C'est mon programme,
16:45je le porte.
16:46Moi, je n'ai pas de problème
16:46avec ça.
16:47Et par ailleurs,
16:48aujourd'hui,
16:48être très à gauche
16:48par rapport au macronisme
16:49peu cher...
16:50La gauche n'a jamais gagné
16:53depuis le début
16:54de la Ve République
16:55avec cette option-là.
16:56Une option très à gauche.
16:57Enfin,
16:57le programme de François Mitterrand,
16:59franchement,
17:00il est plus à gauche
17:01que celui de l'avenir en commun
17:02aujourd'hui
17:03de la France Insoumise.
17:04Je ne suis pas sûr.
17:05En termes...
17:05Donnez des exemples.
17:06Les nationalisations,
17:07par exemple.
17:08Les nationalisations...
17:08Deux ans après,
17:09il a repris un virage inverse,
17:10François Mitterrand.
17:11C'était le tournant de la rigueur
17:12parce qu'il s'en est quand même.
17:13C'était une catastrophe économique.
17:15Pour gagner.
17:16D'accord ?
17:16Et par ailleurs,
17:18on a des résultats.
17:19On a les résultats
17:20des urnes de 2017-2022
17:21et encore là,
17:22de 2024.
17:24Donc ça,
17:24à la limite,
17:25laissez-nous,
17:26les gens de gauche,
17:28ramener notre programme.
17:30On avait le plus de députés.
17:32Vous ne forcerez pas...
17:32Dans une situation politique tripartite.
17:34Vous ne forcerez pas
17:36tripartite.
17:37Vous dites,
17:38laissez-nous,
17:38les gens de gauche,
17:39choisir nos options,
17:40nos orientations.
17:41Très bien.
17:41Mais dans ce cas-là,
17:42ne demandez pas aux gens
17:43de la droite et du centre
17:44de voter pour vous.
17:46Ah ben non.
17:46Non, parce que vous ne pouvez pas
17:48les forcer à avaler un truc
17:49qui ne leur va pas.
17:50Moi, je suis d'accord avec ça.
17:52Moi, je n'aime pas
17:53le mode de scrutin
17:54inulinominale à deux tours.
17:55Je pense qu'il faudrait le changer.
17:57Un mode de scrutin
17:58où il n'y a plus que deux choix
18:00et donc où un tiers manquant
18:02est nécessairement manquant.
18:03Et pour la présidentielle,
18:05c'est un tiers qui est manquant.
18:07Mais si vous les mettez
18:07à l'échelon des 577 circonscriptions,
18:10dans chacune de ces élections,
18:11à chaque fois,
18:12il y a un tiers manquant.
18:13Et pour moi,
18:14c'est un scandale démocratique.
18:15C'est un déni démocratique.
18:16Vous devriez pouvoir
18:17opter jusqu'au bout
18:18pour votre option.
18:22en Grande-Bretagne,
18:23c'est ça.
18:23Oui, par exemple,
18:25il est l'heure.
18:25Notre mode de scrutin
18:28inulinominale à deux tours
18:29n'est plus adapté,
18:31du moins,
18:32au paysage politique français
18:33et à sa diversité.
18:34Sachant que,
18:35quel que soit l'élu,
18:36tous les gens sérieux
18:39prédisent une situation budgétaire
18:41tellement catastrophique,
18:42un an,
18:43un an et demi après l'élection,
18:45que quel que soit le président,
18:46même si c'est Mélenchon,
18:47il devra faire une politique
18:49de rigueur comme ont connu les Grecs.
18:51Ce ne sera pas Mélenchon,
18:52mais par contre,
18:52ce qui va se passer,
18:53c'est que oui,
18:53il y aura la taxe Zuckman
18:54puisque c'est la façon
18:56la plus efficace
18:57d'aller chercher l'argent
18:59pour combler...
19:00Je ne suis pas sujétie
19:04potentielle à la taxe Zuckman.
19:04Je suis quelqu'un
19:05de très pragmatique.
19:07Vous voyez,
19:07je suis une mère de famille
19:08nombreuse.
19:09Quand je vois qu'il manque
19:11de l'argent pour financer,
19:12par exemple,
19:13la lutte contre la criminalité
19:14sur les enfants,
19:15je dis qu'il faut mettre
19:16de l'argent à son droit-là
19:17donc pour agir.
19:18Vous avez vu
19:18que la nouvelle taxe
19:19sur les holdings
19:20qui vise à taxer
19:21les yachts,
19:22les objets de luxe
19:24et le gros immobilier
19:25possédé par les très riches,
19:26c'est un article du Monde
19:27aujourd'hui.
19:28Le Monde,
19:28ce n'est pas à Valeurs Actuelles.
19:30Finalement,
19:30elle ne va rien rapporter.
19:31Pourquoi ?
19:32Parce que tout le monde
19:32s'est organisé
19:33pour ne pas y être soumis.
19:35Donc ce genre de taxe...
19:35Parce que vous avez
19:36trop d'influence
19:37dans la classe politique.
19:38fiscaliste.
19:39Merci Raquel Garrido,
19:40merci Charles Consigny.
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