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  • il y a 1 jour
Ce jeudi 18 juin, les résultats du sommet du G7 d'Évian, les grands déséquilibres mondiaux qui y ont été discutés et les solutions proposées pour y remédier, ainsi que la position de l'UE face à la guerre commerciale et à la compétitivité, ont été abordés par Marlyn Vilardebo, présidente et fondatrice d'Origami&Co, Philippe Trainar, professeur honoraire au Cnam et membre du Cercle des Économistes, et Jean-Charles Simon, président de Propriété et Libertés, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Et pour parler de tous ces sujets, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau
00:03Marie-Lyne Villard-des-Beaux. Bonjour Marie-Lyne.
00:05Bonjour.
00:06Présidente fondatrice d'Origami Enco, grande spécialiste de la question des retraites.
00:10Vous allez nous éclairer tout à l'heure.
00:12À côté de vous, Philippe Trénard. Bonjour.
00:14Bonjour Raphaël.
00:15Professeur Honoré-Arochnam, membre du Cercle des économistes.
00:17Et Jean-Charles Simon, bonjour Jean-Charles.
00:19Bonjour.
00:19Président de Propriétés et Libertés.
00:22Alors je le disais, le premier sujet du jour, c'est évidemment le G7 qui a clôturé ses portées.
00:27Hier, à Evian, avant le dîner spectaculaire, à Versailles, hier, où a été signé le protocole de cesser le feu
00:36entre l'Iran et les États-Unis.
00:38Alors je le disais, neuf textes, tous endossés par les chefs d'État et de gouvernement sur différents sujets.
00:44Mais surtout, je voulais qu'on s'arrête une seconde sur les grands déséquilibres mondiaux.
00:49Les membres du G7 se sont accordés sur le constat que les États-Unis accumulaient des déficits qui n'étaient
00:58pas supportables.
00:59Les Chinois, des surplus qui se déversaient sur le monde entier, tandis que l'Europe avait un surplus d'épargne
01:07de son côté.
01:08Premier mot d'abord, premier tour de table sur ce G7.
01:12Économiquement, évidemment, il a été question de beaucoup de géopolitique, mais économiquement, est-ce que c'est une réussite, Jean
01:17-Charles Simon ?
01:17Je ne vois pas vraiment de choses concrètes, c'est rare d'ailleurs dans les G7, mais je ne vois
01:22pas vraiment de choses concrètes.
01:23Le simple fait de s'être mis d'accord et d'avoir des communiqués...
01:26Déjà, avoir les États-Unis à la table, ce qui n'était pas complètement gagné d'avance, c'était évidemment
01:31indispensable pour que c'est un peu de portée.
01:35Je pense que le problème de ces constats de déséquilibre que vous faites, il ne porte en fait aucune conséquence
01:42sur les attitudes des uns et des autres.
01:43C'est-à-dire que la Chine ne va pas s'arrêter en matière d'offensives commerciales et industrielles avec
01:51l'Europe.
01:51Elle est effectivement freinée par la politique de tarifs américaines qui, elle-même, est remise en cause par la justice.
02:00Mais fondamentalement, chacun reste dans son couloir de nage.
02:03Et du côté de l'Union européenne, ce qui m'embête, c'est qu'en fait, on pense toujours à
02:08se dire, voilà, on est un peu victime de ceci, cela.
02:10Donc, il faudrait que nous-mêmes, on devienne un peu protectionnistes potentiellement pour le faire.
02:15Contrairement à nos intérêts commerciaux de beaucoup de puissances qui réussissent bien.
02:19La France ne réussit pas bien, mais l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, d'autres réussissent très bien en
02:23matière d'échange extérieur de biens.
02:25Donc, je pense que le sujet principal que l'Europe devrait regarder, c'est pourquoi elle met des règles, en
02:31fait, elle accuse de concurrence déloyale les autres zones,
02:33mais elle met elle-même des règles extrêmement dures sur ses producteurs et elle devrait peut-être réfléchir à envisager
02:41d'assouplir un certain nombre de règles.
02:43Parce qu'on se retrouve dans une situation paradoxale sur un certain nombre de sujets dans lesquels on accepte, on
02:49importe des biens produits avec des normes sociales, environnementales
02:53qui sont inférieures à ce qu'on pratique et donc qui sont impossibles à utiliser en France, mais on consomme
02:59bien ces produits en Europe telle qu'elle.
03:01Et juste un mot sur l'épargne, je suis toujours un peu surpris quand on parle, ça vient d'ailleurs
03:05dans plein de discours, c'est dans le rapport de Raghi, dans plein d'autres choses,
03:09de cette épargne, l'Europe a une épargne abondante, les gens en parlent tout le temps, 30 000 milliards, mais
03:16les ménages américains sont deux fois et demi plus riches.
03:20Donc on oublie que la quantité, le stock, pas l'effort d'épargne des ménages, mais le stock...
03:26Alors ils ont plus de patrimoine, mais est-ce qu'ils ont plus d'épargne que les européens et les
03:30américains qui consomment beaucoup plus et s'endettent beaucoup plus ?
03:32Oui, mais ils ont beaucoup plus de stock d'épargne parce qu'ils sont beaucoup plus riches, parce qu'ils
03:35investissent beaucoup plus à long terme, parce qu'ils ont de les retraites en capitalisation.
03:39Et donc c'est un premier mot par rapport au thème de la fin, mais ça c'est quelque chose
03:44qui est souvent oublié, les ordres de grandeur, c'est deux fois et demi, trois fois plus aux Etats-Unis
03:48qu'en Europe.
03:48Philippe, un mot sur le G7, un bilan.
03:51Peut-être pour compléter ce que dit Jean-Charles, je n'ai pas d'opposition majeure, je dirais d'abord,
03:56oui le G7 est un succès à certains égards,
03:58parce que tout simplement il montre aussi un Donald Trump, non point différent, mais un Donald Trump qui accepte un
04:05tout petit peu de discuter avec ses alliés.
04:08Oui, c'est un peu le retour, voilà.
04:12Deuxièmement, le constat des déséquilibres, oui c'est un constat, mais au fond, comme le dit Jean-Charles, où est
04:17la recette ?
04:18C'est-à-dire qu'il n'y a pas une analyse des causes de déséquilibre.
04:21Les causes de déséquilibre, elles se trouvent aux Etats-Unis, elles se trouvent parce qu'on ne peut pas distinguer
04:27le rôle du dollar du déséquilibre américain,
04:30elles se trouvent en Europe, comme l'a dit Jean-Charles, il y a quand même un problème, l'Europe
04:36épargne, soyons attention,
04:38le gros de l'épargne des Français c'est par exemple de rembourser une dette immobilière quand même.
04:44Mais ils épargnent, mais ils n'investissent surtout pas en Europe, ils investissent ailleurs, pourquoi n'est-ce pas intéressant
04:50d'investir en Europe ?
04:51Donc là on se tourne dans les problèmes de fiscalité, de régulation, etc.
04:57Quant à la Chine, elle épargne parce qu'elle a un déséquilibre démographique, je ne sais pas très bien comment
05:02celui-ci on le corrige,
05:04et deuxièmement parce qu'elle fait au fond ce dont rêvent de faire beaucoup d'Européens,
05:09c'est de subventionner à outrance des industries, une industrie automobile, je ne sais pas quoi,
05:13des trucs dont on ne sait pas très bien si à terme ils resteront ou non profitables.
05:18Donc ce qui manque au fond par derrière, c'est un peu l'analyse, ce qu'on verrait bien dans
05:22ce G7,
05:22c'est de se tourner à un moment donné vers le FMI et de dire au FMI, faites-moi maintenant.
05:27Alors le FMI a donné l'essentiel quand même.
05:29Si on rassemble les différents documents de travail du FMI, on a le bilan.
05:34Mais faites-nous un petit rapport, petit, pédagogique, qui dise quelles sont d'abord les sources,
05:40même pas les recettes, mais les sources du ZEQ, car une fois que vous les avez identifiées,
05:44bien évidemment il est beaucoup plus aisé de parler des recettes.
05:47Et comme Jean-Charles, je ne pense pas que le protectionnisme qui permet aux perdants de survivre
05:53soit la bonne recette pour être sûr de croître dans la vie.
05:56Bon ça on va y venir, parce que c'est le sujet du Conseil européen qui se tient aujourd'hui
05:59même à Bruxelles.
06:01Un sommet important, les Allemands, indiqués le Financial Times hier,
06:05se rapprochent de la position des Français sur la mise en place de barrières protectionnistes.
06:10On va voir si c'est une bonne idée ou pas.
06:12Marie-Lyne Villard-des-Beaux, vous êtes une grande spécialiste des retraites, conseillère,
06:17mais quand vous regardez le G7, quelle image vous en avez ? Qu'est-ce que vous en tirez ?
06:21Je rejoins dans les grandes lignes les propos de ces messieurs.
06:24Moi je reste très terre à terre pour discuter quotidiennement avec des chefs d'entreprise,
06:29donc c'est très éloigné évidemment des préoccupations.
06:33Et je vous rejoins sur ce que vous avez dit au début, c'est des grands discours.
06:36Il peut y avoir des répercussions concrètes dans la vie des chefs d'entreprise,
06:40mais à 10 ans ou à 15 ans.
06:43Voilà, deuxième point, c'est positif effectivement d'avoir plutôt un accord,
06:49en espérant que ce cher président américain ne change pas d'avis dans 48 heures.
06:54Mais c'est plutôt positif, voilà.
06:56Mais c'est très éloigné du quotidien des chefs d'entreprise.
07:00Tu dois faire le premier pas Jean-Charles pour rééquilibrer.
07:02Est-ce que vous voyez un grand bloc ?
07:04Aujourd'hui, on est avec des blocs antagonistes, pas coopératifs.
07:09Il fut un temps où avec les Etats-Unis, il y avait une capacité de dialogue potentielle,
07:14mais qui était déjà compliquée.
07:15Il ne faut pas se leurrer sur les administrations précédentes.
07:18Elle semblait beaucoup plus rationnelle et plus visible.
07:22Mais l'utilisation du dollar qu'évoquait Philippe était quand même déjà largement une arme
07:28que les Européens ne pouvaient pas infléchir.
07:33C'est l'outil de l'extraterritorialité américaine, le dollar.
07:37Il y a du sort de ce qu'on appelle le privilège exorbitant.
07:40La situation fonctionnait bien pour eux.
07:43Ils en utilisaient, ils les en abusaient parfois.
07:46Je pense qu'il faut intégrer cette logique de bloc antagoniste.
07:51D'ailleurs, la Chine n'est pas à la table du G7.
07:53Elle ne se sent pas évidemment engagée par rien du tout de ce qui peut être dit.
07:58Donc, il faut être bien clair.
08:01Vous voyez par exemple ce que font les banques chinoises en matière de crédit au secteur économique.
08:05C'est subtil parce que ce n'est pas des aides officiellement de l'État.
08:09Mais en fait, on déverse des montagnes de crédit avec des règles bancaires
08:15qui ne sont évidemment pas du tout celles du comité de balle pour les banques des autres pays.
08:19Et donc, on a des logiques vraiment d'armes qui ne sont pas loyales.
08:25Mais ça, ils font prendre son parti au sens où, à part se renfermer complètement,
08:30ce qui me semble vraiment destructeur dans la situation qui est celle de l'Europe.
08:35L'Europe a besoin d'être ouverte.
08:37Alors, elle est ouverte et elle a l'impression qu'effectivement,
08:40elle voit disparaître un certain nombre de ses acteurs.
08:43Oui, sérieusement attaqués.
08:44Parce qu'ils ne peuvent pas lutter face à ces acteurs d'autres zones qui n'ont pas les mêmes
08:48règles.
08:48Moi, je pense que le point fondamental,
08:51et qui est en filigrane de ce qui était dit,
08:55c'est qu'il faut voir comment on peut être compétitif pour produire dans certains domaines en Europe.
09:00On ne va pas produire dans tous les domaines en Europe,
09:02mais on peut être très bon dans certains domaines.
09:04Mais pour ça, il faut repenser la fiscalité.
09:05C'est le grand sujet autour de l'IA, en ce moment.
09:07Quelle brique occupée dans la chaîne de valeur ?
09:09On ne sera pas présente partout.
09:10Du modèle fiscal et du modèle social.
09:13L'Europe doit quand même se rendre compte, si je puis dire,
09:15qu'elle vit très bien par rapport à ces autres zones.
09:18elle vit très bien, elle dépense beaucoup.
09:20On l'oublie parfois.
09:20Mais oui, mais quand vous avez plus de 30% de dépenses de protection sociale obligatoire dans le PIB,
09:26et que les autres zones sont à deux fois moins,
09:29il faut bien que ce soit payé par quelqu'un.
09:31Et c'est payé par les agents économiques, par les entreprises et par les salariés.
09:35Philippe, un dernier mot sur ces déséquilibres quand même.
09:37Oui, un dernier mot.
09:38Je pense qu'on est dans l'attitude de l'Europe qui veut être plutôt coopérative.
09:42On est dans des stratégies non coopératives.
09:44Il ne faut plus parler d'ordre international.
09:47Nous devons être dans des stratégies plutôt coopératives.
09:50Certes, la Chine est ce qu'elle est.
09:52Nous ne la changerons pas.
09:53Alors là, je demande à voir qui va changer la Chine.
09:57Nous apprenons tout d'un coup que les États-Unis ne sont pas nécessairement de notre côté.
10:01Quand elle est changée, ça va être difficile.
10:04Donc nous devons voir que quelque part, c'est gentil de menacer de sanctions.
10:09N'oublions pas que la moitié des États de l'ONU sont sous sanctions occidentales.
10:14Donc je ne sais pas très bien comment vous faites un accord sur un ordre international
10:17avec la moitié des gens auxquels vous avez donné un coup de pied au cul.
10:20Et donc, je pense que par rapport à la Chine notamment,
10:23la solution n'est pas et n'est certainement pas de mettre des droits de one.
10:27Essayons d'abord de profiter du fait qu'ils vendent leurs produits,
10:31pas à leur coût de production.
10:32Les grands perdants, c'est eux.
10:35L'industrie, la majorité de l'industrie automobile chinoise est en déficit
10:40ou est à la limite du déficit.
10:41Mais ça, c'est darwinien, c'est le modèle économique chinois.
10:44Oui, mais ça ne va pas durer indéfiniment.
10:46Ça ne va pas durer indéfiniment.
10:47Et donc, quelque part, mettons en place des coopérations.
10:49Et surtout, l'Europe ne peut pas se permettre,
10:52étant donné l'attitude de Donald Trump et des États-Unis aujourd'hui,
10:56ne peut pas se permettre de se mettre à dos.
10:58De mon point de vue, la Chine, n'oublions pas,
11:01la France du XVIIIe siècle réfléchit à ce point
11:04par rapport à la Prusse et à l'Autriche.
11:06C'est le fameux renversement des alliances.
11:09Donc, Philippe Trénard, assis à la table du Conseil européen
11:13qui se tient aujourd'hui à Bruxelles,
11:15pour savoir si, oui ou non, il faut endosser les armes,
11:18les nouvelles armes proposées par la Commission européenne,
11:21à la fois pour répondre aux surcapacités chinoises,
11:24mais il y a aussi le paquet numérique de défense
11:26qui est arrivé il y a quelques jours.
11:27Et donc, pour répondre aux Américains du côté de la défense,
11:31vous dites non.
11:32Emmanuel Macron propose une section 303
11:34qui est un peu l'arme ciblée,
11:36ce bazooka tarifaire,
11:38pour répondre à la guerre commerciale.
11:41Vous, vous dites non.
11:41Je dis non.
11:42Si on était à l'origine du progrès technique,
11:44j'irais peut-être oui,
11:45mais en fait, le progrès technique,
11:47nous allons l'acheter ailleurs et en dehors de France.
11:50Donc, nous avons besoin de bonnes relations
11:52avec tous ces pays
11:53pour pouvoir développer le progrès technique
11:56dans notre pays en Europe.
11:57Oui, et en même temps,
11:58pensez à la guerre commerciale absolument de partout.
12:02On a déjà ouvert la porte à la Chine.
12:03Le chef d'entreprise dans l'industrie,
12:05ceux que vous pouvez croiser,
12:06qui voit les surcapacités chinoises
12:08se déverser sur l'Europe
12:10puisque les États-Unis ont fermé leurs portes.
12:12Eux, ils disent quoi ?
12:13Ils veulent de la protection ou pas ?
12:15La compétition est difficile, oui.
12:16Oui, une certaine protection, effectivement.
12:18Quand on parle de Chine,
12:21je pense aux véhicules, à l'automobile,
12:23qui ont déjà inondé quand même pas mal
12:24le marché français.
12:26Donc, les industries ou l'automobile française,
12:29je ne crois pas qu'elles se portent très, très bien.
12:31Mais parce que l'Union européenne
12:33s'est tiré les balles dans le pied tout seul
12:35dans beaucoup de sujets.
12:36Personne n'obligé au Green Deal,
12:38avec cette échéance de 2035 sur les modèles thermiques,
12:41on était les leaders mondiaux
12:42des modèles thermiques de plus en plus propres.
12:45Donc, on avait un avantage compétitif
12:47sur ces voitures thermiques.
12:48Et on s'est, nous-mêmes, mis dans une situation
12:51dans laquelle on a obligé nos constructeurs
12:53à dire, bah non, maintenant,
12:54il faut faire du tout électrique.
12:55Parce que sinon, vous allez avoir des amendes énormes
12:56parce que votre parc de production,
12:58il les met trop.
12:59Ah oui, en même temps,
12:59il y a un petit sujet environnemental.
13:02Justement, on est les seuls.
13:03C'est là où il y a vraiment
13:04une naïveté européenne, pour moi, critique.
13:06On est la plus basse zone d'émissions
13:08dans ces trois grandes...
13:09On est les meilleurs de la classe.
13:11On est celles qui se mettent
13:12les normes les plus dures.
13:13Les plus irréalistes.
13:15Les plus irréalistes.
13:15Et pour un sujet qui n'est pas un sujet
13:18de pollution locale,
13:19qu'on protège contre les pollutions locales,
13:21c'est très légitime pour les citoyens européens.
13:23Mais là, on parle d'un enjeu mondial.
13:24Le réchauffement, c'est pas...
13:25Les gens l'oublient souvent,
13:26mais le CO2, c'est un sujet mondial.
13:28Si je n'émets plus rien chez moi,
13:29mais que les autres émettent de plus en plus,
13:31il fera toujours plus chaud chez moi.
13:32Ça ne change rien.
13:34Donc, ça, c'est vraiment une erreur critique.
13:36Et une autre erreur critique
13:37dans un autre domaine, dans le numérique,
13:39pour moi, la multiplication des réglementations
13:41quand on voyait un truc comme le RGPD.
13:43Ça, ça parle à tout le monde.
13:44Parce que tout le monde se tape tous les jours
13:45de dire que j'accepte...
13:46Le règlement général sur la protection
13:48des données personnelles.
13:49J'arrive sur un site,
13:50je dois accepter les couilles.
13:51Ce truc-là, tout le monde le dit aujourd'hui
13:52avec du recul,
13:53ça a été une super-arme pour les GAFAM
13:56versus toutes les boîtes innovantes européennes
13:58qui se sont tapées un truc
13:59qui était plus petite,
14:00donc qui a eu un truc plus coûteux
14:01en termes de coûts fixes que les autres
14:04et qui ont été plus affectées
14:05par les nouvelles régulations européennes
14:08que les concurrents américains.
14:10Donc, en fait,
14:12l'hyper-régulation européenne...
14:13Je vous coupe, Jean-Charles Simon,
14:14mais qu'ils doivent appliquer le RGPD
14:15quand elles exercent sur le vieux continent.
14:18Nos données ne sont-elles pas
14:20le carburant de l'avenir ?
14:21Le pétrole, le marché pétrolier de l'avenir.
14:24Donc, c'est très important de les protéger.
14:25Elles ont un marché domestique énorme
14:26sur lequel elles n'ont pas beaucoup de régulation.
14:28Donc, elles arrivent sur le marché européen.
14:29Ce n'est pas un gros sujet.
14:30Elles sont beaucoup plus grosses
14:31que les petites start-up européennes.
14:33Donc, on est les champions
14:34de la régulation qui nous fait du mal.
14:36Et ça, je pense que la Commission européenne
14:37doit vraiment y réfléchir.
14:38Est-ce que je peux ajouter
14:39que ce n'est pas vraiment
14:40dans le sens de Jean-Charles ?
14:41Oui.
14:42Nous pourrions avoir les compétences
14:43pour assurer la protection
14:45des données individuelles en Europe.
14:48Mais simplement,
14:49pour pouvoir avoir justement
14:50cette compétence technologique
14:52de pouvoir utiliser
14:54les données personnelles
14:56et de les protéger,
14:58il faut d'abord commencer
14:58par les utiliser.
15:00Conclusion.
15:01La plupart des boîtes
15:02qui utilisent des données personnelles,
15:05qu'est-ce qu'elles ont fait ?
15:06Puisqu'on ne peut pas
15:07les utiliser en Europe,
15:08eh bien, tout le savoir,
15:09tout le savoir
15:10sur la protection
15:11des données individuelles,
15:13il n'est plus en Europe.
15:14Il est aux États-Unis.
15:15C'est tout, c'est simple.
15:17Donc, aux États-Unis,
15:18vous pouvez utiliser
15:19des données personnelles
15:20et vous pouvez protéger
15:22et vous avez toute la technologie.
15:24En Europe,
15:24vous êtes à l'âge de pierre,
15:26vous n'utilisez pas
15:27les données personnelles
15:28et d'ailleurs,
15:28vous ne savez pas,
15:29vous n'avez pas les technologies,
15:31vous ne les générez pas en Europe,
15:33vous devez les acheter,
15:34n'est-ce pas,
15:35à des Européens
15:36qui se sont délocalisés
15:37aux États-Unis
15:38pour les produire
15:39et les offrir.
15:39Vous nous dites
15:40que nos données personnelles
15:41à nous,
15:41citoyens européens,
15:42c'est un petit sujet quand même,
15:43la protection des données personnelles,
15:46un sujet politique
15:47et républicain,
15:48mais que nos données
15:49sont parties d'ores et déjà
15:51en Chine
15:51et aux États-Unis,
15:53grosso modo,
15:54on ne peut pas les protéger.
15:55Vous avez des universités
15:55qui nous offrent
15:55la possibilité d'accès
15:57aux données personnelles
15:58européennes
15:59à partir des États-Unis,
16:00voire de la Chine.
16:01Bon, alors,
16:02évidemment,
16:02ça pose des problèmes juridiques,
16:03mais ce n'est pas de ça
16:04dont je parle.
16:05Ce n'est pas de ça,
16:05c'est la capacité
16:06à les protéger,
16:07de mettre en place
16:08des technologies
16:09qui vous permettent
16:10de protéger
16:11les données personnelles
16:12que vous utilisez
16:14et d'assurer la protection
16:15qu'attend le consommateur
16:18de l'utilisation
16:18de ces données
16:19en même temps
16:20que le service
16:21qu'il attend aussi
16:22de l'utilisation
16:23de ces données.
16:24Quand je vais sur Doctolib,
16:25il y a des données personnelles
16:26qui sont utilisées.
16:27Je suis bien content
16:28qu'elles soient utilisées
16:30à ce moment-là.
16:30Ce n'est pas facile
16:31puisque nous,
16:32on utilise
16:32des données personnelles
16:33parce qu'on gère
16:34les dossiers retraite
16:35des clients,
16:36donc numéro de sécurité sociale
16:37pour se connecter
16:38aux espaces
16:40franceconnect,
16:40impôts.gouv.
16:41Donc,
16:42c'est un travail
16:43de tous les jours
16:44de protéger
16:44en tout cas
16:45ces données
16:46et sur toutes les sociétés
16:48qui manipulent
16:49des données,
16:49alors plus ou moins
16:50confidentielles
16:51suivant le métier.
16:52C'est une alerte
16:54de tous les jours.
16:55Mais la technologie
16:56n'est pas en Europe.
16:57les vrais centres
16:59experts
17:00en technologie
17:00de la protection
17:01sont aux États-Unis
17:03mais c'est secondaire.
17:05Non, non,
17:05honnêtement,
17:06très honnêtement.
17:06Mais c'est vraiment
17:07quelque chose
17:08de transversal,
17:08c'est ça qui est fascinant.
17:10Je me suis occupé
17:11de la place financière
17:12de Paris
17:12ces dernières années.
17:14le nombre de réglementations
17:15qui ne sont que européennes,
17:17que européennes.
17:17Il y en a beaucoup.
17:18Il y en a beaucoup.
17:20Mais ce n'est pas
17:20en train de changer,
17:21Jean-Charles Simon.
17:22Il y a un petit baclache.
17:23Avec la nouvelle commission,
17:25il y a un petit baclache.
17:25Les omnibus de la commission
17:26sont là pour simplifier.
17:28On est allé un peu trop loin,
17:29on est allé un peu trop loin
17:30donc on va réviser.
17:30Mais on continue,
17:31par exemple,
17:32je prends l'exemple
17:32de la CSRD,
17:33la directive sur le reporting
17:35des entreprises
17:36en matière environnementale.
17:37On continue d'être
17:38dans une logique
17:39qui n'est suivie
17:40par aucun autre continent
17:41au monde.
17:43Et pour l'instant,
17:44les Etats-Unis
17:44ne font même rien du tout.
17:45Donc c'est encore plus
17:46Oui, aux Etats-Unis,
17:47c'est Drillard, David Drillard.
17:48Les autres pays
17:49vont sur des logiques
17:50plus légères.
17:51Et nous,
17:52on impose aux entreprises
17:53européennes,
17:54en étant d'ailleurs obligés
17:55à cause de la pression
17:56de l'administration Trump
17:57d'exonérer les groupes
17:58qui ont la taille
17:59pour rentrer dans
18:00ces réglementations
18:01mais qui sont extra-européens
18:03parce que c'est
18:06une vision normative
18:08qui est propre à l'Europe.
18:09Et ça, je pense que
18:10c'est le principal travail
18:11et elle a commencé
18:12effectivement depuis 2024
18:14avec le rapport Draghi,
18:15avec le coup de semon
18:17de ce qu'a été
18:17l'élection de Donald Trump
18:18pour l'Union européenne.
18:20Elle a commencé
18:20à se poser des questions
18:21et à réviser,
18:22mais on est très très loin,
18:23d'ailleurs Mario Draghi
18:24l'a redit dans plusieurs discours,
18:25on est très très loin
18:26de la vitesse
18:27et de l'ampleur
18:28à laquelle il faut se reposer
18:29les questions de compétitivité
18:31de l'Union européenne.
18:32L'important, c'est de voir
18:33est-ce qu'on est
18:34à un endroit attractif
18:35pour produire.
18:35On a plein d'atouts
18:36et notamment le fait
18:37qu'on ait un grand marché intérieur
18:39développé avec donc
18:40beaucoup de pouvoir d'achat
18:41des ménages.
18:43Donc on a cet atout fondamental.
18:45Si on est...
18:45Est-ce que c'est suffisant
18:46d'être un marché de consommateurs
18:48pour rester une puissance mondiale ?
18:49On peut donner envie
18:50de produire en Europe
18:51mais pour ça,
18:52il faut changer pas mal de choses.
18:54Et quand vous voyez
18:55d'ailleurs aujourd'hui
18:56où les Européens
18:57louent leur épargne,
18:58ils les louent malheureusement
18:59en partie en dehors d'Europe.
19:01Ah oui, il y a 300 milliards
19:02qui partent aux Etats-Unis.
19:03Ils allouent en partie en Europe,
19:04en partie en dehors d'Europe,
19:06pas par hasard.
19:07Pas parce que c'est rigolo
19:08d'aller investir aux Etats-Unis
19:09parce qu'ils ont le sentiment
19:11qu'il y a des taux de rendement
19:12à aller chercher
19:12qu'ils n'arrivent pas
19:13à avoir en Europe.
19:14Donc ça, c'est quand même
19:15un sujet central
19:16et tant que l'Europe
19:17ne fera pas son égale de conscience
19:19et voudra plutôt essayer
19:20de donner des leçons aux autres
19:21pour que les autres la copient,
19:23ça marchera pas bien
19:23parce que justement
19:24les autres sont
19:27complètement préoccupés
19:28par leur intérêt propre
19:29et leur intérêt propre
19:30c'est d'être plutôt passager
19:31clandestin de ces normes européennes.
19:32Le symbole de ce que dit
19:34Jean-Charles
19:35et que je partage,
19:36c'est simplement
19:36la productivité par tête,
19:38la productivité par travaillant
19:39en Europe.
19:40C'est-à-dire que vous pouvez
19:41faire les dessins
19:42que vous voulez,
19:43les réglementations
19:44que vous voulez,
19:45vous êtes perdant
19:46si votre productivité
19:47par tête baisse
19:49en termes relatifs,
19:50c'est-à-dire
19:50par rapport aux Etats-Unis.
19:52Or c'est...
19:52Oui, ce qu'il y a
19:53depuis des années.
19:54Depuis le début
19:54des années 2000.
19:55Donc la solution,
19:57elle commence par là,
19:58c'est comment j'accrois
19:58la productivité par tête.
20:00Et à partir de là,
20:01vous vous posez la question
20:02de la réglementation,
20:03vous vous posez la question
20:04de la fiscalité
20:06et vous vous posez
20:06la question
20:07de la pertinence
20:08de notre système social.
20:10C'est-à-dire,
20:10est-il bien dessiné ?
20:12Est-ce qu'il vient bien
20:13en aide
20:14à ceux qui en ont besoin ?
20:16Et est-ce qu'il incite bien
20:17ceux qui sont en mesure
20:18de travailler,
20:19à travailler
20:20et à croître
20:21les richesses ?
20:22Bon.
20:23Je voulais un petit mot
20:23pour finir sur l'Allemagne.
20:25Simplement le revirement.
20:26C'était l'info du FT hier.
20:28J'en parlais en début d'émission,
20:29l'Allemagne qui serait prête
20:30à rejoindre la France
20:31sur la mise en place
20:32de tarifs douaniers.
20:34Ça pose la question,
20:36moi je trouve,
20:36de l'Allemagne
20:37au cœur de l'Europe
20:38qui a été très influencée
20:39par les constructeurs
20:41automobiles allemands.
20:42Mercedes, BMW, Volkswagen
20:45qui va ouvrir
20:46des usines en Chine
20:47pour revendre
20:48les véhicules
20:49en Europe
20:51après.
20:52Est-ce que c'est un game changer
20:53cet accord ?
20:54C'est en tout cas intéressant.
20:55Ça montre
20:58que ce qu'on attendait
20:59au moment
21:00de l'élection
21:00de Friedrich Merz,
21:01c'était une Allemagne
21:01beaucoup plus dominatrice
21:04si je puis dire
21:04de l'Union Européenne,
21:05ne se matérialise pas
21:07en partie à cause
21:07des difficultés
21:08de Friedrich Merz
21:09à terme.
21:09Oui,
21:09de politique intérieure.
21:10Et donc en fait
21:12on voit effectivement
21:12une petite bascule,
21:13une sensibilité
21:14sur laquelle surfe
21:15l'AFD en Allemagne
21:16beaucoup
21:17à l'extrême droite allemande
21:18sur le thème
21:19de l'Allemagne
21:20est en train
21:22de se faire envahir
21:22et de se faire détruire
21:24sur l'appareil industriel
21:24qui était légitimement
21:26sa fierté
21:27et son atout numéro un.
21:28Donc c'est un changement
21:31effectivement important
21:31parce que l'Allemagne
21:32était traditionnellement
21:33effectivement opposée
21:34à toute mesure
21:36coercitive
21:36et de réplique
21:37aux politiques commerciales
21:39des autres grands ensembles.
21:41Est-ce que ça ira loin ?
21:43Je ne suis pas sûr
21:43parce qu'à mon avis
21:44il y a quand même
21:44beaucoup d'autres pays
21:45dans l'Union Européenne
21:46qui n'ont pas
21:47cette volonté-là,
21:48qui sont des pays
21:49encore une fois
21:50qui ont beaucoup à perdre
21:51en front exactement.
21:52Eux, ce sont des pays
21:53qui ont des excellents commerciaux.
21:54Ce n'est pas le cas
21:55de la France
21:55mais c'est le cas
21:56de plusieurs pays européens.
21:58Peut-être oui.
21:59C'est un des soucis
22:00comme vous le savez
22:01des rencontres d'Aix-en-Provence
22:02du siècle des économistes
22:03qui permettent ce sujet
22:04vraiment à la base.
22:05De 3 et 4 juillet.
22:06Voilà, absolument.
22:08Et je crois
22:08que ce qui est important
22:10de dire
22:10c'est que l'Allemagne
22:11a un changement d'attitude
22:12mais faisons attention
22:13d'abord
22:14c'est assez récent
22:15c'est un changement de merde
22:17la vraie question
22:18de l'Allemagne
22:19c'est comment l'Allemagne
22:20pourra conserver
22:21ses liens
22:22avec les Etats-Unis
22:23parce qu'on ne peut pas
22:23imaginer une Allemagne
22:25qui se détache
22:26des Etats-Unis
22:26il ne faut pas rêver
22:27pour l'Allemagne
22:28le vainqueur
22:29de la seconde guerre mondiale
22:30ça reste les Etats-Unis
22:31on pourra faire
22:32toutes les opérations
22:33imaginables
22:34ils ne changeront pas
22:36ce point de vue.
22:37Et inversement
22:37en revanche
22:38s'européaniser.
22:39Alors on voit bien
22:40qu'il y a un défi
22:41parce qu'actuellement
22:42en matière de défense
22:43tout d'un coup
22:44certes l'Allemagne
22:46parle d'un côté
22:47de tarifs douaniers
22:49on s'y tient
22:49il sera proche
22:50d'autres Européens
22:51qui parlent
22:51de tarifs douaniers
22:52en matière de défense
22:53elle pense
22:55la défense allemande
22:56et l'industrie allemande
22:57alors qu'il faudrait penser
22:59et on le voit bien
23:00même les Français
23:00même Emmanuel Macron
23:02ils pensent tout de suite
23:02qu'est-ce qu'on peut faire
23:03avec les Allemands
23:04c'est pas immédiatement
23:06la pensée allemande
23:07et là on a un vrai sujet
23:08un vrai défi
23:09mais là aussi
23:10je pense qu'on revient
23:11d'ailleurs au sujet
23:12que nous avons évoqué
23:13de prime abord
23:14c'est-à-dire
23:15l'efficacité du travail
23:16en Europe
23:17l'efficacité de la fiscalité
23:19etc
23:19ça fait partie
23:21en tous les cas
23:21de la solution
23:22aux problèmes
23:23et d'une meilleure coopération
23:24à l'avenir en Europe
23:25alors que Pete Exet
23:26le secrétaire à la défense
23:28américain
23:29vient d'annoncer
23:30un réexamen
23:31de la présence militaire
23:32américaine en urgence
23:33l'urgence
23:34vient de tomber
23:35sur l'AFP
23:36on parlait industrie
23:37on va voir que c'est peut-être
23:38l'industrie
23:39qui se porte le mieux
23:40le mieux
23:41en tout cas
23:41qui se porte pas trop mal
23:42moins mal que prévu
23:43en France
23:44c'est la note de conjoncture
23:45de l'INSEE
23:46qu'on va décrypter ensemble
23:47après une courte pause
23:49publicitaire
23:50et puis on reviendra
23:51sur ce livre blanc
23:52l'AFG
23:52l'association française
23:53de gestion financière
23:55qui propose une boîte
23:56à outils
23:57des voies et moyens
23:57pour instaurer
23:59un étage
24:00de capitalisation
24:01de retraite
24:02par capitalisation
24:03ce sera évidemment
24:05l'un des grands débats
24:06de la présidentielle
24:072027
24:08on va passer en revue
24:09tout ça ensemble
24:10d'ici une petite minute
24:11restez avec nous
24:12on va passer en revue
24:12on va passer en revue
24:12on va passer en revue
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