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  • il y a 1 semaine
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Alexandre Peyrout revient sur les questions qui font l’actualité avec David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics.

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00:02Bonjour à tous et bonjour David Amiel, merci d'être notre invité ce matin.
00:06L'accord de paix entre les Etats-Unis et l'Iran doit être signé ce vendredi.
00:10Les prix du baril ont déjà bien baissé hier, plus de 6%.
00:12Quand est-ce que les prix à la pompe vont enfin baisser ?
00:15Il faut que ce soit le cas le plus vite possible, parce qu'évidemment personne ne pourrait comprendre
00:18que les prix montent plus vite qu'ils ne baissent.
00:21C'est le but de la réunion qu'organisent aujourd'hui mes collègues du gouvernement,
00:25Roland Lescure, Maude Bréjon, Serge Papin, avec les distributeurs de carburant,
00:29ce sera le cas en fin de matinée pour précisément s'en assurer.
00:33Mais c'est quoi rapidement ? Quand vous dites qu'il faut que ça baisse vite, c'est quoi rapidement
00:36?
00:36C'est quoi le délai acceptable ?
00:37C'est tout le but pour le coup de la réunion, de s'assurer que ça va le plus rapidement
00:41possible.
00:41Il faut que ce soit le même délai que quand les prix montent, ce serait inacceptable.
00:45C'était monté en à peine quelques jours, en un ou deux jours.
00:47Là il faut que ça baisse en un ou deux jours ?
00:48Ça doit baisser dans les mêmes délais que dans les délais dans lesquels c'est monté.
00:51Vous avez entendu Michel-Édouard Leclerc, lui il dit que ça va prendre plusieurs semaines.
00:55Est-ce que c'est acceptable quand il dit ça ?
00:57Ce ne serait pas acceptable que ça dure des semaines et des semaines.
01:01C'est la raison à nouveau pour laquelle il y a cette réunion qui est convoquée à Bercy aujourd'hui.
01:04L'idée c'est de leur mettre la pression au distributeur ?
01:06L'idée c'est de travailler avec eux pour que ça baisse le plus rapidement possible.
01:10Votre ancien collègue Bruno Le Maire doute de cette hypothèse.
01:12Il dit que les infrastructures ont été endommagées en Iran,
01:16que du coup ça va prendre du temps et que ça ne va pas forcément baisser.
01:19Vous vous dites qu'importe, c'est trop compliqué, trop difficile pour les Français aujourd'hui ?
01:22Non mais ce qu'on voit aujourd'hui c'est que les prix du baril sur les marchés mondiaux baissent.
01:26C'est les prix auxquels s'approvisionnent les distributeurs de carburant.
01:30Donc en tout état de cause, il faut évidemment que ça baisse.
01:33Maintenant il faut être très lucide sur la situation économique.
01:36Il y a cette réouverture annoncée du détroit d'Hormuz qui est une première étape.
01:40C'est quand la mer se retire qu'on constate les dégâts et donc il va falloir tirer un premier
01:45bilan de la crise.
01:47Mais d'ores et déjà, et je veux le dire avec beaucoup de gravité,
01:50cette crise est forcément une mauvaise nouvelle pour la croissance, pour l'activité économique
01:55et donc une mauvaise nouvelle pour nos comptes publics.
01:57Et donc il faudra évidemment des mesures d'économie supplémentaires.
02:00Cette semaine vont être versés les 100 euros aux gros rouleurs qu'avait promis le gouvernement.
02:04Vous dites qu'à ces automobilistes, vous leur dites profitez-en, c'était les dernières aides ?
02:07D'abord c'était des aides indispensables pour pouvoir répondre précisément aux besoins des Français
02:13qui travaillent, qui ont besoin de leur voiture pour travailler et qui vivent loin de leur lieu de travail.
02:18Et c'est comme cela qu'ont été ciblés les 3 millions environ de Français qui sont éligibles.
02:23Et donc il y a cette aide de 100 euros qu'on avait décidée pour amortir le coût de la
02:28crise
02:28pour permettre aussi de se projeter dans la période estivale.
02:31Et je crois que c'était indispensable.
02:33Alors justement, le budget, on parlait des finances publiques.
02:35Vous êtes en train de préparer le projet de loi de finances de 2027.
02:39Est-ce que vous avez toujours un objectif de 6 milliards d'euros d'économie pour l'année prochaine ?
02:44Ah non, les objectifs d'économie pour l'année prochaine, ils devraient être beaucoup plus importants que ceux-là.
02:49Combien ?
02:49On a...
02:51J'ai dit qu'on devrait tirer le bilan de la crise dans le détroit d'Hormuz, ça c'est
02:54pour 2026.
02:55Vous aviez dit que ça coûtait 6 milliards d'euros, finances publiques.
02:58Oui, mais là vous me parliez de 2027, je crois.
03:00Oui, ça va coûter encore plus cher en 2027 ?
03:02Non, mais pour 2027, il faudra des économies très importantes partout, parce qu'il faut pouvoir maîtriser les déficits publics.
03:11Et donc aujourd'hui, c'est évident que le compte n'y ait pas.
03:14Le Premier ministre a tiré la sonnette d'alarme, il a raison.
03:17On va en reparler de ça, mais est-ce que vous pouvez nous dire de combien l'État doit faire
03:21un effort ?
03:21Je le dirais au mois de juillet, c'est la raison pour laquelle, d'ailleurs, j'ai missionné aussi des
03:26économistes indépendants pour qu'ils aient accès à l'ensemble des documents de Bercy et qu'ils disent très clairement
03:32ce qui se passerait si aucune mesure d'économie n'était prise.
03:35Quel serait le déficit en 2027, en 2028, en 2029, en 2030 ? Parce que moi, je le vois dans
03:40le débat public.
03:40Les somnambules sont de retour.
03:43Ceux qui nous disaient pendant le pire de la crise iranienne, ouvrez la vanne aux milliards, peu importe le déficit,
03:51qui vont nous dire maintenant, vous allez voir, dans les prochains jours,
03:54ce n'est pas le moment de faire des économies, ce n'est pas le moment de réduire le déficit,
03:57ce n'est pas le moment de s'occuper de la dette.
03:59Je crois qu'il faut pouvoir dire l'état exact de la situation et comme ça, au moins, personne ne
04:04pourra dire qu'il ne le savait pas.
04:05Vous avez toujours l'objectif de rester en dessous de 5% du PIB ?
04:11Il faut faire le maximum pour maintenir la trajectoire, pour contenir le déficit public.
04:19Je l'ai dit, la crise qui s'est déroulée en Iran, elle a un impact sur la croissance, elle
04:24aura un impact sur le déficit et des mesures d'économie supplémentaires seront nécessaires.
04:28Sébastien Lecornu, vous le disiez, il a recadré vos collègues du gouvernement parce qu'ils avaient, je cite, des demandes
04:33irréalistes.
04:34Il appelle tout le monde au sérieux, ce sont ses mots. Est-ce qu'il y a vraiment besoin d
04:38'appeler vos collègues au sérieux ? Est-ce qu'ils sont si irresponsables que ça ?
04:41En tout cas, le compte est loin d'y être. Effectivement, j'ai commencé, moi, les réunions avec les différents
04:46ministres pour la préparation du budget 2027.
04:49Et à ce stade, les demandes se multiplient d'augmentation de dépenses.
04:54Or, je le dis très clairement, notre objectif en 2027, c'est de baisser la dépense publique.
04:59C'est vrai pour l'État. Il y aura aussi évidemment des économies importantes à faire en matière sociale pour
05:05pouvoir continuer d'ailleurs à assurer la pérennité de la sécurité sociale.
05:09Collectivités locales devront aussi maîtriser leurs dépenses. C'est vraiment un effort collectif qu'il va falloir faire.
05:13Tout le monde devra faire des économies ?
05:15Oui, tout le monde.
05:15Même la justice ?
05:16Mais tout le monde doit s'assurer que la dépense est le mieux utilisée possible.
05:21Après, je l'ai dit, il y a des ministères dans lesquels on va avoir besoin de renforcer les moyens.
05:26Je l'ai d'ores et déjà dit publiquement, le budget de la justice, il a vocation à augmenter.
05:29Pourtant, pour cette année, pour 2026, vous aviez prévu 414 millions d'économies quand même.
05:33Non, le budget de la justice…
05:35Il y avait 414 millions de crédits gelés.
05:37Non, vous confondez, pardonnez-moi, plusieurs choses.
05:40Le budget de la justice, il augmente depuis des années.
05:42Il augmente à un rythme historique.
05:45On a eu plus de 4 milliards d'euros d'augmentation depuis, 3,9 milliards pour être précis, depuis 2017.
05:51Et cette année encore, le cœur des besoins de la justice, c'est-à-dire les besoins humains, les recrutements,
05:57c'est 1 600 recrutements supplémentaires en 2026.
06:00Et je l'ai dit, pour 2027, c'est un budget qui a vocation à continuer à augmenter.
06:03Ça ne suffit pas parce qu'on a toujours moins de magistrats par habitant que dans les autres pays,
06:08notamment de l'Union européenne.
06:09On est très en dessous de la moyenne.
06:11Est-ce que vous consentez, comme l'ont demandé les manifestants,
06:14qu'on a pu voir hier encore devant les tribunaux, devant le ministère de la Justice,
06:19après la mort de la jeune Liana,
06:21à enfin mettre la main à la poche à la hauteur de ce dont a besoin la justice ?
06:25Vous savez, je crois qu'on paye pour la justice des décennies
06:29où ce ministère a été sacrifié sous des gouvernements de droite
06:32comme sous des gouvernements de gauche.
06:34Et c'est vrai que depuis 2017, l'effort, il est historique.
06:37Et je l'ai dit, cet effort a vocation à continuer.
06:39Est-ce que c'est assez, visiblement ?
06:41Si je pensais que c'était assez, je n'aurais pas annoncé que le budget de la justice
06:44avait vocation à augmenter.
06:47Donc il faut poursuivre cet effort qui vient, je le redis, après des décennies de sacrifices.
06:50Le Premier ministre Sébastien Lecornu a reçu les signataires du projet de loi intégrale
06:53de lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants.
06:57Ça coûte 3 milliards d'euros par an.
06:58Est-ce que vous êtes prêt à mettre ces 3 milliards d'euros ?
07:00Le projet de loi, enfin la proposition de loi intégrale a été soumise à l'avis du Conseil d'État
07:07par la présidente de l'Assemblée nationale, par le Premier ministre également.
07:10Ce qui est certain, c'est qu'il faut une réponse intégrale pour protéger les enfants.
07:14Ça peut prendre différentes formes.
07:16On a aussi un projet de loi de protection de l'enfance qui est en train d'être enrichi.
07:20Et on a une prise de conscience générale de la société qui est nécessaire.
07:24Donc il faut d'abord qu'on étudie les mesures qui sont indispensables.
07:26Et c'est vraiment le travail qui est en cours.
07:28Alors vous allez présenter aujourd'hui un plan de déploiement de l'intelligence artificielle
07:32dans les services publics.
07:32On va en parler.
07:33Mais vous allez aussi participer à un événement sur l'IA dans la justice.
07:36Vous présentez l'IA comme une solution pour, je cite, raccourcir les délais
07:40et améliorer la qualité du traitement des dossiers.
07:43Est-ce que c'est-à-dire que pour vous, l'IA aurait pu empêcher les dysfonctionnements
07:47dans l'affaire de la jeune Liana ?
07:49Non, je pense que ce serait extrêmement déplacé de prendre les choses ainsi.
07:53Il y a une enquête qui est en cours autour de l'affaire Liana.
07:56Elle sera rendue publique et je pense qu'il y aurait beaucoup d'indécence
08:00à vouloir présenter les choses de la sorte.
08:02En revanche, je pense qu'il est évident que l'intelligence artificielle,
08:06de manière générale, est une opportunité comme elle est une menace.
08:12Elle est une menace quand elle n'est pas souveraine, quand elle n'est pas sécurisée.
08:15Et il y a évidemment un risque d'être dépendant de technologies extra-européennes.
08:18Et vous avez vu la semaine dernière ce qui s'est passé avec Anthropie,
08:22Claude, le risque de rupture d'accès à ces modèles d'intelligence artificielle américains
08:26pour les pays européens.
08:27Mais elle est aussi une opportunité qui est de permettre à des agents publics
08:30de se débarrasser de tâches chronophages, de paperas inutiles,
08:35pour se concentrer sur ce qui fait le cœur de leur métier.
08:38Et moi, je le dis, en 2026, demander à des agents publics
08:42de perdre du temps à taper à la main des comptes rendus de réunion,
08:45c'est plus possible.
08:46C'est la raison pour laquelle je généralise un outil qui s'appelle Transcript,
08:49qui permet d'automatiser la prise de notes.
08:51Vous généralisez l'intelligence artificielle dans toute l'administration ?
08:55Dans toute l'administration, dans tout l'État, pour tous les agents publics de l'État,
09:00il y a des outils de base de l'IA qui vont être sécurisés, qui vont être souverains
09:04et qui vont être accessibles à tous ceux qui en ont besoin.
09:06C'est l'agent conversationnel, l'équivalent pour ceux qui nous écoutent de Tchadjpt,
09:10mais en version souveraine, sécurisée, pour pouvoir faire de la recherche documentaire,
09:16de la synthèse, de l'analyse, des résumés.
09:19C'est Transcript, je l'évoquais, pour pouvoir retranscrire automatiquement
09:23des comptes rendus de réunion.
09:24C'est des outils aussi de traduction.
09:26Bref, tout ça, ça doit être la boîte à outils qui est accessible
09:29à l'ensemble des agents de l'État.
09:31Très rapidement, parce qu'on n'a plus beaucoup de temps, ça va coûter 655 millions.
09:34Enfin, le Premier ministre annonce 655 millions d'euros d'investissement
09:37dans l'intelligence artificielle.
09:40Est-ce que mettre l'intelligence artificielle à tous les niveaux de l'État,
09:43c'est pas encore un peu plus couper le citoyen du service public
09:46et des agents du service public ?
09:48Non, c'est tout le contraire.
09:49L'intelligence artificielle, elle permet de gagner du temps sur des tâches internes,
09:53je le disais, sur des tâches de paperac.
09:54Vous garantissez que ça ne m'éloignera pas plus les Français du service public ?
09:57Mais c'est exactement l'inverse.
09:58L'IA que je veux développer, c'est une opportunité unique
10:01pour pouvoir gagner du temps sur des tâches chronophages,
10:04pour pouvoir en allouer davantage à la relation avec le citoyen.
10:08C'est la raison pour laquelle je lance aussi une négociation sociale
10:10avec les organisations syndicales pour qu'on travaille ensemble,
10:13ces pionniers en Europe.
10:14Merci beaucoup, David Daniel, d'avoir été notre invité ce matin.
10:16Bonne journée à vous, bonne journée à tous.
10:18Allez les bleus et à demain.
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