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  • il y a 20 heures
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Alice Rufo ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants.

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Transcription
00:03Bonjour Alice Ruffo. Bonjour. Gérald Darmanin est à Alger. La libération de Christophe Gleize est-elle désormais un préalable à
00:10la poursuite de l'amélioration des relations entre la France et l'Algérie ?
00:14Il n'y a pas de préalable, de précondition. Ce n'est pas comme ça que ça se passe. On
00:17a lancé une nouvelle méthode. Au fond, après quand même des années très difficiles dans les relations.
00:22Des années rataillaux pour dire les choses clairement.
00:23Des années très difficiles entre la France et l'Algérie. Je crois que l'ancien ministre de l'Intérieur assume
00:29cette posture qui, pour nous, n'a pas donné les résultats attendus.
00:33Donc nous avons entrepris une nouvelle méthode avec la visite du ministre de l'Intérieur, la mienne modestement, puis celle
00:39du garde des Sceaux. Et nous espérons qu'elle donnera des résultats.
00:43Concernant Boilem Sansal, pour sa libération, l'Allemagne faisait office de tiers de confiance entre la France et l'Algérie.
00:50Concernant notre confrère Christophe Gleize, on négocie directement ? Il n'y a pas d'autres pays impliqués ?
00:56Quand on a des entretiens, on en parle. D'ailleurs, on ne le cache pas. Que d'autres pays en
01:03parlent, c'est bien. C'est bienvenu. Tant mieux.
01:06L'Algérie a développé beaucoup de relations avec les pays européens, avec l'Allemagne, avec l'Italie. Vous avez raison
01:10de signaler.
01:11Mais encore une fois...
01:13Mais on négocie. Pour Christophe Gleize, on négocie directement. La France et l'Algérie négocient.
01:17Mais en fait, il n'y a pas de négociation au sens où le fait est qu'on demande son
01:22retour rapide en France. Voilà.
01:24Et par ailleurs, il y a un cadre de coopération qu'on relance. J'entendais encore une fois sa famille
01:30ce matin à Christophe Gleize.
01:32Et je trouve que leurs propos sont d'abord très dignes et très responsables sur le fait de dire que
01:38cette sortie de cette crise aiguë, au fond, est favorable à la situation de Christophe Gleize.
01:44Et je le crois.
01:45Vous m'avez parlé de cadre de coopération. Est-ce que dans ce cadre, le garde des Sceaux va demander
01:49à son homologue algérien de l'aide concernant un certain nombre de personnes qu'on s'est impliquées dans la
01:54DZ mafia ?
01:55Il y a un dialogue qui est engagé avec l'Algérie grâce à cette visite sur le narcotrafic.
02:01Lorsque je m'y suis rendue, j'ai rencontré le chef d'état-major des armées, le président algérien.
02:07Et la coopération sécuritaire, si vous voulez, sous tous ses angles, de renseignement, de défense et également dans le domaine
02:14intérieur et judiciaire, oui, doit reprendre parce que c'est notre intérêt commun.
02:18On vous voit ici avec le président Tebboune que vous avez rencontré longuement.
02:22On sait, le président Macron, pour sa dernière année de mandat, soucieux de vraiment de remettre à flot les relations
02:28franco-algériennes.
02:29Est-ce que vous avez senti un président algérien, lui aussi, soucieux d'améliorer la relation avec la France, l
02:36'ancienne puissance coloniale française ?
02:38Oui, je crois que les deux présidents sont extrêmement conscients de la responsabilité commune qu'ils ont de respecter les
02:44intérêts de leurs deux pays.
02:45Il est dans l'intérêt de la France comme dans l'intérêt de l'Algérie d'avoir des bonnes relations.
02:48Mais vous avez senti le président Tebboune là-dessus ?
02:50Il y a eu, de toute évidence, si vous voulez, une reprise du dialogue assez intense.
02:56Vous avez la visite de Gérald Darmanin et puis vous avez aussi, vous savez, la visite de l'homologue de
03:01Laurent Munez qui va venir à Paris.
03:03Je pense que la méthode des deux côtés est soutenue.
03:08Et donc, oui, il y a un accord sur la méthode de reprise de ce dialogue fonctionnel exigeant par moment,
03:14parce qu'on n'est pas toujours d'accord sur tout,
03:16mais fonctionnel et le constat que les années de rupture n'ont pas produit d'effet et ne vont pas
03:23dans le sens de l'intérêt de nos deux pays.
03:25On va regarder une carte et faire quelques milliers de kilomètres à l'est.
03:29Voici la carte. Où se trouve le Charles de Gaulle ?
03:31Alors, le Charles de Gaulle est en mer rouge.
03:35En mer rouge, il n'a pas passé le détroit ?
03:37Alors, ça dépend duquel. Alors, il a passé le canal de Suez.
03:40D'accord. Il est encore en mer rouge, c'est-à-dire il n'a pas passé le détroit de
03:43Babel-Mandal ?
03:44Alors, je vais vous dire, honnêtement, le fait de passer le canal de Suez, d'avancer en mer rouge et
03:49de s'avancer vers ce qu'est la mer d'Arabie.
03:51Vous avez dit l'autre jour qu'il était en mer d'Arabie.
03:53J'ai dit qu'il s'est avancé vers la mer d'Arabie.
03:55Maintenant, je vais vous dire pourquoi ce n'est pas la peine de donner la localisation précise du Charles de
04:00Gaulle en permanence.
04:01C'est au moins pour deux raisons.
04:02D'abord, parce que c'est au chef d'état-major des armées et au chef des armées de parler
04:06de la localisation du Charles de Gaulle.
04:08Parce qu'il y a des raisons de sécurité, puis de signalement stratégique qui sont importants à tenir.
04:12La deuxième raison, c'est parce que je ne veux pas qu'on soit mal compris par moments.
04:15On est quand même dans une période dans la région où vous avez énormément d'informations qui circulent et où
04:20il ne faut pas tordre la position de la France.
04:23Par moments, quand on a annoncé que le Charles de Gaulle avait passé le canal de Suez, on avait l
04:27'impression qu'on participait à une action offensive.
04:29C'est faux.
04:29Alors, dites-nous, à quoi va-t-il servir ?
04:31Ok. Alors d'abord, il sert déjà.
04:33C'est-à-dire qu'en fait, quand vous avez un moyen comme l'Europe aéronavale, vous avez le Charles
04:38de Gaulle et puis vous avez une série de moyens autour.
04:40Donc vous avez des capacités d'appréciation sur zone autonome.
04:43C'est quand même un moyen qu'a la France et qui est extrêmement important par rapport à d'autres
04:48pays et qui lui donne une capacité d'analyser ce qui se passe.
04:51Deuxième élément, c'est une posture crédible.
04:54C'est-à-dire que quand vous dites diplomatiquement, nous sommes prêts à faire ce qu'il faut pour le
04:58respect de la liberté de circulation maritime.
05:00D'accord.
05:01Voilà. Vous l'accompagnez de manière crédible de moyens militaires qui ne sont pas dans une action offensive ou de
05:09reprise de vie-force du détroit d'Hormuz.
05:11Donc pour l'instant, le Charles de Gaulle ne participe pas à des actions de fluidifier le trafic dans le
05:17détroit.
05:17Mais ce n'est pas possible tant que la belligérance continue.
05:22Concernant la belligérance, comme vous le dites, Donald Trump a proféré de nouvelles menaces d'anéantissement de l'Iran.
05:27Il a dit qu'il ferait mieux d'agir rapidement, sinon il ne restera rien d'eux.
05:32Est-ce que vous redoutez une...
05:34Vous avez l'air de faire l'amour, mais enfin il a dit ça hier soir.
05:38Est-ce que vous redoutez une reprise imminente du conflit ?
05:41Je crois que l'escalade verbale doit cesser, comme d'ailleurs l'escalade militaire doit être évitée.
05:48Des deux côtés, il y a eu dans les dernières heures des attaques de l'Iran contre les pays du
05:53Golfe,
05:54qui sont inacceptables et qui le sont, et qui sont dangereuses,
05:57puisqu'elles ont concerné aussi, vous le savez, une installation nucléaire.
06:01Bon, la sécurité nucléaire est une...
06:03Aux Émirats.
06:03Aux Émirats.
06:04Donc il n'y a pas de conséquences.
06:05Le patron de l'Agence internationale de l'énergie atomique s'est exprimé,
06:08mais il a aussi rappelé la gravité de ce type d'attaque.
06:11Mais il n'empêche que le président Trump, même si vous dites que ce n'est pas bien,
06:15a proféré ses menaces.
06:16Comment voyez-vous les prochains jours ?
06:18Parce que là, on sent un statu quo qui peut durer des mois.
06:21Comment voyez-vous les prochains jours ?
06:23Dès le début sur ce conflit, honnêtement, je l'ai dit et je le répète,
06:28il n'y a pas de solution facile, il n'y a pas de solution où on claque dans les
06:31doigts et où ça s'arrange,
06:32et ça va durer.
06:33Je pense qu'il faut être clair.
06:34Ça va durer.
06:35Oui, d'ailleurs, ça dure.
06:37Et je pense que notre intérêt collectif, je ne sais pas,
06:41ça dépend de la capacité des Iraniens et des Américains à se remettre autour de la table.
06:45Je pense néanmoins que nous ne sommes pas impuissants et que nous pouvons agir.
06:48Et c'est d'ailleurs le sens de la coalition maritime que nous faisons.
06:51Qu'est-ce qu'on dit au fond, aux Iraniens comme aux Américains ?
06:53On dit qu'il faudra négocier sur le nucléaire, sur le balistique et sur la déstabilisation régionale.
06:58Mais ça ne marche pas pour l'instant.
06:59Mais le détroit d'Hormuz doit être sorti un peu comme à part du reste des problématiques.
07:07Si vous voulez, on peut nous dire que ça ne marche pas.
07:09Mais je ne suis pas certaine que l'escalade militaire marche.
07:13Merci beaucoup Alice Ruffo, ministre déléguée aux armées, invitée des 4V.
07:16Bonne journée à tous.
07:17Merci.
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