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  • il y a 4 mois
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Jeff Wittenberg revient sur les questions qui font l’actualité avec Emmanuel Grégoire, député PS de Paris et candidat à la Mairie de Paris.

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Transcription
00:00Bonjour à tous, bonjour, Emmanuel, Grégoire, merci d'être avec nous ce matin.
00:04On va parler effectivement de ce que vous pensez en tant que député socialiste de ce qui se passe à Matignon.
00:11Les dirigeants de votre parti vont rencontrer Sébastien Lecornu qui lui-même va s'exprimer,
00:14on l'a appris tout à l'heure, avant 9h ce matin.
00:17Mais d'abord, en votre qualité de candidat à la mairie de Paris, je vous demande ce que vous pensez du grand déballage
00:23des notes de frais des élus parisiens, puisqu'on l'a vu notamment à la Une de la Presse.
00:28Il y a eu beaucoup de sujets là-dessus.
00:30Et celui dont on a beaucoup parlé cette semaine, c'est votre propre directeur de campagne,
00:34Éric Lejoindre, le maire du 18e arrondissement, épinglé pour des notes de pressing,
00:38des notes de restaurant aux frais du contribuable.
00:40Est-ce que vous comprenez que cela puisse choquer, que cela crée un émoi ?
00:43Oui, je le comprends totalement et il le comprend totalement également.
00:47Ce sont des frais de représentation dont disposent tous les maires de France,
00:51ceux des grandes villes, tous les présidents d'exécutifs de régions.
00:55Et je peux vous assurer que cet exercice de transparence affecterait de la même façon tous les maires de France.
01:01Ils ne l'utilisent pas peut-être pour des frais ?
01:04Demandez-leur, on le verra.
01:06La réalité, c'est qu'il y a des règles.
01:08Cela s'inscrit dans un cadre particulier qui est contrôlé par une administration
01:12qui en vérifie la légalité, la régularité.
01:15Et donc, je m'appuie sur cela pour accorder ma confiance, évidemment,
01:19à tous ceux qui en bénéficient et ont fait cet exercice de transparence.
01:23Mais je vois bien à quel point cela suscite des inquiétudes, de l'incompréhension
01:27et parfois, puisque j'en ai été témoin, de la colère.
01:31Donc, ça ne peut plus durer ainsi.
01:32Il faudra que les règles changent.
01:34Il faudra qu'il y ait plus de transparence.
01:36Peut-être même envisager leur suppression pure et simple.
01:39Mais il faudra, à ce moment-là aussi, que tous les maires de France se l'appliquent.
01:42Je considère que la demande de transparence, il doit y être donné une suite favorable
01:47et je me l'appliquerai évidemment.
01:48Monsieur Grégoire, est-ce que Monsieur Lejoigne, dans ces conditions,
01:51peut rester votre directeur de campagne alors que vous lancez, ces jours-ci, ces mois-ci,
01:56votre conquête de l'Amérique de Paris ?
01:58Dès lors que cette enveloppe a fait l'objet d'un contrôle et que tout est régulier,
02:01il n'y a aucune raison que je me laisse aller à la démagogie ambiante.
02:05Aucune raison que je me laisse aller à la démagogie ambiante.
02:08Si tout est en règle, évidemment, il a toute ma confiance.
02:11Et je veux dire qu'on verra que dans les mois à venir, etc.,
02:15cet exercice de transparence est nécessaire.
02:18Et je pense que ça remettra en cause fondamentalement la possibilité même
02:21d'avoir ce type de frais de représentation.
02:22C'est légal, mais est-ce que c'est, pardonnez-moi ce mot, moral, par exemple,
02:26de dépenser, excusez-moi de rentrer dans les détails,
02:29une bouteille de vin à 100 euros sur des frais de représentation
02:32qui, je le rappelle, totalisent 11 000 euros par an et par maire d'arrondissement.
02:38Tout à fait, par an et par maire d'arrondissement.
02:39Le 18e, mais tous les arrondissements de Paris sont des immenses villes.
02:43Vous recevez la maire de Los Angeles, vous recevez des grands chefs d'entreprise,
02:47vous recevez des grands acteurs ou directeurs d'institutions culturelles internationales.
02:52Moi, je veux bien qu'on fasse le procès de la consommation d'une bouteille de vin à 100 euros.
02:55Mais la réalité, c'est que ce sont des frais qui sont faits pour cela.
02:58Si nous pensons que ce n'est pas bien, et je le pense, puisque je vois bien que des gens le pensent,
03:04eh bien, ce ne sera plus possible.
03:05Mais il faut fixer les règles à l'avance pour faire en sorte qu'elles soient bien appliquées.
03:10Ce ne sera plus possible.
03:10Vous supprimerez les frais de représentation si vous êtes maire de Paris ?
03:13J'ai demandé à des magistrats et à des avocats de me faire des propositions.
03:17Je les rendrai publics dans quelques jours ou quelques semaines.
03:21Moi, ce que je vais vous dire, c'est que l'argent public, c'est sacré.
03:24C'est sacré.
03:25Et je me l'applique à moi-même.
03:26Et vous-même, vous avez des frais de représentation ?
03:28Je vais être très clair là-dessus.
03:29J'imaginais bien que vous me poseriez la question.
03:31Je n'ai jamais eu de frais de représentation dans mes fonctions municipales.
03:35J'étais six ans premier adjoint.
03:36Je n'ai jamais eu de frais de représentation.
03:37J'ai regardé mes notes de frais, puisque je considère que la transparence, ça me pose aussi à moi.
03:43En cinq ans de premier adjoint, j'ai 400 euros de repas.
03:47400 euros en cinq ans, c'est-à-dire cinq repas.
03:50Donc, M. Lejoindre, votre directeur aurait dû vous imiter, parce que vous aussi, vous receviez des dignités à l'étranger.
03:54Oui, mais moi, je n'avais pas de frais de représentation pour cela.
03:59Et donc, voilà, ce que je m'applique à moi, je l'appliquerai à tous ceux qui seront dans mon équipe.
04:03Je veux de la transparence, je veux de la clarté et je veux de l'exigence morale en la matière.
04:09C'est noté.
04:09Merci pour ces précisions sur ce sujet.
04:11On en revient à votre casquette de député socialiste.
04:14Donc, on le redit, les socialistes, Olivier Faure notamment, vont rencontrer plutôt le Premier ministre tout à l'heure à Matignon.
04:21Est-ce qu'on peut encore éviter un scénario de censure, puisque c'est ce qui est brandi par le PS aujourd'hui ?
04:26Écoutez, oui, on peut toujours l'éviter dès lors qu'il existe encore un espace de dialogue.
04:31Mais on ne comprend rien à la façon dont ce gouvernement travaille.
04:34On est censé avoir une réunion ce matin.
04:37Ça fait déjà plusieurs semaines, trois semaines qu'il est nommé Premier ministre.
04:40On n'a quasiment pas eu de son, pas de lumière pendant trois semaines, à part un rendez-vous qui s'est contenté de généralité.
04:46Là, on a un rendez-vous ce matin.
04:47On apprend qu'il fait une déclaration à 8h45.
04:50Alors, nous allons la suivre.
04:50Il existe aussi, M. Grégoire, par exemple, lorsqu'il propose de faire baisser les impôts de 300 euros pour les couples,
04:56gagnant entre 17 000 et 27 000 euros, vous avez entendu cette proposition ?
05:00L'intégralité des annonces qui ont été égrenées depuis quelques jours, soit été déjà crantées dans les gouvernements Barnier et Bayrou,
05:08déjà annoncées pour certaines, déjà mises en œuvre.
05:11Et sur le cas de la défiscalisation pour les couples, c'est un mensonge.
05:16La plupart des gens concernés ne payent pas d'impôts sur le revenu.
05:20Et vos confrères traitent abondamment ce matin.
05:23Qu'est-ce que c'est que ces annonces qui n'ont pas d'application ?
05:26Annoncer la baisse des impôts pour des couples qui ne payent pas d'impôts, c'est pas très compliqué.
05:29Donc, dans l'État actuel, vous censurez ce gouvernement s'il n'y a pas d'autres propositions plus concrètes.
05:34Il n'y a pas d'État actuel.
05:36Moi, je ne m'agite pas dans ma tête en me disant est-ce que je censure ou pas en permanence.
05:39Il y a un espace de dialogue, soit il s'en saisit.
05:41Il nous fait des propositions.
05:42Mais par contre, s'il ne donne pas suite à un certain nombre de demandes que nous avons formulées,
05:46nous censurerons sans aucun doute.
05:48Et si vous censurez et qu'il y a une nouvelle crise institutionnelle,
05:51sans doute celle la plus grave, puisqu'il y aura probablement, peut-être,
05:55une dissolution de l'Assemblée nationale, ça, ça ne vous fait pas peur aujourd'hui.
05:58Vous êtes prêt à affronter un scénario pareil.
06:00C'est simple.
06:01Pour gouverner ce pays, il faut soit une majorité, soit discuter.
06:04Si vous voulez gouverner sans majorité, sans discuter, ça n'existe pas.
06:08Et donc, oui, il faudra une dissolution et que les Français s'expriment.
06:10Avec peut-être un Rassemblement national qui aurait, si on en croit les sondages,
06:13250 députés aujourd'hui.
06:14On ne peut pas avoir peur de la démocratie.
06:16On ne peut pas avoir peur de la démocratie.
06:18La réalité, c'est que moi, je suis quelqu'un de responsable,
06:22mais je n'ai qu'une responsabilité supérieure aux autres.
06:24C'est celle que j'ai devant mes électeurs.
06:26On peut m'agiter, l'intérêt supérieur de la France.
06:28Quel est l'intérêt supérieur de la France si ce n'est pas celui des Français eux-mêmes ?
06:32Et donc, le Premier ministre...
06:33Certains disent que l'intérêt, c'est la stabilité, justement.
06:35On n'est pas une nouvelle...
06:35Non, c'est la stabilité pour ceux qui se servent depuis des années,
06:38pour les mêmes qui bénéficient des baisses d'impôts, etc.
06:41C'est exactement ce que le pouvoir en place doit comprendre.
06:44Ils n'ont pas de majorité.
06:46Il y a une lassitude, voire une colère qui monte partout dans le pays.
06:49Ils doivent y répondre.
06:50Dans le dialogue avec le Parti Socialiste, dans le dialogue avec d'autres formations politiques,
06:53dans le dialogue avec les organisations syndicales,
06:55ils n'ont pas de majorité.
06:56Ils ne peuvent pas continuer à gouverner seuls et contre les intérêts
07:00des Françaises et des Français, en tout cas tels qu'eux-mêmes le conçoivent.
07:04Et donc, tout doit changer.
07:05Si ça ne change pas, nous censurerons.
07:06Eh bien, c'est très clair.
07:07Merci beaucoup, Maïa Grégoire.
07:09Candidat à la mairie de Paris et député socialiste.
07:12On verra ce qui se passe dans les prochains jours.
07:13C'est la suite de Télématin.
07:14Merci.
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