Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 13 heures
Jean-Pierre Diris, coordinateur interministériel IRIS² et GOVSATCOM, était l'invité de François Sorel dans Tech & Co, la quotidienne, ce lundi 15 juin. Il s'est penché sur la nouvelle constellation de satellites européenne en réponse à Starlink, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Tech & Co, la quotidienne sur BFM Business.
00:04Voilà, et pour débuter ce Tech & Co, on va s'attaquer maintenant à un gros morceau,
00:08vous savez qu'on vous parle régulièrement dans cette émission, du projet Iris Carré,
00:13qui serait en quelque sorte la réponse de la France et de l'Europe à Starlink.
00:18Une espèce de constellation de plusieurs centaines de satellites
00:21qui permettrait à terme d'avoir une connectivité mondiale, basse orbite, au débit.
00:26On va en parler, et on a de la chance, avec M. Iris Carré.
00:30C'est Jean-Pierre d'Iris qui est avec nous.
00:32Bonjour Jean-Pierre d'Iris.
00:33Bonjour François.
00:34Alors, juste un mot sur votre parcours.
00:37Vous êtes un ingénieur spatial français.
00:41Vous travaillez toujours au CNES, je crois ?
00:43Oui, je suis le président du CNES.
00:46Spécialisé dans la défense, la souveraineté spatiale.
00:49Vous êtes un homme des télécoms et de l'espace.
00:52Donc, véritablement, vous avez les castings qui matchent avec ce projet.
00:56Iris Carré, peut-être pour revenir justement sur tout ça,
00:59qu'est-ce que c'est qu'Iris Carré ?
01:00On le compare souvent à Starlink.
01:02Qu'est-ce que c'est ?
01:04Iris Carré, c'est un signal fort pour la souveraineté européenne.
01:07C'est une constellation de 350 satellites
01:10pour fournir de la connectivité sécurisée en Europe et dans le monde
01:16aux gouvernements européens et aussi aux entreprises européennes.
01:21Ok.
01:24Alors, on comprend bien que ce n'est pas, la manière dont vous le présentez,
01:27quelque chose de grand public comme les Starlink.
01:30C'est-à-dire que moi, ou même vous-même, vous ne pourrez pas, à terme,
01:34souscrire un abonnement à Iris Carré pour avoir une connectivité Internet à la maison.
01:38Non, absolument.
01:39C'est assez différent.
01:40En effet, ce qu'on veut connecter, c'est de la souveraineté.
01:44C'est de la souveraineté, on veut connecter des gouvernements et des entreprises.
01:49Ce qu'on appelle le business to consumer, en fait, la connectivité de tous les jours
01:53pour regarder Netflix dans les campagnes, dans les montagnes, pour regarder Prime Vidéo.
01:59Évidemment, ça, ça peut être, ce sera fait par Starlink, Amazon Leo, etc.
02:04Il n'y a pas besoin réellement de souveraineté pour ces usages-là.
02:07Est-ce que vous en êtes sûr de ça ?
02:09On a besoin de souveraineté pour connecter nos gouvernements.
02:12Mais est-ce que finalement, aujourd'hui, notre réseau télécom français, il est français,
02:18que ce soit la 5G, la 4G, la fibre ?
02:20On a perdu cette bataille du B2C pour le satellite basse orbite très haut débit, à votre avis ?
02:28Disons que Iris Carré, c'est un programme mutualisé à l'échelle européenne.
02:31Je ne sais pas si on a perdu la bataille, mais en tout cas, là, on revient dans le jeu.
02:35On va développer nos propres technologies, nos propres satellites.
02:39On va se mettre à l'échelle technologique avec des technologies très intégrées avant la fin de la décennie.
02:46Et c'est ce qui va nous permettre de revenir dans ce jeu-là.
02:50Et on commence par un enjeu de souveraineté parce qu'il faut bien comprendre quelque chose.
02:54C'est financé en grande partie par le secteur public avec un investissement privé.
02:58C'est partenariat public-privé.
03:00Et c'est ça qui justifie de connecter les gouvernements d'un côté et les entreprises de l'autre.
03:05Alors, nous verrons si un jour nous revenons sur le monde du retail, du consommateur.
03:09Mais pour l'instant, on vise les entreprises et les gouvernements.
03:13Pourquoi ? Parce que c'est dimensionné pour ça, pour les gouvernements et les entreprises,
03:18et non pas pour le grand public.
03:20C'est un réseau...
03:20D'ailleurs, on le voit quand vous en parlez, c'est quelques centaines de satellites.
03:24Starlink, c'est plusieurs milliers, voire à terme plusieurs dizaines de milliers.
03:28Ce n'est pas la même chose, en fait.
03:30Ce n'est pas la même chose.
03:31C'est tout à fait ça.
03:33Ce ne sont pas les mêmes capacités, en fait.
03:36Donc, Iris Carey, c'est très protégé.
03:38Nous allons faire transiter tout le trafic par des liens laser en orbite.
03:43Donc, on ne pourra pas l'interrompre.
03:44Les datas seront protégées.
03:46Les services seront continus.
03:48Il n'y aura pas de doute sur la continuité de services.
03:50C'est extrêmement important.
03:51On ne reposera pas sur un acteur commercial qui décide d'arrêter ou pas.
03:55Nous aurons une continuité de services.
03:57Tout ça, c'est très important.
03:59Et nous avons 350 satellites.
04:00Vous le mentionnez.
04:02C'est durable.
04:03On ne met pas des dizaines de milliers de satellites.
04:05On met quelque chose de durable qui dure longtemps.
04:07Il dure 10 ans.
04:08Voilà.
04:09C'est ce qu'on vise.
04:10On vise quelques dizaines de lancements.
04:11On n'aura pas besoin de centaines de lancements.
04:13C'est une autre approche.
04:15C'est une approche de souveraineté.
04:16Qui permet malgré tout une couverture globale, mondiale ou simplement européenne ?
04:21Non, non.
04:22Elle sera mondiale.
04:22Elle sera mondiale.
04:23Nous avons des besoins partout dans le monde.
04:25D'accord.
04:25Évidemment, il y a des besoins en Europe.
04:27La situation géopolitique nous le rappelle tous les jours aux frontières de l'Europe,
04:31notamment à l'Est.
04:32Mais nous avons des besoins partout dans le monde.
04:34Notamment nos armées françaises sont déployées partout dans le monde.
04:37Donc ces besoins-là seront couverts, bien évidemment.
04:39Mais sachez qu'il n'y a pas que les armées.
04:41Il y a aussi nos services de secours.
04:43Le ministère de l'Intérieur qui intervient lorsqu'il y a des cyclones, des inondations.
04:47Et les ambassades, bien entendu, qui ont des besoins de protection de data et de sécurisation.
04:52Ce qui a fait que Starlink est devenu quelque chose d'assez impressionnant,
04:56c'est aussi la facilité pour se connecter.
04:58Une petite antenne, un petit boîtier.
05:01On branche ça sur le courant.
05:02Une appli sur le téléphone.
05:03Et c'est réglé.
05:04Comment ça va se passer Iris Carré ?
05:06Est-ce que c'est la même approche technique ?
05:09Ou est-ce qu'il faudra de grosses antennes ?
05:11Est-ce que ça marchera en mobilité aussi ?
05:13Non, on vise la même approche.
05:15Ce seront des petits terminaux.
05:16Alors les plus petits feront 30 cm à peu près.
05:19Et la flexibilité d'usage sera de même nature.
05:23La sécurité, elle ne repose pas sur le terminal uniquement.
05:27Elle repose sur l'infrastructure essentiellement.
05:29Donc la facilité d'usage sera équivalente.
05:33Comment ça va marcher, en fait, Iris Carré ?
05:35Parce qu'aujourd'hui, il faut malgré tout des bases terrestres
05:40qui envoient l'Internet, qui le distribuent sur tous les satellites
05:43pour qu'après, ça puisse retomber n'importe où, finalement.
05:46C'est comme ça ?
05:47C'est le même cœur de réseau ?
05:50Alors la différence fondamentale, c'est que le cœur de réseau et le trafic,
05:54il va être centralisé sur l'Europe, sur des sites extrêmement sécurisés en Europe.
05:58D'accord.
05:58De manière à ce qu'il n'y ait pas d'agression possible.
06:00Ou si l'agression a lieu, on sera à la contrevenir.
06:04Et tout le trafic, il va être routé en orbite.
06:07Donc on n'aura pas de fragilité, si vous voulez.
06:09Aujourd'hui, ce qu'on remarque dans le monde,
06:11c'est que la connectivité est devenue un enjeu géopolitique.
06:14On veut nous couper ou nous taxer des câbles sous-marins.
06:18Regardez ce qui se passe dans le détroit d'Ormouz.
06:20Il y a eu des tentatives de coupure de câbles aussi maire du Nord, maire de Chine, etc.
06:24Bon, bref, on a besoin d'une connectivité résiliente, sûre.
06:29Donc elle sera disposée à l'Europe.
06:30Et ça, cette caractéristique-là, elle est fondamentale.
06:34On a les spécificités techniques, en fait, d'Iris Carré.
06:38On connaît les débits théoriques qu'on pourra avoir, des choses comme ça ?
06:42Oui, absolument.
06:43Ce seront les débits de la fibre et à peu près les caractéristiques de la fibre optique en termes de
06:47latence aussi.
06:48Et la grosse différence pour Iris Carré, c'est qu'on a réservé les fréquences en orbite.
06:53On a quelque chose de très valuable en Europe.
06:56C'est que nous avons des fréquences prioritaires dans le monde.
06:58A la fois les fréquences commerciales, celles de OneWeb, qui seront utilisées pour Iris Carré,
07:03mais aussi les fréquences militaires, dont nous avons les droits de propriété,
07:07les droits d'utilisation, qui sont numéro un au monde.
07:10Et pour information, nous les avons réservés le 19 janvier 2026,
07:14par certains satellites qui sont déjà là-haut,
07:16qui occupent ces fréquences d'ores et déjà en l'air au-dessus de nos têtes.
07:22Où en est le projet Iris Carré ? C'est quoi le calendrier, là ?
07:26Le projet avance. Il avance bien.
07:28Il a été signé, le contrat de concession a été signé le 16 décembre 2024.
07:32Ça fait à peu près 18 mois.
07:34Donc la phase de définition est à peu près terminée.
07:37Et donc les acteurs principaux, qui sont la Commission européenne pour le secteur public,
07:41qui nous représente, nous, états membres,
07:43et les acteurs privés, ETSAT, SES, ISPASAT,
07:46sont en train de négocier pour passer en phase de réalisation
07:50et choisir les industriels qui vont réaliser l'infrastructure.
07:53Cet événement-là, il arrive dans les semaines qui viennent.
07:57Il va permettre ce décollage, cette confirmation de ce programme.
08:02Mais je rappelle quand même que c'est un programme qui a été signé sur 12 ans
08:04pour plus de 10 milliards.
08:06Donc le programme, il est en cours.
08:08C'est juste un jalon qui va être passé cet été.
08:10Et on l'attend avec impatience parce qu'il va permettre d'accélérer la cadence.
08:15Fabriquer les satellites en Europe ou est-ce qu'ils sont fabriqués ailleurs ?
08:19Est-ce que les lancements seront réalisés par Ariane ?
08:23Est-ce qu'on a déjà une planification de tout ça ?
08:26Oui. Alors, les programmes européens, ils sont là aussi pour amener une indépendance de l'Europe.
08:33Et cette indépendance-là, elle est aussi au travers des technologies.
08:36Ce n'est pas que les usages.
08:39Donc c'est dans les règlements européens.
08:41On veut des technologies européennes.
08:42On veut une indépendance en termes et des lancements européens.
08:45Ça, c'est extrêmement important.
08:46Donc on va y aller en étapes progressivement.
08:49On va y aller dès 2030 comme c'était prévu avec 66 premiers satellites un peu plus petits et gouvernementaux.
08:58Et on va continuer l'infrastructure 2032 en service avec 264 satellites qui seront beaucoup plus gros, plus capacitifs
09:06et qui offreront des services commerciaux et des services gouvernementaux en même temps.
09:10Et tout ça, c'est la orbite basse, la basse orbite.
09:12Ce sera complété par l'orbite moyenne de 18 satellites très puissants qui viennent compléter ça.
09:17Qui, eux, assureront le débit et moins la latence.
09:22C'est ça le arbitrage ?
09:25Oui, c'est assez complémentaire.
09:27En effet, la basse orbite permet une latence qui est l'équivalent de celle de la fibre.
09:31Donc c'est une continuité parfaite avec les solutions terrestres, en effet.
09:36Oui, parce que rappelons-le, pour tous ceux qui ne comprennent pas ce qu'est latence, basse orbite, etc.,
09:40plus les satellites sont proches de nous, en fait, moins il y a de trajet pour les ondes pour dialoguer
09:46avec nos appareils.
09:47Et donc, il y a la latence qui baisse.
09:49Là, on est à quoi ? Quelques centaines de kilomètres d'altitude, c'est ça ?
09:51On est à 1 000 kilomètres, 1 200 kilomètres.
09:54D'accord, donc plus haut que Starlink, quand même.
09:56Oui, c'est plus haut que Starlink.
09:57C'est ce qui nous permet d'avoir aussi moins de satellites, c'est d'être un peu plus haut.
10:01Oui, d'accord.
10:01Et ça joue très très peu sur la latence.
10:03C'est très important pour nos armées d'avoir des petits terminaux.
10:08Et puis aussi, ce temps de trajet est relativement réduit.
10:11Ça permet des applications pour les drones, pour le targeting, pour tout ce qui fait la guerre moderne.
10:16C'est extrêmement important aussi.
10:18C'est important pour des usages d'entreprise aussi, comme des usages financiers notamment.
10:22Oui, on voit en plus en ce moment, avec toutes ces incertitudes géopolitiques, qu'Iris Carré aura un rôle à
10:31jouer dans la défense aussi.
10:32Vous parliez tout à l'heure de ces petits terminaux.
10:34Le terminal ressemblera à quoi, en fait, pour pouvoir se connecter ?
10:39Il faudra une antenne aussi, malgré tout ?
10:40Ou est-ce que simplement, voilà, moi j'ai un appareil, il se connecte comme ça, à partir du moment
10:46où je vois le ciel ?
10:49Comment ça va marcher ?
10:50Dans un premier temps, ils font dans les petites antennes satellites, comme il y a sur Starlink ou Amazon Léo.
10:54D'accord.
10:55Entre 30 centimètres.
10:56Ok.
10:56Voilà, c'est des éléments qui rayonnent et qui visent les satellites, qui sont très dynamiques.
11:00Vous ne voyez rien, mais tout se passe à l'intérieur, c'est électronique.
11:03C'est fabuleux, c'est des technologies fabuleuses.
11:06Oui, parce que ces satellites vont à une vitesse folle.
11:08Et ils vont à une vitesse folle.
11:098 km par seconde, 7 ou 8 km par seconde.
11:12Voilà, et donc l'antenne capte un satellite pendant quelques secondes, et le nouveau arrive, etc.
11:16Elle fait ce qu'on appelle des hand-overs, donc un change de satellite et votre flux passe d'un
11:21satellite à l'autre de manière absolument transparente.
11:23C'est formidable.
11:24C'est rigolo parce que c'est l'inverse de ce qu'on vit nous sur Terre avec nos téléphones
11:28quand on prend le TGV ou des choses comme ça.
11:30Sauf que ça va beaucoup, beaucoup plus vite en fait.
11:32Ça va beaucoup plus vite.
11:33Donc dans un premier temps, Iris Carré, la première étape, c'est celle-là, avec des antennes dédiées.
11:38Dans un futur relativement proche qu'on espère, il y aura certainement un autre incrément, mais il n'est pas
11:42encore décidé, pour faire ce qu'on appelle le direct-to-device,
11:46c'est-à-dire connecter directement des smartphones, notamment on est en train de mettre en place au niveau européen
11:50une réglementation pour disposer de fréquences dans cet objectif-là.
11:55Mais ça, ça viendra dans le second temps.
11:572030-2032, c'est vraiment la fibre optique en orbite, quelque part, c'est ça qu'on va faire.
12:03Le direct-to-device viendra un peu plus tard pour la partie souveraine.
12:07Vous parliez du direct-to-device, c'est vrai que Starlink évoque aussi cette possibilité, c'est-à-dire que,
12:12rappelons ce que c'est le direct-to-device,
12:14je suis avec mon téléphone ou un terminal grand public, finalement, et comme je capte le Wi-Fi, la 5G,
12:22le Bluetooth, l'appareil capte le signal satellite.
12:25C'est ça, c'est ça. Directement, vous connectez au satellite. Au lieu de vous connecter à une tour 5G,
12:30vous connectez au satellite.
12:31C'est comme si la tour 5G a un volet dans l'espace.
12:34Ça veut dire que ce réseau va respirer, va pouvoir évoluer avec les technologies, c'est ça ?
12:42Iris Carré, c'est un grand programme de connectivité, dont la première étape, c'est celle qu'on a parfaitement
12:47décrite, j'espère, ensemble.
12:48Mais ça va évoluer vers du direct-to-device. Il y aura de l'Internet des objets et il y
12:53aura tout un tas de missions auxiliaires,
12:54je ne vais pas les développer là, mais qui viendront progressivement.
12:58Ce sera un grand réseau, une grosse infrastructure qui porte toutes les missions de connectivité européenne dont on a, dont
13:04nos citoyens ont besoin, dont nos armées ont besoin.
13:06Ça veut dire que peut-être dans quelques années, dans 10 ans, 15 ans, ce sera aussi un service qui
13:12pourra s'ouvrir aux particuliers ?
13:13Pourquoi pas ? Pourquoi pas ? Aujourd'hui, ce n'est pas dans la roadmap, tout de suite, on commence
13:20par l'étape de souveraineté et pourquoi pas ?
13:22Demain, dès lors qu'on aura les technologies et les capacités, pourquoi pas ? Vous savez ?
13:27Ce n'est pas quelque chose qui est fermé, c'est-à-dire que...
13:29Non, l'histoire du spatial, elle a bien montré ça. Les Américains partent devant et ils ont tellement de moyens
13:34et tellement d'idées.
13:36Et des fois, l'Europe arrive à faire de très, très, très belles choses. Des fois, c'est un peu
13:40après, mais on fait de très belles choses en Europe.
13:43Vous êtes véritablement un peu scruté, observé, parce que c'est vrai que tous les projets, on va dire, d
13:50'envergure comme celui-ci, ont mis énormément de temps.
13:54Je repense à Galiléo, par exemple, qui a été, alors qu'il y a eu une belle réussite technologique, mais
13:59qui a mis, je n'ose même pas donner de durée, parce que ça a pris énormément de temps.
14:05Véritablement, vous pensez qu'on peut réduire, en fait, cette fenêtre et arriver à quelque chose d'opérationnel en temps
14:11et en heure, comme vous le disiez, à partir de 2030, 2032 ?
14:14Alors, Galiléo, c'est un très bon exemple. Galiléo, aujourd'hui, même si ça a pris du temps, on l
14:18'a dans les montres connectées, on l'a dans les smartphones, ça fonctionne.
14:22Ça a mis beaucoup de temps parce qu'il fallait créer un écosystème de la navigation en Europe. Ça n
14:28'existait pas. Pour ce qui concerne Iris Carré, on parle de connectivité.
14:31Les télécommunications en Europe, ça existe depuis la fin des années 70. L'opérateur ETSAT a été créé en 1977.
14:39C'est un domaine qui est à la fois un domaine gouvernemental, avec des satellites militaires,
14:43Syracuse, mais aussi un domaine privé. Il y a tout un tas de satellites qui diffusent la télé depuis bien
14:47longtemps. Voilà. Donc, c'est un domaine, un écosystème à la fois d'opérateurs, d'industriels,
14:53d'équipementiers, de lanceurs qui existent et qui fonctionnent. Donc, on se base sur cet écosystème pour développer rapidement. C
15:02'est ça qui nous fait penser, qui nous laisse penser qu'on va l'avoir dès 2030 parce que l
15:06'écosystème, il est prêt.
15:08Vous parliez tout à l'heure des fréquences. Sujet capital. Sans fréquence, on ne peut pas faire grand-chose. Il
15:15y a cette volonté de l'Union européenne de réserver des fréquences justement aux acteurs européens
15:21et ne pas tout donner à Starlink, à Amazon Leo, etc. J'imagine que vous êtes plutôt d'accord avec
15:28cette vision ?
15:29Alors, oui, puisque moi, vous savez, je travaille fonctionnellement pour le Premier ministre. Donc, nous soutenons ça au niveau du
15:36gouvernement français,
15:37cette vision de souveraineté aussi dans l'attribution des fréquences. Ce sera un des grands sujets du sommet spatial qu
15:43'organise le président de la République
15:45les 9 et 10 septembre à Paris. C'est un sujet fondamental. En fait, l'image, c'est quand on
15:51construit sa maison, on a besoin d'un terrain.
15:53Les fréquences, c'est le terrain en orbite et la maison, c'est l'infrastructure qui vient derrière. Et à
15:58la fin, on l'habite. Donc, c'est les usages.
16:00Voilà. Donc, l'étape fondamentale, ce sont les fréquences. Pour faire quelque chose, avoir notre souveraineté, il faut déjà avoir
16:06les fréquences.
16:06Sur cette bandesse, précisément, nous avons beaucoup œuvré en France pour obtenir des gages de souveraineté sur ces fréquences.
16:14Et l'Europe a suivi. La Commission européenne a suivi. On est en train de négocier un règlement, en effet,
16:20qui réserve une très belle part à la souveraineté en la matière.
16:24Jean-Pierre Diris, dernière question sur l'industrialisation de tout ça. On l'a évoqué brièvement, mais j'aimerais qu
16:29'on y revienne.
16:30Quand on voit qu'aujourd'hui, on a des pénuries de composants parce que l'IA est en train de
16:35tout aspirer, la mémoire, etc.
16:38Est-ce que ça ne va pas être un obstacle pour fabriquer ces satellites ? Et est-ce que vous
16:42avez déjà sécurisé les lancements avec Ariane ?
16:45Non, ce ne sera pas un obstacle. Déjà, on passe avec des constellations, une forme de massification du spatial, mais
16:51qui n'est pas comparable à celle des smartphones, de l'automotive, etc.
16:55Mais j'imagine qu'il y a des processeurs, il y a de la mémoire, enfin, malgré tout...
17:00Absolument. Et nous avons les technologies clés en orbite. Un des acteurs clés de ça, c'est STMicroelectronics, près de
17:07Grenoble.
17:07C'est un acteur clé qui fournit des solutions spatiales depuis longtemps. Cet acteur clé a fourni pour des quantités
17:13incroyables.
17:14Donc nous avons les acteurs clés du composant, en passant par l'équipement, par les satellitiers, par les lanceurs, y
17:22compris Ariane 64, sur lesquels nous comptons.
17:24Et nous sommes ravis des premiers succès d'Ariane, parce qu'on en aura vraiment besoin pour Iris Carré.
17:29Eh bien, merci pour toutes ces explications. Voilà, le projet Iris Carré, grâce à vous, est beaucoup plus clair.
17:34Et on a hâte de voir les premiers lancements. Vous les espérez pour quand, 2030, c'est ça ?
17:392029 les lancements, 2030 les services. Merci beaucoup, François.
17:43Et vous reviendrez nous en parler à ce moment-là. On fêtera ça.
17:45Merci, François.
17:46Merci beaucoup, Jean-Pierre Diris. Vous êtes le coordinateur interministériel d'Iris Carré et de GovSat.com.
Commentaires

Recommandations