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Jean-François Fallacher, directeur général d'Eutelsat, était l'invité de François Sorel dans Tech & Co, la quotidienne, ce lundi 2 mars. Il s'est penché sur le concurrent européen de Starlink, et notamment l'avenir du satellite, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.
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00:01Tech & Co, la quotidienne sur BFM Business.
00:05Voilà ce Tech & Co, la quotidienne, toujours ici à Barcelone, à l'occasion de ce Mobile World Congress.
00:11Nous serons là demain bien sûr, mais pour terminer cette première émission en ce lundi soir,
00:16on va reparler évidemment des télécoms et notamment des satellites avec mon invité, c'est Jean-François Falacher.
00:22Bonsoir Jean-François.
00:23Bonsoir François.
00:25Alors Jean-François, vous êtes sur le stand Orange, vous êtes le directeur général de Telsat,
00:30mais vous êtes un peu ici à la maison puisque vous avez travaillé chez Orange et France Télécom pendant 33
00:34ans
00:35et pas plus tard que l'année dernière, vous étiez le DG France en fait d'Orange, c'est ça
00:40?
00:40Oui tout à fait.
00:41C'était l'un des mercato des télécoms de l'année 2005, c'est ça ?
00:46Oui, ça fait chaud au cœur d'être de nouveau là parmi mes, je les appelle mes collègues,
00:51même si c'est mes ex-collègues d'Orange, donc j'ai revu beaucoup beaucoup de monde
00:55et puis j'ai eu la chance chez Orange d'avoir une carrière internationale,
00:58j'étais le patron de la France avant de rejoindre Telsat, mais j'ai aussi été le patron de l
01:02'Espagne,
01:03on est à Barcelone, de la Pologne, donc voilà, beaucoup de collègues d'Orange et d'ex-collègues d'Orange
01:09partout,
01:10c'est un grand plaisir, voilà.
01:12Et alors vous avez quitté le terrestre pour aller dans l'espace ?
01:15Exactement, donc voilà, donc l'espace...
01:18Avec E-Telsat dont vous êtes le directeur général ?
01:21Oui, alors E-Telsat, donc E comme Europe, voilà.
01:25Je dis ça parce que demain on recevra le patron d'un Telsat, c'est rigolo, qui n'a rien
01:30à voir.
01:30Qui n'a rien à voir, oui, qui est une société américaine.
01:33Donc nous, E-Telsat, on est une société, un opérateur de satellites,
01:39qui est présent dans les satellites depuis longtemps, donc on a un historique fort.
01:44Alors, Telsat, c'est 47 ans d'opérations de satellites, voilà.
01:49La télévision par satellite, enfin...
01:51La télévision par satellite.
01:52Les canals plus, etc.
01:54Exactement, alors et ça c'est pour la France, mais on opère encore de la vidéo dans beaucoup de pays
02:00d'Europe.
02:00Pas que d'Europe, Moyen-Orient, Afrique, ça reste la moitié du business de Telsat,
02:07donc on fait 1,2 milliard d'euros de chiffre d'affaires.
02:09C'est parce que la télé par satellite, c'est robuste, ça marche bien.
02:11Voilà.
02:12Alors, il est vrai qu'en Europe, en Amérique du Nord, c'est quand même un business qui est en
02:16déclin.
02:17La fibre est de plus en plus présente.
02:21Les générations, les jeunes générations utilisent plus le mobile pour regarder la télé.
02:24Donc ce business est en déclin, mais reste néanmoins très important.
02:27Et nous, on a la chance d'avoir un mix qui est plutôt favorable,
02:30puisqu'on a aussi beaucoup de clients, comme je le disais, en Afrique, au Moyen-Orient.
02:33Et là, ça reste un business stable.
02:37Alors, au départ, Telsat, c'était une boîte de broadcast, de télé-broadcast par satellite, c'est ça ?
02:43Exactement.
02:44Et donc là, petit à petit, vous pivotez.
02:46Alors, même si, comme vous le disiez, votre marché de la télé par satellite reste important,
02:51mais il faut préparer l'avenir.
02:53Exactement.
02:53Alors, le pivot, il a commencé au milieu des années 2000,
02:56puisque le management, à l'époque, avait anticipé que ce business de la vidéo serait stable
03:02ou à un moment en déclin, et avait commencé à investir dans des satellites géostationnaires
03:06pour faire de la connectivité.
03:08Donc ça, c'est le milieu des années 2000.
03:10On a des satellites, je vais nommer un qui est très connu, qui s'appelle KVHTS,
03:15qui est tout neuf, qui permet, en fait, de faire, de donner de l'accès à Internet
03:19en utilisant un satellite géostationnaire avec un peu le même dispositif,
03:23la parabole, la petite parabole, à la place d'avoir un décodeur télé,
03:26on a juste un routeur, modem, qui, en fait, donne accès à Internet.
03:31Au passage, à l'époque où j'étais chez Orange France,
03:34on a lancé une offre qui s'appelle Le Satellite Orange, en France,
03:38qui utilise ce satellite-là.
03:40Donc c'est un petit kit, parabole, décodeur, qui permet d'avoir accès à Internet.
03:44Et qui permet de désenclaver, en fait, les personnes qui n'ont pas de 3G, 4G, 5G,
03:48pas de fibre, pas d'ADSL, d'avoir, malgré tout, une connexion Internet.
03:52C'est très rare, mais ça existe encore.
03:53Ça arrive, ça arrive.
03:54Et en tout cas, si vous allez dans une boutique Orange,
03:55vous pourrez trouver le satellite Orange, qui est avec un satellite KVHTS.
03:58Alors, le seul petit sujet, c'est que ces satellites-là, dits géostationnaires,
04:02ils sont sur des orbites très élevées, 36 000 km.
04:06Pourquoi ? Parce qu'à cette orbite-là, les lois de la physique font que le satellite va à la
04:10vitesse de la Terre.
04:11Donc, quand vous le mettez au-dessus de la France, il reste toujours au-dessus de la France.
04:15Et il a une couverture immense.
04:17Et il a une couverture immense, mais qui reste quand même géographique.
04:19C'est-à-dire au-dessus de l'Europe, au-dessus du Nord de l'Afrique.
04:22Et le seul petit sujet, c'est qu'étant à 36 000 km, vous faites une requête sur Google, par
04:27exemple.
04:28Votre paquet IP, il va vers le satellite, il redescend, il va sur les serveurs Google.
04:31Google renvoie sa réponse, ça remonte vers le satellite.
04:344 fois 36 000 km à la vitesse de la lumière, 0,6 secondes.
04:38Ça fait beaucoup.
04:39Ça fait ce qu'on appelle une latence qui est assez importante.
04:41Ça va très bien pour des usages classiques.
04:43Je fais du browsing, je regarde des vidéos YouTube, Netflix.
04:47Parfait.
04:48Par contre, les gamers, ça, ça ne marche pas.
04:51Ça, ils oublient.
04:52Voilà.
04:52Et puis, pour des usages plus professionnels, par exemple, la télécommande de drone.
04:56Vous avez un drone avec une caméra et vous le pilotez à distance, ça ne marche pas.
05:00Non, parce qu'on a trop de latence.
05:01Il faut de la latence très faible.
05:02Bien sûr.
05:03Et la voix, ça marche pour la voix, la visio, des choses comme ça ?
05:06Ça marche pour la voix, la visio.
05:07Il n'y a pas trop de décalage ?
05:08Non, ça va, c'est acceptable.
05:08C'est pas comme les duplex de BFM.
05:10Non, mais c'est vrai qu'on connaît bien.
05:12Et c'était ça, le truc.
05:14Vous avez réglé ce souci ?
05:16Ça, ça fonctionne.
05:17Mais voilà.
05:18Donc, il y a trois ans, EUTELSAT rachète et fusionne avec OneWeb.
05:23Donc là, OneWeb, c'est une autre histoire.
05:25C'est une constellation.
05:26Donc, plus un satellite, mais une constellation de 650 satellites.
05:30Dites LEO.
05:31LEO, c'est un acronyme anglais.
05:32Low Earth Orbit.
05:34C'est-à-dire orbite basse.
05:36C'est des satellites qui volent à 1200 km d'orbite par rapport à 36 000.
05:40Donc là, la latence est très basse.
05:41Mais à ces orbites-là, ce sont des satellites qui tournent très vite.
05:45Et bien sûr.
05:45Donc nous, on a, pour vos téléspectateurs, il faut imaginer.
05:49On a 12 plans orbitaux.
05:52C'est-à-dire que c'est des cercles qui passent par les pôles à 1200 km d'altitude.
05:55Sur ça, chaque cercle, vous avez une soixantaine de satellites.
05:57Ils font le tour de la planète en moins de deux heures.
06:00Et donc, on en a 12, un peu comme une orange, qui tournent en permanence autour de la planète.
06:04Et ce qui fait que quand vous êtes sur Terre, la Terre toune autour de cette constellation,
06:08vous voyez toujours des satellites qui passent.
06:11Enfin, vous ne les voyez pas, mais il y a des satellites qui passent en permanence.
06:13En gros, moi, je fais avec mon téléphone, je vais capter un satellite.
06:16Quelques minutes après, ce n'est plus lui que je vais capter, c'est un autre.
06:18Je ne vais pas m'en rendre compte.
06:20Voilà.
06:20Alors, ce n'est pas avec des téléphones qu'on fait ça, mais c'est avec des antennes plates,
06:24qui font 70 cm par 40,
06:28qui, en fait, elles-mêmes suivent ces satellites
06:31et permettent, en fait, de faire du très haut débit.
06:33Donc, il y a un moteur dedans ?
06:35Comment ça marche ?
06:35Non, alors, il n'y a pas un moteur.
06:36Ce sont ce qu'on appelle en anglais, je ne sais pas pour les acronymes,
06:39ce sont ce qu'on appelle les phased arrays.
06:40C'est des micro-cellules qui, en les défasants, font un faisceau.
06:44D'accord.
06:44C'est exactement la même technologie que les radars, François.
06:46Donc, l'antenne ne bouge pas.
06:48Non, l'antenne ne bouge pas.
06:49C'est à l'intérieur de la technologie qui doit suivre les ondes.
06:51Mais à l'intérieur, il y a un faisceau qui suit le satellite.
06:53Incroyable.
06:54Voilà.
06:54C'est le concept de Starlink aussi ?
06:56C'est le même concept.
06:57C'est le même concept.
06:59Bon, chacun a sa technologie propriétaire.
07:02Contrairement au monde des télécoms classiques,
07:03on n'est pas interopérable, on n'a pas d'interfonctionnement,
07:06mais la technologie est la même.
07:08Et ce qui permet, finalement, de rendre des services de très haut débit,
07:11plusieurs centaines de mégabits par seconde,
07:13latence faible, donc nous, entre 50 et 70 millisecondes.
07:17Et donc là, tous les usages.
07:18Là, ça ouvre ?
07:18Tous les usages ?
07:19Tous les usages sont possibles.
07:20Pas pour le gamer hyper pointu qui préfère à la fibre.
07:23Toujours.
07:23On est d'accord.
07:23Mais par contre, pour beaucoup d'usages,
07:25et vous avez beaucoup, beaucoup d'endroits sur la planète
07:27où il n'y a pas de connectivité.
07:29Commencez par les océans.
07:30Donc là, on sert des bateaux, des avions,
07:35que ce soit des avions privés, publics, des compagnies aériennes,
07:38par exemple, et beaucoup, beaucoup d'usages,
07:40où encore vous avez des zones blanches.
07:41Alors là, en France, on a commencé 94%,
07:45je suis encore du chiffre des foyers connectables à la fibre,
07:47mais vous avez beaucoup de géographie dans laquelle, non.
07:51Et alors, la beauté de ces constellations, François,
07:53c'est qu'elles volent au-dessus de l'intégralité de la planète.
07:56C'est-à-dire qu'on est capable de fournir des services partout dans le monde.
07:59Même au niveau des pôles ?
08:01Bien sûr.
08:02Et on a 180 pays, alors après, il faut des autorisations,
08:05on a 180 pays OneWeb, tel ça, dans lesquels on vend de la connectivité.
08:09180 pays dans le monde où on est ouvert et on peut vendre ses services.
08:12Et on arrive à voir quel débit, en fait ?
08:14Alors, plusieurs centaines de mégabits par seconde,
08:16ça va de 100 mégabits par seconde jusqu'à 200-300 mégabits par seconde.
08:19Alors, en fonction de la taille et de la qualité de l'antenne.
08:21Ok, d'accord.
08:23Donc ça, c'est aujourd'hui ce que vous faites.
08:25Exact.
08:26Un business croissant.
08:27Voilà.
08:28Alors, ce business-là, aujourd'hui,
08:30représente à peu près 20% du chiffre d'affaires de l'entreprise.
08:33Le dernier semestre, on vient de publier nos résultats,
08:36il y a 15 jours, on a publié 110 millions en un semestre d'euros de chiffre d'affaires
08:39en croissance de 60%.
08:40Voilà.
08:41On va passer la barre des 200 millions dans l'année fiscale qui est la nôtre
08:46et en forte croissance de 60%.
08:48Il y a une demande très, très forte.
08:50Mais alors, qui s'abonne à OneWeb ?
08:52Parce que c'est vrai qu'aujourd'hui, on n'entend parler que de Starlink
08:56qui fait une pub incroyable pour tous les particuliers
08:59qui sont à la campagne ou à la montagne, etc.
09:02Mais peu de OneWeb et de TelSat.
09:05Alors, on a fait le choix, nous, de vendre à des entreprises,
09:10à des grandes entreprises, à des gouvernements.
09:12C'est comme ça que la constellation a été bâtie, est architecturée.
09:15Et on a fait le choix de vendre à travers des distributeurs.
09:19C'est-à-dire qu'on ne vend pas nous-mêmes en direct,
09:21on vend à travers des distributeurs, soit généralistes, soit sociétés.
09:24Orange, par exemple, est un distributeur.
09:26Donc Orange, les entités B2B.
09:28Mais pour les entreprises, Orange Business.
09:30Pour les entreprises, voilà.
09:31Moi, je suis, François Sorel, j'ai envie d'avoir un abonnement OneWeb.
09:35Ce n'est pas possible aujourd'hui.
09:36On ne vend pas aux particuliers.
09:38D'accord.
09:38Mais pour quelle raison ?
09:40Alors, pour quelle raison on ne vend pas aux particuliers ?
09:41Parce que la constellation a été faite au départ pour les entreprises
09:44avec des caractéristiques entreprises.
09:46On s'évente des VPN.
09:47On s'évente de la garantie de service.
09:50Donc voilà, on a ce positionnement qui est un positionnement entreprise.
09:54Comme les opérateurs de télécom ont des offres différentes pour les entreprises ou pour les particuliers.
09:59Nous, on a ce positionnement entreprise.
10:00C'est un choix.
10:01C'est un marché qui est important au niveau mondial.
10:03Bien sûr.
10:03C'est un marché qui pèse 2 milliards d'euros actuellement
10:05et qui va peser 11 milliards d'euros en 2039 avec une croissance très forte.
10:09Donc, on veut vraiment rester et se focaliser là-dessus.
10:12Et là, on a Starlink en concurrence, effectivement, François.
10:15C'est peut-être la raison pour laquelle on est, hélas, moins connus.
10:18Donc, merci de me donner l'opportunité de parler de Telsat OneWeb aujourd'hui.
10:21Starlink et bientôt Amazon avec Néo.
10:24Alors, Amazon va arriver, effectivement.
10:26Donc, c'est en cours.
10:27Enfin, on a vu qu'une Ariane a récemment, une Ariane 64,
10:30avec succès, lancé une grappe d'Amazon.
10:34Voilà.
10:34Donc, on les attend de pieds formes.
10:36Il y aura une troisième constellation.
10:39Le positionnement que nous, on va avoir est un positionnement souverain européen
10:44puisque nous sommes une entreprise à capitaux européens et indiens.
10:49On a le groupe Bharti et Artem qui est aussi à notre capitale.
10:52Donc, on a dans le contexte géopolitique actuel, je veux dire,
10:57ce vent qui nous aide et qui nous porte dans nos voiles,
10:59qui est aussi le fait qu'on soit européens, souverains.
11:03On est la seule alternative à Starlink aujourd'hui américain.
11:07Bon, ça ne vous a pas échappé qu'il y a eu des menaces à une époque de couper le
11:12service en Ukraine.
11:13Et ça, je dois dire que ça nous a quand même aidé.
11:16Parce que ce concept de souveraineté qui peut être un peu théorique,
11:21il est devenu tout de suite très concret quand il arrive.
11:24On a vu ça pendant le Covid.
11:25Vous souvenez-vous, quand on a eu du mal à trouver des masques,
11:28on s'est dit, ah, ils sont fabriqués où ?
11:30On a commencé à réfléchir.
11:31D'autant que Starlink est représenté par une personnalité Elon Musk
11:34qui est quand même assez clivante, on va dire.
11:36Qui est une personnalité pour laquelle, moi, j'ai beaucoup de respect.
11:40Non, mais génial inventeur, mais qui parfois a des réactions étonnantes.
11:44Donc, on se dit, finalement, l'importance de la connectivité,
11:48on ne peut peut-être pas, nous, européens, la confier à Starlink.
11:53Voilà, exact. Et c'est la raison pour laquelle on est là.
11:57Nos actionnaires nous ont recapitalisé.
11:59Donc, on a racheté 440 satellites qu'on va lancer pour pouvoir, justement...
12:04Alors, ça sert à quoi, tous ces satellites en plus ?
12:06Ça sert à assurer la continuité opérationnelle de la constellation
12:10parce que, François, ces satellites sont un peu plus petits
12:13que des satellites géostationnaires.
12:14Un satellite géostationnaire, ça fait la taille d'un autobus renversé.
12:18Un satellite OneWeb, c'est comme un gros réfrigérateur.
12:21Donc, c'est plus petit, ça a une durée de vie moindre.
12:23Ça ne dure pas 15, 20 ans.
12:24Donc, en fait, il faut du SPER, quoi.
12:25Il faut du SPER, voilà.
12:26Il faut, en permanence, que cette constellation, elle soit renforcée.
12:32Donc, c'est ce qu'on a fait.
12:33On a passé un bond de commande important chez Airbus
12:35qui construit ces satellites pour nous.
12:37On va les lancer à partir de la fin de l'année,
12:39en 2027 aussi, en 2028,
12:41pour assurer la continuité opérationnelle,
12:44le renfort de cette constellation jusqu'en 2030, 2031,
12:48moment auquel on ira sur une génération 2.
12:51On travaille sur un projet avec l'Europe qui s'appelle Iris Carré
12:53qui vise à bâtir cette génération 2.
12:55Et qui sera toujours un projet non grand public,
12:59d'après ce que j'ai compris.
13:00Ça sera toujours un projet non grand public.
13:01Mais est-ce que ce n'est pas un problème, ça, finalement ?
13:03On se dit, tiens, voilà, on parle de souveraineté.
13:08On se dit que, finalement, si on veut avoir une espèce d'autonomie
13:13en termes de connectivité par satellite,
13:15c'est bien pour les entreprises.
13:16Ça serait bien aussi pour tous les Européens, finalement.
13:21Il n'y a pas de stratégie à avoir là-dessus ?
13:23Alors, écoutez, la stratégie, elle pourrait être là.
13:25Mais on vient de lever des fonds très importants.
13:29On a levé 1,5 milliard.
13:30Ça nécessiterait des investissements beaucoup plus importants.
13:32Voilà, ça nécessiterait des investissements beaucoup plus importants.
13:35C'est la réalité.
13:35Donc, aujourd'hui, nous, on se concentre sur vraiment conserver
13:41non seulement cette constellation opérationnelle,
13:43mais sur l'avenir.
13:44Parce qu'il faut le travailler maintenant.
13:45C'est une des particularités du spatial aussi.
13:47Il faut préparer assez en amont la génération future, la Gen 2.
13:52Donc, c'est maintenant, en 2026, qu'on la prépare pour 2030.
13:55Et c'est quoi, la génération 2, finalement ?
13:57La génération 2, c'est des satellites plus puissants
13:59qui vont être capables, pour les clients finaux,
14:03de délivrer des antennes avec une vitesse plus importante,
14:08en mégabits par seconde, une latence probablement encore meilleure.
14:11Et puis, des antennes plus diversifiées.
14:14On nous demande des antennes plus petites.
14:16Et on nous demande des antennes, bien sûr,
14:17comme vous pouvez en douter, moins chères.
14:19Donc, voilà, c'est ceux sur qu'on travaille pour cette génération.
14:21Et ça, Jean-François ?
14:21Alors, ça...
14:22On le voit aujourd'hui.
14:24Starlink se lance là-dessus.
14:25Il y a d'autres acteurs plus, on va dire, plus modestes,
14:29comme Skylo, par exemple, aussi,
14:30qui vient de passer un accord avec Orange.
14:33Est-ce que demain, les services de Telsat arriveront sur le téléphone ?
14:36Ou finalement, ce n'est pas votre stratégie ?
14:41C'est une des premières questions que j'ai arrivées,
14:42mon nom d'Orange,
14:43la première question que j'ai posée aux équipes de Telsat.
14:45Où en êtes-vous sur ce qu'on appelle le Direct-to-Device ?
14:48Bon, force est de constater que notre constellation aujourd'hui
14:51est faite et bâtie pour donner des services broadband très haut débit
14:56avec ces antennes pâtes.
14:57Notre constellation actuelle n'a pas la capacité de gérer du Direct-to-Device.
15:02D'ailleurs, au passage, parenthèse,
15:04chez Starlink, c'est une autre constellation.
15:06Oui, tout à fait.
15:07Hasard complet, c'est aussi une constellation de 650 satellites.
15:10Mais bon, on a des projets dans nos cartons aujourd'hui, François.
15:15On a des discussions.
15:17Il faudrait vraiment qu'on lève beaucoup d'argent là aussi.
15:20Donc, je ne dis pas…
15:21Et c'est votre job aussi ?
15:22Bien sûr que c'est notre job aussi.
15:23Donc, de nouveaux investisseurs ?
15:25Voilà.
15:25Je ne dis pas qu'on ne va pas le faire.
15:27Mais aujourd'hui, vraiment, on se focalise sur notre core business.
15:30Il y a un marché très important.
15:32On a une concurrence, vous le voyez, qui est quand même très, très importante.
15:35Et bien sûr.
15:36Des géants face à nous.
15:37Et puis des capitaux qui arrivent quasiment illimités en plus.
15:40Donc, on a décidé pour l'instant de faire le choix,
15:43de se concentrer sur ce qu'on fait déjà, ce qu'on sait faire
15:46et pour avoir une constellation européenne dans le futur.
15:50Mais est-ce que ce n'est pas la souveraineté et le contexte géopolitique
15:52qui va peut-être vous donner des aides, malheureusement ?
15:55Heureusement.
15:56Je dirais malheureusement dans le contexte mondial.
16:00Mais c'est vrai que pour vous, ça peut être aussi…
16:01Les événements des derniers jours ne font qu'amplifier ce phénomène-là.
16:05Bien sûr.
16:05Et nous donner finalement plus de vent dans nos voiles.
16:09Passionnant tout ça ?
16:10Absolument passionnant.
16:11Alors, vous êtes ici pour essayer de trouver de nouveaux clients ?
16:15Alors, ici, on a beaucoup de partenaires.
16:19Parce que, comme je le disais tout à l'heure, on a deux types de partenaires.
16:22On a des partenaires spécialisés qui nous aident à vendre nos services
16:26dans des domaines particuliers, comme le maritime.
16:28On va avoir des sociétés comme Marling, Speedcast,
16:30on en sautait quelques-unes,
16:31qui sont des spécialistes d'installation de systèmes sur les bateaux.
16:35On a des partenaires spécialisés pour les compagnies aériennes
16:38qui vont nous aider à installer des antennes.
16:39Et puis, on a des partenaires plus généralistes.
16:42Les grands opérateurs sont des partenaires.
16:44Orange en est un.
16:45Telstra, par exemple, avec qui j'étais ce matin en Australie, en est un.
16:48Alors, ils se servent de vous comment ?
16:50C'est-à-dire que, par exemple, ils ont un endroit où ils n'ont pas de fibre,
16:52ils n'ont pas de 5G, etc.
16:54Ils se connectent à votre satellite pour proposer une couverture 4G, 5G, c'est ça ?
16:58Alors, ces partenaires, déjà, il faut bien comprendre qu'on a un backbone mondial fibre,
17:03parce que nos satellites, les antennes dont on parlait tout à l'heure, clients,
17:07il faut que le satellite soit raccordé au réseau mondial télécom.
17:10Bien sûr, au meilleur réseau possible.
17:11Donc, on a 41 champs d'antennes sur la planète.
17:13C'est des champs de 8 à 12 antennes qui permettent d'avoir ces satellites qui parlent avec notre backbone
17:19mondial.
17:19Ces opérateurs-là, ces partenaires, sont interconnectés avec des équipements télécoms chez nous.
17:25Et eux, ils peuvent rendre des services de VPN.
17:27Alors, les clients finaux, c'est des grandes entreprises.
17:30C'est beaucoup de gens qui cherchent du backup, par exemple, eux-mêmes pour leur station mobile.
17:37Tel sera, par exemple, en Australie.
17:38Vous avez beaucoup d'endroits où il n'y a pas de télécoms et qu'ils utilisent nos antennes pour
17:42connecter les BTS mobiles, par exemple.
17:44Mais aussi pour les clients B2B, pour les gouvernements.
17:48Beaucoup, beaucoup d'appétit aussi des armées actuellement.
17:52Bien sûr.
17:52Vous avez vu qu'on a signé un contrat très important avec le ministère de la Défense ou pas d
17:56'un milliard d'euros sur dix ans.
17:57Parce que, et ça c'est terrible, mais le conflit ukrainien montre qu'en fait, l'usage par les militaires
18:03d'outils civils est réel.
18:07Et donc, il y a aussi un changement de, entre guillemets, de doctrine d'un certain nombre de ministères de
18:11la Défense
18:11qui regardent de très près des outils commerciaux pour des usages militaires.
18:16parce que, en fait, c'est moins cher.
18:18Et ça donne des services, ça rend des services.
18:21Et vous savez que les communications sur le champ de bataille, c'est absolument critique.
18:25Évidemment.
18:25Donc, voilà, beaucoup, beaucoup d'appétit.
18:27Et on passe aussi par ces opérateurs-là pour revendre nos services.
18:31Merci beaucoup, Jean-François Fallachère.
18:32Merci beaucoup.
18:33Voilà, maintenant, on est vraiment up to date concernant Hôtelsat grâce à vous.
18:37Bon vent chez Hôtelsat.
18:39Merci beaucoup.
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