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  • il y a 4 mois
Pfas : derrière l'acronyme, se cachent plus de 10 000 molécules chimiques utilisées dans les objets de notre quotidien, des poêles antiadhésives aux vêtements imperméables ou aux cosmétiques. Aujourd'hui, on sait que nombre de ces molécules sont dangereuses pour notre santé.
Depuis janvier, une loi française est censée nous protéger, mais est-elle à la hauteur ? Qui va payer les coûts de dépollution des communes dont l'eau et la terre sont contaminées ? Sommes-nous face à un nouveau scandale sanitaire ? Comment se prémunir des pfas dans notre quotidien ?

Pour répondre à ces questions , Elsa Mondin-Gava reçoit
-Nicolas Thierry, député Ecologiste et social de Gironde, auteur de la loi "PFAS"
-Nicolas Cossic, journaliste pour le média "Disclose"
-Olivier Andrault, chargé de mission alimentation chez "UFC - Que Choisir".


Pour répondre à ces questions , Elsa Mondin-Gava reçoit
-Nicolas Thierry, député Ecologiste et social de Gironde, auteur de la loi "PFAS"
-Nicolas Cossic, journaliste pour le média "Disclose"
-Olivier Andrault, chargé de mission alimentation chez "UFC - Que Choisir".

Invités en plateaux :
- Nicolas Thierry, député Ecologiste et Social de Gironde
- Nicolas Cossic, journaliste indépendant pour le média Disclose
- Olivier Andrault, chargé de mission alimentation chez UFC-Que-Choisir

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News
Transcription
00:07Générique
00:07...
00:15Bienvenue dans En Immersion, votre rendez-vous magazine sur LCP,
00:20au plus près des préoccupations des Français.
00:22Un reportage suivi d'un débat en plateau avec nos invités.
00:26Dans ce numéro, direction les Ardennes, où une dizaine de communes
00:31vivent depuis plusieurs mois des restrictions d'eau.
00:34En cause, une contamination au Pifas, ces polluants éternels.
00:39Entre inquiétudes et colère, les habitants et les élus se sentent parfois bien seuls.
00:45Pifas, un poison dans l'eau, c'est un reportage de Céline Crespi, Marion Devauchelle et Vabillon.
00:51Montage, Bertrand Martineau.
00:54...
01:14Depuis l'été dernier, Aurore Thiebaud, comme tous les habitants de Malandrie,
01:19ne peut plus consommer l'eau du robinet.
01:21Les services de l'État ont été clairs.
01:25Les recommandations de l'ARS, c'est juste qu'on n'a plus le droit de la boire.
01:28On peut quand même, normalement, l'utiliser pour faire le café et tout le bazar,
01:33mais nous, on ne préfère pas.
01:35Des Pifas, ces polluants éternels, ont été retrouvés à haute dose
01:40dans les sources de la commune.
01:42Ces molécules, utilisées depuis les années 60 dans beaucoup d'objets de notre quotidien,
01:47sont cancérigènes.
01:51Alors, toute la famille est inquiète.
01:56Nous, ça fait 17 ans qu'on habite ici, donc ça fait 17 ans qu'on boit de l'eau
01:59du robinet,
02:00mais ça fait combien d'années que l'eau est polluée ?
02:01On ne sait pas, donc...
02:05On verra bien.
02:07On ne sait pas à quoi nous attendre plus tard,
02:09parce qu'on pourrait avoir des maladies ou, je ne sais pas, peut-être avec l'eau.
02:15Pour Aurore, l'eau est devenue une obsession.
02:18Tu les rinceras, j'adore.
02:21Une véritable source d'angoisse.
02:29Dans 13 villages ruraux, loin des sites industriels,
02:33c'est l'histoire de 3000 habitants des Ardennes
02:36qui découvrent en juillet dernier
02:38que l'eau du robinet est infestée aux Pifas.
02:42L'eau, c'est la vie.
02:43On l'a polluée pour des centaines d'années.
02:46Et ça, c'est quelque chose qui est inadmissible.
02:49C'est l'histoire de journalistes d'investigation
02:52qui vont faire de nouvelles révélations
02:55encore plus alarmantes.
02:57Normalement, à ce stade de la soirée,
02:59vous vous posez une question
03:00et c'est qui est responsable de cette pollution ?
03:04C'est l'histoire d'un État démuni
03:06face à ce qui pourrait être un nouveau scandale sanitaire.
03:10Il est probable qu'on soit au début de certaines découvertes sur les Pifas.
03:14Vous diriez que c'est un dossier compliqué, en fait ?
03:17Non, sans blague.
03:19C'est surtout l'histoire d'un duo de chocs,
03:22deux petits élus révoltés et eux-mêmes contaminés.
03:27Annick Dufis a dans le sang
03:29plus de six fois les doses de Pifas considérées comme dangereuses.
03:34Étienne Malcuit est lui aussi bien au-dessus des limites acceptables.
03:41Voyage dans les Ardennes, où l'eau est malade.
03:45En immersion auprès d'élus qui se battent,
03:49pour eux et pour leur village,
03:51victimes de polluants éternels.
04:04Dans les Ardennes, tout près de la frontière belge,
04:08les cicatrices de deux guerres mondiales sont encore présentes.
04:13Ici, les gens ont souffert et mené des combats.
04:18Le nouveau champ de bataille,
04:20d'Annick et Étienne, est en pleine nature,
04:24au milieu de 300 hectares de bois.
04:26Il y a pourtant des gens qui vont au beau champ au début.
04:30Voici le captage de sources d'eau
04:32qui ont été déclarées polluées.
04:39C'est une galerie drainante de 21 mètres de long.
04:43Il y a sept sources qui arrivent perpendiculièrement à la galerie
04:46pour alimenter la commune de Malandry
04:50et les communes de Blany et Linné,
04:52à qui on vend de l'eau.
04:56Cette pollution-là vient du plateau d'Olizy.
05:00C'est comme ça qu'on a fait le rapprochement
05:02avec les pifaces qu'on avait dans l'eau.
05:06Le plus vieux dit, c'est les sept fontaines.
05:08Les sept fontaines.
05:09Où on a eu des épandages de boue.
05:12Ce sont donc des épandages de boue
05:15qui sont responsables de la pollution.
05:18Des boues pleines de pifaces
05:20produites à 20 km de là.
05:24Dans cette papeterie,
05:26à l'arrêt depuis 2 ans.
05:29Cette usine a utilisé durant des dizaines d'années
05:33des pifaces
05:34pour rendre les papiers imperméables.
05:41Aujourd'hui,
05:43Annick et Étienne jouent les enquêteurs
05:45et nous emmènent sur le plateau d'Olizy.
05:4960 hectares de culture,
05:51mais pas seulement.
05:55C'est l'eau, là,
05:56c'est la source qui alimente
05:57le captage de vie
05:59que tu vois passer, là.
06:03Donc, à un moment,
06:04elle est superficielle
06:04puis après, elle rentre dans la terre
06:06avant d'être captée.
06:10Donc, on est bien au milieu des cultures.
06:12Et dans ces champs,
06:14des sortes de roches.
06:18Regarde, regarde le gros bout, là.
06:20Tous ces petits points blancs, là.
06:21Ah, là, regarde.
06:23Ah, je suis sidérée.
06:25Et voilà, ça, c'est des bouts de papettes.
06:26Regarde.
06:28Étienne parle de papettes
06:30pour nommer la papeterie.
06:31Mais c'est pas des cailloux, Étienne.
06:32Ça, c'est un caillou,
06:33ça, c'est de la bouts de papettes.
06:35D'accord.
06:36Étienne.
06:37À l'origine,
06:38c'était pas semi-liquide,
06:41mais ça faisait 30-35%
06:42de matière sèche.
06:43Mais avec le temps,
06:45ça se déshydrate.
06:46Oui, et ça se bloque le mer,
06:47et ça devient dur.
06:48Ça devient dur comme ça, quoi.
06:51Et pour cause,
06:52au milieu des années 90,
06:54les bouts de la papeterie
06:55ont commencé à être épandus
06:57tout à fait librement.
06:59Ce n'est qu'après 2016
07:01que l'État décide
07:02de réglementer
07:03ces rejets dans la nature.
07:05Étienne,
07:05l'agriculteur,
07:06s'en souvient bien.
07:09Au fin des années 18-19,
07:11il a commencé
07:11à avoir des plans d'épandage.
07:13Alors, il fallait avoir
07:14de la superficie,
07:15et puis il fallait...
07:17Il s'était réglementé
07:19à 30 tonnes hectares
07:20tous les 3 ans.
07:21La chambre d'agriculture
07:23était, elle, chargée
07:25d'organiser les épandages.
07:27On ne connaissait pas
07:28dans ces années-là
07:29la toxicité des bouts.
07:31Alors, les agriculteurs,
07:32ils pensaient mettre de l'engrais
07:33pour fertiliser leur champ.
07:34Le monde agricole
07:35à cette époque-là
07:36servait de dépotoir.
07:38Oui, à la papeterie.
07:39De la papeterie
07:40sur les terres agricoles.
07:43Annick et Étienne
07:44sont scandalisés.
07:46Car ils ont appris
07:47que dès 2011,
07:49avant l'organisation
07:50des plans d'épandage
07:51par l'État,
07:52un rapport de l'Agence nationale
07:55de sécurité sanitaire,
07:56l'ANSES,
07:57soulignait déjà...
07:59Les déchets solides
08:01produits par les industries
08:02synthétisant
08:03ou utilisant des pifaces
08:05constituent une source
08:06de contamination
08:07potentiellement importante.
08:13Alors, pourquoi a-t-on
08:15continué à épandre des bouts ?
08:17Qu'en dit l'État
08:19aujourd'hui ?
08:21Son représentant,
08:23le préfet Christian Chassin,
08:26a été nommé
08:27au début de la crise de l'eau
08:28dans les Ardennes,
08:29à l'été 2025.
08:33Il a beaucoup hésité
08:34avant de nous recevoir.
08:37Car dans ce dossier,
08:39il se sent un peu démuni.
08:44Est-ce que vous pensez
08:46que l'État, à un moment,
08:47n'a pas pris en compte
08:48ce problème des pifaces ?
08:51En organisant les plans
08:52des mandats ?
08:53Oui.
08:54En le mécanisme ?
08:57Franchement,
08:58je n'en sais rien.
08:59Ce sujet-là,
09:00je n'avais jamais entendu
09:01parler de pifaces
09:02avant le mois de juillet 2025,
09:03comme la plupart des gens.
09:05Oui, l'ANSES a fait
09:06ces études-là.
09:07Vous savez,
09:08les épandages de boue
09:09industriel de la papeterie,
09:10ils ont commencé
09:11bien avant 2011.
09:12Moi, j'ai pris d'ailleurs
09:14en septembre dernier
09:15un arrêté
09:16interdisant
09:17l'épandage de boue
09:18dans les aires
09:19d'alimentation de captage.
09:22Boue industrielle,
09:23boue sortant de méthaniseurs,
09:25s'agissant des boues
09:26des sols
09:26qui sont déjà contaminés.
09:31Ma foi,
09:32je ne sais pas.
09:36Cette crise de l'eau
09:37est révélatrice
09:38des frictions
09:39entre l'État
09:40et les communes rurales.
09:44Amal Andrie,
09:48Annick Dufis
09:50est aux manettes.
09:54Je crois que j'ai entendu
09:56un bruit.
09:57On va vous faire ici ?
09:59Oui.
09:59Il faut être polyvalente.
10:02Polyvalente,
10:02elle l'est.
10:04C'est elle en tant que maire
10:05qui gère l'eau de la commune.
10:07Alors,
10:08quand la pollution
10:08a été découverte,
10:11Annick a reçu
10:11un courrier
10:12de la préfecture
10:14aux injonctions
10:15contradictoires
10:16et elle n'a pas su
10:17comment réagir.
10:19Donc,
10:19au-dessus,
10:20on nous dit
10:20considérant
10:21qu'il n'y a pas de solution
10:22et en dessous,
10:23on nous dit
10:23vous devez
10:24dans les plus brefs délais
10:26fournir un plan technique
10:27pour remettre l'eau
10:28en conformité.
10:30C'est l'arrêté
10:31du 10 juillet 2025.
10:32C'est celui
10:33qu'on a reçu
10:34tout au début,
10:36il y a 8 mois
10:37pratiquement,
10:38maintenant,
10:38c'est celui-là
10:40qui nous a laissé
10:41vraiment sidérer
10:42quand on l'a reçu
10:43et on l'a reçu
10:45tous les collègues
10:46impactés
10:46à peu près
10:46en même temps.
10:47Au départ,
10:48c'est de la sidération.
10:49La colère,
10:50elle est venue après.
10:52Le bureau d'Annick
10:53est devenu
10:54une sorte de QG
10:55de la révolte.
10:57Les élus
10:57trouvent tout aberrant.
10:59Exemple,
11:00quand Annick a demandé
11:02une analyse
11:02à l'Agence régionale
11:04de santé.
11:05On a demandé
11:05à l'ARS.
11:06Il a fallu faire intervenir
11:07la sénatrice,
11:08le député.
11:09Ils ne voulaient pas
11:09se déplacer.
11:10Ils ne voulaient pas
11:10analyser les sources.
11:12Non,
11:13ce n'est pas dans le protocole.
11:15Ce n'est que des conneries.
11:16Et finalement,
11:16qu'est-ce qui a été analysé ?
11:18Il y en a 5
11:19qui ont été analysés.
11:20Les 5 sont polluées.
11:22Donc,
11:22comme elles sont analysées
11:24séparément,
11:24en plus,
11:25on nous compte
11:255 analyses.
11:28Et à chaque fois,
11:28c'est au frais
11:29de la commune ?
11:30De devancer les problèmes,
11:32on essaie de les ignorer.
11:34Maintenant,
11:34à nous d'être intelligents
11:35et de savoir avancer.
11:38D'autres villages
11:39espèrent que
11:40des solutions techniques
11:42vont régler le problème.
11:45À recours,
11:46le maire,
11:47Frédéric Latour,
11:48a fait intervenir
11:50Veolia.
11:51Et ce jour-là,
11:52il se rend sur le chantier
11:54auprès de son employé communal.
11:57Est-ce que tu sais
11:58quand est-ce qu'ils sont venus
11:59les derniers ?
12:00Le truc de forage.
12:03Parce que la dernière fois
12:03qu'ils sont venus,
12:04c'était mardi.
12:04La dernière fois qu'ils sont venus,
12:06c'était mardi.
12:07Veolia lui propose
12:09d'installer
12:09une station
12:10avec des filtres
12:11à charbon actifs.
12:13Une cuve
12:13à plus de 350 000 euros
12:16hors taxes.
12:18Mais le maire
12:18n'est pas content.
12:20Déjà là,
12:21ça va prendre
12:215 à 7 semaines de plus
12:23et ça va me coûter
12:25du pognon
12:25s'il faut mettre
12:26des pieux.
12:27Je ne sais pas quoi.
12:27Oui, c'est des pieux.
12:30Car pour la commune,
12:31le temps,
12:32c'est de l'argent.
12:33Plus le temps passe,
12:36plus ça nous coûte cher.
12:37Puisqu'on doit fournir
12:39aux habitants
12:40de l'eau potable
12:40encore.
12:41Tant qu'on n'est pas
12:42relié à cette station,
12:43on doit fournir
12:44de l'eau potable
12:45aux habitants
12:45et ça nous coûte
12:465 000 euros par mois.
12:48La station
12:49est certes subventionnée
12:50par l'État,
12:51mais le coût
12:52des études du sol
12:53est à la charge
12:54du village
12:55et ça,
12:57Frédéric l'a bien compris.
12:58Donc ça nous coûte
12:596 000 euros en gros
13:00pour l'instant en plus.
13:01Ils ne sont pas
13:01du tout subventionnés.
13:02Donc il va falloir
13:03déjà sortir cet argent-là.
13:05Donc c'est ça,
13:06plus ça, plus ça, plus ça.
13:07Comme d'habitude,
13:07on fait n'importe quoi
13:08et après il faut payer
13:09les pots cassés.
13:10Et ceux qui payent
13:10les pots cassés,
13:11bien souvent,
13:11c'est la base.
13:12C'est nous.
13:13Parce que c'est subventionné,
13:14mais les subventions,
13:15c'est nos impôts.
13:16C'est une directive européenne
13:18qui nous dit que
13:19depuis le 12 janvier,
13:20on doit prélever
13:21sur l'eau potable
13:24des analyses,
13:25mais ça fait très longtemps
13:27qu'aux Etats-Unis c'est fait,
13:28ça fait très longtemps
13:29qu'au Canada c'est fait,
13:30ça fait très longtemps
13:31qu'en Allemagne c'est fait,
13:32en Wallonie, en Belgique
13:33et à la frontière c'est fait
13:34et nous, on découvre.
13:41D'autant
13:42que les mauvaises nouvelles
13:44vont s'enchaîner.
13:45Ce jour-là,
13:47à la Ferté-sur-Chierre,
13:48de nouvelles révélations
13:49vont aggraver
13:50l'inquiétude des habitants.
13:52Cette fois,
13:53il n'est pas question
13:54seulement de pollution
13:55de l'eau,
13:56mais aussi de pollution
13:57de la terre.
13:58Étienne et Annick
13:59ont organisé
14:01une réunion publique
14:02sur l'épiface
14:03avec un invité de taille,
14:05le professeur
14:06Sébastien Sauvé,
14:07l'un des éminents
14:08spécialistes mondiaux
14:10de ces polluants.
14:11Tout droit,
14:12arrivés du Canada.
14:15Pour l'avoir vu ailleurs,
14:17souvent,
14:19les municipalités,
14:21les maires,
14:22ils ont de la difficulté
14:22à faire valoir
14:23leur point de vue.
14:24Les citoyens
14:25servent de se faire entendre,
14:26puis les autorités publiques,
14:28la santé publique,
14:29ont presque toujours
14:30le même réflexe
14:31de minimiser l'enjeu,
14:33de dire que ce n'est pas
14:33trop grave,
14:34et donc,
14:35ils ont besoin d'aide.
14:36Et donc,
14:36j'apporte plus d'informations,
14:38plus de données
14:39pour essayer d'aider.
14:41Oui.
14:43C'est ça,
14:44on vous en remercie
14:45beaucoup, professeur.
14:46On vous attendait.
14:48Ce scientifique
14:49a analysé
14:50des prélèvements
14:51de la terre
14:52des communes
14:52alentours.
14:53Pas par hasard,
14:54à la demande
14:56de ces deux journalistes
14:57d'investigation,
14:58membres de
14:59Disclose
15:00et France 3.
15:01Nicolas Cossic
15:02et Émilie Rousseau
15:03enquêtent sur les Ardennes
15:05et la région lyonnaise
15:05depuis un an.
15:11En fait,
15:11ce qu'on voulait
15:12quand même,
15:13c'est qu'avant
15:13la réunion,
15:16Annick et Étienne
15:17ne découvrent pas
15:18les résultats
15:20au tableau.
15:21Sur en tout cas
15:22les parcelles
15:23où on sait
15:24qu'il y a eu
15:24des épandages
15:24qui ont été prélevés,
15:26on a des taux
15:27dans les sols
15:29qui sont,
15:29je vous laisse
15:30les qualifier,
15:32les taux dans les sols
15:33dans les terres agricoles
15:34qui ont reçu
15:35des épandages.
15:35Les seuls endroits
15:36où j'avais vu
15:37des niveaux aussi élevés,
15:38c'est sur des sites
15:39d'incendies industrielles,
15:42des aéroports
15:43avec des exercices
15:44de pompiers
15:45et des bases militaires.
15:47On est dans les niveaux
15:48de contamination industrielle.
15:50C'est-à-dire qu'on est,
15:51pour que vous ayez une idée,
15:53on est au-dessus même
15:55de ce qu'on a pu prélever
15:57à côté de l'usine Arkema
15:58près de Lyon
15:59où il y a un producteur
16:01d'épifas.
16:03Les élus
16:04n'en croient pas
16:05leurs oreilles.
16:06Et ce n'est pas tout.
16:07Ils vont réaliser
16:09que dans tous
16:10ces pifas,
16:10certains sont plus inquiétants
16:12que d'autres,
16:13les pifos notamment.
16:17L'autre information
16:18un peu inquiétante
16:19qu'on a sur les sols,
16:21c'est que la molécule majoritaire,
16:23c'est aussi le pifos,
16:25qui est donc une molécule
16:27extrêmement persistante
16:28et cancérogène probable.
16:31Et donc celle-là,
16:31qu'on retrouve dans les poux anciennes,
16:33on la retrouve massivement
16:34dans les sols.
16:36Pour vous citer
16:37une autre chercheuse
16:39qu'on a eue au téléphone,
16:41Aurélia Michaud,
16:41elle nous disait
16:42que ces concentrations
16:43dans les sols
16:45sont entre 20 et 200 fois
16:46supérieures
16:46à ce qu'on peut voir
16:48ailleurs dans les sols
16:48agricoles.
16:49En France ?
16:50En France.
16:51Ok.
16:53C'est énorme.
16:54Moi je tombe de haut déjà.
16:55Je me doutais bien
16:56qu'il y avait de la pollution
16:57dans les sols,
16:58mais pas à un niveau
16:59comme ça.
16:59Moi je pense,
17:00j'essaye de réfléchir
17:00dans ma petite tête
17:01les conséquences,
17:01les conséquences demain.
17:03Et donc ?
17:07Etienne,
17:08le paysan s'inquiète
17:09pour la santé des siens,
17:11pour le monde agricole aussi.
17:15Il s'agit désormais
17:16d'annoncer
17:17la réalité des faits
17:18aux habitants
17:19qui se massent
17:20dans la salle communale.
17:22On se sert,
17:24car ici tout le monde
17:25est inquiet.
17:28Il y a beaucoup de PFAS,
17:30beaucoup plus
17:31que ce qu'on voudrait voir.
17:33Dans des sols agricoles,
17:35je n'ai pas vu
17:35des concentrations comme ça.
17:38Ensuite vient
17:39une ingénieure chimiste
17:40et pharmacienne
17:41qui va répondre
17:42à la question essentielle.
17:47Donc sur la partie
17:48impact sur la santé,
17:50on a des impacts
17:51sur la thyroïde,
17:52on a des impacts
17:52sur le foie,
17:53des impacts aussi
17:54sur le niveau
17:55de cholestérol.
17:57Le PFOA et le PFOS
17:59sont reconnus
17:59cancérogènes,
18:00notamment sur le rein
18:01et le testicule.
18:02Et il y a également
18:04des impacts
18:05sur l'enfant à naître
18:06avec un plus petit
18:07poids de naissance,
18:08un impact sur le système
18:09immunitaire aussi des enfants
18:10qui vont moins réagir
18:11au vaccin.
18:13Dans la salle,
18:14les questions fusent.
18:16Je voulais vous demander,
18:17vous avez dit
18:18que par semaine,
18:19on pouvait absorber
18:21une certaine quantité
18:22de PFAS.
18:24Quelle quantité
18:24l'organisme arrive
18:25à évacuer ?
18:26Selon le type
18:27de PFAS,
18:28ça prend entre,
18:30mettons,
18:31un an
18:32et sept ans
18:33pour éliminer
18:33la moitié.
18:35Notre sous-préfète
18:36à la dernière réunion
18:37qui s'est passée
18:38à Chereaucourt
18:38nous a affirmé
18:39que c'était
18:40le principe de précaution
18:41était bien appliqué
18:43en interdisant
18:44la consommation
18:45de l'eau
18:46en boisson.
18:47Mais le reste,
18:47c'est possible.
18:49Alors les habitants,
18:49ils voudraient savoir
18:50effectivement si on peut
18:51se laver les dents,
18:52s'il y a des risques
18:53pour les bébés.
18:53Tout ce qu'on cuisine
18:55qui va intégrer l'eau,
18:56donc si on fait
18:56de la soupe,
18:57si on fait du riz,
18:58si on fait des pâtes,
18:59il faut l'éviter.
19:01Mais le message,
19:02pour faire la vaisselle,
19:03pour prendre la douche,
19:05là, je ne suis vraiment
19:05pas inquiet,
19:06je n'ai pas d'inquiétude.
19:08Dans le public,
19:09Anne Abraham
19:10est particulièrement
19:11attentive.
19:13Avec son mari,
19:14il se sent en première ligne
19:16parmi les victimes
19:17de cette pollution.
19:20C'est nos pauvres petits élus
19:21sur les petites communes
19:22qui essayent de se démener,
19:23mais plus haut,
19:24il n'y a rien qui se fait.
19:27Après, oui,
19:28voir l'ampleur des dégâts.
19:32Nous les retrouvons
19:34chez eux le lendemain.
19:36Belges,
19:37Anne et Sébastien Abraham
19:39ont changé de vie
19:40il y a trois ans
19:41en achetant cette ferme
19:42dans les Ardennes.
19:43Leur projet,
19:44vivre dans la nature
19:45et cultiver des produits sains.
19:48Sans pesticides.
19:50Ici,
19:50c'est toutes les parties
19:51qu'on a cultivées
19:52depuis trois ans,
19:53depuis qu'on est arrivés
19:54sur l'exploitation.
19:56Mais aujourd'hui,
19:57tout est à l'arrêt.
20:01C'est de la désolation
20:04quand on voit
20:05qu'il y avait encore
20:05des poivrons sur les pieds
20:06qu'on n'a pas récoltés,
20:08des aubergines.
20:11Il y a quelques mois,
20:13à la demande de l'Etat,
20:14des prélèvements
20:15ont été réalisés
20:16sur leurs légumes.
20:17Et quand les résultats
20:19sont tombés...
20:22C'est nos fameuses blettes,
20:24oui,
20:25qui dépassent le taux
20:27de limites européennes
20:28et pour lesquelles
20:29on a une interdiction
20:30de commercialisation
20:32parce que potentiellement
20:33dangereuses pour la santé.
20:38Carottes, navets, choux,
20:40la moitié de leur production
20:42s'avèrent finalement contaminées.
20:45Les betteraves affichent même
20:47un taux de PFOA,
20:49le plus cancérigène des pifaces,
20:52240 fois au-dessus
20:53du seuil d'alerte.
21:00C'était un choc.
21:01Là, on a fermé définitivement
21:04notre entreprise.
21:07On est arrivés ici en 2023
21:09et que les épandages,
21:11ce n'est pas nous
21:12qui avons décidé
21:12de les pratiquer.
21:13Ça a été fait
21:14par l'ancien propriétaire.
21:16Donc nous,
21:17ici, on est vraiment
21:19victimes
21:19de ce qui s'est passé avant.
21:21C'est pas la chambre
21:22d'agriculture
21:23qui a autorisé,
21:24c'est la préfecture.
21:26Et donc,
21:28c'est pas les agriculteurs
21:29qui sont responsables.
21:30Si on ne les prévient pas
21:32que c'est des produits
21:33potentiellement pollués,
21:34ils ne l'auraient pas fait.
21:35Je pense pas,
21:37je ne souhaite pas
21:38qu'il y ait quelqu'un
21:39qui l'aurait fait consciemment.
21:42Tout le monde ici
21:43connaît l'histoire
21:44du couple Abraham.
21:47Et redoute
21:48que ce soit pareil,
21:50ailleurs,
21:51et si toutes les cultures
21:52étaient contaminées.
21:55Dans une zone rurale
21:56comme les Ardennes,
21:58le dixième département
21:59le plus pauvre de France,
22:02ce serait une catastrophe
22:03économique.
22:05La chambre d'agriculture
22:06n'a pas trouvé
22:07le temps de nous recevoir.
22:10Et même le préfet
22:11mesure ce que pourrait être
22:13pour le département
22:15l'ampleur des dégâts.
22:17J'imagine que le monde agricole
22:19doit être un peu
22:19crispé.
22:22Oui,
22:23c'est des discussions
22:25qui ont lieu
22:25en ce moment
22:26pour faire
22:28un état
22:28des lieux précis
22:29de la contamination
22:32des sols
22:33et voir
22:34quels impacts
22:35cela peut avoir
22:35sur les productions
22:36agricoles,
22:38quelle que soit
22:38leur nature,
22:39maraîchère,
22:40grande culture,
22:41élevage,
22:42le lait,
22:43pour que l'on voit
22:44quel est
22:44l'impact réel.
22:48sachant que les analyses
22:48que nous avons faites
22:49jusqu'à présent
22:51ne nous montrent pas
22:52que tous ces produits-là
22:53sont contaminés.
22:54Donc, pour l'instant,
22:55c'est encore à l'étude.
23:01à force de remuer
23:03ciel et terre,
23:05Annick et Étienne
23:05ont obtenu
23:06une petite victoire.
23:08Ils sont reçus
23:09avec d'autres élus
23:10de la région lyonnaise
23:12concernés par
23:13l'épifas
23:13au ministère
23:15de l'écologie.
23:15Et Annick
23:16n'a pas perdu
23:18son franc-parler.
23:20Ça fait huit mois
23:21que je suis remontée.
23:23Huit mois
23:23que je suis en colère.
23:25Huit mois
23:26qu'on nous fait endosser
23:27une responsabilité
23:28qui n'est pas la nôtre.
23:29Et puis,
23:30huit mois
23:31que le principe
23:32pollueur-payeur
23:33n'est pas respecté.
23:34C'est pollué-payeur.
23:35Donc, la colère,
23:36elle est là.
23:37Il y a un scandale
23:38sanitaire,
23:39il y a un scandale
23:40environnemental
23:40et on ne nous écoute pas.
23:44La chef de cabinet
23:45de la ministre
23:46va les écouter
23:47durant plus d'une heure.
23:49Refaire le énième état
23:51des lieux
23:51de la situation,
23:53aucune solution concrète
23:55ne l'aurait apportée.
23:57Alors,
23:57à la sortie,
23:58comme les autres élus,
24:00Annick est déçue.
24:04Dans nos communes,
24:05on a des gens malades,
24:06on a des jeunes
24:06qui ont des cancers.
24:07Il faut quand même
24:08qu'il y ait des solutions.
24:09On ne peut plus dire
24:10« Ah ben ça va,
24:11vous aurez des réponses
24:12dans six mois,
24:13on est en train
24:14de travailler dessus,
24:14on va vous fournir
24:15des documents
24:16pour que la population
24:17sache ce qu'elle peut faire,
24:18ce qu'elle ne peut pas faire.
24:19Ça, ce n'est plus possible. »
24:24Amal-Andry,
24:26Aurore,
24:27la mère de famille,
24:28« Donc là,
24:29c'est notre page Facebook, là. »
24:32est à la tête
24:33d'un collectif d'habitants
24:35qui proteste
24:36et veut demander réparation.
24:38« Donc là,
24:39une réunion courant du jeu. »
24:42« Après,
24:45engager une plainte
24:47pour empoisonnement,
24:48mise en danger
24:49de la vie d'autrui,
24:51pas se laisser faire, quoi.
24:53Puis il n'y a pas
24:54que les mères
24:56de concernés, quoi.
24:56Les habitants
24:57sont là aussi
24:58derrière leur mère
24:59et puis
25:00tout le monde
25:01au combat, quoi. »
25:03Un engagement
25:04qui n'est pas
25:05le fruit du hasard.
25:06Son mari souffre
25:07d'une maladie
25:08touchant le pancréas
25:09et le rein.
25:10Et Jade,
25:11sa petite dernière
25:12de 14 ans,
25:13a dû être opérée
25:14il y a un mois et demi.
25:16Pour elle aussi,
25:17une affection au rein.
25:20« Le rein est toujours dilaté. »
25:22« Oui. »
25:23« Ils ne savent pas
25:23si le rein
25:25deviendra un jour ou pas
25:26à sa taille normale
25:27ou s'il va rester comme ça. »
25:29« Et ça va, là ?
25:30Tu le dis normalement ? »
25:31« Oui. »
25:32« De temps en temps,
25:33encore, j'ai un peu mal,
25:34mais c'est normal,
25:35c'est récent. »
25:37« Quand je suis allée
25:38voir un spécialiste
25:39sur Reims,
25:41je lui ai dit
25:41« Ça ne serait pas
25:42dû au PFAS. »
25:43« Et le spécialiste
25:43m'a dit
25:44« C'est quoi,
25:44les PFAS ? »
25:46« S'il nous arrive
25:47quelque chose
25:47plus tard
25:48pour nos enfants,
25:48qui va payer ? »
25:50« Si rien n'est pris
25:50en charge,
25:51ce ne sera pas
25:52le pollueur non plus.
25:53Ça sera nous,
25:54donc,
25:55oui, en colère.
25:56En colère. »
26:00Partout en France,
26:01depuis janvier dernier,
26:03l'eau est censée
26:04être testée au PFAS
26:05pour appliquer
26:06la réglementation européenne.
26:08La pollution
26:09des 13 villages
26:11des Ardennes
26:11n'est peut-être
26:12que le début
26:13d'une longue série.
26:23PFAS,
26:24un poison dans l'eau.
26:25Le reportage est donc
26:26signé.
26:27Céline Crespi,
26:28Marion Devauchel,
26:29Eva Billon
26:29et Bertrand Martineau.
26:30Nous sommes de retour
26:32sur ce plateau
26:33pour poursuivre le débat
26:34avec nos invités.
26:35Nicolas Thierry,
26:36bienvenue.
26:37Vous êtes député
26:37écologiste et social
26:38de Gironde.
26:39Vous avez fait adopter
26:40un texte de loi
26:41contre les PFAS
26:42à l'Assemblée nationale.
26:43Nicolas Cossic,
26:44vous êtes journaliste
26:45indépendant pour
26:46le Média Disclose,
26:47notamment,
26:48et on vous voit
26:48dans le reportage,
26:49vous avez mené l'enquête
26:50sur cette question.
26:51Enfin, Olivier Andrault,
26:53vous êtes chargé
26:53de mission pour l'UFC
26:54Que Choisir ?
26:55Bienvenue à tous les trois.
26:57Alors,
26:58on va commencer
26:59par ce reportage
27:00depuis Nicolas Cossic.
27:01Il y a eu
27:02quelques avancées.
27:03Les communes
27:04sont passées
27:05à l'étape supérieure.
27:05Elles ont porté plainte.
27:07Pourquoi ?
27:07Contre qui ?
27:08Alors,
27:08la première raison
27:09de cette plainte,
27:10c'est déjà
27:10de se faire entendre
27:11parce qu'il y a
27:12un sentiment de silence
27:14ou en tout cas
27:14de déni
27:15chez certains maires
27:16du territoire
27:17qui se sentent démunis
27:18et pas aidés
27:19dans cette pollution
27:20qui leur tombe dessus.
27:21Ce sont des petites communes
27:22avec de petits moyens,
27:23malandrisses
27:24et 80 habitants,
27:25quelque chose comme ça.
27:26Donc voilà,
27:26il y a cette dimension
27:27de se faire écouter
27:28et puis essayer
27:29d'obtenir réparation aussi
27:30parce qu'aujourd'hui,
27:31ils estiment
27:32qu'une plainte,
27:33donc il y a six communes
27:34qui ont déposé plainte
27:35associées avec
27:35la communauté de communes
27:37qui couvre le territoire,
27:38ils estiment
27:39que cette plainte
27:39est le seul moyen
27:40d'obtenir une enquête
27:42sérieuse, rigoureuse,
27:43indépendante
27:44qui pourra,
27:45il l'espère,
27:46faire la lumière
27:47sur cette affaire,
27:48trouver les responsables
27:49et obtenir réparation.
27:50Nicolas Thierry,
27:51je le disais,
27:52vous avez porté
27:52un texte de loi
27:53ici à l'Assemblée nationale.
27:54On voit des habitants
27:56qui se débrouillent
27:57justement pour ne pas
27:58consommer l'eau du robinet.
28:00On voit des élus
28:00qui mènent l'enquête
28:01quasiment seuls.
28:02Qu'est-ce que notre reportage
28:04vous inspire ?
28:05Ça confirme le sentiment
28:07et la réalité,
28:08c'est-à-dire
28:08qu'un certain nombre
28:08de communes,
28:09de citoyens,
28:10de consommateurs
28:12sur les territoires
28:12sont abandonnés.
28:14On a un gouvernement
28:15qui n'est pas du tout
28:16proactif sur un sujet
28:18qui est tout simplement
28:19un scandale sanitaire
28:20qui est à la hauteur
28:21du chlordécone
28:22ou de l'amiante.
28:23Et on a un gouvernement
28:24qui subit,
28:24et même la loi,
28:25vous l'avez dit,
28:25que j'ai fait adopter,
28:26ça a été dans la douleur.
28:27C'est-à-dire que le gouvernement
28:28a plutôt subi cette loi
28:29plutôt qu'il l'a emportée
28:31et on y reviendra.
28:31Mais aujourd'hui encore,
28:33ils sont dans un processus
28:34d'enlisement
28:35pour qu'elle puisse intervenir
28:36le plus tard possible.
28:37Olivier et Andro,
28:38pour qu'on comprenne bien
28:39ces pifaces,
28:40ces substances perfluoroalkylées
28:44ou polyfluoroalkylées,
28:45on va dire pifaces
28:46pour résumer,
28:47il y en a en fait partout.
28:48Qu'est-ce que c'est exactement ?
28:50Qu'est-ce que c'est chimiquement ?
28:51C'est une molécule de carbone
28:53qui a une liaison extrêmement forte
28:55avec une molécule de fluor
28:56et ça confère des propriétés
28:57qui, du point de vue industriel,
28:59paraissent au premier abord
29:00très intéressantes.
29:01Par exemple,
29:02c'est ça qui confère
29:03le caractère déperlant,
29:04l'eau qui glisse,
29:05par exemple,
29:05sur des vêtements de pluie
29:06ou le caractère anti-adhésif
29:09de certaines poêles,
29:10etc.
29:10Et c'est pour ça
29:11qu'on va en retrouver partout
29:13dans les objets du quotidien.
29:14Donc,
29:15poêles anti-adhésifs,
29:16des vêtements de pluie,
29:17mais aussi,
29:18j'ai des revêtements anti-tâches
29:20sur, par exemple,
29:21peut-être ces textiles,
29:22etc.
29:22Donc,
29:22on en trouve vraiment partout
29:23et aussi,
29:24de manière industrielle,
29:25il faut savoir
29:26que certains pifaces,
29:27ça peut être des pesticides
29:28ou encore des mousses anti-incendies,
29:30donc avec un risque
29:31d'exposition très fort
29:33de la population.
29:34On connaissait justement
29:35ce qui s'est passé
29:35dans la vallée de la chimie
29:36près de Lyon.
29:37Là,
29:37on voit dans notre reportage
29:38dans les Ardennes,
29:39depuis le 1er janvier,
29:40il y a des contrôles sur l'eau.
29:42On va en découvrir partout
29:44à des seuils inquiétants ?
29:45C'est la question qu'on se pose.
29:47Nous,
29:47à l'UFC-CGR,
29:48nous avons déjà publié,
29:50il y a un an,
29:51on va dire,
29:52une sorte de coup de sonde
29:53qui était limité
29:54sur 30 communes,
29:56mais qui montrait déjà
29:57qu'il y avait
29:57une certaine préoccupation.
29:59Tout d'abord,
29:59par rapport à la norme
30:01qui va être applicable
30:02en France,
30:03tout serait conforme.
30:05RAS,
30:05rien à signaler.
30:06En revanche,
30:07si on prenait des normes
30:08qui sont utilisées d'orge
30:10déjà dans d'autres pays
30:11de l'Union européenne,
30:12je pense par exemple
30:13au Danemark,
30:13là pour les CUP,
30:14ce n'est plus du tout
30:14la même chose.
30:15On aurait à peu près
30:16la moitié de nos échantillons
30:18qui seraient jugés
30:19comme non-conformes,
30:20avec parfois des taux
30:21très élevés,
30:22y compris dans des grandes villes
30:23de France.
30:23Nicolas Cossic,
30:24justement,
30:25là, il y a des contrôles
30:26sur l'eau potable,
30:27on pourrait étendre aussi
30:28au bout,
30:29ces bouts qu'on voit
30:30dans le reportage,
30:31ces bouts d'épandage,
30:32il pourrait y avoir aussi
30:33des contrôles,
30:34en France,
30:35on a le sentiment,
30:36en tout cas,
30:36qu'on va contrôler
30:37de plus en plus ces PIFAS.
30:38En tout cas,
30:39dans les bouts,
30:39c'est quelque chose
30:40qui est mis sur la table
30:40aujourd'hui par le gouvernement.
30:42Ils souhaitent,
30:43à partir de l'été,
30:44organiser une campagne nationale
30:45de recherche,
30:46donc des analyses concrètement
30:47de PIFAS dans les bouts,
30:49qu'elles sortent
30:49de stations d'épuration urbaines,
30:51là où vont les eaux usées
30:52des villes,
30:53ou également les stations
30:54d'épuration industrielles,
30:55qui est le type de cas
30:56qui est en cause
30:57dans le cas des Ardènes.
30:59Une campagne d'analyse,
31:00d'une part,
31:00pour voir où il y a
31:01des problèmes,
31:02pour simplifier,
31:03et puis d'autre part,
31:04mettre en place
31:04une valeur seuil,
31:05une forme de limite,
31:06de concentration limite
31:07de PIFAS,
31:08pour dire,
31:09ces bouts-là,
31:09on peut les épandre
31:10sur les terres agricoles,
31:11ces bouts-là,
31:12on ne peut pas,
31:12il y a un risque sanitaire,
31:13il y a un risque
31:14de contamination des sols,
31:15des naves phréatiques
31:16et des plantes,
31:17des végétaux,
31:17des aliments.
31:18C'est ce qu'on voit,
31:19Nicolas Thierry,
31:19dans le reportage,
31:20c'est-à-dire qu'il y a
31:21la question de l'eau
31:22qui sort du robinet,
31:23mais il y a aussi
31:23ce couple d'agriculteurs
31:25qui voient ces sols
31:26contaminés,
31:26en fait,
31:27c'est une chaîne interminable,
31:28ça peut être partout.
31:29C'est une économie circulaire
31:30de la pollution,
31:31c'est-à-dire qu'en fait,
31:32on met sur les champs agricoles
31:34ces bouts
31:34qui contaminent l'alimentation,
31:36qui ensuite provoquent
31:37une contamination générale,
31:38mais ce qu'il faut noter,
31:39c'est que les premières alertes,
31:41là on parle du gouvernement
31:42qui pourrait agir
31:43d'ici l'été,
31:44mais le reportage
31:44le montre très bien,
31:45il y a des alertes
31:46de l'ANSES
31:47qui datent de 2011,
31:49qui expliquent
31:49qu'il y a un sujet
31:50potentiellement
31:51de présence de PIFAS
31:52dans les bouts
31:52et on rappelle par ailleurs
31:54que le scandale des PIFAS,
31:55il a explosé aux Etats-Unis
31:56à la fin des années 90,
31:57il y a 25 ans,
31:59là,
31:59qu'est-ce qui s'est passé ?
32:00C'est ça Nicolas Cossi,
32:01qu'on en parle depuis
32:02quelques mois,
32:03depuis quelques années,
32:04mais en fait,
32:05ça date d'il y a longtemps.
32:06Oui, voilà,
32:09une prise de conscience
32:10notamment aux Etats-Unis
32:11depuis les années 2000,
32:12mais si on reste concentré
32:13sur l'état de la France,
32:14enfin sur la question
32:14de la France, pardon,
32:15il y a effectivement
32:16ce rapport de l'ANSES
32:17de 2011
32:17qui marque un peu le point zéro,
32:18mais en fait,
32:19pendant les années 2010,
32:20on va voir qu'un certain nombre
32:21d'agences de l'Etat,
32:22agences de l'eau,
32:23des établissements publics,
32:24le BRGM,
32:25Bureau de recherche géologique
32:26et minière, etc.,
32:27l'Office français
32:27de la biodiversité,
32:28ont mené des investigations,
32:30ont fait des études
32:30sur ces PIFAS.
32:31Et pour revenir
32:32à la question des bouts
32:33précisément,
32:34le PIFOS,
32:35qui est un des PIFAS
32:36est recherché
32:36et détecté fréquemment
32:39dans les eaux
32:40qui sortent
32:41dans les rejets
32:41des stations d'épuration
32:42depuis longtemps
32:43dans le cadre
32:43de ce qu'on appelle
32:44les campagnes de recherche
32:45de substances dangereuses,
32:46les RSDE,
32:47qui sont littéralement
32:48un programme du gouvernement
32:49pour contrôler,
32:50surveiller les substances émergentes.
32:52Donc, on sait
32:53qu'il y a des PIFAS
32:54qui sortent
32:55des stations d'épuration
32:55et pour autant,
32:56on n'a jamais eu le souci
32:58de dire faisons une mesure
32:59par précaution.
33:01Et Olivier Andrault,
33:01comment on l'explique ça,
33:03ce décalage
33:04entre des agences
33:05qui cherchent,
33:06qui disent
33:06attention c'est dangereux,
33:07il faut essayer
33:07de contrôler davantage
33:08et puis le fait
33:09qu'on ait attendu
33:10des années
33:10avant de prendre
33:11des décisions ?
33:13Clairement,
33:13un manque de courage politique
33:14de la part des pouvoirs publics,
33:16c'est une évidence.
33:17Déjà,
33:17sur la base d'analyse
33:18qui avait été réalisée
33:19en 2014-2016,
33:21les autorités sanitaires
33:22avaient indiqué
33:22qu'il y avait présence
33:24de PIFAS
33:24dans les analyses sanguines
33:26de la totalité
33:28des consommateurs
33:28adultes et enfants
33:29qui avaient été testés.
33:31Donc,
33:31vous vous rendez compte,
33:32ça fait déjà,
33:33ça fait plus de 10 ans.
33:34Donc,
33:35on voit bien
33:35qu'il y a
33:37une grande hésitation
33:38de la part des pouvoirs publics
33:39à finalement
33:40mettre une contrainte
33:41au niveau des professionnels
33:42qui continue.
33:43Je pense que ce serait important
33:45qu'on le dise
33:45aux téléspectateurs,
33:46actuellement,
33:47il est toujours possible
33:49pour les industriels
33:50de relarguer
33:50et qu'ils fassent dans la nature.
33:51On va revenir à votre loi,
33:53Nicolas Thierry,
33:53mais sur le reportage,
33:55on voit les maires,
33:56Annick et Étienne,
33:57les maires de petites communes
33:58qui se relèvent les manches
33:59mais qui ont l'air
34:00d'être bien seuls quand même.
34:02Comment vous expliquez
34:03que ce soit,
34:04alors c'est à eux
34:05de donner à leurs administrés
34:06de l'eau potable
34:07et puis c'est à eux
34:07d'essayer de trouver des solutions,
34:09ils ont le sentiment
34:10en fait de se battre
34:11un peu seuls ?
34:12On va prendre un exemple
34:13très concret.
34:14Ils sont face à un sujet,
34:16c'est comment ils financent
34:16la dépollution de l'euro.
34:18La loi prévoit,
34:20qui a été votée définitivement
34:22en février 2025,
34:23elle prévoit
34:24une taxe pollueur-payeur
34:25pour que les industriels
34:26contribuent
34:28au financement
34:28de la dépollution.
34:30On est en avril 2026,
34:33aujourd'hui,
34:34le gouvernement
34:35n'a toujours pas
34:35sorti un décret
34:36et je rappelle
34:37que ça a été reconfirmé
34:38au moment du vote du budget
34:39où la taxe
34:40devait rentrer en vigueur
34:41au 1er mars.
34:42Et en fait,
34:43en abandonnant cette taxe,
34:45ils abandonnent les communes
34:46et ils font un choix très clair,
34:47c'est de dire
34:47ce n'est pas aux industriels
34:48de payer,
34:49c'est à vous et moi,
34:50c'est votre facture d'eau.
34:51C'est ça le choix
34:51que fait le gouvernement.
34:52On reviendra après
34:53justement sur ce fameux principe
34:55du pollueur-payeur
34:55et de qui finance
34:56cette dépollution
34:57puisque ça se chiffre
34:58en plusieurs milliards d'euros.
34:59On va revenir
35:00à la loi
35:01qui a été votée,
35:02qui était à votre initiative,
35:03Nicolas Thierry.
35:04Alors,
35:05je vous fais intervenir
35:06d'abord Olivier Andrault
35:06comme ça,
35:07après vous la défendrez,
35:08mais on a beaucoup dit
35:09voilà,
35:09la France prend enfin
35:11à bras-le-corps
35:12ce sujet
35:12avec cette loi.
35:13Est-ce que c'est vrai
35:14qu'effectivement
35:14on peut dire
35:15que notre pays
35:15avec le vote de cette loi
35:17a commencé à regarder en face
35:18ce problème d'épifas ?
35:20C'est indubitable.
35:21Je pense qu'il faut vraiment,
35:22moi j'en profite
35:22pour saluer
35:23l'énergie
35:24et la détermination
35:25du dipoté Nicolas Thierry
35:27qui a vraiment permis
35:29qu'on ait une loi
35:30qui constitue vraiment
35:31un premier jalon
35:31très important.
35:33Il faut rappeler
35:34le principe,
35:34c'est un principe général,
35:36malheureusement
35:37avec des exceptions,
35:37mais un principe général
35:38d'interdiction
35:39d'utilisation d'épifas
35:40dans les produits
35:42industriels
35:42ou produits du quotidien.
35:43Donc c'est une très très bonne chose.
35:45Maintenant,
35:45on pourra parler du lobbying,
35:46vous en parlerez certainement.
35:48Évidemment.
35:48Il y a des trous
35:50dans la raquette.
35:50Un premier trou dans la raquette
35:51c'est par exemple
35:52tout ce qui concerne
35:54les ustensiles du cuisine.
35:55Il n'y a pas
35:55un foyer français
35:57sans ces fameuses
35:58poêles anti-adhésives
36:00ou d'autres ustensiles.
36:01Vous imaginez
36:01la contamination large
36:02que ça implique ?
36:03Alors justement
36:04Nicolas Thierry,
36:04puisque cette loi
36:06saluée par Olivier Androu
36:07et par beaucoup,
36:08est-ce qu'elle était
36:09tout à fait conforme
36:10à ce que vous vouliez
36:11depuis le début ?
36:12Est-ce que vous avez dû
36:12finalement faire un petit peu
36:15de vous dire
36:16qu'il n'y aura pas
36:16d'interdiction totale ?
36:17Le pays n'est pas forcément prêt ?
36:19Qu'est-ce qu'il y a
36:20dans cette loi ?
36:21Et qu'est-ce que vous
36:21vous souhaitiez y mettre
36:22dès le début ?
36:23Alors déjà,
36:24merci pour vos mots
36:24mais cette loi
36:26c'est une première pierre.
36:27Ça a permis au moins
36:28et ça a été sa grande vertu
36:30de mettre le débat
36:30des pifaces
36:31dans le débat public
36:32parce qu'on en parlait
36:33assez peu avant
36:34et ce n'est pas que la loi.
36:35Il y a eu un gros travail
36:35de journaliste d'investigation
36:37mais tout ça a permis
36:38au moins de faire parler
36:39du sujet.
36:41Et en effet,
36:42ce n'est qu'une première pierre
36:43et ce n'est pas du tout
36:44la version que moi
36:45j'avais proposée en 2023.
36:46Je vous prends un exemple
36:47très simple.
36:48Le principe que moi
36:49j'avais proposé à l'origine
36:50c'est de dire
36:50on interdit l'épiface
36:52dans tous les ustensiles
36:53enfin les usages
36:54pardon,
36:54les objets du quotidien
36:57à part si c'est
36:59une utilité vitale.
37:00Si ce n'est pas
37:00et tout ce qui est
37:01non essentiel
37:03effectivement
37:03on interdit
37:04et en effet
37:05ça a été réduit
37:06à la fin
37:06même si c'est déjà
37:07beaucoup au textile
37:08au cosmétique
37:08et au fard de ski.
37:10Donc vous voyez bien
37:10qu'on est déjà
37:11plutôt qu'une interdiction générale
37:12on est redescendu
37:13à un niveau
37:14beaucoup plus précis.
37:14Pas ces fameuses
37:15ustensiles de cuisine
37:16ces fameuses poêles
37:16par exemple
37:17pourquoi finalement
37:18ça n'a pas été possible
37:19de les interdire ?
37:20Alors là ça a été très simple
37:20c'est qu'il y a eu
37:21un lobby
37:24absolument incroyable
37:24de la part de Tefal
37:25qui a même mobilisé
37:27ses salariés
37:28avec la complicité
37:29du syndicat FO
37:30qui sont venus
37:31devant l'Assemblée nationale
37:32pour taper devant
37:33des casseroles
37:33le jour de la loi
37:34pour que ça n'aboutisse pas
37:36et on a perdu
37:36de 8 ou 10 voix
37:38et en sachant
37:39que là il y a
37:40un vrai sujet
37:40de santé publique
37:41parce qu'en effet
37:41c'est dans les foyers
37:42de tous les français
37:43mais il y a aussi
37:44un problème
37:44en termes de pollution
37:45au moment de la fabrication
37:47des produits
37:47et dans la fin de vie
37:48des poêles
37:49qui sont des phases
37:50tout aussi polluantes
37:51que quand vous l'utilisez
37:52dans vos cuisines
37:53et ça
37:54même l'Europe reconnaît
37:55que c'est pas un usage
37:56essentiel
37:56donc là c'est vraiment
37:57la perméabilité
37:58du gouvernement
37:58avec les lobbies
38:00qui a évité aux industriels
38:01évidemment
38:02enfin qui a permis
38:03aux industriels
38:03de passer à travers
38:04les mailles du filet
38:04On reviendra sur cette question
38:06des lobbies
38:06mais Nicolas Cossic
38:07au niveau scientifique
38:09parce que parfois
38:10c'est un débat
38:11que nous certains disent
38:12il n'y a pas de consensus
38:12scientifique
38:13sur la dangerosité
38:14des pifaces
38:15est-ce qu'aujourd'hui
38:16on peut dire
38:16que scientifiquement
38:17il y a un consensus
38:18pour dire
38:18qu'il y a des dangers
38:20avérés pour l'homme ?
38:21Alors les pifaces
38:22c'est une famille
38:22de plus de 10 000 substances
38:23donc si on mettait
38:24tous les scientifiques
38:25sur cette terre
38:25à bosser sur l'évaluation
38:27des risques
38:27ça ne suffirait pas
38:28pour faire une évaluation
38:30substance par substance
38:31Ce qu'on sait
38:32c'est qu'aujourd'hui
38:32il y a quelques molécules
38:34qui sont très bien documentées
38:35très bien établies
38:36dont la toxicité
38:37est établie
38:39notamment le PFOA
38:40qui est le plus connu
38:41et qui est reconnu
38:42cancérogène
38:42sur on va dire
38:44peut-être quelques dizaines
38:45de pifaces
38:45on a vraiment
38:46des soupçons très forts
38:47de toxicité
38:48les propriétés
38:49d'une molécule
38:50à une autre
38:51propriété toxique
38:52se répètent
38:52mais là où il y a
38:53vraiment un consensus
38:54c'est sur la persistance
38:55et donc le problème
38:56c'est que ces substances-là
38:58on ne sait pas trop
38:59pour beaucoup d'entre elles
39:00mais en fait
39:01elles s'accumulent
39:01et tant que le robinet
39:03n'est pas coupé
39:03tant que les rejets
39:05continuent
39:05ça s'accumule
39:06dans l'environnement
39:07dans les corps
39:08et l'exposition augmente
39:09et donc finalement
39:10même une molécule
39:11qui serait peut-être
39:12un peu moins toxique
39:13que le PFOA
39:14si la dose augmente
39:15augmente augmente
39:16augmente augmente
39:17et bien au bout d'un moment
39:18le risque peut devenir
39:18significatif
39:19c'est un peu
39:19ce qu'on peut observer
39:21dans le cas du TFA
39:22dont on entend beaucoup parler
39:23un très petit piface
39:24qui a priori
39:26est moins toxique
39:27que d'autres pifaces
39:28qui sont aujourd'hui interdits
39:29mais on en retrouve
39:30dans de telles quantités
39:31et on a trop peu de données
39:33en fait
39:33donc potentiellement
39:34on est à l'avant
39:35de quelque chose
39:35qui est très problématique
39:36et le TFA
39:37c'est là pour 10, 20, 30, 40 ans
39:39pour ça Olivier Andrault
39:40qu'on parle de polluants éternels
39:42c'est pas éternels
39:43mais c'est vraiment
39:43l'accumulation
39:44et le fait qu'on ne s'en débarrasse pas
39:46une fois que c'est dans les corps
39:47qui fait que c'est très dangereux
39:49puisque ça s'accumule
39:50ça s'accumule
39:50c'est malheureusement les deux
39:51ils sont effectivement éternels
39:53ou en tout cas très largement
39:54au regard de la durée de vie
39:55d'un humain
39:57ils ne se dégradent pas
39:58c'est bien ça le problème
40:00donc c'est absolument important
40:02d'exiger
40:03de la part des pouvoirs publics
40:05français et européens
40:06des mesures qui limitent
40:07dès maintenant
40:08l'utilisation de ces PFAS
40:10parce que ce qu'il faut savoir
40:11c'est que
40:12à partir du moment
40:12où ils sont dans l'environnement
40:13on va les retrouver
40:14dans l'eau du robinet
40:15les traitements actuels
40:17tels que classiques
40:18tels que les filtres à charbon actifs
40:20sont largement insuffisants
40:22pour filtrer les plus petites PFAS
40:23telles que le TFA
40:24que vous avez cité
40:25qu'est-ce qu'on va faire ?
40:26qui va payer ?
40:26actuellement
40:27c'est très clairement
40:28le principe polluer payeur
40:29c'est le consommateur
40:31à travers sa note
40:33d'eau du robinet
40:34qui paye pour la dépollution
40:35dont il n'est pas à l'origine
40:37justement
40:37on reviendra
40:38mais comme ça
40:39on finira par revenir
40:40justement sur le documentaire
40:41sur cette question
40:42pollueur payeur
40:43ou pollué payeur
40:44on parlait du consensus scientifique
40:46il y a le niveau européen
40:47puisqu'on dit souvent
40:48que la France doit agir
40:49aussi au niveau européen
40:50il y a des études
40:52qui confirment justement
40:53le fait qu'il faut
40:53aller vers une restriction large
40:56est-ce que c'est parce que
40:57l'Union Européenne aussi
40:58sera d'accord sur ce sujet
40:59qu'on pourra établir
41:00des normes
41:01et des interdictions
41:02Nicolas Thierry ?
41:03déjà il y a un chiffre
41:04qu'il faut avoir en tête
41:04c'est qu'à l'échelle
41:06de l'Union Européenne
41:06les PFAS
41:07ils coûtent
41:08à nos systèmes de santé
41:09entre 52 et 84 milliards
41:12d'euros
41:12par an
41:14donc en effet
41:14si on regarde les choses
41:15objectivement
41:16il y a tout intérêt
41:18même financièrement
41:19à effectivement interdire
41:21et aller vers une interdiction large
41:22après
41:23comme au niveau national
41:24au niveau européen
41:25il y a des pressions
41:26extrêmement fortes
41:27des industriels
41:28qui jouent toujours
41:30sur les mêmes arguments
41:31c'est-à-dire de dire
41:32ça a été très bien dit
41:33il y a une famille
41:34de PFAS
41:35il y en a 12 000
41:35il ne faut pas regarder
41:36la famille
41:37il faut regarder
41:37substance par substance
41:38moi je l'ai attendu
41:39pendant 3 ans
41:39ça c'est une technique
41:40comme ce que dit
41:41Nicolas Cossic
41:41c'est l'accumulation
41:42qui crée aussi le danger
41:44et s'ils sont dans cette famille
41:45c'est qu'ils ont un dénominateur
41:46commun
41:46c'est la persistance
41:47et c'est ça qui les rend
41:48tous dangereux
41:48donc il faut évidemment
41:49raisonner par famille
41:50et ensuite une fois
41:51qu'on a franchi cette étape
41:52les lobbies arrivent
41:53avec un deuxième argument
41:54qui est de dire
41:54vous n'êtes jamais
41:55au bon échelon pour agir
41:57quand vous voulez agir
41:58au niveau français
41:58on vous dit
41:59il faut le faire
41:59à l'échelle européenne
42:00et quand vous voulez agir
42:01à l'échelle européenne
42:01on vous dit
42:02attention l'Europe
42:03la compétitivité
42:04la souveraineté
42:04etc
42:05donc c'est quelque chose
42:06qui se répète à chaque fois
42:07et la crainte
42:08en tout cas la mienne
42:09c'est qu'au niveau européen
42:11ces arguments fonctionnent
42:13auprès d'un certain nombre
42:14de la commission notamment
42:15puisque Nicolas Cossic
42:16dans la commande
42:18de l'Union Européenne
42:18il y a le volet sanitaire
42:20et on met en parallèle
42:21le volet des risques économiques
42:24que pourrait faire peser
42:25une interdiction des PFAS
42:26on a vraiment là
42:27la démonstration
42:29de cette bataille
42:30un peu entre
42:30environnement et économie
42:31oui après
42:32ce qui est intéressant
42:33il y a eu quand même
42:34une avancée
42:34en fait en ce moment
42:35il y a ce qu'on appelle
42:35sans rentrer trop dans le détail
42:37un processus de restriction
42:38universelle des PFAS
42:39qui est en fait inédit
42:40c'est à dire
42:40on restreint toute la famille
42:42d'un coup
42:42au lieu d'y aller
42:43substance par substance
42:44c'est inédit
42:45et il y a
42:46l'agence européenne
42:47des produits chimiques
42:47à des experts
42:48de différents comités
42:49qui doivent rendre un avis
42:51et cet avis a été rendu
42:52et il conclut
42:53que les risques
42:54ne sont pas maîtrisés
42:55et qu'ils sont trop importants
42:57au regard des bénéfices économiques
42:58et que donc
42:59ces experts
43:00de l'Union Européenne
43:01de l'agence européenne
43:02des produits chimiques
43:03concluent qu'il faut
43:04une restriction large
43:05après oui
43:06quelques usages
43:07très spécifiques
43:08sauf exception ciblée
43:09etc
43:10mais restriction large
43:11d'après les experts
43:12de l'Europe en fait
43:13sauf que les lobbies
43:15l'industrie à côté
43:16dit en fait
43:17parfois
43:18on ne peut pas
43:18s'en passer
43:19de ces PFAS
43:20l'industrie pharmaceutique
43:22le dit notamment
43:22est-ce que c'est vrai
43:23est-ce que parfois
43:24on ne peut pas faire
43:24pour des dispositifs médicaux
43:26par exemple
43:27autrement
43:28qu'avec des PFAS
43:30alors bon
43:31moi je ne suis pas
43:32en capacité de répondre
43:32à cette question
43:33spécifiquement
43:34sur des dispositifs médicaux
43:35en revanche
43:36nous les conseils
43:36que nous donnons
43:37à l'UFC
43:37que je dois dire
43:38sur la base
43:38nos tests comparatifs
43:39c'est
43:40éviter
43:41tous les produits
43:42sur lesquels
43:42vous êtes susceptible
43:43de trouver des PFAS
43:44et tout simplement
43:44parce que
43:46il y a certains produits
43:47dont on peut se passer
43:49tels que
43:49des vêtements déperlants
43:50des vêtements de sport
43:51de pluie etc
43:53tous nos tests comparatifs
43:55montrent qu'il y a présence
43:57à des doses très définicatives
43:59de ce type de produit
44:00même chose
44:00en ce qui concerne
44:01les poêles anti-adhésifs
44:02elles sont conformes
44:03à la réglementation
44:04sauf que la réglementation
44:05est très largement insuffisante
44:06en termes de protection
44:07donc nos recommandations
44:08c'est de dire
44:10évitez ces instruments
44:12du quotidien
44:12où on sait qu'il y en a
44:13donc ça veut dire en clair
44:15les ustensiles de cuisine
44:16prenez des matériaux
44:17qui sont safe
44:19qui sont absolument sûrs
44:20donc ça veut dire
44:20c'est l'acier
44:21ça va être la fonte
44:23le verre
44:24ça va être la porcelaine
44:25etc
44:25ça on sait qu'il n'y a pas
44:26de problème
44:26en ce qui concerne
44:27vous savez
44:28toutes ces petites barquettes
44:29anti-adhésifs
44:30qui sont micro-ondables
44:31ce sont des PFAS
44:32en ce qui concerne
44:33les gobelets
44:34dans lesquels
44:34nous avons vu de l'eau
44:35tout à l'heure
44:35tous ensemble
44:35oui parce qu'on pense
44:37c'est du carton
44:37mais en fait
44:38il y a un petit film
44:38à l'intérieur
44:39vous avez déjà vu
44:40du carton
44:41qui ne laisse pas passer l'eau
44:42le carton
44:43qui laisse passer l'eau
44:44c'est qu'il y a
44:45des revêtements de PFAS
44:45donc notre recommandation
44:47c'est éviter
44:47ce type de produit
44:49dans votre quotidien
44:50et de revenir
44:51à des matériaux
44:52beaucoup plus traditionnels
44:53Nicolas Thierry
44:54sur les pressions
44:55des industriels
44:56on imagine
44:57qu'à le moment
44:57de la préparation
44:58de votre loi
44:59vous en avez été
45:00témoin
45:01est-ce que c'est vrai
45:03quand ils disent
45:04parfois qu'on ne peut
45:04pas s'en passer
45:05que pour certaines productions
45:07assez ciblées
45:08les PFAS
45:09sont encore indispensables
45:10ils exagèrent largement
45:12c'est-à-dire qu'en effet
45:14il y a des sujets
45:15comme par exemple
45:15les batteries
45:16parce qu'on est dans une phase
45:17pour lutter contre
45:18les règlements climatiques
45:19où on électrifie massivement
45:20et il y a de la présence
45:22de PFAS dans les batteries
45:23on voit aujourd'hui
45:24qu'il y a un certain nombre
45:24d'industries
45:25qui d'ores et déjà
45:26mettent sur le marché
45:27déjà des batteries
45:28sans PFAS
45:30les mousses anti-incendie
45:31ça a été quelque chose
45:31qui a largement été mis en avant
45:33il y a des départements
45:34maintenant
45:35Seine-Maritime
45:36de mémoire
45:36qui ont
45:37ça a été dit le reportage
45:38je crois
45:38qui réussissent à faire
45:40sans
45:40On sait faire des mousses anti-incendie
45:42même pour lutter
45:42contre les hydrocarbures
45:43sans les PFAS
45:44après il reste en effet
45:46la question du domaine médical
45:47les pacemakers
45:48par exemple
45:49il y a des PFAS
45:50dans le Prozac
45:52il y a des PFAS
45:52mais il faut avoir en tête
45:54que les secteurs
45:55où on peut
45:55les PFAS
45:56sont absolument
45:58indispensables
45:59on ne pourrait pas s'en passer
45:59c'est très marginal
46:00c'est ce que vous disiez
46:01Nicolas Cossic
46:02vous me citiez l'exemple
46:03justement des pacemakers
46:04mais ce qu'il faudrait
46:05c'est limiter
46:06aux choses absolument indispensables
46:08qui représentent
46:09une infime partie
46:10de l'utilisation
46:11de ces PFAS
46:11disons qu'il ne faut pas
46:12prendre cet argument
46:12de dire
46:13il y a certains usages
46:14pour lesquels on ne peut pas
46:15les remplacer
46:15pour dire
46:15finalement ne faisons rien
46:17parce qu'effectivement
46:18ces usages très spécifiques
46:19très minoritaires
46:20ça représente
46:21sur les quantités émises
46:23ou utilisées
46:23c'est vraiment
46:24c'est vraiment
46:26faible en fait
46:26et puis par ailleurs
46:27sur les mousses anti-incendie
46:28c'est un très bon exemple
46:30aujourd'hui il y a une réglementation
46:31qui dit
46:31interdiction des mousses anti-incendie
46:33il y a des dérogations
46:34par exemple
46:35pour les plateformes chimiques
46:36la raffinerie
46:37mais jusque 2028-2030
46:38mais depuis 2025
46:39il y a une réglementation européenne
46:41sur les mousses anti-incendie
46:42ça fait 10 ans
46:43qu'il y a de la recherche
46:44et développement
46:45pour essayer de trouver
46:45des mousses
46:46qui peuvent substituer
46:48au début oui
46:49peut-être que
46:50elles garantissaient pas
46:50la même efficacité
46:51que les mousses PFAS
46:52mais finalement
46:53on y est arrivé
46:54et aujourd'hui
46:55il y a de nombreuses
46:5610 services départementaux
46:57d'incendie et de secours
46:58qui utilisent des mousses
46:59sans PFAS
47:00et même d'ailleurs
47:00pour aussi l'exposition
47:02des pompiers
47:02qui sont d'ailleurs exposés
47:04les premiers parfois exposés
47:05on pense que ça protège
47:07et finalement ça expose aussi
47:08Nicolas Thierry
47:08oui il faut avoir
47:09quelque chose en tête
47:10c'est que quand
47:10la créativité
47:11la contrainte
47:12elle crée la créativité
47:13c'est à dire que
47:14quand on pose des contraintes
47:15aux industriels
47:16on les pousse
47:17ils sont obligés de s'adapter
47:18on l'a vu avec Rich
47:19avant les années 2010
47:20où ça allait être
47:20une catastrophe industrielle
47:21vous vous en rappelez peut-être
47:23et en effet
47:24dans les 2-3 ans
47:25ils ont mis des alternatives
47:26sur le marché
47:27Rich rappelez-nous
47:28Rich était une réglementation globale
47:30à l'échelle européenne
47:31qui posait une grande restriction
47:33sur un certain nombre
47:34de produits chimiques
47:35et à l'époque
47:35le débat avait été le même
47:36on avait expliqué
47:37les industriels
47:37avaient expliqué
47:38que c'était l'effondrement
47:39industriel de l'Europe
47:39et en fait
47:40on a même pris de l'avance
47:41parce qu'on avait pris
47:42on était dans le sens
47:43de l'histoire
47:44et on avait été du coup
47:45plus compétitifs
47:45parce que
47:46pour les consommateurs
47:47c'était beaucoup plus attractif
47:48donc en fait
47:49quand on pose une contrainte
47:50on génère de la créativité
47:52chez les industriels
47:53On va revenir
47:54à notre reportage
47:55et un terme
47:55que vous avez chacun
47:57employé
47:57de pollueur-payeur
47:58ou de pollué-payeur
48:00justement
48:00on voit Olivier André
48:01dans notre reportage
48:02que Annick
48:03la maire du village
48:03elle le dit
48:04on est pollué-payeur
48:05puisque finalement
48:06personne ne paye
48:07c'est à qui de payer
48:08cette dépollution
48:10des pifaces ?
48:11C'est tout d'abord
48:12c'est aux industriels
48:14identifiés
48:15c'est ça la limite
48:16identifiés
48:16comme étant à l'origine
48:17de ces pollutions
48:19ça c'est le premier principe
48:21après il est clair
48:22qu'il y a certaines pollutions
48:23qui sont anciennes
48:24pour lesquelles
48:24il sera beaucoup plus difficile
48:25de mettre en évidence
48:27le responsable
48:28donc ça veut dire
48:29qu'il faut mettre en place
48:30des fonds
48:31au niveau national
48:32ça ne peut pas être
48:34le consommateur
48:35qui à travers sa facture d'eau
48:36paye encore toujours
48:37et plus
48:38pour des pollutions
48:39dont il n'est pas responsable
48:40donc il est clair
48:41qu'il faut qu'il y ait
48:41une mobilisation
48:42des pouvoirs publics
48:43pour développer
48:44un fonds d'indemnisation
48:45Puisque Nicolas Cossic
48:46vous avez beaucoup enquêté
48:47sur cette question
48:48des pifaces
48:48est-ce que c'est facile
48:50de remonter à l'origine
48:51en disant
48:52je fais deux
48:54schématis
48:54je fais deux prélèvements
48:55je vois que c'est l'usine
48:56j'appelle le directeur
48:57et je lui dis
48:57il faut payer maintenant
48:58parfois c'est des usines
48:59qui ont mis la clé sous la porte
49:00c'est des choses
49:01qui ont disparu
49:01depuis des dizaines de mètres
49:02pas toujours
49:03c'est pas toujours facile
49:04mais c'est deux exemples
49:05rapides
49:05par exemple
49:06moi je viens de Rouen
49:07et le plus gros captage de Rouen
49:08on a découvert
49:09qu'il y avait des pifaces
49:10au-dessus de la limite autorisée
49:12c'est une pollution historique
49:13parce qu'en fait
49:13le captage n'est pas loin
49:14d'une zone industrielle
49:15quand vous voyez
49:16la multiplicité des usines
49:17effectivement là
49:18c'est compliqué
49:18de dire c'est telle usine
49:20ou c'est telle usine
49:21dans le cas des Ardennes
49:22c'est un petit peu différent
49:23parce qu'en fait
49:23on a une voie de contamination
49:25qui est par les sols
49:25donc je m'explique
49:26on a ces bouts
49:27qui sortent de l'usine
49:28qui arrivent dans les sols
49:29a priori
49:30il n'y a pas 10 000 usines
49:31dans le secteur
49:32ça c'est la première chose
49:33nous on a fait des analyses
49:34donc avec ma consoeur
49:35Émilie Rousseau de France 3
49:36avec qui j'ai fait l'enquête
49:37et le professeur Sébastien Sauvé
49:38on a fait des analyses
49:39on a fait des analyses
49:41de sol
49:41et en fait
49:42on voit une forme
49:42de signature chimique
49:43qui correspond aussi
49:45à des produits
49:45qui sont utilisés
49:46à l'intérieur
49:47c'est à dire que
49:47oui ça peut être compliqué
49:49de définir
49:50d'établir une origine
49:52une source
49:52ça demande des moyens
49:53d'investigation
49:54mais qui dans certains cas
49:56au regard des conséquences
49:58et on peut imaginer
49:58que si vous avez trouvé
49:59l'Etat pourrait trouver également
50:01Nicolas Thierry
50:02qu'est-ce que vous vouliez
50:04vous dans votre loi
50:04sur ce principe
50:05de pollueur-payeur
50:06et vous rappeliez
50:07qu'il y a eu aussi
50:07un amendement au budget
50:08pour une entrée en vigueur
50:10de la redevance
50:11liée à ces pollutions
50:11ça devait être
50:12au 1er mars
50:13est-ce que ça s'est fait
50:14ou pas
50:15pourquoi sinon
50:16si ça ne l'est pas fait
50:16alors à l'origine
50:17ça aurait dû être plus tôt
50:18c'est à dire que
50:19la loi avait été promulguée
50:20en février 2025
50:21donc cette taxe
50:22pollueur-payeur
50:23elle aurait pu rentrer en vigueur
50:24dès le premier semestre 2025
50:25il ne s'est strictement
50:26rien passé
50:27et en effet
50:28au moment du budget
50:30il a fallu reconfirmer
50:31les choses
50:31et un amendement est passé
50:32pour qu'il y ait
50:33une application
50:34au 1er mars
50:352026
50:37et il ne se passe
50:37toujours rien
50:39et en fait
50:39il faut avoir conscience
50:40de quelque chose
50:41c'est que
50:42vous le disiez très bien
50:43c'est que si les industriels
50:44ne paient pas
50:44c'est vous et moi
50:45sur la facture d'eau
50:46qui allons payer
50:46et il faut rajouter
50:47quelque chose
50:48c'est que
50:49les zones les plus contaminées
50:50sont aussi
50:53habitées
50:53par malheureusement
50:54il y a une question
50:55de justice sociale
50:55par les populations
50:57les plus précaires
50:57parce que ceux qui habitent
50:58près des sites industriels
51:00c'est souvent
51:00des populations
51:01qui font partie
51:03des 11 millions de personnes
51:04qui sont sous le seuil
51:05de pauvreté dans le pays
51:06et c'est à cela
51:07qu'on va dire
51:08il faut augmenter
51:09votre facture d'eau
51:11pour payer
51:11la pollution
51:13d'industriels
51:14qui impunément
51:15polluent depuis 60 ans
51:16je finis là-dessus
51:17puisqu'on sait aujourd'hui
51:19que les industriels
51:19connaissaient la toxicité
51:20des pifaces
51:21depuis les années 60
51:22et on voit
51:23Nicolas Cossigne
51:23dans le reportage
51:24puisque les filtres
51:25à charbon
51:26dont on peut équiper
51:26ça se chiffre
51:27en centaines
51:28de milliers d'euros
51:29qui payent ?
51:30c'est pas les maires
51:31des petites communes
51:32qui vont dépenser
51:32un budget tel ?
51:34centaines de milliers d'euros
51:35et encore là c'est une petite installation
51:36à remis
51:37on parle en millions d'euros
51:38j'ai plus le chiffre exact
51:39oui et en plus
51:39il faut changer très régulièrement
51:41me semble-t-il
51:42mais en tout cas
51:43c'est une question
51:43qui est entière
51:44là grâce à une pression
51:46qui a été faite
51:46par les communes
51:47il y a des subventions
51:49qui sont mises en place
51:49mais c'est dit dans le reportage
51:50c'est aussi finalement
51:52nos impôts
51:53et des taxes
51:53sur les usagers
51:54qui vont permettre
51:55de financer ça
51:56mais il y a eu cette pression
51:58mais aujourd'hui
51:58sur les villages
51:59il y a un village
52:00qui a une installation
52:01mais les autres
52:02n'ont pas forcément
52:02de solution
52:02et c'est des solutions
52:03qui vont être très coûteuses
52:04si on veut des solutions pérennes
52:06et qui concernent vraiment
52:07tous ces habitants
52:08qui sont touchés de plein fouet
52:09Olivier Androu
52:10qui peut payer
52:11ça ce chiffre
52:11à l'échelle de l'Union européenne
52:13en plus de 1000 milliards d'euros
52:15effectivement
52:16c'est gigantesque
52:17l'UFC que choisir
52:18a publié il y a
52:19dans quelques mois
52:20une étude
52:21sur les risques
52:22très importants
52:23d'explosion
52:24de la facture d'eau du robinet
52:25qui a déjà
52:26commencé à augmenter
52:27tout simplement
52:28parce que
52:28au-delà des pifaces
52:30il y a malheureusement
52:30plein d'autres contaminants
52:32tels que les pesticides
52:34la réglementation française
52:35appliquant l'eau du robinet
52:36est devenue
52:37heureusement plus exigeante
52:38par rapport à des pesticides
52:39qui étaient déjà présents
52:40mais qu'on ne recherchait pas
52:41il faut savoir que
52:42du fait de cette recherche
52:43l'eau que vous payez
52:45que nous payons
52:45a déjà augmenté
52:46c'est ce que nous délignons
52:47de manière très significative
52:48les filtres à charbon actifs
52:50on en a parlé
52:50ça ne marche pas
52:52pour des petits pifaces
52:53on a par exemple
52:54certaines installations
52:56qui ont été mises en place
52:56par le CDIF
52:57le syndicat des eaux d'Îles de France
52:59au bas mot
53:00la facture est de l'ordre
53:01de 1 milliard d'euros
53:02c'est efficace
53:03mais ça coûte très cher
53:04mais il y a des effets
53:05d'économie d'échelle
53:06qui font que
53:07ça peut être
53:10relativement rentable
53:10en revanche
53:11que vont faire
53:12des petites collectivités
53:13vous citez notamment
53:15les petites communes
53:16dans les Ardennes
53:17elles n'ont pas
53:17les moyens financiers
53:18de mettre en oeuvre
53:19ces techniques
53:19qui sont extrêmement coûteuses
53:21Nicolas Cosset
53:21et si je peux juste rajouter
53:22un point pour préciser
53:23en fait même ces systèmes
53:25extrêmement coûteux
53:26sont finalement également
53:27une forme d'impasse
53:28parce que
53:29alors oui
53:29l'eau du robinet
53:30va être super pure
53:32mais par contre
53:33en fait
53:33la pollution
53:34est transférée
53:35dans un réceptacle
53:36si vous voulez
53:37et dans le cas du CDIF
53:38c'est en fait
53:38c'est rejeté derrière
53:39de l'environnement
53:40qu'en fait
53:40on garde ce cycle
53:42donc si on veut
53:43éliminer la pollution
53:44il faut prendre ce recycle-là
53:46l'envoyer dans un incinérateur
53:47chauffé à 1400 degrés
53:48c'est le seul moyen
53:49qu'on a de détruire
53:51justement ces pifaces
53:52les coûts d'incinérateur
53:52vont à 1400 degrés
53:53voilà
53:53Olivier
53:54vous en parliez un peu
53:55sur les solutions
53:56Nicolas Thierry
53:57on va peut-être essayer
53:58de se quitter
53:58sur une note
53:59un peu positive
53:59ou sur des conseils
54:00aux téléspectateurs
54:01est-ce qu'il y a des raisons
54:03d'espérer maintenant
54:04que l'opinion publique
54:05et qu'on a quand même
54:06le sentiment
54:06que les services
54:08de l'Etat
54:09commencent à agir
54:09sur cette question
54:10est-ce qu'on peut vivre
54:12sans ces pifaces
54:12est-ce que c'est au consommateur
54:14de faire le bon choix
54:15dans sa cuisine
54:16ou dans ses usages
54:17du quotidien
54:17est-ce que les choses
54:18peuvent aller en s'améliorant
54:19alors oui on peut vivre
54:20sans les pifaces
54:20d'ailleurs on vivrait mieux
54:21sans les pifaces
54:23après il y a deux leviers
54:24qui semblent totalement évidents
54:25c'est qu'un il faut au plus vite
54:27couper le robinet à la source
54:28c'est-à-dire arrêter
54:29d'émettre des pifaces
54:30parce qu'autrement
54:30on est dans un cycle infernal
54:31on ne s'en sort pas
54:32et ensuite il faut que la dépollution
54:35elle repose sur les industriels
54:37aux Etats-Unis
54:38qu'est-ce qui s'est passé ?
54:39en fait tout ça
54:39a fini devant la justice
54:40c'est-à-dire qu'il y a eu
54:41des plaintes contre les industriels
54:42ils ont été traînés
54:43devant les tribunaux
54:44et des groupes comme 3M
54:45pour éviter des procès
54:46ont payé 12 milliards de dollars
54:49pour financer la dépollution de l'eau
54:51et je pense que le fait
54:52qu'à Malandry par exemple
54:53des maires portent plainte
54:54et bien c'est une voie
54:55qu'il va falloir explorer
54:56Merci beaucoup à tous les trois
54:58Nicolas Thierry, Nicolas Scossic
55:00et Olivier Andrault
55:01c'était En immersion
55:03le magazine de la rédaction d'LCP
55:05suivi d'un débat
55:06à voir ou à revoir
55:07sur notre chaîne YouTube
55:08à très vite sur LCP
55:26Sous-titrage Société Radio-Canada
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