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  • il y a 14 heures
Antoine Saintoyant, directeur de la Banque des Territoires et directeur général adjoint du Groupe CDC, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce lundi 15 juin. Ils sont revenus sur le partenariat entre la CDC et Mistral AI, visant à aider les collectivités locales à s’emparer de l’intelligence artificielle, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00À 7h45 sur BFM Business et sur RMC Live, notre invité ce matin c'est Antoine Saint-Toyan.
00:05Bonjour, vous êtes le directeur de la Banque des Territoires et directeur général adjoint du groupe CDC.
00:10Vous êtes sur tous les fronts, le logement, le financement du nucléaire,
00:14mais aussi, et on le sait peut-être moins, sur l'intelligence artificielle.
00:1718 milliards d'euros d'investissements sont prévus d'ici 2030,
00:20alors sur le financement, le développement de l'ensemble de l'écosystème.
00:23Mais vous avez aussi un partenariat avec Mistral.
00:25Vous allez aider les collectivités locales à s'emparer de l'intelligence artificielle.
00:30Parmi les sujets, il y a l'utilisation par chacun de l'intelligence artificielle, un peu comme il le veut,
00:36une sorte de shadow IA.
00:37Il faut que les collectivités locales prennent le sujet à bras-le-corps
00:42et arrêtent de l'utiliser de manière secrète en fait.
00:46Alors effectivement, pour les collectivités locales, l'intelligence artificielle c'est un double défi.
00:50Un défi à la fois d'amélioration de leur politique publique,
00:54parce que l'IA offre des possibilités importantes dans l'amélioration des relations avec les citoyens,
00:59dans les modes de fonctionnement des collectivités,
01:01et aussi un défi de souveraineté,
01:03parce que c'est important pour les collectivités locales de conserver la maîtrise de leurs données,
01:09de savoir où elles sont, de connaître les modèles qui sont utilisés.
01:12Donc un sujet de souveraineté.
01:13Et effectivement, lorsque les collectivités locales finalement utilisent de l'IA par exemple américaine,
01:22aujourd'hui c'est le cas majoritairement, il y a une question qui se pose de souveraineté.
01:27Et c'est pour ça qu'au niveau de la Caisse des dépôts, et plus particulièrement de la Banque des
01:31territoires que je dirige,
01:32nous avons souhaité engager un partenariat avec Mistral pour pouvoir proposer une offre aux collectivités,
01:38pour qu'elles puissent développer des cas d'usage, ça veut dire proposer des offres à partir de l'intelligence
01:44artificielle
01:45qui finalement améliorent leur mode de fonctionnement.
01:48Et alors c'est quoi les cas d'usage justement que vous avez trouvé pour les collectivités locales ?
01:51Alors on a aujourd'hui commencé les travaux avec trois collectivités, autour de trois cas d'usage.
01:57L'objectif c'est d'en avoir plus, de monter une quinzaine de cas d'usage qui vont être développés,
02:03et surtout ensuite diffusés à d'autres collectivités sur une période de quelques années.
02:09Aujourd'hui les trois cas d'usage qu'on a commencé à développer, c'est un premier en Grand Est,
02:12avec la région Grand Est, qui consiste à travailler sur un assistant IA au profit des secrétaires des mairies des
02:20petites communes.
02:21Dans les petites communes de la région Grand Est, il y a généralement une secrétaire de mairie qui a beaucoup
02:25de tâches à réaliser.
02:27Ces tâches peuvent être aidées par l'intelligence artificielle pour lui permettre de libérer du temps
02:31et de le consacrer à des tâches qui lui permettent d'être en contact plus direct avec le public,
02:37de développer des projets plus structurants, etc.
02:41Donc les secrétaires de mairie, vous voulez les assister de l'intelligence artificielle, elles vont être formées du coup ?
02:45Elles vont être formées, et elles vont avoir, lorsque l'assistant sera développé,
02:52finalement un assistant IA qui sera développé spécialement pour les tâches qu'elles réalisent le plus souvent.
03:00Par exemple, des demandes de subventions, par exemple des actualisations de plans locales d'urbanisme, etc.
03:06Et qui vont permettre d'aller beaucoup plus vite pour la réalisation de ces tâches-là.
03:10Il y a d'autres cas d'usage comme la détection des anomalies routières, ça c'est en Côte d
03:14'Or.
03:14Et puis il y a également l'orientation des usagers vers les bons services, ça c'est à la métropole
03:19de Bordeaux.
03:20Donc là, chaque métropole a son petit test.
03:22L'objectif quand même, c'est de mutualiser pour éviter que chacun développe et même investisse de l'argent dans
03:28certains cas d'usage
03:29et que tout le monde aille vers quand même le même chemin.
03:32L'objectif c'est effectivement de faire en sorte que lorsque un cas d'usage utile est développé par une
03:37collectivité,
03:38il puisse ensuite profiter aux autres collectivités.
03:40Donc c'est vraiment ça le...
03:41Et c'est pour ça qu'on essaye de choisir les cas d'usage.
03:43Beaucoup de collectivités qui se sont tournées vers nous depuis les annonces qu'on a faites.
03:47Donc ils vous remontent les cas ?
03:48Qui nous proposent des cas, qui nous disent qu'on souhaiterait travailler sur tel cas d'usage
03:52dans cette IA Factory qu'on a créée avec Mistral.
03:55Et on étudie ces propositions, notamment sur la base de la réplicabilité.
04:00Est-ce qu'on va pouvoir réutiliser ce cas ailleurs ?
04:03Par exemple, lorsqu'on a des réflexions sur utiliser l'intelligence artificielle
04:08pour gérer les flux de circulation routière dans les métropoles qui peuvent être engorgées.
04:12et faire en sorte de gagner du temps dans ces flux, notamment lorsqu'il y a des travaux.
04:16Ça, on sait que c'est un cas d'usage qui peut être assez facilement répliqué.
04:19Et donc, c'est un cas d'usage qu'on est susceptible de retenir,
04:22de travailler dans cette IA Factory, de financer,
04:26et puis ensuite de répliquer dans d'autres collectivités.
04:29C'est quoi l'accueil que vous avez auprès des salariés des collectivités locales ?
04:33Globalement, c'est un accueil qui est positif,
04:35parce que pour nous, l'objectif, comme je l'ai dit, il est double.
04:39C'est d'abord améliorer la qualité de service,
04:40améliorer la qualité de service en permettant de mieux répondre.
04:46On ne vous remonte pas des craintes sur l'emploi,
04:48de secrétaire de mairie qui pourrait disparaître ?
04:51Non, parce que l'objectif, ce n'est évidemment pas de supprimer des emplois.
04:55L'objectif, c'est vraiment d'améliorer, on va dire,
04:59les prestations et d'améliorer la qualité des actions publiques des collectivités.
05:03Il y a des besoins qui sont très importants en libérant du temps
05:05sur des tâches un peu basiques, ou en tout cas qui peuvent être traitées par l'IA.
05:10À ce moment-là, on peut le redéployer sur des tâches
05:12qui sont beaucoup plus intéressantes à valeur ajoutée.
05:16Le nerf de la guerre, pour vous, évidemment, c'est le livret A.
05:19Donc la collecte est importante.
05:20On a vu qu'avec la baisse de la rémunération,
05:23il y a eu une décollette très importante.
05:24En avril, c'est plus d'un milliard d'euros.
05:27C'est un record depuis 2009.
05:28Là, il y a l'inflation qui repart un peu.
05:32Il y a les taux qui ont été augmentés par la Banque Centrale Européenne.
05:35C'est quoi le bon équilibre pour vous sur la question hausse des taux, rémunération ?
05:40Parce que si les taux augmentent, il faut que vous rémunérez plus ceux qui ont leurs dépôts.
05:44C'est quoi le bon équilibre ?
05:45Pour nous, le livret A, effectivement, c'est vraiment le moteur par lequel on finance des projets,
05:51des projets de bailleurs sociaux dans le logement social, historiquement,
05:53mais également beaucoup de projets des collectivités locales sur tout ce qui est énergie, école, réseau d'eau, etc.
06:01Donc on a besoin de pouvoir s'appuyer sur une collecte qui est importante.
06:05Aujourd'hui, on a effectivement une décollette depuis le début de l'année 2026,
06:09mais elle reste en fait assez modérée par rapport à la collecte très importante qu'il y avait eu après
06:13le Covid,
06:14entre 2021 et 2024.
06:17Et donc, effectivement, on observe cette situation de décollette,
06:21mais, vous le disiez, le taux est susceptible de remonter.
06:25Alors ça, on le saura.
06:26Il y a la formule de calcul.
06:27Il y a une formule qui est fondée sur l'inflation.
06:29L'inflation remonte, qui est fondée sur les taux courts.
06:32La BCE a remonté récemment sur ces taux courts.
06:35Et donc, probablement, ces taux vont remonter.
06:38Ce sera une décision qui sera prise par le ministre de l'Économie sur proposition du gouverneur.
06:43Si ces taux remontent, à ce moment-là, la collecte est susceptible, elle aussi, de remonter,
06:48puisque, pour les épargnants, c'est un arbitrage permanent entre le taux du livret A
06:54et d'autres taux, d'autres rémunérations de produits d'épargne.
06:58Donc, pour nous, 1,5 %, c'est le taux actuel, c'est un taux qui est effectivement assez bas.
07:02Il peut remonter un peu sans que cela vienne, on va dire, perturber notre modèle de financement.
07:08Il faut que, pour pouvoir être soutenable pour les principaux emprunteurs,
07:13du type les bailleurs sociaux, les collectivités locales,
07:16il ne faudrait pas qu'ils remontent à 3%, comme il l'a été un certain temps,
07:20mais une hausse modérée, pour nous, est tout à fait compatible avec le modèle.
07:23Sachant que vous avez un investissement de 100 milliards d'euros
07:26à réaliser sur le logement d'ici 2030, ce qui est très important.
07:30Comment vous regardez la crise du logement ?
07:32Vous avez l'impression qu'il se passe quelque chose ?
07:35On a eu des chiffres, quand même, sur le logement neuf.
07:37Si vous n'êtes pas là pour soutenir le marché,
07:40c'est la crise assurée encore plus que ce qu'elle n'est aujourd'hui ?
07:42Vous avez raison qu'en 2025, le financement du logement social,
07:48du logement intermédiaire par la Banque des Territoires
07:50a représenté la moitié du financement du logement au niveau national,
07:54avec une baisse très importante de tout ce qui est logement libre, logement privé,
07:58parce que les promoteurs privés ont été beaucoup moins actifs.
08:03Donc, il y a effectivement un besoin de mobilisation très forte
08:06de la part de la Banque des Territoires.
08:07C'est pour ça qu'on a annoncé un plan à 100 milliards d'euros,
08:10un objectif de construire 650 000 logements à horizon 2030.
08:14Et donc, pour nous, c'est un impératif.
08:16C'est un impératif parce qu'on constate des files d'attente
08:19qui s'allongent dans le logement social,
08:21des difficultés à acquérir de plus en plus importantes.
08:24Et donc, c'est pour ça qu'on mobilise ces sommes importantes
08:26pour continuer, on va dire, de proposer des solutions
08:30à tous les Français dans leur projet de logement.
08:32Merci beaucoup d'être venu ce matin dans la matinale de l'économie.
08:35Antoine Saint-Oyant, directeur de la Banque des Territoires.
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