- il y a 5 heures
Dans ce premier volet, Pierrot Dupuy reçoit Philippe Fabing, directeur de l’institut Sagis, pour décrypter les enseignements du premier tour des municipales à La Réunion.
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00:00Philippe Fabinque, bonjour.
00:01Bonjour, Piero Dupuis.
00:03Vous êtes le patron du sagisme, ça je pense que tout le monde le connaît.
00:06Vous êtes un habitué des plateaux de télévision et dont votre visage est quelque chose de connu.
00:12Je vous ai invité ce matin parce que je voulais qu'on fasse un petit tour d'ensemble des résultats
00:16qu'il y a déjà eu au premier tour
00:17et de ceux qui se préparent pour le deuxième tour.
00:20Alors on est mercredi matin, donc l'avantage c'est que c'était hier soir qu'on devait déposer les
00:26listes.
00:26Donc on a une vision maintenant beaucoup plus claire de la situation du paysage qui va s'offrir aux électeurs
00:34dimanche prochain.
00:35Mais avant d'aborder le deuxième tour, je pense qu'il faut quand même parler un tout petit peu du
00:40premier.
00:41Si vous deviez me dire d'abord quelle est votre principale surprise ?
00:45Pour moi la principale surprise c'est Camille Klein.
00:48Oui, à l'entre-deux.
00:50Qui dépose Bachil Vali à l'entre-deux.
00:52Parce que vous l'avez vu, la tendance du premier tour c'est quand même une tendance d'abord très
00:59notable de réélection dès le premier tour
01:00pour la majorité des communes.
01:0214 mères.
01:05Avec parfois des scores extrêmement flatteurs.
01:08La soviétique.
01:10Peut-être qu'on peut le dire compte tenu de la coloration de certaines communes.
01:14Mais on est à contre-tendance, si vous voulez, à l'entre-deux.
01:22Et avec Bachil Vali qui est à la tête de la commune depuis 25 ans.
01:26Oui, c'est un des plus vieux mères de l'exercice.
01:28Ça me rappelle un petit peu l'idée selon laquelle, vous savez, il y a une usure malgré tout qui
01:34peut se produire.
01:36Et peut-être qu'une des situations que je trouve la plus comparable à cela, c'est l'époque où
01:43Roland Robert avait perdu la possession contre Vanessa Miranville.
01:47Vous voyez, il y a un moment...
01:48Une femme, jeune, un peu un schéma.
01:51Exactement.
01:51C'est pas une énorme commune.
01:53Non.
01:53Il suffit qu'on se fâche avec une ou deux familles pour que ça bascule.
01:56Oui.
01:57Et puis ça, c'est pas joué à énormément de choses.
01:59Oui.
02:00Mais voilà, on a une alternance qui est la seule alternance du premier tour.
02:04Alors on en aura peut-être également un petit peu d'alternance au second tour.
02:09On en reparlera tout à l'heure.
02:10Mais en tous les cas, le premier tour, il est quand même parfaitement en conformité avec l'enquête que s
02:16'agisse à réaliser pour Zinfo.
02:18On avait sondé avant la dernière ligne droite, tout le mois de novembre, pour voir où en était le corps
02:22électoral de son niveau de décision et de son inclinaison à reconduire ou non les maires sortants.
02:28Et on voyait qu'en moyenne à la Réunion, les maires sortants allaient quand même bénéficier d'une prime assez
02:35nette.
02:36Maintenant, il y a toujours des contre-exemples.
02:38Et le contre-exemple, cette fois-ci, c'est l'entre-deux.
02:40Oui.
02:41Il y a peut-être aussi d'autres...
02:43On va faire un petit peu le tour des différentes communes.
02:45Alors bon, commençons par Saint-Denis.
02:47Oui. Là, c'était prévisible quand même.
02:48Tout le monde s'y attendait.
02:51Saint-Denis a jamais été dans cette campagne une commune où je sens un grand niveau d'indécision de la
02:58part des observateurs, commentateurs, journalistes,
03:01et personnes que je peux connaître dans le monde politique.
03:03Il n'y a pas beaucoup de suspense.
03:05Par contre, je pense que peut-être certains ont été surpris par l'ampleur du score.
03:10Parce que quand vous regardez les historiques électoraux, on est sur le score le plus élevé d'un édile socialiste
03:17dans cette commune sur le premier tour.
03:19C'est-à-dire qu'Éric Abarèche fait mieux que Gilles Beranet en son temps, ou que Michel Tamaya à
03:26l'époque.
03:27Maintenant, il y a probablement une question également d'opposition.
03:32Oui.
03:32À la fois en nombre, donc en dispersion, et en force.
03:37C'est-à-dire que, contrairement à 2020, où Éric Abarèche s'affrontait quand même au premier tour, notamment à
03:42Didier Robert, président de région,
03:44Nassim Adindar, enfin des personnes politiques, personnalités politiques de tout premier plan à la Réunion.
03:49Là, je ne veux pas faire injure à ceux qui se sont présentés, mais René-Paul Victoria, quoiqu'ayant été
03:55maire par le passé...
03:57Député maire, on l'oublie.
03:58Absolument. Reviens après une période, certains l'appelleront de traverser du désert.
04:03En tous les cas, il a été très éloigné de la chose publique pendant plusieurs années, donc c'est toujours
04:07des retours compliqués.
04:08Oui. Alors, peut-être que la surprise, s'il devait y avoir une petite surprise, c'est quand même le
04:12score de Gaël Lebon, peut-être, qui arrive en tête de l'opposition.
04:17Oui, effectivement.
04:18Devant René-Paul Victoria.
04:19Devant...
04:19Une campagne très active, qui dépasse à peine les 10%.
04:25Oui, un petit peu plus de 10%, mais devant Farid Mangolia aussi, qui était quand même un petit peu... qui
04:28se présentait comme le leader de l'opposition à Saint-Denis.
04:31Oui, mais dont les historiques électoraux ne plaidaient pas vraiment en sa faveur.
04:38Si on doit parler de scores très notables au premier tour, moi, à Saint-Denis, je rajouterais Saint-Benoît, qui
04:46a été une commune qui a laissé perplexe beaucoup d'observateurs pendant la campagne.
04:50Et je ne suis pas sûr que beaucoup anticipaient un score aussi élevé.
04:53Moi, j'ai prononcé qu'il est gagnant, mais pas avec cet écart-là.
04:56Oui. Et alors, ce qui est vraiment frappant, je trouve, à Saint-Benoît, c'est l'effondrement, parce qu'il
05:02faut bien l'appeler comme ça, de Sabrina Ramin.
05:05C'est-à-dire que quand vous regardez son score de 2020 et son score de dimanche dernier, on a
05:11une contraction qui est extrêmement spectaculaire.
05:14Ça a dû à quoi ? A dû au fait qu'elle ait basculé au ARN ? Son électorat n
05:18'a pas compris, n'a pas suivi ?
05:20Écoutez, je ne suis pas sûr qu'il n'y ait que ça.
05:26C'est difficile de le comprendre de l'extérieur, je crois, parce que c'est quelqu'un qui est sur
05:32la commune depuis longtemps, qui a un vrai ancrage, qui a un vrai socle, théoriquement qui a un vrai socle,
05:36et qui n'a pas réussi à l'activer. Donc, est-ce qu'il y a eu une campagne éventuellement
05:42très efficace de Célie, contre Ramin en particulier ?
05:47Moi, c'est une des hypothèses que j'ai, parce que probablement, avant le premier tour, les deux adversaires principaux
05:55réputés sont Ramin d'un côté et Ratnaud de l'autre.
06:02Et peut-être que Célie, pour différentes raisons communales, a davantage eu la possibilité de faire basculer une part de
06:12l'électorat de Sabrina Ramin,
06:14plutôt que de s'attaquer à celui de Ratnaud, qui est probablement beaucoup plus difficile à rallier.
06:19Ramin, rappelons-le, a fait 6,36% quand même.
06:21C'est ça, alors qu'elle faisait plus de 20. Elle faisait plus de 20 en 2020.
06:26C'est marrant, parce que moi, je me suis quand même attardé beaucoup plus sur l'effondrement de Ratnaud, qui
06:31ne fait que 14-20, quand même.
06:34Alors qu'on le voyait à un moment donné, rappelez-vous quand même, il y a un an de ça,
06:38on le voyait maire de Saint-Benoît.
06:39Alors, nous, on a des baromètres de popularité des personnalités politiques à La Réunion depuis longtemps maintenant.
06:50Et il faut reconnaître que Ratnaud, M. Ratnaud, a connu une décote de popularité extrêmement marquée.
06:59Elle est bien blanche.
07:00Notamment.
07:02Mais voilà, c'est quelqu'un qui avait un niveau de popularité extrêmement élevé et qui en a perdu une
07:07grosse partie.
07:08Donc, nous, on savait qu'il abordait ces élections dans une position moins forte que si elles avaient eu lieu
07:15il y a deux ans.
07:17Voilà. On n'avait que ce repère-là, mais...
07:19Alors, peut-être la lumière blanche, peut-être aussi le fait de députer, souvent à Paris.
07:25Peut-être le fait que le fait de voyager en première classe, etc., c'est la coupée de sa base
07:29qui...
07:31Je ne sais pas, parce que c'est toujours difficile à posteriori, même à posteriori, de savoir quel élément, quel
07:37ingrédient a joué plus qu'un autre.
07:39Nous, on avait juste le constat de ce tassement très net d'une popularité qui a été très élevée à
07:46l'époque où il gagne son mandat de député.
07:47C'est pas très ancien, en fait, quand vous regardez.
07:49Et il a été quand même réélu député, comme c'est pas rien.
07:51Absolument, absolument.
07:52Le premier coup, allez, c'est un peu le hasard, une conjonction des planètes, ok.
07:57Mais le deuxième, c'est sur son nom, quand même.
07:59Le deuxième, c'est sur son nom, et avec une adversité sérieuse, quand même.
08:03On a Stéphane Foissin, on a Laurent Virapoulet, déjà.
08:07Enfin, voilà, il n'est pas seul sur l'échiquier quand il reconquiert son mandat.
08:12Mais il a un top de popularité à ce moment, qui s'est dégradé significativement depuis.
08:18Bon, puisqu'on est dans l'Est, restons à côté.
08:21Bon, pas non.
08:22Oui.
08:23Là, tranquille, c'était prévu.
08:25Sans problème.
08:26Sans problème pour Al Chapa.
08:27D'accord.
08:29Salazie.
08:30Plus surprenant, peut-être.
08:32Parce que Mme Papaya se trouve ne plus être soutenue par Stéphane Foissin.
08:38Tout à fait.
08:39Ne plus être soutenue, c'était quand même, même plus que ça, c'était une opposition franche et massive.
08:43Absolument.
08:44Et si vous regardez, pour moi, Salazie, sur les 30-40 dernières années, Stéphane Foissin, c'est un personnage d
08:51'envergure.
08:52Sénateur.
08:52Alors, je mettrais Hilaire Maillot avant cela, mais depuis la période Hilaire Maillot, Stéphane Foissin a vraiment eu un rôle
09:01remarquable.
09:02Et puis aussi le fait que, c'est pas pour le faire, mais Mme Papaya n'était pas non plus
09:09flamboyante.
09:11Elle n'est pas médiatique, elle n'est pas à l'aise devant les caméras.
09:15Et elle a fait un score.
09:16Mais non seulement elle résiste, effectivement, au fait que Stéphane Foissin choisisse finalement quelqu'un d'autre contre elle.
09:22Et en plus, elle le fait...
09:24Et quelqu'un qui était connu, parce que bon, c'est quelqu'un qui était ancré dans le cirque, qui
09:27connaissait tout le monde.
09:28Donc, c'était pas un choix aberrant.
09:31C'était pas quelqu'un qui se dit de nulle part.
09:32Absolument.
09:33Et elle gagne au premier tour avec 67%.
09:36Circulé, il n'y a rien à voir.
09:38Donc, en fait, c'est une vraie légitimation, parce qu'elle fait partie des 4 maires qui ne sont pas
09:43élues en 2020.
09:45Oui, c'est vrai, on n'y pense pas.
09:47Elle fait partie de ces 4 maires-là.
09:48Donc là, pour le coup, cette fois, en termes de légitimité, le contrat est parfaitement rempli.
09:54Dans l'Est, on continue.
09:56Pleine des palmistes.
09:59Pleine des palmistes.
10:00Tranquille.
10:00Oui, absolument.
10:02Pas énormément de surprises non plus.
10:04Sainte-Rose, pareil.
10:06Sainte-Rose, on n'a plus le vieux match entre Vergoz et Mamandie Pazali.
10:13Voilà, Michel Vergoz tient sa commune.
10:15Voilà, on continue, parce que c'est un peu le cercle de ceux qui ont tiré le premier tour.
10:20Saint-Philippe, pareil.
10:21Oui, alors avec un score moins flamboyant que certains de ses collègues, mais ce sont des...
10:29Les plus petites communes sont...
10:32Alors, pour nos métiers, les communes les plus compliquées à comprendre, parce qu'il faut vraiment être dedans.
10:37Il faut être dedans pour savoir ce qui se passe.
10:38Encore une fois, il suffit qu'il y ait une famille qui bascule, et puis ça, vous ne pouvez pas
10:41le prévoir.
10:41Absolument.
10:43Mais, voilà, c'est encore passé cette fois-là, j'ai envie de dire.
10:47Oui.
10:49Je m'arrête, parce que j'avais discuté avec lui à l'époque, et on s'était posé la question
10:53de quel allait avoir comme impact le RN à La Réunion.
10:56Alors, arrêtons-nous là sur cette commune-là, parce que c'est le hasard, mais le RN, en fait, n
11:01'a pas fait le score qu'on aurait pu imaginer au départ.
11:05Alors, c'est une lecture qui peut être contestée, qui est peut-être discutable, mais moi, j'ai le sentiment
11:12que la progression du RN lors de cette élection est quand même modeste.
11:17On est très loin des performances nationales, absolument, et aux dernières élections législatives, qui avaient aussi été dues à l
11:26'absence de candidats de droite à certains endroits.
11:29Oui.
11:30Mais, ce qui m'avait frappé lors des dernières législatives, c'est que vous pouviez mettre à peu près n
11:34'importe quel candidat, je ne veux pas faire au-delà.
11:36Non, mais c'est ça, on peut le dire.
11:38Avec la photo de Marine Le Pen et de Jordan Bardella, et le score minimum, c'était 25% au
11:43premier tour.
11:44Il y en avait une qui ne savait même pas parler, qui racontait n'importe quoi devant la caméra, l
11:47'autre qui croyait que la Terre était plate, enfin, c'est ça, on peut faire le tour.
11:49On a eu des choses assez invraisemblables.
11:51Et ça n'a pas empêché.
11:52À certains endroits.
11:52Oui, oui.
11:53Alors que là, on n'a pas du tout cet effet.
11:56Parce que peut-être qu'on est face à un maire qui, lui, quand même, il tient bien sa commune,
12:00il connaît tout le monde.
12:00La législative, c'est quand même plus diffus, il y a des communes qu'on connaît moins.
12:04Oui, et puis quand vous regardez, au dernier régional, en 2021, le candidat RN, c'est Joseph Rivière, il fait
12:101,5%.
12:11Oui.
12:11Oui, je crois que sur les élections locales, il y a quand même une question fondamentale de légitimité, de lien,
12:19et aussi, on va confier les affaires de la gestion de proximité à des gens de proximité.
12:28À des gens à qui il faut pouvoir faire un peu confiance.
12:30On connaît.
12:31Exactement.
12:32Alors, confiance.
12:33Mais au sens de leur capacité, déjà, à faire le job.
12:38Oui, parce que quand même, confiance, il y a quand même des maires qui ont été condamnés ou qui vont
12:42l'être, qui ont été réélus dans un fauteuil.
12:44Oui, mais je parle de la confiance dans leur capacité à gérer les affaires publiques.
12:49Ensuite, je ne parle pas forcément de leur probité, puisqu'effectivement, comme vous venez de le dire, c'est un
12:53critère qui semble parfois secondaire.
12:55Alors, on parlait tout à l'heure de ce corps Saint-Joseph habituel.
13:01C'est le seul, honnêtement, c'est le seul pari qu'on pouvait prendre déjà avant le premier tour, en
13:07étant certain.
13:07Avec Saint-Denis.
13:08Avec Saint-Denis, mais Saint-Joseph, il n'y avait tellement pas d'amiguïté.
13:11Pourquoi ? Parce qu'on était dans un duel.
13:15Lequel duel s'était déjà produit et avait déjà livré un résultat avec une ampleur d'écart très, très spectaculaire.
13:23Et avec un candidat face à lui, qui n'avait pas vraiment envie d'y aller, qui était allé un
13:26peu contre-inforcé, parce qu'il fallait avoir un candidat.
13:28Donc, il ne partait pas de la meilleure condition.
13:30Il n'y avait aucune chance d'imaginer que Patrick Le Breton puisse être en difficulté sur sa commune.
13:37Très bien.
13:37Alors, encore le dernier à côté qui est élu, Petit-Île.
13:41Pareil, Petit-Commune.
13:43On est dans le même scénario de CNR qui ont fait le job.
13:47Là, pour le coup, on est sur une belle élection.
13:50On est sur une belle élection. C'est le deuxième maire le mieux élu du premier tour, juste derrière Olivier
13:57Waraud et devant Patrick Le Breton.
13:59Donc, Serge Waraud à Petit-Île, c'est du solide.
14:02C'est du solide.
14:04L'entre-deux, parlons-en, attendons-nous un petit peu, parce qu'on l'a évoqué tout à l'heure.
14:09Femmes, jeunes, usures du pouvoir, sans doute.
14:14Oui, peut-être une campagne qui a été un peu moins volontaire.
14:20Vous voyez ce que je veux dire ?
14:21C'est qu'au fur et à mesure que les mandats s'enchaînent, il arrive parfois qu'on ait un
14:25niveau de vigilance qui baisse aussi un petit peu.
14:28Ils savaient quand même qu'il était en danger.
14:29Oui, mais à nouveau, c'est un résultat qui est tellement en contrepoint.
14:35avec celui des autres communes, en particulier des communes de cette taille-là, puisqu'il n'en reste quasiment pas
14:41sur le second tour des petites communes.
14:43Il n'en reste, mais pas beaucoup, et proportionnellement beaucoup moins que de grandes.
14:48Donc, je ne sais pas. Je ne sais pas ce qui s'est passé à l'entre-deux. Je ne
14:52connais pas assez l'intérieur de la commune.
14:54On me dit qu'il y a une usure, en fait. Les gens avaient envie de changement, c'est tout.
15:01Ça suffit parfois.
15:02Ça suffit.
15:03Saint-Louis.
15:05Alors, Saint-Louis, pour le coup...
15:06Beau score, quand même, hein ?
15:07Oui. Alors, quand vous regardez dans nos baromètres de popularité,
15:11Mme M. Doua-Oma fait partie des 4 maires les plus populaires sur l'ensemble de l'île,
15:17avec des scores extrêmement robustes.
15:20Dans les 4 maires les plus populaires, 3 sont passées au premier tour.
15:24Il y en a une, mais dont la popularité était en train de se dégonfler un petit peu,
15:29dont on reparlera tout à l'heure, qui est Vanessa Miranville, qui n'est pas passée au premier tour.
15:32Les 3 maires en queue de classement sont les 3 maires les plus en difficulté lors de cette élection municipale.
15:39Donc, vous êtes en train de me dire, votre sondage, vous avez vu juste...
15:41Donc, il y avait...
15:41Non, je dis simplement qu'on avait des indices, si vous voulez, dont on se sert.
15:46On se sert de ce qu'on a, on n'a pas énormément de choses, mais ça, c'est des
15:49indices.
15:49Les 3 maires les moins bien évaluées à l'échelle de l'ensemble de l'île, c'était à Saint
15:55-Leu, à Sainte-Marie et à Saint-André.
16:00Vous voyez ?
16:00Et on est sur 3 des scores les plus faibles pour des sortants.
16:04Donc, il y a des liens entre les choses.
16:06Donc, M. Doi-Oma, on savait qu'elle était possiblement très robuste.
16:11Encore faut-il le confirmer.
16:13Encore faut-il le confirmer.
16:14Vous connaissez mieux que moi l'histoire électorale de Saint-Louis, qui est quand même particulière.
16:20Et puis, il faut quand même dire qu'en face d'elle, elle avait quand même des candidats qui étaient
16:25quand même sérieux.
16:26Absolument.
16:27Et que ça n'était pas évident, évident au début, quoi.
16:30Non, et puis avec un historique, si vous voulez, sur la commune.
16:34Bon, c'est la commune des deux CH, comme tout le monde le sait,
16:38qui ont été longtemps aux affaires et qui gardent des bases militantes.
16:45Qui ont su travailler, qui n'ont pas arrêté.
16:47C'est-à-dire qu'il a tant le temps été sur le terrain.
16:49Il n'a pas lâché le morceau.
16:51Moi, je dis souvent que c'est pour moi quelqu'un d'intellectuellement de brillant.
16:56Mais bon, il a son passé, il a son passif, notamment judiciaire.
17:01Et ça, c'est difficile de remonter, quoi.
17:03Mais Juliana M. Doahoma, elle fait partie d'une génération d'élus et de femmes
17:14dont on se rend compte qu'elle rentre en ce moment dans le paysage politique réunit, par rapport à...
17:20Bon, elle a des ambitions, d'ailleurs.
17:21Oui.
17:22Je pense qu'elle va se battre pour la présidence de la Civis.
17:25Et puis, si jamais elle ne l'a pas, on va peut-être la retrouver aux législatives.
17:29Mais enfin, moi, elle ne va pas en rester là.
17:32Et puis, vous avez publié sur Zinfos sa déclaration immédiatement après le premier tour,
17:37avec deux objectifs.
17:38Donc, un était de faire respecter Saint-Louis dans la région sud.
17:44Je pense que tout est bien dit.
17:46Tout est dit.
17:46Mais bon, le problème, c'est qu'à la Civis, on en reparlera tout à l'heure,
17:50mais vous avez quand même le futur maire de Saint-Pierre, qui va aussi vouloir sa part du gâteau.
17:55Vous avez Mathieu Warreau.
17:58On n'en a pas encore parlé, mais bon, Mathieu Warreau, qui lui aussi a été réélu
18:02et qui est lui aussi maintenant, c'est son deuxième mandat, et qui a des ambitions.
18:06Oui.
18:06Donc, ça va être une guerre des ambitions dans le sud.
18:12Ben, écoutez, les temps salés.
18:15Les temps salés, on y vient.
18:16Retour de Jean-Claude Lacouture.
18:18Oui, mais bon.
18:19Échec.
18:19C'est un rendez-vous pour la victoire et l'abysse, quoi.
18:21C'est de la vieille garde, c'est les vieux.
18:23Oui, mais vous vous souvenez de l'époque où Jean-Paul Virapoulet et André Tiana Kuhn
18:27ont regagné leur mandat et où on se demandait s'ils avaient raison d'aller chercher à le reconquérir
18:34si la page n'était pas tournée.
18:36Donc, parfois, elle n'est pas tournée.
18:39Là, elle semble l'être.
18:40C'est cinimalé.
18:41Oui, cinimalé.
18:43Mais je pense quand même que l'électorat a changé.
18:45Qu'aujourd'hui, ils attendent autre chose.
18:47Il y a les réseaux sociaux, etc.
18:48Tous ces gens-là, ils sont déconnectés.
18:50Et puis la sociologie de ces communes est en train d'évoluer.
18:54Sociologie de l'étang sale et de l'entre-deux, de la possession de Sainte-Marie, si on vient...
18:59Il y a beaucoup de gens qui achètent à l'entre-deux, qui achètent à l'étang salé,
19:02des gens qui n'étaient pas de la commune.
19:03Donc, ça change.
19:05Les avirons, pareil, même constat.
19:07Le maire, il se fait lire tranquille.
19:10Oui, c'est ça, confortablement.
19:12Côté, le port.
19:14C'est le dernier.
19:15Oui.
19:16Qui a été élu au premier tour.
19:21Absence d'opposition, si on peut le dire.
19:23Alors, on a quand même un ancien maire avec M. Langeunier.
19:28Oui, mais encore une fois, c'est le même schéma que...
19:32Il lui manque...
19:34Alors déjà, il avait connu un score un peu comparable, on s'en souvient,
19:38lors d'une législative contre Ruguette Vélo.
19:41Et à l'époque, Paul Vergès était encore à la tête de la région.
19:44Là, aujourd'hui, le PCR est plus capable de mettre des moyens sur le terrain,
19:48comme il l'était à l'époque, naturellement.
19:49Donc là, Jean-Yves Langeunier y a un peu allé sur son seul nom.
19:53Il était quand même soutenu par la région, quand même.
19:55Oui, c'est vrai.
19:57Mais quand vous regardez, c'est peut-être anecdotique,
20:02mais peut-être symboliquement notable.
20:05C'est l'élection où le PCR disparaît complètement.
20:09de la carte communale à la Réunion.
20:11L'explication tient aussi peut-être au fait que la région n'a pas des moyens de limiter
20:15et qu'ils ont peut-être mis le paquet à des endroits qui pensaient gagnables
20:19plutôt que le port, vous savez, que c'était joué d'avance.
20:22Oui, absolument.
20:22Donc voilà.
20:23Bon, on a fait le tour des communes quand elle était élue au premier tour.
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