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Retrouvez OSEZ ENTREPRENDRE avec Thomas Binet, en partenariat avec Eco Reseau Business. invité : Philippe Spanghero
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NewsTranscription
00:01Sud Radio, Oser Entreprendre, Thomas Binet.
00:04Comme chaque dimanche matin, on se retrouve pour vos rendez-vous économiques.
00:08Bonjour Thomas Binet.
00:08Bonjour Maxime.
00:09Au programme d'Oser Entreprendre ce matin.
00:11Comment une enseigne née d'une idée simple est-elle devenue l'une des références de la décoration en Europe
00:16?
00:16Maison du Monde, une formidable réussite entrepreneuriale confrontée aujourd'hui à la réalité d'un marché en pleine mutation.
00:23Et nous parlerons aussi d'héritage, de transmission et de destin avec Philippe Spanguero,
00:27ancien international de rugby et auteur du livre « Au nom du clan »,
00:31avec lequel nous nous poserons une question.
00:33Faut-il être fidèle à son nom ou écrire sa propre histoire ?
00:36Et nous terminerons avec Jean-François Faure, entrepreneur, investisseur et consultant pour Oser Entreprendre.
00:41Nous aborderons un sujet que beaucoup de dirigeants repoussent,
00:44la transmission justement, comment transmettre une entreprise, un savoir-faire, des valeurs,
00:49sans attendre qu'il soit trop tard.
00:52Écoréseau Business, le magazine de référence pour entreprendre, présente
00:57Sud Radio, Oser Entreprendre, la saga des entreprises.
01:01Thomas, on parle aujourd'hui d'une marque que tout le monde connaît.
01:04On l'a forcément croisée à un moment ou à un autre.
01:06Mais est-ce qu'on connaît vraiment son histoire ?
01:09C'est Maisons du Monde et c'est bien plus que de la déco, c'est ça Thomas ?
01:12Oui Maxime, et l'histoire est assez fascinante.
01:15Tout commence en 1996 avec un entrepreneur français, Xavier Marie.
01:20Son idée est simple mais ambitieuse, proposer des meubles et objets de décoration inspirés du monde entier à des prises
01:26accessibles.
01:27A l'époque, c'est presque révolutionnaire.
01:29On ne parle pas encore de concept store, mais Maisons du Monde en pose déjà les bases.
01:34Ça c'est une idée qui colle parfaitement à l'ère du temps, aujourd'hui, mais comment la marque, elle
01:38a grandi ?
01:39Très vite, elle comprend une chose essentielle.
01:41Les consommateurs ne veulent plus seulement acheter un meuble, ils veulent une ambiance, un style de vie.
01:46Dans les années 2000, l'enseigne se développe partout en France, puis en Europe.
01:50Elle multiplie les collections, industrielles, bohèmes, bords de mer exotiques.
01:54Chaque client peut voyager sans quitter son salon.
01:57Et surtout, Maisons du Monde devient omnicanal très tôt.
02:00Catalogue, magasin, puis e-commerce, dès les années 2000, un véritable tournant.
02:04Forcément, derrière ce succès, il y a eu des moments plus compliqués, non ?
02:08Oui, notamment avec l'explosion du e-commerce et la concurrence accrue.
02:11Il a fallu s'adapter, revoir les collections plus souvent, accélérer le digital,
02:15mais aussi intégrer des enjeux environnementaux.
02:17La marque a lancé des engagements forts sur la traçabilité du bois,
02:21les matériaux durables et même la seconde vie des meubles.
02:24Un pivot stratégique pour rester dans l'air du temps.
02:26Et aujourd'hui, où en est Maisons du Monde ?
02:28Eh bien, Maisons du Monde traverse actuellement une période difficile,
02:31marquée par une baisse de ses ventes et des tensions financières.
02:34L'enseigne a dû reporter la publication de ses résultats 2025
02:37et recherche activement de nouveaux investisseurs ou partenaires pour sécuriser son avenir.
02:42Malgré un recul du chiffre d'affaires, la direction observe une légère amélioration
02:46de l'activité depuis la fin de l'année 2025.
02:49L'entreprise poursuit un vaste plan de transformation,
02:52comprenant des économies, la modernisation de magasins
02:55et le renforcement de son offre digitale.
02:58Confrontée à la crise du marché, de l'ameublement et au ralentissement immobilier,
03:02Maisons du Monde cherche aujourd'hui à trouver un modèle de croissance durable.
03:10Thomas, nous sommes avec quelqu'un que les auditeurs de Sud Radio connaissent bien.
03:13Philippe Spanguero, ancien joueur de rugby français, consultant rugby dans les médias
03:17et qui intervient tous les week-ends sur Sud Radio, évidemment, la radio du rugby.
03:21Bonjour Philippe Spanguero.
03:23Bonjour Thomas, bonjour Maxime.
03:25Philippe, je montre à l'écran, pour ceux qui nous suivent sur sudradio.fr
03:28et sur l'ensemble des dispositifs digitaux,
03:30le livre que vous avez sorti aux éditions Alizio au nom du clan.
03:34Alors justement, c'est pour ça qu'on vous reçoit,
03:36parce que vous êtes un nom, Maxime le disait à l'instant,
03:39et vous avez choisi le titre « Au nom du clan ».
03:42Je voudrais commencer par ça, titre très fort.
03:45Pensez-vous qu'il faut honorer son clan ou s'en affranchir ?
03:48Et vous êtes bien placé pour en parler.
03:49C'est toute la question du livre, je pense qu'on peut faire les deux.
03:53Et c'est toute la question que beaucoup, beaucoup de gens se posent,
03:56d'entrepreneurs qui doivent eux-mêmes prendre le flambeau d'histoires familiales
04:01qui sont parfois lourdes, parfois pesantes,
04:04avec une forme de responsabilité dans la transmission.
04:08Et donc, je crois que tout l'enjeu, justement,
04:10c'est de réussir à honorer son héritage
04:12en prenant en compte ce qu'on est, nous, intrinsèquement,
04:16comment on veut faire les choses,
04:18quelle vision on peut avoir,
04:19qui diffère parfois de celle de ceux qui nous ont précédés,
04:24et de faire cohabiter tout ça pour réussir une transmission.
04:27– Alors justement, vous êtes un fils d'œil, comme on le dit habituellement,
04:31Spanguero, un nom qui résonne fortement dans le rugby français
04:34et un nom qui honore la France, selon Georges Pompidou.
04:37C'est ce qu'il disait.
04:38Vous êtes le fils de Guy Spanguero,
04:41qui était le frère de Walter Spanguero.
04:43À quel moment avez-vous ressenti, pour la première fois,
04:46que ce nom pouvait être à la fois une force et peut-être aussi un poids ?
04:50– Inconsciemment, je l'ai ressenti très tôt.
04:52J'ai perçu le regard de l'environnement extérieur dans notre environnement à nous,
04:57à Castelnaudary, qui est une ville moyenne,
05:01dans laquelle l'entreprise Spanguero était le plus gros employeur à l'époque,
05:05même à une période, le plus gros employeur du département de l'Aude.
05:10Et donc, je voyais qu'il y avait une forme de regard extérieur
05:13et d'attente des gens par rapport à notre famille, d'exemplarité.
05:17Mon père me parlait beaucoup, justement, de cet enjeu d'exemplarité à l'extérieur.
05:22À l'école, dans nos relations avec les gens.
05:25Je l'ai ressenti assez tôt dans le rugby aussi,
05:27puisque forcément, les gens comparaient énormément mes performances
05:31à celles de mon père, de mes oncles,
05:33mais aussi à celles de mon frère aîné, Nicolas,
05:35qui a 10 ans de plus que moi et qui a tracé aussi une voix
05:39qui était haute en termes d'ambition.
05:43Donc, voilà, j'ai vécu avec tout ça.
05:45J'ai grandi et j'ai réfléchi justement à la façon dont moi je voulais me construire.
05:52Et cette question de transmission familiale,
05:55je me rends compte qu'elle rejoint de façon extrêmement explicite
05:59les enjeux de transmission dans nos organisations.
06:02Alors, justement, parlons transmission.
06:04Je vous cite dans votre livre.
06:05« Je me sens chanceux d'avoir reçu en héritage des valeurs structurantes
06:09comme une humilité, le respect et le partage.
06:11J'ai envie de transmettre cela à mes deux filles, Paula et Lou.
06:15Mais contrairement à ma quête de réussite,
06:17je veux qu'elles comprennent qu'elles ne doivent pas se sacrifier
06:19sur l'autel de l'ambition.
06:20Ces deux mots, héritage et transmission,
06:23me sont particulièrement chers.
06:24Entre les deux, il y a une vie à construire,
06:26une vie à écrire
06:27et une étendue parfois hostile à traverser.
06:30Si on vous lit bien,
06:31la vie ne serait pas un long fleuve tranquille
06:33quand on est fils d'eux en général
06:35et fille de Félix Panguero en particulier ?
06:38Oui, alors j'ai voulu…
06:39J'étais pas très à l'aise en fait
06:43toujours dans la rédaction de cet ouvrage
06:45parce que je ne voulais pas du tout
06:47que les gens pensent que je voulais qu'on plaigne les enfants d'eux
06:49parce qu'il y a à côté de ça beaucoup de très bons côtés
06:52et je le dis en préambule,
06:54je me sens extrêmement chanceux d'avoir reçu ce que j'ai reçu.
06:57En termes de valeur, en termes de possibilités,
07:00de perspectives, le champ des possibles,
07:02quand j'ai décidé de me lancer dans l'entrepreneuriat,
07:05c'est ouvert très vite
07:06parce que j'avais cette culture de l'entreprise
07:08dans laquelle j'avais grandi à travers mon père,
07:10à travers mes oncles.
07:11Donc l'idée, c'était simplement de me servir d'histoire
07:15un peu dans lesquelles cet enjeu de loyauté familiale
07:20peut être exacerbé pour que ça parle à tout le monde en fait
07:24parce qu'aujourd'hui, je prends beaucoup de plaisir
07:26à intervenir dans les entreprises
07:27et pour parler justement de ces enjeux de transmission,
07:31alors que ce soit des enjeux de management du quotidien
07:34ou des enjeux un peu plus globaux de transmission d'entreprise
07:37et je me rends compte vraiment que la mécanique qui se joue
07:40d'un point de vue psychologique, c'est exactement la même.
07:43Donc on est tous confrontés à ces questions-là,
07:45on a tous fait des choix des moments de vie
07:47en pensant que c'était ce que nos clans attendaient de nous
07:50sans tenir compte de notre libre-arbitre,
07:53sans tenir compte de ce qu'on voulait vraiment
07:55et toute la question, c'est de se dire comment...
07:58Je voulais désinhiber les gens en fait
08:01en leur posant une question simple.
08:03Est-ce qu'on peut prendre une voie différente sans trahir ?
08:06Parce qu'on a tendance à penser inconsciemment
08:09que s'éloigner de ce que notre clan ou notre famille attend de nous,
08:12c'est trahir et ce n'est pas le cas.
08:13Philippe Sanguero, vous avez interrogé plusieurs personnalités connues
08:16pour être des fils ou des filles de Tabarly, Daguin, Bertrand, Galabru, Fechner, Tapie,
08:23entre autres, des noms qui ont aussi des histoires et des parcours.
08:27D'après vous, ces personnes, elles ont volontairement rompu
08:30avec leur héritage pour s'accomplir, pour réécrire leur propre destinée
08:34ou elles sont toujours tributaires du nom qu'elles portent ?
08:37Alors je crois qu'on est toujours tributaires,
08:40mais il y a ce qu'on décide d'en faire.
08:41Et je crois qu'à des moments de vie, ça inhibe.
08:44Et c'est ça que vous avez remarqué chez eux, justement ?
08:46Ils ont réussi à en faire quelque chose, à s'écrire un prénom,
08:49comme on le dit vulgairement ?
08:50Ils ont réussi à se faire un prénom, ils ont réussi à être heureux
08:54et surtout, ils ont réussi à faire de ce qui a pu les inhiber
08:59à une période de vie, un moteur.
09:01Emmanuel Galabru en parle très bien depuis que son père n'est plus là.
09:04Elle a envie de faire perdurer sa mémoire.
09:07C'est un levier de motivation supplémentaire.
09:09Les frères Karabatic parlent de la même chose avec leur père,
09:12Gérard Bertrand avec le sien.
09:14La très belle histoire entrepreneuriale d'Ariane Daguin,
09:17qui est partie aux États-Unis justement pour rompre le lien avec son père,
09:20pour se construire seule.
09:22Et qui finalement, une fois qu'elle a trouvé cet épanouissement personnel,
09:25est revenue à son père, entre guillemets,
09:27avec une forme d'amour qui s'était transcendée quelque part.
09:32Et donc, c'est vraiment des parcours très très différents,
09:35mais en fil rouge, on retrouve ça en effet.
09:36Philippe Sanguero, parmi tous les portraits,
09:38il y a une petite dizaine, si je vous y intègre,
09:40un peu en autoportrait dans votre ouvrage.
09:43Quelle est la personne qui vous a le plus frappé,
09:45marqué par sa personnalité justement,
09:48et à laquelle vous ne vous attendiez pas ?
09:50Alors, j'ai été sincèrement marqué par la plupart de mes entretiens.
09:54D'abord par la facilité avec laquelle les témoins se sont livrés
09:59sur ce sujet-là, qui est quand même intime.
10:01Mais j'ai en tête comme ça, un échange avec Marie Tabarly.
10:06Très beau portrait, effectivement.
10:08Qui a des mots assez crus, assez durs,
10:12pour verbaliser justement cette question-là.
10:16Et elle dit, moi quand j'entends que je suis la fille d'Éric Tabarly,
10:20j'entends que je ne suis rien.
10:21Être la fille d'eux, c'est n'être rien.
10:23Et tant qu'on est vu comme la fille ou le fils d'eux, on n'est rien.
10:27Et j'ai trouvé ça extrêmement violent.
10:31Mais ça a le mérite de mettre en lumière justement
10:34cette question de l'émancipation.
10:37Philippe Spanguero, on va arriver au terme de notre échange.
10:39Mais justement, une dernière question,
10:41et je vous demanderai d'essayer de répondre rapidement.
10:43Après avoir écrit ce livre, quel conseil donneriez-vous à un dirigeant
10:46qui souhaite transmettre bien plus qu'une entreprise,
10:49des valeurs, une culture, une vision ?
10:50Parce qu'il n'a peut-être pas un nom connu du grand public,
10:53cet entrepreneur, mais quelque part, il crée une destinée aussi.
10:57Bien sûr, il crée une destinée.
10:58Mais vraiment, ce livre s'adresse à tout le monde.
10:59Alors en quelques mois, c'est simplement, je pense,
11:01qu'il faut une grande humilité parce qu'il faut accepter
11:04que quelque chose qu'on a construit autour de nous
11:07et que notre vision soit plus grand que nous
11:09et ne nous appartienne pas vraiment.
11:11Ça, c'est le premier travail à faire qui est difficile.
11:13Et je crois que quand on a réussi ce travail-là,
11:15ça ouvre le champ des possibles et ça permet d'avoir
11:17une vision beaucoup plus claire de ce qu'on est prêt à donner,
11:21à offrir au monde quelque part.
11:22Merci Philippe.
11:23Et puis on vous retrouve sur l'antenne de Sud Radio
11:25cet après-midi de 17h à 18h pour ceux qui veulent suivre le rugby.
11:29Et merci beaucoup, Philippe Spanguero,
11:31d'être passé du côté d'Osez entreprendre.
11:32Et je rappelle que vous êtes l'auteur de
11:34Au nom du clan, c'est à retrouver aux éditions Alizio.
11:38Sud Radio.
11:39Osez entreprendre.
11:40Les essentiels de l'entrepreneuriat.
11:43Thomas, pour clore cette première parenthèse économique,
11:45on va aborder un sujet que beaucoup de dirigeants évitent.
11:47On vient d'en parler, c'est la transmission.
11:49Une entreprise, un patrimoine ou même un savoir-faire.
11:52Et un jour, la question tombe.
11:54Et malheureusement, elle tombe beaucoup trop tard.
11:57Et oui, et pour en parler, Maxime, nous sommes avec Jean-François Faure,
12:00notre entrepreneur, investisseur, consultant que nos auditeurs connaissent bien
12:03pour oser entreprendre.
12:05Jean-François, vous le répétez, la meilleure transmission,
12:08c'est celle qu'on prépare avant d'en avoir besoin en définitive.
12:11Exactement, Thomas.
12:12On imagine la transmission comme un rendez-vous chez le notaire,
12:15une vente, une succession.
12:16En réalité, c'est un processus qui prend des années.
12:19Le jour où vous transmettez, il est déjà trop tard pour commencer à y penser.
12:23Et pourtant, beaucoup attendent le dernier moment, malheureusement.
12:26Oui, alors ça, c'est le paradoxe français.
12:28On célèbre les entreprises qui naissent,
12:30jamais celles qui disparaissent, faute repreneur.
12:32Chaque année, des milliers de PME, de commerce, d'exploitation agricole
12:35ferment alors qu'elles ont encore des clients, des salariés, un savoir-faire.
12:38Pas parce qu'elles sont mauvaises, parce que personne n'a préparé la suite.
12:42Donc le risque, ce n'est pas seulement de perdre l'entreprise ?
12:45Alors non, c'est de le faire subir aux autres.
12:48Aux enfants qu'on n'a jamais associés,
12:50aux salariés qui découvrent tout au dernier moment,
12:53aux clients qui perdent un partenaire de toujours.
12:56Une entreprise survit à une crise, à une pandémie, à la concurrence.
12:59Elle ne survit pas toujours à l'absence de transmission.
13:02Donc transmettre, ce n'est pas seulement s'aider, Jean-François ?
13:04Alors non, transmettre, c'est rendre quelqu'un capable de continuer sans vous,
13:08former, documenter, déléguer, accepter que demain ne ressemble pas tout à fait à hier.
13:13C'est un acte de confiance autant qu'un acte de gestion.
13:16Merci Jean-François.
13:18Et merci à vous, mon cher Thomas Binet,
13:19qu'on retrouve donc dans une poignée de secondes
13:21pour la deuxième partie de ce rendez-vous économique.
13:23Osez investir.
13:24Sud Radio, osez entreprendre, Thomas Binet.