- il y a 10 minutes
Avec Sarah Bardin, spécialiste de la restructuration d'entreprises, fondatrice de VYRAJE et autrice de « Réparée » chez Stock.
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NewsTranscription
00:01Sud Radio, Oser Entreprendre, Thomas Binet.
00:05Et c'est l'heure de vos rendez-vous économiques du dimanche en compagnie de Thomas Binet.
00:08Bonjour mon cher Thomas.
00:09Bonjour Maxime.
00:10Au programme d'Oser Entreprendre ce matin.
00:12Comment une entreprise née il y a près de 150 ans peut-elle rester une référence mondiale de l'innovation
00:16?
00:16Je vais vous raconter l'histoire de Roventa qui a traversé les révolutions industrielles sans jamais perdre de son avance.
00:23Et puis nous recevrons ensuite Sarah Bardin, spécialiste de restructuration d'entreprise,
00:27fondatrice de podcast Virage et autrice de Réparer.
00:30A 29 ans, un AVC a brutalement bouleversé sa vie pour en changer son cours.
00:35Peut-on reconstruire son existence et continuer à entreprendre quand tout bascule ?
00:39Dans quelques minutes, elle nous expliquera justement son témoignage.
00:43Et enfin, nous sommes avec Meilin Camus, notre experte en intelligence économique.
00:47Nous parlerons d'un sujet encore trop méconnu des dirigeants, la culture du renseignement d'affaires.
00:51Pourquoi certaines entreprises voient-elles les crises arriver quand d'autres les subissent de plein fouet ?
01:07Thomas, pour commencer ce rendez-vous, on va parler d'une marque qu'on a tous à la maison.
01:11Mais quand je dis tous, j'insiste sur le tous, mais dont on ignore très souvent l'histoire.
01:15C'est Roventa derrière nos aspirateurs.
01:17Il y a donc une véritable saga industrielle que vous allez nous raconter.
01:20Oui, et elle collance quand même assez loin des aspirateurs.
01:23En 1884, Roventa est une petite entreprise allemande qui fabrique des accessoires de bureaux et de fumeurs.
01:30Absolument rien à voir avec ce que vous en connaissez aujourd'hui.
01:32Mais très vite, elle sent le virage de l'électricité ici en gouffre.
01:35Objectif, créer des appareils fiables, performants et déjà élégants.
01:39Et d'une certaine manière, le décollage de l'entreprise arrive quand ?
01:42Après la Seconde Guerre mondiale, Maxime Roventa lance ses Ferrari passées électriques.
01:45Puis dans les années 70, ses aspirateurs.
01:48Et là, la marque impose son style.
01:50Silencieuse, puissante, haut de gamme.
01:52Elle devient une référence européenne.
01:54Son credo, la qualité allemande, son compromis.
01:56On peut se dire quand même qu'avec la mondialisation, notamment, ça a pu se compliquer pour la suite, non
01:59?
02:00Oui, malheureusement.
02:00Dans les années 90, la concurrence asiatique casse les prix et les codes.
02:04Roventa doit se réinventer.
02:06Elle rejoint alors le groupe SEB.
02:07Un tournant-clé pour elle.
02:08Elle garde son positionnement premium, mais gagne une force de frappe mondiale.
02:12Et aujourd'hui, l'entreprise Roventa joue encore dans la cour des grands ?
02:15Plus que jamais, aspirateurs, robots, purificateurs d'air, produits réparables.
02:19Roventa mise sur la technologie et l'écologie.
02:22Des appareils conçus pour durer jusqu'à 15 ans.
02:25Dans un monde qui veut consommer mieux, la marque revient à son ADN.
02:28Donc, performance et durabilité.
02:30Et un temps d'avance sur nos besoins du quotidien.
02:37Thomas, nous sommes avec Sarah Bardin, spécialisée en restructuration d'entreprises en difficulté,
02:41fondatrice de la société de production de l'eau visuelle Virage
02:44et auteur de ce livre à succès réparé, surmonté en AVC à 29 ans.
02:48Et c'est à retrouver aux éditions Stock.
02:50Je suis si fatigué.
02:52C'est maintenant ce matin du 28 juin 2021 que je vais mourir.
02:56Seul dans ce box, des urgences à 29 ans, grelottant de froid et terrifié.
03:00Je ne reverrai jamais le sourire de mes fils.
03:03Je ne saurai jamais quel petit garçon ils deviendront.
03:06S'ils seront des hommes aussi adorables et drôles qu'ils l'étaient bébés.
03:09Alors, pendant que le soleil se lève pour briller pour eux,
03:12je me mets à pleurer.
03:13Pleurer sans m'arrêter et appeler mes fils.
03:15C'est à ce moment-là que j'ai lâché prise dans un hurlement aussi profond que définitif.
03:20À compter de cet instant précis, je n'ai plus aucun souvenir.
03:24Black out.
03:25Bonjour Sarah Bardin.
03:26Bonjour.
03:28Ce passage, je l'ai pris de votre livre.
03:31C'était il y a cinq ans.
03:33Jour pour jour, quasiment heure pour heure, en fait.
03:37C'est le hasard de la vie, dit-on ?
03:39Un petit clin d'œil de l'univers.
03:42Pourtant, il n'y a pas de hasard et des rendez-vous, disait Paul Éloire.
03:45Absolument, j'y crois.
03:46Et chaque année, j'ai mon petit clin d'œil.
03:47Celui-là est particulièrement plaisant.
03:50Alors, j'ai envie de commencer par une question simple, mais importante,
03:53que tout le monde se pose en écoutant le premier récit que je viens d'en faire.
03:56Comment allez-vous, cinq ans après ?
03:58Je vais très bien.
03:59Je vais étonnamment très bien.
04:00Si on m'avait dit il y a cinq ans, enfin il y a cinq ans, j'étais dans le
04:02coma,
04:03mais si on m'avait dit à mon réveil que j'aurai un jour cette vie,
04:05que je pourrais un jour avoir de nouveau une vie normale, j'y aurais pas cru.
04:11Est-ce que vous dites aujourd'hui, comme vous l'avez écrit dans votre livre,
04:13je vais comme quelqu'un qui dispose de la vie éternelle ?
04:18Sans vouloir la gâcher, en ayant quand même conscience qu'elle prendra fin,
04:21que je finirai par perdre le combat, mais le plus tard possible.
04:24Alors, pour bien expliquer à nos auditrices et nos auditeurs
04:26qui nous font le plaisir de nous accompagner ce dimanche matin,
04:29je vais leur reprendre, si vous le permettez, sous votre contrôle,
04:31le fil de cette nuit du 27 au 28, car c'était il y a quelques heures, il y a
04:36cinq ans.
04:37À trois heures du matin, vous êtes prise de vertige, de nausée,
04:39vous êtes allongée à même le sol de la salle de bain et vous crachez du sang.
04:42Vous mettrez deux heures à convaincre votre compagnon de l'époque à appeler de secours
04:46qu'il ne croit pas à l'AVC.
04:48Il y a six heures du matin, le diagnostic tombe, c'est un AVC massif.
04:52Le médecin vous laisse quelques minutes pour prévenir vos proches,
04:54car les médecins sont formels.
04:56Vous ne serez bientôt plus en mesure de téléphoner, vous ne pourrez plus réagir.
05:00Vous prévenez votre meilleur ami, surnommé Gamette, Camille, de son vrai prénom,
05:04et pas le père de vos enfants avec lequel vous entretenez des relations conflictuelles
05:08depuis des années et qui vont prendre une autre dimension avec cet AVC.
05:13Sarah Bardin, comment peut-on avoir un accident vasculaire cérébral ?
05:17Parce que je pense que c'est la question que tout le monde se pose en nous écoutant à 29
05:20ans
05:20sans être un profil à risque, parce qu'on n'imagine pas du tout que ce soit possible.
05:25Alors, l'AVC concerne tous les âges, il concerne surtout les femmes,
05:29et c'est ce qui est assez méconnu et assez surprenant,
05:31puisque ça reste quand même la première cause de mortalité féminine.
05:34Mais on n'en parle pas, parce que l'AVC est extraordinairement anxiogène.
05:39Quand vous vous imaginez une victime d'AVC, vous vous imaginez un homme âgé,
05:44avec un peu de bave au bord de la bouche, qui ne peut plus parler,
05:48vous n'imaginez pas que ça puisse frapper un sujet jeune, et encore moins une femme.
05:53En l'occurrence, on pense beaucoup au cancer du sein, quand on pense maladie mortelle des femmes.
05:58Cancer du sein, une femme sur 8, AVC, une femme sur 4.
06:01Alors justement, j'ai pris les données publiées par Santé publique France,
06:05je vais reprendre des éléments que vous donnez, et je vais les compléter si vous m'y autorisez,
06:08ce sont entre 120 et 150 000 Français qui sont victimes d'un AVC.
06:12On constate un AVC toutes les 4 minutes.
06:14C'est la première cause, vous l'avez dit, de mortalité féminine, et ça touche une femme sur 4.
06:18Plus de 30 000 personnes en meurent chaque année.
06:21Chaque minute de perdu, c'est quand même 2 millions de neurones perdus.
06:2580% des cas pourraient être évités si les facteurs de risque pouvaient être identifiés.
06:30Et surtout, ce qu'on peut dire aujourd'hui, c'est qu'aucune campagne de santé publique sur le sujet
06:34n'a été jamais mise en place.
06:35C'est votre combat depuis 2 ans, d'ailleurs, depuis que ça vous est arrivé.
06:38Et notoirement, les pouvoirs publics ne l'entendent pas.
06:40Mais ça interroge, on se demande justement pourquoi on n'a pas cette campagne de santé publique
06:44qui à moyen terme, voire à court terme, pourrait représenter d'importantes économies.
06:48Parce que tout le monde ne meurt pas de l'AVC.
06:50Il y a beaucoup d'handicapés, et donc c'est très coûteux.
06:54Ça reviendrait à beaucoup moins cher de faire une campagne de santé publique.
06:57Et surtout, ça permettrait une prise en charge rapide.
06:59Or, on a pu constater que plus la prise en charge est rapide et spécialisée,
07:03moins les séquelles sont étendues.
07:05Donc en fait, on s'y retrouve.
07:06Alors justement, vous parlez de séquelles, et pour ceux qui nous surfent sur Radio.fr
07:10ou sur les réseaux sociaux, ils ne voient pas que vous avez forcément des séquelles, quand on vous voit.
07:15Et pourtant, je vous cite, je suis victime de stigmates, du handicap invisible,
07:19comme si je ne savais rien faire de mes dix doigts.
07:21En haut des marches, je m'arrête car j'ai peur de basculer en avant.
07:24J'ai du mal à couper la viande de mes enfants si mes couteaux sont mal aiguisés.
07:26Je peux être victime d'une grande fatigue à n'importe quel moment
07:29et ne pas trouver le sommeil pour autant.
07:32Mon pied gauche s'emmêle régulièrement avec ma jambe droite.
07:34Je ne peux plus jouer du piano.
07:36Taper sur le clavier de mon ordinateur pour écrire le livre est un sacerdoce.
07:39Ma main gauche tremble chaque fois qu'il ne faut pas.
07:42J'ai mal à la tête quasiment en permanence.
07:44Je ne sais plus courir.
07:45Le stress intense est très problématique.
07:47Si on me coupe la parole, il m'est impossible de retrouver le fil de ma pensée.
07:51Je m'arrête là.
07:52Il y a un chapitre entier.
07:53On peut se dire quand même que c'est lourd évidemment à porter.
07:57C'est ce que moi je qualifie de maladie invisible.
08:00Parce qu'on ne le voit pas quand on vous observe.
08:02Quand on voit quelqu'un qui est frappé par ces maladies.
08:05Est-ce que ça c'était il y a deux ans ?
08:07Est-ce qu'aujourd'hui, deux ans après, les séquelles que je viens d'évoquer,
08:10et encore je n'ai pas tout évoqué, sont les mêmes ?
08:12Alors il faut savoir que je m'en sors extrêmement bien.
08:14Puisque je vis avec une ablation d'une partie du cerveau.
08:18C'est-à-dire qu'il me manque une partie du cerveau et il me manque une partie de la
08:21boîte crânienne.
08:22Donc en théorie, je ne devrais même pas pouvoir tenir sur mes deux jambes.
08:25Donc la liste des séquelles, aussi longue soit-elle, est très courte.
08:29Je m'en sors extrêmement bien.
08:31Aucun médecin n'a jamais imaginé que je pourrais même un jour remarcher.
08:34Je n'ai même plus la zone du cerveau qui permet de maintenir mon équilibre ou ma coordination.
08:39Donc en réalité, tout ça, vous voyez, ce sont peu de choses.
08:44Alors je rappelle pour ceux qui nous rejoignent en cours d'émission,
08:47que nous sommes avec Sarah Bardin, qui a écrit un livre qui s'appelle
08:50« Réparer, surmonter un AVC à 29 ans ».
08:52On va s'intéresser à la femme d'avant, si vous me permettez.
08:54Vous obtenez votre bac à 16 ans.
08:56Vous poursuivez des études exigeantes en droit des affaires.
08:58Votre carrière progresse rapidement jusqu'à cet accident.
09:02Est-ce que l'AVC vous a rendu moins ambitieuse ou ambitieuse autrement ?
09:06Pourquoi je vous pose la question ?
09:07Parce que vous le dites de vous-même dans le livre,
09:09vous êtes ambitieuse, impatiente, carriériste, déterminée.
09:13Que des qualités !
09:15Ce sont des énormes défauts, je pense.
09:17Mais ce n'est pas grave.
09:18En tout cas, vous le dites.
09:19Non, en réalité, ma carrière prend un premier arrêt à la naissance de mes enfants,
09:25puisque mes enfants sont les grands prématurés.
09:27Ce qui a nécessité une réorganisation de la vie familiale
09:29qui reposait principalement sur moi.
09:31Ça a été un premier appel à l'ordre,
09:33du fait que peut-être que tout ne tournait justement pas autour de ma carrière.
09:36Voilà. Et puis ensuite, il y a eu cet AVC, coup de grâce,
09:39puisque là, il y avait un problème réellement de, comment dire, un problème pratique.
09:44Je ne pouvais pas travailler.
09:45Dès que j'ai pu, j'ai repris le travail, mais différemment.
09:49Voilà. Et puis, vous avez une vision de votre quotidien
09:51qui est extrêmement modifiée par ces événements.
09:54Et puis, évidemment, votre curseur de vos priorités est totalement déplacé.
09:59Alors, vous êtes spécialisé en restructuration d'entreprise.
10:02On ne va pas rester sur cet épisode particulièrement,
10:05parce que depuis, vous avez lancé aussi un podcast qui s'appelle Virage.
10:07Alors, ça s'écrit différemment de ce qu'on pourrait en croire.
10:10Ça s'écrit V-Y-R-A-J-E.
10:12Et c'est sur YouTube, pour ceux qui nous écoutent,
10:14il convient d'aller voir ce que vous faites.
10:16Vous avez fait une centaine d'entretiens de femmes et d'hommes
10:19que vous appelez célèbres ou anonymes, des destins extraordinaires,
10:23à l'image peut-être du vôtre, par certains côtés.
10:25C'est ça qui vous a inspiré, le fait de mettre ce podcast en ligne ?
10:28Alors, je n'en suis pas encore à son entretien,
10:30parce que c'est assez récent comme projet,
10:32mais je vais bientôt y arriver.
10:34Et oui, incontestablement, c'est mon histoire personnelle
10:37qui a eu une résonance.
10:40J'ai constaté que, pour tout le monde,
10:42et le sujet est assez universel,
10:44même si la destination est fixe,
10:46la trajectoire n'est jamais celle qu'on imagine.
10:48La vie est faite de virages.
10:50Je ne connais personne qui a eu un destin linéaire.
10:52Donc, en effet, je tends le micro à ces destins
10:55un peu extraordinaires qui me passionnent
10:57et qui sont des leçons de vie.
10:59Sarah Bardin, avant votre AVC,
11:00qu'est-ce qui vous semblait urgent
11:01et qui vous paraît aujourd'hui dérisoire ?
11:04Notamment le fait que je priorise
11:06ma vie uniquement professionnelle.
11:08C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
11:09je suis dans la quête permanente de l'équilibre
11:12entre ma vie personnelle,
11:13et en particulier le rôle que j'ai auprès de mes enfants,
11:16et ma vie professionnelle.
11:18Puisqu'il y a quand même un principe de réalité,
11:19il faut faire manger cette petite famille.
11:22Vous dites souvent que vous avez vécu depuis cet AVC
11:25dans l'instant présent.
11:27Beaucoup de personnes diraient à ma place
11:29vivement demain, vous c'est vivement maintenant.
11:31Est-ce que pour autant, vous arrivez à vous projeter ?
11:33Parce que, sauf heure de ma part,
11:35j'ai lu dans votre livre que tous les soirs,
11:36quand vous vous couchez,
11:37vous dites que peut-être que demain,
11:38ça sera fini.
11:39Tous les soirs, sans exception.
11:41Mais j'ai très envie de vieillir, en revanche.
11:43C'est-à-dire que pour moi,
11:44vieillir est une chance.
11:45Vous voyez, je n'aurais pas dû voir mes enfants
11:47souffler leur deuxième bougie.
11:48Ce sont des jumeaux.
11:49Je n'aurais jamais dû assister à cette scène.
11:52Dans quelques semaines,
11:53je les verrai souffler leur septième bougie
11:55et j'en suis ravie.
11:57Donc, vous arrivez à vous projeter ?
11:58J'appréhende la vieillesse,
12:00enfin l'âge, en tout cas le fait de vieillir
12:02très différemment des personnes de mon âge.
12:06Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter
12:07pour terminer notre entretien de ce dimanche matin
12:09en dehors de la santé ?
12:10La santé de mes enfants.
12:12La santé de vos enfants.
12:13Écoutez, le message est passé.
12:14Merci à vous et merci d'avoir accepté notre invitation.
12:17Merci beaucoup Sarah Berdin
12:18d'être passée du côté d'Osez entreprendre.
12:19Et je rappelle que vous êtes l'autrice de ce livre
12:21à succès,
12:22Réparer,
12:22avec le récit de ce parcours
12:24surmonté à un AVC à l'âge de 29 ans.
12:26Et c'était aux éditions Stock.
12:34Thomas, nous sommes pour conclure
12:35ce premier rendez-vous économique
12:37avec Méline Camus,
12:38ancienne officier de renseignement,
12:39fondatrice et dirigeante
12:41du cabinet de renseignement d'affaires
12:42Prisme Intelligence
12:43et notre experte en intelligence économique.
12:44Thomas, vous allez avec elle
12:45nous parler de la culture
12:47du renseignement d'affaires.
12:48Alors, on va repartir sur un sujet
12:49un peu plus pragmatique avec vous Méline.
12:51Quand on entend le terme
12:52d'intelligence économique,
12:54on pense souvent à la veille,
12:55aux informations ou encore
12:57aux renseignements.
12:57Non, mais vous dites
12:58que c'est avant tout une culture.
13:01Exactement, Thomas.
13:02Beaucoup de dirigeants
13:02pensent que l'intelligence économique
13:04est un outil ou une fonction
13:05qu'on développe dans les entreprises.
13:07Et en réalité,
13:08c'est d'abord un état d'esprit.
13:09Celui qui consiste à observer
13:11son environnement,
13:12anticiper les risques,
13:13se protéger et détecter
13:14les opportunités avant les autres.
13:16Alors, concrètement,
13:17à quoi cela ressemble
13:18dans une entreprise, Méline ?
13:19On va prendre un exemple concret.
13:21Deux entreprises,
13:22elles évoluent sur le même marché.
13:23La première,
13:24elles continuent,
13:25comme d'habitude,
13:26sans trop s'inquiéter
13:27ni même observer
13:28ce qu'il se passe autour d'elle.
13:29Et la seconde,
13:30elle va surveiller
13:31les évolutions réglementaires,
13:32les nouveaux concurrents,
13:33les innovations technologiques
13:34et les signaux faibles
13:36de son secteur.
13:37Elle va finalement instaurer
13:38une culture du renseignement d'affaires
13:40dans son organisation.
13:42Quelques mois plus tard,
13:43une nouvelle réglementation
13:44bouleverse le marché.
13:46La première entreprise
13:47va subir la situation,
13:48alors que la seconde,
13:50elle l'avait anticipée,
13:51elle s'était déjà adaptée.
13:53Donc l'avantage ne vient pas forcément
13:55des moyens financiers,
13:56c'est ça que vous voulez nous expliquer ?
13:57Exactement.
13:58L'avantage vient souvent
13:59de la capacité à comprendre
14:00ce qui est en train de se passer
14:02avant les autres.
14:03L'intelligence économique,
14:04ce n'est pas avoir le plus d'informations,
14:06c'est de savoir identifier
14:07les bonnes informations
14:08pour prendre les meilleures décisions.
14:10Donc si je vous comprends bien,
14:12l'intelligence économique
14:13concerne toutes,
14:14mais absolument,
14:15toutes les entreprises.
14:16Toutes,
14:16sans exception.
14:17Dans un monde
14:18où tout va de plus en plus vite,
14:19les entreprises qui réussissent
14:20ne sont pas forcément
14:21les plus grandes
14:22ou les plus puissantes.
14:23C'est souvent celles
14:24qui comprennent leur environnement
14:26avant les autres.
14:28Avoir de l'information,
14:28c'est bien,
14:29mais savoir ce qu'on en fait,
14:31c'est quand même mieux.
14:32Merci Maïline.
14:33Et merci à vous mon cher Thomas.
14:34On se retrouve dans une poignée de secondes
14:35pour la suite de vos rendez-vous
14:36économiques Oser Investir.
14:38Sud Radio,
14:40Oser Entreprendre,
14:41Thomas Binet.
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