- il y a 4 heures
Ce jeudi 11 juin, Alexandre Baradez, chef analyste chez IG, Matthieu de Clermont, directeur des investissements Assurance & Stratégies Réglementaires chez AllianzGI, Henri Chabadel, CIO de BlackRock France, et Aude Kersulec, journaliste BFM Business, se sont penchés sur l'IPO de SpaceX qui a attiré plus de 70 milliards de dollars de commandes de particuliers, le retour de la volatilité sur les valeurs tech, la BCE qui relève ses taux de 25 points de base, ainsi que le durcissement monétaire qui se précise aux États-Unis, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:03La BCE relève ses taux de 25 points de base, décision prise à l'unanimité.
00:08La BCE relève sa prévision d'inflation en zone euro de 2,6% cette année à 3%.
00:12On va en parler et de SpaceX aussi.
00:14Nos experts ce soir, Alexandre Baradès pour IG, bonsoir Alexandre, on est ravi de vous retrouver.
00:19Bonsoir.
00:19Henri Chabadel pour BlackRock France, bonsoir Henri.
00:22Bonsoir.
00:22Bienvenue et Mathieu Clermont pour Alliance Global Investors, bonsoir Mathieu.
00:26Bonsoir.
00:26Bienvenue Alain et l'autre, on va parler promis de la BCE dans un instant.
00:29Le marché ne réagit pas négativement du tout puisqu'on l'avait anticipé.
00:32Cette hausse de taux, très clairement, le CAC 40 gagne donc 0,5%.
00:34On voit même les taux souverains en Europe se détendre un tout petit peu.
00:37Tout cela était pricé, anticipé.
00:39On entrera dans le détail dans une poignée de secondes.
00:40D'abord, J-1 là.
00:42On se prépare là quand même.
00:44On remet le sujet sur le devant de la vitrine.
00:46Alexandre, vous êtes prêt aussi pour demain SpaceX, l'introduction en bourse.
00:49Donc on est à J-1 et on a un chiffre aujourd'hui sur le taux de souscription des particuliers.
00:54Un chiffre à nouveau spectaculaire.
00:56Oui, effectivement.
00:57Les particuliers, selon Bloomberg, 70 milliards de dollars d'ordre pour les particuliers.
01:01Donc on avait déjà des échos sur une sursouscription à l'IPO de la part des acteurs.
01:07Donc c'est vrai qu'il devrait y avoir effectivement une très forte demande pour le titre.
01:11Après, les questions que tout le monde se pose, c'est ensuite, le jour de l'IPO, effectivement,
01:16on peut avoir des mouvements complètement spectaculaires.
01:18Des plus 20, des moins 20, des plus 30.
01:20Enfin, c'est le genre de choses auxquelles on peut s'attendre sur l'introduction en bourse.
01:22La question qui se pose de manière de plus posée, c'est sur les semaines qui suivent et les mois
01:27qui suivent.
01:27Est-ce que les valorisations qui seront celles de SpaceX anticipées, donc 1 750, 1 800 milliards,
01:34il y a certaines boîtes d'analyse aux États-Unis qui relèvent même des prix au niveau de 165, 170
01:40dollars de fair value pour le titre.
01:44Ce qui amènerait donc la market cap, donc la valeur totale en bourse au-delà de 2 000 milliards de
01:48dollars, ce qui est absolument énorme.
01:50On va rappeler comme ça quelques chiffres.
01:52Si réellement SpaceX arrive à tenir cette valeur de 1 800 milliards, voire plus, mais disons déjà 1 800 milliards
01:58dans les jours
01:59qui l'amènent jusqu'à l'inclusion dans le Nasdaq 100, c'est-à-dire 15 jours plus tard aux
02:03États-Unis,
02:04ça placerait SpaceX entre la 6e et la 7e plus grosse capitalisation du Nasdaq 100.
02:09C'est-à-dire que SpaceX sera entourée d'entreprises comme Tesla, comme Apple, Microsoft, Alphabet,
02:16qui sont toutes une micro-technologie également.
02:19Également, il y aurait Walmart, il y aurait tout cas des entreprises qui gagnent toutes beaucoup, beaucoup, beaucoup d'argent.
02:24Et vous auriez donc là-dedans une entreprise qui, pour l'instant en tout cas, si on va donner les
02:28comptes de 2025,
02:30a perdu 5 milliards de dollars pendant ce l'année et à peu près le même montant de pertes sur
02:36le premier trimestre.
02:37Donc vous auriez une entreprise qui, pour l'instant, ne gagne pas d'argent,
02:39qui serait valorisée au même titre que dans des entreprises qui sont toutes très rentables et depuis des années.
02:44Oui, effectivement, mais ça n'a pas empêché le miracle Tesla en bourse,
02:47parce qu'en termes de business, Tesla n'est pas du tout à la hauteur des promesses initiales.
02:50Et pourtant, dans les 7 magnifiques, je crois bien qu'il y a Tesla malgré tout, Alexandre.
02:54Oui, effectivement, c'est ça la belle histoire aussi de SpaceX, en tout cas, qui est amenée en bourse.
03:00C'est qu'effectivement, qui veut oser parier contre la réussite potentielle d'Elon Musk dans cette plus-qu'aventure
03:06?
03:06Ça fait 25 ans, rappelons-le, que SpaceX existe, une entreprise dans laquelle des investisseurs privés sont rentrés dès le
03:11départ,
03:12les employés également qui ont des parts, donc ça va être un bel exit pour une partie d'entre eux.
03:16Mais effectivement, personne ne veut parier contre ça.
03:19Donc tout le monde en veut parce que tout le monde se dit aussi, j'ai peut-être raté Tesla
03:22à l'époque,
03:23quand ça ne valait pas très cher et puis quand ça a accéléré, même sur des niveaux de valorisation complètement
03:27indécents.
03:27On rappelle encore aujourd'hui que Tesla se paie à peu plus de 300 fois les bénéfices en bourse,
03:31là où le Nasdaq, c'est à peu près 37 fois les bénéfices.
03:34Donc effectivement, personne ne veut rater ça, mais pour autant, on peut quand même rappeler quelques histoires d'introduction.
03:41Si vous voulez, je me souviens de Facebook, par exemple, en 2012.
03:44Facebook, le prix de l'IPO, c'était 38 dollars.
03:46Ça avait ouvert, si vous vous souvenez, on était autour de 40-42 dollars.
03:49Eh bien, vous regarderez un graphique chez vous.
03:51Quatre mois plus tard, le cours de bourse avait été divisé par deux.
03:56Alors le bottom avait été fait à ce moment-là et ensuite, le vrai rallye était parti.
04:00Mais ça montre dans l'histoire des marchés qu'une IPO aussi intéressante et, entre guillemets, sexy soit-elle,
04:06eh bien Facebook, par exemple, à l'époque, avait baissé de quasiment 50% avant de trouver le juste prix
04:11et le rallye était parti là-dessus.
04:13Donc ce n'est pas parce que, encore une fois, l'histoire est très belle.
04:16On peut en parler après de ce qu'il y a dans SpaceX parce que là aussi, il y a
04:19un petit peu de débat.
04:20Il y a du spatial, mais il y a beaucoup d'autres choses aussi dans SpaceX et qui n'est
04:23pas du spatial.
04:24Est-ce qu'effectivement, cette valo peut tenir la route dans les premières semaines de cotation ?
04:29Moi, j'ai un petit peu là-dessus.
04:30Sur les grandes introductions en bourse depuis une quinzaine d'années, on a regardé chiffres, on a trouvé ce chiffre.
04:35La performance médiane sur la première année de cotation des grandes intros américaines,
04:39la performance médiale, c'est moins 31%.
04:41C'est rarement brillant la première année, effectivement.
04:44Ça peut commencer comme une balle à la hausse et se ré-effondrer et replonger de plus belle.
04:48Ensuite, à la baisse, par exemple, Alibaba aussi, c'est un carton, mais la première année, Alibaba a fait moins
04:5330%.
04:54Et c'est souvent comme ça que les grandes introductions en bourse font leur premier pas sur les marchés.
04:58On verra pour SpaceX qui, demain, et les premiers jours, premières semaines, devraient cartonner.
05:01Parce que quand même, Alexandre, les indices vont intégrer SpaceX, notamment tous les ETF adossés au Nasdaq qui devront l
05:07'intégrer.
05:07Donc, on imagine ce titre d'abord commencer bien orienté, mais au point que les attentes sont énormes à la
05:12hausse.
05:13Tout à l'heure, Geoffrey Wafka nous disait « Si demain, SpaceX ne prend pas 30%, je considérerais que c
05:17'est un échec ».
05:19Oui, mais c'est là, je pense, qu'il va falloir distinguer le court terme du moyen terme.
05:23Encore une fois, à court terme, effectivement, tout est possible sur un marché comme le marché américain.
05:26On l'a bien vu sur les deux, trois derniers mois avec les semi-conducteurs.
05:29Des indices ont doublé en l'espace de quelques mois.
05:31Donc, tout est possible.
05:32Mais justement, la question qui intervient aujourd'hui, c'est que l'IPO va se faire dans un environnement qui
05:40a été très, très haussier depuis deux, trois mois
05:43et spécifiquement plus sur la partie tech.
05:45Donc, on rentre dans un marché spécifique, dans un marché qui est déjà bien valorisé et va apporter à cette
05:51valorisation sa touche de, je veux dire, de survalorisation.
05:54Il y a un moyen de détail, je ne vais pas faire trop long, mais qui me paraît important quand
05:57même.
05:57SpaceX, quand on parle au grand public, si on ne va pas creuser dans le prospectus de l'IPO, pour
06:02tout le monde, SpaceX, c'est les fusées, c'est les lanceurs, c'est l'histoire spatiale.
06:05Si vous regardez aujourd'hui dans les comptes de SpaceX, vous regardez le marché adressable, et ce n'est pas
06:10moi qui le dis, c'est dans le prospectus d'IPO,
06:12vous regardez le marché adressable le plus important pour SpaceX et très, très loin devant les autres, c'est l
06:18'IA.
06:19Grosso modo, le marché adressable, c'est 26 000 milliards pour l'IA.
06:23Pour la partie de connectivité, c'est-à-dire Starlink, c'est à peu près 1 600 milliards.
06:26Ça inclut aussi les data centers.
06:28Et pour la partie spatiale pure, à savoir les lanceurs qui lancent justement les satellites et aussi les contrats avec
06:33la NASA ou d'autres entités américaines,
06:36c'est à peu près 340-400 milliards de dollars.
06:39Donc, et quand vous regardez, dernier élément, les niveaux de dépense de SpaceX aujourd'hui, dépense d'investissement,
06:44les trois quarts de la dépense d'investissement prévue cette année chez SpaceX, c'est pour XAI, c'est-à
06:49-dire la partie intelligence artificielle.
06:51Donc, en fait, quand vous achetez aujourd'hui SpaceX, vous faites surtout actuellement un pari sur l'IA,
06:56beaucoup plus qu'un pari en termes de proportion sur la connectivité ou le spatial.
07:01Et ça, ça vous rassure, Alexandre ?
07:03Disons que les concurrents qui en fassent, j'ai regardé les projections, SpaceX envisage à peu près 30 milliards de
07:10dépenses cette année pour l'IA.
07:13Vous avez face à ça du alphabète qui prévoit 180-190 milliards de CAPEX.
07:17Donc, il y a un environnement qui est très concurrentiel et que les dépenses engagées sont absolument colossales.
07:22Et c'est pour ça, il y a quelques années spécifiques qu'il y ait de l'argent et on
07:26gagne au moins depuis l'inclusion de XAI
07:29et depuis la montée en puissance des CAPEX pour l'IA.
07:31Donc, je ne dis pas encore une fois, à moyen long terme, je pense que c'est un pari qui
07:34va réussir.
07:35Je dis simplement à court terme, il me semble que rentrer à 1 800 milliards de dollars dans l'environnement
07:39des marchés
07:40qu'on a actuellement, c'est relativement cher en termes de tech et en plus sur l'entreprise qui est
07:44très focalisée à court terme sur l'IA.
07:45Je pense que ça vaut trop cher pour l'instant et que dans quelques semaines et quelques mois,
07:49il devrait y avoir du cours un peu plus bas que les 135 dollars.
07:53Dernière question avant de donner la parole à Mathieu Clermont et Henri Chabadel.
07:56Il se trouve que SpaceX, c'est une immense augmentation de capital.
07:59Il y aura ensuite Anthropik, OpenAI, il y a la levée de fonds en actions d'Alphabet, peut-être celle
08:03à venir aussi de Meta.
08:04Bref, il y aura de plus en plus d'actions sur le marché alors qu'on sort d'une vingtaine
08:07d'années de contrition du nombre d'actions.
08:09Là, on va avoir plutôt une augmentation.
08:11Goldman Sachs, par exemple, s'attend à ce que cette année, on n'ait pas de contrition du nombre d
08:14'actions.
08:14Ce serait une première depuis 2003 à l'échelle américaine.
08:18Est-ce que ça, pour le coup, le fait qu'on aille dans un monde avec à nouveau plus d
08:22'actions,
08:23contrairement aux vingt dernières années, va limiter le potentiel presque mécaniquement de valorisation de ces actions ?
08:28Puisqu'elles sont plus nombreuses, est-ce qu'elles auront plus de mal à se valoriser, d'après vous ?
08:32À court terme, potentiellement, oui.
08:34À court terme, c'est vrai qu'on enchaîne SpaceX, Anthropik et OpenAI d'ici quelques mois.
08:384 000 milliards de market cap anticipés.
08:40Oui, ça peut un peu contraindre, mais globalement, c'est quand même une très bonne nouvelle
08:43quand il y a plus d'entreprises en bourse que moins d'entreprises.
08:46C'est une très bonne nouvelle aussi pour le financement globalement de l'activité.
08:50Mais c'est vrai qu'à court terme, ce qu'on voit dans ces IPOs assez gigantesques,
08:55et même dans des groupes qui sont déjà en bourse depuis quelques temps,
08:58c'est qu'on est passé, là, en l'espace de quelques temps,
09:01notamment dans la partie tech, d'un environnement où, principalement, on avait des rachats d'actions.
09:05Tous les grands groupes tech américains, depuis des années, annonçaient systématiquement des rachats d'actions massives.
09:09Donc, finalement, vous réduisez le flottant, vous augmentez, du coup, le bénéfice par action un peu mécaniquement.
09:14C'était le paradis des actionnaires parce qu'ils voulaient remercier une grosse partie du capital.
09:18Ce qu'on voit depuis les ans de Alphabet et peut-être Méta à venir,
09:21c'est que désormais, c'est des émissions d'actions nouvelles qui sont envisagées
09:25pour financer les immenses dépenses liées à l'intelligence artificielle.
09:29Et oui, donc, on passe sur un mode qui est un petit peu différent.
09:32Donc, à long terme, tout ceci sont des bonnes nouvelles.
09:34Mais à court terme, la partie rachat d'actions en permanence et financement au fonds propre en cash,
09:39on voit que c'est un peu différent.
09:41Désormais, recours à la dette, il y a de l'obligataire.
09:42Et surtout, il semble qu'on s'oriente de plus en plus vers des émissions d'actions nouvelles
09:46pour financer ces énormes dépenses d'investissement.
09:48Et ça, à court terme, ça dilue un petit peu l'actionnariat.
09:51Ça peut aussi générer quelques plafonnements au niveau des grands indices tech américains.
09:55Mathieu, c'est vrai que depuis quelques mois, on voyait de plus en plus des missions obligataires.
09:59Obligataire, c'est votre domaine de la part des géants de la tech.
10:02Puis là, on voit aussi des levées de fonds à travers le marché actions.
10:04Donc, un peu moins en obligations. Qu'est-ce que ça vous dit, ça ?
10:06Pour moi, c'est une bonne nouvelle.
10:09Moins de pression sur l'obligataire.
10:10Oui, parce qu'en fait, j'ai regardé les chiffres avant de venir.
10:12C'est-à-dire, il y a plus de 700 milliards de capex qui sont prévus pour les géants de
10:17la tech aux Etats-Unis.
10:19Et cette année, j'ai noté juste deux émissions à titre d'illustration.
10:22Il y a Amazon qui est venu en mars à 15 milliards d'euros.
10:24Et derrière, il y a eu Alphabet qui est venu à 10 milliards d'euros sur le marché européen.
10:28Ils ont émis 50 milliards dans les mêmes jours en multi-currency.
10:32Ça veut dire que le poids augmente énormément.
10:34Et au global, c'est à peu près 100 milliards qui ont déjà été émis en obligation sur le marché
10:38de ces émetteurs-là.
10:39C'est normal, ils doivent financer.
10:40Donc derrière, il y a un business plan. C'est normal qu'ils viennent.
10:43Cela dit, ça va poser, comme je pense qu'on en parlait sur les indices actions,
10:47ça pose des distorsions sur l'allocation géographique, sur les pays, sur les émetteurs eux-mêmes.
10:53Et donc, tout le monde ne peut pas absorber au bout d'un moment le poids exact de ce qui
10:56est dans un indice.
10:58La bonne nouvelle, si on veut en regarder une quand même, il ne faut pas regarder que le...
11:01Non, non, voyons pas trop européen, voyons les choses en positif.
11:03Non, la bonne nouvelle, c'est que ces émetteurs, ils ont des bonnes notations, plutôt dans le single A ou
11:08double A pour alphabet.
11:11Ça veut dire quoi ? C'est-à-dire qu'il y a des personnes qui, s'ils les mettent
11:13en comparaison d'autres émetteurs, vont venir chercher ces émetteurs parce que le rating est élevé.
11:18Et même s'il arrivait que le business plan se dégrade un peu, ils ne vont pas tomber dans les
11:22triple B, donc en bas des ratings pour le moment.
11:24Et donc ça, c'est plutôt sécurisant dans un portefeuille obligataire de renforcer la partie cœur avec des bons ratings.
11:30Si on prend le rating de la France, c'est simple A, et bien vous voyez, vous avez alphabet qui
11:34vient, c'est double A+, et donc ça peut permettre de diversifier.
11:37Et ça, on l'a vu et ça continue. Donc c'est pour ça que ces émissions sont très bien
11:40passées.
11:41Et le deuxième aspect qu'il faut regarder, c'est la performance. Si on regarde depuis ces émissions, les papiers
11:45n'ont pas vraiment performé.
11:46Ils ne se sont pas resserrés. Quand on regarde les écarts de rendement, ils n'ont pas beaucoup performé. Cela
11:51dit, ils ne se sont pas dégradés.
11:53Oui, ce qui en soi est aussi plutôt une bonne nouvelle. Voilà. Et la capacité à venir de financer l
11:58'avenir via soit des levées de capitaux sur le marché d'action,
12:01soit des émissions obligataires, va dépendre des décisions monétaires, du prix de l'argent, etc.
12:05Et on parlera dans un instant de la décision de la BCE qui a relevé ses taux tout à l
12:09'heure, et de la Fed aussi qui est attendue.
12:11La semaine prochaine. Toutes ces IPOs, ces levées de fonds, etc., Henri, elles arrivent dans quel contexte de marché ?
12:17On voit la tech quand même depuis quelques jours à nouveau volatiles.
12:21On a un Nasdaq qui, sur les six dernières séances, a reculé sur cinq séances, cinq des six dernières.
12:27Les indices semi-conducteurs sur une semaine perdent 7% à l'échelle mondiale.
12:30Les indices plus, les plus qui ont cartonné, moins 12 en une semaine. Est-ce que la tech redevient fragile
12:34?
12:34Alors, il ne faut pas faire preuve de myopie.
12:37Parce que c'est vrai que sur un horizon d'une semaine, on a l'impression que la volatilité est
12:41de retour, que les doutes sont de retour.
12:44Et c'est clair qu'on revient des plus hauts, moins 7 sur le Nasdaq, moins 12 sur les semi
12:49-conducteurs.
12:50On assiste à ce qu'on pourrait qualifier de prise de profit, qui peuvent s'expliquer aussi justement par l
12:55'arrivée de ces introductions en bourse,
12:57qu'il va bien falloir financer d'une manière ou d'une autre.
12:59Si vous vous souvenez bien, on avait eu exactement le même phénomène, je crois que c'était en février cette
13:03année.
13:03On avait eu déjà le phénomène en fin d'année dernière.
13:06On va dire qu'en gros, toutes les six semaines, deux mois, les investisseurs se reposent un peu la question.
13:11Et c'est normal, parce que ce monde de l'intelligence artificielle et de la tech américaine, ça va très
13:14très vite.
13:15Et Mathieu le rappelait à l'instant, on n'arrête pas de revoir à la hausse le niveau des CAPEX,
13:24c'est-à-dire des dépenses d'investissement qui vont être nécessaires pour assurer le déploiement de l'infrastructure de
13:30cette intelligence artificielle.
13:31Donc on évoquait 700 milliards, moi les chiffres que j'ai ont déjà été révisés à la hausse.
13:35On s'approche désormais des 1 000 milliards à dépenser cette année par ces acteurs.
13:39Et évidemment, le marché, quand il voit arriver ce volume d'investissement, il se pose deux questions.
13:44Premièrement, quels sont les revenus qui vont être en face ?
13:48Et deuxièmement, au niveau de la structure de capital des entreprises qui aujourd'hui réalisent ces investissements,
13:54comment est-ce que ça va voler ? Comment est-ce que ça va tenir ?
13:56Parce qu'on ne peut pas passer du jour au lendemain d'un montant X de dette à un montant
14:032X, 3X, 4X.
14:04À un moment donné, forcément, il va falloir mettre un petit peu d'equity en face.
14:07Et ce qu'on observe aujourd'hui, c'est évidemment une progression des niveaux d'endettement.
14:12Et ce qui est finalement une bonne nouvelle, et je rejoins tout à fait ce qui vient d'être exprimé,
14:16c'est aussi des appels au marché en termes de capitaux de type equity,
14:21de manière à équilibrer les bilans et pas accentuer trop le niveau des leviers.
14:26On est au carrefour. Oracle a publié ses résultats hier soir, le titre perd 11%.
14:29Aujourd'hui, Oracle, qui va bien, qui annonce même une accélération des investissements,
14:35c'est bien, sauf que parallèlement, l'activité traditionnelle de logiciel, elle ralentit plus qu'attendu.
14:38Donc vous avez d'un côté l'activité traditionnelle qui rapporte un peu moins,
14:41et au contraire, des investissements annoncés, des montants qui augmentent, qui augmentent encore.
14:45Le marché doute, et il se pose exactement la question que vous venez d'exprimer,
14:48à savoir est-ce que tout ça est rentable ? Comment financer ?
14:50Oracle perd 11%, mais le fait qu'ils investissent plus est bénéfique à l'écosystème,
14:54et la tech dans son ensemble, elle, est en hausse, pendant qu'Oracle souffre.
14:57On a un Nasdaq qui gagne 0,4%, à Paris, la plus forte hausse ce soir,
15:00c'est ses micro-économiques, sa plus 6%.
15:02Alors justement, on est à un quart d'heure de la clôture,
15:04et dans cette dernière ligne droite, on voit aussi des acteurs industriels se dégager à la hausse.
15:08Par exemple, ParcelorMittal gagne un peu plus de 3%, à la baisse, à l'inverse,
15:11on retrouve Legrand qui recule d'1,5%, puis d'Asso Système à moins 5,8%.
15:16Clôture que vous pourrez suivre dans quelques minutes avec Antoine.
15:18La suite, elle va dépendre aussi des taux des banquiers centraux,
15:21parce que quand même, la capacité à investir, elle dépend du coût de l'argent,
15:25la croissance et les besoins, tout ça dépend de l'attitude des clients,
15:29et tout ça est corrolé à ce que décide la Fed, à ce que décidera la semaine prochaine.
15:33Et puis la BCE, c'est aujourd'hui que la BCE a annoncé sa décision.
15:35On se retrouve sur place, vous restez avec nous messieurs,
15:37Aude Kersulek, notre envoyée spéciale à Francfort.
15:39Aude, rebonsoir, vous avez assisté à la conférence de presse de Christine Lagarde,
15:43on se demandait, on avait une grande idée des choses,
15:45si elle allait relever ses taux, la BCE, pour la première fois en 3 ans.
15:48On a désormais Aude la réponse.
15:51Oui, alors c'était largement anticipé, mais elle est bien là, cette hausse de taux de 25 points de base,
15:56donc ça fait un taux de dépôt à 2,25%.
16:00Alors, c'est la première en 3 ans, c'est un signal, a dit Christine Lagarde,
16:05une réponse à un choc énergétique qui dure un peu plus que prévu,
16:09et c'est une bonne décision de politique monétaire à marteler Christine Lagarde,
16:14parce qu'on sait qu'il y a beaucoup de critiques à l'extérieur sur le fait que ce serait
16:18une erreur de politique monétaire.
16:20Non, pour elle, il ne s'agit pas aussi d'une décision d'assurance,
16:24alors comprenez par là une décision préemptive qui empêcherait une erreur de politique monétaire,
16:32une réponse tardive.
16:33En clair, cette hausse, elle est bien justifiée, et c'est ce qu'elle a donc défendu,
16:39en disant que les prévisions d'inflation, elles étaient bien à la hausse pour cette année,
16:44où on attend 3% pour l'ensemble de l'année sur la zone euro, et 2,3% l
16:50'année prochaine.
16:51La BCE donc assume de monter ses taux sur un choc d'offres aussi,
16:55alors que la théorie économique indique qu'il ne faut pas que la Banque centrale n'a pas d'effet
17:01sur un choc d'offres,
17:03et surtout sur un choc sur l'énergie qui dure un peu plus qu'anticipé.
17:08En revanche, il y a quand même eu pas mal de propos rassurants sur la contagion de l'inflation
17:13qui n'a pas encore eu lieu pour l'instant.
17:15Il y a des effets indirects, à dit Christine Lagarde, peut-être sur les services,
17:19c'est encore à investiguer, en tout cas il n'y a pas d'effet de second rang sur les
17:23salaires.
17:24Donc on a quand même senti un ton rassurant de ce côté-là.
17:27En clair, c'est une hausse petite, 25 points de base,
17:30mais avec un discours plutôt rassurant, même si on ne sait pas encore ce qui vient après.
17:36La porte est ouverte, ça peut encore être une hausse dans les mois à venir.
17:41Est-ce la première d'une série de hausses ?
17:43Cette question, elle est pleine et entière.
17:44Merci beaucoup Aude, et on vous retrouvera en cours, bien sûr, de soirée sur BFM Business.
17:48Est-ce que vous avez senti dans la façon de s'exprimer de Christine Lagarde
17:50que cette hausse n'est que la première d'une série de hausses, Mathieu ?
17:54Bon, c'est toujours compliqué de faire de la prévision,
17:58mais elle a laissé entendre que ce n'était pas l'unique hausse.
18:02Notamment, elle a quand même indiqué qu'avec les scénarios,
18:05parce qu'elle a ancré beaucoup la décision avec leur scénario sur le pétrole.
18:10C'est un peu perdu à un moment où elle a parlé même de baisse des taux, si jamais.
18:15Moi, je crois qu'elle l'a dit, si le pétrole reste haut longtemps,
18:20il y aura plus d'inflation, potentiellement plus d'inflation induite,
18:22et ça, on sera obligé de réagir.
18:24Et donc, moi, je pense que ça ouvre, et c'est déjà notre scénario central
18:27chez Alliance Global Investor, d'avoir une deuxième hausse de taux.
18:30Alors, est-ce que c'est juillet tout de suite, ou est-ce que c'est septembre ?
18:34Moi, j'aurais tendance à dire qu'ils ont intérêt à attendre,
18:37c'est-à-dire ne pas se précipiter, pour montrer qu'ils ne sont pas en panique
18:41et qu'ils ne réagissent pas dans la panique.
18:42– Forcés de constater que le détroit d'Ormouz reste fermé,
18:45à nouveau 100% fermé, d'ailleurs, annonce Téhéran,
18:47et que pour l'instant, on n'en sort pas.
18:49Donc, de ce point de vue, on peut comprendre la hausse de taux
18:50en disant que l'inflation n'est pas prête de se calmer.
18:53Mais si on allait vers 2-3 hausses de taux,
18:55est-ce qu'on entrerait alors dans une erreur de politique monétaire, quand même,
18:58où on n'est pas sûr ?
18:59Parce que la croissance va souffrir de tout ça.
19:01– Oui, ce qui vient d'être dit est très juste,
19:02c'est-à-dire que répondre à un choc d'offres par des hausses de taux,
19:06ce n'est pas la bonne solution.
19:07Et ils veulent éviter l'erreur qui s'était faite en 2011,
19:10où la hausse de taux avait fait accélérer la récession,
19:15ou avait provoqué la récession.
19:17Je pense qu'ils sont très conscients de ça.
19:20Elle a tout validé, c'est-à-dire qu'elle a dit que c'était aussi
19:21avec Philippe Lein, le chef économiste, que ça avait été pris en compte.
19:25Donc, elle a essayé d'ancrer vraiment, pour éviter cette erreur.
19:29Et s'ils n'avaient rien fait, ils seraient retombés dans le travers de 2022,
19:33où on leur a dit, vous avez été trop attentistes,
19:36et du coup, on a eu un choc d'inflation que vous n'aviez pas anticipé.
19:38– On leur aurait fait un reproche, quelle que t'étais leur décision.
19:41– Voilà, et puis connaissant les marchés,
19:43je pense que de toute façon, on leur aurait fait des reproches.
19:46Mais je pense qu'il navigue à vue, elle a dit,
19:49ce sera ce que ce sera.
19:51Et voilà, je crois qu'elle a essayé de se sortir par une sorte de petite phrase.
19:53– Aujourd'hui, c'est plutôt un applaudissement du marché.
19:55On a une hausse de taux, et des marchés européens qui progressent,
19:57et des taux souverains qui se détendent, malgré la hausse de taux,
19:59et la première en trois ans.
20:00Qu'est-ce que ça nous dit, ça, de la perception par le marché ?
20:03– Ça nous dit déjà que cette décision de politique monétaire,
20:06elle était parfaitement télégraphée au marché, bien en avance.
20:09D'ailleurs, si vous regardez, si vous ressortez les bandes,
20:12Mme Schneibel avait plus ou moins déjà annoncé cette hausse de taux.
20:15Honnêtement, il n'y avait vraiment pas de surprise à attendre
20:18de cette réunion de politique monétaire.
20:20À la limite, la seule question qui se posait, c'est effectivement,
20:23quel serait le discours qui accompagnerait la possibilité d'une deuxième hausse,
20:27et surtout, à quel horizon elle pourrait se profiler ?
20:30Parce que c'est ça, vraiment, la question que se posent les marchés aujourd'hui,
20:33c'est jusqu'où la BCE est-elle prête à aller ?
20:35Sachant qu'on parlait tout à l'heure de la croissance en zone euro,
20:39on est quand même sur une croissance qui est très très faible,
20:41et ça, la BCE en est quand même consciente,
20:43notamment dans certaines économies comme la France,
20:45on voit bien qu'on frise avec les 0% de croissance,
20:48donc il n'en manque pas beaucoup pour finalement faire caler le moteur de la croissance,
20:53et d'une certaine manière, on avait une BCE qui marchait sur des oeufs
20:56parce qu'effectivement, ne rien faire aurait été considéré
20:58comme étant une forme de laxisme monétaire
21:00vis-à-vis d'une inflation qui est quand même en hausse.
21:03Donc là, ce que les marchés attendaient, c'était un mouvement à minima,
21:07on l'a eu, c'était si possible pas d'engagement ferme sur une deuxième hausse,
21:11et on n'a rien eu en la matière, et donc c'est très bien,
21:13donc finalement, le marché a eu ce qu'il attendait,
21:16on verra maintenant, en fonction des données qui sont publiées,
21:19quels seront les prochains pas de la BCE,
21:22mais objectivement, la BCE n'a peut-être pas non plus toutes les cartes en main,
21:26ça dépendra de ce que fait M. Warch aux Etats-Unis,
21:28ça dépendra aussi de ce qui se fait, ce qui se passe au Moyen-Orient, etc.
21:32Parallèlement, on a quand même des levées obligataires des Etats
21:36qui battent des records, depuis le début de l'année,
21:37on a vu passer ce chiffre, c'est incroyable,
21:39depuis le début de l'année, les émetteurs souverains ont déjà levé,
21:42mais à l'échelle mondiale, plus de 500 milliards de dollars,
21:45on a un premier semestre cette année en termes de levées de la part des Etats
21:48qui est équivalent au premier semestre 2020 en pleine crise Covid,
21:51où on avait vraiment dû énormément aller emprunter,
21:54on est au même niveau d'emprunt depuis le début de l'année,
21:57et c'est maintenant que la BCE relève ses taux,
21:59et c'est la semaine prochaine que la FED devrait annoncer un statut quo
22:01et ne toujours pas baisser les siens.
22:03C'est aussi un signal aux Etats, comment les Etats vont faire ?
22:06Est-ce qu'ils vont finalement moins emprunter, moins investir qu'il ne le faudrait,
22:09alors qu'on a besoin d'investir dans la défense, dans les infrastructures,
22:12la transition énergétique, le soutien aux ménages confrontés ?
22:14L'IA aussi, on a besoin d'investir comme jamais,
22:17et pourtant les taux sont en train de monter là.
22:18Comment vous regardez ça, vous ?
22:20Mathieu ?
22:22Ce que les Etats ont bien compris, c'est qu'il y a aujourd'hui un principe de réalité
22:26qui n'avait peut-être pas été compris au moment de la crise Covid,
22:28où on avait effectivement beaucoup éjecté d'argent.
22:31Si on prend la France, ils ont vraiment limité le soutien aux ménages dont vous parliez,
22:34il y a des pays d'Europe du Sud qui l'ont fait un peu, en Allemagne aussi,
22:37mais les marges de manœuvre sont tellement plus faibles que ce qu'elles étaient auparavant
22:41que les Etats sont très prudents.
22:43Juste par rapport à l'absorption de la dette, deux éléments.
22:47Le premier, c'est que les taux élevés aujourd'hui sont quand même bien absorbés,
22:51parce qu'il y a quand même une grosse partie d'argent qui vient s'investir pour du moyen long
22:54terme,
22:55et ça c'est quand même une bonne nouvelle quand on est épargnant,
22:57et c'est ce qui justifie aussi peut-être que les primes de risque sur le crédit soient très serrées,
23:01c'est qu'on rajoute quand même quelque chose,
23:03et on peut avoir des taux plus élevés autour de 4%, 4,25%, ça dépend.
23:08Par rapport aux émissions,
23:13on regarde la dernière adjudication de la France,
23:1614 milliards d'euros,
23:17avec une belle concession,
23:19c'est vrai que du coup on peut avoir des doutes sur le fait qu'il n'y aura pas
23:23de petits accidents,
23:25ou que ça ne va pas venir de nouveau mettre de la volatilité.
23:28Par contre, parce qu'on est dans des primes de risque très serrées,
23:31si les primes de risque s'écartent un peu, il y aura des gens qui reviendront.
23:36Parce qu'aujourd'hui, comme ce qu'on vient de dire sur les actions,
23:38je ne suis pas spécialiste d'action,
23:40mais on trouve que c'est cher, on parle de 300 fois les bénéfices,
23:43peut-être qu'il y a eu le gaz à 30 une fois.
23:46Donc en fait, en relatif,
23:47les primes de risque restent très serrées par rapport à l'environnement.
23:51Ah oui, si vous comparez à SpaceX, on est là...
23:53Non, non, oui, on parle de 300 fois les bénéfices.
23:56C'est 94 fois le chiffre d'affaires, je crois, à SpaceX.
23:59Sur le marché européen, le crédit est très serré,
24:02il n'y a plus beaucoup de primes offertes.
24:03Cela dit, la diversification est quelque chose qui est très importante.
24:05Je pense qu'Henri peut en parler sur les multi-assets,
24:08mais c'est des choses qui font que ça maintient les primes serrées.
24:10Et alors, du coup, où est-ce qu'il est le risque de mauvaise surprise
24:12sur le marché actions, là, pour le coup ?
24:13Parce que la BCE, la hausse de taux, elle avait été pricée.
24:15Et même le fait que Christine Lagarde ne ferme pas la porte
24:18à d'autres hausses de taux, ça n'a pas l'air d'inquiéter.
24:20Il y a plus de risques de mauvaise surprise,
24:22de douche froide aux États-Unis.
24:23On s'y attend moins à ce que la fête devra faire,
24:25peut-être, statu quo, voire relever les taux.
24:27On a eu aujourd'hui les prix à la production aux États-Unis.
24:28Ils progressent de 6,5% quand même.
24:31C'est beaucoup.
24:31En fait, la vraie surprise, un peu ce qui a mis le feu aux poudres
24:34de la séquence récente,
24:36qui a rajouté de la volatilité, un peu d'huile sur le feu,
24:39sur les marchés américains,
24:40c'est le chiffre de l'emploi la semaine dernière
24:42qui a été exceptionnellement bon.
24:45Largement au-delà des attentes,
24:46les chiffres des mois précédents ont révisé à la hausse.
24:49Le marché a été vraiment surpris
24:51par ce niveau d'activité
24:53de l'économie américaine qui se traduit
24:54par des créations d'emplois.
24:55Oui, mais lié au mondial aussi,
24:56parce qu'on voit que c'est l'hôtellerie et restauration
24:58qui a le plus embauché au mois de mai.
24:59Lié au mondial, bien sûr.
25:00Mais en fait, ce qui se passe,
25:01c'est que comme on a fermé le robinet de l'immigration,
25:03on a un marché d'emploi qui est tendu.
25:05Ce marché d'emploi, forcément,
25:07c'est un marché d'emploi
25:08qui, derrière, va générer des tensions sur les salaires.
25:12Et ces tensions sur les salaires,
25:13on va les retrouver sur les prix à la production
25:15et, in fine, sur les prix à la consommation.
25:17Et là, un petit peu le wake-up call,
25:20si vous passez l'expression,
25:21c'est que vendredi,
25:22les investisseurs ont regardé le marché en se disant
25:23« Aïe, ce qu'on avait anticipé au début de l'année,
25:25c'était deux baisses de taux. »
25:27Globalement, on avait ajusté à zéro
25:29en se disant « C'est pas sûr qu'on en est
25:31parce qu'il y avait la crise au Moyen-Orient. »
25:33Si l'économie américaine fonctionne et tourne aussi vite,
25:36si on a des pressions salariales,
25:37la Fed ne pourra pas baisser ses taux,
25:39elle ne pourra que les monter.
25:40Même si M. Warch a envie de les baisser,
25:42tout seul, face à son board, il ne pourra pas les baisser.
25:44Et évidemment, ça, c'est à mettre en face
25:46d'un énorme volume d'émissions obligataires
25:51qui va devoir bien se financer d'une manière ou d'une autre.
25:54Et donc, forcément, les principaux émetteurs aujourd'hui,
25:57c'est du côté du secteur de la tech qu'on les trouve
25:59et c'est ça qui a créé le moment de doute.
26:01Oui. 30 secondes sur les marchés d'action,
26:04il faut privilégier quoi ?
26:04La Wall Street ou l'Europe qui est en retard ?
26:07Alors, c'est vraiment une question de conviction.
26:10C'est-à-dire, si, comme BlackRock,
26:11on pense que le déploiement de l'intelligence artificielle,
26:14c'est une mégaforce qui est amenée à durer,
26:15ce n'est pas quelque chose qui va s'arrêter demain.
26:17Ça veut dire que cette mégaforce,
26:18elle nous accompagne pendant plusieurs années.
26:20Objectivement, il n'y a rien aujourd'hui
26:22qui justifie une remise en question
26:23de la puissance de ce mouvement.
26:26Et donc, nous, notre analyse,
26:28c'est plutôt de dire,
26:29quand on croit à cette thématique,
26:31il faut être investi sur cette thématique.
26:32Le risque, c'est d'être sous-pondéré
26:34sur cette thématique dans un portefeuille.
26:36Et donc, à ce titre-là,
26:37on aura plutôt tendance à être surpondéré
26:39sur la thématique.
26:40Mais ça, on peut le faire
26:41en étant investi aux États-Unis,
26:43en étant investi en Asie.
26:44Globalement, il y a énormément de pays dans le monde
26:46qui sont très bien exposés
26:47à la thématique technologique
26:49et intelligence artificielle.
26:50La seule zone qui l'est un peu moins,
26:52effectivement, c'est l'Europe.
26:53Et donc, pour les investisseurs
26:54qui sont plutôt réservés
26:55par rapport à cette thématique
26:56ou qui ont envie d'adopter
26:58un positionnement plus prudent,
26:59c'est clair qu'être surpondéré
27:01sur les actions européennes,
27:01ça permet d'avoir quelque chose
27:03qui est un peu plus robuste
27:04quand il y a des doutes
27:04comme ceux-ci qui émergent.
27:05Mieux vaut les actions européennes
27:06que Wall Street équipondérés
27:08ou les émergents ?
27:09Enfin, voilà, dans ce match
27:10de ce qui n'est pas complètement tech.
27:12Les émergents, c'est très technologique.
27:14C'est presque plus technologique
27:15que les indices américains.
27:16La Corée du Sud
27:17et encore les indices émergents.
27:18Exactement.
27:19Donc, oui, le S&P 500
27:22est à égale pondération,
27:23pourquoi pas ?
27:24Mais oui, pourquoi pas l'Europe ?
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