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  • il y a 22 heures
Ce mardi 9 juin, Raphaël Legendre a reçu Anaïs Voy-Gillis, chercheuse associée au CEREGE de l'IAE de Poitiers, Ronan Le Moal, fondateur d'Épopée Gestion, fonds d'investissements régional, et Olivier Babeau, président de l'Institut Sapiens, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:05BFM Business et la Tribune présente
00:08Les Experts
00:09Raphaël Legendre
00:10Bonjour, bienvenue à toutes et à tous. Il est 9h30, vous êtes en direct sur BFM Business et les Experts.
00:16On est partis ensemble pour une heure de débat et de controverse.
00:19Avec cette question ce matin, la bombe démographique est-elle en train de devenir le sujet économique numéro 1 ?
00:26Pendant des années, la France s'est focalisée sur le chômage, comment faire baisser le nombre de demandeurs d'emploi.
00:33Avec la baisse des naissances, le problème des 20 prochaines années pourrait être exactement l'inverse.
00:38Où trouver les travailleurs ?
00:40Une des solutions, ça serait plus d'immigration, un tabou politique qui pourrait devenir une nécessité économique.
00:47Ou alors travailler plus longtemps, repousser l'âge de départ en retraite.
00:51Seule solution favorable à la croissance, selon le Conseil d'orientation des retraites qui va remettre son rapport jeudi.
01:00Une solution évidemment tout aussi explosive politiquement.
01:05En attendant, ce sont les déficits qui se creusent.
01:08Le think tank avant-garde estime qu'il faudra trouver 113 milliards d'euros d'efforts d'ici 2033,
01:16simplement pour stabiliser la dette.
01:18Et selon ces calculs, les deux tiers de l'effort passeraient par des hausses d'impôts.
01:24Alors une nouvelle bombe fiscale en vue, ce sera le troisième débat des experts.
01:29Et puis on reviendra en fin d'émission sur l'échec du SCAF, l'avion de chasse européen.
01:34Pourquoi est-ce si dur de construire des champions industriels européens ?
01:41Ce sera le dernier débat.
01:42Allez, il est 9h31, vous êtes en direct sur BFM Business.
01:46C'est parti.
01:49Et pour parler de tous ces sujets, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Anaïs Voygilis.
01:55Bonjour Anaïs.
01:56Chercheuse associée au CERES de l'IAE de Poitiers.
02:00Face à vous, Ronan Lemoel.
02:01Bonjour Ronan.
02:02Bonjour.
02:02Fondateur d'Épopée Gestion, fonds d'investissement régional.
02:06Et dans quelques minutes, va nous rejoindre Olivier Babot, le président de l'Institut Sapiens.
02:12Alors je le disais, le grand sujet de cette émission, ça va être la bombe démographique
02:17après la publication des prévisions à horizon 2070 de l'INSEE.
02:24La bombe démographique est-elle en train de devenir le sujet économique numéro un ?
02:29Enfin, avec ce point de bascule, à partir de 2037, la population française va baisser.
02:37On va perdre jusqu'à 3 millions d'habitants à horizon 2070.
02:43Ça pose énormément de questions.
02:45Bien sûr, on va les balayer tous ensemble ce matin.
02:50Mais première question assez simple, est-ce que le vieillissement, Ronan, je commence avec vous, est-ce que le vieillissement
02:55devient le problème numéro un économique en France ?
03:00Moi j'ai envie de vous dire, ça m'inspire surtout, ce que je ne peux pas empêcher de demander,
03:04c'est qu'est-ce que ça veut dire ?
03:05Je pense que ce que ça veut dire, c'est que pour une partie en tout cas, il y a
03:09un manque de confiance en l'avenir.
03:10C'est-à-dire quand une population commence à décliner, quand on commence à avoir des projections de population en
03:15baisse,
03:15ça veut dire que finalement une partie de la jeunesse, une grande partie de la jeunesse ne croit plus finalement
03:18à l'avenir,
03:19fait moins d'enfants et donc on voit la population décliner à terme.
03:21Le premier élément intéressant, je pense, c'est ça, c'est pourquoi ?
03:25Je pense que c'est un élément fort, ça veut dire qu'aujourd'hui on ne voit plus de perspectives
03:28d'avenir,
03:29on ne voit plus de projets, on ne voit plus de sens finalement à faire des enfants
03:32et donc c'est ça qui amène à la situation dans laquelle on va potentiellement se trouver à l'horizon
03:36que vous évoquiez.
03:37Ce n'est pas un sujet national, c'est un sujet qui...
03:39Non, mais par contre c'est intéressant, parce que ça pose les bases...
03:40Transpère toutes les sociétés occidentales.
03:42Voilà, ça pose les bases de tout le reste et une fois qu'on a dit ça,
03:45comment est-ce qu'on s'y prend effectivement pour redonner un petit peu d'élan
03:48et faire en sorte qu'on ne soit pas dans une impasse ?
03:50Il y a un sujet de l'immigration, on y verra sans doute tout à l'heure.
03:53Il y a aussi le sujet, je pense, de redonner des perspectives sur ce que le pays peut être capable
03:56de créer
03:56comme richesse, comme emploi pour ces seniors sans doute, pour la jeunesse demain.
04:02Il y a un grand sujet qu'on appelle la réindustrialisation de la France
04:05et dont on parle régulièrement partout.
04:07Je pense que c'est un vrai sujet qu'il faut vraiment ouvrir.
04:09Il n'est pas ouvert comme il devrait l'être, c'est-à-dire qu'on voit des petits plans
04:12ici ou là
04:13naître portés par l'État sur des enveloppes insuffisantes
04:15et qui génèrent d'ailleurs des déficits additionnels qui seront de l'impôt demain.
04:18Et je pense que c'est un peu ma marotte qu'on devrait plutôt s'appuyer massivement
04:21sur les grands enjeux de transition qui sont devant nous,
04:23sur les grands enjeux que ça suppose en termes d'investissement productif,
04:27industriel, dans l'énergie, et faire en sorte que tout ça soit un élan important
04:30pour générer de l'emploi demain.
04:31Donc je pense qu'il y a un diagnostic qui est forcément un manque de confiance
04:34sur l'avenir quand on voit ça se dessiner.
04:36Et puis malgré tout, et c'est ça le paradoxe,
04:38c'est des perspectives très positives sur lesquelles on pourrait s'appuyer
04:40qui sont ces énormes enjeux de transition auxquels on fait face,
04:43cette production, l'indépendance énergétique par exemple,
04:45et tous ces sujets qui peuvent générer demain des grands sujets d'investissement
04:48et donc générer de l'emploi pour les seniors, pour les plus jeunes,
04:51et donc éviter peut-être, en tout cas j'espère, cet impasse sur laquelle on se dirigerait.
04:55Oui, on voit que ça va peser en tout cas évidemment sur la croissance.
04:58La Commission européenne estime déjà que le vieillissement
05:00pourrait retirer 0 de points de croissance par an à la France.
05:05Est-ce qu'on sous-estime aujourd'hui le choc à venir
05:09qu'est le vieillissement de la population, Anaïs Vogilis ?
05:11Je ne sais pas si on le sous-estime, en tout cas vous l'avez dit,
05:13c'est quand même pas uniquement un problème français,
05:15c'est un problème européen, on voit la même chose en Allemagne, en Italie,
05:18on voit également ce problème démographique qui se pose en Chine,
05:21ça va interroger le modèle chinois dans les années à venir,
05:24surtout un modèle fondé sur les surcapacités de production.
05:28On le sous-estime dans le sens où on n'a pas encore pris l'ampleur du choc,
05:30mais pour ça ça va poser d'une certaine manière trois défis.
05:34Un premier défi qui va être un défi de répartition géographique,
05:37parce qu'en fait la question de la natalité ne va pas se poser
05:39de manière uniforme sur le territoire.
05:41On a des territoires qui vont continuer à attirer des populations,
05:46soit via l'immigration, soit des personnes en France
05:48qui vont continuer à s'y installer, à avoir des enfants, etc.
05:52Ce qui, pour venir sur la question de l'industrie,
05:54pourrait poser une double peine pour l'industrie.
05:56Un vieillissement dans des territoires où l'industrie s'implombe,
05:59parce qu'on ne déplace pas une usine comme on déplace d'autres activités,
06:04dans un secteur qui peut lui-même avoir des difficultés de recrutement.
06:09La deuxième chose, c'est que cette question de la démographie,
06:13c'est une question de questionnement de notre modèle social.
06:17C'est-à-dire qu'on a quand même un modèle social
06:19qui est fondé sur une démographie dynamique, positive.
06:24Aujourd'hui, la tendance s'inverse,
06:26donc c'est toute la question qui se pose avec les retraites.
06:30Et donc comment fait fonctionner une économie qui ne grandit plus ?
06:35Et ce qui nous amène à un troisième sujet,
06:36ce n'est pas tellement la quantité de travail,
06:38mais la question de la productivité,
06:39parce qu'il y a des pays qui déclinent.
06:42Je vous parlais de l'Allemagne,
06:42on peut donner l'exemple du Japon,
06:43on peut donner l'exemple de la Corée,
06:46et pour autant qui continuent à avoir de la croissance.
06:49Donc c'est l'adaptation de l'économie,
06:51finalement, à ce problème démographique.
06:52Donc c'est possible, on n'est pas foutu, quoi.
06:54Il y a des solutions, quand même.
06:55Il y a des solutions.
06:55Et la dernière chose, c'est faire attention,
06:57parce que la première réaction,
07:00Emmanuel Macron avait parlé du réarmement de la France,
07:02ça serait une injonction à la natalité.
07:03Alors je pense qu'il y a toute la question du cadre,
07:05c'est ce que vous souleviez,
07:06la question du logement,
07:08la question du coût de la vie,
07:10la question de la stabilité professionnelle,
07:12et aussi certainement une certaine angoisse
07:15chez les jeunes générations,
07:19avec la question climatique,
07:21qui aujourd'hui n'est pas résolue,
07:23et qui est franchement un repossoir,
07:25dans quel environnement les enfants vont grandir,
07:27la question géopolitique,
07:29dans un monde particulièrement angoissant.
07:31Et donc, au-delà de l'injonction à Natali,
07:33c'est comment on donne un cadre,
07:35et un cadre à l'échelle européenne,
07:36mais aussi à l'échelle mondiale,
07:38qui donne envie de croire en l'avenir.
07:40Oui, donc on le voit,
07:41c'est quand même des grandes questions fondamentales
07:44de société qui se posent là,
07:47face au vieillissement de la population.
07:49Une des solutions,
07:50c'est ce qu'indique l'INSEE, le corps,
07:53c'est l'immigration.
07:54Quand la natalité baisse,
07:55ça recourt accru à l'immigration,
07:57sauf qu'on voit qu'il y a quand même
07:58des tensions politiques assez fortes.
08:00Oui, ça c'est vrai.
08:02Deux points,
08:02comme pour reprendre deux exemples,
08:03le logement par exemple et l'industrie,
08:05je pense qu'on est un pays aussi dans lequel
08:06l'Europe, je suis en large,
08:07mais notre pays en particulier,
08:09qui a tendance à trop fonctionner par la norme.
08:10C'est-à-dire qu'on a tendance à tout vouloir normaliser.
08:12Alors sur le logement,
08:12on ne va pas revenir sur toutes les contraintes
08:14qui pèsent depuis quelques années maintenant,
08:15et qui amènent à la situation dans laquelle
08:17on se trouve sur une pénurie de logements,
08:18et donc un gap qu'il va falloir franchir
08:20dans les années qui viennent,
08:21qui est incroyable.
08:22Sur l'industrie,
08:23moi je ne peux pas m'empêcher de penser
08:24qu'on a aujourd'hui une manne hyper importante
08:26pour la financer via l'assurance-vie et autres,
08:27et qu'on s'ingénie à faire des programmes
08:29de quelques dizaines de milliards,
08:31alors que ce n'est pas à l'ocèle de l'enjeu
08:33qui encore une fois sont financés
08:34par les déficits publics.
08:34Donc je pense qu'on se met nous-mêmes
08:35des carcans qui quelque part nous empêchent
08:37de peut-être concentrer le pays,
08:39ça m'amène au sujet de l'immigration,
08:41sur des sujets qui sont des sujets régaliens de l'État,
08:43et l'État se concentre sur la justice,
08:46la sécurité, les politiques migratoires
08:48et comment on assure une bonne intégration,
08:50la formation de la jeunesse,
08:50et laisse peut-être libérer un peu plus
08:52ses énergies sur la partie économique
08:53pour faire en sorte effectivement
08:54qu'on évite ce gap.
08:55Si on pense que l'État,
08:56c'est un peu le rôle qu'on a voulu le faire jouer,
08:58peut tout faire,
08:59je pense qu'on se trompe,
08:59alors j'ai l'impression d'enfoncer
09:01une porte ouverte quand je dis ça,
09:02mais malheureusement j'ai un sentiment
09:03qu'on est un peu dans la caricature
09:04de cette situation depuis maintenant quelques temps.
09:06Et effectivement,
09:07peut-être qu'une des solutions,
09:08pour le coup,
09:09c'est peut-être de venir vers l'immigration,
09:11sans nier malgré tout ce que ça inspire aujourd'hui,
09:13parce que je pense qu'il ne faut pas non plus être...
09:15On a l'extrême droite qui est aux portes de l'Elysée
09:17pour 2027.
09:18Si on est un peu démagogique,
09:19effectivement on s'engouffre dans la brèche,
09:20on dit effectivement allons-y follement
09:22l'immigration est la solution.
09:23Si on est un peu pragmatique,
09:24on dit il y a malgré tout aujourd'hui
09:25des questions qui se posent en France
09:26chez les Français,
09:27qui sont des questions sécuritaires,
09:28des questions qui assimilent peut-être
09:29trop rapidement l'immigration.
09:30Il s'agit donc que l'État se recentre
09:32sur ces sujets,
09:33dit comment une politique migratoire bien choisie,
09:35avec une bonne intégration,
09:36des politiques de formation,
09:37des perspectives qu'on donne,
09:38peut être une solution en tout cas partielle
09:40au sujet qu'on peut avoir
09:41d'un point de vue démographique.
09:42Et là on peut faire des choses.
09:43Mais je pense que dans la manière
09:44d'aborder la question
09:45ou d'amener le débat sur la table,
09:47il faut être assez vigilant
09:48parce qu'on pourrait vite tourner
09:49pour un démagogique
09:50si jamais en tout cas
09:51on ne prend pas quelques précautions oratoires.
09:52Évidemment.
09:53Alors qu'Olivier Babaud nous a rejoint
09:54sur le plateau.
09:55Bonjour Olivier.
09:55Je rappelle,
09:56président de l'Institut Sapiens,
09:59on continue de décrypter
10:00les conséquences de cette bombe démographique
10:03qui nous attend
10:04avec la réduction du nombre de la population
10:06d'ici 2037.
10:07C'est demain, Olivier Babaud.
10:10Alors c'est demain
10:11et ma première réaction
10:12c'est quand même une réaction de colère
10:13parce qu'en réalité
10:14ça fait extrêmement longtemps
10:15qu'on sait tout ça.
10:16Ça fait même depuis
10:18la décision de la retraite
10:20à 60 ans
10:20et non pas 65 ans
10:21qu'on savait qu'il y avait un problème.
10:24J'ai la chance d'être le fils
10:25de l'économiste André Babaud
10:26qui au tout début des années 80
10:27a écrit un livre
10:28qui s'appelle
10:28La fin des retraites
10:29où il avait déjà
10:30il suffit de lire l'introduction
10:31parce que c'était donc il y a 40 ans
10:33et il explique exactement
10:35ce qui est en train de se passer
10:36où il dit le risque
10:37c'est qu'il y ait une opposition
10:38d'ailleurs intergénérationnelle
10:40et donc un problème social.
10:42On avait à l'époque
10:43fait les additions.
10:45Ça fait assez longtemps
10:45que notre démographie
10:46n'est pas bien orientée
10:48et que les conséquences
10:49sont assez inéluctables.
10:51Ce qui m'étonne le plus
10:52c'est la capacité
10:53d'une partie des GQ politiques
10:54à continuer à être
10:55dans le déni.
10:56C'est le déni, c'est ça
10:57c'est la question que je vais vous poser.
10:58La solution puéril
10:59du Lérich Perron, etc.
11:01néglige totalement
11:01la taille
11:03des grandeurs en jeu
11:06en réalité.
11:06Donc il y a évidemment
11:07trois solutions.
11:08On cotise plus
11:09mais c'est déjà extrêmement élevé
11:10quand vous êtes jeune
11:11cotisez 28% de votre salaire
11:12et on vous dit en plus
11:14attention ça va disparaître
11:15il va falloir que vous cotisiez
11:16une deuxième fois
11:16pour votre retraite
11:17par capitalisation
11:18ça commence à faire beaucoup.
11:20Évidemment baisser les pensions
11:21à terme
11:22ça va probablement
11:23être une des solutions
11:24c'est-à-dire qu'on va baisser
11:25on va désindexer
11:27les pensions les plus élevées.
11:28Ça veut dire que
11:29le principe de
11:30comment dire
11:31de correspondance
11:32entre vos cotisations
11:33et ce que vous touchez à la fin
11:34va être de plus en plus érodé
11:36probablement à la fin
11:37ce à quoi vous aurez droit
11:38c'est une sorte de minimum vieillesse
11:39collectif au même niveau
11:41quel que soit votre niveau
11:42de cotisation
11:42ce qui légitimement
11:44pour ceux qui ont beaucoup cotisé
11:45va quand même provoquer
11:46une forme
11:47de refus
11:48de sécession
11:50exactement
11:50ce système est extrêmement
11:52mal orienté
11:52vous avez peut-être parlé
11:54de l'immigration déjà
11:55ce qui est évidemment
11:55une des questions
11:56est-ce que si on diminue
11:58on vieillit
11:58cette immigration
12:00sur le principe
12:00très bien
12:01si elle est différente
12:02de celle d'aujourd'hui
12:03parce qu'en pratique
12:03les études montrent
12:04que sur l'ensemble
12:07du cycle de vie
12:08malheureusement
12:09c'est plutôt un coût net
12:10compte tenu du fait
12:11que le recours
12:13au logement social
12:13alors ça c'est une vraie
12:14c'est une vraie question
12:15ça
12:15est-ce que l'immigration
12:17rapporte de l'argent
12:18ou en coûte
12:19plutôt
12:20il y a un véritable débat
12:22entre économistes
12:23et ces mevures
12:24et donc vous vous nous dites
12:24à l'heure actuelle
12:25et comme dans d'autres pays
12:26je crois seulement
12:27si c'est pas la Norvège
12:28ou la Suède
12:28qui avait étudié ça
12:29mais en fait en réalité
12:30sur le cycle de vie
12:30malheureusement
12:31c'est plutôt négatif
12:33parce qu'on a un taux de chômage
12:33qui est supérieur
12:35donc c'est pas exactement
12:37celle qu'il nous faut
12:39la deuxième chose
12:40c'est aussi
12:40quelle immigration
12:42est-ce que c'est une immigration
12:43familiale
12:44ou une immigration
12:45de travail
12:46choisie
12:47bien sûr
12:47et puis
12:48moi je suis obsédé
12:49évidemment par l'intelligence artificielle
12:51si on pense vraiment
12:52que ça fait une révolution
12:53ça pourrait être
12:54peut-être une lueur d'espoir
12:56quelque part
12:56si demain
12:57notre croissance explose
12:58notre productivité explose
13:00peut-être que nous avons
13:01une solution plus facile
13:02qu'on le croit
13:03au problème
13:04de la dépendance
13:06et de notre déséquilibre
13:08et on peut aussi
13:10imaginer
13:11que ça soit
13:13une donnée à prendre en compte
13:14dans l'immigration
13:15dont on a besoin
13:16parce que si les robots humanoïdes
13:17qui sont en fait déjà là
13:18déjà
13:18qui arrivent
13:18qui sont déjà présents
13:19à partir de la Chine
13:20qui sont en voie de cas
13:21commercialisés
13:22commencent à remplacer massivement
13:25tous ces emplois peu qualifiés
13:26qui sont en fait aujourd'hui
13:27les emplois en tension
13:27pour lesquels on dit
13:28il nous faut l'immigration
13:29ça veut dire qu'il faut quand même
13:31qu'on réfléchisse très très bien
13:32aux gens dont on a besoin
13:33typiquement il faudrait quand même
13:34beaucoup plus des travailleurs
13:36intellectuels que des travailleurs manuels
13:37bon mais les robots
13:38font peut-être les deux
13:39avec l'IA
13:39et les robots font d'ailleurs
13:56les deux
13:57qui vont être balayés par l'IA
13:58parce que l'IA
13:59résonne beaucoup plus vite
14:00pour synthétiser
14:01des textes complexes
14:03et ne fait que s'améliorer
14:05et je pense qu'il y a
14:06trois choses derrière ça
14:08un
14:08pour revenir à la question démographique
14:10je pense qu'il ne faut pas penser
14:11l'immigration comme une politique démographique
14:12mais comme un amortisseur économique
14:14la deuxième chose
14:15c'est qu'il ne faut absolument pas
14:17opposer immigration qualifiée
14:18et immigration non qualifiée
14:20il y a
14:22la question qui se pose derrière ça
14:23c'est plutôt la capacité du marché
14:25du travail
14:25à intégrer les personnes
14:27issues de l'immigration
14:28avec la formation
14:29avec la formation
14:30et on en revient aussi
14:31à la question de la distribution
14:32sur le territoire
14:33il y a des territoires
14:34où on a un taux de chômage
14:35qui est très élevé
14:37et ce n'est pas que lié
14:38à la question de l'immigration
14:39ou non de l'immigration
14:40et on a des industriels
14:41qui n'arrivent pas à recruter
14:42de la même manière
14:43qu'on a des métiers pénibles
14:44dans l'industrie
14:44sur lequel
14:46il y a des postes
14:47à pouvoir
14:47ça ne veut pas dire
14:47que ces postes doivent être destinés
14:49spécifiquement à l'immigration
14:50mais qu'on a un certain nombre
14:52de problèmes
14:52qui ne sont pas résolus
14:54immigration ou non
14:56et que dans certains métiers
14:57industriels
14:57on est bien content
14:58d'avoir une main d'oeuvre
14:59issue de l'immigration
15:00qui vient prendre ses postes
15:02je vous renvoie
15:03à certains métiers
15:04dans l'agroalimentaire
15:05notamment tous les métiers
15:06liés à l'abattage
15:08d'animaux etc
15:09sans rentrer dans la considération
15:10faut-il manger ou pas
15:11de la viande
15:11pour des questions climatiques
15:13il y a des métiers
15:14aujourd'hui
15:14où c'est les gens
15:16issus de l'immigration
15:17qui prennent
15:18ces emplois
15:20
15:20donc ça ne résout pas tout
15:21mais c'est une question
15:23qu'il ne faut pas évacuer
15:24et la dernière chose
15:25c'est qu'on parle beaucoup
15:27de souveraineté
15:27on ne pourra pas être souverain
15:28sans une capacité
15:30à maîtriser
15:31les compétences
15:32sur notre territoire
15:33on a besoin
15:34de toute une palette
15:35de métiers
15:36et l'immigration
15:37est aussi une réponse
15:38à la souveraineté industrielle
15:41je pense que le sujet de l'IA
15:42il est très intéressant
15:42parce que si on pousse
15:44le raisonnement à l'extrême
15:45je suis de ceux
15:45qui pensent effectivement
15:46que possiblement
15:47d'ailleurs Elon Musk
15:47l'a dit
15:48on se dirigerait
15:48je ne sais pas ce que je veux
15:49on se dirigeait
15:50une société loisifisée
15:51c'est un peu
15:52c'est la grande question
15:53qui agite
15:54la Silicon Valley
15:55aujourd'hui
15:55c'est que le travail
15:56va disparaître
15:57moi j'ai
15:58mon associé rentre de Chine
15:59quand il est rentré
16:00il y a 10 jours
16:00il dit quand je rentre de Chine
16:01effectivement
16:01entre l'IA pur
16:03les humanoïdes
16:03et tout ce qu'on voit
16:04d'ailleurs qui pose des vrais problèmes
16:05y compris chez eux
16:06parce que pour le coup
16:06ils ont quoi qu'on en pense
16:08beaucoup de main d'oeuvre
16:08utilisée pour des travaux
16:10à l'ajouter
16:11mais poussons le raisonnement à l'extrême
16:12si on va vers l'IA
16:13avec Simon
16:13qui est un sujet
16:14de productivité accélérée
16:16donc une société
16:16dans laquelle
16:17il y aurait moins de travail
16:18ou moins de besoin de travailleurs
16:19je pense que c'est
16:20la caricature du problème
16:21qu'on rencontre aujourd'hui
16:22parce qu'en fait
16:23c'est pas ça qui solutionnera
16:24le problème de la perspective
16:25qu'on donne aux gens
16:26n'importe qui dans sa vie
16:27une société
16:27un pays
16:28une nation
16:29a besoin de perspective
16:30et de projet dans lequel
16:31il se projette
16:31un destin commun
16:35et je crois que l'IA
16:36quand on pousse le raisonnement à l'extrême
16:38c'est la caricature
16:39de ce qu'on vit aujourd'hui
16:39ce qu'on vit aujourd'hui
16:40c'est l'impossibilité
16:41de la nouvelle génération
16:42de se projeter
16:43avec des perspectives
16:44d'avoir un emploi intéressant
16:45de pouvoir subvenir
16:47à ses besoins à la retraite
16:48de s'opposer aussi tout doucement
16:50à la génération précédente
16:51qui aurait gaspillé
16:53les ressources naturelles
16:54qui concentrerait
16:56ce qui n'est pas totalement faux
16:57d'ailleurs
16:57les ressources économiques
16:58en fait c'est ça auquel on assiste
16:59et donc je pense que
17:00si on veut effectivement réussir
17:01à remettre tout cela
17:02dans le bon ordre
17:03il faut d'abord un état
17:05qui se ressente
17:05sur ce qu'il doit faire
17:06ces missions régaliennes
17:07que je l'évoquais tout à l'heure
17:08y compris d'ailleurs
17:08les sujets d'immigration
17:09choisis pour des sujets
17:10sur lesquels c'est important
17:12il faut deuxièmement
17:12une vraie politique pour le pays
17:14une vraie politique
17:14qui soit un choix
17:15qu'on fasse
17:16pays et Europe
17:17un choix qu'on fasse
17:18d'une direction
17:18dans laquelle on veut aller
17:19et dans cette direction
17:20il y a forcément
17:21des grands sujets
17:21autour de
17:22là aussi j'enfonce
17:23des portes ouvertes
17:24la réindustrialisation
17:25de notre pays
17:25au regard de ce qu'on a pu observer
17:26ces six dernières années
17:27compte tenu du choc post-Covid
17:29avec toutes les dépendances
17:30des chaînes logistiques
17:32industrielles
17:32qu'on connaît
17:33vis-à-vis d'autres grands pays
17:34la Chine en faisant partie
17:35et les Etats-Unis également
17:35et ça je pense
17:37que c'est les deux thématiques importantes
17:38remettre l'état
17:39là où il doit être
17:40redonner la capacité
17:41de faire
17:42aux industriels
17:43qui supposent deux choses
17:45un une politique industrielle
17:46réelle
17:47deux libérer
17:48les financements
17:48qui permettent
17:49d'accélérer
17:50cette politique industrielle
17:51et c'est pas
17:52les financements publics
17:53c'est pas les finances publiques
17:54qui vont le permettre
17:54c'est l'argent privé
17:55mais ça c'est une manière
17:56de réconcilier la retraite
17:57par capitalisation
17:58qui existe déjà
17:59ça s'appelle l'assurance vie
18:00avec les besoins
18:01parce que ces besoins
18:03ils sont colossaux
18:04et donc on a
18:05en fait
18:06on est face à une situation
18:07complexe
18:08difficile
18:09lourde
18:09et en même temps
18:09on n'a jamais eu autant
18:10d'opportunités devant nous
18:11donc je pense qu'il y a une équation
18:13qui existe aujourd'hui
18:14qui permettrait
18:15alors il faut aussi
18:16sans doute un projet
18:16d'abord
18:17donc une fois qu'on aurait ce projet
18:18de remettre un peu
18:19de tout aligner
18:20pour effectivement éviter
18:21d'aller
18:21pour reprendre mon point tout à l'heure
18:22vers une société
18:23qui n'aurait pas d'autre perspective
18:24que de l'oisiveté
18:24évidemment la présidentielle
18:26va être l'occasion
18:26de développer
18:27pour chacun des candidats
18:28ce projet
18:28de société
18:29pour en tout cas
18:30les cinq années à venir
18:32ce qui est un horizon
18:33assez court terme
18:33mais ce que j'entends
18:34de ce que vous me dites
18:35tous les trois ici
18:35autour de la table
18:36c'est qu'il y a quand même
18:36un véritable sujet générationnel
18:39François-Lulroy de Gallo
18:41l'ex-gouverneur
18:42de la Banque de France
18:43avait parlé
18:44de gérontocratie
18:45c'est pas un mot
18:46qu'on entend souvent
18:47dans la bouche
18:48d'un banquier central
18:49est-ce que c'est d'abord
18:51et avant tout ça
18:51l'urgence Olivier Babaud ?
18:52Je crois qu'il y a
18:53aujourd'hui
18:54on le voit
18:54parce que ça se traduit
18:55aussi électoralement parlant
18:56puisque les jeunes
18:57votent beaucoup aux extrêmes
18:58il y a une forme
19:00de méfiance
19:01d'insatisfaction
19:01et peut-être de rupture
19:02de génération
19:03qui est assez compréhensible
19:05avoir 20 ans
19:05en 2026
19:06c'est pas facile
19:08on vous explique
19:09effectivement
19:09du point de vue immobilier
19:11vous ne pourrez jamais
19:11élever une famille
19:12là où vous avez grandi
19:13vous allez devoir être
19:14repoussé de plus en plus loin
19:15même la perspective
19:16de devenir propriétaire
19:18si vous n'êtes pas héritier
19:19d'une façon ou d'une autre
19:19même si vous avez fait
19:20beaucoup d'études
19:21que vous êtes un couple
19:22qui travaille biactif
19:23devenir propriétaire
19:25et élever une famille
19:26dans une grande ville
19:27paraît extrêmement difficile
19:29alors que c'était possible
19:30évidemment pour nos parents
19:32ou nos grands-parents
19:32la deuxième chose
19:33c'est qu'on leur explique
19:33que la retraite
19:34ils vont devoir
19:34comme je l'ai dit
19:35cotiser deux fois
19:36ça commence à faire
19:36un peu lourd
19:37sur le salaire
19:38on leur explique
19:38que s'ils travaillent beaucoup
19:40on va leur prélever
19:40toujours plus
19:41donc finalement
19:41s'élever par le travail
19:44sous nos latitudes
19:45en France
19:45est extrêmement difficile
19:47est extrêmement long
19:48et puis la troisième chose
19:50maintenant
19:50c'est quand même
19:50qu'il y a une forme
19:52de job apocalypse
19:53des juniors
19:54qui commence à se dessiner
19:56que vous partagez ou pas
19:57face à l'IA
19:58de l'intelligence artificielle
20:00je partage cette crainte
20:01et je crois qu'elle a déjà lieu
20:02dans certains endroits
20:03je ne croise que des chefs
20:04d'entreprise
20:04qui m'expliquent
20:04qu'ils n'ont plus besoin
20:05de juniors en ce moment
20:06et qu'ils ont considérablement
20:07ralenti l'embauche
20:09des juniors
20:09alors ça doit être dépendant
20:11c'est vrai que c'est plus fort
20:12je ne sais pas
20:12dans les cabinets d'avocats
20:14dans le conseil
20:15dans certaines activités
20:16je ne sais pas
20:17j'ai vu récemment
20:18ce week-end
20:18l'analyse financière
20:20on n'a plus besoin
20:22d'une même nombre de jeunes
20:23donc ça fait quand même beaucoup
20:24on dit aux jeunes
20:24ah oui et à ce propos
20:25l'économie n'a même plus besoin de vous
20:27ça commence à faire
20:28un petit peu beaucoup
20:29ça va évidemment se traduire
20:31dans des formes
20:31de contestation
20:32et de protestation
20:33contre l'équilibre
20:34aujourd'hui
20:35c'est la fameuse opposition
20:37contre les boomers
20:38qui est un débat
20:40qui est complexe
20:41mais on ne peut pas dire
20:42qu'il n'y a pas de sujet
20:43voilà
20:44vous réussissez beaucoup
20:45sur mon compte twitter
20:46et n'hésitez pas
20:46à Robaz Le Genrat
20:48j'ai alternance
20:49qui nous dit
20:50que le taux d'emploi
20:50des 15-24 ans
20:51est passé de 54%
20:53en 1975
20:54à 30%
20:56aujourd'hui
20:57alors que sur la même période
20:59le taux d'emploi
21:00des 50-64 ans
21:01est lui passé
21:02de 58 à 70%
21:04ce qui me semble
21:05un chiffre peut-être
21:06un peu élevé
21:07mais on n'est pas très loin
21:08le problème n'est-il pas
21:09l'entrée
21:10sur le marché
21:10du travail
21:12et nous demande alternance
21:13Anaïs Vagilis
21:14c'est vrai que c'est
21:15une bonne question
21:16moi je
21:18je ne suis pas convaincue
21:19qu'il n'y ait plus de place
21:19pour les jeunes
21:20la question c'est plutôt
21:21quel métier
21:22et quelle perspective
21:24en fait on a
21:25on a formé
21:26pour un certain nombre
21:27de métiers
21:27qui aujourd'hui
21:28sont en train de se transformer
21:29sous l'effet
21:30de l'évolution technologique
21:31très rapidement
21:32et de l'IA
21:34mais il y a
21:35une quantité de métiers
21:36en fait
21:36qu'on ne va pas pouvoir
21:37remplacer avec l'IA
21:38alors peut-être un jour
21:39avec des robots
21:40et la question se posera
21:41différemment sur la répartition
21:43de la valeur
21:44mais en fait
21:45ça va être le retour aussi
21:47la prime retour
21:47des métiers manuels
21:49et donc ça va poser la question
21:50de comment on valorise
21:51ces métiers
21:52dans notre société
21:53en fait
21:54il y a des métiers
21:55qui ont suffisamment
21:56de valeur
21:56pour ne pas être remplacés
21:58par une machine
21:59et il y en a d'autres
22:00finalement
22:00qui peuvent être
22:01substitués par une machine
22:02et donc ça risque
22:02d'être une inversion
22:03de la valeur
22:04et de la représentation
22:05de certains métiers
22:05donc ça oblige
22:06à questionner
22:07quel est l'appareil
22:08de formation
22:09qu'est-ce qu'on valorise
22:10dans notre société
22:11et comment on le rémunère
22:14il y a
22:15vous avez dans toutes
22:15les usines de France
22:16une quantité de métiers
22:18qui ne pourront pas
22:19être remplacés par l'IA
22:20alors bien entendu
22:20les métiers
22:21dites fonction support
22:22on va pouvoir
22:23les optimiser
22:24améliorer la productivité
22:25en s'appuyant sur l'IA
22:26et tout un tas d'applications
22:27un opérateur
22:29sur une ligne de fabrication
22:30on en aura
22:31encore longtemps besoin
22:32il y a un certain nombre
22:33de métiers
22:33vous allez dans les industries
22:34chimiques
22:35les opérations de maintenance
22:36aujourd'hui
22:37vous ne pouvez pas les réaliser
22:38avec un robot
22:39vous allez dans l'industrie automobile
22:42de la même manière
22:43les opérations de maintenance
22:44vous ne pouvez pas les automatiser
22:45vous allez dans certaines usines
22:47d'assemblage
22:48très très très automatisées
22:49il y a des métiers
22:50aujourd'hui
22:50qu'on ne sait pas automatiser
22:52peut-être qu'on y arrivera
22:53dans 10 ou 15 ans
22:55et après ça pose la question
22:56de la société
22:56qu'on a envie de construire
22:57si on part d'effetiste
22:58en se disant
22:59que les robots feront tout
23:00très bien
23:00organisons une société
23:01où les robots feront tout
23:02l'IA fera tout
23:03et on se questionnera
23:04sur la répartition de la valeur
23:05donc là on est vraiment
23:06sur une question
23:08de choix de société
23:08mais je refuse le discours
23:10de dire
23:10ah bah c'est foutu
23:12tout va être automatisé
23:13on va être remplacé partout
23:14c'est pas une société
23:15qui donne de l'espérance
23:17et qui donne la question
23:18non mais sans dire
23:19et la dernière chose
23:20pour répondre à la question
23:20oui il y a un problème
23:22d'intégration
23:23sur le marché du travail
23:24au début
23:25comment est-ce que les jeunes
23:26rentrent de plus en plus
23:27tardivement aussi
23:28sur le marché du travail
23:30on a beaucoup focalisé
23:31l'attention sur les seniors
23:32parce que c'était un sujet
23:33et ça restera un sujet
23:35après 55 ans
23:36sur le taux d'emploi
23:38des postes 55 ans
23:39et donc on a décalé
23:40le problème
23:41sur les entrants
23:42sur le marché du travail
23:43avec en plus une entrée
23:44qui se fait de plus en plus
23:45tardivement
23:45alors tout n'est pas foutu
23:47ça peut être une solution
23:48face à la baisse
23:49de la natalité aussi
23:50c'est ce que nous dit
23:51Bob Merle
23:52la Chine
23:52leader mondial
23:53dans le physical AI
23:54l'intelligence artificielle
23:55physique
23:56prévoit grâce à son industrie
23:57de robots humanoïdes
23:58de compenser jusqu'à 60%
24:00du déclin de sa force de travail
24:02à horizon 2035
24:04je rappelle que la Chine
24:05c'est quand même une population
24:06divisée par deux
24:07les projections
24:07d'ici 2100
24:09il n'y aura plus que 750 millions
24:11de Chinois
24:11Renaud Lemoyal
24:12d'abord
24:13la Chine a déjà des usines
24:15dans lesquelles
24:16les humanoïdes
24:16fabriquent des humanoïdes
24:17ils ont déjà ça
24:18et moi je ne suis pas
24:19un défenseur de ce système
24:20je vois simplement
24:21ce qui se profile devant nous
24:22j'ai aussi connu
24:23comme pas mal d'entre nous
24:24l'arrivée de l'internet
24:25pendant laquelle on disait
24:26ça va être la révolution
24:27il n'y aura plus de boulot
24:27comment on va faire
24:28ça va être terrible
24:28et pour autant
24:29entre guillemets
24:30on s'en est sorti
24:31on a réussi à développer
24:32une économie
24:32qui s'appuie sur autre chose
24:33donc je ne suis pas
24:34un défaitiste
24:35par rapport à ce qui est en train
24:36de se profiler devant nous
24:37par contre je pense
24:38qu'il faut sérieusement
24:40imaginer
24:40que dans des métiers
24:41effectivement
24:43où l'IA
24:43peut jouer fortement
24:46ça va faire une révolution
24:47dans l'emploi
24:48et notamment chez les plus jeunes
24:49qui vont arriver en plus
24:50avec des tâches
24:51qui vont disparaître
24:52alors même qu'ils n'ont pas eu
24:53dans leur vie professionnelle
24:54la connaissance
24:55de comment ça se passait avant
24:56donc ça fait un double handicap
24:57et deuxièmement
24:58sur même les chaînes
25:00robotisées
25:01de production
25:02je pense que
25:03malheureusement
25:03les humanoïdes en en aura beaucoup
25:04donc ça veut dire quoi ?
25:05c'est à dire qu'en fait
25:06le plus important
25:07c'est la politique de formation
25:08qu'on met en place
25:09c'est comment on prend
25:10un bras le corps le sujet
25:11pour se dire
25:11dans ce contexte
25:13quel est le sujet
25:13quelle est la manière
25:15dont je mets en route
25:15un programme de formation
25:16qui permet de faire face
25:17à la situation
25:17or aujourd'hui
25:18moi j'attends de voir
25:19le début du commencement
25:21d'un sujet
25:22qui nous amènerait à dire
25:22qu'on va réfléchir à la question
25:24donc je suis vraiment
25:24à ce stade là
25:25personne
25:26en tout cas
25:27France, en Europe
25:28j'ai l'impression
25:28peut-être ailleurs
25:29je ne sais pas
25:29d'après le sujet
25:30à bras le corps
25:31mais en tout cas
25:31il faut quand même se dire
25:32qu'on va résolument
25:33vers une société
25:34qui va effectivement
25:35automatiser beaucoup
25:35et passer beaucoup
25:36par les robots
25:37et l'IA
25:37et donc il faut se dire
25:39sur les positifs
25:39et moi je le suis
25:40il y a donc des choses
25:41qu'on pourra faire différemment
25:42je prends juste un exemple
25:43il y a des problèmes mathématiques
25:44qui ont mis 300 ans
25:45à être résolus
25:46par des mathématiciens
25:47demain l'IA
25:47c'est une formidable manière
25:48de raccourcir le temps
25:49dans la médecine
25:52etc
25:52il y a plein de sujets
25:53mais il faut des programmes
25:54de formation adaptés
25:55il y en a deux
25:55qui ont pris le sujet
25:57à Corse
25:57c'est Olivier Babaut
25:58présent sur ce plateau
25:59et le docteur Alexandre
26:00qui ont commis un livre
26:01sur le sujet
26:01arrêtez vos études
26:02et plongez-vous dans l'IA
26:03ne faites plus d'études
26:04apprendre autrement
26:05à l'ère d'internet
26:06c'est une inquiétude
26:08qui ne fait que se confirmer
26:10aujourd'hui
26:10alors en fait en réalité
26:11il y a plein de scénarios
26:12qui sont sur la table
26:12moi je crois qu'à terme
26:13en effet
26:14il va falloir complètement
26:15revoir la répartition
26:16de la valeur
26:17puisque il y aura probablement
26:19une forme d'automatisation
26:21d'une très grande partie
26:22de l'économie
26:22on pourra continuer
26:23à se faire plaisir
26:23en se faisant des réunions
26:24mais fondamentalement
26:25le vrai travail sera fait
26:26il y a déjà des dark factories
26:27effectivement
26:28où il y a plein de personnes
26:29ça impressionne tout le monde
26:30c'est ces énormes entrepôts
26:31en Chine
26:32où il n'y a plus que des robots
26:33qui travaillent
26:34plus de lumière à l'intérieur
26:35d'autres ils ont dark factories
26:36on a chacun son truc
26:39je note que quand on dit
26:40oui peut-être que dans 10
26:41dans 15 ans ça sera fait
26:42mais 10-15 ans c'est demain
26:43moi j'ai un des étudiants
26:44qui sortent aujourd'hui
26:44de Bac Plus 5
26:45ils sont censés cotiser
26:4643 ans et demi
26:47si je ne me trompe pas
26:48et donc ça va arriver
26:49très très vite
26:5010-15 ans en effet
26:51aujourd'hui
26:52est incapable de dire
26:53à quoi ressemblera le monde
26:54dans 10-15 ans
26:54il est assez raisonnable
26:55de penser que les robots
26:56humanoïdes vont être
26:57très présents dans 10-15 ans
26:58parce qu'en fait
26:58ils sont déjà
26:59le hardware est plutôt au point
27:02c'est probablement le software
27:03qui est peut-être
27:03le moins au point
27:04avec la représentation
27:05du monde physique
27:06mais ça va arriver assez vite
27:07le robot qui change
27:09un chauffe-eau
27:09ça va arriver
27:10de la façon
27:11qu'ils peuvent visser
27:12des boulons etc
27:12c'est pas tout de suite le cas
27:13et peut-être qu'il est
27:14un peu plus protégé
27:15effectivement que le marketing
27:17la communication
27:17les gens qui sont
27:18dès maintenant
27:19aujourd'hui remplacés
27:20ce qu'on peut dire
27:21c'est que dans
27:23avant que le monde
27:23devienne un monde
27:24d'oisiveté complète
27:27il va falloir
27:27qu'on s'adapte beaucoup
27:28qu'on soit agile
27:29qu'on soit curieux
27:30qu'on continue à apprendre
27:31parce qu'il va y avoir
27:32c'est la destruction
27:33créatrice chumpeterienne
27:34mais dopée
27:36et au carré
27:37parce que ça va être
27:37beaucoup plus rapide
27:38ça va être intensif
27:39ça va être des nouvelles compétences
27:41qu'il va falloir acquérir
27:41probablement peut-être
27:42en permanence toute sa vie
27:43et la dernière question
27:45subsidiaire
27:46c'est quelle est la part
27:47de la population
27:47qui est capable
27:48d'avoir ce genre de vie
27:49et puis une autre question
27:50c'est comment redresser
27:52nos comptes publics
27:54si on n'a pas assez
27:55de monde
27:55qui travaille
27:56ce sera la question
27:56qu'on posera
27:57après la coupure pub
27:58peut-on encore éviter
27:59le choc fiscal
28:00vous verrez qu'un sim-tank
28:01d'économistes
28:04estime qu'il faudra trouver
28:05113 milliards d'efforts
28:06et que les deux tiers
28:07passeront par l'impôt
28:08d'ici 2033
28:10et puis on reviendra
28:11sur l'échec du SCAF
28:13après les annonces
28:14d'Emmanuel Macron
28:16et de Friedrich Merz
28:18hier sur l'abandon
28:20du programme
28:20est-il encore possible
28:21de créer des géants
28:23industriels européens
28:25ne quittez pas
28:26on se retrouve tout de suite
28:30les experts
28:31débats et controverses
28:33sur BFM Business
28:40BFM Business
28:40et la tribune
28:41présente
28:42les experts
28:44Raphaël Legendre
28:45allez il est 10h pile
28:46vous êtes toujours en direct
28:47sur BFM Business
28:48c'est les experts
28:49pour une demi-heure
28:51de débats
28:51et de controverses
28:52avec Anaïs Voygelis
28:54chercheuse associée
28:55au CREG
28:56de l'IAE de Poitiers
28:57Ronan Lemoal
28:58fondateur d'Epopée Gestion
29:00Fonds d'Investissement Régional
29:02et Olivier Babot
29:03président de l'Institut
29:04Sapiens
29:06on a beaucoup parlé
29:08démographie
29:09bombe démographique
29:10et conséquences économiques
29:11dans la première partie
29:12de l'émission
29:14le PIB
29:15la croissance
29:16c'est ce qui détermine
29:17les recettes
29:18du pays
29:19aussi
29:20c'est pour ça
29:20qu'on a créé le PIB
29:21d'ailleurs
29:21c'est pour savoir
29:22combien on allait pouvoir
29:23prélever
29:24sur l'économie
29:26historiquement
29:26le think tank
29:28avant-garde
29:28que je ne connaissais pas
29:29mais un think tank
29:31non-partisan
29:33estime qu'il faudrait
29:34trouver
29:34113 milliards
29:36d'euros
29:37d'efforts
29:38d'ici
29:392033
29:41uniquement
29:41pour stabiliser
29:43le niveau
29:44de la dette
29:45et selon
29:46ces calculs
29:47les deux tiers
29:48de l'effort
29:49pourraient passer
29:51par les impôts
29:53est-ce qu'on se dirige
29:55tout droit
29:56vers un nouveau
29:57ras-le-bol fiscal
29:58Olivier Babot
29:58j'ai bien peur
30:00que ce think tank
30:01ait raison
30:02alors il y a des gens
30:03raisonnables
30:03si je ne me trompe pas
30:04il y a des gens
30:05comme François Eccal
30:05dans le think tank
30:06absolument
30:07grand spécialiste
30:07qui était sur le plateau
30:08il y a quelques jours
30:09Xavier Jaravel
30:10meilleur économiste
30:11c'est vraiment pas des
30:11Salma Mafouze
30:12ou encore
30:13Pierre Rosan Vallon
30:14des gens plutôt sérieux
30:14c'est pas du tout
30:15des pignoufs
30:16et j'ai peur
30:17même si
30:18dès qu'on prévoit
30:19comme disait Pierre Dac
30:20prévoir l'avenir
30:21il est difficile
30:21surtout
30:22la prévision
30:23les prévisions sont toujours difficiles
30:24surtout quand elle concerne l'avenir
30:26il y a plein d'hypothèses
30:27qu'on est obligé de faire
30:28sur l'évolution des taux d'intérêt
30:29sur la croissance
30:30probablement sur la démographie
30:31etc
30:31mais je pense qu'il est assez raisonnable
30:33de dire qu'en l'état actuel
30:34il y a un effort considérable à faire
30:35qu'en effet
30:36ce n'est pas l'état lui-même
30:38qui va pouvoir
30:40amortir cet effort
30:40car l'état
30:41c'est pas grand chose
30:42dans nos dépenses
30:43l'essentiel de nos dépenses
30:44c'est l'état social
30:47le déficit des retraites
30:48est déjà très important
30:49il y a déjà une partie
30:50de nos recettes fiscales
30:51en particulier de la TVA
30:52qui sont orientées
30:53vers le financement
30:54de ce système
30:55et donc
30:55l'avantage de ce rapport
30:58que j'ai feuilleté
30:59très rapidement
30:59c'est qu'il explique
31:01qu'il va falloir faire flèche
31:03de tout bois
31:03c'est-à-dire
31:04il va falloir utiliser
31:05plein de petits moyens
31:07les franchises médicales
31:09des formes de déremboursement
31:10sur les retraites
31:11si je ne me trompe pas
31:12ils disent qu'il va falloir
31:13désindexer les retraites
31:14les plus importantes
31:14c'est le problème
31:15dont je parlais tout à l'heure
31:16et donc il dit
31:17qu'on ne va pas pouvoir
31:18baisser vraiment
31:19la dépense publique elle-même
31:20c'est les transferts sociaux
31:22sur lesquels il va falloir
31:24travailler
31:24mais même là
31:25ils disent
31:25mais même là
31:25ça ne suffira pas
31:26et c'est là que
31:28je n'ai pas un point de désaccord
31:29mais j'ai une question à poser
31:30le problème qu'on a
31:31depuis longtemps
31:32c'est que
31:32notre système social
31:33est si lourd
31:34qu'il tue notre croissance
31:35et à mesure qu'il tue la croissance
31:36on est obligé d'augmenter
31:38pour financer le système social
31:39qu'on ne veut pas remettre en cause
31:40d'augmenter les impôts
31:43si on continue
31:44à augmenter les impôts
31:45et les prélèvements
31:46on va continuer
31:47à tuer absolument
31:48notre capacité
31:49à créer des emplois
31:50à créer de la croissance
31:50à créer de la valeur
31:52et donc on ne fera que
31:54repousser la perspective
31:55un peu comme
31:56celui qui a soif
31:57dans le désert
31:58voit l'oasis
31:59s'éloigner
31:59au fur et à mesure
32:00qu'il avance
32:01voilà
32:01c'est pour ça que je suis un peu
32:02sceptique
32:03et je pense qu'il va falloir
32:04un Bing Bang
32:05plus important que ça
32:06de notre système
32:07de protection sociale
32:08j'ai nommé évidemment
32:09maladie et retraite
32:09et oui
32:1080 ans de la sécu
32:11mais le Bing Bang
32:12à Daïs Voyagilis
32:13est-ce qu'il est possible ?
32:15c'est une bonne
32:16c'est une bonne
32:17une bonne question
32:19je pense qu'il y a
32:21un enjeu
32:22qui est un plus
32:22un peu complexe
32:23c'est-à-dire à la fois
32:23on doit réduire un déficit
32:25financer la transition écologique
32:27et oui
32:27c'est-à-dire qu'on a
32:27beaucoup de dépenses
32:28qui arrivent
32:29dans la défense
32:30l'école
32:30l'écologie
32:31et ce qui à mon avis
32:32pose la question
32:33de
32:35parce qu'on n'est pas
32:36le seul pays
32:37à avoir un haut niveau
32:38d'endettement
32:38la question c'est plutôt
32:39la trajectoire
32:39et la nature
32:40de nos dépenses
32:42c'est-à-dire que
32:43différencier ce qui est
32:44une dépense
32:45pour la consommation
32:46et maintenir le système
32:47d'une dépense
32:48liée à l'investissement
32:49enfin ça c'est un débat
32:51vieux
32:51comme le monde
32:53on sait aussi
32:53que la question
32:54qu'on posait avant
32:55de la démographie
32:56ne va faire que complexifier
32:58cette problématique
32:59et va rendre
33:00des arbitrages difficiles
33:01parce que c'est moins d'actifs
33:02plus de retraites
33:03plus de dépenses de santé
33:04etc
33:05et ça pose
33:06une question
33:07c'est-à-dire qu'on peut
33:09en effet
33:10faire un peu
33:11des réductions
33:12un petit peu
33:12partout
33:13se dire qu'on va aussi
33:15cibler les hausses d'impôts
33:17supprimer
33:18certaines
33:18niches fiscales
33:20je ne suis pas convaincue
33:21que ça soit
33:23la solution
33:24de long terme
33:24et la solution
33:25de long terme
33:26elle est
33:27si on raisonnait
33:28à l'échelle
33:29d'une entreprise
33:29ça serait
33:30de reposer
33:30complètement
33:31la question budgétaire
33:32faire une sorte
33:33de budget
33:34base zéro
33:35en se disant
33:37qu'est-ce qu'on a besoin
33:38de quoi
33:39avons-nous besoin
33:41pour fonctionner
33:42et ensuite
33:43reconstruire les choses
33:44petit à petit
33:44ça demande des arbitrages
33:45en fait
33:45aujourd'hui
33:46il y a énormément
33:47de choses
33:47qui sont faites
33:48et qui ne sont peut-être
33:49pas essentielles
33:50si on reposait
33:51la question
33:51c'est la question
33:52de l'efficacité
33:52de l'euro public
33:53dépensée
33:54c'est le nombre
33:55d'agences
33:56qui existent
33:57c'est
33:58l'empilage
33:59de politiques
33:59avec pas forcément
34:00une efficacité
34:01c'est un impôt
34:02qui n'est pas
34:02totalement efficace
34:03non plus
34:04c'est la question
34:06de l'assiette
34:09sur qui
34:09elle repose
34:12et autres
34:13travail capital
34:13et donc
34:14la solution
34:15doit exister
34:16parce qu'il y a
34:16une multitude
34:16de rapports
34:17qui s'empilent
34:18depuis des années
34:19et par contre
34:19c'est une question
34:20qui est éminemment
34:20politique
34:21et qui suppose
34:22de faire
34:23des choix
34:24et de savoir
34:25à la fin
34:25qui paye
34:26et dans l'élection
34:28présidentielle
34:28on va s'amuser
34:29parce que chacun
34:30a une réponse
34:30bien différente
34:31sur
34:31où est-ce qu'il faut
34:32renier
34:33et qu'il faut
34:33payer
34:34mais par contre
34:35poser
34:36repartir
34:36d'une feuille blanche
34:38on n'a peut-être
34:38pas encore fait
34:38cet exercice
34:39complètement
34:40c'est la question
34:40du cap
34:41que vous soulignez
34:42à Ronald Le Mois
34:43en début d'émission
34:44qu'à la marge
34:44il faut ajuster
34:46le système
34:46de protection sociale
34:47ici ou là
34:48on ne peut pas
34:48faire des mesurettes
34:49mais en tout cas
34:50des choses importantes
34:51faisons-le
34:51pour autant
34:52je pense que
34:53ce qui tue
34:54une économie
34:55et ce qui
34:55en ce moment
34:56parce qu'il faut bien le voir
34:58fait que
34:59beaucoup d'entrepreneurs
35:00se posent des questions
35:00c'est l'instabilité
35:01fiscale
35:01au-delà du niveau
35:03de la fiscalité
35:03c'est le système
35:04qui change toujours
35:05la fiscalité
35:06qui est toujours
35:07revue à la haute
35:07qui est plus dommageable
35:08c'est ce que vous nous dites
35:09l'instabilité
35:10est plus dommageable
35:11qu'un niveau élevé
35:12de prélèvement obligatoire
35:13auquel le système
35:14s'est habitué
35:15je pense que
35:15on veut bien poser
35:15le postulat suivant
35:16dont on pourra dire
35:17qu'il est discutable
35:18à savoir que chacun
35:19est prêt à payer l'impôt
35:19pour lequel il doit
35:20contribuer à la société
35:21absolument
35:22posons ce postulat
35:23même si ça peut faire
35:24un débat
35:24mais posons ce postulat
35:25qui à mon avis
35:26dans 80% des cas
35:31c'est une boussole
35:33qu'on n'a plus
35:33c'est-à-dire que
35:34quand si on ose remettre
35:35sur le terrain économique
35:36quand un acteur économique
35:37une entreprise
35:38en l'occurrence investit
35:39un entrepreneur
35:40il investit avec un cap
35:42qui tient compte
35:42de tous les paramètres
35:43autour de lui
35:44y compris les paramètres fiscaux
35:45si ces paramètres fiscaux
35:46bougent tout le temps
35:47il va d'abord être
35:49peut-être des zones
35:49dans lesquelles il investit
35:50qui vont être moins profitables
35:51que d'autres
35:51et puis surtout
35:51à un moment donné
35:52il va poser le crayon
35:52il va dire
35:53quand vous aurez terminé
35:54et que ce sera stabilisé
35:55une bonne fois pour toutes
35:56peut-être que je recommencerai
35:57à investir
35:57donc en fait je pense
35:58que la fiscalité
35:59c'est aussi un sujet de cap
36:01et de stabilité
36:02qu'on met en oeuvre
36:03deuxièmement
36:03je pense que ça pose aussi
36:04la question
36:05effectivement je ne sais pas
36:05si il faut faire du BBZ
36:06des bases zéro ou autre
36:07mais je reviens à ce point-là
36:08qui à mon avis fondamental
36:09ça pose la question
36:10des endroits sur lesquels
36:11on doit trouver l'État
36:12et les endroits sur lesquels
36:12on doit trouver
36:13les agents économiques privés
36:14je pense que l'État
36:15doit revenir fondamentalement
36:16moi je suis pour l'État-providence
36:18tel qu'on l'a connu
36:19dans notre pays
36:19mais je pense qu'à un moment donné
36:20on est tombé
36:21on est allé trop loin
36:21on est dans l'excès
36:22la classe politique
36:25est la caricature de ça
36:27on est dans l'anecdotique
36:28chaque jour qui passe
36:31imaginons
36:31je le dis
36:32parce que ça vient spontanément
36:32Charles de Gaulle
36:33tenir certaines postures
36:34tenues par nos hommes politiques
36:35aujourd'hui
36:36ça n'existerait pas
36:37parce qu'il était
36:38dans un autre registre
36:38de la posture
36:39mais aussi de l'action de l'État
36:40là où on attendait l'État
36:41donc remettons l'État
36:42là où il doit être
36:42ce qui déjà généra
36:44ou des sources d'économie
36:45en tout cas
36:45de réallocation de moyens
36:47vers d'autres secteurs
36:48et ensuite redonnons
36:49effectivement la latitude
36:50au secteur privé
36:51pour qu'il soit présent
36:52là où le secteur privé doit être
36:53notamment pour financer
36:54ces grands enjeux
36:55auxquels on fait face
36:56et si on fait
36:57de la stabilité
36:58et qu'on remet un peu
36:59l'Église au milieu du village
36:59sur ces deux sujets
37:00on aura résolu
37:01quand même beaucoup de problèmes
37:02je pense
37:02Bah oui
37:02Valéry Giscard d'Estaing
37:04disait qu'au-delà
37:0440% de dépenses publiques
37:06on était dans un système socialiste
37:08on est à 53 ou 54%
37:10aujourd'hui
37:10Et comme un élément
37:11qui est un peu ennuyeux
37:12c'est qu'on est en concurrence fiscale
37:13avec d'autres pays
37:14les mesures proposées
37:16par le rapport
37:16sont notamment
37:17si je ne me trompe pas
37:17une augmentation
37:18des droits de succession
37:19on est déjà
37:19bien plus élevé
37:20que beaucoup de pays
37:21parce qu'il y a beaucoup de pays
37:22où il n'y a pas
37:22de droits de succession
37:23il faut le rappeler
37:24tellement ça nous paraît
37:25ça peut paraître lunaire
37:26dans un pays
37:27où on explique toujours
37:28qu'ils ne sont pas assez taxés
37:29et la deuxième chose
37:30c'est que
37:30l'une des solutions
37:32c'est d'augmenter
37:33en fait les impôts
37:33sur les entreprises
37:34c'est-à-dire
37:35désindexer les seuils
37:37et donc en fait
37:38ça revient
37:38à continuer à augmenter
37:40les prélèvements
37:40sur les entreprises
37:41donc on sait très bien
37:41que
37:42or les fameuses
37:43pseudo-aides
37:44aux entreprises
37:45en réalité on est quand même
37:46de toute façon
37:49à un niveau supérieur
37:50par rapport aux autres
37:51on peut pas
37:52charger la mule
37:53toujours plus
37:54en lui demandant
37:55de courir toujours plus vite
37:56c'est pas possible
37:56à un moment donné
37:57il va falloir choisir
37:58et donc probablement
37:59puisque c'est le budget
38:00base zéro
38:01ou la capacité
38:01à réinventer le système
38:03il ne se fera pas
38:04sans qu'il y ait
38:05une crise importante
38:06en réalité
38:08le jeu
38:09le jeu des intérêts
38:11croisés
38:11le jeu de l'inertie
38:12les intérêts
38:13au statut quo
38:14et aux discours alternatifs
38:16sont tellement forts
38:16que malheureusement
38:17on est très nombreux
38:18à être convaincus
38:19que rien ne se passera
38:20avant une crise majeure
38:22mais elle n'arrive pas
38:22à cette crise
38:23Olivier Babaut
38:24vous avez vu
38:24du rapport Pébro
38:25sur la dette
38:261000 milliards d'euros
38:27il y a 15 ans
38:28ont tiré la sonnette d'alarme
38:28jusqu'ici tout va bien
38:30et puis finalement
38:30dit le gars
38:31qui tente de tourner
38:32jusqu'ici tout va bien
38:34bon
38:35Anaïs
38:37la question de la présidentielle
38:38finalement
38:39qui va se poser
38:39on va en terminer par là
38:40un dernier tour de table
38:42mais la réalité c'est
38:43ça va être qui va payer
38:45c'est un peu ça le sujet
38:46dans tous les mondes
38:47le choix qu'il va falloir faire
38:48dans tous les mondes
38:49c'est la question qui se pose
38:50sur les retraites
38:51c'est qui paye
38:52sur la dépense publique
38:54c'est qui paye
38:54c'est la question
38:56de qui supporte
38:57le poids
39:00de notre modèle
39:01de notre modèle social
39:02qui a aussi
39:02plein d'intérêts
39:03alors c'est vrai que
39:04j'entends qu'ailleurs
39:05il n'y a pas la même fiscalité
39:06il n'y a pas
39:07les mêmes contraintes
39:08etc.
39:09mais il n'y a pas non plus
39:09totalement les mêmes services
39:11rendus derrière
39:12donc il y a une question
39:13d'équilibre
39:14et la question c'est
39:15qu'est-ce qu'on veut
39:16collectivement
39:16qu'est-ce qu'on veut
39:17assumer collectivement
39:18et qu'est-ce qu'on ne juge
39:21pas nécessaire
39:22et c'est une vraie
39:23question
39:23une vraie question de société
39:25bien sûr
39:25le système de santé
39:27il est moins lourd ailleurs
39:27mais parce qu'on passe
39:29beaucoup par un système
39:29d'assurance privée
39:31où les mieux dotés
39:33peuvent mieux se soigner
39:34que les autres
39:35ce qu'on est en train
39:36de créer
39:36de manière indirecte
39:38en France
39:38parce qu'on en est
39:39entre ceux
39:40qui peuvent contourner
39:40ou pas
39:41donc on va avoir
39:41le pire des deux
39:42on ne peut pas dire
39:43que la France
39:44c'est le seul pays
39:44où les gens sont soignés
39:45je veux dire
39:45que les autres pays
39:46les gens ne meurent pas
39:47dans les caniveaux
39:48non non non
39:50c'est pas du tout
39:52ce que je n'ai dit
39:52non non
39:53je ne suis pas d'accord
39:54avec le fait
39:55qu'on travestisse
39:56mon propos
39:56comme la balle perdue
39:57que se sont prises
39:58les gens de Duralex
39:59tout à l'heure
39:59j'ai dit
40:00qu'en France
40:01on avait un système
40:02de santé
40:03qui était largement
40:04financé par le public
40:05et qu'ailleurs
40:06ça ne veut pas dire
40:07parce que ça repose
40:08principalement sur le privé
40:09qu'on laisse mourir
40:09les gens dans le caniveau
40:11ça veut juste dire
40:12qu'il y a un système
40:13d'assurance privée
40:14beaucoup plus développé
40:15que ce que nous avons
40:16en France
40:17où n'importe qui va
40:18à l'hôpital
40:18sera soigné
40:19ça ne veut pas dire
40:19qu'on laisse les autres
40:20mourir dans le caniveau
40:20mais vous avez
40:21certaines thérapies
40:22si vous n'avez pas
40:23de mutuel
40:24vous n'êtes pas soigné
40:25en France
40:26si vous n'avez pas
40:27de mutuel
40:28mais que vous avez
40:29certains problèmes
40:30vous allez à l'hôpital
40:30vous êtes soigné
40:33j'aime notre pays
40:34son système
40:36je l'aime aussi
40:36comme vous
40:37simplement je pense
40:37qu'il faudrait
40:38peut-être redire
40:39les choses telles qu'elles sont
40:40de manière à
40:41pour qu'on puisse réconcilier
40:42un peu l'équation
40:43qui est la nôtre aujourd'hui
40:43c'est que
40:44il n'y a pas de redistribution
40:45sans création de richesses
40:46donc il n'y a pas
40:47de redistribution
40:48ce n'est pas
40:49je dis Emmanuel Macron
40:50parce que c'est lui aujourd'hui
40:50mais ce n'est pas
40:51le président de la République
40:52ou le Premier ministre
40:52qui distribue l'argent
40:53c'est-à-dire
40:54l'argent c'est pas eux
40:55qui le créent
40:55il est créé par la richesse
40:57de ceux qui font l'économie
40:58c'est-à-dire les entreprises
40:59d'entrepreneurs
40:59si des gens commençaient par dire
41:01pour qu'on puisse redistribuer
41:02assumons le fait
41:03qu'il faut que des gens
41:04deviennent riches pour ça
41:05on résoudrait
41:06et que ce n'est pas grave
41:06on résoudrait une bonne partie
41:08du problème
41:08parce que
41:08moi qui suis très attaché
41:10à ce système
41:11qui est celui de la France
41:11j'ai compris depuis bien longtemps
41:12comme vous
41:13qu'effectivement
41:14s'il n'y a pas des gens
41:14qui créaient des entreprises
41:15qui venaient beaucoup d'argent
41:16qui permettaient de payer
41:17beaucoup d'impôts
41:17qui venaient ensuite
41:18dans la poche de l'État
41:18pour permettre d'avoir
41:20un système de santé
41:21un système de protection
41:23au sens large
41:23tel qu'il est aujourd'hui
41:24ça ne marchait pas
41:25mais dans notre pays
41:26on a érigé en fait
41:28en totem
41:29le fait de dire
41:29que chez nous
41:30c'est l'État
41:31qui distribue l'argent
41:32l'État il ne crée rien
41:33Oui et comme si la redistribution
41:34était moteur de prospérité
41:35alors ça rétablit des écrits
41:37parce qu'on n'assume pas
41:37mais ça ne serait pas la richesse
41:39on n'assume pas dans ce pays
41:40le fait de dire
41:41qu'il faut qu'il y ait des gens
41:41qui réussissent
41:42ou alors c'est caricaturé
41:43quand c'est dit
41:44on le fait peut-être
41:45de manière caricaturale
41:46quand on le fait
41:46mais il faut accepter
41:48et d'ailleurs
41:48pourquoi aux États-Unis
41:49parfois
41:49qui n'est pas forcément
41:50le modèle effectivement
41:51sur un certain nombre de sujets
41:52les choses sont parfois
41:53plus faciles à faire passer
41:54parce qu'il est reconnu
41:56aux États-Unis
41:56et c'est fait assez régulièrement
41:57que des Warren Buffett
41:58des Bill Gates
41:59et d'autres
41:59donnent beaucoup d'argent
42:00pour qu'effectivement
42:01les systèmes puissent fonctionner
42:02alors c'est sans doute
42:03que la petite surface
42:05émergée de l'iceberg
42:06mais ça suffit
42:07pour une partie en tout cas
42:08ou avec son autre d'autres aspects
42:09à justifier
42:10qu'il peut qu'il y ait des gens
42:11qui créent de la richesse
42:11pour que l'économie fonctionne
42:12en France
42:13on n'est pas capable
42:13d'assumer ça
42:14d'ailleurs voyons le débat
42:15qu'il y a eu sur Arnaud
42:16et quelques autres
42:16que je trouve assez hallucinant
42:18c'est des gens
42:18qui payent beaucoup d'impôts
42:19en France
42:19c'est le débat de la justice fiscale
42:21Ronan Lemoyle
42:22une passion française
42:24la justice fiscale
42:25il faut le rappeler
42:25c'est un terme
42:26qui peut justifier absolument
42:27tout et n'importe quoi
42:27et qui n'a absolument aucun sens
42:29c'est comme l'intérêt général
42:29c'est un truc qui peut être utilisé
42:31pour dire n'importe quoi
42:31j'en profite pour faire
42:33une petite précision
42:34sur Duralex
42:34Duralex c'est un scandale absolu
42:36c'est même plus
42:37un canard boiteux
42:37c'est un canard mort
42:38en réalité
42:39on a mis énormément
42:40d'argent public
42:41dans un truc
42:41dont on savait très bien
42:42qu'en fait ça n'a aucune chance
42:43on ferait mieux
42:44d'essayer de susciter
42:45les industries de demain
42:47avec lucidité
42:47plutôt que d'essayer de soutenir
42:49pour des raisons
42:49souvent de communication
42:51des trucs qui n'ont aucune chance
42:52sur le papier
42:53à aucun moment
42:54de pouvoir avoir
42:55une rentabilité
42:56il faut avoir
42:56un peu plus de lucidité
42:58sur les conditions
42:59de la concurrence
43:00sur nos capacités
43:01à avoir un avantage
43:02par rapport aux autres
43:03voilà
43:03ça fait partie des trucs
43:04quand on regarde
43:05sur le papier
43:06tout ce qu'on y a mis
43:07ce que la région y a mis
43:08les pauvres actionnaires
43:10qui ont été arnaqués
43:11c'est une catastrophe industrielle
43:13oui les petits actionnaires
43:14alors on rappelle
43:16Duralex
43:16qui est en redressement judiciaire
43:18après avoir fait appel
43:20à l'actionnariat
43:21de tout un chacun
43:22et on se rend compte
43:23que le cours de résultat
43:24il y a plein d'argent public
43:26il y a pas mal d'argent public
43:27et le résultat fait que
43:28on voit que ça ne fonctionne
43:30toujours pas malheureusement
43:30une réponse
43:32je dirais qu'il ne faut pas faire
43:33de choix industriel
43:34je dis juste que dire
43:35sur un plateau
43:36nous on a Duralex
43:37les chinois
43:38on n'a pas d'art factory
43:39on n'a pas
43:39des robots humanoïdes
43:42mais c'est la vérité
43:43c'est juste en fait
43:45je ne dis pas
43:45que ce n'est pas une vérité
43:47c'est juste
43:47faites attention
43:48à ce que vous dites
43:49vous vous exprimez publiquement
43:50il y a des gens derrière
43:51et balancez des paroles
43:53qui font très bien
43:54parce que dire la vérité
43:55ce n'est pas toujours mieux
43:55ça fait de très beaux tweets
43:57mais vous balancez ça
43:58la question c'est d'être dans le réel
44:00ou on est dans le fantasme
44:02on est dans le réel
44:03ou dans le fantasme
44:03mais balancez votre petite phrase
44:03n'apporte rien en réel
44:05n'apporte rien en réel
44:06on explique
44:07décrire le réel
44:07n'apporte rien
44:08à la petite de conscience
44:09on explique calmement
44:10qu'il y a des innovations
44:12mais vous n'apporte rien en réel
44:13il faudrait continuer
44:14en expliquant que
44:16on ne montrant pas les différences
44:17ce que je vous dis
44:18c'est la petite phrase
44:19en grave
44:19il ne s'agissait pas
44:21de la petite phrase
44:21il s'agissait de décrire
44:22mais si c'était toute petite phrase
44:22non non non
44:23allez ça n'avance pas
44:24beaucoup sur le débat économique
44:26on est là pour dire
44:27on va terminer
44:28pas tous ensemble
44:28parce que sinon
44:29une dernière chose
44:29c'est facile de dire
44:30que la Chine
44:31a des usines très modernes
44:33on a 200 ans
44:35d'industrialisation en France
44:36donc on a des sites
44:36qui sont forcément
44:37moins modernes
44:38ce qui pose plein
44:39plein plein de questions
44:39sur les choix industriels
44:40là où on place
44:41il y a eu un saut technologique
44:41plus rapide
44:42et face à des usines
44:44qui ont une vingtaine d'années
44:45mais moi je suis
44:45le monde est complexe
44:47et la petite phrase
44:48qui est là pour blesser les autres
44:49je ne crois pas
44:50qu'elle serve le débat
44:51je ne crois pas
44:51qu'il y a de volonté
44:52de qui ce soit
44:53de blesser qui ce soit
44:54on fait de l'analyse économique
44:56on ne fait pas une thèse
44:57de doctorat
44:58en 400 pages
44:58sur chaque sujet
44:59donc on est obligé
45:00de dire des phrases
45:01relativement courtes
45:02mais je pense que
45:02décrire le réel
45:03c'est un peu
45:04pourquoi
45:04si on n'est pas là pour ça
45:06je ne vois pas ce qu'on fait là
45:07on peut tous aller
45:07il faut dire ce que l'on voit
45:08comme disait Charles Péguy
45:10encore plus dur
45:11voir ce que l'on voit
45:12allez on continue
45:13sur l'industrie
45:13mais au niveau européen
45:15Anaïs
45:15ensemble
45:16si vous le voulez bien
45:17avec cet échec du scaf
45:18annoncé
45:19confirmé
45:20on l'attendait
45:20mais confirmé hier
45:22par le président de la république
45:23Emmanuel Macron
45:24et le chancelier allemand
45:25Friedrich Schmerz
45:27Dassault
45:28et Airbus
45:29n'ont pas réussi
45:30à se mettre d'accord
45:31sur l'avion de chasse
45:32européen
45:33qui était un grand projet
45:35industriel
45:36européen
45:36ça pose un peu la question
45:38de la relation franco-allemande
45:39aujourd'hui
45:39est-ce qu'on est encore capable
45:40de construire
45:42des grands mécanos
45:44industriels
45:45au niveau européen
45:46Anaïs Bogilis
45:47je rappelle
45:48grand spécialiste
45:49du monde de l'industrie
45:50c'est amusant
45:51que vous le présentiez comme ça
45:52parce qu'en fait
45:53des champions européens
45:54on a eu Airbus
45:55on n'en a pas eu 36 000
45:56on veut à chaque fois
45:57reproduire un champion
45:59de quelque chose
45:59on a le champion des batteries
46:00le champion
46:01et moi je pense
46:03que ça révèle que
46:03l'Europe
46:04elle veut sur le papier
46:05des champions
46:06avec des additions
46:08d'intérêts nationaux
46:08des doctrines militaires
46:10différentes
46:12et
46:13des industriels
46:14qui vont chacun
46:15défendre
46:15leurs compétences critiques
46:17et donc tout ça
46:18ne se marie pas
46:19très bien
46:20après la deuxième question
46:21c'est l'amitié franco-allemande
46:23qui est un couple
46:23dont on nous rabat les oreilles
46:25depuis
46:25qui est une expression
46:26qui n'existe qu'en français
46:27et pas en allemand
46:28depuis quelques décennies
46:30à mon avis
46:31c'est une erreur
46:31en fait
46:31on ne construit pas
46:32une politique industrielle
46:33sur l'amitié
46:34c'est
46:35est-ce qu'on a
46:36une politique industrielle
46:37européenne
46:37qui est portée
46:38sur le plan européen
46:39ou est-ce qu'on a des états
46:41qui coopèrent ensemble
46:42pour construire quelque chose
46:43aujourd'hui
46:44on voit bien
46:45qu'en matière militaire
46:46on se tire la bourre
46:47et que quand on regarde
46:48l'état des commandes
46:49des différents pays européens
46:51ils se tournent rarement
46:52en premier lieu
46:53vers la France
46:53pour réaliser leurs commandes
46:54alors ça pose plein de questions
46:55ça pose la question
46:56d'intérêts géopolitiques
46:57et stratégiques
46:58à l'égard des Etats-Unis
46:59ça pose aussi peut-être
47:00parfois
47:00la question de ce qu'on fait
47:02réellement en termes de produits
47:03c'est bien d'avoir
47:03les meilleurs produits
47:04mais si on ne les vend pas
47:05c'était longtemps le cas
47:06du Rafale
47:08finalement
47:09ça n'est pas pertinent
47:11et il y a trois choses
47:12une grande réussite
47:13aujourd'hui le Rafale
47:13oui aujourd'hui
47:14mais pendant des années
47:15on n'a pas réussi à le vendre
47:16c'est devenu une grande réussite
47:18quand ça n'est peut-être plus
47:19le meilleur avion du monde
47:21c'est un avion
47:22extrêmement performant
47:24mais combien de décennies
47:26a-t-il
47:27j'exagère
47:28d'années
47:28avant que ça devienne
47:29un succès commercial
47:30et ça pose aussi
47:31la question du rôle du politique
47:32là-dedans
47:33sur la capacité
47:34à aller chercher des ventes
47:34et ça m'amène trois constats
47:36c'est que sur le SCAF
47:37un je pense que l'Europe
47:38pose toujours
47:40la question de comment
47:41on distribue la valeur
47:42comment on répartit
47:42les emplois
47:43avant d'avoir créé le produit
47:44et avant d'avoir la valeur créée
47:45la deuxième chose
47:46c'est que je pense
47:47qu'il n'y a pas de souveraineté
47:47sans leadership
47:48penser que le leadership industriel
47:50peut être partagé
47:50entre les Etats
47:51et à mon avis
47:52une erreur
47:52il faut qu'il y ait une tête de pont
47:53que ce soit un Etat
47:55une industrie
47:56et que derrière
47:56il y ait une filière
47:57c'est ce qui se passe
47:58dans toutes les filières
47:59d'une certaine manière
48:00et la troisième chose
48:01c'est qu'il y a une question
48:02de profondeur industrielle
48:04en Europe
48:04c'est-à-dire que
48:05en matière de défense
48:06on est mieux doté
48:07que dans d'autres secteurs
48:08mais on veut faire les choses
48:09et en même temps
48:10on n'assume pas forcément
48:11toutes les compétences
48:11qu'il y a derrière
48:12et dernier point
48:13sur l'industrial
48:14accélérateur act
48:15je pense que c'est insuffisant
48:17Le texte européen
48:18présenté et porté
48:19par le commissaire français
48:21Stéphane
48:21séjourné
48:22pour faire face
48:22notamment aux surcapacités chinoises
48:26Profondeur industrielle
48:27dit Anaïs Voygilis
48:29Profondeur financière aussi
48:30je pense que c'est intéressant
48:30de contextualiser ça
48:31par rapport à ce qui se passe
48:32autour de nous
48:33c'est toujours intéressant
48:34parce que ce qui se passe
48:34autour de nous aujourd'hui
48:35c'est que les américains
48:37ont décidé qu'ils ne seraient plus
48:38le parapluie de l'Europe
48:39ils nous l'ont dit
48:40ils l'ont fait savoir
48:41et d'ailleurs ils agissent
48:41en conséquence
48:42les chinois je ne vais pas y revenir
48:43on voit tout ce qui se passe
48:44et encore une fois
48:45je ne suis pas un défaitiste
48:46on s'en fout
48:47mais quand on voit les chinois
48:48c'est une tête
48:49qui décide et on fait
48:50et c'est un plan à 10 ans
48:52ou à 20 ans
48:54parce que de toute façon
48:55on excitez-vous tant que vous voulez
48:56nous on n'avons
48:56donc pourquoi je dis ça
48:57c'est parce qu'une fois
48:58qu'on a contextualisé ça
49:00le fait effectivement
49:00qu'il y ait des intermoignements
49:01ensuite au niveau européen
49:02sur les sujets
49:03qui peuvent être conseillés
49:04comme stratégiques
49:04c'est par définition très dangereux
49:06parce que ça veut dire
49:06que dans le même temps
49:07on a des gens
49:08qui eux avancent d'un seul homme
49:09avec des idées très claires
49:11sur là où ils vont
49:11nous on n'est pas capable
49:12de se mettre d'accord
49:13donc pour moi c'est un vrai sujet
49:14effectivement
49:15pas ça peut être leadership
49:16mais de gouvernance
49:16je pense qu'on atteint les limites
49:18sur certains sujets
49:18je ne suis pas un expert
49:20en la matière
49:20mais de la gouvernance européenne
49:21alors pas à 27
49:22mais souvent à 27
49:23c'est ce que dit Mario Draghi
49:24et sur d'autres sujets
49:24et je pense qu'il est temps
49:25peut-être de revenir
49:26à des sujets
49:28à géométrie variable
49:29c'est-à-dire que
49:29si on n'est pas capable
49:30de se mettre d'accord
49:31à 27
49:32dans bien des cas
49:32sur les sujets
49:33revenons à des plus petits comités
49:34c'est qu'on le fait
49:34si à la fin on n'est pas d'accord
49:36pour se mettre
49:36on n'est pas capable
49:37de se mettre d'accord à 2
49:38faisons nous-mêmes
49:39le sujet sur lequel on pense
49:40qu'il faut atteindre
49:40une certaine forme de leadership
49:41au niveau européen
49:42ou international
49:43parce que sinon
49:44on va prendre du retard
49:45ou alors
49:46oui on prend déjà
49:47ou alors ayant une Europe
49:49qui soit une Europe fédérale
49:50je n'ai pas dit
49:51que je voulais ça
49:51mais soit on veut
49:52une Europe fédérale
49:53et dans ce cas-là
49:54il y aura une seule tête
49:55entre guillemets
49:55on avancera
49:55on a vu
49:56les quelques sorties
49:57qui ont pu être faites
49:58par certains ou certaines
49:59sur le sujet
50:00et les réactions
50:01que ça pouvait susciter
50:01je ne suis pas sûr
50:02qu'on soit tout à fait mûr
50:02pour y aller
50:03mais si ce n'est pas le cas
50:04et moi je peux le comprendre
50:05dans ce cas-là
50:05ayons des sujets
50:06qui soient traités
50:07à géométrie variable
50:07et quand un leadership européen
50:09même à deux
50:09n'est pas capable
50:10d'être identifié
50:11traçons un sillon
50:12sur celui qui est capable
50:12d'avancer
50:13dans la voie
50:13qu'il pense la plus pertinente
50:14c'est ce que propose
50:15Mario Draghi
50:16avec son fédéralisme pragmatique
50:18c'est-à-dire que
50:19si ça ne fonctionne pas
50:20à 27
50:21mettons-nous à 6, 7, 8, 9
50:23et puis avançons
50:24Olivier Babot
50:25oui c'est emblématique
50:26des problèmes de l'Europe
50:27en stratégie
50:28on dit
50:28le risque c'est d'être
50:29stuck in the middle
50:30on n'est ni haut de gamme
50:31ni bas de gamme
50:32on est entre deux choix stratégiques
50:34c'est un peu le problème
50:34de l'Europe
50:35soit il aurait fallu aller
50:36vers un vrai fédéralisme
50:38qui permet d'avancer
50:39d'avoir un numéro de téléphone
50:41et puis de prendre des décisions
50:43mais ça veut dire
50:44d'abdiquer beaucoup
50:45et de faire des pays
50:46des grandes régions
50:48soit on gardait
50:49une forme évidemment
50:50de souveraineté nationale
50:52beaucoup plus forte
50:52là on est un peu entre les deux
50:54ce qui alimente
50:54un mécontentement
50:55une union d'état-nation
50:56disait Jacques Delors
50:57c'est censé nous apporter
50:58la puissance
50:58on ne l'a pas
50:59censé nous protéger
51:00économiquement
51:00politiquement
51:01l'immigration
51:02on connaît le sujet aussi
51:02etc
51:03et la défense
51:04ça cristallise ça encore plus
51:05parce que c'est extrêmement difficile
51:07en réalité
51:08l'idée d'une politique commune
51:08de défense
51:09c'est un fantasme
51:10depuis très longtemps
51:10mais ça ne peut pas aller
51:11c'est à dire que
51:12l'idée que l'Elysée
51:13doit dépendre
51:14d'une décision
51:15de quelqu'un aux Pays-Bas
51:16ou en Allemagne
51:17pour avoir le droit
51:18d'envoyer
51:19des gens où il veut
51:20c'est quelque chose
51:20qu'on n'est pas prêt
51:21à accepter
51:21tout simplement
51:23sur le côté industriel
51:24on sait qu'effectivement
51:25il y a le problème
51:25des concurrences
51:26et que comme on a
51:26des formes d'alliances
51:27ces alliances
51:28sont toujours entre concurrents
51:28donc c'est à qui se tire la bourre
51:30entre qui
51:30il va être celui
51:31qui va capter la valeur
51:32qui va en prendre le plus
51:33ça a marché avec Airbus
51:34mais c'est très difficile
51:35à répliquer
51:35et puis peut-être
51:36la dernière chose à dire
51:36c'est qu'il y a peut-être
51:37une toute petite pleure d'espoir
51:38c'est que le Scaf
51:39c'est un avion embarqué
51:40avec un humain à l'intérieur
51:41je ne connais pas tellement
51:42en défense
51:43mais moi j'ai l'impression
51:43que plus en plus
51:44c'est quand même pas l'avenir
51:45de mettre un humain
51:46qui est hyper rare
51:47qui peut se faire exploser
51:47en deux secondes
51:49c'est extrêmement cher
51:50l'avenir c'est les drones
51:51et j'ai l'impression
51:51que le projet d'Eurodrone
51:53même si c'est peut-être
51:54ce qui est dit
51:55mais pas qui est pensé
51:56est encore dans les tuyaux
51:58donc l'idée
51:59qu'on puisse construire
52:00des drones ensemble
52:01est encore quelque chose
52:02qui est envisageable
52:03maintenant
52:04est-ce que c'est vraiment
52:05l'évolution de la défense
52:07c'est compliqué en ce moment
52:08technologiquement évidemment
52:09au-delà des sujets de défense
52:11qui évidemment
52:12touchent au régalien profond
52:14des états
52:15est-ce qu'on constate
52:16en Europe quand même
52:17sur d'autres secteurs
52:19l'émergence
52:20de champions européens
52:22est-ce que c'est fusion
52:23transfrontalière
52:23dans le monde de la finance
52:24on en parle beaucoup
52:26Unicredit, Commerce Bank
52:28pour ne parler que du
52:30dernier dossier
52:31ou est-ce qu'on a
52:32vraiment du mal
52:33parce qu'on a
52:3327 marchés
52:34très fragmentés
52:35Anaïs Vogilis
52:36on a du mal
52:37on a des groupes
52:39nationaux
52:39alors qui sont nationaux
52:41mais avec
52:41un capital
52:42extrêmement diversifié
52:44mais qui finalement
52:45certains arrivent
52:45à l'échelle européenne
52:46mais en général
52:46quand ils arrivent
52:47à l'échelle européenne
52:47ils sont des groupes
52:48à échelle
52:50mondiale
52:52avec
52:52on a eu
52:54quelques
52:55fusions
52:57comme
52:59avec Luxottica
53:00qui dans le domaine
53:01dans le domaine
53:02et Silor Luxottica
53:04qui peut être
53:04un exemple
53:06on demande
53:06on peut donner
53:07l'exemple d'Airbus
53:08mais je crois que là
53:08où il faut faire
53:09une différence
53:09c'est en fait
53:10quand est-ce qu'il y a
53:10l'initiative privée
53:11qui va porter
53:13une fusion
53:14et encore faut-il
53:15qu'elle soit acceptée
53:15par le droit
53:16et puis les différentes
53:17autorités nationales
53:18on a échoué
53:19sur Aestom-Diemens
53:21par exemple
53:22donc quand l'initiative privée
53:23le porte
53:23je pense qu'on peut
53:24aboutir des choses
53:25je pense pas que ce soit
53:26la capacité des états
53:28pour des questions
53:29de souveraineté
53:29de rapport des forces
53:31et autres
53:31de construire
53:33ces champions européens
53:34ils peuvent créer
53:34les conditions d'émergence
53:35mais c'est pas
53:36c'est aux entreprises
53:37de le faire
53:37on l'a vu dans le monde
53:38de la finance
53:38dans le mot à l'un
53:39on a vu des crises financières
53:41BNP Paris
53:41après la finance
53:42c'est un peu différent
53:42parce que je pense
53:43qu'il y a deux sujets
53:44qui font que c'est compliqué
53:45il y a le sujet
53:46de la souveraineté
53:46effectivement
53:47c'est quand un champion
53:48européen émerge
53:48ça veut dire que
53:49quoi qu'on en dise
53:50quelques-uns
53:51perdent de la souveraineté
53:52sans le dire
53:53mais parce que c'est plus
53:53eux qui ont le leadership
53:54et puis un deuxième sujet
53:55c'est les capitaux
53:57c'est-à-dire qu'en fait
53:58quand on gagne
53:59au niveau européen
54:00en tout cas
54:00quand dans un secteur
54:01on gagne
54:02on peut perdre dans un autre
54:03alors c'est vraiment
54:04un rêve dans le côté
54:05service financier
54:06parce que service financier
54:06quelque part
54:06c'est quelque chose
54:08où les capitaux
54:09circulent beaucoup plus librement
54:10il n'y a pas
54:10d'interférence
54:11mais par exemple
54:12dans l'agriculture
54:12on a vu sur les grands
54:13sujets agricoles récents
54:14quand il y en a un
54:15qui gagne sur le secteur
54:15automobile
54:16avec des accords
54:16avec l'Amérique du Sud
54:17l'autre va perdre
54:17sur le secteur agricole
54:18donc en fait
54:18c'est pas les vastes
54:19communiquantes
54:20dans le même pays
54:21donc ça pose
54:21des vrais problèmes
54:22et l'émergence
54:22d'un champion européen
54:23pose aussi
54:24ce genre de considération
54:25encore une fois
54:25c'est moins vrai
54:26dans le secteur financier
54:26parce que la liberté
54:27de circulation des capitaux
54:28est telle que c'est
54:29moins évident sans doute
54:30ce sera le mot de la fin
54:31merci à tous les trois
54:32Anaïs Voygillis
54:33Ronan Lemoyal
54:34et Olivier Babaud
54:35pour cette émission
54:36passionnante
54:36disponible en podcast
54:38et replay
54:38sur l'application
54:39BFM Business
54:40et toutes les plateformes
54:42de diffusion
54:42tout de suite
54:43vous retrouvez
54:43BFM Entreprises
54:44spécial leadership
54:46animé par Sandra Gondoin
54:48quant à nous
54:49on se retrouve demain
54:50même heure
54:50même endroit
54:519h30
54:5210h30
54:52en direct
54:53sur BFM Business
54:54très bonne journée
54:55à tous
54:58les experts
55:00débats et controverses
55:01sur BFM Business
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