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  • il y a 34 minutes
« BFM POLITIQUE » est LE rendez-vous média incontournable rythmant la vie politique française. Chaque dimanche, en direct et en public, l’émission présentée par Guillaume Daret donne la parole aux personnalités de tous bords. Durant deux heures, un représentant politique au cœur de l’actualité répond aux questions de la journaliste de BFMTV, puis débat dans le « face à face » avec un contradicteur sur un sujet qui les oppose.

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00:02Générique
00:06...
00:10Bonjour à tous, bienvenue dans BFM Politique avec au cœur de l'actualité
00:15ce que beaucoup décrivent ce matin comme un fiasco et un scandale d'État.
00:19La mort de la jeune Liana provoque une émotion et une colère immense en France.
00:25Une marche blanche aura lieu cet après-midi.
00:28Comment éviter de nouveaux drames tels que ceux-ci ?
00:31Faut-il sanctionner plus durement les magistrats ?
00:34Notre invité ce matin, Dominique de Villepin.
00:36Bonjour.
00:36Bonjour.
00:37Ancien Premier ministre, probable candidat à l'élection présidentielle.
00:39Vous nous direz dans quelques instants quelles sont vos solutions.
00:42On évoquera bien sûr aussi avec vous la situation internationale.
00:46A mes côtés, Amandine Atalaya, éditorialiste politique BFM TV et Pierre Le Pelletier de la Tribune dimanche.
00:52Bonjour.
00:52Le partenaire, notre partenaire pour cette émission.
00:56Mais d'abord, évoquons le décès d'une femme emblématique que vous avez bien connue, l'ancienne première dame Bernadette
01:03Chirac.
01:04On a appris son décès à l'âge de 93 ans.
01:06Vous avez été un très proche de Jacques Chirac, son secrétaire général à l'Élysée, son Premier ministre notamment.
01:11Vous avez donc côtoyé Bernadette Chirac.
01:14Qu'est-ce que vous retenez d'elle ?
01:16D'abord, il y a une image qui est suffisamment forte pour que je l'aie retenue à jamais.
01:21C'est Jacques Chirac se retournant pour demander à Bernadette d'aller plus vite.
01:27Il l'avait appelée la tortue.
01:28Mais la tortue avait du bon sens et était déterminée.
01:31Je me rappelle aussi en 1988, vous voyez, ce n'est pas jeune, j'étais à Washington en poste avec
01:37mon épouse.
01:37Et Bernadette Chirac était venue accompagner son mari et elle avait demandé à voir les quartiers les plus difficiles de
01:44Washington.
01:45Et elle avait demandé en particulier à voir ce qu'on appelait les maisons de crack,
01:48où la drogue était donnée pour quelques dollars à des malheureux.
01:54Et on avait passé la journée à sillonner ces quartiers, à rencontrer des associations.
01:58Donc c'était une femme engagée, curieuse, qui me laisse l'image d'un attachement.
02:09On vous voit d'ailleurs sur ces photos, côté notamment du président Chirac.
02:15Quel rôle politique a-t-elle joué auprès de son mari Jacques Chirac précisément ?
02:19D'abord, il faut le dire, un rôle discret.
02:22Elle était présente à chaque instant auprès de Jacques Chirac,
02:26mais elle n'interférait pas avec l'action politique de son mari.
02:31Donc c'était davantage des conseils qui étaient prodigués directement par elle à Jacques Chirac.
02:39Et elle respectait parfaitement le fonctionnement des équipes et des équipes politiques qui étaient autour de Jacques Chirac.
02:45Mais c'était une femme politique, beaucoup l'on déclate comme ça.
02:48Oui, et très ancrée dans les territoires.
02:51On le rappelle souvent, c'était une élue et elle était au contact de la population.
02:56Elle faisait partie de ces voix qui disaient très fortement parfois à Jacques Chirac,
03:02attention, regardez de ce côté-ci, écoutez cette plainte qui monte.
03:08Donc elle avait des capteurs, elle avait beaucoup de bon sens, un solide bon sens.
03:13Et puis elle n'avait pas sa langue dans sa poche.
03:17Donc elle disait les choses et parfois avec un peu de férocité.
03:20Mais ça fait bien, ça fait du bien, ça stimule.
03:22J'ai envie de vous dire, justement, on se souvient tous d'une interview qu'elle avait donnée aussi à
03:27France 2, à Laurent Delahousse.
03:29Et elle parlait de la dissolution ratée de 1997.
03:32Elle était totalement contre.
03:34Et elle vous imputait en partie la responsabilité d'avoir poussé Jacques Chirac à faire cette dissolution.
03:38Et elle vous avait surnommée dans cette interview Néron.
03:41Qu'est-ce que vous étiez dit à l'époque ?
03:42On en avait parlé à plusieurs occasions.
03:45Elle m'avait même dédicacé un livre pour s'expliquer de cette formule.
03:51Et je le comprends très bien.
03:54Vous savez, dans les difficultés de la vie politique,
03:57le premier collaborateur du président de la République,
03:59il est là pour prendre les coups à la place du président de la République.
04:02Donc, j'avais les épaules larges et il était bien normal que je joue ce rôle de paratonnerre dans ces
04:09moments-là.
04:10N'empêche que la décision a bien été prise par Jacques Chirac et de façon très lucide et de façon
04:15très claire.
04:16C'était quoi la dédicace de Bernadette Chirac ?
04:18Ah, je ne vous le dirai pas.
04:19Moi, je ne livre pas les secrets de famille.
04:23Alors, effectivement, on l'a vu, Bernadette Chirac a reçu depuis hier beaucoup d'hommages,
04:27que ce soit en Corrèze ou en Paris.
04:29Venons-en à cette actualité qui va marquer cette journée en France
04:33et marquer aussi l'antenne, évidemment, de BFM TV.
04:37Une marche blanche va avoir lieu cet après-midi dans la commune de Florence, dans le Gers,
04:40pour rendre hommage à Liana, cette jeune fille de 11 ans dont le corps a été retrouvé jeudi.
04:45Ses parents seront bien sûr présents.
04:47Je le disais, ce sera à suivre dans une édition spéciale à partir de 14h sur notre antenne sur BFM
04:52TV.
04:53La peine est immense.
04:54Et Dominique de Villepin, chaque jour, chaque jour, il semble y avoir de nouvelles révélations.
04:59Et de nouveau, les éléments accablants.
05:01Ce matin encore, sur notre antenne, on entendait un ancien professeur de sport qui a fréquenté le suspect
05:06et qui raconte qu'il passait beaucoup de temps avec les enfants.
05:09Je vous rappelle aussi que cet homme, ce suspect, il y a quatre plaintes, deux signalements également pour violences sexuelles.
05:16Jamais depuis le mois d'août dernier où il y avait eu une plainte pour viol,
05:18jamais il n'a été entendu par la police.
05:21Comment est-ce que vous qualifiez cela ?
05:23À la une de la tribune dimanche, ce matin, s'est écrit « Une honte nationale ».
05:28Est-ce qu'à vos yeux, c'est une honte nationale ?
05:30Un scandale d'État ? Comment vous qualifiez ça ?
05:32D'abord, permettez-moi de dire toute ma compassion à la famille, aux proches, à la petite ville de Florence,
05:40face à ce qui est un drame inacceptable par la société française.
05:46Et c'est bien dans cela que ce drame sert de révélateur.
05:49Un drame seulement ?
05:50Mon premier mot devant ce qui s'est passé et qui, je crois, exprime au-delà de la colère
05:57que nous ressentons tous face à ce qui s'est passé, c'est « remords ».
06:01Remords.
06:02Et je pense que chacun d'entre nous doit faire son examen.
06:05Bien sûr, c'est facile d'être prompt à jeter la pierre, à chercher des boucs émissaires.
06:10Et il faut savoir ce qui s'est passé.
06:12Mais ne l'oublions pas, le drame aujourd'hui de Liana est un drame que vivent beaucoup d'enfants.
06:19Cette souffrance de viol, d'agressions sexuelles qui sont déclarées.
06:25Et trop souvent, sans suite, ne l'oublions pas, 94% des plaintes pour viol sont classées sans suite.
06:341% seulement de condamnation.
06:36Et c'est trois enfants par classe.
06:39C'est un enfant, c'est un enfant toutes les trois minutes qui subit cela.
06:45Donc il faut d'abord prendre la mesure.
06:46Je sais que face à ces drames, on a la tentation immédiatement de s'arc-bouter et de vouloir demander
06:53des comptes.
06:54Mais qu'est-ce qu'il faut faire ? Parce qu'on voit bien qu'il y a quelque chose
06:56qui tourne par rond.
06:56D'abord, il faut prendre la mesure de ce drame.
06:58La mesure de ce drame.
06:59Parce que c'est toute la société qui est concernée.
07:02Ce n'est pas uniquement un parquet, des forces de l'ordre, une chaîne pénale qui est à mettre en
07:09compte.
07:09C'est toute une société.
07:10Nous sommes dans une société qui est une société de prédation.
07:13Et il faut avoir le courage de le dire, ça ne cesse de s'aggraver.
07:17Et en première ligne de cette prédation, il y a bien sûr les plus fragiles.
07:20Les femmes et les enfants.
07:23Deuxièmement, permettez-moi d'aller jusqu'au bout.
07:25Juste sur les mots que vous venez de prononcer, je m'arrête une seconde.
07:27Vous dites, chacun doit faire son examen de conscience.
07:29Est-ce que ça veut dire que vous dites, vous, Antin Kancien, Premier ministre notamment,
07:33vous dites, on a tous, j'ai une part de responsabilité dans ce qui se passe ?
07:36Mais bien sûr.
07:37Mais nous avons même au quotidien une part de responsabilité.
07:40Vous citiez ceux qui ont croisé celui qui est encore aujourd'hui présumé innocent,
07:47mais qui l'ont croisé et qui savaient, ceux qui, dans l'école, n'ont pas décidé.
07:53Donc vous dites quoi ? On a tous échoué en tant que responsable politique.
07:55Mais je veux dire que c'est une multitude de défaillances qu'il faut avoir le courage de reconnaître.
08:00Tous ceux qui, dans le village, ont pu, à un moment donné, croiser cet individu,
08:04voir la fillette monter dans une voiture et qui n'ont pas eu le réflexe.
08:07Nous sommes dans une société, je le dis, de prédation, mais aussi d'abandon,
08:11où la capacité collective à prendre en charge les différentes situations s'est beaucoup réduite.
08:17Et à cet abandon, il faut ajouter un sentiment de domination qui existe dans notre société.
08:24Vous savez, le masculinisme que nous voyons se développer aux États-Unis,
08:27il existe dans la société française.
08:29Et ce n'est pas tout à fait un hasard si les femmes et les enfants se retrouvent les premières
08:34victimes.
08:34Donc face à ça, d'abord, première chose.
08:37Il faut effectivement regarder de très près ce qui s'est passé du côté de la justice.
08:42Vous qualifiez ça de scandale d'État ou pas ?
08:44Mais scandale d'État dans sa globalité.
08:47Et nous parlerons tout à l'heure de la responsabilité politique,
08:49parce que nous ne pouvons pas ne pas également évoquer la responsabilité politique dans ce type d'affaires.
08:57Premièrement, lenteur, on le voit bien, défaillance en ce qui concerne les signalements,
09:02un parquet qui se renvoie à un autre parquet qui communique de façon écrite,
09:06alors que nous avons des moyens un peu plus modernes pour le faire,
09:09des systèmes d'information cassiopées qui ne sont pas activés,
09:14alors qu'il suffit de regarder la base de données pour voir qu'il y a une multitude d'éléments
09:18qui auraient pu immédiatement apparaître et qui montraient la dangerosité
09:22de l'individu coupable présumé ou innocent présumé.
09:26Dans ce contexte, on voit bien, il y a une chaîne de responsabilité.
09:30Et la société, nous n'avons pas, et la justice, bien sûr, nous n'avons pas protégé cet enfant.
09:35Et c'est en ça que je dis remords, remords que cette protection à tous les échelons
09:41n'ait pas été à la hauteur de l'enjeu.
09:44Amandine.
09:45On va parler des responsabilités, des politiques sur la responsabilité éventuelle des magistrats.
09:49Gérald Darmanin dit que lui avait donné des consignes spécifiques
09:53pour que les affaires concernant les femmes et les enfants soient traitées en priorité,
09:57qu'elles n'ont pas été suivies et qu'il y aura si besoin après enquête,
10:00des sanctions contre les magistrats.
10:02Est-ce que vous estimez à ce stade qu'il faut envisager des sanctions
10:05ou bouc émissaire trop facile, les magistrats ?
10:08La tentation du bouc émissaire, elle revient à chaque fois dans ces types de circonstances.
10:13Mais je veux dire, malgré tout, j'entends ce que dit Gérald Darmanin
10:19et je veux bien croire qu'il a signé une circulaire.
10:21Oui, de fait, elle existe.
10:23Je veux bien le croire.
10:24Mais le fonctionnement d'une administration ne peut pas se limiter à faire passer une loi,
10:29à signer une circulaire et à considérer que la messe est dite.
10:33C'est un petit peu l'attitude du président de la République quand il dit
10:36« j'ai augmenté les moyens de la police et de la justice ».
10:38C'est vrai que les moyens ont augmenté de 20% en moyenne par an.
10:42Mais les moyens restent encore en France incroyablement insuffisants.
10:46Quand nous voyons qu'il y a 4 fois moins de procureurs en France par rapport à nos voisins,
10:522 fois moins de juges, et quand nous voyons, parce que ce n'est pas quelque chose qui s'est
10:56produit il y a 5 ans,
10:57que cette année, dans les gels de crédit, sur les 6 milliards qui sont retenus pour faire baisser notre déficit,
11:07en priorité, la baisse intervient sur le budget de la police, sur le budget de la justice.
11:12C'est une erreur, et vous augmenteriez les moyens, c'est ça votre première réponse ?
11:17Je veux dire que parmi les premières nécessités, il y a établir des priorités.
11:24La question des violences faites aux femmes et aux enfants, c'est une urgence nationale.
11:29Donc on ne peut pas à la fois dire « c'est important » et faire le constat que nous
11:34faisons beaucoup moins bien.
11:35Regardez comment les Espagnols, en 20 ans, ont réussi à réduire d'un tiers les féminicides,
11:40en se mobilisant 15 euros pour la justice par personne, quand c'est 5 euros en France.
11:46Donc il y a des solutions.
11:48Premier élément donc, prioriser.
11:50Deuxième élément qui me paraît essentiel, davantage de spécialisation de la justice.
11:55Nous l'avons fait pour le terrorisme.
11:58Nous l'avons fait pour le crime organisé.
12:00Il y a donc la possibilité d'organiser à travers un parquet spécialisé et d'établir clairement une priorité
12:07avec la centralisation sur les grands dossiers qui est nécessaire.
12:11Donc vous proposez la question ?
12:12Je propose que nous ayons un parquet spécialisé sur les violences faites aux femmes et aux enfants.
12:18Tout le monde comprendra le message et l'état d'urgence nationale face à ces drames.
12:22Deuxièmement, il faut qu'il y ait, localement et géographiquement,
12:27parce que l'un des drames que nous vivons, c'est l'inégalité des situations géographiques selon les parquets.
12:32On voyait bien que Hoche avait un grand problème d'effectifs il y a encore quelques mois.
12:37Faisons en sorte d'avoir des unités spécialisées.
12:40Et puisque ça, ça ne va pas sans une formation spécialisée.
12:45Nous sommes encore très en retard sur la formation de policiers, de magistrats,
12:50sur les questions qui touchent au viol, à l'inceste.
12:54Tout ça ne peut pas être abordé par n'importe quel agent.
12:57Ce sont des sujets incroyablement délicats.
12:59Troisièmement, il faut humaniser notre justice.
13:03On ne peut plus conserver la même attitude de suspicion que celle que nous avons
13:09vis-à-vis de la parole des enfants et en particulier dans le cas présent de la parole des filles.
13:14Il faut prendre cela au sérieux dans toute la chaîne de responsabilité à l'école.
13:20Il y a des initiatives, l'association Papillon qui recueille à la source la parole des enfants.
13:25À l'école, dans les commissariats ?
13:27Exactement.
13:28Et dans les cabinets des procureurs ?
13:29Exactement.
13:30Et il est important de mesurer la nécessité également dans cette humanisation de l'accompagnement.
13:35Quand vous avez 94% d'affaires classées sans suite,
13:41imaginez, vous recevez par courrier l'information que votre dossier a été classé.
13:45Imaginez les parents, le désarroi.
13:47Imaginez les enfants, on a besoin d'accompagner.
13:50Et de ce point de vue-là, oui, il faut que nous sortions de cet absolutisme des procédures.
13:56En France, on considère que quand la procédure a été respectée, eh bien, tout est bien.
14:02Non.
14:03Ce qui compte, c'est le service à tous ceux qui, à un moment donné, sont victimes
14:08et qui doivent donc être directement concernés.
14:10J'apporte un autre élément qui me paraît essentiel.
14:12Le désengorgement de nos tribunaux.
14:16Le contentieux routier, une partie du contentieux routier
14:19pourrait être allégée par des peines d'amende forfaitaires
14:23qui réglerait une grande partie de ça.
14:26Pareil pour les vols sains.
14:27Vous évoquez...
14:27Donc faisons en sorte que le nombre d'affaires que la justice a à traiter,
14:313 millions d'affaires qui sont en attente...
14:35Il faut prioriser, effectivement, ces violences fêtaux aux femmes et aux enfants.
14:38Il faut choisir.
14:39Vous parliez, il y a un instant, de la responsabilité politique.
14:41Est-ce que ça veut dire...
14:42Certains à gauche disent, en tant que responsable de son administration,
14:46Gérald Darmanin doit démissionner.
14:48Alors d'abord, je pense qu'en tant que chef d'administration,
14:51la première responsabilité...
14:53Il s'est excusé.
14:54La première responsabilité d'un ministre, bien sûr, c'est de reconnaître les faits,
15:00d'établir toute la lumière.
15:01Mais c'est d'assurer la responsabilité qui est la sienne vis-à-vis de son administration.
15:07Est-ce qu'il le fait ?
15:08Et j'estime qu'il ne faut pas, dans ces cas-là,
15:12penser immédiatement à mettre en accusation X ou Y.
15:16Attendons de voir ce que le rapport de l'inspection générale de justice...
15:20Vous dites quoi que Gérald Darmanin se défausse sur son administration ?
15:22Je dis que c'est souvent la tentation des ministres.
15:25Vous me permettrez de ne pas rentrer dans la désignation de cas particuliers.
15:29Je ne veux pas désigner des boucs émissaires.
15:30Alors même que je dénonce cette logique de bouc émissaire,
15:32je dis simplement que nous avons des ministres qui sont présents depuis parfois dix ans en fonction.
15:41À un moment donné, la responsabilité politique, c'est d'assumer les conséquences de la politique qu'on a menée.
15:46Mais assumer, ça veut dire quoi ? Partir ?
15:48Mais c'est assumer, c'est-à-dire reconnaître les manquements,
15:53prendre leur part de responsabilité face à ces manquements et en tirer les conséquences.
15:58Vous jugez qu'il ne le fait pas assez ?
15:59Mais je juge que cette évidence, les chiffres que j'ai cités,
16:02qui montrent bien que la cause des femmes et des enfants dans ce pays est une cause secondaire.
16:08Nous ne défendons pas les femmes et nous ne défendons pas les enfants.
16:12C'est une réalité politique.
16:14Et je le dis au président de la République, je le dis au Premier ministre et je le dis au
16:18garde des Sceaux.
16:19Il y a une nécessité aujourd'hui pour les Français qui ont une défiance vis-à-vis de la classe
16:24politique d'avoir des responsables politiques qui sont à la hauteur de leur fonction.
16:29Alors, vous avez mis sur la table à l'instant une de vos propositions, la création d'un parquet spécialisé
16:33dans les violences faites aux femmes et aux enfants.
16:35Il y en a d'autres qui font des propositions très concrètes.
16:38Oui, dans le Parisien Bruno Retailleau qui veut créer une cour disciplinaire de la magistrature avec un collège de citoyens
16:44tiré au sort pour examiner les cas.
16:46Alors, vous étiez tous peut-être pas nés au moment de l'affaire de Bruet en Artois, 1972.
16:52En 1972, il y a eu un drame qui s'est passé là-bas et immédiatement Jean-Paul Sartre s
16:58'est emporé de l'affaire et immédiatement s'est fait l'avocat d'une justice populaire.
17:05Donc, vous voyez bien que le retaillisme peut rejoindre à certains égards le maoïsme de Jean-Paul Sartre à l
17:11'époque.
17:12Mais, soyons sérieux, le populisme judiciaire n'a jamais rien réglé.
17:17Là aussi, arrêtons de croire que dans la surenchère, là vraiment, désignation des boucs émissaires, en gros, on prend les
17:24magistrats, on les jette à la vindicte, on met une épée de Damoclès au-dessus de leur tête.
17:28Il n'y aurait pas que des citoyens, c'est des personnalités et des magistrats.
17:31Les magistrats doivent assumer leurs responsabilités.
17:35Mais il y a un conseil supérieur de la magistrature.
17:37– Mais Bruno Rotaillot dit, entre lignes, que c'est trop corporatiste et il dit, c'est rendu la justice
17:41au nom du peuple français,
17:42donc les citoyens doivent aussi pouvoir sanctionner les magistrats.
17:45C'est une bonne idée ?
17:46– Non, c'est une mauvaise idée et c'est une idée simpliste.
17:49– Simpliste.
17:50– Comme beaucoup d'idées de la droite et de l'extrême droite qui pensent toujours avoir trouvé la pierre
17:54philosophale
17:56en désignant du doigt et en jetant en pâture un certain nombre de nos compatriotes.
18:01Je crois que ce n'est pas ça la responsabilité, c'est pas comme cela qu'on mobilisera la magistrature.
18:06Il faut peut-être aménager la composition du conseil supérieur de la magistrature,
18:11mais ne l'oublions pas, nous parlons d'affaires extraordinairement complexes, difficiles.
18:18Ça demande une spécialisation dans la capacité à porter un jugement
18:21et une information extrêmement pointue.
18:23Ça ne peut pas être soumis à la revanche et à l'humeur, dépendant des mamans, évidemment.
18:31– Certains Français ont l'impression que les magistrats peuvent être intouchables
18:35et c'est un thème qui monte beaucoup en ce moment.
18:37Même Édouard Philippe a eu des propos très récemment pour dire que les magistrats étaient aujourd'hui intouchables.
18:44– On peut l'écouter d'ailleurs.
18:45– On va l'écouter, vous allez voir que c'est surprenant.
18:46– Mais je m'interroge très sérieusement sur le bien fondé,
18:51dans un domaine aussi sensible que la magistrature,
18:55d'un pouvoir syndical assez important
18:58et qui donne le sentiment d'être assez intouchable.
19:03– Et il dit, et il va plus loin en fait,
19:05qu'il faut même songer à interdire aux magistrats de pouvoir se syndiquer.
19:11Est-ce que là, on est pour vous sur une proposition intéressante
19:13ou une dérive du débat politique ?
19:15– Nous sommes manifestement devant une politisation de la réponse à apporter.
19:22Je crois qu'il y a suffisamment de problèmes à régler
19:24pour éviter, une fois de plus, d'essayer de régler des comptes avec la justice
19:30sur, par exemple, le comportement du syndicat de la magistrature.
19:33Ce qui est certain, c'est que nous avons aujourd'hui en France,
19:37et c'est très révélateur ce qui vient d'être dit,
19:40une cassure entre la ligne de front,
19:43tous les métiers qui aujourd'hui sont en première ligne
19:46et parfois très fatigués d'être en première ligne,
19:49l'arrière qui ne comprend plus ce qui se passe dans ce pays
19:53et qui a perdu le fil de la compréhension,
19:55et les États-majors.
19:56Et là, nous venons d'entendre les États-majors.
19:59Et les États-majors, c'est comme en 1917.
20:01Il y a une promptitude des États-majors à point d'étudioie des responsables
20:05quand c'est eux-mêmes qui assument la décision.
20:08Donc, tous ceux qui, depuis dix ans, exercent le pouvoir
20:12et qui viennent chercher des boucs émissaires,
20:14je leur dis un peu de dignité.
20:16Nous sommes aujourd'hui dans la situation
20:18comme si nous attendions Clémenceau pour tout régler dans notre pays.
20:25Je crois que les États-majors sont en train de diviser le pays
20:30pour écarter leurs propres responsabilités.
20:33Alors, qu'on fasse en...
20:34Philippe ajoute au passage, je précise,
20:35qu'il faudrait aussi penser à supprimer l'ENM,
20:37l'École nationale de la magistrature,
20:39et avoir des magistrats qui aient connu une autre vie professionnelle
20:41avant que celle uniquement d'études consacrées spécifiquement à la justice.
20:44Et on pourrait faire pareil pour les politiques
20:46qui, dans beaucoup de cas, n'ont jamais travaillé de leur vie
20:48et qui devraient apprendre ce que c'est qu'un compte d'exploitation
20:52et ce que c'est que la difficulté quotidienne de régler des fins de mois.
20:56Donc, on peut tout mettre sur la table.
20:59On peut parler pour ne rien dire.
21:01Mais à un moment donné, il faut être sérieux.
21:03Diriger une administration, je le dis, c'est un immense honneur,
21:06mais c'est très difficile.
21:07Et on ne peut pas se contenter de signer une circulaire
21:09et de considérer que le problème est réglé.
21:11Non.
21:12Et il ne fallait pas être un grand spécialiste
21:15pour constater que ces manquements vis-à-vis des enfants,
21:18ces réponses qui ne sont pas apportées,
21:20ces parents qui n'ont pas d'interlocuteur,
21:23ces enfants qui ne sont pas entendus,
21:25c'est un problème qui ne se pose pas seulement à Florence.
21:28C'est dans tout le pays.
21:30Et c'est pour cela que la première chose qui doit nous hanter,
21:33et c'est pour cela que je parle de remords,
21:35c'est que cela ne se reproduise pas
21:37alors que ça se reproduit tous les jours
21:39et plusieurs fois par jour partout dans le pays.
21:43Alors, les simplismes des responsables politiques
21:45qui veulent ressortir leurs petites solutions
21:49en pensant écarter les véritables enjeux,
21:54non.
21:54Il y a un problème magistral.
21:57Il faut remettre toutes ces administrations au travail.
22:01Il faut leur donner les moyens de faire ce travail.
22:04Et il faut que les politiques jouent leur rôle,
22:06qui est de diriger, de gouverner,
22:08alors qu'on ne le fait pas
22:09et qu'on prétend faire quelque chose.
22:11Regardez la gestion des crédits de la police et de la justice.
22:15Et au même moment, on fait exactement l'inverse de ce qu'on dit.
22:18Sur les violences sexistes et sexuelles,
22:19Pedro Sanchez, l'Espagnol, c'est un modèle pour vous ?
22:21Vous le citiez tout à l'heure.
22:22C'est un modèle dans la lutte contre les féminicides.
22:26Il y a des résultats qui sont obtenus
22:28dans d'autres pays européens
22:29avec des modèles très innovants
22:32dans le recueil de la parole,
22:34dans l'accompagnement,
22:35dans la reconnaissance de l'emprise et de la coercition.
22:38Nous avons encore beaucoup de retard dans la société française.
22:41Mais nous sommes dans une société
22:42très largement marquée par la domination,
22:44la domination masculine sur les esprits.
22:47Et nous devons donc nous ouvrir à ces réalités.
22:50Accepter de faire la traque à tout cela.
22:53Accepter que ce sont des sujets complexes.
22:56Exiger de tous ceux qui ont une responsabilité administrative ou politique
23:00qu'ils soient mobilisés 24 heures sur 24.
23:02Vous savez, l'avis d'un ministre,
23:04c'est quoi aujourd'hui ?
23:05Pour l'essentiel, communiquer.
23:07Communiquer avant même d'avoir agi.
23:09Et nous avons quelques ministres,
23:10je pense en particulier à M. Retailleau,
23:12qui sont de bons exemples dans ce domaine.
23:13Il n'est plus ministre.
23:15Oui, mais à l'époque, quand il l'était,
23:17on voyait bien que la communication
23:18l'emportait sur la capacité à décider.
23:21Mais un ministre, son premier devoir,
23:23il est vis-à-vis de son administration.
23:25Et on ne peut pas se laver les mains
23:26d'avoir pris une circulaire,
23:29d'avoir établi quelques priorités,
23:31et de ne pas se soucier de ce qui se passe sur le terrain.
23:34Et c'est pour cela que le parquet,
23:36le parquet pour les violences faites aux femmes et aux enfants,
23:40permettra au moins d'avoir une vision claire
23:42de la réalité de ce qui se passe.
23:43Gérald Darmanin, qui a annoncé que dans les 15 jours,
23:45effectivement, il rendra public les résultats
23:47de cette enquête administrative,
23:48cet hommage, cette marche blanche à la jeune Liana.
23:51Vous pourrez bien sûr la suivre cet après-midi
23:54à partir de 14h dans une édition spéciale sur BFM TV.
23:57Mais cette question judiciaire, cette question de la sécurité
23:59qui est au cœur, effectivement, des préoccupations des Français,
24:03on apprend ce matin chez nos confrères du Parisien
24:05que le préfet de police va écrire aux parents des mineurs
24:07qui figuraient parmi les émeutiers
24:09après la victoire du PSG en Ligue des Champions
24:11pour les rappeler à leur responsabilité.
24:13Sébastien Lecornu veut instaurer, vous le savez,
24:15le principe du casseur-payeur,
24:17y compris en prélevant les amendes
24:19sur les allocations sociales.
24:20Vous êtes pour ?
24:21Je suis pour que le principe de responsabilité s'applique
24:24quand on casse, quand on détruit des commerces,
24:27quand on s'attaque aux forces de l'ordre de façon scandaleuse,
24:31eh bien, on doit effectivement payer et réparer.
24:34Et c'est pour cela que ce qui a peut-être le plus manqué
24:37dans cette soirée qui aurait dû être de fête du Paris Saint-Germain,
24:42c'est la capacité d'anticiper,
24:44de mettre en place des outils structurants.
24:47Je passe en particulier à la mobilisation du parquet.
24:49Ça se fait à l'Olympique de Marseille
24:51où il y a une cellule de veille qui est mobilisée
24:54pour agir en temps réel,
24:55parce qu'il s'agit d'agir en temps réel,
24:57pour identifier ceux qui sont responsables
25:00de ces dégâts,
25:01sachant que c'est très difficile
25:03sur la partie la plus professionnelle
25:06des émeutiers.
25:07– Vous avez été ministre de l'Intérieur,
25:09vous avez vu comment ça se passe en coulisses.
25:10– Justement, justement.
25:11– Mais qu'est-ce qui manquait,
25:13précisément,
25:13parce que les moyens déployés étaient gigantesques ?
25:15– Justement.
25:15– Il y a eu beaucoup d'interpellations,
25:17de comparations immédiates.
25:17– D'abord, l'identification,
25:18parce qu'il s'habille pour la partie,
25:21une fois de plus,
25:21la plus professionnelle des émeutiers,
25:23il s'habille de la même façon
25:24et on se retrouve avec des descriptifs
25:26qui fait qu'on ne sait plus qui a fait quoi
25:28et vous connaissez le principe
25:30d'individualisation de la peine,
25:31donc ça ne marche pas de façon très simple.
25:34Et ça explique que ceux qui sont attrapés,
25:36c'est pour l'essentiel des primo-délinquants,
25:38c'est la première fois qu'ils sont arrêtés
25:40et donc que les peines,
25:41à la grande surprise de nos compatriotes,
25:43apparaissent très ridicules
25:45par rapport à ce qui serait mérité.
25:47Donc, ça veut dire que nous devons être capables,
25:50un, de mieux identifier,
25:52ça veut dire très en amont,
25:54être capables de se mobiliser.
25:55Deux, ça veut dire qu'il faut être capable
25:57de prévoir des peines d'intérêt général
26:00qui doivent être prévues d'avance
26:02avec des places qui sont réservées
26:04avec un fonds,
26:06parce qu'il faut aussi
26:06qu'ils soient soumis à l'amende
26:08et qu'il y ait une réparation financière.
26:11Trois, à mon sens,
26:12une modification de la doctrine
26:14de maintien de l'ordre.
26:15Nous devons éviter
26:17ce que l'on voit à la télévision,
26:19ce face-à-face entre des manifestants
26:21et des forces de l'ordre,
26:22sachant que dans les manifestants
26:24qui sont la plupart désireux
26:26de faire la fête,
26:27eh bien, il y a des gens
26:29qui sont là de pure bonne volonté.
26:31Et il faut donc isoler
26:33les groupes les plus dangereux,
26:35isoler, être capable
26:36de les traiter séparément
26:37avec des réserves opérationnelles
26:39et à partir de là,
26:41ne pas mêler
26:42ces différentes catégories,
26:43sachant qu'ils veulent
26:44à tout prix se mêler à la foule.
26:46Je pense que la cause de tout cela,
26:47c'est notamment l'immigration.
26:48C'est Jordan Bardella.
26:49Vous lui répondez dans un instant.
26:50On se retrouve dans quelques secondes.
27:04Vous êtes bien sûr BFM Politique,
27:05notre invité,
27:06l'ancien Premier ministre
27:06et probable candidat
27:07à l'élection présidentielle,
27:09Dominique de Villepin.
27:10Il vient de proposer ici même
27:11la création d'un parquet national
27:14spécialisé pour les violences
27:16faites aux femmes et aux enfants
27:17alors que se joue toujours
27:19effectivement ce terrible drame
27:20après la découverte
27:21du corps de la jeune Lianage
27:23dit dernier cet après-midi.
27:25Une marche d'hommage
27:25aura lieu à Florence.
27:27Vous pourrez bien sûr tout cela
27:28le suivre dès 14h en direct
27:30sur BFM TV.
27:32On parlait de la question
27:33évidemment judiciaire,
27:34de la question de la sécurité,
27:35des débordements
27:35après les violences,
27:37après la victoire du PSG.
27:38Jordan Bardella ici même
27:40a évoqué, je cite,
27:41des populations
27:41qui sont aujourd'hui
27:42physiquement en France
27:43mais dont l'âme
27:44et dont le cœur est ailleurs.
27:45Un pays qui se tribalise
27:47et sur lequel nous sommes
27:48en train de perdre la main.
27:49Pour lui,
27:49il y a un lien direct
27:50entre l'immigration
27:51et ce qui s'est passé
27:52après le match du PSG.
27:53Vous exigez des excuses
27:55de sa part.
27:56Pourquoi ?
27:56D'abord, j'exige
27:58qu'il regarde en face
28:00et qu'il écoute
28:02ce qu'il dit.
28:04Quelle est la responsabilité
28:06de la République ?
28:08C'est de juger
28:09des actes.
28:10C'est de juger
28:12des individus.
28:13Pas de juger
28:15des populations
28:16entre guillemets.
28:18Pas de juger
28:19des origines.
28:21Pas de juger,
28:22si je vais même
28:22un peu plus loin
28:23et sans vouloir faire parler
28:24M. Bardella,
28:25pas de juger
28:26des couleurs de peau
28:27ou des religions.
28:30Il ne l'a pas dit,
28:31mais c'est bien
28:32ce qui est derrière
28:33ou des religions.
28:35Je crois que la responsabilité,
28:37quand on brigue
28:38la magistrature suprême,
28:40c'est d'être
28:42dans la République
28:43et respectueux
28:44de l'État de droit.
28:45Là, on voit bien
28:46qu'on voudrait
28:47transformer
28:48une responsabilité individuelle
28:50en une responsabilité
28:51collective.
28:52Ça s'appelle comment ?
28:53Ça s'appelle
28:54la logique du soupçon.
28:55On jette
28:56sur une population
28:57entière
28:58un soupçon.
28:59Et que vous soyez
29:00Français
29:01de la deuxième,
29:02troisième,
29:03quatrième génération,
29:04vous souffrez
29:05de cet amalgame.
29:06Moi, je n'accepte pas
29:07cette injustice
29:08qui est faite
29:08à tant de nos compatriotes
29:10qui se sont intégrés,
29:11qui travaillent,
29:12qui appliquent
29:14les lois de la République
29:14et qui se retrouvent
29:15tout à coup salis
29:17par des déclarations
29:18comme celle-ci.
29:19Donc moi,
29:19j'invite M. Bardella
29:20à prendre la mesure
29:22de ce qu'il a dit
29:23parce que je sais
29:23que c'est une chose
29:24sur les plateaux
29:25de cracher en l'air
29:27et puis on ne sait pas
29:28très bien sur qui
29:28ça retombe.
29:29Eh bien,
29:30j'invite M. Bardella
29:31à mesurer les conséquences
29:32de ce qu'il dit
29:33et de constater
29:34que cela fait le jeu
29:36de la division
29:37de la société française.
29:38On est dans une société
29:39qui est fracturée
29:40socialement,
29:41territorialement,
29:43identitairement.
29:43Mais si l'on parle
29:44juste d'immigration,
29:46Dominique De Vépin,
29:47si l'on parle d'immigration,
29:48il n'y a pas pour vous
29:48de problème d'assimilation
29:49comme dit aujourd'hui
29:50une grande partie de la droite ?
29:51Mais il y a
29:51d'immenses efforts à faire
29:53mais je refuse
29:54le soupçon
29:55surtout quand les faits
29:57ne sont pas là.
29:57Le Premier ministre
29:58a donné les chiffres.
30:00Absolument.
30:00M. Daré, vous pouvez...
30:01Oui, 48% d'hommes,
30:022% de femmes,
30:03un tiers de mineurs,
30:0485% sont français.
30:06Voilà.
30:06Donc le problème,
30:07on ne peut pas,
30:08là encore,
30:09trouver des boucs émissaires.
30:10Et ce que je dis,
30:11c'est qu'il y a une tentation
30:11de toute la classe politique.
30:14On le voit.
30:15Même quelqu'un
30:15comme Édouard Philippe
30:16aujourd'hui
30:17rentre dans ces logiques-là.
30:19M. Retailleau,
30:20je ne suis pas surpris.
30:21M. Bardella,
30:22je ne suis pas surpris.
30:22Mais il y a un moment
30:23où je dis stop.
30:26Mesurons ce que vous dites.
30:27Vérifions si ce que vous dites
30:29est vrai.
30:29Parce que les Français,
30:30effectivement,
30:31ils ont tendance
30:31aussi à se dire
30:33écoutez,
30:34on n'a pas trouvé la solution
30:35depuis un certain nombre
30:36d'années,
30:36dehors.
30:37Et c'est la logique
30:38de l'exclusion.
30:39C'est l'ancienne France
30:41contre la nouvelle France.
30:42Moi,
30:42je refuse
30:44qu'on catégorise
30:45les Français,
30:46qu'on établisse
30:46par un jeu de poids
30:48et de mesures
30:48les bons Français
30:49et les mauvais Français.
30:51Parce que c'est injuste.
30:52Et cette injustice-là,
30:54elle nourrit,
30:55elle nourrit
30:57la profonde défiance
30:58des Français
30:59vis-à-vis de la politique.
31:00Et c'est pour ça,
31:01M. Larré,
31:01je termine là-dessus,
31:02que je suis aujourd'hui
31:03l'un des rares,
31:05je ne dirai pas le seul,
31:06je ne veux pas être prétentieux,
31:07l'un des rares,
31:08qui veut se fixer
31:09comme objectif
31:11dans cette campagne présidentielle
31:12qui se prépare.
31:14Le rassemblement
31:15des Français.
31:16c'est qu'il n'y a pas
31:17de solution
31:18à la question sociale,
31:19il n'y a pas de solution
31:20à la question politique,
31:22il n'y a pas de solution
31:23à la question économique
31:24si nous ne
31:26nous rassemblons pas.
31:27Donc,
31:28c'est un impératif
31:29aujourd'hui
31:30de salut public.
31:30Il y a souvent
31:31des passes d'armes
31:31entre vous et Jordan Bardella
31:32à distance.
31:34Si demain,
31:34j'organise ici
31:35un débat
31:35avec Jordan Bardella,
31:36est-ce que vous y participez ?
31:37Mais le moment venu
31:38dans la campagne,
31:39nous le verrons.
31:40Est-ce que vous débattriez
31:41avec lui ?
31:41Est-ce que vous souhaitez le faire ?
31:42Mais je le ferai
31:43une fois de plus
31:44le moment venu.
31:45Je me méfie.
31:46Oui ou non.
31:46Monsieur Daré,
31:47non, c'est pas oui ou non.
31:48Je vous dis,
31:49je refuse
31:51de céder
31:52à la tentation
31:52du spectacle
31:53et de la communication.
31:54Moi, je ne suis pas là
31:55pour faire comme
31:57M. Trump
31:57de la bonne télévision.
31:58Je m'en fous.
31:59Moi, ce qui m'intéresse,
32:00c'est de répliquer...
32:00Mais pourquoi pas l'affronter
32:01sur un plateau
32:02en échangeant vos idées ?
32:03Mais, écoutez,
32:04pour le moment,
32:05on peut vérifier
32:07la parole de l'un
32:08et la parole de l'autre.
32:09Il se trouve
32:09que ce qu'on dit
32:10depuis 30 ans,
32:11c'est que
32:13le Rassemblement national
32:14et le Front national,
32:15ils mettent l'accent
32:16sur les vrais problèmes
32:16des Français.
32:17Moi, ce que je vous dis,
32:18c'est qu'ils n'apportent pas
32:19les bonnes réponses.
32:20Et ce que je veux, moi,
32:21c'est dire qu'il y a
32:23des bonnes réponses.
32:24Donc, le moment venu,
32:25quand les débats seront enclenchés
32:27et que nous serons
32:27dans la campagne...
32:28Vous viendrez débattre ?
32:29Je débattrai avec
32:30tous ceux que vous voudrez.
32:32Tous ceux que vous voudrez.
32:33Mais je veux aujourd'hui
32:34qu'on distingue
32:35les candidats sérieux
32:37et ceux qui ne le sont pas.
32:38Alors, vous évoquez,
32:39Dominique de Villepin,
32:40la Nouvelle France,
32:40l'ancienne France.
32:42Ça évoque évidemment
32:43ce concept qui est mis en avant
32:44par Jean-Luc Mélenchon.
32:45Jean-Luc Mélenchon
32:46qui est ciblé par l'ambassadeur
32:47d'Israël en France
32:47qui a déclaré à nos confrères
32:48de France 2
32:49que pour 2027,
32:51il préfère que ce soit,
32:51je cite, n'importe qui
32:53plutôt que Jean-Luc Mélenchon
32:54allait diser,
32:55sous-entendu,
32:55y compris le RN.
32:56Deux questions.
32:57Est-ce que vous qualifiez ça
32:58d'ingérence étrangère
32:59et est-ce que ça vous choque ?
33:00Est-ce que vous m'avez déjà
33:01entendu dire que je préférerais
33:02que ce soit
33:03M. Naftali Bennett
33:04plutôt que M. Netanyahou
33:06qui soit Premier ministre
33:07aux prochaines élections ?
33:08Oui, c'est de l'ingérence.
33:10Ce n'est pas acceptable.
33:11Un ambassadeur,
33:12il ne se mêle pas
33:13de la politique intérieure
33:15du pays où il est affecté.
33:16Il a suffisamment de travail.
33:18Donc, oui,
33:20il faut dans ces cas-là
33:21bien rappeler
33:22aux ambassadeurs
33:23de quelque pays que ce soit
33:25parce que ça vaudrait aussi bien
33:26pour l'ambassadeur des États-Unis
33:27ce qui s'est produit
33:28que pour celui de Russie
33:29ou pour tout autre ambassadeur.
33:31Rappelons
33:32que l'ingérence
33:33dans nos pays
33:34et le président de la République
33:35l'avait dit fortement
33:36dans une conférence de presse
33:37à côté de M. Poutine
33:38concernant certains médias étrangers
33:41chacun,
33:42chacun
33:42chez soi
33:43et les vaches
33:43seront bien gardées.
33:44Mais c'est quand même intéressant
33:45sur le fond
33:46parce que ce même ambassadeur
33:47confirme qu'il a reçu
33:48Marine Le Pen
33:50il y a quelques semaines
33:51à l'ambassade d'Israël
33:52parce qu'il juge
33:53que le RN a changé
33:54et que ce n'est plus
33:55le Front National
33:56de Jean-Marie Le Pen.
33:56Ça dit quoi pour vous ?
33:58La vérité sort de la bouche
33:59des enfants
33:59et parfois les ambassadeurs.
34:01C'est-à-dire qu'il dit tout haut
34:03ce que nous savions.
34:05C'est-à-dire que
34:05dans la perspective de 2027
34:07il y a un certain nombre
34:08de pays étrangers
34:09qui se préparent
34:10à s'ingérer
34:11dans le choix des Français.
34:13Et venir de la part d'Israël
34:14c'est quand même surprenant
34:15quand on connaît
34:15l'histoire ancienne
34:17du RN
34:17Oui mais c'est un mécanisme
34:20qui est à l'œuvre
34:21et qui n'est pas nouveau.
34:22Nous l'avons vu déjà
34:23en 2022, 2024.
34:24Nous l'avons vu déjà
34:26dans les accusations
34:26d'antisémitisme
34:27jetées à l'encant.
34:29Malheureusement
34:30quand on sait
34:30que c'est un fléau
34:31qui devrait tous
34:32nous rassembler.
34:33Donc oui c'est une tentation
34:34qui existe
34:34et qui
34:36avec les plateformes numériques
34:37va prendre une ampleur
34:38d'ici à 2027
34:40beaucoup plus importante
34:41que dans le passé.
34:42Donc
34:42qu'il y ait
34:43aujourd'hui dans le monde
34:44de grands empires
34:45que ces grands empires
34:46aient compris
34:46que c'est plus facile
34:47d'avoir un président
34:49ou une présidente
34:49de la République
34:50à sa main
34:51quand on veut
34:51vassaliser un pays
34:53et bien aujourd'hui
34:54cette vérité-là
34:55tous les Français
34:56peuvent l'avoir
34:56avec leurs yeux.
34:58Jean-Dame Bardella
34:58Jean-Luc Mélenchon
34:59au second tour
35:00vous votez pour qui ?
35:01Je ne fais pas
35:02de science-fiction
35:02monsieur Daray
35:03vous vous amusez
35:04avec ce genre
35:05de proposition.
35:06Jean-Luc Mélenchon
35:06mise beaucoup
35:07sur des personnalités
35:08un peu des figures
35:08morales comme vous
35:09en cas de second tour
35:10pour espérer
35:10appeler à voter pour lui.
35:12Écoutez chacun
35:12fait les calculs
35:13qu'il peut
35:14ce n'est pas la démarche
35:15qui est la mienne
35:16et je ne rentre pas
35:17dans ces jeux
35:17ni dans ces querelles.
35:18Jean-Luc Mélenchon
35:19qui va tenir cet après-midi
35:20Pierre son premier
35:20grand meeting présidentiel
35:22ce sera à Saint-Denis.
35:23Oui il va développer
35:23sa vision de la nouvelle France
35:25qu'est-ce que vous en pensez
35:26de cette notion ?
35:27Est-ce que vous vous y retrouvez ?
35:28Comment vous vous...
35:29J'ai eu l'occasion
35:30de m'exprimer assez longuement
35:31sur les reproches
35:33que je pouvais faire
35:34à Jean-Luc Mélenchon
35:35après l'affaire de Ranck
35:37le drame de ce garçon
35:40et également sur la perspective
35:42de cette nouvelle France.
35:43Je ne crois pas
35:43que la France
35:44se coupe en morceaux
35:45donc pas plus
35:46l'ancienne France
35:47que la nouvelle France.
35:49Il y a une réalité française
35:50très diverse
35:52très complexe
35:53et il faut la prendre
35:54comme un tout.
35:55Moi j'assume la France
35:56dans tout ce qu'elle est
35:57et je parle à tous les Français
35:59quels qu'ils soient
36:00d'où qu'ils viennent.
36:01Je crois que c'est
36:02aujourd'hui un devoir
36:04quand on voit bien
36:05que le calcul politique
36:06pour 2027
36:07c'est un calcul électoral
36:08de part de marché
36:09et c'est vrai
36:10dans la plupart
36:10des partis politiques
36:11chacun cherche à calculer
36:13comment il peut obtenir
36:1415, 16, 17
36:15pour se qualifier
36:16au premier tour.
36:17Ce n'est pas ma démarche.
36:18Lui dira Jean-Luc Mélenchon
36:19que c'est parce que
36:20vous êtes la vieille France.
36:21Mais peu importe
36:23quelles que soient
36:24les accusations
36:25qu'on puisse avoir
36:25ce qui m'intéresse moi
36:27c'est toute la France.
36:28Mais vous êtes où désormais
36:29de droite, de gauche ?
36:30Toute notre histoire, toute notre histoire
36:32et je ne rentre pas
36:33dans des querelles du passé.
36:33Et vous êtes où Dominique de Villepin
36:35sur le curseur ?
36:36Vous êtes de droite, de gauche,
36:36au milieu, sans affiliation ?
36:39Je suis là où je peux constater
36:41et malheureusement
36:42nous ne sommes pas nombreux
36:42que la France vit
36:44des circonstances exceptionnelles,
36:45vit une tragédie
36:46qui est à la fois
36:47la fragmentation politique,
36:49à la fois le doute
36:50sur la société française
36:51et que la réponse
36:52elle est une réponse globale.
36:55Donc je suis le défenseur
36:56de la justice sociale,
36:58classez-le à gauche
36:58si vous voulez,
36:59je suis défenseur
37:00de l'ordre républicain,
37:01il ne faut rien céder
37:02et certainement pas partir
37:04dans des logiques
37:05qui sont des logiques
37:06de bouc émissaire
37:07qui ne règlent rien
37:08et je suis un défenseur
37:09du progrès économique
37:10et écologique,
37:11éco-gaulliste,
37:12comme quoi à 72 ans
37:13vous voyez,
37:14on peut faire
37:15beaucoup de révolutions.
37:15Dominique de Villepin,
37:16sur la carte évidemment
37:18du monde
37:18qui est en train
37:19de se recomposer,
37:20on voit les Américains
37:21qui jouent un rôle
37:22absolument évidemment
37:23considérable
37:23et il y a eu
37:24un nouvel épisode hier
37:25avec ses commémorations
37:26en Normandie.
37:27Le secrétaire d'État américain
37:28à la guerre,
37:29Pete Exet,
37:30a dévoqué,
37:31je cite,
37:32une invasion migratoire
37:33qui menacerait selon lui
37:34la civilisation occidentale.
37:36Est-ce que c'est
37:37une nouvelle manifestation,
37:39illustration de la vision
37:40portée par Donald Trump
37:41et par tous les responsables
37:42qui sont autour de lui ?
37:43C'est la vision
37:44que l'Empire américain
37:45a du monde
37:46et c'est le narratif
37:47qu'ils ont choisi
37:48pour pousser toujours plus loin
37:50les limites du pouvoir
37:53aux États-Unis.
37:54Je crois que c'est une logique,
37:56c'est un récit
37:56qui est le récit impérial
37:57américain aujourd'hui
37:58dont personnellement
38:00je ne partage rien
38:01et je crois qu'au contraire,
38:03nous Européens
38:04et nous Français,
38:05ça dit que les États-Unis
38:07ne sont plus tout à fait
38:08les États-Unis
38:09et qu'il y a une dérive
38:10de la démocratie américaine.
38:12Moi, je pense que le grand enjeu
38:13d'ici à 2027,
38:14c'est celui de la défense
38:15de la démocratie libérale
38:17dans notre pays
38:18et en Europe
38:19alors qu'on voit bien
38:20que les régimes autoritaires
38:21sont en train
38:22de prendre le pouvoir
38:23un peu partout dans le monde.
38:24Il n'y a plus que 25%
38:25de démocratie libérale
38:27au sens propre du mot.
38:28Donc oui,
38:29si nous voulons défendre
38:30nos libertés
38:31et je vois la tentation
38:32de certains de nos compatriotes
38:34d'aller toujours
38:35vers davantage de sécurité
38:37quitte à payer le prix
38:38en termes de liberté,
38:39je crois que les deux
38:40sont possibles
38:41à condition
38:42d'assumer
38:43la responsabilité
38:44vis-à-vis de l'ensemble
38:45de la société française
38:46et de considérer
38:47qu'on ne peut pas avoir raison
38:48contre une partie de la France.
38:50Le conflit entre l'Iran
38:50et les États-Unis
38:51n'est toujours pas terminé.
38:52On est dans cette période
38:53très curieuse
38:54depuis plusieurs semaines,
38:55ni paix ni guerre.
38:56On apprend que l'équipe
38:57iranienne de foot
38:58qui est attendue au Mexique
38:59ce dimanche
38:59et qui doit jouer aux États-Unis
39:00à une quinzaine de personnes
39:01qui n'ont toujours pas de visa,
39:03est-ce que la coupe du monde
39:04de foot pour Trump
39:04ça va être une nouvelle étape
39:05de cette guerre avec l'Iran ?
39:07On voit que malheureusement
39:08la culture,
39:09le sport,
39:11rien n'est aujourd'hui respecté
39:12alors que c'est
39:13la meilleure façon
39:14d'établir des ponts
39:15entre les pays.
39:16Le drame dans tout cela
39:17c'est que nous n'entendons
39:18pas suffisamment
39:19la voix de l'Europe
39:20et la voix de la France.
39:22Nous avons aujourd'hui
39:23quelque chose à dire
39:25aux États-Unis
39:26et au monde
39:26sur la situation dans le Golfe.
39:28Nous en payons le prix
39:29tous les jours
39:29avec le blocage
39:31du détroit d'Ormuse
39:31et je suis inquiet
39:32pour cet hiver
39:33sur notre capacité
39:35à nous chauffer,
39:36sur notre capacité
39:37à maîtriser
39:39les prix de l'énergie
39:41et nous avons également
39:43aussi à prendre nos responsabilités
39:44vis-à-vis de l'Ukraine
39:45et à proposer
39:47en permanence
39:47à la fois
39:48un chemin de paix
39:50et en même temps
39:50un chemin de fermeté
39:51pour marquer
39:52l'inacceptable
39:53vis-à-vis de la France.
39:53Si vous êtes élu
39:54à l'Élysée
39:54l'année prochaine,
39:55quelle sera votre relation
39:56avec Donald Trump ?
39:58Comment on procède ?
39:59Je pense que
40:00le premier devoir
40:01d'un président de la République
40:03c'est de nommer les choses,
40:04de dire les choses.
40:05Vous savez,
40:06moi j'ai cette image,
40:07j'étais enfant en 1966,
40:09j'ai entendu le discours
40:10du général de Gaulle,
40:11à Phnom Penh,
40:11avertir les Américains
40:13de ce qui allait se passer
40:14au Vietnam
40:15s'ils ne changeaient pas
40:16le cours
40:17de leur engagement.
40:18Et le drame
40:19s'est produit.
40:20Il s'est produit
40:20également en Irak.
40:21Il s'est produit
40:22dans le Golfe.
40:24Nous savions tous
40:24depuis la première heure
40:26que les chances
40:27d'une intervention
40:28israélo-américaine
40:29étaient nulles
40:30et que les choses
40:32allaient s'aggraver.
40:33Et nous voyons aujourd'hui
40:33le renforcement du régime
40:34et nous voyons que le régime
40:36tient le détroit d'Hormuz.
40:37Donc,
40:37il en va de même
40:38sur l'ensemble
40:39des actions
40:40de la diplomatie américaine.
40:41Notre rôle,
40:41c'est de parler au monde.
40:43Notre rôle,
40:44c'est d'assumer.
40:44Et notre rôle,
40:45c'est le premier président
40:45qui n'écoute personne.
40:46Et notre rôle également,
40:49parce que c'est une
40:49des responsabilités
40:50de la diplomatie française,
40:52c'est de maintenir
40:54la cohésion des Français
40:55sur ce qu'est la France
40:58dans le monde.
40:58Une grande partie
40:59de nos problèmes
41:00dans les dernières années
41:01est venue du fait
41:02que la France
41:04s'est fracturée.
41:05Les Français
41:05se sont divisés
41:06sur ce que nous devions faire
41:08en matière internationale.
41:09On ne peut plus séparer
41:10l'international du national.
41:12Donc,
41:13il faut que,
41:13de ce point de vue,
41:14nous retrouvions
41:15la fierté française,
41:16la capacité à agir,
41:17la capacité à montrer
41:19un chemin.
41:20Parce qu'il y a un chemin.
41:21Il y a un chemin national,
41:23il y a un chemin européen.
41:24Mais là aussi,
41:25il faudrait sortir
41:26de nos habitudes
41:27et il y a un chemin international.
41:29Nous avons besoin d'énergie,
41:31nous avons besoin de volonté
41:32et la plus grande clé
41:34pour ce faire,
41:35c'est évidemment
41:35le rassemblement.
41:36Nous sommes aussi
41:37embourbés aujourd'hui,
41:38du moins le monde
41:39est embourbé
41:40dans le conflit iranien.
41:41Comment est-ce qu'on peut
41:42espérer en sortir
41:44au point où l'on en est ?
41:45D'abord,
41:46il faut montrer
41:48aux Américains
41:49qu'ils sont
41:51dans une impasse
41:52et qu'il faut reprendre
41:53chacun des dossiers
41:55qui est sur la table
41:56sérieusement.
41:57Le dossier du nucléaire,
41:59on a mis
42:00des dizaines d'années
42:01à avancer vers la recherche
42:02d'une solution,
42:03ce n'est pas en cinq minutes
42:04qu'on pourra convoquer
42:05les Iraniens
42:06et retrouver l'équilibre
42:07qui avait été trouvé
42:08en 2015.
42:09Sur la question
42:10du rôle de l'Iran
42:11dans la région,
42:12son rôle de déstabilisation,
42:14les missiles,
42:14les proxys,
42:15le Hezbollah,
42:16le Hamas,
42:16c'est pareil.
42:17Il faut que nous arrivions
42:18à rétablir un principe
42:19simple dans cette région
42:20qui est celui du respect
42:21de la souveraineté des États.
42:23Or, Israël
42:24menace la souveraineté
42:25du Liban au quotidien.
42:27La présence d'Israël
42:29au sud-Liban
42:29est un élément
42:30très problématique.
42:32Il faut respecter
42:33cette souveraineté
42:33pour que nous puissions
42:34engager le processus
42:36de désarmement
42:37du Hezbollah
42:38et il en va de même
42:39pour le Hamas.
42:40Nous voyons que ce sont
42:40des opérations complexes
42:42qui doivent être...
42:42Est-ce qu'au passage,
42:42Israël devrait être sanctionné ?
42:44Bien sûr,
42:45mais ça je l'ai dit
42:46il y a plusieurs reprises.
42:46Bien sûr,
42:47le principe de responsabilité
42:48s'applique à tous.
42:49Vous avez vu où ils vont
42:50sur le territoire libanais ?
42:51Pardon ?
42:52On l'a vécu ici même
42:52dimanche dernier.
42:53Où est-ce qu'ils vont
42:54sur le territoire libanais ?
42:54Bien sûr,
42:55ils vont sur le territoire libanais.
42:56Si les Américains
42:57n'étaient pas là d'ailleurs,
42:58ils frapperaient au quotidien
43:00la ville de Beyrouth.
43:01Et donc,
43:01nous avons besoin
43:02de marquer cette limite.
43:03Et nous avons besoin
43:04de nous engager
43:05beaucoup plus fortement
43:06avec les Européens
43:07pour apporter notre soutien
43:10à l'État libanais
43:11de façon à ce que
43:12le désarmement du Liban,
43:13le désarmement du Hezbollah
43:15et par ailleurs
43:16que l'armée libanaise
43:18ait les moyens
43:19d'assumer la souveraineté
43:20sur son territoire.
43:21Moyennant quoi,
43:22la sécurité d'Israël
43:23sera assurée,
43:24la souveraineté du Liban
43:26sera respectée
43:27et l'Iran
43:28ne sera plus en mesure
43:29de tirer les ficelles
43:31comme il le fait aujourd'hui
43:33au Liban,
43:35menaçant gravement
43:35tout l'équilibre
43:36très complexe
43:38de cette société libanaise.
43:40Est-ce qu'un accord,
43:41cela dit,
43:41est possible alors ?
43:42Cet accord sur lequel
43:43travaillent les Américains
43:44aujourd'hui avec l'Iran
43:44ou c'est inimaginable ?
43:46Les Américains,
43:47aujourd'hui,
43:47n'ont ni l'expertise
43:48pour avancer
43:50vers un accord sérieusement.
43:50On voit que
43:52les deux négociateurs,
43:53M. Witskoff
43:54et Jared Kouchner
43:55ont fait un petit cours
43:56de rattrapage
43:56il y a quelques jours
43:57pour essayer de comprendre
43:58les enjeux
43:59du nucléaire iranien.
44:01Je leur dis très simplement,
44:03ceux qui, comme moi,
44:04ont passé leur vie
44:05sur ces sujets
44:06savent que ce n'est pas
44:07en 15 jours
44:08de rattrapage
44:08qu'un golfeur
44:09peut tout à coup
44:10apprendre les clés
44:12et même les bases
44:14de cet enjeu.
44:14Vous l'aviez été dit ?
44:15Je suis très sévère
44:16parce que je pense que...
44:17Vous l'aviez été dit
44:17avec le président de la République.
44:18Est-ce que vous l'êtes toujours
44:19sur son action
44:20sur ce conflit ?
44:20Mais je le suis
44:23quand c'est nécessaire
44:24et je reconnais
44:25quand le président de la République
44:26fait bien les choses.
44:27Il a pris un certain nombre
44:28d'initiatives
44:29que je salue.
44:30Donc il ne s'agit pas
44:30de tout critiquer
44:32de façon systématique.
44:33Je veux être juste.
44:35Je ne veux pas céder
44:36à la tentation
44:37de jeter le bébé
44:38avec l'eau du bain.
44:39Mais dans le cas présent,
44:40il faut montrer
44:42à Donald Trump,
44:43dire à Donald Trump
44:44qu'on peut sérieusement
44:45avancer sur le nucléaire
44:46et qu'il y a
44:47des éléments.
44:48Il y a aujourd'hui
44:48un certain nombre
44:49d'arbitres dans la région
44:50Oman,
44:51le Pakistan
44:53qui sont prêts
44:54à jouer leur rôle
44:55et qui sont prêts
44:56à avancer,
44:57mais ça ne se réglera pas
44:58rapidement.
44:59Par contre,
45:00il faut dire clairement
45:01que la tentation
45:02d'Israël
45:03de finir le travail
45:05ou de continuer
45:06à tondre le gazon
45:06en refrappant l'Iran
45:08ne conduira à rien.
45:10Un peu plus
45:10de désordre,
45:11un peu plus de drame
45:12pour l'économie mondiale
45:13et pour les peuples
45:14de la région.
45:15Vous l'évoquiez
45:16il y a quelques instants
45:17la question
45:17de l'ingérence étrangère.
45:18La propagandiste russe
45:20Xenia Fedorova
45:21est aujourd'hui
45:21au cœur
45:22notamment des débats.
45:22Plusieurs politiques
45:23dont Raphaël Glucksmann
45:24demandent au gouvernement
45:24de s'expliquer
45:25à propos du titre
45:26de séjour
45:27qui a été renouvelé
45:28en 2024.
45:28C'était une erreur ?
45:29Je crois que ça a été fait.
45:31Je crois que
45:31M. Nunez
45:32a donné les explications
45:33et il a indiqué
45:36que ce visa
45:38avait été
45:39normalement donné
45:40ce qui pose
45:41la question
45:42de savoir
45:42quand nous avons
45:43des personnalités
45:45qui se mêlent
45:46des affaires nationales
45:48de façon critique
45:49puisque le président
45:50de la République
45:50au début
45:51de son premier mandat
45:52avait clairement
45:53pris à partie
45:53tous les groupes
45:54et tous les médias
45:55qui faisaient de l'ingérence
45:56dans nos affaires politiques.
45:58c'est à Versailles
45:59il y avait Vladimir Poutine
46:00à côté.
46:00Il y a quelque incohérence
46:01à accepter
46:02que cette fois-ci
46:04ce ne sont pas
46:04des médias étrangers
46:05qui ont la parole
46:06sur le territoire national
46:07mais ce sont ceux
46:08qui dirigeaient
46:09ces médias étrangers
46:10en l'occurrence russes
46:11qui prennent la parole
46:13sur d'autres chaînes.
46:14Ça en dit long aussi
46:15et c'est pour cela
46:16que j'apprécierais
46:17que ceux qui dirigent
46:18ces chaînes
46:18que ce soit
46:20dirigent
46:21d'un point de vue éditorial
46:22ou les propriétaires
46:23de la Chine
46:24de ce groupe Bolloré
46:25puissent s'expliquer
46:26sur les raisons
46:27qui les font recourir
46:28à ce type de point de vue
46:29est-ce que c'est
46:30tout simplement
46:30la diversité
46:31des points de vue
46:32qui est respectée
46:32ou est-ce qu'il y a
46:33une forme d'entrisme
46:35puisqu'on emploie ce mot
46:36pour certaines religions
46:37et bien là
46:38il y a un entrisme politique
46:40qui mérite d'être clarifié.
46:41Dominique de Villepin
46:42question très courte
46:42réponse courte
46:43je rappelle
46:43vous êtes visé
46:44par une enquête du PNF
46:45pour des statuettes reçues
46:46quand vous étiez
46:46ministre des affaires étrangères
46:47que vous avez remise
46:48que vous avez rendu
46:50est-ce que...
46:50Non non non
46:50que j'ai donné
46:52que vous avez donné
46:52pardon
46:53est-ce qu'une mise en examen
46:54vous empêchera
46:55d'être candidat
46:55à la présidentielle ?
46:56J'ai répondu à cette question
46:57ma détermination est entière
46:58mais je rappelle
46:58que c'est une affaire
46:59qui date d'il y a
47:00près de 25 ans
47:02que ces statuettes
47:03à l'époque
47:04m'avaient été données
47:05par M. Bourgis
47:06aujourd'hui
47:07il y a une autre histoire
47:08qui est racontée
47:10mis en examen
47:11vous serez candidat quand même
47:12je ne pense pas
47:12que la question se pose
47:13M. Daray
47:14je tiens à
47:15si vous avez
47:16quelque inquiétude
47:16à vous rassurer
47:17Merci beaucoup
47:18Dominique de Villepin
47:19merci d'avoir été
47:19notre invité
47:20avec cette proposition
47:21forte que vous avez faite
47:22ici la création
47:23d'un parquet national
47:24pour les violences
47:26faites aux femmes
47:27et aux enfants
47:27alors que vous pourrez
47:28suivre évidemment
47:29cet après-midi
47:29cet hommage
47:30à partir de 14h
47:32cet hommage
47:32à cette jeune Liana
47:34dont le corps a été
47:35retrouvé jeudi
47:36et tout de suite
47:36vous restez bien sûr
47:37sur BFM TV
47:38Affaire suivante
47:39Pauline Rovna
47:39Dominique Rizet
47:40qui consacrent
47:41bien sûr
47:41leurs émissions
47:42à ce terrible drame
47:43Sous-titrage Société Radio-Canada
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