Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
« BFM POLITIQUE » est LE rendez-vous média incontournable rythmant la vie politique française. Chaque dimanche, en direct et en public, l’émission présentée par Guillaume Daret donne la parole aux personnalités de tous bords. Durant deux heures, un représentant politique au cœur de l’actualité répond aux questions de la journaliste de BFMTV, puis débat dans le « face à face » avec un contradicteur sur un sujet qui les oppose.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:11Bonjour à tous, bienvenue dans BFM Politique. Notre invité aujourd'hui, Thierry Breton.
00:15Bonjour Thierry Breton, merci d'être avec nous, ancien commissaire européen, ancien ministre aussi de l'économie et des finances.
00:21On a beaucoup de dossiers à voir avec vous. On voit cette campagne présidentielle qui s'engage.
00:26Tout le monde veut faire des économies. Oui, mais comment ? Et puis bien sûr, la dimension internationale entre la
00:31guerre, entre l'Ukraine et la Russie.
00:33On voit qu'on est probablement à un point de bascule. Dans un instant, votre analyse à mes côtés.
00:37Anne Sauradiouba, bonjour Anne et Jules Pecknard de la Tribune Dimanche. Bonjour Jules, merci d'être avec nous et à
00:45mes côtés ce matin pour interroger Thierry Breton.
00:48Alors Thierry Breton, on le voit très clairement, cette semaine va marquer le coup d'envoi de cette campagne présidentielle.
00:53Mardi, on saura qui du Rassemblement national, au Rassemblement national peut se présenter, Marine Le Pen ou non.
01:00Est-ce que ce sera Jordan Bardella ? Quand vous voyez les prémices de cette campagne présidentielle,
01:05cet après-midi, Edouard Philippe qui ferait un grand meeting, bien sûr à soirée à suivre sur BFM TV,
01:09Gabriel Attal qui met ses propositions sur la table, comment vous percevez les prémices de ce combat présidentiel ?
01:16Vous qui avez été ministre proche de Jacques Chirac, vous en avez vu des campagnes présidentielles ?
01:19Je crois Guillaume Daré que vous avez raison de le dire, ce sont les prémices.
01:24Parce qu'au fond, et encore une fois c'est injure à faire à personne que de dire ce que
01:29je vais dire,
01:30les Français ne sont pas du tout encore dans la campagne présidentielle.
01:33Les Français ils sont dans leurs préoccupations quotidiennes.
01:36Et les préoccupations quotidiennes, c'est on sort de la canicule, on s'apprête à rentrer dans une autre,
01:40on a des soucis de pouvoir d'achat, on réduit un peu ses vacances.
01:44Ça c'est les préoccupations des Français.
01:46Et les préoccupations des Français, je vais vous le dire comme je le sens,
01:51ce n'est pas encore du tout les programmes, les multiprogrammes que les uns et les autres vont agréner.
01:56Et encore une fois je comprends très bien qu'ils le fassent.
01:58Mais ce que je veux dire c'est qu'il y a une déconnexion aujourd'hui, me semble-t-il,
02:02entre précisément ces programmes.
02:03Parce que vous savez, les Français, vous faisiez allusion à l'instant,
02:06peut-être qu'on en a vu un certain nombre,
02:08les Français je crois qu'ils sont un peu lassés.
02:10Je reviens de la Creuse, j'étais une semaine en Creuse.
02:12Quand vous leur parlez de ça, ils disent, attendez, les promesses,
02:14on a vécu pendant 20 ans avec des promesses qui n'ont jamais été tenues.
02:20Alors toutes les promesses qu'on va agréner, je dirais c'est normal,
02:22il faut commencer à se mettre en jambes, il faut commencer à dire ce qu'on va faire.
02:25Mais je crois qu'aujourd'hui, ça leur passe, on va être pas dessus ou dessous comme vous voulez.
02:31Maintenant vous avez effectivement cette semaine un élément très important qui va se passer,
02:35c'est effectivement la décision qui sera connue ce mardi de la Cour d'appel,
02:41concernant évidemment la condamnation de Mme Le Pen.
02:45Bon, ça évidemment, c'est peut-être, puisqu'on saura à ce moment-là,
02:48c'est quand même pas rien, puisque qu'on les aime ou qu'on les aime pas,
02:51vous savez où je me situe, je suis plutôt au centre, c'est un secret pour personne.
02:56Donc il y a évidemment des ennemis politiques,
03:00mais quand on est à 32 ou 35 ou 36% dans les sondages,
03:04c'est peut-être ça qui risque d'être effectivement vécu comme le vrai démarrage,
03:09disons, de la campagne présidentielle,
03:11qui va se mettre en jambes progressivement,
03:13avec une accélération à l'automne et surtout juste avant le mois de décembre.
03:19Alors justement, ça va être un moment clé, Mardi-Anne.
03:20Oui, parce que Marine Le Pen a dit hier que,
03:23sur le sujet de savoir si oui ou non elle pourrait se présenter à l'élection présidentielle,
03:27elle dit que ça contrecarrerait le fonctionnement démocratique de la France
03:31si elle ne pouvait pas se présenter.
03:32Vous êtes d'accord ? Vous approuvez ?
03:33Écoutez, j'ai pris connaissance de son discours,
03:37il y a eu le discours de Jérôme Bardella.
03:40J'ai trouvé celui de Mme Le Pen,
03:41j'ai trouvé qu'elle était assez prudente, peut-être nuancée.
03:45C'est vrai qu'elle a été là un peu claire.
03:50Bon, elle dit ce qu'elle a à dire.
03:52Sur ce sujet, c'est pas une forme de pression qui est mise aussi sur la justice,
03:54en disant que la démocratie sera en danger si je ne peux pas me présenter.
03:58Je crois que personne ne considère que la démocratie sera en danger.
04:00Tout le monde maintenant, les choses ont été plutôt bien préparées.
04:04Et j'allais dire, je le dis avec beaucoup de recul,
04:06encore une fois, je suis suspect de rien.
04:08Mais ça a été bien programmé.
04:09Voilà, hier soir, il y a eu ce meeting,
04:12tous les deux, à Liévin.
04:13Donc on voit quelque part qu'on organise une passation de pouvoir.
04:16Ça a été plutôt réussi dans ce sens.
04:19Voilà, on dit ça.
04:20Pour vous, c'était une passation de pouvoir ?
04:21Oui, enfin, potentiellement.
04:23Maintenant, les juges feront ce qu'il y a à faire.
04:25Moi, personnellement, j'ai le sentiment que cette affaire a été traitée
04:30avec un immense sérieux, beaucoup de recul.
04:33Alors voilà, la première décision a apporté effectivement
04:39un certain nombre de questions,
04:40notamment sur le fait de savoir si on devait appliquer immédiatement la sanction.
04:46C'est qui est légitime ?
04:46Là, s'il y avait une question légitime.
04:47À l'époque, la réaction du Rassemblement national n'était pas la même.
04:49Là, il y avait une question n'était pas la même.
04:51Bon, maintenant, on est dans la continuité de la justice.
04:53J'ai compris également qu'elle avait dit, ce qui est très important,
04:56qu'elle accepterait évidemment la sanction.
04:59Six sanctions, il y a.
05:00Et donc, on verra bien.
05:01On rentre dans une sorte de normalité, je dirais,
05:04de ce que la justice de notre pays doit faire.
05:07Et puis derrière, en revanche, c'est clair
05:09que c'est l'ouverture d'une séquence politique.
05:12Autre déclaration de Marine Le Pen.
05:13Avec des mots forts dans la tribune dimanche.
05:14Avec des mots forts dans la tribune dimanche.
05:16Donc, elle s'est confiée auprès de notre confrère Guillaume Durand,
05:20à qui elle déclare.
05:22« Nos adversaires me tueront peut-être la balle matant depuis des années,
05:25mais un autre se lèvera avec nos idées. »
05:28Au fond, ce qu'elle dit en creux, c'est que le Rassemblement national,
05:31que ce soit Jordan Bardella ou elle, le candidat à l'élection présidentielle,
05:35le RN a déjà gagné la bataille des idées.
05:38Est-ce que vous faites ce délustre ?
05:38Je n'en sais rien, je sais que tout ça...
05:40On est à la fois dans la politique, on est aussi dans la gestion,
05:43parce que la politique, c'est la gestion humaine.
05:45Vous parliez des sondages.
05:46Elle dit une chose à laquelle, moi, personnellement, j'étais sensible.
05:51Elle dit que...
05:51Elle n'a pas dit du reste à cette antenne, elle l'a dit au micro de Darius Rochemin.
05:55Elle dit que quand on fait de la politique,
05:57quand on s'engage pour la politique, à quelque niveau que ce soit,
06:00c'est parce qu'on aime les Français.
06:02Et moi, je n'ai jamais mis en cause qu'elle aimait les Français,
06:05mais je crois que c'est une phrase qui est une phrase qu'il faut retenir.
06:07C'est-à-dire, si on n'aime pas les Français,
06:09si on fait ça pour soi, pour sa carrière,
06:12alors il vaut mieux faire autre chose.
06:13Voilà, derrière, il y a toute cette gestion humaine.
06:16Est-ce que finalement, tout ça va bien se passer ?
06:18Est-ce que c'est facile, si on se projette,
06:20si jamais elle est empêchée ?
06:23Est-ce que c'est facile de passer le relais
06:24à un jeune aussi bruyant, souhaite-t-il, de 30 ans ?
06:27Est-ce qu'il va pas y avoir des réactions ?
06:28Tout ceci, on va le voir.
06:30C'est la nature humaine qui nous l'apprend.
06:31C'est l'histoire qui nous l'apprend.
06:32Les choses ne sont pas écrites.
06:34Ça, c'est mon intime conviction.
06:35Elles ne sont absolument pas écrites.
06:37Respectons maintenant le temps qui est le temps de la justice.
06:39Et puis de la gestion humaine qu'il y a derrière,
06:41parce qu'il ne faut pas la négliger.
06:43Elle est, à mon avis, importante dans un cas ou dans l'autre.
06:45Vous évoquez la question de Jordan Bardella.
06:47Est-ce que vous estimez qu'il a la carure
06:49pour être chef d'État demain ?
06:51Non, mais je ne veux absolument pas me poser cette question.
06:54Les Français décideront.
06:55C'est importante quand même.
06:55Oui, elle est importante,
06:56mais elle ne se pousse pas encore aujourd'hui.
06:58Vous l'avez déjà rencontrée ?
06:59Bien sûr, oui, je l'ai rencontrée.
07:00J'ai rencontré pratiquement tous les chefs de parti,
07:02vous savez, pour parler de la règle d'or.
07:03Parce que je pense qu'il y a une nécessité absolue
07:05pour notre pays, c'est de reprendre une discipline.
07:08Faute de quoi, alors la France aura du mal.
07:10Il vous a renvoyé une image.
07:12Bien sûr, bien sûr.
07:13Mais je la garde pour moi.
07:14Je ne suis pas là pour donner des bons points aux uns et aux autres.
07:17Mais oui, j'ai une image, c'est clair.
07:20C'est un jeune homme d'une trentaine d'années.
07:23Mais voilà, il est visiblement bien structuré
07:27pour un jeune homme d'une trentaine d'années.
07:28C'est un jeune homme d'une trentaine d'années.
07:30Économiquement, est-ce que l'accession du RN au pouvoir
07:32est quelque chose qui vous effraie ou pas ?
07:34Mais je suis, encore une fois, je vous l'ai dit,
07:36je suis moi, clairement, depuis toujours,
07:40je dirais, dans l'orbite de René Monnery.
07:42Ceux qui ne le connaissent pas ou qui l'ont oublié,
07:44c'était un ministre des Finances, c'était un centriste,
07:47c'est CDS, c'est ma famille politique,
07:51et de Jacques Chirac, qui était entre nous,
07:54voilà, il était à droite, mais il était quand même assez radical aussi.
07:57Donc, j'étais très à l'aise.
07:58Voilà, mes origines, ma filiation, mes racines,
08:02c'est René Monnery et Jacques Chirac.
08:04Et ni René Monnery, ni Jacques Chirac
08:06ne faisaient des œillades à gauche,
08:08ou à l'extrême gauche, ou à droite, à l'extrême droite.
08:11On voit qu'il y a certains qui vous poussent à être ministre de tout le monde.
08:14Ministre d'un gouvernement RN, jamais de l'avis ?
08:16Non, parce que moi, j'ai l'expérience qui est la mienne,
08:20j'ai l'âge qui est le mien, j'ai déjà donné,
08:22ce n'est pas pour recommencer.
08:23J'ai été ministre des Finances, de l'Industrie, du Commerce extérieur.
08:27Voilà, donc, je dirais à chaque période de sa vie,
08:30là où on peut aider son pays.
08:32Alors, cette décision sera bien sûr à suivre mardi sur BFM TV,
08:36dans une édition spéciale à partir de la mi-journée.
08:39À suivre aussi, cet après-midi, ce premier grand meeting d'Edouard Philippe,
08:42qui va tenir son premier grand meeting de campagne.
08:44On voit que vous parliez du centre, au centre et à la droite.
08:46Il y en a trois, Gabriel Attal, Édouard Philippe, Bruno Rotaillot.
08:49Est-ce qu'Édouard Philippe, qu'on va entendre cet après-midi sur BFM,
08:51est à vos yeux le mieux placé, le plus qualifié pour être président de la République demain ?
08:55On va rentrer dans les détails des propositions qu'ils commencent tous à mettre sur la table.
08:59Non, mais je n'ai pas la réponse à cette question.
09:00Il faut voir maintenant comment les choses vont se dérouler.
09:02Sincèrement...
09:03Vous avez vu leurs déclarations ?
09:04Oui, mais les déclarations, c'est les déclarations.
09:06Maintenant, on rentre dans une période qui va être extraordinairement difficile.
09:10Je crois que je ne veux pas non plus être quelqu'un qui est là pour agiter, je dirais, les
09:17défis qui sont devant nous.
09:17Mais les Français les connaissent bien.
09:18Moi, j'écoute les Français.
09:20Les Français, vous savez, ils écoutent les défis.
09:21Les défis, c'est le pouvoir d'achat.
09:23Les défis, c'est ma retraite.
09:26Savoir combien je vais avoir.
09:28Savoir combien je vais avoir.
09:29Les défis, c'est la dette.
09:30C'est quand même le numéro 3.
09:31Les défis, c'est la sécurité.
09:33Les défis, c'est aussi qu'est-ce que mes enfants vont devenir ?
09:36Pourquoi mes enfants ?
09:37Mais vous voyez ce que proposent les candidats ?
09:38Je vais vous dire, pourquoi mes enfants ne veulent pas avoir d'enfants ?
09:42Il y a plein de parents que je vois qui disent ça.
09:44Aujourd'hui, on a un taux de natalité qui est le plus bas qu'on ait jamais eu.
09:47Qu'est-ce que ça veut dire de notre pays ?
09:49Donc voilà, ça c'est des questions.
09:50Et puis j'ajoute ensuite que la dimension internationale, excusez du peu,
09:53mais il va falloir gérer effectivement une situation de la France
09:55qui n'est pas celle qu'elle devrait être en Europe,
09:58parce que précisément, on s'est déclassé et on y reviendra,
10:01y compris sur nos finances publiques.
10:02Une situation de la France avec des empires,
10:05parce qu'il faut les appeler comme ça,
10:06il y a évidemment Donald Trump, il y a évidemment Xi Jinping,
10:09il y a évidemment Vladimir Poutine.
10:11Ben voilà, tout ça, les Français vont commencer à l'intégrer
10:13et ils vont ensuite se dire,
10:15voilà, il y a aujourd'hui les sondages, il y a ces jeux,
10:17et je ne les critique pas, c'est normal.
10:19On est dans une...
10:19Mais je pense personnellement que ce n'est pas ça
10:22qui va, in fine, faire l'élection présidentielle,
10:25parce qu'on est dans un moment singulier,
10:27on est vraiment dans un moment historique.
10:29C'est une élection présidentielle,
10:30alors le terme est peut-être toujours un peu inédite,
10:33de fait, historique à vos yeux, pourquoi ?
10:35Pour moi, c'est clair qu'elle est absolument inédite,
10:37parce que je pense que la France est dans une situation,
10:41j'allais presque dire, existentielle aujourd'hui.
10:44Et je m'explique, la France c'est un grand pays,
10:46on a tout pour réussir.
10:47On est l'un des plus beaux pays du monde,
10:49on est l'un des plus visités avec l'Espagne.
10:51On se bat pour savoir qui nous vit,
10:5375 millions de touristes par an.
10:55On est un pays qui est extraordinaire.
10:57On a une jeunesse extraordinaire, et j'y reviendrai,
10:59c'est la jeunesse de l'intelligence artificielle.
11:00Par parenthèse, je constate que notre jeunesse à nous,
11:03c'est intéressant, sondage,
11:0565% des jeunes disent qu'ils n'ont pas du tout peur
11:07de l'intelligence artificielle.
11:0965% des plus de 50 ans en ont peur.
11:11Moi je m'appuie sur les jeunes.
11:13Moi je m'appuie sur les jeunes.
11:1466% des jeunes aujourd'hui, de 18,
11:16enfin entre 18 et 20 ans,
11:17disent qu'ils vont utiliser l'intelligence artificielle
11:19pour se faire une opinion.
11:20Ça c'est le monde dans lequel on est.
11:21Donc élection.
11:22Mais par contre, on est aujourd'hui dans une situation
11:26où par laxisme,
11:28c'est une constatation,
11:30j'ai écrit un livre qui s'appelait
11:31Les 10 renoncements qui ont fait la France,
11:32j'ai étudié quand on a renoncé,
11:33j'estime qu'on a renoncé vraiment en matière
11:36de finances publiques maintenant,
11:37depuis plus de 50 ans,
11:39et qu'on en paye le prix,
11:40on va y revenir.
11:41J'estime aujourd'hui qu'on a une ardente obligation,
11:45tout simplement,
11:46de se remettre dans une logique
11:47d'équilibre progressif de nos comptes,
11:49faute de quoi,
11:50on est étouffé par les taux d'intérêt,
11:52et j'y reviendrai,
11:52et par notre remboursement de la dette,
11:54et c'est à l'aune de ça
11:55que je vais regarder, moi, les candidats.
11:56C'est à l'aune de leur capacité
11:58à remettre la France sur les rails.
12:00Et si on ne la remet pas sur les rails,
12:01alors oui, je le dis très clairement,
12:03on a maintenant 5 ans pour le faire,
12:05la France peut passer
12:07de pays formidables que nous sommes
12:08et qui va devenir,
12:09et je suis convaincu qu'on va continuer à l'être
12:10et qu'on va progresser,
12:12ou alors un pays qui peut passer,
12:14je n'ai pas peur de le dire,
12:15en deuxième division.
12:15En deuxième division, c'est ce que vous dites.
12:16Et ça, c'est impossible pour la France.
12:17Pour moi, c'est impossible.
12:19Alors, des choses très concrètes
12:21qui nous concernent
12:21et qui concernent tous ceux
12:23qui nous regardent.
12:23Ces propositions, je le disais,
12:24qui commencent à être mises sur la table,
12:25il y a bien sûr Français
12:27qui se disent
12:27combien de temps on va travailler,
12:29jusqu'à quand on va travailler.
12:30Édouard Philippe dit
12:31que la question des retraites
12:33sera au cœur de son projet.
12:34Est-ce que les Français, vous pensez,
12:35sont prêts à travailler jusqu'à 67 ans ?
12:37Parce que c'est lui qui a donné ce chiffre.
12:39Les Français sont prêts.
12:39Est-ce que c'est un bon étiage ?
12:40Les Français, je vais vous dire une chose.
12:42Je ne peux pas parler au nom des Français,
12:44mais moi, avec toutes les interactions que j'ai,
12:46les Français, ils veulent y voir clair.
12:48Ils ne veulent pas que ça change
12:49tous les 15 jours.
12:50Les Français, ils veulent savoir, vous savez...
12:52Mais vous pensez que 67 ans,
12:53ils sont prêts à le faire.
12:54Mais les Français, ils veulent savoir
12:55quand, comment.
12:57Ils veulent savoir surtout une chose.
12:58Ils veulent savoir si aussi,
12:59s'ils vont travailler très tard.
13:00Ils veulent savoir aussi
13:01s'ils vont être payés.
13:02Ils veulent savoir si ces retraites
13:03qu'on promet, vont être payées.
13:04Parce qu'aujourd'hui,
13:04qui paye les retraites ?
13:05C'est évidemment uniquement les actifs.
13:07Et comme il y a de moins en moins
13:08d'actifs au travail,
13:09c'est de plus en plus difficile.
13:1067 ans, les Français sont prêts à le faire.
13:12Mais je ne sais pas,
13:13pas tous les Français.
13:14Pas tous les Français.
13:15Comment faudrait-il, justement ?
13:17Si vous voulez, bien.
13:18On va reprendre les questions
13:19parce que c'est très important.
13:20Sur la question, effectivement,
13:22de la vie après 50 ans,
13:24et puis la vie après 60 ans,
13:25et puis la vie après 70 ans,
13:27il faut interroger les Français.
13:28Ils ont des préoccupations différentes.
13:29Mais tous, ils veulent une chose.
13:30Ils veulent de la clarté.
13:32Alors certains vous disent
13:33« Mais moi, je suis tout à fait prêt
13:33à travailler plus. »
13:34Il y en a un certain nombre qui disent ça.
13:35Il faut les écouter
13:36et leur donner la possibilité.
13:37D'autres vont vous dire
13:38« Ben non, moi j'estime
13:39que j'ai travaillé assez. »
13:40Donc il faut évidemment ajouter.
13:42Donc pas un âge unique.
13:43Bien entendu, ça va être très compliqué.
13:45Mais en revanche,
13:46il faut évidemment inciter,
13:47et je le dis vraiment,
13:49inciter les Français
13:50à travailler davantage,
13:51les encourager à travailler davantage
13:53parce que c'est,
13:53un, la conséquence
13:55d'une très bonne nouvelle
13:56qui s'appelle
13:56l'allongement de la durée de vie.
13:57Et deux,
13:58c'est parce que quand on travaille,
14:00il faut bien qu'on comprenne une chose.
14:01Quand on travaille,
14:02quand on travaille
14:03et qu'on gagne 100,
14:05au total,
14:06on donne la moitié,
14:06pratiquement 50,
14:08pour financer,
14:09pour financer les retraites
14:10des aînés
14:11et l'aide sociale.
14:12Ben voilà,
14:13les Français,
14:13ils veulent savoir la réalité.
14:14Peut-être qu'ils vont dire
14:15« Ben moi,
14:15je veux faire que 75
14:16et puis faire que 25. »
14:18Il faut donc évidemment
14:18commencer à proposer
14:19des retraites
14:20par capitalisation en complément.
14:22Il faut le mettre
14:22le plus vite possible
14:23comme le font
14:24tous les pays modernes.
14:25Donc voilà,
14:26c'est un chantier.
14:26Déjà à 64 ans,
14:27on avait la France bloquée
14:28des manifestations partout.
14:29Imaginez 67.
14:30Elle a été bloquée
14:30puis elle s'est débloquée
14:31puis finalement c'est passé.
14:32Et puis c'est pour ça
14:33que je suis très,
14:34voilà,
14:35de ceux qui ont vraiment
14:36vécu ça
14:36comme un renoncement
14:37absolument tragique.
14:38Quand on a renoncé,
14:40enfin,
14:40après avoir discuté
14:41pendant des années et des années,
14:42à renoncer à cette réforme,
14:43elle n'était pas parfaite.
14:45Mais on sait qu'à ce moment-là,
14:46on avance
14:46et puis on redonnait
14:47de la clarté.
14:48Les Français,
14:48ils ont besoin
14:49de clarté et d'un cap.
14:50Maintenant,
14:51il y a une chose
14:52qui est très importante,
14:52c'est que précisément
14:54les candidats,
14:54maintenant,
14:55commencent à dire,
15:00au début,
15:00il avait dit 1%,
15:01je crois que maintenant
15:01il est à 2%
15:03de déficit en 2032.
15:05Voilà.
15:06Donc,
15:07Gabriel Attal dit
15:08que lui,
15:08il est à 0 mai
15:10en 2037.
15:11Donc lui,
15:11il se posait à 10 ans.
15:12Alors moi,
15:12si vous voulez,
15:13parce que ce que j'ai fait...
15:15C'est crédible tout ça,
15:16les Français qui nous entendent
15:17vous parliez des promesses.
15:18J'ai fait exactement
15:19ce que tous les jeunes
15:19vont faire.
15:20Je vous ai dit tout à l'heure
15:21que vous avez 66% des jeunes
15:22qui vont comparer.
15:23Donc vous,
15:24à ce moment-là,
15:24vous modélisez
15:25et tout le monde peut le faire,
15:26c'est très facile
15:27avec son agent IA.
15:28Vous modélisez
15:29et vous voyez ce que ça veut dire.
15:31Ils vont le faire les jeunes.
15:32Et alors ?
15:32Ils vont dire,
15:32bon ben tiens,
15:33on modélise le programme.
15:34C'est crédible ou pas ?
15:35Eh bien,
15:35je vais vous donner les chiffres.
15:36Je vais vous donner les chiffres,
15:37c'est très intéressant.
15:38Si jamais on est au plan de monsieur...
15:40Encore une fois,
15:41ce n'est pas une critique,
15:41c'est pour vous dire
15:42comment ça va se passer.
15:44Si vous tenez le plan
15:45de monsieur Philippe,
15:47c'est-à-dire moins 2%
15:49à partir de 2032
15:50et vous vous projetez sur 10 ans
15:52puisqu'il se projette sur 10 ans
15:53parce que c'est vrai
15:53que quand on est élu
15:54pour 5 ans,
15:55on a envie de faire 10 ans.
15:56Bon, très bien.
15:56Alors, on se projette sur 10 ans.
15:58Eh bien, ça veut dire
15:58que la dette,
15:59elle ne baisse pas.
16:00Elle sera toujours
16:01à l'entour de 115 %
16:02dans 10 ans.
16:03Et en revanche,
16:03on aura à peu près
16:041 000 milliards,
16:05vous m'avez bien entendu,
16:061 000 milliards de dettes de plus.
16:07Si vous prenez
16:07le plan de monsieur Attal,
16:09la dette,
16:10elle augmente
16:11et on aura à peu près
16:121 100 milliards de dettes de plus.
16:13Tout ça, ça ne sert à rien.
16:14Mais non, mais je vous donne les chiffres.
16:15Alors après ça,
16:16on peut réajuster.
16:17Donc, ça veut dire
16:18que les 1 000 milliards
16:18qu'on a moqués
16:19de monsieur Macron,
16:21ça veut dire qu'avec
16:21rien qu'avec ses plans,
16:22c'est pour vous montrer pourquoi.
16:23Alors, c'est pour vous montrer pourquoi
16:24je dis que
16:26sans être rigoureux,
16:28à l'excès,
16:30sans promettre
16:31des sang et des larmes,
16:31c'est qu'ensemble,
16:33il me semble,
16:34précisément,
16:34et là,
16:35c'est l'ancien ministre
16:36des Finances qui parle,
16:37j'ai vraiment beaucoup,
16:38beaucoup réfléchi
16:38à ces questions,
16:39que j'ai proposé
16:39une règle d'or.
16:41Ce n'est pas moi
16:41qui vais la mettre en œuvre.
16:42C'est évidemment
16:42l'ensemble des partis
16:43qui doivent la mettre en œuvre.
16:44une règle d'or
16:45donc à moins 1%
16:46en 2032.
16:48Et si vous vous prolongez,
16:50je vais vous dire
16:50la différence,
16:51c'est que vous avez
16:52une augmentation sur 10 ans
16:53malgré tout encore
16:53de 600 milliards de dettes,
16:55mais une dette
16:56qui commence à baisser
16:57qui sera à 104%
16:58au lieu des 116 milliards de dettes.
16:59Gabriel Attal
16:59fait une proposition
17:00très concrète.
17:01Justement,
17:01pour trouver des économies.
17:02Dans une interview
17:03qu'il a accordée aux Parisiens,
17:05il parle de réduire
17:07le nombre de postes
17:08de fonctionnaires
17:08de 100 000.
17:09Alors,
17:09ce n'est pas une proposition
17:10révolutionnaire.
17:11D'autres candidats
17:12dans le passé
17:12ont promis de réduire
17:13de 200 000 voire 500 000
17:14pour M. Fillon
17:15en 2017
17:16poste de fonctionnaire.
17:18Est-ce que c'est
17:18une solution audible,
17:21crédible ?
17:22Comment la mettre en œuvre ?
17:23Encore une fois,
17:24je les connais tous
17:25et je les apprécie
17:25à titre personnel
17:26et je ne suis pas là
17:28pour commenter,
17:30mais je vais vous dire
17:30comment on va raisonner
17:31là-dessus.
17:31Vous avez une expertise,
17:32on a envie de vous entendre
17:33sur le programme.
17:33Mon expertise,
17:34je vais vous la dire.
17:34Comment je raisonne
17:35sur ces questions ?
17:36Évidemment qu'il faut
17:37qu'on commence à baisser
17:38progressivement
17:38le nombre de fonctionnaires,
17:39par exemple dans
17:40l'administration territoriale,
17:41dans l'administration traditionnelle.
17:43Il ne faut certainement
17:43pas les baisser
17:44dans la justice,
17:45certainement pas
17:45dans les forces régaliennes,
17:47certainement pas
17:48dans l'éducation,
17:49en tout cas il faut
17:49la faire autrement.
17:49On sait tout ça.
17:51Mais maintenant,
17:51je vais vous dire deux choses.
17:52Il me semble que
17:53quand il s'agit de réduire
17:57un nombre de collaborateurs,
18:00c'est toujours dangereux
18:00de le brandir comme ça
18:01parce que ça crispe,
18:03ça heurte.
18:04Donc moi je préfère
18:05faire les choses,
18:06mais en disant
18:06voilà comment on va faire,
18:07on ne remplace pas par exemple
18:08les départs en retraite
18:08dans tel secteur et autre.
18:10Et puis de quoi on parle ?
18:11100 000 fonctionnaires en moins,
18:13en année pleine,
18:14ça fait en gros
18:146 milliards d'économies par an.
18:16Bon.
18:17Maintenant je vais vous dire,
18:18les calculs que je vous ai fait
18:19tout à l'heure,
18:20je suis parti sur une croissance
18:21sur 10 ans de 0,9 à 1%,
18:23c'est-à-dire celle qu'on fait
18:23depuis les 20 dernières années,
18:25et je suis parti sur
18:26les taux d'intérêt à 3%.
18:27Je rappelle qu'aujourd'hui
18:28on est plutôt
18:28à 3,5, 3,6, 3,7.
18:31Si jamais,
18:32parce que précisément,
18:34l'engagement aussi européen,
18:36il n'est pas à moins 2%,
18:38il n'est pas,
18:39parce que M. Attal,
18:40c'est moins 3% en 2032,
18:42et M. Philippe,
18:43c'est moins 2% en 2032.
18:44Il est à moins 1%,
18:46c'est celui que j'ai pris.
18:47Ça veut dire que d'ores et déjà,
18:48si vous annoncez ça,
18:49vous mettez à nouveau,
18:50en dehors des clous
18:51que nous avons promis nous,
18:52et la France,
18:53abaisse sa capacité d'expression.
18:55Je rappelle que l'objectif,
18:56il a été pris en 2013.
18:57Thierry Breton.
18:57Ça veut dire qu'il faudra
18:58qu'on tienne l'objectif,
18:59non pas en 2013,
18:59mais en 2037,
19:01la France est déclassée.
19:02Thierry Breton,
19:02ceux qui vous écoutent,
19:03ceux qui écoutent
19:04les premières propositions
19:05des candidats à la présidentielle,
19:06ils se disent,
19:06en final, c'est comme toujours,
19:08c'est à nous qu'on va demander
19:09à se serrer la ceinture,
19:10et au final,
19:10il faudra payer plus d'impôts.
19:11Si vous me donnez la transition
19:12sur le deuxième volet
19:13de ce que je voulais dire,
19:14Guillaume Daré,
19:15c'est qu'au fond,
19:17si jamais on tient nos objectifs,
19:19c'est-à-dire qu'on se dit tout de suite,
19:20et c'est pour ça que je pense
19:20qu'il faut le mettre
19:21dans la Constitution ensemble,
19:22avec toutes les forces politiques,
19:24chacun mettra s'il veut
19:25un peu plus d'impôts,
19:25un peu moins d'impôts,
19:26etc.,
19:26mais ce qu'ont fait les Allemands
19:28en 2009,
19:29pour se cadrer,
19:30et donc avoir un programme
19:31qui est constitutionnel.
19:33Qu'est-ce que vous répondez
19:34donc aux Français ?
19:34Écoutez-moi bien,
19:34à ce moment-là,
19:36les marchés vont dire,
19:37c'est acquis,
19:38et donc on va baisser
19:39les taux d'intérêt de la France.
19:40Tenez-vous bien,
19:420,5 point de taux d'intérêt,
19:44c'est 50 milliards de plus
19:47sur la séquence.
19:48Donc ce n'est pas les Français
19:48qui vont payer ?
19:49Ça veut dire que d'un côté,
19:50vous avez 15 milliards d'euros par an,
19:52ça veut dire que d'un côté,
19:53vous avez 0,5 point,
19:540,5 point,
19:55c'est 15 milliards d'euros de plus
19:56d'intérêt.
19:57Je rappelle que là,
19:58on va être à 100 milliards par an
19:59de charge d'intérêt de la dette,
20:00100 milliards à partir de 2029.
20:02Ça veut donc dire que
20:03dans les 10 ans qui viennent,
20:05on va payer 1 000 milliards,
20:06on va travailler pour les autres.
20:07Et donc le dernier point,
20:08c'est que si jamais vous dites,
20:10moi finalement je ne suis pas à 1
20:11comme on devrait le faire,
20:12mais à 2,
20:13les taux d'intérêt vont monter.
20:14Et s'ils montent,
20:15encore une fois,
20:16passer de 3 à 3,5%,
20:19ça fait 15 milliards d'euros
20:20de plus par an,
20:22comparé aux 6 milliards d'économies.
20:23Donc il vaut mieux tenir son engagement
20:25pour que précisément les Français
20:27continuent à bénéficier
20:29du fruit de leur argent
20:30plutôt que de dire
20:31c'est de la faute d'un tel,
20:32parce que pardon de le dire,
20:33si on dit c'est 100 000 fonctionnaires,
20:34on désigne les fonctionnaires.
20:36Donc moi je dis une chose,
20:37mettons-nous d'accord,
20:38pas par référendum,
20:39parce que je pense,
20:40encore une fois je respecte...
20:40Ça c'est ce que souhaite Edouard Philippe.
20:41Oui mais moi je pense
20:42qu'il vaut mieux avoir le Congrès,
20:43c'est pour ça que,
20:44alors je ne sais pas si ça marchera,
20:45moi je vois l'ensemble des chefs de parti
20:47les uns après les autres
20:47pour leur dire,
20:49mettons-nous juste d'accord
20:50sur des modalités de travailler ensemble.
20:52Vous ne pensez pas que les Français
20:54ont besoin de référendum ?
20:55Mais je pense que leur vrai référendum
20:56c'est l'élection présidentielle madame.
20:57Eh oui mais on ne voit que les électriques...
20:58Eh oui mais une fois tous les 5 ans,
21:00je suis dit...
21:01Connaissant les Français comme je l'ai connu,
21:02c'est une question de souveraineté.
21:03Pourquoi c'est une question de...
21:04Au-delà des chiffres,
21:06je vous sens très concret,
21:07pourquoi c'est une question de souveraineté derrière ça ?
21:09Au-delà des chiffres,
21:10quand les Français attendent des gens,
21:11mais pourquoi est-ce que c'est absolument fondamental ?
21:13D'abord c'est totalement faisable
21:15et ce n'est pas du sang et des larmes,
21:16c'est juste un tout petit peu de discipline.
21:18Deuxièmement, pourquoi c'est important ?
21:20C'est important parce que vous voyez,
21:22aujourd'hui, qu'est-ce que je viens de vous dire ?
21:24Je viens de vous dire qu'on est dans quelle main ?
21:26On va dépenser au moins,
21:28si je prends le programme,
21:29les deux programmes qu'on a évoqués tout à l'heure,
21:311000 milliards d'euros de plus
21:32et où ils vont aller ces 1000 milliards ?
21:34Ils vont aller chez ceux qui prêtent à la France.
21:36Donc les Français travaillent non plus pour eux,
21:38mais pour les autres.
21:39Donc c'est évidemment totalement...
21:41On est arrivé là.
21:42Le deuxième élément,
21:43c'est qu'évidemment,
21:44à partir du moment où la France,
21:46je le répète,
21:46c'est en 2013 que la France a signé
21:49que désormais,
21:50elle ferait moins 1%
21:52parce qu'on est à plus de 60% d'endettement,
21:54moins 1% tous les ans de déficit.
21:56Depuis, on est à 4 ou 5.
21:57Donc on perd la crédibilité à la parole de la France
21:59et donc c'est une question de souveraineté
22:01parce que du coup,
22:02à Bruxelles ou ailleurs,
22:03on dit écoutez,
22:04vous faites d'abord ce que tous les autres ont fait
22:05et après vous parlez,
22:06la parole de la France
22:07est indispensable dans le monde qui vient.
22:10Nous sommes un immense pays.
22:12On a un siège au Conseil de sécurité de l'ONU,
22:14on a la dissuasion nucléaire.
22:15Eh bien, il faut qu'on ait la discipline
22:17qui va avec la puissance
22:18que nous représentons légitimement.
22:20Il y a un autre débat qui monte
22:21dans le cadre de cette présidentielle,
22:22c'est la question aussi de la...
22:23Comment dire ?
22:25De notre société.
22:27Est-ce qu'en laissant filer la dette,
22:29on trahit les générations suivantes ?
22:30Mais c'est une évidence.
22:31Pourquoi les jeunes sont aujourd'hui aussi inquiets ?
22:34C'est une trahison, vous diriez ?
22:35Mais c'est une évidence que c'est une trahison.
22:37C'est une trahison absolue.
22:39Parce qu'aujourd'hui,
22:40dans tout ce que je viens de vous dire,
22:42personne ne parle de rembourser la dette.
22:43Je parle uniquement de la baisser,
22:44uniquement progressivement,
22:46par rapport aux produits intérieurs bruts,
22:48et de limiter les taux d'intérêt.
22:51Voilà, on en est réduit, madame.
22:52Donc, bien entendu, c'est une trahison.
22:54Mettons-nous une seconde à la place des jeunes
22:56que nous avons été.
22:57On leur dit,
22:58il y a une dette carbone,
22:59et il va falloir quand même l'éponger,
23:01elle est réelle,
23:02y compris par parenthèse aux Etats-Unis,
23:04pour ceux qui croiraient
23:05que le réchauffement climatique,
23:06c'est de la philosophie.
23:07Quand on voit ce qui se passe
23:08dans les stades aujourd'hui,
23:10je ferme la parenthèse sur la côte Est.
23:11Donc, c'est partout sur la planète,
23:13et ça, c'est eux qui vont avoir le géré.
23:14Et on leur dit,
23:15parce qu'on n'arrive pas à se mettre d'accord,
23:17parce qu'on n'arrive pas nous à se mettre d'accord,
23:19eh bien, c'est vous qui allez payer.
23:22Eh bien, moi, je dis une seule chose,
23:23il faudrait que pour cette élection présidentielle,
23:25on se mette d'accord aujourd'hui,
23:27pour dire, voilà la trajectoire.
23:28Et dans cette trajectoire,
23:29qui est une trajectoire
23:30où on augmente quand même tous les ans
23:31de 80 milliards par rapport à l'année d'avant.
23:33Donc, on va avoir beaucoup à dépenser.
23:34Mais on se limite, on se contraint,
23:36on se contraint.
23:37Et puis, c'est la démocratie qui s'exprimera.
23:39Si c'est un gouvernement de gauche
23:41ou d'extrême-gauche,
23:41ou de ce que vous voulez,
23:43on mettra plus d'impôts pour les riches,
23:44pour les super-riches,
23:45pour tout ce que vous voulez.
23:46Si c'est un gouvernement de centre,
23:47il sera équilibré.
23:47Si c'est un gouvernement de droite,
23:49il en mettra peut-être un peu.
23:50Mais vous serez encadrés.
23:52Vous serez encadrés
23:53comme les grandes démocraties,
23:55aujourd'hui l'ont fait
23:56parce que les grandes démocraties
23:57vivent aujourd'hui
23:58avec un environnement
24:00et un visage politique,
24:01un paysage politique
24:02qui est totalement fracturé.
24:03Donc, les majorités
24:04à 100% identiques,
24:05je crois que ce que donne
24:07l'élection présidentielle,
24:09ça, c'est du passé.
24:09Donc, il faut qu'on se prépare maintenant.
24:10Il y a quelqu'un qui n'exclut pas
24:11de quitter son poste
24:12pour faire entendre
24:13une voix européenne
24:13dans le débat présidentiel.
24:14C'est Christine Lagarde,
24:15la présidente de la BCE.
24:16Elle l'a dit à nos confrères
24:17des échos en début de semaine.
24:19Christine Lagarde,
24:20bonne candidate pour l'Élysée ?
24:22Mais, encore une fois,
24:23les voix européennes s'expriment.
24:24Aujourd'hui, je pense
24:25qu'on est beaucoup à s'exprimer.
24:27Elle est une voix européenne.
24:30Ça me semble important
24:31que les voix européennes s'expriment.
24:32Une femme, il y en a beaucoup.
24:33Oui, mais ça, c'est un autre sujet.
24:34Évidemment, il faut des femmes.
24:35Ça, c'est clair.
24:36Il faut des femmes.
24:36On en a quand même quelques-unes.
24:38Dieu se followez.
24:38Pas assez, je suis d'accord avec vous.
24:40Voilà.
24:40Est-ce que pour autant...
24:41Je crois que d'abord,
24:42elle fait un bon travail à la BCE.
24:44Je crois qu'il est extrêmement important
24:46et utile
24:46qu'on ait de la continuité,
24:48de la stabilité sur la BCE.
24:50Mais maintenant, évidemment,
24:51chacun est libre de vouloir conquérir
24:54ou se présenter à l'élection présidentielle.
24:55On évoquait il y a quelques instants
24:57effectivement les propositions
24:57mises sur la table par Édouard Philippe.
24:59Son meeting, ce sera bien sûr
25:00à suivre en direct cet après-midi.
25:02Et dans un instant avec vous,
25:03on va venir aussi sur ce moment de bascule
25:04au niveau international
25:05qui est en train de se jouer
25:06entre l'Ukraine et la Russie
25:07puisque vous le disiez, évidemment,
25:08l'international, ça va être une question clé
25:10aussi de cette élection présidentielle.
25:12À tout de suite.
25:21Vous êtes bien sûr BFM Politique,
25:23notre invité, Thierry Breton,
25:24ancien commissaire européen,
25:25ancien ministre de l'économie.
25:27Avec vous, dans un instant,
25:28on va voir effectivement
25:29cette bascule au niveau international
25:30qui semble en train de se faire
25:32entre la Russie, l'Ukraine.
25:34On évoquera bien sûr aussi
25:35les propos de Donald Trump.
25:37Cette question internationale
25:38qui va jouer un rôle de premier plan
25:40dans la campagne présidentielle.
25:41mais il y a aussi ces préoccupations
25:43du quotidien, on le disait,
25:44des Français ces derniers jours.
25:45Ça a bien sûr été
25:46ces chaleurs extrêmes en France,
25:48cette canicule.
25:49Et je ne sais pas si vous avez vu
25:50ces images qui ont fait
25:51le tour du monde.
25:51Elles ont été diffusées,
25:52y compris sur les télés asiatiques
25:55avec notamment ces images,
25:57regardez, de Français
25:58qui se battent pour acheter
25:59des ventilateurs et des climatiseurs
26:01chez Lidl.
26:02C'était au cours de cette semaine.
26:04C'est devenu viral sur les réseaux sociaux.
26:06Des climatiseurs qui sont vendus
26:07le trip de leur prix
26:08après sur plusieurs sites internet.
26:11Au-delà de ces images,
26:12qu'est-ce que ça dit de notre pays
26:14et de la situation
26:14dans laquelle on se trouve,
26:16Thierry Breton ?
26:16Non mais on en revient
26:17à ce qu'on dit tout à l'heure.
26:19C'est sûr que ces incivilités
26:21sont à répétition.
26:23Parce qu'il faut bien dire
26:23que c'est à répétition.
26:24Là, on le voit effectivement
26:25dans un supermarché.
26:27On l'a vu à l'occasion
26:28de célébrations.
26:30On aurait dû célébrer
26:31de victoires de matchs de football.
26:34Ces incivilités
26:35sont tout à fait
26:36non seulement inacceptables,
26:38mais révélatrices
26:39précisément le fait
26:40qu'il faut qu'on remette
26:41de la discipline
26:42dans notre pays
26:42et que chacun
26:44intègre la discipline.
26:45C'est pour tout le monde,
26:46y compris pour les familles.
26:48Quand les enfants
26:49ne rentrent pas à l'heure,
26:51la discipline,
26:51c'est pour tout le monde.
26:52Ce n'est pas quelque chose
26:53qui va s'intermédier.
26:55Et ça, il faut le remettre
26:56vraiment dans l'esprit
26:57de notre pays,
26:58qui a toujours été
26:59quand même un pays,
27:00il faut le dire,
27:02qui a été un pays
27:03qui était discipliné.
27:05Mais là,
27:05c'est vrai qu'il faut
27:06reprendre tout ça.
27:07Mais ça ne dit pas
27:07quelque chose
27:07de notre impréparation.
27:09C'est un autre question.
27:10Mais quand même,
27:11ça dit quelque chose
27:11de l'avenir.
27:12Alors, sur l'impréparation,
27:13je parle des incivilités,
27:14mais sur l'impréparation,
27:15elle est évidente.
27:16Et là encore,
27:16quand vous écoutez les jeunes,
27:18qu'est-ce qu'ils vous disent ?
27:19Ils vous disent,
27:19on est en train de devenir
27:20un pays qui est un pays
27:22d'Europe du Sud.
27:23Quand on voit
27:24les prévisions météorologiques,
27:2630, 35, 40 degrés,
27:28on est en train
27:29de devenir un petit peu maintenant
27:30et qu'on nous dit
27:31que ce sera désormais régulier,
27:33ça veut dire que la France
27:34est en train de devenir
27:36un pays d'Europe du Sud.
27:36Alors, on regarde
27:37ce qui se passe
27:37dans les pays d'Europe du Sud
27:39et ils nous disent,
27:39attendez, il y a 40 à 50%
27:41de climatiseurs en Espagne,
27:43il y en a 50 à 60% en Grèce
27:44et nous, on est entre 20 et 25%.
27:46Mais il y a une deuxième dimension
27:48auxquelles les jeunes
27:49sont très très sensibles.
27:50C'est le fait qu'il faut
27:51qu'on s'adapte
27:52parce qu'on vit maintenant
27:53comme un pays d'Europe du Sud,
27:54mais on est aussi très attaché
27:55à la préservation de l'environnement
27:57et aux conséquences
27:57sur l'environnement.
27:58Alors, on ne va pas le faire
27:59comme les Américains
28:00ou comme les Japonais
28:02ou comme les Qataris.
28:04Je n'ai rien contre
28:04les uns et les autres,
28:05bien entendu.
28:05Mais on climatise tout.
28:07Et pourquoi pas ?
28:07Et bien parce que ça coûte trop cher,
28:09et bien parce que ça crée
28:09trop de pollution.
28:10Donc, on va juste
28:11essayer de le faire,
28:12je dirais,
28:12en fonction de ce que nous
28:14ressentons comme important
28:15pour nous,
28:16pour notre environnement,
28:17pour la planète.
28:18Mais ça veut dire,
28:19effectivement,
28:19et moi j'ai travaillé
28:20sur un plan du coup,
28:21un plan sur trois volets.
28:22Qu'est-ce qu'il faudrait
28:23pour qu'en 2050,
28:24vous voyez,
28:24il faut se donner
28:25toujours des objectifs.
28:26En 2050,
28:27la France se soit équipée
28:28comme un pays d'Europe du Sud
28:30qu'elle est en train de devenir.
28:31On ne peut pas lutter
28:32contre ça.
28:33En trop tard, 2050 ?
28:34Mais non,
28:34parce qu'on le fait progressivement.
28:36Progressivement,
28:36ça veut dire,
28:37effectivement,
28:37c'est un plan
28:38qui coûterait en gros
28:40130 milliards,
28:41dont 100 milliards
28:41à la charge de l'État,
28:4230 milliards à la charge
28:43des particuliers
28:44sur 25 ans.
28:45Donc, c'est parfaitement
28:47gérable.
28:47Pour peu,
28:48qu'on gère bien
28:49nos finances publiques.
28:50Et ces trois piliers,
28:51c'est d'une part,
28:51effectivement,
28:53autoriser le fait
28:53qu'on va pouvoir mettre
28:54peut-être un climatiseur
28:56par foyer
28:57là où il faut,
28:59mais les deux ou trois
28:59chambres nécessaires.
29:00Donc, ça,
29:01c'est chiffré.
29:02C'est une trentaine de milliards.
29:03Ça veut dire,
29:03effectivement,
29:05climatiser
29:05ou rafraîchir
29:07tous les EHPAD.
29:09Je dis bien
29:09tous les EHPAD.
29:11Toutes les crèches.
29:12Je dis bien
29:12toutes les crèches.
29:14Toutes les chambres d'hôpitaux.
29:15Je dis bien
29:15toutes les chambres d'hôpitaux.
29:16Ça, c'est encore
29:17en gros 35 milliards.
29:19Et puis,
29:19vous avez un troisième paquet
29:21qui est à peu près
29:21l'équivalent.
29:22C'est évidemment
29:23les transports en commun.
29:24On ne peut pas continuer
29:25à dire à nos compatriotes
29:27« Écoutez,
29:28le métro,
29:29il y en a pour certains,
29:30c'est une heure,
29:31une heure et demie.
29:32Ce n'est pas climatisé.
29:33On est serrés
29:33les uns contre les autres.
29:35Donc, il faut de la climatisation.
29:36Il faut aussi
29:37que les caténaires
29:38supportent ces températures
29:39très élevées.
29:40Il y a encore 35 milliards.
29:41Voilà.
29:42Donc, c'est un plan.
29:43Il est là.
29:43Il est chiffré.
29:45Il faut maintenant
29:45le mettre en œuvre.
29:46Mais pourquoi
29:46on ne peut pas le mettre en œuvre
29:47aujourd'hui ?
29:48Parce qu'on n'a pas les moyens.
29:49D'où la proposition
29:50qui est la mienne,
29:51précisément à travers
29:53ce dont on a parlé
29:53tout à l'heure.
29:54Une proposition
29:54qui, si il y a les biens
29:55mises en œuvre,
29:56pourrait ne rien coûter.
29:57Et le gouvernement
29:57y réfléchit.
29:58C'est la journée fractionnée.
29:59Comme en Grèce
30:00ou en Espagne,
30:01c'est-à-dire au milieu
30:01de la journée
30:01aux heures les plus chaudes.
30:03La vie économique aussi.
30:05La professionnelle s'arrête.
30:07Et on s'arrête
30:072-3 heures
30:08ou 3-4 heures.
30:09Madame, le droit du travail
30:10l'impose déjà.
30:11Déjà aujourd'hui,
30:12il faut là encore une fois
30:13appliquer les lois.
30:14Le droit du travail
30:15impose que précisément
30:16pour toutes celles
30:17et tous ceux
30:17qui travaillent
30:17dans des conditions difficiles.
30:19Et les conditions difficiles,
30:20désormais,
30:20c'est bien entendu
30:21sur les chantiers.
30:22Tout le monde a ça
30:23légitimement en tête.
30:24Mais c'est aussi ailleurs.
30:25C'est aussi ailleurs.
30:26Donc, bien entendu,
30:27il faut là aussi
30:28que tout le monde,
30:29la responsabilité,
30:30la discipline...
30:31Vous êtes pour ?
30:31Bien sûr que je suis pour.
30:32Parce que je suis pour
30:33qu'on applique la loi.
30:34En revanche,
30:36reprendre des propositions
30:37qui ont été proposées
30:39par, je crois,
30:40Madame Tondelier...
30:41Le congé climatique.
30:42Contre laquelle
30:42je n'ai absolument rien.
30:43Parce que je pense
30:44que la parole des écologistes
30:45est importante,
30:46y compris par rapport
30:47à ce que j'ai dit tout à l'heure.
30:48Pas de congé climatique.
30:48Enfin, pardon,
30:49mais se dire
30:50on va donner 5 jours
30:51de congé...
30:52Là aussi,
30:53j'ai calculé.
30:54Un 5 jours,
30:54ça coûte 40 milliards
30:55à l'économie par an.
30:56Voilà, moi,
30:57je préfère les investir.
30:58Continuez à travailler
30:59précisément en respectant
31:00la loi,
31:01comme vous venez de le dire.
31:02Et puis derrière,
31:03se donnez les moyens
31:03parce que c'est bien
31:045 jours de congé supplémentaire
31:05par an.
31:06Mais qui paye à la fin ?
31:07C'est évidemment
31:08les Français qui travaillent
31:09et l'économie.
31:09Alors, je suis sur le plan...
31:12au plan des climatiseurs.
31:14Le Rassemblement National,
31:15lui, a proposé un plan
31:16qui coûterait
31:17à l'État
31:1840 milliards d'euros par an.
31:20Alors, la temporalité
31:21n'est pas tout à fait claire,
31:22mais à travers un système
31:23de prêts
31:24dont les intérêts
31:25seraient pris en charge
31:26par l'État.
31:27Est-ce que vous avez
31:29regardé,
31:29jeté un oeil
31:30sur ce plan ?
31:31Je ne connais pas ce plan,
31:32mais c'est sur quelle durée ?
31:34C'est les prêts
31:34à taux zéro
31:34pour les Français.
31:35Non, mais sur quelle durée
31:35le plan ?
31:36C'est sur 10 ans.
31:37Sur 10 ans.
31:38Sur 10 ans.
31:38Vous voyez, moi,
31:39mon plan,
31:39le plan que j'ai calculé
31:41qui est vraiment très détaillé,
31:42il est sur 22 ans.
31:43Oui, sur 40 milliards
31:45sur 10 ans,
31:45on retrouve à peu près
31:46le montant similaire.
31:47Donc, je pense que le montant
31:48doit être...
31:48Je ne connais pas du tout ce plan,
31:49mais je prends les grandes masses.
31:52Moi, je suis un ingénieur,
31:53on ne peut pas se refaire,
31:54donc je prends
31:54les grandes masses financières.
31:56Si c'est 40 milliards,
31:57moi, j'ai dit 130 milliards,
31:58on retrouve sur un tiers,
31:59on retrouve à peu près
32:00l'équivalent
32:01de ce qui me semble nécessaire
32:03pour amener la France
32:03en 2050
32:04à ce qu'elle doit être,
32:05c'est-à-dire également
32:07s'équiper
32:08comme un pays
32:08d'Europe du Sud.
32:09Qui dit équipement ?
32:10Il faut les construire,
32:11les climatiseurs.
32:12Il y a beaucoup
32:15concurrence dans beaucoup de domaines,
32:16y compris les climatiseurs.
32:18Est-ce que
32:18il faut que notre appareil industriel
32:21soit prêt
32:23à éventuellement
32:24faire nous-mêmes
32:25des climatiseurs
32:26ou est-ce qu'au contraire,
32:27vous pensez que
32:28ce n'est pas à nous
32:29de les fabriquer ?
32:30Si on peut les faire,
32:31on peut les faire,
32:31mais voilà,
32:31les climatiseurs...
32:32Alors là encore,
32:33ce n'est pas comme on dit
32:34dans mon jargon,
32:35je vais utiliser un anglicisme
32:36épouvantable
32:37et vous me pardonnerez,
32:38la rocket science,
32:39ce n'est pas non plus
32:40très sophistiqué
32:41de faire un climatiseur.
32:42Donc, si d'autres
32:44les font et peuvent les livrer
32:46parce qu'il faut évidemment
32:47le faire...
32:47Il n'y a aucune question
32:47d'indépendance sur ce plan-là ?
32:49Non, il n'y a pas
32:49de question d'indépendance.
32:50Je ne crois pas, non.
32:51Question d'indépendance
32:52sur les terres rares, peut-être,
32:53sur les semi-conducteurs
32:54en dessous de nanomètres,
32:55certainement,
32:56sur les climatiseurs,
32:57non.
32:57On sait faire.
32:57Même si, vous avez raison,
32:59on se souvient que sur les masques,
33:00sur les VU, etc.
33:01Oui.
33:01Mais bon, ou les respirateurs,
33:03vous vous souvenez,
33:03les respirateurs.
33:04Mais là, vraiment,
33:05on est vraiment dans un produit.
33:08Technologiquement,
33:09évidemment, on peut toujours
33:10l'avancer pour qu'il soit
33:11plus économe en énergie,
33:13pour qu'il soit moins polluant.
33:14Il faut que les gaz...
33:15La massification de la production.
33:15La massification de la production.
33:17Non, mais là, je pense que...
33:18Alors, il n'en demeure pas moins
33:19que si on sait faire...
33:21Si on sait faire...
33:22Ben, faisons-le.
33:23Maintenant, la question que vous posez,
33:24elle est beaucoup plus fondamentale.
33:25Il faut qu'on se dote précisément
33:26des moyens pour résister
33:28à cette vérité,
33:29j'allais dire,
33:30cet impérialisme chinois
33:31qui est d'utiliser
33:32des aides d'État
33:34qui sont illégales chez nous
33:35et donc pour pouvoir
33:36nous inonder de leurs produits
33:38et tuer notre appareil industriel.
33:39Il faudra autoriser les aides d'État.
33:41Mais bien entendu,
33:41il faut en tout cas
33:42qu'on ait la réciprocité.
33:43C'est un combat que j'ai mené
33:44lorsque j'étais commissaire
33:45et que je continue à pousser
33:46de là où je suis.
33:47Thierry Breton, on le disait,
33:47on le voit avec cette question de la Chine.
33:49Cette question internationale
33:50va être centrale
33:51dans le débat présidentiel
33:52qui s'ouvre d'autant plus
33:54que des conflits se poursuivent
33:55et notamment celui
33:56entre l'Ukraine et la Russie.
33:58On a appris ce matin
33:59que successivement,
34:00Donald Trump a parlé
34:02à Vladimir Poutine au téléphone
34:03ainsi qu'ensuite
34:05au président ukrainien
34:06Volodymyr Zelensky.
34:07On voit des frappes
34:09à la fois symboliques
34:10et extrêmement importantes
34:11ces derniers jours
34:12avec des drones des Ukrainiens
34:14qui vont toucher
34:15à proximité de Moscou
34:16ou de Saint-Pétersbourg.
34:18Vous qui avez un œil
34:20très acéré
34:21sur cette situation internationale,
34:23qu'est-ce qui est en train
34:23de se passer ?
34:24Est-ce qu'on vit un moment
34:25de bascule dans ce conflit ?
34:26C'est incontestable.
34:27Le moment de bascule,
34:28d'abord, c'est que ce conflit,
34:29il était fait pour durer
34:30quelques jours.
34:30C'était cette fameuse opération spéciale
34:32où en quelques jours,
34:34Vladimir Poutine
34:35ferait tomber le régime
34:37ukrainien
34:37et placerait ses hommes.
34:39On est maintenant
34:39dans la cinquième année.
34:41Donc, une chose est certaine,
34:43on ne peut pas dire,
34:44je vois que certains le disent,
34:45que Vladimir Poutine
34:46a perdu la guerre.
34:47On ne peut pas le dire aujourd'hui ?
34:48Non, il a perdu la paix.
34:49Ça, c'est clair.
34:50Il a perdu aujourd'hui
34:51la temporalité.
34:53C'est absolument clair.
34:54Quand on voit effectivement,
34:56ça se traduit par quoi,
34:57ce que je viens de vous dire
34:58là à l'instant ?
34:59Alors, les chiffres,
35:00il faut les prendre
35:00avec précaution,
35:01mais à peu près
35:011 400 000 soldats russes
35:04qui sont soit morts,
35:05soit invalides,
35:06c'est gigantesque,
35:07c'est plus que toutes les guerres
35:08depuis 1945
35:09que la Russie a connues.
35:11Ça veut dire
35:12des milliers et des milliers
35:13et des milliers
35:14de matériels militaires,
35:16chars,
35:16pièces d'artillerie,
35:17mais aussi plus de 380 hélicoptères,
35:21plus de 400 avions
35:21qui ont été détruits.
35:23Une économie ?
35:23La marine,
35:24la marine,
35:27notamment russe,
35:28notamment la marine de Mer Noire,
35:29entièrement détruite.
35:31Une économie,
35:31vous aviez...
35:32Une économie affaiblie durable ?
35:34Totalement affaiblie.
35:34On a aujourd'hui une inflation
35:35qui est à plus de 20%.
35:3639 heures de queue,
35:37parfois,
35:37on a vu sur ces images
35:38pour faire le plein en Russie.
35:40Et alors donc maintenant,
35:40qu'est-ce qui s'est passé entre temps ?
35:42Eh bien, l'Ukraine,
35:43alors il faut dire
35:43qu'on a beaucoup aidé,
35:44et c'était légitime.
35:45Encore une fois,
35:46là aussi,
35:46c'est une guerre
35:47qui est existentielle
35:48pour nous,
35:48Européens.
35:49Moi, je ne cesse de le dire.
35:51Bon, eh bien,
35:51qu'est-ce que l'Ukraine a fait ?
35:53L'Ukraine a réussi
35:54par ingéniosité,
35:55c'est extraordinaire,
35:56l'Ukraine est un pays aussi
35:57de scientifiques,
35:58c'est un pays d'ingénieurs,
35:59il ne faut jamais l'oublier.
36:00Ils ont réussi
36:00à rebâtir
36:02une base industrielle de défense,
36:03on appelle ça
36:04dans le jargon de BTD,
36:06incroyable,
36:07où ils font maintenant,
36:08tenez-vous bien,
36:09cette année,
36:09ils vont fabriquer
36:117 millions de drones,
36:13vous m'avez bien entendu,
36:147 millions de drones,
36:15c'est-à-dire plus de 580 000
36:16par mois.
36:17Et donc,
36:18ils ont réussi à faire ça,
36:19ils mettent 16 jours
36:20aujourd'hui en moyenne
36:20pour faire un drone.
36:21Donc,
36:22ils ont réussi
36:22à se créer cette base,
36:23ces drones maintenant,
36:25ils vont des centaines de kilomètres
36:27derrière,
36:27encore une fois,
36:28en profondeur,
36:29ils ont développé
36:30une industrie de missiles,
36:31notamment des missiles
36:32aujourd'hui,
36:33qui sont des missiles
36:33comme par exemple
36:35le Flamenco,
36:36qui est un missile
36:38qui est,
36:39alors toutes choses
36:39et dans un gars
36:39par ailleurs,
36:40qui est un missile de croisière,
36:41donc il y a Tomohawk évidemment,
36:43mais qui va lui
36:43à 3000 kilomètres,
36:44qui emporte une charge
36:45de plus d'une tonne,
36:47donc ils ont réussi
36:48à faire tout ça.
36:49Et donc derrière,
36:50qu'est-ce qui se passe ?
36:50Vous avez une réciprocité
36:51dans l'air,
36:52c'est-à-dire qu'aujourd'hui,
36:53vous avez toutes les nuits,
36:54évidemment on l'a vu
36:55notamment à travers
36:56l'attaque la plus meurtrière
36:58qu'il y a eu sur Kiev
36:59il y a deux jours,
37:00mais derrière,
37:01vous avez la réciprocité
37:02et de façon assez
37:04tactique, stratégique,
37:06neuf,
37:06tournez-vous bien,
37:06neuf raffineries sur dix
37:08qui ont été détruites
37:09en Russie
37:10et qui mettent évidemment
37:11la Russie à mal
37:12et qui fait que cette guerre
37:13désormais,
37:14qui était quelque part
37:14intermédiée
37:15par des soldats
37:16qu'on allait chercher
37:17dans les grandes profondeurs
37:19des steppes
37:21sibériennes,
37:22– Voir en Corée du Nord ?
37:23– Voir en Corée du Nord
37:24ou voire maintenant,
37:25ils aimeraient bien
37:25les avoir aussi en Biélorussie,
37:27et bien maintenant,
37:28c'est en train de revenir
37:29dans les villes
37:30et donc la guerre
37:31commence à rentrer
37:32dans le quotidien
37:33des Russes,
37:34d'abord pour évidemment
37:36l'essence,
37:37ça va être très difficile,
37:38sur l'inflation
37:39et également
37:39quand on a quand même
37:401 400 000 hommes,
37:43parce que c'est ça
37:44dont il s'agit,
37:44qui ont été victimes,
37:47450 000 peut-être décès,
37:49c'est absolument gigantesque.
37:51– La Russie
37:51qui est contrainte aujourd'hui
37:52d'acheter du pétrole
37:53à l'étranger
37:54et puis ces images
37:55quand même incroyables,
37:57l'Ukraine
37:57qui a frappé
37:58un terminal pétrolier
37:59à Saint-Pétersbourg,
38:01on a les images justement
38:02spectaculaires,
38:03est-ce que la Russie
38:04est en train de plier ?
38:05Est-ce qu'on a un point
38:06de bascule possible
38:07ces prochains jours,
38:08ces prochaines semaines ?
38:09Un affaiblissement ?
38:10– Je suis très prudent
38:12parce que la Russie
38:13dispose encore
38:13de tout un arsenal
38:15qu'ils n'ont pas encore utilisé.
38:16Je ne parle pas du tout
38:16de l'arsenal nucléaire,
38:17personnellement je n'y crois pas
38:18parce que la Chine veille
38:20et la Chine jamais
38:21n'autorisera la Russie
38:22à lever le petit doigt,
38:23le mini petit doigt
38:25dans ce domaine,
38:25jamais.
38:26En revanche,
38:27la Russie dispose encore
38:29d'armes balistiques
38:30qu'elle n'a pas encore utilisées,
38:32donc il ne faut absolument pas
38:33enterrer ce qui se passe.
38:33Et puis on a quand même là
38:34– Donc ce n'est pas fini,
38:36mais est-ce que la Russie
38:37– On a un ours blessé.
38:38– Recule.
38:38– On a un ours blessé.
38:39– Donc plus dangereux.
38:40– Et un ours blessé,
38:41il est plus dangereux.
38:42Donc la Russie effectivement
38:43aujourd'hui,
38:43elle ne gagne plus,
38:44elle ne gagne plus de terrain,
38:45donc on a cette ligne de front
38:47qui est quasiment figée.
38:48On a toutes les nuits maintenant
38:50une réciprocité,
38:52parce que quand même
38:52ce qui se passe maintenant
38:53sur la Russie,
38:54ça s'est passé pendant 4 ans
38:56sur le peuple ukrainien,
38:57donc il y a cette réciprocité.
38:58Vous faisiez allusion
38:59à juste titre
39:00sur cette raffinerie
39:03évidemment de Vladimir Poutine,
39:06mais je le disais,
39:07sur les 10 premières raffineries,
39:08il y en a 9 qui sont détruites.
39:10Et vous savez,
39:10pour reconstruire une raffinerie,
39:12il faut quoi ?
39:12Il faut des pièces,
39:13il faut des pièces sophistiquées.
39:14Bien souvent,
39:15ces pièces,
39:15elles viennent de l'étranger,
39:17en particulier des États-Unis,
39:18et aujourd'hui,
39:19il y a désormais l'embargo,
39:20il y a désormais le contrôle,
39:21donc ça va mettre beaucoup de temps.
39:23– Est-ce que Vladimir Poutine
39:23pouvait être poussé vers la sortie
39:26par des oligarques,
39:28par des gens proches du pouvoir russe,
39:30ou vous n'y croyez pas une seconde ?
39:31– Mais c'est totalement inhérent,
39:33ce que vous venez de dire,
39:34est inhérent au régime.
39:36Regardez ce qui s'est passé
39:39avec les tentatives qu'il y a eu,
39:41y compris, entre guillemets,
39:42de Putsch avec Wagner.
39:43– Oui.
39:43– Non mais c'est inhérent au système.
39:45Donc de toute façon,
39:45le système russe…
39:46– Ce n'est pas par l'invoi démocratique
39:47qu'il quitterait le pouvoir.
39:47– Mais le système russe,
39:48qui est un système totalement autocrate,
39:50s'il en est,
39:51évidemment, génère ce type de réaction.
39:53Et vous voyez bien du reste
39:54que Vladimir Poutine se protège
39:56comme jamais, j'allais dire.
39:58On dit qu'il a plusieurs sosies,
40:00on dit qu'il a plusieurs bureaux
40:01dans des bunkers
40:02qui sont symétriques, identiques,
40:04pour pas qu'on puisse savoir où il est.
40:06On a vu ce qui s'est passé
40:07sur la Place Rouge
40:07à l'occasion des festivités
40:10en mai dernier,
40:11où finalement ça a été réduit
40:12parce qu'il avait peur
40:13d'attaques de drones,
40:15y compris contre sa vie.
40:16On voit des voitures
40:17qui sautent désormais
40:21dans les rues de Moscou.
40:23Donc bien sûr qu'il y a cette crainte.
40:26Maintenant, je ne suis pas
40:27de ceux qui misent là-dessus.
40:29Je pense qu'on est maintenant
40:30dans un point de bascule
40:31pour reprendre votre expression,
40:32Guillaume Daré,
40:34qui fait que désormais,
40:36je pense que Donald Trump
40:37ne dirait plus à Volodymyr Zelensky
40:40« You don't have the cards,
40:41vous n'avez pas les cartes »
40:42parce que l'Ukraine,
40:44il faut vraiment le dire,
40:45y compris à la veille
40:46du sommet de l'OTAN,
40:47qui aura lieu la semaine prochaine
40:48à Ankara,
40:48à partir de mardi,
40:49l'Ukraine a réussi
40:51en l'espace de quatre ans,
40:52avec évidemment...
40:53À faire plier la Russie.
40:55À résister et faire plier la Russie,
40:57un peu comme toutes choses
40:59étant égales par ailleurs
41:00et comparaison n'est pas raison,
41:02l'Iran a réussi
41:03à faire plier
41:04les deux armées
41:06au monde les plus technologiques,
41:08je parle de l'armée américaine
41:09et de l'armée israélienne.
41:11Comparaison n'est pas raison...
41:11Les États-Unis ressortent perdant
41:13de ce memorandum.
41:14Mais c'est une évidence.
41:15Aujourd'hui,
41:16la puissance américaine
41:17telle qu'elle a été projetée,
41:18aujourd'hui, évidemment...
41:19Je note du reste,
41:20puisqu'on célèbre...
41:22On a célébré...
41:22Les 250 ans la nuit dernière,
41:24des images impressionnantes
41:24à Washington de célébrations.
41:26Qu'est-ce qui s'est passé hier ?
41:27Il y avait évidemment
41:27cette célébration
41:29qui nous concerne tous,
41:30parce qu'on est évidemment...
41:31L'histoire des États-Unis
41:32est une partie
41:33de l'histoire française
41:34et il ne faut jamais l'oublier.
41:35Et donc, moi, personnellement,
41:36ça me touche toujours,
41:37ces 4 juillets,
41:38parce que c'est aussi
41:39notre histoire à nous,
41:41mais ce 4 juillet
41:42qui était la célébration américaine
41:43de 250 ans,
41:44c'est pas rien.
41:45Le même jour,
41:45vous avez en Iran
41:48l'Aïntan Arméné
41:49qu'on a gardé...
41:51Pardon, mais enfin,
41:52on l'a gardé pendant six semaines.
41:54Donc, j'imagine que...
41:55Pour précisément
41:57faire des funérailles nationales
41:58avec des millions de personnes
42:00dans les rues.
42:00Ça veut dire que le ciel
42:01était dégagé,
42:02si vous voyez ce que je veux dire.
42:04Donc, c'est exactement
42:05le 4 juillet aussi.
42:06Et puis, le même 4 juillet...
42:08On voyait des images là.
42:09qui va à Lampedusa
42:11pour dire ce qu'il a à dire
42:12sur l'immigration.
42:13Chacun utilise finalement
42:14cette date du 4 juillet
42:15pour envoyer son message.
42:18Ces grands empires du monde,
42:19effectivement.
42:19Pour finir sur les Américains
42:21et la Russie,
42:22les autorités américaines
42:23se persuadent
42:24que la Russie
42:25pourrait préparer
42:26une attaque au sol
42:27en Pologne
42:29pour tester l'OTAN
42:32d'une certaine manière.
42:33Est-ce que...
42:34Vous parliez des gardes fous
42:35de la Chine
42:36qui n'autorisera jamais...
42:38Vladimir Poutine
42:38a appuyé sur le bouton nucléaire.
42:39En revanche,
42:40est-ce qu'une attaque
42:40en Pologne,
42:41est-ce que ça,
42:41ça vous semble crédible ?
42:43Alors, deux choses
42:44dans votre question.
42:45D'abord,
42:46à la veille d'un sommet
42:48de l'OTAN
42:48qui sera important
42:48à Ankara,
42:50où du reste,
42:50Donald Trump
42:51va se rendre,
42:52ainsi qu'Emmanuel Macron
42:55et une trentaine
42:56d'autres chefs d'État,
42:57membres donc de l'OTAN.
42:59Je me méfie toujours,
43:00mais ça, c'est...
43:00J'aime bien les États-Unis,
43:01je les connais par cœur,
43:02et j'aime bien ce pays,
43:03même si aujourd'hui,
43:04je n'y vais pas beaucoup,
43:06comme vous le savez.
43:07Des ballons d'essai.
43:07Mais ça reviendra.
43:08Mais je me méfie toujours,
43:10à la veille d'un sommet
43:11aussi important,
43:12de ce que les services
43:13de renseignement américains
43:14peuvent dire.
43:15Donc, il y a toujours
43:16une arrière-pensée.
43:17Enfin, en tout cas,
43:17c'est mon expérience.
43:18Donc, quelle arrière-pensée ?
43:19C'est peut-être ça
43:19la question qu'on peut se poser.
43:20L'arrière-pensée,
43:21elle est double.
43:21D'abord, c'est qu'à l'occasion
43:24de ce sommet,
43:25bon, alors on va voir,
43:26normalement,
43:27on va réitérer
43:28le credo
43:29de tous les membres
43:31sur le respect
43:32de ce fameux article 5
43:33qui dit que si l'un des pays
43:34est attaqué,
43:35tout le monde est attaqué.
43:35Je pense que même
43:37Trump va sans doute le signer.
43:39Ça, vous en êtes sûr ?
43:39Vous êtes sûr que si demain,
43:40un des pays de l'OTAN
43:41est attaqué,
43:42les États-Unis seront présents ?
43:43Je ne suis pas du tout sûr
43:43parce que le comportement
43:44aujourd'hui des États-Unis
43:45montre que c'est très difficile
43:46d'avoir confiance.
43:48Mais ce que je sais,
43:49c'est que ceux-ci préparés,
43:50vous savez,
43:50il y a toujours des préparations
43:51par les chasseurs,
43:52c'est dans le texte
43:52qui est préparatoire.
43:53On verra s'il est signé.
43:54Après ça,
43:54une fois qu'il est signé,
43:55est-ce qu'il sera respecté ?
43:56C'est une autre question.
43:57Maintenant,
43:58ce qui va se passer aussi,
43:58c'est qu'on sait que
44:00les États-Unis veulent réduire
44:01la présence militaire en Europe.
44:03Bon, très bien.
44:05C'est leur responsabilité.
44:07Il faut les accompagner.
44:08Ils veulent faire quoi ?
44:08Si on le souhaite.
44:09En tout cas,
44:10nous, ça ne nous concerne pas français,
44:11mais en tout cas,
44:11ça concerne les Allemands,
44:12ça concerne les Espagnols,
44:14ça concerne les Portugais,
44:15ça concerne évidemment les Italiens.
44:17Et notamment,
44:18ils voudraient réduire de 5 000
44:19le nombre de troupes
44:20stationnées en Allemagne
44:21pour aller les mettre en Pologne.
44:23Donc,
44:23ça, c'est ce qui va être annoncé
44:24vraisemblablement.
44:25Donc, vous voyez,
44:26ça prépare le fait
44:26que la Pologne peut être attaquée.
44:27Maintenant,
44:28donc,
44:28je pense qu'il faut le reprendre
44:29avec beaucoup de circonspections.
44:31Ce qu'il faut, par contre,
44:32prendre très au sérieux,
44:33c'est le fait que,
44:34il me semble que la Russie,
44:36par rapport à ce qu'on a dit,
44:37serait totalement incapable
44:38d'aller, je dirais,
44:40mobiliser des divisions nouvelles.
44:41Parce que, tout simplement,
44:42ils n'ont pas les hommes.
44:43Les hommes,
44:43ils sont aujourd'hui tous bloqués
44:46sur la ligne de front du Donbass.
44:48Bon, très bien.
44:49Donc là,
44:50il ne va pas s'amuser
44:51à les dégarnir.
44:52Et je rappelle
44:53que l'armée polonaise,
44:54c'est quand même
44:55340 000 hommes,
44:56ce n'est pas une petite armée.
44:57Donc, avant de l'attaquer,
44:59je pense qu'ils y réfléchiront
45:00en deux fois,
45:00ils ne le feront pas.
45:01En tout cas,
45:01certainement pas maintenant.
45:02En revanche,
45:04tester la réaction de l'OTAN
45:05avec des intrusions,
45:06comme on les voit,
45:07de drones,
45:08soit en Pologne,
45:09soit en Lituanie,
45:10ça, ce n'est pas impossible.
45:11Et précisément pour vous,
45:12la question est volontairement
45:14très violente,
45:15mais l'OTAN existe encore.
45:16Vous dites encore,
45:17si jamais ça se produit,
45:18qu'on est attaqué
45:19sur le territoire européen,
45:20on est certain
45:21que Donald Trump
45:21va arriver
45:22avec son maillot étoilé,
45:24nous sauver.
45:25Alors, je le redis
45:26de façon très claire,
45:27l'OTAN,
45:28ce n'est pas que les États-Unis.
45:29Et l'OTAN,
45:29ça doit être de moins en moins
45:30les États-Unis.
45:31L'OTAN,
45:32ça doit être de plus en plus
45:33un pilier européen.
45:33Vous changez notre regard
45:34sur l'OTAN.
45:34Bien sûr,
45:35un pilier européen de l'OTAN.
45:36Ce que je sais,
45:37c'est deux choses.
45:38C'est d'abord que vous avez
45:38l'article 42.7 du traité
45:40qui nous unit,
45:41nous, Européens,
45:42et qui concerne
45:42et la Lituanie
45:43si elle a été attaquée
45:44et la Pologne
45:44si elle a été attaquée.
45:45Si l'un des pays européens
45:46est attaqué,
45:47alors ceux qui en ont la capacité
45:48ont l'obligation
45:49d'aller le défendre.
45:50Donc cet article-là,
45:51il sera immédiatement appliqué.
45:52Sur l'OTAN,
45:53je pense que ça entraînera
45:54évidemment tous les autres.
45:55Je pense en particulier
45:56aux Anglais,
45:57je pense en particulier
45:58aux Calindiens,
45:59je pense à tous ceux
46:00qui se sentiront concernés.
46:01L'OTAN,
46:01ce n'est pas que les États-Unis,
46:02c'est ce que vous dites.
46:02On verra bien
46:03ce que feront les États-Unis
46:04si jamais il y avait une attaque.
46:05Mais encore une fois,
46:06une attaque, c'est quoi ?
46:07Ce n'est certainement pas
46:08envahir la Pologne.
46:09Me semble-t-il,
46:10c'est plutôt tester
46:12la réaction
46:13parce que là, évidemment,
46:14ça permettrait à Vladimir Poutine
46:15de reprendre un peu la main.
46:16Si jamais,
46:17je dirais que,
46:18pardon cette expression triviale,
46:20on patauge un peu,
46:21ce sera un peu un succès
46:23pour Vladimir Poutine.
46:24On a donc intérêt
46:25à se préparer
46:26à notre réponse coordonnée
46:28si jamais l'un ou l'autre,
46:30et je parle encore une fois,
46:31ou de la Lituanie
46:32ou de la Pologne,
46:33se voyait, je dirais,
46:36pas attaqué
46:37au sens d'une attaque militaire
46:39structurée,
46:40mais de plus en plus
46:42titillé,
46:43chatouillé
46:44pour voir nos réactions.
46:46Et à un moment,
46:47il faudra qu'on réagisse.
46:48– Chéri Breton,
46:49on vous entend
46:50sur l'international,
46:51on a entendu
46:51votre plan climatisation
46:53qui est chiffré,
46:54on a entendu aussi
46:55vos propositions
46:56pour réduire la dette.
46:58Le canard enchaîné
46:59rapporte que François Bayrou
47:00fait de vous
47:01l'un des deux,
47:02ou en tout cas
47:03le candidat idéal
47:03à ses yeux,
47:04candidat idéal
47:05pour l'élection présidentielle.
47:07Vous avez été ministre,
47:08commissaire européen,
47:09vous avez connu
47:09le monde de l'entreprise.
47:10Est-ce que vous pourriez
47:11vous aussi vous lancer
47:11dans la course à l'Elysée alors ?
47:13– J'ai vu effectivement
47:15ce petit article
47:16qu'elle vous fait référence
47:17ou François Bayrou
47:18que je connais bien
47:18parce que c'est quelqu'un
47:20qui se connaît,
47:20c'est ma famille politique.
47:22Ça fait plus de 35 ans
47:23qu'on se connaît.
47:25On se connaît
47:25depuis que j'étais en charge
47:27du Futuroscope
47:27avec René Monnery.
47:28Donc vous voyez,
47:29ça ne date pas d'hier,
47:30c'est en 1984.
47:31– Mais est-ce que vous pourriez
47:32vous lancer dans la course
47:33à l'Elysée ?
47:33– Et François Bayrou
47:35a souvent parlé de ça,
47:37y compris quand il était
47:38Premier ministre.
47:38Mais voilà,
47:39moi je suis là où je suis,
47:40donc ce n'est pas la question
47:41du tout.
47:42La question pour moi,
47:43c'est les modalités,
47:45l'exécution,
47:46qu'est-ce qui intéresse
47:47les Français ?
47:48C'est certainement pas
47:49de dire un candidat de plus.
47:50Mais en revanche…
47:51– Vous savez que dans
47:51ses débuts présidentielles,
47:52une non-candidature,
47:53c'est plus un événement
47:54qu'une déclaration de candidature.
47:55– Oui, mais surtout en ce moment,
47:56parce que ça c'est avec
47:56le nombre de candidats qui a
47:57et je ne le reproche pas.
47:59– Ça vous a dissuadé
48:00à un moment,
48:00si vous aviez pu y penser ?
48:01– Mais encore une fois,
48:02ce n'est tellement pas la question
48:03que je ne la pose pas.
48:04En revanche,
48:05la question qui est posée
48:06à juste titre par François Bayrou,
48:08c'est quel type de profil ?
48:09Et du reste,
48:10il ne me cite pas que moi,
48:11je crois qu'il cite aussi
48:11un ancien Premier ministre,
48:13qui me semble aussi
48:14être une très bonne idée,
48:15Jean Castex.
48:16Donc il cite des profils.
48:17Il cite des profils,
48:18bon j'étais très sensible
48:20au fait qu'il me cite
48:21comme profil,
48:25parce que vous savez,
48:26il y a une chose qui est certaine,
48:27moi c'est ma conviction,
48:29personne ne peut prévoir
48:31ce qui va se passer
48:31entre 2027 et 2032.
48:35Mais ça va être difficile.
48:36Alors on sait ce qu'il faut
48:37qu'on fasse nous,
48:38on en a parlé notamment
48:39pour redonner la discipline
48:40dans notre pays,
48:41mais toutes les propositions
48:42qui sont faites,
48:43notamment les projets
48:45d'ici, de ça, etc.,
48:46c'est important,
48:47mais ça ne se passera pas comme ça.
48:49Pour deux raisons,
48:50d'abord parce qu'il faut commencer
48:51par établir nos finances publiques,
48:52et ensuite parce que
48:53la vie m'a appris une chose,
48:55et ça c'est l'ancien chef
48:56d'entreprise qui parle,
48:57mais encore une fois,
48:58comparaison n'est absolument pas raison.
49:00Quand on fait une projection
49:01et quand on est un chef d'entreprise,
49:03on fait des budgets.
49:04Moi j'ai fait 35 budgets dans ma vie,
49:05je les ai tous tenus,
49:06et jamais un budget
49:08n'a été délivré
49:09comme je l'avais prévu.
49:11Jamais.
49:11Donc on en dit du quoi ?
49:13Bah qu'il faut effectivement
49:14avoir des hommes
49:15ou des femmes
49:15pour la prochaine élection présidentielle,
49:17parce que c'est ça le monde
49:18qui les attend,
49:19qui auront cette capacité
49:20à faire,
49:21à agir,
49:22à réagir,
49:22plutôt qu'à faire des propositions
49:25que les Français ne croient plus.
49:27Merci beaucoup Thierry Breton
49:28d'avoir été notre invité
49:29dans BFM Politique.
49:30Tout de suite,
49:30c'est Affaires suivantes,
49:31et puis bien sûr,
49:32cet après-midi,
49:33ce grand meeting présidentiel
49:34d'Edouard Philippe
49:35sera à suivre en direct
49:36sur BFM.
49:38Sous-titrage Société Radio-Canada
49:39Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations